Calendrier électoral : la grande inconnue

Le chronogramme des élections à venir dans les prochains mois n’est pas encore totalement ficelé. Des dates indicatives ont été communiquées par le gouvernement, le 22 décembre 2020, pour au moins quatre scrutins à tenir d’ici au premier trimestre 2022 pour la fin de la transition. À moins de six mois de la première de ces échéances, un calendrier électoral détaillé, avec les dates précises du processus, est toujours attendu.

« L’essence de la Transition réside dans la préparation et la tenue d’élections incontestablement propres, où un vainqueur accepté et congratulé conduira les destinées du pays, renouant avec le projet démocratique, pour notre honneur à tous, pour notre bonheur à tous. Des élections tenues à date, des élections méthodiquement organisées, des élections préparées de manière transparente et inclusive », déclarait le Président de la Transition Bah N’Daw dans son discours à la Nation le 31 décembre 2020.

S’il a affirmé que le calendrier de ces élections était toujours en discussion, quelques jours plus tôt le gouvernement s’était penché sur la question lors d’une réunion par visioconférence du Cadre de concertation national entre lui et les chefs des partis politiques ou leurs représentants.

Il a été annoncé à cette occasion un référendum constitutionnel prévu pour le 2ème trimestre 2021, l’élection des conseillers des collectivités au 4ème trimestre 2021 et d’éventuelles élections des conseillers nationaux ou des sénateurs, suivies de la présidentielle couplée aux législatives, courant 1er trimestre 2022.

Esquisse imprécise

« Je considère cela comme une simple esquisse de programme à discuter. Nous attendons à notre niveau plus de précisions, parce que pour nous ce n’est pas encore un calendrier clair », a réagi Housseini Amion Guindo, Président de la CODEM.

Dans certains partis, à l’instar de l’ADEMA-Pasj ou encore des Fare An Ka Wuli, il n’y a pas eu de réunion formelle pour se pencher sur les dates proposées par le gouvernement. « Nous pensons qu’il y avait des préalables avant la publication de ce chronogramme, parce que selon nous tout doit découler d’un consensus entre les acteurs et les partenaires », déplore Bréhima Sidibé, Secrétaire général adjoint du parti Fare An ka Wuli.

Mais pour Cheick Oumar Diallo, ppésident de la jeunesse de l’ADP-Maliba, même si son parti estime que c’est un calendrier « très ambitieux », qui nécessite que le travail commence dès à présent pour davantage le préciser, c’est déjà « un premier pas vers une meilleure compréhension de l’agenda électoral national ». « En ce début d’année, nous attendons que le cadre de concertation se réunisse à nouveau pour dégager un consensus sur des dates plus précises ».

Enjeux divers

Si l’ensemble des partis politiques est d’accord sur la nécessité du retour à un ordre constitutionnel normal dans les délais consentis, les priorités divergent, allant des réformes à mener avant d’aller aux élections pour certains à une refondation totale de l’État pour d’autres. « Le premier des enjeux, c’est de réussir à trouver un consensus avec les partis politiques », soutient Cheick Oumar Diallo.

Comme pour rappeler la contrainte du peu de temps restant, Housseini Amion Guindo évoque pour sa part des enjeux liés au respect scrupuleux de l’engagement du président de la Transition à tout organiser au cours des 18 mois convenus.

Pour le Président de la CODEM, il ne faut prioriser que les élections présidentielle et législatives, « parce qu’on ne peut pas tout organiser, les élections coûtant cher et la situation financière du pays ne le permettant pas ».

« Un chronogramme ne se fait pas dans le vide mais après avoir posé des actes susceptibles de faire réussir sa mise en œuvre. Pour le moment, rien n’est encore fait dans ce sens », constate par ailleurs Assarid Ag Imbarcawane, Secrétaire général de l’ADEMA et membre du Conseil national de la Transition.

Il affirme d’ailleurs qu’aucun texte portant chronogramme électoral du gouvernement n’a été pour l’heure proposé pour adoption au CNT.

Le chronogramme électoral au coeur des discussions

Le ministre de l’administration territoriale, Tiéman Hubert Coulibaly, a tenu hier mardi 30 mai, le traditionnel cadre de concertations avec les partis politiques afin de partager avec ces derniers la proposition du nouvel agenda électoral de 2017.  Etait inscrit à l’ordre du jour deux points : l’élaboration du calendrier électoral 2017 et la révision constitutionnelle engagée par les plus hautes autorités du pays.

Les élections locales et communales partielles dans les 59 communes restantes initialement prévues pour le 28 mai dernier et les élections référendaires couplées avec les régionales pour le 9  juillet 2017, ne peuvent plus avoir lieu suite à l’indisponibilité du ministre Tièman Hubert  Coulibaly. Le ministre s’est excusé auprès des responsables des partis politiques pour  de la lenteur de l’organisation de la concertation. « Depuis ma nomination, compte tenu de mon agenda très chargé, nous n’avons pas pu tenir cette réunion avec les acteurs impliqués dans l’organisation des élections » à t-il déclaré.

Selon lui, la non convocation de l’Assemblée nationale en session extraordinaire afin qu’elle planche sur la lecture partielle du code électoral et la relecture du code des collectivités territoriales, prenant en compte la création des régions de Ménaka et de Taoudéni  ainsi que la tenue de la Conférence d’Entente Nationale (CEN), ont été les principales causes du non-respect de ce calendrier électoral.

Pour le moment, aucune date n’a été donnée,lors de la concertation, pour le nouvel agenda des élections de 2017 . Les nouvelles dates feront l’objet d’un communiqué après consultations de toutes les parties concernées. Les élections référendaires sont prévues pour le 9 juillet prochain, les élections de conseillers des cercles couplées avec les communales partielles et les régionales sont prévues respectivement pour le 29 octobre et le 26 novembre.