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Scrutin J-4 : Attention aux rumeurs de fraude…

Après la sortie médiatique de Tiébilé Dramé, sur les risques d'une élection précipitée, des craintes d'une fraude massive agitent le…

Après la sortie médiatique de Tiébilé Dramé, sur les risques d’une élection précipitée, des craintes d’une fraude massive agitent le landernau politique et social. A l’issue d’une conférence de presse organisée par le FDR, le front pour la Sauvegarde de la démocratie et la République, le 23 juillet, des responsables politiques ont appelé à  la prudence et clament avoir des documents en leurs possessions qui attestent de la préparation d’une fraude massive pour faire passer un candidat dès le premier tour. Ainsi, 1 900 000 cartes NINA sans photo seraient en possession de l’Administration territoriale et pourraient être utilisées pour orchestrer un bourrage des urnes, affirme Fatoumata Siré Diakité, de l’APDF et membre du FRD. Plus modéré, Adama Koita, du même front, appelle à  ne pas mélanger politique et religion, faisant référence à  l’implication du Chérif de Nioro dans la danse électorale :  » Depuis quand un marabout peut-il offrir 100 millions de nos francs à  un candidat à  l’élection présidentielle ? Il s’agirait là  d’un investissement c’est sûr… ». Pour calmer le jeu, Iba Ndiaye, premier vice président du FDR, dira que leur devoir était d’avertir l’opinion… Des préoccupations sur lesquelles, on observe un silence des autorités déterminées à  aller coûte que coûte aux élections. Nul n’ignore cependant que la distribution des cartes NINA a connu des péripéties, certains citoyens se retrouvant aujourd’hui sans cartes, d’autres avec deux cartes, ou encore d’autres absents du fichier RAVEC, bref, un processus électoral compliqué, soumis aux impératifs du temps et dont sera privé une partie de la population et des réfugiés déplacés à  Bamako ou dans les pays voisins. Ailleurs, sur les sites de campagne, les mêmes rumeurs faisant état d’une fraude à  venir, sèment la confusion dans certains esprits agités. Qui clament qu’il y aura descente dans les rues en cas d’élections volées. Enfin, dans quoi nage t-on ? Les Maliens ont-ils besoin de contestation à  l’heure actuelle ou de menaces sur un scrutin qui sans aucun doute, sera absolument imparfait ? Que des candidats annoncent publiquement que la fraude est en préparation, chiffres à  l’appui, n’est-il pas de nature à  faire monter la tension, tout comme la sortie médiatique d’un FDR qui ne veut pas être évincé du jeu politique. Entre la raison et la déraison, il n’y a qu’un pas, que des politiciens avides de pouvoir sont prêts à  franchir allègrement. Du reste, nous autres observateurs, avec ceux déployés par la communauté internationale au Mali, tâcherons d’observer comme il se doit ce scrutin, et d’en rendre compte fidèlement, sans appeler à  la haine ou à  la contestation. Il est primordial pour l’intérêt du Mali et des Maliens de sortir de la transition de manière apaisée. Le verdict des urnes parlera.