L’Édito

Il urge d’agir

Lorsque nous titrons sur l’esclavage dans notre numéro 381 du 28 juillet au 3 août 2022, nous ne nous doutions pas, du moins nous ne souhaitions pas, qu’un autre drame viendrait renforcer notre choix de mettre en lumière ce phénomène déplorable. Seulement quelques jours après notre parution, nous apprenions la mort de Diogou Sidibé. Son corps a été découvert dans un sac au milieu de broussailles. Elle aurait été assassinée. En attendant que la justice donne ses conclusions dans  cette affaire et situe les responsabilités, sur les réseaux sociaux et ailleurs certains dénoncent un assassinat sur fonds de refus de son statut d’esclave. Un litige lié à son champ l’opposait à des membres d’une famille se disant assez « nobles » pour être ses maitres. Un énième cas de violences de la part de personnes pour lesquelles l’esclavage est encore une réalité et un mode de vie. Si quelques arrestations ont été opérées concernant certaines violences liées à l’esclavage, elles sont encore à une trop petite échelle pour enrayer efficacement le problème. Le sang est rouge chez nous tous et ces injustices et ces traitements dégradants ne doivent pas perdurer, au risque de faire face à une nouvelle bombe sociale. La tragédie est déjà là. Sans mesures fortes, elle ne fera qu’empirer. La liberté coûte cher et le changement prend du temps, avons-nous l’habitude d’entendre. Cela est vrai, mais le manque d’anticipation, de réaction, peut mener à de bien sinistres situations. Selon un communiqué du Mouvement pour la sauvegarde des droits de l’Homme, les avertissements, les campagnes de sensibilisation, de communication, de plaidoyer, n’ont pas permis d’atteindre des résultats probants. Il revient donc aux autorités d’assumer le rôle de protection des civils qui leur est dévolu en faisant de sorte que chaque personne se sente « entièrement » Malienne.

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L’Hebdo - édition du 18.08.2022
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