L’Édito

A New York, plutôt Sisyphe qu’Atlas

« Le monde est plus grand que cinq » la fameuse formule du président truc Recep Tayyip Erdogan prononcée pour la première fois en 2017, revient chaque année ou presque lors de l’assemblée générale des Nations Unies. Faisant référence aux cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, le chef de l’Etat appelle depuis à réformer l’instance mondiale. Peine perdue, car une réforme est dure à faire passer, parce que ceux qui en jouissent des largesses les perdent ou les voient diminuer aussitôt que des brèches s’ouvrent. Le monde est certes plus grand que cinq encore faut-il le voir, adopter le paradigme pour. On ne dit que l’histoire est écrite par les vainqueurs, et « ceux » ayant su tirer le meilleur profit en dépit des millions de morts sont ceux qui prêtent l’ancre aujourd’hui, efface au besoin. Cette assemblée générale a le mérite qu’elle peut souvent servir à alimenter les livres Guiness Record notamment en 1960 où Fidel Castro, dirigeant de Cuba a prononcé un discours de 4h29 minutes, le plus long de l’histoire. Au-delà, les messages qui y passent sont très vite oubliés, et de ce fait cette instance créée sur les cendres de la société des nations dont l’inefficacité a été décriée n’a guère fait mieux. Les guerres font toujours rage dans le monde, le terrorisme a pris de l’ampleur, la famine tue des millions de gens, le réchauffement climatique menace. Les écueils sont bien trop nombreux pour tous les citer. Et en réponse à ceux-là, « le conseil s’inquiète », « le conseil condamne », « le secrétaire général exprime sa vive préoccupation ». Des formules si rabachées qu’elles sonnent très creux aujourd’hui. Mais finalement, rien de surprenant en cela, le monde est tout sauf solidaire, le malheur des uns fait bien le bonheur des autres, et après, on enrobe le tout de chocolat, on se réunit à huis-clos, et on recommence.

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L’Hebdo - édition du 22.09.2022
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