Société




Mauritanie : naufrage d’une pirogue, au moins 70 morts et une centaine de disparus

Une embarcation partie de Gambie a chaviré au large de Tanit, au nord de Nouakchott. Les garde-côtes mauritaniens ont annoncé…

Une embarcation partie de Gambie a chaviré au large de Tanit, au nord de Nouakchott. Les garde-côtes mauritaniens ont annoncé 49 morts dans un premier temps, mais le bilan a été révisé à 70 corps retrouvés, tandis qu’une centaine de personnes restent portées disparues.

Le drame s’est produit dans la soirée du 27 août, à une soixantaine de kilomètres de la capitale mauritanienne. La pirogue transportait environ 160 personnes, essentiellement des Sénégalais et des Gambiens. Selon les témoignages des survivants, le moteur est tombé en panne en pleine mer. Un passeur a envoyé une embarcation de secours, mais lors de la tentative de transfert, la panique s’est emparée des passagers qui se sont agrippés au bateau de renfort, provoquant le chavirement.
Les premiers secours ont permis de repêcher 49 corps, chiffre communiqué officiellement par les garde-côtes. Mais les recherches menées dans les jours suivants ont porté le bilan à 70 morts confirmés, selon des sources humanitaires relayées par la presse espagnole. Dix-sept hommes, dont onze Sénégalais et six Gambiens, ont survécu en parvenant à regagner le rivage. Les autorités estiment qu’environ cent personnes restent portées disparues.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent plusieurs cadavres rejetés par la mer sur une plage. Parmi eux figuraient des victimes identifiées grâce à des papiers retrouvés sur place, dont un Sénégalais originaire de Touba. Les garde-côtes mauritaniens, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale pour les migrations, poursuivent les opérations de recherche malgré la diminution des chances de retrouver d’autres survivants.
Ce naufrage s’inscrit dans une série de tragédies sur la route atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries, considérée comme la plus meurtrière des voies migratoires vers l’Europe. Selon l’ONG Caminando Fronteras, 10 457 personnes y ont perdu la vie en 2024, dont 9 757 uniquement sur cette traversée. Pour le seul premier semestre 2025, l’organisation a recensé 1 865 morts ou disparus, dont près de 1 500 sur la route des Canaries.
Alors que les familles au Sénégal et en Gambie attendent des nouvelles des disparus, ce nouveau naufrage confirme l’ampleur dramatique des pertes humaines liées aux migrations clandestines sur la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest.