L’Édito

Sa Majesté des paradoxes

Il était une fois le Mali. Pays des grands paradoxes et de l’antinomisme. Dans ce Mali, on rend hommage avec les plus grands honneurs à un homme honni, accusé de tout et chassé sous les hourras populaire il y a moins d’une décennie. Dans ce Mali, il est possible de griffer et de gratter pour obtenir un rallongement de l’âge de départ à la retraite pour les fonctionnaires et toute une autre batterie de revendications, tout en refusant de participer à une conférence sociale, présentée comme le grand rassemblement censé mettre de l’eau dans le vin des contestations sociales. Dans ce même Mali, l’État, dans sa fabuleuse stratégie de « faire et d’espérer », accorde des statuts particuliers tout en trouvant le moyen de les lier au statut général des fonctionnaires. Dans ce Mali, après avoir réclamé à cor et à cri de combattre farouchement les terroristes, nous décidons aujourd’hui de prôner le dialogue avec eux. À cause certainement de la réalité du terrain. Dans ce Mali, pays des grands empires, on se croit profondément religieux, oscillant entre lieux de cultes et cases chamaniques. Dans ce Mali, dénoncer la corruption avec virulence est quasi quotidien, mais la pratiquer, même à très petite échelle, est un fait. Dans ce Mali, alors que notre secteur cotonnier est l’un des plus riches d’Afrique, nous n’en transformons qu’un infime pourcentage et importons de nombreux produits en coton. Dans ce Mali, nous sommes une partie à réclamer le départ des forces étrangères, tout en nous offusquant de ne pas les avoir vu intervenir ou apporter une assistance logistique à Farabougou assiégé. Enfin, et nous pouvons continuer à dérouler, nous sommes nombreux à réclamer un Mali nouveau tout en répétant les erreurs du passé. Dans ce Mali, paradoxe des paradoxes, tout n’est que paradoxe. Un Mali nouveau drapé des soies de l’ancien!

 

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L’Hebdo - édition du 26.11.2020
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