L’Édito

Nouveau roi, nouvelle ère

Le Croate Luka Modric a mis fin le 3 décembre à l’hégémonie Messi – Ronaldo. Dix ans que ça durait. Dix ans que les deux stars se partageaient le prestigieux trophée. Avec des statistiques affolantes et des records qui tombent année après année, difficile de s’asseoir à la même table que ces deux monstres sacrés. Immenses donc par le talent, mais visiblement mauvais perdants. Aucun des deux n’a daigné faire le déplacement pour assister à la cérémonie, comme cela avait déjà été le cas deux mois plus tôt pour la remise du Fifa The Best à… Modric. À noter qu’en dix ans, ni Messi, ni Ronaldo n’avaient manqué une seule cérémonie du Ballon d’Or.

Le sacre de Modric ne met pas seulement fin à longue mainmise Messi – Ronaldo sur le trophée, il ouvre une nouvelle ère dans l’attribution des distinctions personnelles en football. Plus besoin de marquer 50 buts par saison, de faire des retournés acrobatiques spectaculaires ou d’être surmédiatisé pour prétendre être paré d’Or. C’est le sacre de l’élégance et de la simplicité contre les chiffres. Les journalistes qui ont plébiscité le Croate ont choisi de mettre en lumière un joueur trop souvent dans l’ombre, qui fait briller les autres, les sublime. Une juste récompense pour ce petit chef d’orchestre qui a mené son équipe à la finale de la Coupe du monde, qui a remporté la Ligue des champions avec le Real Madrid cette saison et dont les partenaires se régalent de ses délicieuses passes de l’extérieur. Avec ce sacre, le Ballon d’Or revient à de meilleurs sentiments. Ceux qui ont permis à des défenseurs, à une époque pas si lointaine, de planer sur les autres footballeurs (2006) ou à un gardien de but d’inscrire son nom au palmarès. Les Rois ont perdu leur trône, vive les nouveaux Rois !

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

L’Hebdo - édition du 13.12.2018
Recevez toute l’actualité

Inscrivez-vous à la Newsletter du Journal du Mali et recevez gratuitement toute l’actualité

Retour en haut