Grève à Air France : le personnel rejette les propositions de la direction

"Nous ne sommes pas là  par charité, nous voulons le rétablissement de la justice sociale". Voilà  qui résume le mot…

« Nous ne sommes pas là  par charité, nous voulons le rétablissement de la justice sociale ». Voilà  qui résume le mot d’ordre de grève toujours maintenu par le syndicat des travailleurs d’Air France Mali. En effet, aucun dénouement heureux n’a filtré des négociations entre la Direction d’Air Mali et le syndicat des travailleurs. Au niveau de l’aéroport Bamako Sénou, le climat est encore délétère. Pour Mme Diari Sow, les nouvelles propositions faites par la Direction ne sont ni plus ni moins q’une grossière insulte à  l’endroit des travailleurs. La Direction d’Air Mali propose entre autre d’augmenter seulement de 150 Fcfa la prime de panier, contrairement aux 4000 Fcfa reclamés par les travailleurs. « Les 4000 Fcfa d’augmentation sont non négociables ». De façon succincte, le personnel d’Air Mali réclame des conditions de déroulement de carrière, des primes et régime indemnitaire et d’avantages sociaux identiques à  ceux des travailleurs du Sénégal. Une autre inégalité réside dans les avantages sociaux, la grille salariale, et des primes et le régime indemnitaire. Fuite en avant La crise économique qui, depuis plusieurs mois, frappe la Compagnie Air France est à  la base des nombreux problèmes sociaux. Les arguments de la Direction générale d’Air France Mali se résument au fait que la compagnie a accusé une perte de 1,1 milliard d’euros, soit près de 720 milliards de FCFA pour son dernier exercice budgétaire 2009/2010. En dépit de cela, dit-elle, la compagnie a souhaité tout mettre en oeuvre pour maintenir ses engagements auprès de ses clients et de son personnel. Ainsi, au Mali, cela s’est concrétisé par une stratégie de poursuite de son activité, un maintien de l’emploi et une politique d’évolution positive des salaires conforme aux engagements antérieurs de la compagnie. Parallèlement, plus structurellement, un processus de révision de l’accord social d’Air France au Mali a été initié. Des réunions de négociations ont été tenues, réunions au cours desquelles des propositions significatives ont été formulées par la Direction malgré le contexte économique général préoccupant. Alors qu’une nouvelle rencontre était programmée en octobre, “ à  la surprise de tous, le 26 juillet, un préavis de grève illimitée a été déposé à  partir du 10 août “, indique la délégation Air France à  Bamako. Rejet des propositions Dans le cadre des discussions constantes depuis ce préavis, des propositions ont été faites par la Direction. Celles-ci s’ajoutaient aux augmentations de salaire annuelles déjà  accordées au mois d’Avril dernier et se traduisaient par des avantages conséquents pour le personnel. Ces propositions, di-t-elle, n’ont pas été prises en considération par les représentants du personnel qui ont maintenu le préavis et engagé leur grève. Malgré tout, la Direction générale d’Air France se dit être à  l’écoute de son personnel et de ses représentants. Air France a toujours privilégié, en Afrique en général et au Mali en particulier, le maintien de l’emploi, de bonnes conditions de travail pour son personnel, l’évolution régulière et positive des salaires et le dialogue social. “l’importance d’un dialogue social serein, loyal, constructif et respectant le cadre légal “ a toujours prévalu au sein de la représentation au Mali, ce qui a encore récemment été réaffirmé par la Direction. Dans ce vent de grève, le préjudice subi par les clients est énorme. Et la qualité du service est altérée au sein de l’agence. Par ailleurs, les clients subissent les retards à  l’aéroport de Bamako. La Direction entend tout mettre en oeuvre pour atténuer les désagréments induits. Mais le prix à  payer demeure fort, car les travailleurs ne sont visiblement pas prêts à  céder.