Charnier de Diago : quand les morts se mettent à parler…

l’étau se resserre sur le Gal Amadou Haya Sanogo. Après son interpellation suivie de son inculpation, l’ex-homme fort de Kati voit le sort s’acharner contre lui malgré quelques velléités de soulèvement en sa faveur. Pour preuve, la découverte dans la nuit du 3 au 4 décembre d’un charnier à  Diago à  quelques Kilomètres de la capitale n’arrange pas les affaires du Gal Sanogo. Ce dernier rebondissement dans l’affaire dite des bérets rouges relative au contrecoup d’Etat manqué du 30 avril 2012 et réprimé de façon sanglante par le Gal a eu le mérite d’apporter des précisions. D’un côté, la découverte du charnier contenant les corps de 21 bérets rouges permettra aux parents des victimes partagés entre angoisse et expectative, de faire leur deuil. l’histoire donne raison à  cette épouse d’un béret rouge qui, au lendemain de l’inculpation de Sanogo, attendait d’être fixée sur le sort des maris et enfants disparus. Autre précision apportée par la découverte de Diago, elle va permettre de convaincre les derniers sceptiques sur la culpabilité du Gal et qui voyaient son inculpation comme une trahison ou de l’acharnement. « On finira par savoir ce que tout cela cache. En tout si on touche à  Sanogo, C’’est une bonne partie de la République qui va vaciller », lâche malgré tout un partisan de l’ex-capitaine gêné par la découverte de Diago. Même le collectif des patriotes dirigé par Makan Konaté, seul soutien ou supposé tel de Amadou Haya Sanogo (il appelait à  marcher pour la libération du Gal) vient de le lâcher après son avoir tenté un baroud d’honneur. Autre précision, le charnier de Diago permettra à  la justice d’avancer dans l’enquête. Last but not least, un autre charnier est annoncé à  Yélékébougou à  près d’une cinquantaine de kilomètres de Kati. Si cette information s’avère vraie, elle corserait le cas du Gal tout en affaiblissant sa défense. Défense portée par un pool d’avocats parmi lequel, la célèbre avocate des causes perdues, la sénégalaise Dior Diagne. La machine judiciaire n’aura plus qu’à  se mettre en branle pour faire la lumière sur la vérité. Toute la vérité.

Découverte d’un charnier près de Kati

C’est le juge d’instruction en charge de l’affaire, Yaya Karembé, accompagné de la brigade d’intervention judiciaire de la gendarmerie malienne et du ministre de la Justice en personne qui ont procédé à  une fouille à  Diago. Cette découverte a été possible grâce aux témoignages de militaires inculpés dans le cadre de la même procédure que Sanogo. La semaine dernière, ils sont au moins sept à  avoir été inculpés. Une quinzaine d’autres font l’objet de mandat d’amener. La radio affirme que « plusieurs d’entre eux ont avoué avoir participé aux exécutions et ont donné aux enquêteurs les indications qui leur ont permis de localiser le charnier ». La semaine dernière, après avoir refusé deux fois de se présenter devant le juge Karembe, Amadou Sanogo a été inculpé de « complicité d’enlèvement » dans cette affaire et placé sous mandat de dépôt. Le 30 avril 2012, des bérets rouges ont tenté de reprendre le pouvoir lors d’une tentative de contre-coup d’Etat contre l’auteur du putsch du 21 mars 2012, Amadou Haya Sanogo. Au cours de cette opération, une vingtaine d’entre eux ont disparu.