Martin Ziguélé, regard croisé sur le Mali et la Centrafrique

C’’est en marge du Forum de Bamako que Martin Ziguélé, nous a accordé cet entretien. Le président de l’Alliance des forces démocratiques de la transition (AFDT) jette un regard croisé sur les crises malienne et centrafricaine. s’il a lui-même été aux affaires et Premier ministre de Centrafrique entre Avril 2001 et Mars 2003 , il estime que ces crises sont le fait de ceux qui veulent saper les institutions. Son mouvement entend jouer son rôle pour que la transition centrafricaine réussisse. Journaldumali.com : La Centrafrique connaà®t une instabilité qui n’est pas sans rappeler celle que nous avons vécu au Mali ? Quel regard portez-vous sur la sortie de crise malienne ? Martin Ziguélé : Vous savez les crises qui frappent nos Etats ont deux caractéristiques : elles surviennent soudainement, mais en réalité, elles ont commencé il y a longtemps en amont. Pour le Mali, nous avons vu la crise atteindre son sommet avec le coup d’Etat de Mars 2012 et peu de temps après, la tentative djihadiste de s’emparer du pays. Quelques temps après en Centrafrique, l’Etat s’est effondré par une avancée de coalitions et de mouvements de rébellions. Le Mali a puisé en ses propres ressources pour sortir de cette situation. Aussi bien les Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur et J’en ai été témoin, ont tout fait pour garder le pays au C’œur de l’agenda de la communauté internationale, en se mobilisant et grâce à  un plaidoyer intense jusqu’à  l’intervention salvatrice des Français. En Centrafrique aussi, nous nous battons pour mobiliser les forces républicaines et démocratiques en interne afin que notre pays ne sombre pas. La leçon à  tirer de tout cela, C’’est que la tolérance et le savoir-vivre ensemble sont le fondement de ces nations que nous sommes entrain de vouloir créer. Il ya eu les interventions « Serval » au Mali et « Sangaris » en Centrafrique, des interventions ponctuelles qui ont prévenu le chaos, malgré tout, on a vu les résurgences djihadistes au Nord Mali avec le Mujao ces derniers jours. A Bangui, la situation est loin d’être apaisée. Que font les forces africaines ? Vous savez, lorsqu’on parle de l’effondrement d’un Etat, il ne s’agit pas d’un mouvement isolé, mais cela veut dire que les institutions centrales sont faibles et l’institution centrale, ce sont quand mêmes les forces de défense et de sécurité. Ces forces en général n’ont jamais reçu, ni l’équipement, ni la formation, ni même la confiance nécessaire pour assumer leur mission. Et C’’est pourquoi la population sent qu’il n’y a pas une armée au profit des ennemis de la république. Cela montre qu’il y a un problème dans l’armée et dans d’autres institutions du pays sans légitimité, crédibilité, ni contenus. Au final, l’état s’effondre et toutes les digues tombent successivement. Vous qui avez été aux affaires, estimez-vous que Catherine Samba Panza, qui dirige la transition, sera à  la hauteur ? Madame Samba Panza est une femme très forte, sur le plan mental. Elle s’est toujours battue jusquÂ‘à  être cadre dans le secteur privé et dans d’autres postes de direction. Ensuite, elle a crée sa propre entreprise, s’est investie dans le champ social en participant à  plusieurs reprises dans les mécanismes de suivi du dialogue en Centrafrique. Elle a été présidente de l’association des femmes juristes en Centrafrique, défenseur des droits de l’homme avant d’être maire de Bangui jusquÂ‘à  la présidence de la transition. Je lui fais confiance et il faut qu’elle réussisse sa mission. Si elle échoue, C’’est le pays qui va sombrer. Si elle échouait, ce serait aussi l’échec de la classe politique centrafricaine dont vous faà®tes partie ? Non Madame, C’’est toute la nation qui échouerait! Nous devons tous la soutenir parce qu’elle représente la dernière chance pour notre pays. Vous voyez les atrocités, tous les jours et les déchirures de la société centrafricaine, alors comme femme et comme mère, comme celle qui donne la vie ou a donné la vie, J’espère qu’elle va redonner de l’espoir à  notre pays et je vous assure, que ce soit moi, ou mon parti politique, l’alliance des forces démocratiques pour la transition, qui est l’ancienne opposition, que je dirige, nous la soutenons de manière inconditionnelle. Vous pensez que le retour à  la stabilité politique va se faire rapidement comme la transition malienne ? Je pense que la lecture qui est faà®te de la situation en Centrafrique commence à  devenir réaliste. Maintenant, les uns et les autres ont compris que les milices qu’on qualifiait de milices chrétiennes sont en fait des milices militaro-politiques et qui voulaient déstabiliser durablement la transition. Maintenant, cela a été compris. On a voulu donner un aspect religieux au conflit ? La RCA comme le Mali, le Burkina, le Niger, la Côte d’Ivoire, comme tous les pays africains ont des communautés de différence de religion et d’origines et s’il fallait faire la guerre parce que vous êtes chrétien et que je suis musulman, il n’y aurait aucun pays en Afrique, qui serait en paix. Pourquoi est-ce en Centrafrique seulement qu’on voit cela, C’’est parce qu’il y a une instrumentalisation, une indexation de communautés, par des gens qui ont perdu le pouvoir et qui pensent revenir aux affaires par ce biais. Est-ce que les médias internationaux n’exacerbent pas ce côté? Non, les médias ne relatent que ce qu’ils voient. Ils cherchent à  comprendre et à  faire comprendre. Mais je vous le concède, les médias ont utilisé un terme impropre, C’’est de dire que ces milices sont des milices chrétiennes ; Moi je suis chrétien et le premier message des chrétiens, C’’est aime ton prochain comme toi-même ! Aucune religion au monde n’enseigne de tuer son prochain. Si Dieu qui nous a crée, et qu’il nous a donné diverses voies de le prier, il ne peut pas nous demander de nous entretuer. Ceux qui utilisent la religion blasphèment. Et je crois que la sagesse prévaudra, la paix reviendra et on saura qui sont les vrais coupables, et il faudra que justice se fasse. Je me réjouis de l’appel de Mme Bensouda de la CPI sur l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les crimes commis en RCA. Parce que C’’est l’impunité qui est à  la source de ce qui se passe en Centrafrique ? Comment jugez-vous la médiation au Nord du Mali et la reprise du dialogue avec les groupes armés ? Je suis un républicain et je pense qu’il ne faut jamais faire l’économie du dialogue, même quand l’adversaire n’est pas de bonne foi. La solution est politique ; La vie en société est politique. Et la politique vient du mot latin qui veut dire la cité. Il faut toujours dialoguer. Un homme de bonne volonté ne se décourage jamais et le message qui peut germer comme un grain apportera la paix.

RCA: Catherine Samba Panza élue présidente de transition

Elle aura pour mission première de ramener la paix dans un pays déchiré par des tueries interreligieuses. Depuis le début de la crise, elle n’a eu de cesse de dénoncer les exactions et d’appeler toutes les parties du conflit à  déposer les armes. La nouvelle présidente centrafricaine a recueilli au second tour de scrutin 75 voix, devançant l’autre candidat, Désiré Kolingba, fils d’un ancien chef de l’Etat, qui a obtenu 53 suffrages, selon les résultats lus dans la salle et suivis d’applaudissements de l’assistance qui a entonné l’hymne national centrafricain. Aucun des huit candidats au poste de président de transition n’avait obtenu la majorité absolue au premier tour. Lors de sa prise de fonctions en juin dernier, Catherine Samba-Panza avait indiqué avoir trouvé une « ville en état de délabrement total, avec des besoins importants en termes d’eau, d’assainissement, de santé, d’éducation ». Elle succède à  l’ex-président Michel Djotodia, contraint à  la démission le 10 janvier pour son incapacité à  mettre fin aux tueries interreligieuses. A Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont approuvé lundi le lancement d’une opération militaire de l’Union européenne (UE) en Centrafrique, en appui aux forces africaine et française, avec des soldats – leur nombre pourrait s’élever à  500 – qui seraient chargés d’aider à  la sécurisation de Bangui, a-t-on indiqué de source officielle. Toujours à  Bruxelles, les pays donateurs se sont engagés à  débloquer près de 500 millions de dollars pour la Centrafrique en 2014, ont indiqué l’UE et l’ONU. Ils « se mobilisent totalement pour tenter de mettre fin à  la grave crise » humanitaire de la Centrafrique, qui « a été si longtemps oubliée », a déclaré la commissaire européenne à  l’aide humanitaire, Kristalina Georgieva. à‰lections générales prévues au plus tard au premier semestre 2015 La nouvelle élue va prêter serment devant la Cour constitutionnelle provisoire avant la formation d’un nouveau gouvernement. Elle aura peu de temps pour arrêter l’implosion du pays: selon le calendrier de la transition, des élections générales doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015, la France souhaitant pour sa part qu’elles se tiennent en 2014.

Cathy la Star prépare son 3è opus à Bamako

Cathérine Soumah alias Cathy la star est l’une des représentantes du rap guinéen. à‰nergique et engagée, elle a fait du rap sa meilleure arme pour dénoncer les travers de la société. Elle dénonce entre autres, la mauvaise gouvernance, les inégalités sociales et les abus de pouvoirs. Cathy la Star est également préoccupée par le sort de la femme sur le continent et dans son pays. Son premier album est une autoproduction et le deuxième a été produit par l’ONG Plan Guinée dont l’un des morceaux phare est « Scolarisation de la jeune fille ». Pourquoi Bamako pour son 3ème album ? « Depuis que J’ai commencé le rap, je ne suis pas encore allée ailleurs pour produire mes albums donc pour mettre une autre touche J’ai choisi Bamako » répond-elle. Pour Cathy la Star, ce troisième album intitulé « Mon C’œur ne bat plus » parle de l’actualité, de la société, bref un peu de tout.

Bruxelles va reprendre son aide au Mali, soit 250 millions d’euros

“l’adoption rapide par les autorités maliennes de la feuille de route pour restaurer la démocratie et la stabilité a ouvert la voie à  la levée des mesures prises après le coup d’Etat de mars 2012 et à  la reprise progressive de l’aide au développement afin de répondre aux besoins urgents du peuple malien”, a estimé dans un communiqué le commissaire européen chargé du Développement, Andris Piebalgs. Les pays européens avaient lié la reprise progressive de leur aide publique au Mali à  la concrétisation de la “feuille de route” pour le retour à  la stabilité politique récemment adoptée par le Parlement malien.l’UE a rappelé qu’elle envisageait de débloquer jusquÂ‘à  250 millions d’euros. La décision a été annoncée par M. Piebalgs au cours d’une réunion dite informelle des ministres européens chargés du Développement à  Dublin, la capitale de l’Irlande, qui assure la présidence semestrielle de l’UE. Le Parlement malien a adopté fin janvier une “feuille de route” politique pour l’après-guerre dans le nord du Mali, qui prévoit une discussion avec certains groupes armés et la mise en place d’une “commission de réconciliation nationale”. Elle prévoit également la tenue d’“élections générales, transparentes et crédibles” que le président malien par intérim Dioncounda Traoré a souhaité voir organiser avant le 31 juillet. Outre l’aide à  la restauration de la démocratie et de la paix, le commissaire européen a assuré que l’UE ferait porter ses efforts sur la sécurité alimentaire, l’eau et les conditions sanitaires, de même que sur la relance de l‘économie. “l’Union européenne démontre son engagement de longue date pour soutenir le Mali en contribuant à  répondre aux causes profondes de la crise”, a-t-il déclaré, selon le communiqué.La France est intervenue militairement au Mali le 11 janvier face à  l’avancée vers Bamako des insurgés islamistes qui occupaient le Nord depuis la mi-2012. l’opération de l’armée française, en appui de l’armée malienne, a permis en deux semaines de reprendre Gao, Tombouctou et Kidal, les grandes villes occupées pendant près de dix mois par les groupes liés à  Al-Qaà¯da. La France avait annoncé le 4 février qu’elle allait reprendre progressivement son aide publique au Mali. “Cette reprise de l’aide sera progressive, adossée à  la feuille de route. Les décaissements, en crédits humanitaires et de développement, se feront en fonction des progrès de la feuille de route”, avait expliqué le ministre chargé du Développement, Pascal Canfin. En 2012, la Commission européenne avait alloué au Mali 73 millions d’euros d’aide humanitaire, qui n’avait pas été gelée comme l’aide publique au développement. En outre, les Etats membres avaient octroyé 38 millions d’euros. Le 22 janvier, l’UE avait annoncé le déblocage de 20 millions d’euros supplémentaires d’aide humanitaire, destinée aux personnes victimes de malnutrition dans le pays et aux réfugiés dans des pays voisins.