L’Édito

Bavures et dénégations

Dans l’œil du rapport. La MINUSMA a rendu mardi les conclusions de sa mission d’enquête d’établissement des faits sur les évènements de Bounty du 3 janvier 2021. Une frappe aérienne conduite par la force Barkhane à cette date aurait tué 22 personnes, dont 19 civils. Les 3 autres victimes sont présentées comme des membres présumés de la Katiba Serma. La réaction de la France n’a pas tardé. Comme attendu, elle a réfuté toute bavure et mis en cause la méthodologie utilisée par la mission onusienne… Stratégie déjà vue de la part de Barkhane, dont la défense oscille à chaque polémique entre dénégation et rejet de culpabilité. Un jeune enfant de 10 ans tué en 2016, un guetteur pour les terroristes, ont affirmé les militaires français. Un civil tué en septembre 2020, pas de chance. Le bus dans lequel il se trouvait avec d’autres passagers a refusé de ralentir, selon la version de la force anti-terroriste. Une reconnaissance ou non de sa responsabilité ne sera certainement pas un grand chamboulement dans les rapports avec le Mali. Un précédent fâcheux le corrobore. En 2017, 11 soldats maliens, otages du JNIM, avaient été tués suite à un raid aérien de Barkhane, qui avait longtemps nié une bavure, avant, selon plusieurs sources, de la reconnaitre devant le ministre malien de la Défense d’alors. Paris regrette que le rapport se base sur des témoignages anonymes. Comment pourrait-il en être autrement ? Dans les zones en proie au terrorisme, l’anonymat est un pré-requis. Là, encore, un précédent fâcheux, impliquant cette fois-ci une chaine française, suffit à motiver cette précaution. Enfin, en somme, pour la France, rien de ce que dit le rapport de la MINUSMA n’est vrai et les témoignages ne sauraient être opposés à du travail professionnel de renseignement. Encore une fois, un autre précédent : la vraie-fausse mort de Kouffa, annoncée en 2018.

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L’Hebdo - édition du 08.04.2021
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