L’Édito

Loi du talion

Œil pour œil, dent pour dent, balle pour incendie. La loi du talion n’est pas nouvelle sous nos cieux. Le tristement célèbre article « 320 » refait l’actualité cette semaine, après que deux braqueurs aient été brûlés vifs à Baco-Djicoroni Golf. Les deux infortunés avaient pour plan, selon les informations, de braquer une agence de transfert d’argent. Le gérant étant absent, ils ont tiré sur le vigile, le blessant mortellement, avant de se faire courser par un chauffeur de taxi qui les fera tomber. La suite ? Deux corps brûlés et fumants, images vidéocaptées et postées sur les réseaux sociaux. Si pour beaucoup la scène n’a plus rien de surprenante, elle n’en est pas moins choquante. Que reste-t-il à une population qui n’a plus confiance en sa police, ni en sa justice ? Car c’est ce qui est avancé le plus souvent pour justifier ces actes. Je peux concevoir que des cœurs plusieurs fois meurtris se changent momentanément en pierres et que l’absence de justice les maintienne dans cet état. Mais notre ère et notre « humanité » (quoique capables de bien pire) nous convient à ne pas nous rendre justice nous-mêmes. Cela crée du désordre et des précédents fâcheux. Nous devons voir au-delà de l’instant présent. Aujourd’hui, des braqueurs et voleurs de moto qui usent d’armes à feu. Demain, qui et pourquoi ? Une offense, une dette non remboursée, qui sait encore. Quand la population s’abreuve de violence, l’enivrement peut conduire à des lendemains douloureux. N’acceptons pas les milices de lynchage. Pour cela, il y a des préalables. Une meilleure sécurisation des biens et des personnes, nous ne le dirons jamais assez. Une justice forte, qui dissuadera d’éventuels contrevenants. Une population mieux éduquée et instruite. Tout ceci dans un cadre et un système épurés. En attendant leur hypothétique matérialisation, faisons tous attention.

 

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

L’Hebdo - édition du 06.08.2020
Recevez toute l’actualité

Inscrivez-vous à la Newsletter du Journal du Mali et recevez gratuitement toute l’actualité

Retour en haut