Lamine Camara, un élu franco-malien au cœur de la cité

Né à  Kayes il y a 36 ans, Lamine Camara, est l’aà®né et le seul garçon d’une famille de 6 enfants. Dans la cité des rails o๠il effectuera ses études primaires et secondaires, il apprend la valeur du travail auprès de son père, enseignant. « Un mauvais résultat scolaire était aussitôt suivi d’une punition », se souvient-il. Quand il n’est pas en classe, il court derrière les troupeaux, petite contribution à  la bonne marche de la famille. Produit de l’Université de Bamako, notamment de la Faculté des sciences juridiques et économiques, Lamine Camara milite au sein de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), dont il prendra la tête en tant que secrétaire général en 2001. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, il inspire à  ses camarades, à  la fois crainte et respect. Un Master de droit en poche en 2003, Lamine Camara travaille pendant quelques temps dans un cabinet bamakois spécialisé dans le droit des affaires, qu’il quittera néanmoins brusquement. « On ne travaillait que sur des problématiques de riches, je n’étais pas fait pour ce travail », justifie t-il. Pendant les cinq ans qui suivront sa démission, le jeune juriste évoluera auprès de la militante altermondialiste et ancienne ministre Aminata Traoré, présidente du Forum pour l’autre Mali, qui le présente affectueusement comme « un jeune homme brillant dont je suis fière en tant que mère ». Intéressé par les questions environnementales, ce militant dans l’âme quitte finalement le Mali en 2008 pour la France, et s’installe à  Grigny, une banlieue « difficile » de la région parisienne. Il poursuit ses études, couronnées en 2009 par un Master 2 en politique environnementale et développement durable de l’Institut catholique de Paris. Ne bénéficiant d’aucune bourse, « la nuit je travaillais comme agent de sécurité à  l’aéroport. C’était très dur». Fondateur de l’Association « Maya » en 2010, et qui vise à  mettre l’humain au C’œur des enjeux du monde actuel, il travaille notamment avec les jeunes nés en France de parents étrangers, auprès desquels il prône l’importance du « vivre ensemble ». Grand militant associatif, ce franco-malien en quête perpétuelle de « liens » est appuyé par Philippe Rio, maire communiste de Grigny, qui l’aide à  se positionner sur la liste PCF-Front de Gauche en àŽle de France, lors des élections régionales de décembre 2015. Bien lui en prend, puisqu’il gagne son pari et devient conseiller régional, au sein de la région capitale, désormais dirigée par la Droite. Aujourd’hui unique franco-malien à  occuper un tel poste, après la défaite d’Ali Soumaré (PS), l’élu a choisi de se focaliser, pendant les six années à  venir, sur la formation professionnelle des jeunes et la coopération internationale, notamment celle entre le Mali et la France.

MENIC : Choguel Maïga prend les commandes

Après un long tête-à -tête sur l’ensemble des dossiers concernant le département, les deux ministres ont rencontré le personnel du ministère pour la cérémonie officielle de passation de service. C’était dans la soirée du mardi 13 janvier 2015 à  la cité administrative. Le ministre sortant Mahamadou Camara a d’abord remercié ses collaborateurs pour leur engagement et les a exhorté à  accompagner son successeur pour qu’il puisse réussir sa mission. Les défis sont nombreux dira M. Camara à  son successeur. « Je sais que dans le domaine vous avez une certaine expérience. Je n’ai aucun doute que vous saurai relever le défi » a-t-il affirmé. Comme grands chantiers, on peut citer la stratégie Mali numérique 2020 qui a été élaborée, la mise en place du centre d’information du gouvernement du Mali qui sera un outil de coordination, d’exécution de la politique de communication gouvernementale, le basculement vers le numérique en juin 2015, la réforme des médias publics. Le travail continue « J’ai passé d’agréables moments avec le ministre Camara et apprécié sons sens du respect de la loi, des institutions mais aussi du respect des aà®nés » a rappelé le nouveau locataire du MENIC, au moment o๠était à  la tête de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications/TIC et postes (AMRTP). En se prononçant sur les dossiers qui l’attendent, le porte-parole du gouvernement affirme que le travail qui a été abattu pendant les neuf derniers mois est immense. « Je pèse toute la responsabilité qui est la mienne de poursuivre le travail. C’’est un train que nous prenons en marche » a souligné Choguel Kokalla Maà¯ga. C’’est pourquoi il a demandé au personnel de rester disponible comme il l’a été avec son prédécesseur et compte sur ce dernier pour faire avancer les dossiers.

« Mali Numérique 2020 » : l’avant-dernière étape du challenge

Après avoir planché pendant quatre mois sur la Politique nationale des technologies de l’information et de la communication, et s’être s’inspiré des meilleures pratiques existantes en Afrique et dans le monde, le groupe d’experts mandaté par le ministère de l’économie numérique de l’information et de la communication (MENIC), soumet ses propositions à  l’Atelier national de validation qui se tient ce jeudi et vendredi au CICB. Il a été demandé aux experts de définir les axes stratégiques du développement durable de l’économie numérique à  l’horizon 2020. l’ouverture des travaux a été présidée par le Premier ministre Moussa Mara, qui avait à  ses côtés, le ministre de la communication Mahamadou Camara et les représentants de la Banque mondiale et du PNUD au Mali. Au cours de cet atelier participatif, les intervenants vont élaborer un plan d’actions, évaluer et définir les valeurs des indicateurs à  atteindre d’ici 2020. Faire du Mali un Hub technologique en Afrique de l’Ouest Mali Numérique 2020 a été construit autour d’une vision et des ambitions claires pour positionner le Mali comme un des Hub technologiques en Afrique de l’Ouest. Il s’agira de faire du numérique, un vecteur du développement humain durable, une source de productivité et de valeur ajoutée pour les autres secteurs économiques et pour l’Administration Publique, etc. En s’appuyant sur le numérique, le Mali veut atteindre les objectifs du millénaire pour le développement à  l’horizon 2020. Pour le MENIC, ce rêve est possible parce que le Mali regorge de talents, d’expertise. Il y aussi un engagement fort du secteur privé et une réelle volonté politique a affirmé M. Camara. Il a insisté sur le suivi de la stratégie dans la durée. Le plus dur, selon lui est l’exécution et la recherche de financement pour l’accompagner. Le Premier ministre a, pour sa part, rassuré le ministre que la stratégie sera mise en œuvre. Elle aura un impact en termes de gouvernance et de progrès pour les Maliens, a-t-il souligné. l’e-gouvernement doit être une nécessité, et l’on doit doter les administrations centrales de moyens de communication, (vidéo conférence, etc.) a ajouté le Chef du gouvernement. Le projet final qui sortira de cet atelier, sera soumis au gouvernement pour adoption. Des projets TIC innovants A l’issue des différentes communications, des projets dans le domaine des technologies ont été présentés au public. Le concepteur de YUV Smart, Aliou Yattassaye a présenté le prototype de la tablette qu’il est en train de développer. Dans le domaine du mobile banking, Ibrahima Kanté a expliqué le fonctionnement de LEMONWAY. Grâce à  ce service, les clients ont la possibilité de faire des opérations (dépôts et retraits d’argent) à  partir de leur téléphone portable quel que soit l’opérateur télécom. Son utilisation nécessite l’ouverture d’un compte dans une agence de la Banque internationale pour le Mali (BIM) ou chez des distributeurs agrées Lemonway. L’on peut payer directement avec le téléphone chez ceux qui disposent du terminal Lemonway comme à  la la pharmacie ou au restaurant par exemple. Basé sur le concept du marketing relationnel, Lemonway ambitionne de créer 100.000 emplois au Mali. Pour le moment 100 emplois sont créés indique M. Kanté. Une autre innovation, c’est celle de Mamadou Sidibé. « Lenali » selon son concepteur est une sorte de Viber à  la malienne et développée pour tout type de mobile. Il veut connecter les Maliens et amis du Mali partout o๠ils se trouvent. Dans la catégorie Projet senior, Mamadou Diallo a parlé de son ordinateur « Limmorgal » (calculateur, en langue peulh). Il est doté du logiciel libre « Ubuntu », d’une carte flash qui sert de disque dur, d’un clavier et d’une souris. Selon M. Diallo, la machine a été conçue avec du matériel simple et relativement bon marché. Un boitier installé à  l’arrière de l’écran contient tous les accessoires et terminaux de commande. Il peut fonctionner à  l’énergie solaire grâce à  sa faible consommation.

Mahamadou Camara, des médias à la politique…

Dans un contexte malien o๠il faut gravir les échelons un à  un pour se hisser au sommet de l’état, l’ascension politique de Mahamadou Camara apparaà®t fulgurante. Après un bac économique, il se tourne vers les études et obtient un DESS en gestion et commerce international à  la Sorbonne. Puis il fréquente HEC, la prestigieuse école des hautes études commerciales de Paris qui le prépare à  devenir un grand patron. Suivront des stages de qualification dans divers domaines. Mais C’’est au Groupe Jeune Afrique que Mahamadou Camara acquiert une expérience professionnelle dans la gestion, le journalisme, la communication et l’édition. En 2003, il devient Directeur adjoint de la publication Ecofinance du groupe de presse, puis Chef de cabinet de Béchir Ben Yahmed (BBY), magnat du groupe Jeune Afrique. Très vite, Mahamadou Camara sait gagner de la confiance de BBY, qui lui confie les rênes de titres phares comme The Africa Report, et plusieurs hors séries sur l’économie, un domaine pour lequel il se passionne. De fréquents allers retours au Mali, l’emmèneront ensuite à  s’installer à  Bamako, o๠il lance en 2009 le Journaldumali.com, un site d’actualité et d’information en ligne. l’entrepreneur touche aussi à  l’édition avec les Editions Princes du Sahel, la communication et la régie publicitaire à  travers plusieurs sociétés de droit malien. Les perspectives sont là  mais aussi les bonnes rencontres. Résultat, rigueur et amour du travail bien fait, sont les leitmotivs d’un homme à  qui ses collaborateurs ont du mal à  arracher un compliment mais qui lorsqu’il arrive, surprend toujours. « C’’est un homme sympathique, de prime abord, mais qui a des qualités indéniables de communicant et est très professionnel », commente un collaborateur. Des médias à  la politique Des affaires à  la politique, il n’y a qu’un pas. Une rencontre va modifier le destin de Mahamadou Camara. Elle a eu lieu pendant « les années Jeune Afrique », mais C’’est à  partir de 2009 qu’un rapport de confiance et d’affection s’établit avec Ibrahim Boubacar Keita. Le jeune entrepreneur deviendra l’assistant, le conseiller, puis le Directeur de cabinet du Président du Rassemblement pour le Mali (RPM) en 2011, à  une époque o๠ce dernier est dans le creux de la vague. Au moment o๠le parti des Tisserands s’apprête à  reconquérir Koulouba pour la présidentielle 2012, Camara a toutes les cartes en main pour relancer la communication de la machine RPM. Mais le coup d’état du 22 Mars 2012 ralentit les ambitions du parti et celles de toute la classe politique malienne aux abois. Il faut prendre son mal en patience. 2013 est l’année de tous les succès. Mahamadou Camara à  la veille de la présidentielle de sortie de crise, va participer au plus haut niveau à  la campagne du candidat IBK. « Il fait partie de ceux qui ont véritablement conçu le programme de cette campagne de bout en bout, et a joué un rôle clé en tant que porte-parole », confie un de ses proches. La campagne a été basée sur des slogans forts, comme « l’honneur du Mali, et le bonheur des Maliens », avec un accent sur la personnalité d’IBK. Les Maliens sont séduits. Le 11 août 2013, le succès sera total après la victoire éclatante d’IBK plébiscité à  78% des suffrages au second tour. Camara est nommé Directeur de Cabinet du chef de l’état, avec rang de ministre, en septembre 2013. Du Cabinet au ministère A la faveur du remaniement d’avril 2014, Mahamadou Camara, qui jouit de toute la confiance du président, se voit confier le portefeuille de l’économie numérique, de l’information et de la communication, un département, dont il n’avait pas souhaité prendre la charge en septembre 2013. Cette fois ci, nanti d’une expérience au plus haut niveau de l’Etat, il n’a pas hésité, conscient qu’il devra s’attaquer à  la réforme de l’audiovisuel. Il ambitionne aussi de faire aboutir le chantier de création d’une grande école de journalisme au Mali, dans un contexte o๠la profession est très peu réglementée et régie par les organisations faitières de la presse. Pour lui, les «technologies de l’information et de la communication sont un moyen d’accélérer le développement, à  travers la numérisation de l’administration et la démocratisation de l’Internet ». Gageons que le jeune ministre qui connait bien le secteur saura s’en tirer avec brio, sans oublier qu’il aura aussi pour mission d’optimiser la communication du gouvernement Mara. Mahamadou Camara est marié et père d’une fille. Il pratique le basket-ball et le tennis et parle Anglais, Malinké et Espagnol.

Abdoul Karim Camara dit Cabral : 34 ans après, le Mali se souvient

Le 17 mars 1980 marque une douloureuse page de l’histoire contemporaine du Mali. En effet, ce jour-là  était assassiné l’emblématique leader estudiantin Abdoul Karim Camara dit Cabral, secrétaire général de l’Union des élèves et étudiants du Mali (UNEEM). Né le 2 juillet 1955, Abdoul Karim Camara dit Cabral a pris les rênes de l’UNEEM, en 1980 dans un contexte marqué par la répression du régime de Moussa Traoré. C’’est ainsi que le congrès de l’organisation est tenu dans la quasi- clandestinité. Cet étudiant en philosophie à  l’Ecole Normale Supérieure de Bamako(ENSUP) se fixera comme objectif l’amélioration des conditions de vie des élèves et étudiants du Mali. Contre vents et marées, le jeune étudiant mena avec courage et opiniâtreté il se lance dans le combat pour atteindre son objectif. La détermination du secrétaire général de l’UNEEM est perçue comme un crime de lèse-majesté par le régime militaire qui va mettre sa tête à  prix. Après une traque acharnée menée sur fond de menace et d’intimidation à  l’endroit de ses parents et proches, Abdoul Karim Camara dit Cabral sera arrêté. Amené au Camp des commandos parachutistes de Djicoroni-Para, il y sera torturé jusqu’à  la mort le 17 mars 1980. Un black-out total entourera les circonstances de la mort et la tombe de Cabral jusqu’à  la chute de Moussa Traoré le 26 mars 1991. Lui rendre hommage en rénovant l’école malienne Il a fallu attendre l’avènement de la démocratie pour que ce digne fils de la Nation bénéficie de la reconnaissance du pays. C’’est ainsi que sous l’impulsion de ses anciens camarades de lutte, regroupés au sein de l’Amicale anciens militants et sympathisants de l’Union des élèves et étudiants du Mali (AMS- l’UNNEM), une cérémonie de recueillement a lieu chaque année sur sa tombe localisée en 1991 au cimetière du quartier populaire de Lafiaboubou. Le même quartier abrite depuis peu son mausolée o๠le Premier ministre sacrifie chaque 17 mars au rituel de dépôt d’une gerbe de fleurs en sa mémoire. Le 34ème anniversaire de l’assassinat de Cabral intervient dans un contexte marqué toujours par la déliquescence de l’école malienne. Une école malienne en manque d’infrastructures adéquates, à  court d’enseignants de qualité, avec des étudiants sans niveau calamiteux et des diplômés pas « consommables ». Relever ce grand défi demeure le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre.

Six mois d’IBK : « Honorable », dixit Mahamadou Camara

Il est souvent reproché à  l’exécutif, un déficit de communication sur la situation du pays à  savoir la question du nord, le dialogue en cours avec les groupes armés, l’économie, etc. Quand communication il y a, C’’est la presse étrangère qui est souvent privilégiée. Après la prise de fonction du président de la République Ibrahim Boubacar Keita le 4 septembre 2013, son directeur de cabinet est revenu sur l’action qui a été menée pendant les six premiers mois du mandat d’IBK. M. Camara a reconnu que « C’’est une lourde responsabilité et que la tâche est très difficile dans la mesure o๠les défis sont nombreux ». Pour lui, « il était difficile de mettre en œuvre une politique volontariste parce que les marges de manœuvre budgétaires étaient limitées car les caisses étaient vides et le budget de l’Etat était contracté de 30% ». Toutefois, il « pense que le bilan est plus qu’honorable compte tenu de la situation qui était celle du pays ». La première phase du mandat d’IBK, d’après le directeur de cabinet, concerne la normalisation à  plusieurs niveaux : d’abord institutionnelle avec la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale, militaire ensuite avec le rétablissement de la chaà®ne de commandement et la réforme en cours des forces de défense et de sécurité, diplomatique et économique avec la confiance retrouvée avec l’ensemble des pays voisins et les partenaires internationaux. Pour ce qui concerne la question du nord, il rappelle que le processus de dialogue et de réconciliation nationale a été engagé à  travers les Assises du Nord, les états généraux de la décentralisation. « Quelques recommandations de ces Etats généraux ont été prises en compte à  l’instar du report à  six mois de l’élection communale »,précise Camara. « s’attaquer aux problèmes quotidiens des Maliens » Selon M. Camara, la deuxième phase débutera au cours de cette année, « sans pour autant que la première ne soit terminée. Il s’agira de s’attaquer aux problèmes quotidiens des Maliens à  savoir, la question du pouvoir d’achat, de l’emploi, de l’éducation, de la santé et des infrastructures. Les mesures sont lancées et il y a un programme d’actions gouvernementales en vue, qui va accélérer dans les mois à  venir ». Parlant de la présence des membres de la famille du président au gouvernement et à  l’Assemblée, le directeur répond qu’« il n’y a aucune de monarchie dans la gestion des affaires de l’Etat et que le président n’a rien à  avoir avec les choix opérés. Il est au-dessus de tout cela, car étant le président de tous les Maliens. Tous ceux qui occuperont un poste, ce sera sur la base de la compétence de l’intégrité et du patriotisme». Sur la prétendue guéguerre qui oppose certains caciques du Rassemblement pour le Mali (RPM), il affirme ne pas croire aux rumeurs de scissions. « Je fais confiance au sens de la responsabilité des uns et des autres», résume Camara. A quand le remaniement post-législatives ? « Un remaniement aurait été logique dans la foulée si les résultats avaient donné une majorité qui n’est pas conforme à  la majorité représentée au sein du gouvernement. (…) C’’est la prérogative du chef de l’Etat qui, à  tout moment pense que C’’est nécessaire, peut procéder au réajustement ». En conclusion, pas de remaniement à  l’horizon.

Le Général Yamoussa Camara rattrapé par l’affaire des bérets rouges

Ce n’est pas une surprise si le chef d’Etat major particulier du président IBK est mis aux arrêts dans le cadre de l’enquête ouverte sur l’affaire de la disparition de plusieurs bérets rouges après les évènements d’Avril 2012. Des sources indiquent que Yamoussa Camara, ancien ministre de la Défense sous la transition a été placé sous mandat de dépôt, autrement dit, écroué au Camp I de la Gendarmerie, jeudi 13 février après une audition avec l’imperturbable juge d’instruction Yaya Karembé. Personne ne croyait en cette décision téméraire du juge sachant la position de chef d’Etat major particulier du Général auprès de l’actuel président. Mais pour les besoins de l’enquête, le juge avait saisi l’actuel ministre de la Défense Soumeylou Boubèye Maiga pour auditionner quatre généraux de l’armée malienne. Il s’agit de Yamoussa Camara, d’Ibrahim Danhirou Dembélé, ex Chef d’Etat- Major Général des Armées pendant la transition, Sidi Alassane Touré, ancien patron de la sécurité d’Etat, Abdoulaye Koumaré, ministre de l’équipement et des transports, tous proches de l’ex junte. l’arrêt de Yamoussa Camara n’est que le début d’une série d’interpellations. Ce qui est certain, c’est que le Général Yamoussa Camara a d’abord été nommé par Amadou Haya Sanogo avant d’être reconduit par Dioncounda Traoré, président par Intérim sous la transition. Fidèle à  son mentor à  l’époque, le général Camara a toujours défendu becs et ongles ses ex camarades putschistes par des sorties médiatiques. Lors d’une conférence de presse, on se souvient que Yamoussa avait déclaré ceci : « les militaires n’ont pas tiré sur les enfants, mais ce sont les enfants qui se servaient des armes de leurs pères pour chasser les militaires », une phrase qui a fait mouche parmi les journalistes qui avaient alors investi le camp para après les affrontements entre bérets rouges et bérets verts. La découverte récente du charnier de Diago o๠des corps de nombreux soldats ont été découverts ont certainement précipité la décision du Juge d’entendre ces généraux de l’armée cités plus haut. Yamoussa Camara qui est devenu par la suite, Chef d’Etat major particulier du président IBK était-il à  l’abri de tout soupçon ? l’histoire vient en tout cas de rattraper celui qui n’a rien fait pour stopper la guerre fratricide entre frères d’armes à  l’époque. Des preuves indiquent qu’il aurait même signé la décision d’envoi de certains bérets rouges en mission, mission qui s’est révélée meurtrière pour ces hommes… Après Yamoussa Camara, Sidi Alassane Toure, ex chef patron de la sécurité d’Etat et le colonel Ibrahim Dahirou Dembélé, ancien chef d’Etat major devraient être entendus dans le cadre de l’enquête ouverte sur la disparition des bérets rouges du président ATT.

Dado Camara, sensibiliser les femmes journalistes au processus électoral

Dado Camara est la Directrice de publication du Journal L’Annonceur, une rédaction à  100% féminine qui souhaite mettre en avant la cause des femmes. Présidente de l’Alliance des Patronnes de presse écrite du Mali, une jeune association crée en Janvier 2012 et qui entend faire du plaidoyer et la sensibilisation pour amener les femmes à  s’intéresser à  la vie politique, elle a réuni près d’une cinquantaine de femmes journalistes pendant trois jours à  la Maison de la Presse. Trait d’union entre les organisations de femmes et la presse, l’Alliance entend augmenter le niveau de représentativité des femmes dans les instances politiques. Journaldumali.Com : Quel était l’objectif de ces journées de sensibilisation des femmes de médias au processus électoral ? Dado Camara : Il s’agit d’emmener les femmes journalistes à  s’intéresser à  la cause féminine, à  faire voir les femmes politiques au niveau des médias, et les amener à  s’impliquer davantage au processus électoral et briguer des postes de responsabilité. On a une seule femme candidate à  la présidentielle cette année. Il en faudrait plus. Mais aujourd’hui, il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience au niveau de pas mal d’organisations féminines. Je prends l’exemple du Groupe Pivot Droits et Citoyenneté des femmes qui a une plateforme pour inviter les candidats et les faire interroger par des femmes sur leur projet de société. Journaldumali.com : Et au niveau de la presse malienne ? Dado Camara : On constate qu’il y a très peu de femmes à  de postes à  responsabilité dans les médias. Des femmes rédactrices en chef ou directrices de publication. Il y en a 5 ou 6 au Mali aujourd’hui. Je pourrai citer Makoro Camara, du journal KABAKO, Amy Sanogo, directrice de l’Inter de Bamako et d’autres… Journaldumali.com : Quelles sont les handicaps à  une bonne représentativité des femmes au niveau politique ? Dado Camara : Vous savez une femme doit en faire deux fois plus. Il faut de courage pour s’impliquer, avoir un mari compréhensif qui vous laisse faire vos activités. Moi, il m’arrive de rester jusqu’ à  minuit à  la rédaction. C’est le statut même des femmes qui posent problème, comment concilier vie professionnelle et privée ? Sur le plan politique, le chemin est l ong chemin, mais nous ne baissons pas les bras.

Youssouf Camara, photographe dans l’âme…

Entre Youssouf Camara et la photographie, C’’est une longue histoire d’amour. Elle commence pourtant de façon anecdotique au début des années 80. Son père, commerçant de colas à  l’époque, de retour de Dakar lui offre un appareil photographique amateur 110. Séduit par ce bijou auquel il tenait comme à  la prunelle de ses yeux, le petit Youssouf commence à  faire des photos de ses collègues de l’école coranique et des voisins. Pour toute récompense, le futur grand photographe ne demandait que les frais de développement et de tirage. Il a fallu attendre 1989 pour que le natif de Djicoroni-Para Dontomé 2 se résolve à  acheter son premier appareil photo professionnel de marque Zénith E à  65 000 F CFA. Commence ainsi une carrière professionnelle à  l’occasion des cérémonies de baptême, de mariage, des arrosages des examens et concours. Devant le succès relatif, il acheta un deuxième appareil Konica. Un talent en miniature était né contre l’avis de son défunt père pour qui la photographie était un métier de fainéants. Un talent caché Un talent que Fakourou Kéita, photographe très connu à  Djicoroni-Para, détecte en 1990 avant de solliciter ses services dans son studio contre une rémunération de 1500 FCFA par jour. «Â Une fois, mon patron m’a confié le studio pour effectuer un voyage d’une semaine. A son retour je lui ai remis 30 000CFA pour les cartes d’identité et 16 000 CFA pour les photos de grand format », se souvient celui qui va souffler sa 41ème bougie le 25 mars prochain. Vite déçu par l’attitude de Fakourou Kéita qui ne parvenait pas à  honorer ses engagements, Youssouf Camara rompt avec lui en 1991, et décide de travailler à  son propre compte après l’achat d’un nouvel appareil Canon. Très vite, il va prendre du galon et s’imposer dans le quartier et ses environs. En 1995, il décide d’ajouter une autre corde à  son arc en achetant une caméra pour filmer les cérémonies populaires. Le jeune photographe ne tardera pas à  récolter les fruits de son abnégation et son sérieux dans le travail. En prime, un studio de photo, en 2002, sur la route latéritique de l’ex Usine céramique du Mali(UCEMA), qui draine des foules, surtout lors des fêtes de fin d’année (Noà«l et Saint-Sylvestre) et les fêtes musulmanes (fête du Ramadan et la Tabaski). Et vla le studio Issouba Le studio ‘’Issouba » emploie 4 à  5 apprentis qui y gagnent bien leur vie. Parmi eux, figure Moussa Konaté qui loue les qualités professionnelles et humaines de son patron qui, selon lui, pourrait mieux faire avec un peu plus d’organisation. Un sentiment partagé par nombre de ses amis qui lui reprochent souvent de ne pas ménager sa monture pour progresser . Quant aux clients interrogés, ils s’accordent à  reconnaà®tre le professionnalisme du photographe. Le métier de photographe nourrit-il son homme ? Youssouf Camara répond avec fierté : «Â Depuis 1994, je prends en charge ma famille de près d’une vingtaine de membres. En plus de cela, J’ai pu m’acheter deux terrains à  usage d’habitation  ». Marié depuis 2005 et père aujourd’hui de deux filles et d’un garçon, Issouba ou Eric pour les intimes gagne en moyenne 5000 FCFA par jour et 200 000 FCFA par mois. Ambitieux, le photographe s’était momentanément essayé, en 1996 en Côte d’ivoire au commerce de colas avant de revenir à  ses premières amours. A l’ère du numérique… l’arrivée du numérique ne semble guère inquiéter notre quadragénaire, qui affirme bien tirer son épingle du jeu malgré l’influence des nouvelles technologie. Cependant il reconnaà®t être un peu secoué par l’Etat d’urgence. «Â A cause de cette mesure, les festivités sont réduites au strict minimum. On a fait plus de semaines sans le moindre le reportage », dit-il avec un brin de regret. Naturellement M. Camara aura connu des frustrations dans sa carrière liées essentiellement à  l’insolvabilité de certains clients proches. Sa satisfaction aura été, entre autres, de côtoyer des personnalités de la République, les grands photographes du pays de la trempe de Malick Sidibé. Pour couronner sa carrière de photographe, Youssouf Camara ambitionne de créer un laboratoire photo.  «Â Je suis au stade des études de faisabilité. Je compte mettre tous les atouts de mon côté pour réaliser ce laboratoire », conclut-il avec une forte conviction.

Général CAMARA : « Nous interdisons au pouvoir politique de s’immiscer dans les affaires militaires »

Les préoccupations des journalistes étaient nombreuses lors de ce point de presse animé par le Général Yamoussa Camara. Ce dernier a commencé par évoquer les critiques qui lui sont personnellement faites ces derniers temps. En l’occurrence, le fait qu’il soit toujours habillé en civil lors de ses apparitions publiques. « Certains organes me reprochent d’être en costume et cravate pendant que mon pays est en guerre. Je vais vous dire une fois de plus que nous ne sommes pas en guerre, nous traversons une crise majeure. La guerre est un conflit entre deux pays » affirme le ministre malien de la Défense. Mais le point essentiel évoqué lors de cette rencontre a été l’évènement du vendredi 08 février dernier. Des affrontements violents avaient opposé des militaires membres du corps des parachutistes logés au camp de Djicoroni, et ont causé mort d’hommes. Le ministre de la Défense a tenté de dédramatisé cet incident. « l’histoire des bérets rouges est une histoire dépassée. » a –t-il déclaré aux journalistes. Selon lui, le récit du film de ce vendredi est différent des rumeurs qui circulent à  Bamako à  ce propos. Pour rappel, le bilan officiel est de deux morts et treize blessés. «Nous interdisons au pouvoir politique de s’immiscer dans les affaires militaires ». Cette phrase a été prononcée par le ministre de la défense au cours de ce point de presse. En effet, après les évènements du vendredi, le président de la République avaient instruit au Premier ministre de rencontrer les différents corps afin d’arriver à  trouver une solution aux différends problèmes qui minent l’armée malienne, au moment même o๠elle a besoin de toutes ses énergies sur le front de la reconquête du territoire national. Les enfants du camp étaient armés, selon le ministre de la défense Pour le général Yamoussa Camara, il n’y a pas de cacophonie entre les bérets rouges et les bérets verts. Il n’y a que certains bérets qui refusent de rejoindre leur poste d’affection après l’évènement du 30 avril. « 8 d’entre eux ont été libérés récemment. Ce sont des indisciplinés, des insurgés et des déserteurs. Ils doivent être traités comme tels »martèle-t-il. Yamoussa Camara ajoute que pendant que plus de 400 bérets rouges sont en train de se battre au front, d’autres ont toujours à  l’esprit d’appartenir à  la garde présidentielle et ne veulent pas quitter la capitale. Selon la version du ministère de la Défense sur les affrontements du vendredi, les enfants et les femmes du camp du 33ème régiment ont tenu tête aux renforts qui sont venus s’opposer au rassemblement des bérets rouges. « Nous avons appris que les bérets rouges s’apprêtaient à  venir libérer leurs camarades au camp I de Bamako d’o๠l’envoi des renforts au camp para. Les enfants, les femmes et certains habitants de ce quartier manipulés par certains hommes politiques et des officiers ont saccagé un camion rempli des munitions. Des munitions qui ont finalement explosées et dont les crépitements ont des victimes. Les renforts sur le terrain ont alors répliqué en tirant des tirs de sommation. Le ministre affirme également que les enfants dans la foule détenaient des armes et tiraient sur les militaires venus en renfort. Une information aussitôt contredite par les journalistes dont plusieurs s’étaient rendus sur place au moment même o๠se déroulaient les affrontements. Ces derniers affirment avoir vu les hommes en tenue militaire tirer sur la foule composée majoritairement des enfants et des femmes sans armes. Le dernier point de cette conférence de presse a été les combats des derniers jours à  Gao entre les militaires maliens et les islamistes du MUJAO ainsi que les attentats-suicides revendiqués par ce mouvement. Les combats qui ont eu lieu ce dimanche en plein centre-ville de Gao ont fait trois du côté des terroristes et des prisonniers. Du côté de l’armée, il n’y a quelques blessés légers. La question concernant le retrait des troupes françaises au nord est revenue au cours des débats. Selon le ministre, la France va diminuer son effectif à  partir du mois de mars prochain et non de se retirer définitivement. Ce retrait attendra que les forces de la MISMA prennent la relève.

Mamadou Camara, marcheur pour la paix

Il semble que la crise politico sécuritaire que traverse le Mali depuis début 2012 ait donné envie à  tous les Maliens et Maliennes de s’impliquer pour sa résolution. Une nouvelle organisation vient ainsi de voir le jour. Il s’agit de la GEMACO qui prévoit une marche au flambeau pour la paix qui traversera le territoire national. Le départ de cette course pour la paix est prévu pour ce 22 Août à  Kayes, pour ensuite continuer en direction du nord. Le flambeau de la paix sera porté par l’athlète Mamadou Camara. l’ancien pensionnaire de la Fédération française d’athlétisme sera sur la ligne de départ à  Kayes. Il marchera sur une distance de 2155 km (52 jours) pour prôner le message de l’unité et de la paix au Mali. « Je suis très heureux de participer à  cette aventure salutaire. C’’est l’unité de mon pays qui compte pour moi. Et marcherai pour ça et je demande à  la population de sortir massivement pour recevoir le message de paix que je véhicule », affirme l’athlète du l’AS Police de Bamako. Une faitière de 77 organisations Fondé autour de 5 grandes valeurs – à  savoir l’unité et l’intégrité territoriale, l’éveil des jeunes, l’accès à  l’emploi, la solidarité nationale, la solidarité et la justice – la GEMACO axe son action autour d’une charte dite « de l’espoir ». Elle regroupe 77 organisations et associations signataires. Son objectif, selon ses initiateurs, est de parvenir à  l’éveil citoyen et une meilleure représentativité des populations dans les structures dirigeantes politiques. Cette marche est la première activité phare de l’organisation. Selon Traoré Coumba Bah, présidente de la GEMACO, la marche est un symbole qui unira le peuple malien et va fédérer les esprits vers sortie de crise heureuse. La sécurité du marcheur, dit-elle, sera assurée. Au delà  de la marche, la GEMACO entend s’investir pour changer le quotidien de la jeunesse. Adopter des méthodologies pouvant permettre aux jeunes de s’améliorer. « Notre objectif est purement social. Nous misons sur la naissance d’un citoyen nouveau ».

Moussa Dadis, du fond de son exil…

Longtemps resté en marge du débat politique, depuis la tentative d’assassinat perpétrée contre lui par son ex aide de camp, Tomba Diakité, l’ancien homme fort de la Guinée Conakry a enfin décidé de sortir du silence. Dans une interview accordée en fin de semaine au confrère burkinabé « l’Observateur Palga », Moussa Dadis Camara aborde plusieurs questions. Ce qui s’est passé après la mort de Lassana Condé Venu au pouvoir le 22 décembre 2008, Moussa Dadis Camara dit ne jamais avoir penser à  être chef de l’Etat. A la question de savoir s’il était préparé à  cette charge, l’ex chef de la junte répond par la négative. « En toute sincérité, je n’avais jamais pensé à  être au pouvoir. Depuis l’université jusqu’à  mon incorporation dans l’armée, cette idée ne m’avait jamais effleuré l’esprit. Je faisais partie de ces contingents que feu le président Lansana Conté avait décidé de recruter pour préparer la relève dans l’armée guinéenne. En fait, à  l’époque J’avais fait aussi des tests dans des banques telles la BICIGI, la Société générale, et je devais travailler dans l’une de ces institutions… Mais le destin en a décidé autrement », explique le capitaine de l’armée guinéenne. Lors qu’il s’agit de rappeler les évènements survenus au camp Alpha Yaya dès la mort du président Lassana Condé, Moussa Dadis est bref : « Je suis allé au camp, et face aux hommes, J’ai ordonné qu’on fasse un communiqué. Tout le monde a adhéré à  cette idée. A ce moment, le général Sékouba Konaté n’était pas présent ». Le capitaine de préciser que C’’était lui qui dirigeait les opérations. « Il faut que les gens sachent que si vous n’êtes pas souvent devant une opération militaire, vous ne pouvez pas vous imposer. A l’époque, le général Sékouba Konaté ne voulait pas, idem pour le général Toto Camara. C’’est mon audace qui a prévalu », dévoile l’ancien homme fort de la Guinée. Qui explique par ailleurs qu’il n’a jamais ordonné la perquisition entreprise au domicile de l’opposant Cellou Dalein Diallo de l’UFDG (Union des forces démocratiques de la Guinée). « Si vous lui posez la question aujourd’hui, il vous le confirmera. Dalein a compris après. Il est toujours vivant, il peut en témoigner. Je le protégeais au contraire, mais dans une situation comme la nôtre, il y a des brebis galeuses. l’indiscipline battait son plein dans l’armée, et même à  présent, cela n’a pas totalement disparu ». « Je ne suis responsable de la tragédie au stade de Conakry » Parlant des évènements du 26 septembre 2009 à  Conakry, l’ex chef de la junte réfute toute accusation après la mort de plus de 150 personnes lors d’une manifestation contre sa candidature. « Je sais que les gens m’accusent de cette tragédie, parce que J’étais le président de la République et commandant en chef des forces armées. Sur le plan moral, cela se comprend. Imaginez que dans une famille, certains enfants sortent et vont agresser une autre famille. Est-ce le père de famille qui a ordonné d’aller commettre de tels actes ? Je fais cette comparaison, car, effectivement, en tant que chef de l’Etat, J’étais le patron de ces forces armées, je n’ai jamais ordonné d’aller massacrer des citoyens », se justifie l’ancien patron du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement). « Très sincèrement, entre Dieu et moi, lorsque J’ai appris ces massacres, je suis rentré chez moi, effondré, ajoute-t-il. Je voulais même aller au stade du 28 Septembre, mais des collaborateurs m’en ont dissuadé. Je suis resté cloà®tré dans ma maison, et J’ai versé des larmes. J’ai compris que la situation était grave. J’étais bouleversé ». Retraité de la politique ? « Des partis politiques se réclament toujours de vous en Guinée et espèrent votre retour…» déclare notre confrère. Moussa Dadis Camara ne dément pas. Cependant, précise le capitaine, « il y a une différence entre les leaders politiques et moi. Eux, C’’est la conquête du pouvoir qui les intéresse. Moi, je ne peux pas jouer le même rôle qu’eux. Nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt. Moi, je n’ai pas l’ambition aujourd’hui d’être président de l’Assemblée nationale ni d’être ministre. Non ! Mais eux, C’’est leur droit d’aspirer à  tout cela. Moi, je ne cherche plus le pouvoir, je soutiens le pouvoir pour qu’il pose des actes. C’’est deux objectifs différents ». Et d’ajouter : « Je reçois ici à  Ouaga de nombreux leaders politiques à  commencer par mon frère Cellou Dalein, et tout récemment, le jeune Moctar Diallo (ndlr : un des leaders des Forces vives de Guinée) est passé me rendre visite et me présenter ses condoléances pour le décès de mon garçon ». l’ancien patron du CNDD, qui dit garder de bons rapports avec les leaders politiques, pense qu’il est tôt de tirer un bilan du mandat du président Alpha Condé. « J’ai été président, J’ai l’expérience du pouvoir d’Etat. l’exercice n’est pas facile comme on le pense. Je sais les souffrances que J’ai enduré, donc je suis à  même de comprendre le président Alpha Condé. Je laisse d’autres faire ce jugement. Dans 2 ou 3 ans, on pourra valablement le juger » a déclaré le capitaine Dadis. Qui pense que la priorité en Guinée doit être le retour de la paix. l’ex chef de la junte militaire dit se sentir « bien » à  Ouaga. A la question de savoir ses activités de loisirs, Moussa Daidis se montre peu bavard. « à‡a, C’’est ma vie privée. Mais avant tout, je suis un être humain et J’ai ma vie de citoyen. Aller à  la chasse ou aller danser (rires), si cela est vrai, font partie de la vie d’un homme » dira-t-il pour conclure l’interview.

Immortel Mangala Camara…

Inauguré officiellement il y a un an par l’ancien ministre de la culture, Mohamed EL Moctar, le nouveau siège de la Fédération des artistes du Mali (FEDAMA) sera bientôt baptisé Mangala Camara. l’information a été révélée par le secrétaire général de l’organisation Modibo Konaté. Qui explique qu’à  travers ce baptême, il s’agit de saluer et de perpétuer la mémoire d’un artiste d’exception, ayant consacré sa vie à  porter haut le flambeau de la culture malienne à  travers les grandes salles de spectacles dans le monde. Comme un coup de massue Cette initiative de la FEDAMA intervient dans le cadre de la célébration du 1er anniversaire de la mort de l’artiste. Il y a en effet un an, jour pour jour, que Mangala Camara venait d’être arraché à  l’affection des siens le 29 septembre 2010. l’annonce de sa mort est tombée cet après-midi comme un coup de massue dans le monde des arts et de la culture. « Le Mali perd l’un de ses meilleurs artistes », se résignaient certains. Tandis que pour d’autres, « C’’est un baobab qui s’éteignait ». A 50 ans (à  l’image de son pays indépendant, et comme un hasard du destin), le rossignol de Kéniéba est décédé ce 29 septembre alors qu’il était attendu le lendemain pour un grand spectacle à  la faveur de l’inauguration officielle du nouveau siège de la Fédération nationale des artistes du Mali (FEDAMA). Et l’un des moments très attendus de cette cérémonie grandiose était sans doute la prestation promise par Mangala Camara devant un parterre d’officiels. Hélas, le sort en a décidé autrement. Alors qu’à  14 heures, ce mercredi 29 septembre, le président de la FEDAMA Amadou Bakayoko, lui informait qu’il devrait assurer cette animation, la nouvelle de sa mort dans la soirée (à  l’Hôpital Gabriel Touré ) provoque la stupeur. Tristesse, émotion, résignation, etc. On imagine l’atmosphère qui a envahi le monde des arts et de la culture de notre pays, mais également les milliers de fans de l’artiste qu’il avait séduits par son style exceptionnel. Un artiste au style bien particulier Comme un hasard du destin, Mangala Camara est né l’année o๠le Mali a accédé à  son indépendance (1960) et il est mort quelques jours seulement après la célébration des 50 ans de l’accession à  cette souveraineté : tout un symbole. Talentueux, humainement bon, disponible et très franc, ses collaborateurs ne tarissent pas d’éloges sur lui. Pour le secrétaire général de la Fédération des artistes du Mali, « on peut tout lui reprocher sauf qu’il n’était pas un bon artiste ». Mangala avait une spécificité, explique Modibo Konaté. Pour qui il a joué sur plusieurs tableaux dans ses chansons : son terroir, sa voix, les sonorités et sa personne extraordinaire. « On ne peut pas résister à  la musique de Mangala. Il a vraiment chanté sans complexe. l’organiste qu’il fut, revêt l’image d’un homme qui a vécu pleinement sa vie, de son art », témoigne le responsable de la FEDAMA. Qui retient de lui un artiste d’exception. Mission accomplie ! Fils d’un commerçant de Kéniéba (dans la région de Kayes) et d’une comédienne-danseuse, Mangala est ancien militaire dans l’armée française. Après ses démêlées avec les autorités françaises, l’artiste décide de revenir au bercail en 2001 après 18 années de carrière marquée par 5 albums. Auteur-compositeur, ces cordes vocales réactualisent l’héritage traditionnel. En France, Mangala faisait partie de l’une des plus belles voix du Mali. «Dia-dia », « Komandibèla », « fitiriwalé », « Yiri doulen », « Wililé », « Nima soly » et « minyé-minyé» sont entre autres chansons réalisées par Mamoutou Camara alias Mangala avec un rythme et un style unique dans son genre. De retour de son aventure, il va réaliser «Minyé-Minyé ». Sorti dans les magasins de disques, cet album va connaitre un succès fulgurant. L’enfant du Khasso avait commencé sa carrière musicale dès son enfance, malgré l’opposition de sa famille. En 1971, âgé de seulement 11 ans, il intègre l’Orchestre régional de Kayes. C’est de là  que commence une riche carrière bien remplie. La jalousie, l’hypocrisie, l’égoà¯sme, le mimétisme et d’autres fléaux de la société, etc. sont entre autres thèmes abordés par ce grand artiste dans ses chansons. D’o๠l’avis des observateurs et des professionnels du show-biz, qu’il était véritablement un artiste de son temps. On comprend alors l’émotion qui envahi le pays à  l’annonce de sa mort. En décidant de baptiser le siège de la FEDAMA en son nom, les initiateurs consacrent le mérite d’un homme de culture. La création d’un « Studio Mangala Camara » par « Binthily communication » et son nom donné à  la grande scène de spectacle du Festival sur le Niger, témoignent de la valeur de l’artiste. Dors en paix Mangala !

Welcome to the Mangala Camara Studio

Certains se demanderont certainement pourquoi le nouveau studio porte-t-il le nom du célèbre artiste Mangala Camara, décédé il y a seulement 1 an. La raison est toute simple. En effet, défunt artiste était celui là  même qui accompagnait l’Agence Binthily dans toutes ses activités. «Â Nous voyons en ce studio une façon de rendre hommage à  l’artiste. Nous ne saurions être ingrats vis à  vis de lui, et de son immense talents… », a indiqué Birama Konaré, le Manager de Binthily Communication. Acquis sur fonds d’une réelle volonté de promouvoir l’art, le Studio Mangala Camara (Studio MC) est situé au C’œur de la Zone ACI 2000 à  Hamdallaye. Ce studio d’enregistrement haute technologie est un lieu spacieux et convivial qui se veut propice au travail à  la création. Il est conçu selon des normes acoustiques et d’isolation phonique réalisées d’après un cahier de charges professionnel. « Il peut accueillir un groupe entier en toute sécurité », indique Birama Konaré. Le studio résoudra l’une des préoccupations majeures, liées à  la production des artistes. Selon le Manager de Binthily, les services du studio sont multiples. Il permettra, entre autres, la production de charte sonore, spot radio, identité sonore, campagne radio, habillage sonore spot TV, mini film, reportage, documentaire, production musicale… Le studio a accueilli la visite de plusieurs artistes au nombre desquels, Sékouba Bambino, Penzy, Amkoulel…Ces derniers ont apprécié l’idée de l’Agence Binthily, car il y voient une réponse idoine à  certaines préoccupations des artistes. Ils n’ont pas caché leur satisfaction vis à  vis de cette action qui du reste est susceptible d’encourager la créativité et la recherche artistique. Par ailleurs, le studio dispose d’une équipe de compositeurs et de réalisateurs expérimentés en cas de besoin. Selon le Manager de Binthily, le studio reste ouvert et accessible à  tous les artistes. Selon Iba, la mise en place du Studio n’a pas causé de problèmes particuliers, en ce sens qu’elle a bénéficié du concours de bien de professionnels et spécialistes en la matière. Notons que le studio dispose d’une régie et une pièce vocale.

Bamako 2011: le Mali accueille la JCI

Ils viennent d’une cinquantaine de pays, parlent anglais, espagnol, arabe, portugais et français, et ils ont une chose en commun ; ce sont des jaycees ! Entendez par là  des membres de la Jeune Chambre Internationale, une organisation centenaire qui réunit des centaines de milliers de jeunes âgés de 18 à  40 ans à  travers le monde autour des valeurs d’amitié et de solidarité. La conférence de Bamako regroupe les membres de la Zone A, qui couvre l’Afrique et le Moyen-Orient. La JCI en compte trois autres qui sont l’Europe, les Amériques et l’Asie dont certains pays comme la Finlande, la Corée, le Brésil entre autres seront représentés à  Bamako. « Be better», C’’est le slogan de JCI qui vise à  travers la formation, les échanges et la camaraderie, l’avènement d’un monde meilleur avec une jeunesse qui se sent concernée par les défis de sa communauté. Et C’’est justement sur les défis de l’heure dans leur zone que les participants à  la Conférence de Bamako échangeront. Ils ont choisi comme thème de leur rencontre : « gouvernance démocratique en Afrique : rôle et responsabilité des jeunes pour le changement ». Ce sujet qui cadre avec l’actualité du moment et les révolutions au Maghreb et au Moyen-Orient met en lumière la place prépondérante que la jeunesse peut prendre si elle se saisit de son destin. Quatre jours durant, formations, échanges, business forum, sont au programme « intellectuel ». Sur le plan festif, la cérémonie d’ouverture à  elle seule promet son lot de surprises, la première étant pour les étrangers, la présence du Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, qui, selon les organisateurs, a apporté un soutien de taille à  la manifestation. Suivront, nuit des Nations, concert géant, visites touristiques, pique-nique et soirée de gala, au cours de laquelle les meilleurs membres et organisations nationales et locales seront distingués. Cette conférence est aussi une occasion de rencontrer les officiels de la JCI comme le Président mondial, le japonais Kentaro Harada ou encore des formateurs émérites reconnus sur le plan international. C’’est la deuxième fois que le Mali accueille cette manifestation. En 2000 déjà , les délégués étaient venus nombreux de toute la zone pour vivre l’hospitalité malienne. Le succès de ce premier-rendez-vous a certainement pesé dans le choix en 2007 de notre pays pour le recevoir une deuxième fois. Le président national de la JCI Mali, Hamed Salif Camara et le directeur de la commission d’organisation Kassoum Diané ont mobilisé tous les membres pour faire de ces assises une belle fête et ainsi mettre les chances du côté du Mali pour à  nouveau les abriter dans un proche avenir. Après Bamako, les jaycees du monde entier se retrouveront en Belgique, au congrès mondial qui a lieu en fin d’année.

Rentrée solennelle 2011 de la JCI Mali : sous le signe du changement

Le top départ du mandat Toute la famille JCI était réunie ce samedi au CRES de Badalabougou, dans le cadre de rentrée solennelle 2011 de l’organisation. Présidents des Organisations Locales Membres, membres actifs, sénateurs …, tous étaient là  pour amorcer le changement proclamé par le président national 2011 de l’organisation, Hamed Salif Camara. « C’est un mandat de changement. Nous allons arrêter de trop parler et agir fort et bien. Pour cela, nous sollicitons l’accompagnement de tous », dira-t-il lors de son allocution. Premier évènement majeur de l’année de la JCI Mali, la rentrée solennelle marque le début du mandat du président national et des présidents locaux. Elle a été meublée par une série d’activités qui a débuté avec une session de formation. La Jeune Chambre Internationale, il faut le dire, est la première grande organisation œuvrant dans le renforcement du leadership jeune. Raison pour laquelle elle entretient des relations fraternelles avec les autres organisations de jeunesse. On pouvait ainsi noter la présence à  la cérémonie de lancement de cette activité, le président du Conseil National de la Jeunesse, Abdoulaye Touré. Le représentant du ministre Ahmed Diane Semega (parrain du mandat 2011), Amadou Sangho, a dit des mots d’encouragement à  l’endroit de la JCI qui depuis son arrivée au Mali ne cesse de s’impliquer dans les actions de développement à  travers la formation et l’épanouissement des jeunes. Un programme ambitieux Après la cérémonie d’ouverture, le nouveau président a animé un point de presse. Cette rentrée a été une occasion pour lui de dévoiler son programme. Plusieurs activités sont prévues dans le cadre d’un plan d’action ambitieux avec comme ligne directrice ce slogan : « Agir vite, agir fort, agir bien, pour faire la différence ». Par exemple, pour encourager la création d’entreprises par les jeunes, un concours récompensera les dix meilleurs entrepreneurs jeunes. En outre, il est prévu un concours d’éloquence qui mettra en compétition les jeunes des 8 pays de l’UEMOA. Le nouveau président et son bureau ont, dès à  présent dans leur viseur, la conférence JCI de la zone A qui se tiendra au Mali en Mai prochain. Rappelons que la Zone A de la JCI est composée de l’Afrique et du Moyen Orient. l’Assemblée générale qui a vu l’intronisation d’une dizaine de nouveaux membres et le diner gala ont été l’apothéose de cette rentrée qui aura constitué un nouveau départ pour l’organisation. La JCI est une Fédération de jeunes actifs ayant pour objectif de créer des changements positifs, au niveau des individus et des communautés. l’organisation a réussi, en moins de 20 ans, une implantation fort appréciable. Elle compte de nos jours, 1 200 membres répartis entre 30 localités et peut se targuer de couvrir l’ensemble des capitales régionales du pays. La région de Kidal est la toute dernière région qui vient de connaitre l’installation d’une Organisation Locale de la JCI.

JCI Mali : Hamed Salif Camara porte le collier pour un an

Un mandat 2010 bien rempli C’’est l’Hotel Radisson Blu de Bamako qui a servi de cadre cette année à  la traditionnelle cérémonie de passation de charge entre les deux présidents de la JCI Mali. Le Sénateur Mountaga Soumaré a donc été dépouillé de ses attributs de commandements que sont le marteau et la chaine qui ont été remis à  son successeur, le Sénateur Hamed Salif Camara. Il faut souligner que le titre de Sénateur est attribué à  tout membre de la Jeune Chambre Internationale ayant rendu des services remarquables à  l’organisation ou à  la communauté. Avant la cérémonie de passation proprement dite, le président sortant a eu a remercié les membres de la JCI Mali et les autorités ainsi que les partenaires qui lui ont permis de réussir son mandat. Au cours de l’année 2010, la Jeune Chambre a en effet brillé tant au plan national qu’international. l’augmentation substantielle du nombre de membres, la création de nouvelles Organisations Locales Membres (les démembrements locaux de la JCI) et particulièrement le lancement du processus de création de l’OLM de Kidal ont marqué le mandat. A l’international, la JCI Mali a participé à  toutes les manifestations majeures de l’Organisation Mondiale avec de nombreux trophées et récompenses à  la clé. Ainsi, au congrès mondial qui s’est tenu au mois de novembre dernier à  Osaka au Japon, elle a été désignée comme la meilleure Organisation nationale de la zone Afrique et Moyen-Orient. Le président National 2010 a tenu à  remettre des attestations de reconnaissance à  tous les membres de son bureau qui l’ont soutenu pendant cette année. Il a pour finir adressé des conseils à  son successeur et ami, en demandant à  tous les membres de l’aider dans sa tâche pour encore plus de rayonnement de la JCI Mali. Des défis à  relever en « faisant la différence » Après avoir reçu les attributs qui font de lui le président de plein droit de la JCI Mali, le Sénateur Hamed Salif Camara, président 2011, a rendu un vibrant hommage à  son prédécesseur. Visiblement ému, il a rappelé le parcours de ce dernier et l’a remercié pour son soutien qui ne lui fera certainement pas défaut. s’ensuivra un court exposé des principaux défis du mandat, à  savoir, la croissance de l’Organisation, une meilleure communication pour mieux la faire connaà®tre au grand public. Pour le nouveau président, il va falloir « agir vite, agir fort, agir bien, pour faire la différence ». Et déjà , au mois de janvier, le Rallye Budapest-Bamako ouvrira le bal des activités nationales. La JCI Mali a en effet accepté de collaborer à  l’organisation de cette course automobile solidaire, occasion de mettre en œuvre son engagement dans la lutte contre le paludisme, à  travers la collecte de fonds pour l’achat et la distribution de moustiquaires imprégnées. Et en mai prochain, la JCI Mali aura un autre défi, de taille, à  relever .Ce sera l’organisation réussie de la Conférence de Zone Afrique et Moyen-Orient que notre pays va abriter pour la deuxième fois. Des centaines de jeunes seront présents à  Bamako pour partager les valeurs de la Jeune Chambre que sont la solidarité, le respect de soi et des autres, l’amitié… Le président Hamed Salif Camara, accompagné pour la circonstance de son épouse, a demandé à  chacun de ses amis, membres de la Jeune Chambre Internationale Mali, de s’impliquer pour la réussite de ces évènements. La cérémonie a été présidée par M. Ahmed Sékou Touré, conseiller technique du ministre de la Jeunesse et des Sports, lui-même membre de la Jeune Chambre Internationale.

Funérailles de Mangala Camara : les fans inconsolables

Il a été accompagné dans ses funérailles par de nombreux artistes : Djenèba Seck, Fantani Touré, Assan Kida,Samba Touré et d’autres dissimulés dans la foule. Ils tenaient tous à  être là  pour accompagner l’inimitable Mangala Camara dans sa dernière demeure. Rarement un événement n’avait autant rassemblé les artistes maliens qui ont vu l’impuissance de l’homme devant la mort, elle qui vient d’arracher aux fans un baobab de la musique malienne. Mangala laisse derrière lui une femme et trois enfants. Fantani Touré « Depuis que J’ai connu Mangala Camara, il n’a jamais été en conflit avec un artiste à  ma connaissance. Nous n’avons même fini pas de pleurer le décès brutal Chéhé Dramé, que Mangala vient de nous quitter lui aussi, mais Dieu est grand, on ne peut que souhaiter que le tout puissant lui accorde sa grâce, son pardon. Que leur âme repose en paix. » Mohamed Cissé dit Man Ken « Pour moi, C’’est le Mali qui est en deuil, la culture malienne est en deuil, Mangala Camara est un porte flambeau qui est parti. Il a représenté le Mali, la ou on ne connaissait pas le Mali, J’ai défini Mangala comme l’homme le plus saint de la musique malienne. Il était très simple et bon de C’œur. J’ai eu la chance de voyager avec lui lors de la campagne présidentielle. Pour la circonstance , J’étais l’animateur et lui était l’artiste. C’’est là -bas que J’ai connu l’homme. je n’ai jamais pleuré pour un mort, mais J’ai pleuré pour Mangala Camara. J’invite le public malien à  ne pas le juger, Dieu a dit dans les dix commandements : ne juge point pour ne pas être jugé , il ya que Dieu qui pardonne. Sa femme s’occupe des femmes de la rue, s’il n’était pas bon, il n’allait accepter que sa femme fasse ce travail. J’ai été satisfait, il y’a eu beaucoup de monde qui ont prié sur son corps. C’’est un concept qui est parti et je manque des mots pour le qualifier, je demande Dieu de lui pardonner, personne n’est parfait ici-bas » Djéneba Seck « Mangala n’avait pas de problèmes, nous avons travaillé ensemble dans la convivialité et la fraternité. Je demande à  tout le monde de pardonner à  Mangala et que la terre lui soit légère » Samba Touré Mangala Camara, nous respectait tous, nous demandons à  Dieu de lui pardonner. Avec ces deux décès, les gens disent que l’ange de la mort est à  la porte du monde des artistes. C’’est pas évident, l’artiste est aussi un homme public, son décès l’est donc. Sinon nous sommes tous appelés à  mourir un jour. Que Dieu pardonne à  Mangala Camara

In mémoriam Mangala Camara : l’hommage d’un confrère

Oui. Comme nous à  ce journal, beaucoup de nos compatriotes doivent se sentir tristes. Beaucoup d’entre nous doivent se dire « oh J’aurai pu ou J’aurai dû l’aider un peu plus, pour le tirer de la mauvaise passe oà¹, par ses nombreux mystères, la vie sait nous mettre. Ce n’est malheureusement pas le jour, car C’’est désormais trop tard. Et il y a eu ici de bonnes âmes qui ont tendu la main à  ce géant du folklore mandéka, khassonké et soninké. Quant aux autres, il ne leur appartient pas de juger le défunt. De le juger, de surcroà®t en ce moment. Personne ne doit le juger, se laisser aller à  des propos désobligeants. Car, nous ne sommes pas les acteurs mais les sujets du destin. Celui de Mangala devait s’arrêter hier à  15 heures, au lieu dit et dans les conditions décidées par Dieu. Sa vie n’aura pas été longue, mais combien d’entre nous peuvent se targuer de l’art et de l’apport de cet artiste à  la voix inimitable. Par la fascination de l’art et le choix de s’assumer quoi qu’il arrive, ce noble bon teint de Kénieba a choisi la musique. Il l’a fait d’une manière sublime, facétieuse certes, imprévisible parfois mais absolument doué et capable de nous transmettre un feeling dont peu d’artistes sont capables. Qu’il chante Yugu Sagué, Salimou, qu’il nous livre ce duo impérissable avec Manian Damba ou ce singulier dialogue de la kora de Toumani Diabaté avec la complainte du Khasso dans Malisadio, qu’il se soit essayé à  des rythmes plus swing comme Minye minye, Mangala Camara a fait le bonheur de certains, le délire des autres et le respect de tous quant à  son art. Le pays khassonké et mandeka perd un de ses grands ambassadeurs. Que la terre lui soit légère. Qu’il bénéficie là -bas de la béatitude qu’il n’eut pas ici. Et on lui dit non pas adieu mais au revoir puisque nous serons tous rendus, un jour, à  la cruelle vérité. Adam Thiam

Mangala Camara tire sa révérence: le monde des artistes à nouveau en deuil

Il est décédé des suites d’une courte maladie, affirme les voix officielles, pour annoncer la mort ce mercredi de l’artiste natif de Kéniéba, Mangala Camara. Il avait 50 ans. On se souviendra de ses excentricités sur scène, de cette voix rocailleurse, mais tellement chaleureuse. Après Ché Ché Dramé, Mangala Camara a tiré sa révérence. « Je suis un artiste, un simple musicien. J’ai commencé alors que j’étais encore tout petit. J’ai eu de l’amour pour la musique depuis l’âge de huit ans. J’ai fait mes premiers pas dans l’orchestre « Tambacoura Jazz » à  Kéniéba, dans la région de Kayes. C’est en 1972, à  12 ans qu’il m’a recruté. Deux ans après, j’ai fait ma première sortie avec cet orchestre pour une formation à  Kita. Ensuite, faute d’instruments, j’ai dû abandonner la musique pendant trois ans, avant de reprendre en 1978″, confiait-il au journal Bamako Hebdo, surtout, Mangala était un inconditionnel de la scène, présent au dernier festival sur le Niger. Salut à  l’artiste ! Natif de Kénéiéba Mamoutou Camara dit Mangala est né en 1960 à  Kéniéba (Kayes/Mali). Fils d’un commerçant/ancien militaire dans l’armée française et d’une comédienne-danseuse, il commence sa carrière musicale dés son enfance, malgré l’opposition de sa famille. En 1971, âgé de seulement 11 ans, il intègre l’Orchestre régional de Kayes. En 1992, il participe à  la création du groupe African Sofa avec un autre Malien, deux Guinéens, un Camerounais et un Capverdien. Repéré par Salif Kéita, il intègre « Les ambassadeurs » en qualité de batteur et de choriste. C’’est avec le rossignol de la musique mandingue qu’il fait sa première tournée en Europe en 1985. En 1986, il est lauréat du grand Prix « Découverte » de Rfi. Il fonde avec Alain Lecointe le groupe Donké (dansez en bambara). En 1988, ils produisent un premier album intitulé « Paris-Bamako ».Parallèlement, Mangala réalise un projet musical autour des musiques traditionnelles mandingues qui voit le jour avec la sortie de l’album « Complaintes mandingues blues » en 1993. Revenu au bercail en 2001, après 18 années de carrière (5 albums) en France, Mangala est considéré comme l’une des plus belles voix du Mali. Et ce à  juste à  titre puisqu’il le prouve, si besoin en est, sur son nouvel opus. Avec Toumani Diabaté dont il est le chanteur attitré à  Bamako au sein du Symetric Orchestra, ou en solo dans un répertoire original en tant qu’auteur-compositeur, ces cordes vocales réactualisent l’héritage traditionnel pour un voyage spatiotemporel aux racines du blues avant de ratisser large à  la recherche de sonorités envoûtantes. Parcours musical Après plus de trente ans de carrière, Mangala Camara n’a pas cessé de nous étonner. En témoigne son album, « Minyé Minyé » (On est ce qu’on est) sorti en novembre 2006. Une oeuvre qui va au-delà  de la musique classique de ce talent incompris. « Tôt ou tard, on connaà®t qui est qui. l’apparence peut tromper, mais pas pour longtemps parce qu’on ne change pas facilement sa nature » ! Tel est l’essence du titre générique du nouvel album de l’enfant du Kéniéba, Mangala Camara. Et sur cette œuvre, le géant de la scène malienne démontre magistralement qu’il a des potentialités encore insoupçonnées. Du Mandé groove (Yiri doulen, Wililé, Minyé Minyé, Mima soly et Ilé) à  la salsa (kumaninguè et Mbaoudé) en passant par le blues (bamanké), le zouk manding (Nkônô môrô) et un excellent pot-pourri, (Anbè) Mangala fait swinguer jusqu’à  atteindre une volupté rythmique irrésistible. Des mélodies entraà®nantes qui lui permettent de célébrer l’amour, la beauté, la bravoure, la tendresse, la solidarité… Et comme on pouvait s’y attendre, il dénonce aussi la jalousie, l’hypocrisie, l’égoà¯sme, le mimétisme et bien d’autres fléaux sociaux. Avec ce somptueux album, la carrière du khasonké a sans doute amorcé un tournant décisif dans sa conquête du showbiz international et cela grâce à  Syllart Production qui lui ainsi donné l’opportunité de relancer sa carrière sur les conseils de Malick Konaté dit Jacques, producteur délégué de cette œuvre. Pour la circonstance, Mangala a été entouré d’instrumentistes virtuoses comme Cheick Tidiane Seck (claviers), Toumani Diabaté (kora), Lansana Diabaté (balafon), Adama Diarra (djembé). Sans compter les voix envoûtantes des choristes talentueuses comme Ramata Diakité, Mbaou Tounkara et Djénéba Dansoko. Mali-Sadio avec Toumani Diabaté

Accord de sortie de crise en Guinée : Dadis reste en exil, élection présidentielle dans six mois

Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi à  Ouagadougou, prévoyant un maintien « en convalescence » à  l’étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, et la tenue d’une présidentielle dans « six mois ». Après deux jours de difficiles tractations, l’accord a été signé par le capitaine Camara, apparu amaigri et avec une longue cicatrice sur le crâne, le président intérimaire le général Sékouba Konaté et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a constaté l’AFP. Dadis en civil, n’a pas parlé pendant la cérémonie Dans le même temps, les opposants à  la junte, incapables de s’entendre, ont proposé deux noms au poste de Premier ministre de transition: l’opposant Jean-Marie Doré et la leader syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo. Ils laissent ainsi le choix au général Konaté de le désigner à  leur place. Le chef de la junte, 44 ans, blessé à  la tête par balle lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre, « prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition », selon le texte de l’accord qui ne précise pas s’il restera au Burkina. Il était habillé en civil, avec des lunettes de vue. Cette tenue contrastait avec celles de commando parachutiste, larges lunettes de soleil et béret rouge, qu’il affectionnait en public avant le 3 décembre. Il marchait seul, sans aide, mais lentement. Le visage figé, il n’a pas parlé durant la cérémonie. La communauté internationale, France et Etats-Unis en tête, redoutait plus que tout un retour en Guinée du capitaine Camara, mis en cause avec d’autres par des enquêteurs de l’ONU pour sa participation au massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre à  Conakry. Pas de participation de la junte à  l’élection L’accord de Ouagadougou prévoit aussi la création d’un « conseil national de transition (CNT), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse », la mise en place d’un « gouvernement d’union » dirigé par un « Premier ministre, président du conseil des ministres, issu du Forces vives » (opposition, syndicats et société civile), et l’organisation d’une élection présidentielle « dans six mois ». Le document stipule que « les membres du Conseil national de transition, le chef d’Etat de transition, les membres du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d’union nationale et les membres de forces de défense et de sécurité en activité » ne participeront pas à  ce scrutin crucial. Cet accord intervient après de difficiles tractations de haut niveau entamées mercredi soir à  Ouagadougou. Le capitaine Camara était arrivé d’une manière inopinée mardi soir dans la capitale burkinabè, après plus d’un mois d’hospitalisation au Maroc. La communauté internationale soutient le chef intérimaire de la junte qui s’est dit prêt à  partager le pouvoir avec l’opposition. Le 6 janvier, il avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait « issu de l’opposition » et « désigné par elle-même ». « Dans la mesure o๠nous n’arrivons pas à  nous entendre sur une candidature unique des Forces vives, nous avons proposé deux candidats », a déclaré vendredi à  l’AFP M. Mamadou Bah Baadiko, président de l’Union des forces démocratiques (UFD). Il a toutefois tenu à  dédramatiser: « ce n’est pas méchant tout cela, le général Konaté aura à  choisir entre les deux candidatures dans la sportivité ». Les deux candidats au poste de Premier ministre ont salué l’accord de sortie de crise. Pour le porte-parole des Forces vives, Jean-Marie Doré, le général Konaté « aura désormais les coudées franches pour entamer les réformes et achever la transition dans la paix ». La leader syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo a pour sa part appelé toutes les parties à  « aller vite » pour « sortir le pays de la crise ».

Yerim Seck à Dadis : « Vous n’êtes pas qu’un prostitué et un mendiant. Vous êtes un menteur! »

M. le président autoproclamé. J’avais pris sur moi, la première fois o๠vous m’aviez consacré un violent épisode du « Dadis Show », de ne pas répondre à  vos insultes. Par égard pour les millions de Guinéens que vous incarnez aujourd’hui – malheureusement de la plus piètre des manières –, je m’étais résolu à  laisser passer. Mais vous avez récidivé, sans doute parce que vous avez senti l’inefficacité de vos premières accusations. Le 1er octobre, jour du 51ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, vous m’avez fait l’honneur, dès que vous avez fini de déposer la gerbe de fleurs sur la Place des martyrs, de passer 15 minutes à  parler de moi, en guise d’adresse aux Guinéens. Je vous remercie, M. le président autoproclamé, d’accorder autant d’importance à  ma modeste personne et de me faire une aussi grande publicité. Je ne puis toutefois pas, cette fois-ci, passer sous silence vos accusations et vos attaques ô combien violentes. Vous prétendez que je vous ai proposé de vendre les mines de Guinée à  des Iraniens, en contrepartie d’une commission que vous et moi allions nous partager. Ce mensonge est d’une désarmante grossièreté. Je n’ai jamais connu un Iranien de ma vie. Je ne me suis jamais rendu en Iran – ce qui, dans le contexte du monde actuel, se vérifie aisément. Je me suis retrouvé une seule fois en présence d’une personne de nationalité iranienne : C’’était à  l’occasion d’une réunion de rédaction à  Jeune Afrique à  laquelle était convié un réfugié politique qui venait nous parler de son pays. Pour donner du crédit à  vos élucubrations, vous avez ajouté : « Je connais bien Yérim Seck. Il a étudié à  l’université de Conakry. » Vous ne me connaissez pas, M. le président autoproclamé. Pour votre information, je suis arrivé en Guinée pour la première fois en septembre 1995. Expert-juriste de la représentation guinéenne du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), J’ai participé à  la conception et à  la rédaction de nombre de textes relatifs aux questions de démocratie et de droits de l’homme. En 1998, par exemple, en qualité de conseiller juridique pour le compte du PNUD, J’ai rédigé le premier draft du texte régissant le Haut conseil aux affaires électorales (HCE), la structure qui a supervisé et conduit le processus menant à  l’élection présidentielle de décembre 1998. En 2000, pour combler un vide qui était durement ressenti par les chercheurs et les praticiens du droit, mais également par les bailleurs de fonds et par tous ceux qui s’intéressent aux questions relatives aux droits de l’homme et à  la démocratie dans votre pays, J’ai coécrit, avec le très compétent magistrat Yaya Boiro, La justice en Guinée, une œuvre de doctrine juridique qui fait jusqu’aujourd’hui office de référence sur la question. Presque toutes les universités américaines et européennes comptent au moins un exemplaire de cet ouvrage dans leur rayon « Droit comparé ». Parallèlement à  ces activités scientifiques, je collaborais avec un avocat d’affaires réputé de Conakry et dispensais des cours de Libertés publiques au Centre de formation des magistrats et de Droit administratif à  l’université Gamal Abdel Nasser. Je suis très fier d’avoir participé à  la formation de milliers de jeunes Guinéens que je croise aujourd’hui un peu partout dans le monde. Certains d’entre eux sont aujourd’hui à  des positions importantes. Il y a quelques jours, J’en ai rencontré un, qui est devenu conseiller juridique dans une grande banque française. M. le président autoproclamé, pendant que vous trafiquiez avec le carburant de l’armée guinéenne (je reviendrai dans ce blog sur toutes vos magouilles à  l’intendance militaire, preuves à  l’appui), J’essayais de contribuer à  faire avancer le droit dans votre pays. Au cours de mon séjour en Guinée, J’ai rencontré Fanta Konaté, issue d’une grande famille de Siguiri, que J’ai épousée en 1997. Elle m’a donné une fille et un garçon qui ont la double nationalité guinéenne et sénégalaise. Je porte la Guinée dans ma chair et dans mon sang. Voila pourquoi je ne peux, pour ne pas faire honte à  ma descendance, agir comme les plumes et les voix que vous avez achetées. J’ai honte pour toute la lignée de ces personnages qui, au soir du jour o๠vous avez fait tuer des centaines de Guinéens, ont pris la parole dans des médias étrangers pour faire leur beurre sur le sang de leurs compatriotes. M. le président autoproclamé, Les graves erreurs factuelles dont regorgent vos attaques haineuses contre moi ôtent toute crédibilité à  celles-ci. Je peux vous raconter jusque dans le détail ce qui s’est passé dans cette réunion au cours de laquelle un de vos conseillers a dit : « A la guerre comme à  la guerre. Yérim Seck vous a sali, il faut le salir. Je vais dire que vous lui avez donné des milliers de dollars. » Je suis d’autant moins sensible à  ce type d’argument qu’il en est devenu usé à  force d’être galvaudé. J’aurais été multimillionnaire en dollars si J’avais reçu les sommes que ceux que mes articles gênent estiment que J’ai encaissées. Cette rengaine ne me désarçonnera point, et ne m’empêchera jamais de piquer la plume dans la plaie, de révéler ce que l’on cache, de montrer, au-delà  des diatribes enflammées, le Dadis affairiste qui est en train de piller la Guinée avec des proches issus de sa famille et de son ethnie. M. le président autoproclamé, Vous m’avez accusé d’être un mendiant. Vous êtes le plus grand et le plus illustre des mendiants. Vous êtes mendiant jusqu’à  la caricature. Au point d’implorer un ancien Premier ministre guinéen, dès le lendemain de votre coup d’Etat, de vous introduire auprès de Mouammar Kaddafi pour qu’il vous « aide ». Vous tendez la main à  tout le monde, de Mouhamed VI à  Abdoulaye Wade, en passant par les hommes d’affaires guinéens et tous les investisseurs étrangers qui vous rencontrent. Vous m’avez accusé d’être un prostitué. Vous êtes au monde le pire des prostitués. Vous êtes prostitué au point de vous faire payer pour brader les intérêts stratégiques de votre pays. Un exemple : dès votre arrivée aux affaires, vous avez durement critiqué l’attribution du marché du terminal à  conteneurs du port de Conakry à  Getma International et promis d’y revenir. Avant de vous raviser : contre une grasse rétribution, vous avez avalisé ce marché ô combien scandaleux. Je vais revenir dans ce blog sur les détails de cette affaire que je ne veux pas laisser parasiter ce droit de réponse. M. le président autoproclamé, Vous n’êtes pas qu’un prostitué et un mendiant. Vous êtes un menteur. Vous n’avez pas menti que sur mon compte. Vous avez menti à  tous les Guinéens à  qui vous aviez promis de « nettoyer la maison » avant d’organiser une élection transparente à  laquelle vous ne seriez pas candidat. Vous êtes également un voleur. J’ai toutes les preuves pour étayer ce que J’avance. Dans les jours à  venir, je publierai dans ce blog le décompte exact de tout l’argent que vous avez décaissé de la Banque centrale et du trésor public guinéens depuis votre putsch. Je vais également décortiquer, pièces et témoignages à  l’appui, votre gestion du carburant de l’armée. Les Guinéens ne seront pas surpris, qui ont vu la grosse maison que vous possédiez dans le quartier de Lambanyi avant votre accession au pouvoir, et que cent ans de votre salaire de capitaine cumulés n’auraient pas pu vous offrir. Ce que les Guinéens ne savent pas, par contre, C’’est votre passé obscur, votre côté violent, votre personnalité déséquilibrée. Beaucoup de vos compatriotes ignorent, par exemple, qu’étudiant à  l’université de Conakry, vous avez sauvagement battu votre copine qui est tombée dans un coma profond. Recherché, vous avez fui à  Nzérékoré o๠vous êtes entré un bon moment dans la clandestinité. Le traitement que vos affidés ont infligé aux femmes le 28 septembre sont conformes à  vos méthodes. Tous ceux qui sont informés, à  commencer par les chancelleries occidentales en poste à  Conakry, savent que votre épouse a fui pour se réfugier au Maroc. Quelques jours avant son départ, vous l’avez mise au piquet, à  genoux pendant des heures en guise de punition. Vous traà®nez un déséquilibre que trahissent votre gestuelle, vos mimiques, vos colères intempestives… « Allahaa La Guinée rataanga ! » Que Dieu protège la Guinée contre le dangereux dégénéré que vous êtes ! M. le président autoproclamé, Une question m’intrigue : quel dossier vous concernant le général Diarra Camara détient-il ? Sait-il quelque chose qui justifie que vous l’ayez traité avec autant de brutalité dès le lendemain de votre putsch ? Dans l’intérêt de la transparence, ce qu’il sait mérite d’être connu. D’autant que vous avez décidé de briguer la magistrature suprême. Il est essentiel, pour que les Guinéens soient éclairés avant de faire leur choix, que tous ces aspects de votre personnalité et de votre histoire soient connus. Exercer le pouvoir n’est pas une simple sinécure, une manière de se faire plaisir, de se positionner pour s’accaparer de privilèges et d’honneurs. C’’est beaucoup plus sérieux que cela. Il y va de l’avenir de millions d’hommes et de femmes dont l’histoire et la géographie ont fait des Guinéens. M. le président autoproclamé, Pour conférer du crédit à  vos accusations, vous avez l’habitude de débiter que J’ai commencé à  faire des articles d’une tonalité positive sur vous avant de changer de ligne. Vous avez raison de faire ce constat. J’assume totalement le choix que J’avais fait au début de vous accompagner. La raison de mon engagement était simple : dans l’intimité de votre bureau, vous m’avez demandé de vous aider à  conduire une transition vers une vraie démocratie en Guinée. Je vous ai donné ma parole, que J’ai retirée par la suite non sans vous en avoir averti. Pourquoi ? Parce que, piqué par le virus du pouvoir, vous avez totalement dévié de votre ligne de départ. Malgré tout, je me suis abstenu, pendant plusieurs mois, d’écrire sur vous ou de parler de la Guinée. Les choses avaient commencé à  tourner au grotesque, et je ne suis pas amateur de cirque. Surtout s’il fait peser de si gros risques sur une chose aussi sérieuse que la nation guinéenne. Mais, les dérives allant en s’amplifiant, la rédaction de Jeune Afrique m’a demandé d’écrire pour alerter. Voila pourquoi vous avez fait rire tout le monde lorsque vous avez appelé au siège de J.A. pour dire que J’ai écrit pour vous faire chanter. Si l’article « l’incroyable capitaine Dadis » n’a pas été mon initiative, mais celle d’un de mes rédacteurs en chef, J’en ai tiré une grande satisfaction. C’’est du journalisme comme J’aime en faire. Une journaliste réputée de France 24 m’a rempli de fierté, en me lançant sur son plateau : « Vous avez vu juste. Une semaine avant le massacre des Guinéens, vous avez écrit pour dire qu’il y avait danger. » Elle n’est pas la seule. Après le carnage du 28 septembre, les plus prestigieux journaux du monde ont cité mon article et reconnu son caractère prémonitoire. Dans un article intitulé « Dadis, le Ubu roi de la Guinée », le renommé hebdomadaire français l’Express a renvoyé à  « l’incroyable capitaine Dadis » et recommandé sa lecture. Je terminais mon texte par ces deux phrases : « [Dadis] avait promis la rupture avec les usages du passé. C’’est l’équilibre de la Guinée qu’il risque de rompre. » l’obscur capitaine aujourd’hui gagné par le vertige du pouvoir a commencé, quelques jours plus tard, à  rompre dans le sang l’équilibre de la Guinée. Monsieur le président autoproclamé, Vous me taxez d’escroc international ? Je ne sais pas ce que ce concept veut exactement dire. Je vous rétorque toutefois que vous êtes un criminel international. Ce que vous avez fait le 28 septembre est l’exemple-type du crime international. Le carnage que vous avez ordonné répond à  la définition exacte du crime contre l’humanité. Tribaliste jusqu’au bout des ongles, vous avez orchestré cette forfaiture avec des membres de votre famille, des jeunes de votre ethnie recrutés de fraiche date, et des ex-rebelles libériens et sierra-léonais dont vous vous sentez proches du fait de la proximité de votre région d’origine avec leurs pays respectifs. Votre procès ne sera pas celui de l’armée guinéenne. Les actes perpétrés contre les femmes par vos mercenaires encagoulés ne sont pas guinéens. Au-delà  des viols, des manifestants ont été égorgés. Des cadavres sans tête ont traumatisé les médecins de l’hôpital de Donka. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, les corps ramassés par vos tueurs ont été rassemblés au camp Samory-Touré. Ils ont pu remplir trois gros camions qui ont quitté nuitamment le centre-ville pour une destination inconnue. Voici autant de questions auxquelles devra s’intéresser un grand avocat français qui est en train de préparer une plainte destinée à  la Cour pénale internationale. Tragique destin que celui qui est le vôtre ! Vous auriez pu être un Amadou Toumani Touré guinéen. Vous êtes devenu un paria, vomi par ses compatriotes, rejeté par ses frères d’armes, mis en quarantaine par la communauté internationale… Vous auriez pu entrer dans l’Histoire. Vous allez en sortir par la petite porte. Vous auriez pu devenir une autorité morale importante en Afrique, impliquée dans le règlement des conflits. Vous risquez de finir derrière le prétoire de la Cour pénale internationale, comme Charles Taylor, un criminel de votre acabit dont vous avez recruté les tueurs. Vous n’êtes pas à  la hauteur du défi historique que votre arrivée aux affaires posait à  la Guinée. Les « Dadis Show » que vous me consacrez traduisent votre manque de retenue et de hauteur dont je parlais dans mon article. J’ai eu raison d’écrire que vos « épaules sont très étroites pour le manteau de chef d’Etat. » Mais je ne cracherai pas sur le succès grandissant que vous me construisez en parlant de moi. J’attend avec impatience votre prochaine sortie. Vous aurez d’ailleurs une bonne occasion de refaire un nouvel épisode de « Dadis Show » lundi, quand vous finirez de lire le numéro de Jeune Afrique qui paraà®t ce jour. J’y reconstitue minute par minute le film de cette répression sauvage que vous avez lâchement infligée à  des Guinéens désarmés et sans défense. En attendant de vous entendre à  nouveau, je vous transmets, M. le président autoproclamé, mes salutations.

Présidentielle guinéenne : l’imprévisible Capitaine Dadis défie l’opposition

Vive le général, A bas le général ! Sa venue au pouvoir avait suscité une lueur d’espoir au sein de la population guinéenne. Société civile, classe politique, syndicats, tous avaient applaudi le putsch perpétré par le généralissime Dadis au lendemain de la mort de Lassana Konté. Il s’était engagé vis-à -vis du peuple de Guinée et vis-à -vis de la communauté internationale, à  rétablir très rapidement l’ordre constitutionnel, à  organiser des élections avant la fin de l’année et repartir tranquillement. « Le pouvoir ne m’intéresse pas ! », avait-il déclaré. Quelques mois à  peine, Dadis avait relevé tous les anciens généraux de l’armée qu’il a remplacé par des ses hommes, des ‘jeunes’. , clamait-il. Il a mené une lutte acharnée contre les dealers, en traquant sans cesse, les trafiquants de drogue. Il a même mis sous les verrous, l’un des fils de Lassana Konté qui serait, à  la tête d’un vaste réseau de trafiquant de drogue. Ces grands coups de gueule avaient amené bon nombre de personnes à  vouer une admiration sans faille au général Dadis. Seulement, les dérapages ont commencé lorsqu’il s’est mis à  jouer au juge et à  l’arbitre en même temps. l’armée se confond à  la justice et prend parfois des décisions allant à  l’encontre des textes juridiques préétablis. Des fonctionnaires de l’Etat, des juges, des enseignants et même de simples citoyens sont arbitrairement arrêtés et incarcérés sans jugement. La population est maintenant au bord de l’exaspération. Des campagnes sont régulièrement menées par des dirigeants politiques pour dénoncer ce qu’ils appellent, une main mise de Dadis sur le pouvoir. Toutes les décisions passent désormais par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). Dadis est soutenu d’une part par les syndicats, et l’Assemblée nationale, et décrié d’un autre part par les politiques qui voient en lui, une menace. Petit à  petit, la résistance s’organise. Elections : que vaut la parole de l’homme ? Dès son accession au pouvoir, Dadis s’était engagé à  ne pas se présenter aux élections et à  rendre le pouvoir aux civils. Il avait fait ces engagements face au peuple guinéen et à  la communauté internationale. Le 18 septembre dernier, le conseil de sécurité de l’union africaine (UA), a demandé à  Dadis de ne pas se présenter aux futures élections, au risque de se voir infliger des sanctions. La France a exprimé cette même volonté. Le Sénégal n’est pas en reste dans l’affaire. La semaine dernière, le ministre sénégalais de la communication a expliqué que le président du CNDD ne devrait pas se présenter. , expliquait mardi dernier, le Ministre Moustapha Guirassy. Ces déclarations font suite à  la vague de visites effectuées par le président sénégalais Abdoulaye Wade en Guinée. Il affirme être le père spirituel de Dadis qui en retour est en admiration devant lui. Revirements et manifestations se multiplient Wade lui déclarait lors de sa récente visite en Guinée, . En réalité, le chef de la junte a presque forcé la main à  ses hôtes Abdoulaye Wade et Hélène Johnson Silrleaf du Libéria, à  assister au meeting de soutien des femmes pour lui à  Conakry. Mais Wade qui souhaitait diffuser cette vidéo au Conseil de sécurité de l’UA, a déclaré la semaine dernière, que De récentes manifestations anti-Dadis se sont tenues cette semaine à  Labé, deuxième ville du pays et fief de de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à  l’élection présidentielle et leader de lUnion des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition). Près de 20000 personnes avaient décrié le Capitaine Dadis et ces manifestations visaient à  empêcher la venue du Capitaine prévue samedi. Lors de cette visite, Dadis a pourtant défié l’opposition et maintenu les déclarations choc : a-t-il lancé à  la foule. L’Union Africaine met la pression Dans un discours, la porte-parole des femmes de Labé a évoqué sa possible candidature en janvier 2010: « Nous, femmes de Labé, nous souhaitons que vous continuiez votre oeuvre et nous sommes prêtes à  vous soutenir, à  vous plébisciter en janvier 2010. » Mais le chef des putschistes a laconiquement répondu: « J’ai compris le message des femmes de Labé. » Le chef de la junte est soumis à  de fortes pressions internationales pour ne pas se présenter et laisser ainsi le pouvoir aux civils, comme il s’y était engagé à  sa prise de pouvoir lors du coup d’Etat du 23 décembre 2008, peu après la mort du « général-président » Lansana Conté (1984-2008). Le 18 septembre, l’Union africaine (UA) l’a menacé de sanctions s’il ne renonçait pas, dans un délai d’un mois et par écrit, à  la présidentielle. Les Guinéens déçus et amers Fatoumata Yari Camara est une jeune étudiante Guinéenne : « Au départ, J’appréciais vraiment Dadis parce C’’est un jeune qui incarnait l’espoir pour notre pays. Mais aujourd’hui, je souhaite qu’il quitte le pouvoir de gré ou de force parce qu’il fait la honte de tous les Guinéens. C’’est un narcotrafiquant qui prétend lutter contre le trafic de drogue. Or, il lui-même le premier drogué du pays. Il ne fait que mettre notre pays plus en retard qu’il n’est déjà  ! » Djibril Mambi Barry, agent de police dans l’Armée guinéenne : « Le général est un homme de qui vit sur des nuages à  mon avis. Il pense qu’on peut entamer et terminer une lutte du jour au lendemain. On ne construit pas un Etat en si peu de temps. Il faut des années pour cela. Je pense que le peuple l’applaudit quand il est présent, et le décrie en son absence. Personne n’est sincère avec lui. Il vit donc sur du faux. Ce qui est vraiment dommage pour lui et pour le peuple guinéen qui est son souffre douleur. Ce n’est pas toute l’armée qui est derrière lui. Il n’y a qu’une petite poignée d’hommes qui le suit dans sa dérive. » Bon nombre de guinéens refusent de se prononcer sur le sujet, de peur d’être pris à  parti par les hommes de Dadis. Rendez-vous en Janvier 2010. Le Dadis SHOW continue