L’Édito

Le ridicule combat

Le Premier ministre Moctar Ouane peut trembler. Depuis plusieurs semaines, il est dans la ligne de tir d’un terrifiant collectif de partis politiques qui réclame le financement public qui lui est « dû ». Il exige la démission du Premier ministre pour non exécution de cette aide aux partis. Pour le faire plier, ces formations politiques disposent d’armes puissantes et dissuasives. Des posts sur Facebook « likés » trois ou quatre fois et des rencontres tenues autour de maïs éclatés. Cherry on the cake, une importante représentativité de zéro élu sur l’ensemble du territoire. Le ridicule ne tue plus. Au-delà de ces partis très « sérieux », qui ne manqueront de décrocher un sourire au Premier ministre, la question du financement public des partis doit être posée. Elle l’a été lorsque les Maliens ont pris connaissance de la manne que certains se sont partagée. Elle l’a été encore pendant cette transition quand le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation a évoqué l’idée de supprimer l’aide. Sans surprise, les partis ont refusé, proposant à la place de durcir ses critères d’accessibilité. Une nécessité pour assainir un milieu fort de 219 partis (chiffres officieux), dont certains ne se créent que pour essayer de bénéficier de ce financement, basé sur certaines conditions telles le nombre d’élus ou la participation aux élections générales… Un diagnostic global de ces partis est nécessaire. Sur leur apport, leur offre politique ou même le pacte citoyen proposé en lieu et place du sempiternel positionnement binaire majorité – opposition. Ce changement ne saurait, nous en sommes conscients intervenir de suite et sans déclic, quand les politiques se plaisent à enliser les populations dans les sables mouvants de l’ignorance. Des distractions comme le combat de cet obscur collectif détournent de l’essentiel : une real politique et non une politique politicienne.

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L’Hebdo - édition du 06.05.2021
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