L’Édito

Black Hair Matters

Les quelques lignes qui suivent pourraient heurter la susceptibilité de certaines lectrices. Les ramifications de la mort de George Floyd s’étendent sur plusieurs voies, même si elles ont un quai commun : les symboles jugés racistes. Dans le torrent des manifestations Black Lives Matters, certains s’en prennent aux statues et monuments hérités d’un passé colonial ou esclavagiste, comme vous pourrez le lire un peu plus loin dans ce journal. Des grandes marques de produits alimentaires bien connus des Américains ont aussi décidé de changer leur identité visuelle, qui véhicule des stéréotypes sur les Afro-américains. La tempête a donc déjà gagné plusieurs cotes, ses vagues frappé plusieurs consciences, du moins en apparence, mais l’une résiste encore à la fraicheur qu’apporte l’eau. Permettez que je déroge à la sacro-sainte règle du « nous ». Autant que je m’en souvienne, je me suis toujours interrogé sur ces perruques sur les têtes de mes sœurs africaines, qui produisent des Aminata Vaidehi, des Mariam blondes ou des Aissata auburn. Lecture simpliste, diront certains sûrement. J’ai cru trouver une réponse dans un discours de Malcom X, qui affirmait : « ils se sont moqués de vos cheveux et vous avez acheté des défrisants. Ils se sont moqués de votre peau et vous avez acheté des éclaircissants (…). Qui vous a appris à haïr la texture de vos cheveux ? Qui vous a appris à haïr la couleur de votre peau ? ». Pour lui, la réponse était sans équivoque : l’homme blanc. Toutefois, pour beaucoup de ces Dames, elle est moins évidente. « C’est pour protéger nos cheveux », rétorquent-elles souvent. Qu’importe où se trouvent la vérité ou les raisons : je suis un militant du Nappy Hair, qu’il serait bien de remettre au gout du jour et qui nous aiderait également à ne pas souffrir d’illusions d’optique lorsque ces Dames enlèvent leurs perruques. Osez donc le naturel !

 

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L’Hebdo - édition du 09.07.2020
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