Pierre Buyoya appelle à un cessez-le-feu immédiat!

Bamako, le 22 mai 2014 – Suite à  la reprise des violences à  Kidal M. Pierre Buyoya, Haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, Chef de la Mission de l’UA pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) appelle à  un cessez le feu inconditionnel et immédiat. Il appelle également au retour immédiat à  la situation antérieure au 16 mai 2014, date à  laquelle les hostilités ont repris lors de la visite à  Kidal du Premier ministre Moussa Mara, en vue d’arriver le plus rapidement possible à  un accord. M. Buyoya insiste sur le fait que «la solution ne réside pas dans la violence mais dans le cessez le feu et l’activation des mécanismes prévus dans le cadre de l’Accord de Ouagadougou ». A cet égard, il se réjouit de l’appel constructif au dialogue et à  la paix lancé par le Président Ibrahim Boubacar Keita dans son message à  la Nation du 19 mai et repris dans le communiqué du gouvernement du 21 mai. Le Chef de la MISAHEL exprime sa préoccupation face aux conséquences graves que la reprise des hostilités aura sur les populations dans une zone déjà  fragilisée par la crise, notamment leur déplacement massif vers les camps de déplacés et de réfugiés. M. Buyoya réitère l’attachement de l’UA à  l’intégrité territoriale et à  la souveraineté du Mali. Il renouvelle la disponibilité de l’UA à  aider au retour d’une paix durable.

MISAHEL: journée d’échanges à Bamako sur les questions de sécurité

La rencontre a pour objectif la mise en place d’un cadre permanent d’échange d’informations et de coopération en matière de sécurité dans le cadre du processus de Nouakchott. Y prennent part les attachés et conseillers en matière de sécurité et de défense de l’Algérie, du Burkina-Faso, de la Cote d’Ivoire, de la Guinée, de la Mauritanie, du Nigeria, du Sénégal, du Mali et du Tchad ainsi que des cadres chargés des questions de défense et de sécurité de la CEDEAO. Trois projets pour consolider la paix et la sécurité Le processus de Nouakchott met l’accent sur la coopération entre les onze pays membres en vue de freiner la menace terroriste et la criminalité transfrontalière. Lors des travaux de la 3e réunion ministérielle des pays membres du processus de Nouakchott, à  Niamey, il a été décidé de concentrer les efforts de coopération sur les domaines prioritaires de la sécurité, de la gouvernance, de la décentralisation et du développement. Ces derniers mois, la MISAHEL s’est attelé à  développer ces domaines prioritaires de la stratégie de l’UA pour le Sahel. Il s’agit des trois projets majeurs pour l’année 2014, à  savoir l’implication des leaders religieux dans la promotion de la paix et de la cohésion nationale, l’appui à  la réinsertion socio-économique des jeunes et des anciens combattants au nord du Mali, le renforcement des initiatives existantes de coopération transfrontalière à  travers la mise en place d’unités mixtes et d’opérations conjointes. Selon M. Pierre Buyoya, ancien président du Burundi et Haut Représentant de l’Union Africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, cette stratégie, assortie d’un plan d’action pour l’année 2014, avec une série de projets à  réaliser, va être présentée au Conseil de Paix et de sécurité (CPS) de l’UA, la semaine prochaine à  Addis Abeba, pour validation.

UA : Pierre Buyoya encourage les « pourparlers inclusifs » avec le Nord

Après un bilan assez satisfaisant de l’implication de l’Union Africaine durant la crise politico sécuritaire au Mali, le représentant de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya, a rencontré la presse. Pierre Buyoya rappelle d’emblée qu’après le transfert d’autorité de la MISMA (force africaine) à  la Minusma à  compter de Juillet 2013, le conseil de paix et de sécurité a jugé nécessaire de maintenir une présence de l’Union Africaine, pour accompagner le Mali… Sur 2013, l’UA a accompagné les différents acteurs de la sortie de crise et a participé à  plusieurs réunions du Groupe de Soutien et de suivi sur le Mali, sous l’égide de Nkosazana Dlamini Zuna, présidente de la Commission de l’UA. l’UA a aussi accompagné le processus électoral en déployant des observateurs pour les deux tours de la présidentielle et un expert électoral au près de la CENI. Accélérer les pourparlers inclusifs avec les groupes armés Homme de crise, ancien président du Burundi mais aussi militaire de carrière, Pierre Buyoya, sait de quoi il parle. Pour celui, qui a géré deux périodes transitoires post crises, au Burundi entre 1993 et 2003, le Mali peut être cité comme une exception : « Jamais un pays n’est sorti aussi vite d’une crise consécutive à  un coup d’Etat », a d’emblé réitéré le diplomate. Il faut donc avant toutes critiques, saluer cela mais aussi, encourager ces Accords de Ouagadougou, dont l’application intégrale, tarde, sur le cantonnement, le désarmement, la démobilisation des groupes armés et la suite des négociations. A cet égard, parlons plutôt de pourparlers inclusifs entre autorités maliennes et groupes armés aux positionnements divers : « La situation sécuritaire dans le nord demeure précaire et constitue une source de préoccupation », a admis Buyoya, convaincu qu’il faut accélérer le dialogue inclusif, grâce à  l’appui de la communauté internationale, la Commission vérité et justice ou encore les foras intercommunautaires prévus. Sur les rencontres exploratoires qui ont eu lieu à  Alger avec des représentants du MNLA et du HCUA, Buyoya estime qu’il ne faut pas faire d’opposition entre Alger et Ouagadougou mais ouvrir toutes les portes au dialogue avec les groupes armés du nord. Le rôle de la Misahel Quant à  la Misahel, cette mission qui s’inscrit dans la continuité du processus de normalisation au Mali, elle a plusieurs missions dans notre pays. D’abord appuyer le processus de réconciliation nationale en chantier au Mali et parvenir à  l’application intégrale des Accords de Ouagadougou. Trois axes intéressent la mission : la sécurité au sahel, la gouvernance, et le développement, imbriqués l’un dans l’autre et qui sont à  la source de l’instabilité au Sahel, rappelle Pierre Buyoya, qui cite aussi la pérennisation du processus de décentralisation. Le volet Droits de l’homme, vise aussi l’aspect humanitaire et pour cela 20 observateurs des droits de l’homme sont déployés dans le nord du Mali. En tant que militaire, Pierre Buyoya a évoqué le dossier des réformes militaires et l’accompagnement de l’UA à  cet égard, des réformes d’autant plus nécessaires que le Sahel reste confronté à  toutes les menaces terroristes et rebelles. Pour Buyoya, ce sont surtout des questions de développement qui sont à  la base des conflits, trafics de drogue et terrorisme dans cette zone sensible.

Le chef des forces ouest-africaines sur la défensive

«Ce qui est essentiel, ce n’est pas de se mesurer aux troupes françaises.» Pierre Buyoya, représentant spécial de l’Union africaine et chef de la Misma (Mission internationale de soutien pour le Mali), peine à  défendre ses hommes. Depuis plusieurs mois, les critiques sont nombreuses, qui pointent le sous-équipement, l’amateu­risme ou le manque de discipline des soldats ouest-africains. Dernière en date, la cinglante sortie de Michael Sheehan, un conseiller du secrétaire américain à  la Défense, qui a tout simplement jugé la Misma «capable de rien». Les forces françaises ont commencé cette semaine leur désengagement, et ce sont les troupes ouest-africaines qui doivent, aux côtés des Maliens, prendre progressivement le relais. D’o๠les nombreuses et cruciales interrogations sur leurs capacités réelles. «Nous avons décidé de venir au Mali avant même que les Français ne le décident, plaide Pierre Buyoya. Les événements ont fait qu’ils sont venus avant nous, avec plus de moyens, mais nous sommes arrivés dans la foulée et nous continuons notre montée en puissance.» Les troupes de la Misma comptent aujourd’hui 6300 soldats déployés dans tout le Mali, plus de 80 % de l’effectif total prévu. Jusqu’ici, l’essentiel de ces hommes était cantonné aux villes du sud du pays, o๠il s’agissait davantage de sécuriser des points stratégiques et des villes libérées que de combattre l’ennemi. Seuls les Nigériens et les Tchadiens participaient aux missions à  risque. Sécuriser les élections Depuis quelques jours, les choses évoluent. «Les Tchadiens sont à  Kidal depuis longtemps, rappelle Pierre Buyoya, mais aujourd’hui il y a aussi les contingents nigérien et sénégalais à  Gao, et les soldats du Burkina Faso à  Tombouctou.» Outre les personnels civils et militaires, des forces de police sont aussi censées être fournies par la Misma. Sur les quatre unités prévues, seule celle des Sénégalais est en place à  Bamako. «Nous avons un certain nombre d’insuffisances, reconnaà®t du bout des lèvres le chef de la Misma, mais nous faisons en sorte que notre capacité opérationnelle s’améliore. Nous travaillons dans les réalités qui sont les nôtres, affirme encore Pierre Buyoya, et personne ne peut douter de notre utilité au Mali.» De fait, les Maliens sont aussi nombreux à  craindre la passation de pouvoir entre Français et soldats ouest-africains, qu’à  être reconnaissants aux nations voisines de se mobiliser pour eux. Si la Misma est une force principalement militaire, Pierre Buyoya rappelle qu’elle a aussi en charge le suivi du processus politique malien. «Nous allons continuer à  soutenir le gouvernement dans sa démarche politique, assure Pierre Buyoya avec, en ligne de mire, la tenue des élections présidentielle et législatives du mois de juillet. «Il faudra des observateurs: nous serons là  pour le faire. Il faudra sécuriser les élections: nous les sécuriserons. Il y aura aussi probablement, à  un moment donné, des contentieux entre les acteurs maliens, ajoute enfin Pierre Buyoya, l’air de rien. Nous serons là  pour faire la médiation.»

Pierre Buyoya :  » Le retrait français du Mali doit être progressif « 

« La Misma est en place et travaille déjà  étroitement avec l’armée française ; nous venons de réviser le concept d’opération de la Misma de telle manière que si l’armée française se retire d’ici un mois, deux mois, trois mois, nous soyons en mesure de gérer la situation. » « Désormais, nous sommes au coeur du conflit », lâche le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, après les accrochages meurtriers de ces derniers jours dans le nord-est du Mali. Combien de temps va vraiment rester l’armée française dans ce pays ? Et dans quel délai les forces africaines de la Misma seront-elles en mesure de prendre le relais ? Réponse de Pierre Buyoya, représentant spécial de la Commission de l’Union africaine au Mali et le chef de la Mission internationale d’appui au Mali (Misma).

Pierre Buyoya : « La crise malienne porte atteinte aux principes fondamentaux de l’Union Africaine…»

M. Buyoya a informé le Premier ministre de l’adoption par l’Union Africaine du Concept Stratégique et du concept d’opération pour l’intervention militaire dans le nord du pays. Il a souligné la centralité opérationnelle de notre pays dans les deux documents et la coordination du Groupe de Soutien et de Suivi de l’Union Africaine pour le Mali. Le Haut représentant a félicité le Premier ministre du consensus et de la mobilisation que les autorités maliennes ont su créer autour de la crise. «Â J’espère que les maliens mesurent la dimension de la mobilisation extraordinaire de la communauté internationale », a-t-il déclaré à  ce propos. Il a également réaffirmé la volonté de l’organisation continentale à  soutenir les autorités maliennes pour une sortie de crise rapide et durable. «Â La crise malienne porte atteinte à  tous les principes fondamentaux de l’Union Africaine et nous sommes engagés pour mobiliser davantage les organisations internationales et l’ensemble des partenaires pour leur adhésion au concept stratégique qui sera présenté au Conseil de Sécurité des Nations Unies », a-t-il expliqué. Concept Stratégique de la force Africaine Concernant les concertations nationales non souveraines, il a réitéré l’attachement et l’attente de la communauté internationale au dialogue entre les maliens. Dans ce sens, il a exprimé la disponibilité de l’Union Africaine à  assister les autorités maliennes. La visite du Haut représentant de l’Union Africaine à  Bamako s’inscrit dans le cadre d’une tournée qui le mènera à  Ouagadougou et à  Alger dans les prochains jours. Pour sa part, le Premier ministre s’est félicité de la nomination d’un homme d’expérience, empreint d’une grande sagesse comme Haut représentant dans la crise malienne. Il s’est dit heureux de pouvoir compter sur la perspicacité de son hôte pour mobiliser toutes les forces internationales autour du Mali. Cheick Modibo DIARRA a informé le Haut représentant de l’Union Africaine de la disponibilité imminente de la feuille de route du Gouvernement d’union nationale, de la tenue prochaine des concertations nationale et de l’organisation des élections. Le Chef du gouvernement a réaffirmé la volonté des autorités maliennes à  négocier avec les compatriotes égarés qui renonceraient à  la partition du pays tout en respectant en même temps le caractère laà¯c de la République. A ce sujet, il a annoncé la mise place prochaine du Comité national pour les négociations.