L’Édito

Paradoxal

Après deux mois d’absence, le foot a enfin fait son retour le week-end dernier. Si ce retour était indubitablement très attendu, il laisse un arrière-goût un peu amer. La plupart des joueurs du championnat allemand ont eux-mêmes reconnu que c’était assez bizarre. Pour preuve, ils n’ont plus le droit de célébrer les buts ensemble, pour respecter la distanciation sociale, mais lors des coups de pieds arrêtés ils sont allègrement collés l’un à l’autre pour former un mur. Ils n’ont plus le droit de se doucher dans les vestiaires, mais ils s’y changent tous. Et le plus important pour tout puriste du football, mais pas que, ce sont les matchs à huis-clos. Mesure d’exception autrefois utilisée pour punir un club désormais devenue la norme. Le spectacle proposé l’est désormais dans un écrin creux, ce qui le rend forcément triste. Le football sans spectateurs est vidé de sa substance. Nul doute que les décideurs savaient tout cela, mais l’intérêt économique est plus fort, ce qui, si on se place du point de vue des dirigeants, est assez normal. Anyway, puisque ce point de vue occulte forcément celui de certains joueurs, supporteurs ou même téléspectateurs. En Angleterre par exemple, où la reprise s’amorce, un joueur capitaine et âme de son équipe a refusé de reprendre l’entrainement par peur de contaminer son nourrisson. Beaucoup des joueurs de Premier League ont également été surpris d’apprendre que la ligue pourrait leur interdire de cracher sur la pelouse ou les contraindre à tacler en détournant le visage pour ne pas « manger » du gazon. Quoi de plus difficile que de faire abandonner des années de pratiques et d’habitudes à ces professionnels pour nous proposer dorénavant un football « automate »?

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L’Hebdo - édition du 21.05.2020
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