Remaniement ministériel au Mali : Quelle urgence ?

Vraies ou fausses, tout de même, cela s'impose, dans la mesure oà¹, nombre de ministres ont montré toute leur inaptitude…

Vraies ou fausses, tout de même, cela s’impose, dans la mesure oà¹, nombre de ministres ont montré toute leur inaptitude dans la conduite des affaires publiques. Remaniement ou pas ? Formé le 3 octobre 2007, bien des observateurs avaient prédit que la tache ne serait pas aisée pour le Gouvernement Modibo Sidibé. Le temps ne vient-il pas de leur donner raison ? En effet, trop de problèmes se sont accumulés au niveau de certains départements, sans compter le brouillant dossier de la cherté, toujours réelle des prix des denrées de première nécessité dans notre pays, la lancinante crise de l’école, etC’… Ce triste décor (qui n’est que la partie visible de l’iceberg) pouvait être accepté, si seulement nos ministres pouvaient avoir la latitude de se consacrer efficacement à  la recherche de solutions aux divers problèmes qui assaillent les populations. Comment arriver à  trouver des solutions adaptées au problème de l’eau et de l’électricité dans notre pays ? Cherté de la vie Comment arriver à  une exploitation optimale des ressources minières du Mali. Comment rendre les prix des denrées de première nécessité accessibles aux consommateurs ? Comment redresser l’école, de concert avec tous les acteurs ? Ce sont là , entre autres, les questions auxquelles, le Gouvernement actuelle était censé apporter des réponses satisfaisantes. Crise éducative En ce qui concerne l’école, les difficultés devraient avoir leurs réponses à  travers ce forum qui, au bout du compte, ne s’est pas avéré payant pour l’éducation nationale. En effet, ce forum, au lieu de dégager des pistes de solutions approuvées par tous, a accouché d’un véritable folklore. Et, sur d’autres plans, les échecs s’illustrent à  travers les interminables grèves qui secouent la Nation. Aussi, certains phénomènes comme la lenteur administrative ont atteint leur vitesse de croisière, sans que personne ne pipe mot. Ce phénomène, comme plusieurs autres sont des réalités indéniables. Corruption et délinquance financière Aussi, dans le cadre de la lutte contre la corruption et la délinquance financière, rien ne semble fait, en dehors des forums, séminaires et autres activités du genre… Le phénomène poursuit dangereusement son cours. Pis, des délinquants financiers à  col blanc ainsi que des voleurs de la pire espèce continuent de « circuler » impunément dans un système bâti sur le laxisme. La preuve, tous les rapports de contrôle laborieusement élaborés par la flopée de structures spécialisées, sont tout bonnement rangés dans les tiroirs. Et le phénomène semble encouragé par le Chef de l’Etat lui-même, puisqu’il n’a pas hésité à  banaliser le gigantesque travail abattu par les services de contrôle étatiques. Le maà®tre à  bord du « bateau Mali » disait en substance que, « ce n’est pas la peine de poursuivre des chefs de familles sur la base de simples rapports ». Pourquoi alors, investir tant d’argent pour ces « simples rapports » ? Par ailleurs, les dépenses de prestige et la budgétisation outrancière de l’accessoire font rage dans nombre de départements ministériels. La dynamique du changement tant prônée s’est visiblement estompée. « Le poussin est mort dans l’œuf ». A quand le changement ? Conscient de la situation, à  en croire, nos sources, un nombre consistant de ministres figurerait sur une certaine liste noire du président ATT qui envisagerait un nouveau remaniement ministériel. Nombreux sont-ils, ainsi, ces ministres improductifs dont les jours seraient comptés au sein du Gouvernement. D’autres informations font même état d’un balayage pure et simple de certains départements ministériels. Dans le lot, on cite celui du Ministère en charge des Relations avec les Institutions, porte-parole du Gouvernement… On parle également d’une éjection certaine du Ministre de l’industrie, Mr Amadou Abdoulaye Diallo, actuellement dans le collimateur des consommateurs et de certains opérateurs économiques, suite à  la lancinante épisode de la hausse subite du prix du sucre. A noter que, le dernier remaniement (2ème au titre du 2ème du président ATT) qui remonte au mois d’avril dernier n’a pas produit les effets escomptés. Et pour cause, les Maliens s’attendaient à  un changement plus profond dans la conduite des affaires publiques.