Dan na amba sagou : le rempart Dogon

C’est pour sécuriser la zone du plateau dogon et dissuader d’éventuels assaillants, que des chasseurs dogons ont pris les armes pour former la milice Dan na amba sagou (confier le territoire aux chasseurs). Elle entend rendre au pays dogon sa quiétude d’antan.

Dans la région de Mopti, il n’y a pas que les Peuls qui se plaignent de l’abandon de l’État. « Nous ne sommes pas en sécurité, personne ne dort. À chaque fois, des gens viennent commettre des assassinats en toute impunité et s’en vont sans être inquiétés. Nous avons constaté cela des mois durant à Bankass, à Bandiagara et à Koro », s’insurge Boureima Sagara, coordinateur du mouvement Dan na amba sagou, créé en 2012.

Depuis quelques mois, la recrudescence de la violence les pousse à donner à nouveau de la voix et à reprendre les armes. Le 1er octobre dernier, Théodore Soumbounou, conseiller communal à Bankass, a ainsi été froidement abattu par des bandits armés. Un mois plus tard, le maire du cercle de Koro a échappé de justesse à une tentative d’assassinat. Trois jours avant les élections communales du 20 novembre, la tête de liste du parti PRVM-Fasoko fut kidnappé. Autant de faits qui ont poussé le mouvement Dan na amba sagou à rappeler, dans un communiqué publié mi-décembre 2016, les conditions de sa création il y a quatre ans et à annoncer la reprise des armes pour assurer la défense du territoire. Le mouvement revendique à ce jour un millier de combattants, armés de vieux fusils de chasseurs et résolus à donner leurs vies pour le plateau dogon. Le leader du groupe, Youssouf Tobola, serait un chasseur réputé, natif de Bandiagara. Très déterminé à la protection du terroir dogon, il entend fédérer autour de lui et prévient que « plus rien ne sera comme avant ». Tout adhérant doit prêter serment, « dans le but de fortifier les liens et d’instaurer la confiance entre nos membres », explique Sagara.

Appel à l’État Le mouvement est néanmoins conscient de ses limites. Face à la menace croissante que représente la katiba Macina du prêcheur radical Amadou Koufa, les Dogons ont envoyé une missive au préfet pour demander l’installation de camps dans leur zone. « Nous souhaitons des camps militaires dans les quatre cercles et bien équipés en matériels ou des armements adéquats pour mieux sécuriser nos populations du pays dogon car à chaque réveil, nous retrouvons des personnes tuées par des bandits armés qui sont les djihadistes », peut-on lire dans cette correspondance. Ces camps assureraient la sécurité dans la zone et permettraient au tourisme d’y rayonner de nouveau. « À cause de l’insécurité, nous n’avons plus de touristes, le pays dogon est laissé pour compte, les jeunes ne travaillent pas. C’est aussi pour tout cela que nous voulons rétablir l’ordre sur nos terres », conclut Sagara.

 

Les dogons prennent les armes pour leur défense

 

Le mouvement« Dan Na Amba Sagou » (Confier le territoire aux chasseurs), veut faire entendre sa voix. N’étant manifesté d’aucune motivation indépendantiste ou terroriste, le mouvement plaide pour la sécurité dans le plateau Dogon.

Crée il y’a quatre ans déjà, le mouvement dit œuvrer pour la sécurité sur le plateau Dogon. « Nous ne sommes pas en sécurité, personne ne dort, à chaque fois des gens viennent commettre des assassinats et ils s’en vont sans être inquiétés. C’est le même constat qu’on observe à Bankass, à Bandiagara et à Koro » précise Boureima Sagara, coordinateur du mouvement. C’est donc un groupe d’auto-défense pour la quiétude du peuple dogon qui s’est formé en réction à l’insécurité galopante. « Nous défendons farouchement notre territoire » continue t-il. Composé d’un millier d’hommes, selon Sagara, le groupe dispose de certaines armes mais pas d’un arsenal important. « Nous n’avons pas d’arme comme il le faut mais nous en avons quelques une ». C’est pour cette raison que les combattants ont adressé une correspondance au préfet pour l’installation de camps dans les trois zones précitées et Douentza.

« Nous souhaitons des camps militaires dans les quatre cercles, bien équipés en matériels ou des armements adéquats pour mieux sécuriser nos populations au Pays Dogon, car à chaque réveil du matin, nous retrouvons des corps tués par des bandits armés qui sont les djihadistes » peut-on lire dans le communiqué.

Le mouvement entend très prochainement faire une déclaration officielle pour bénéficier d’une reconnaissance de la part de la communauté internationale.