Issa Kaou N’djim : Assurément Dicko

Lorsque l’Imam Mahmoud Dicko quitte la présidence du Haut conseil islamique du Mali (HCI), en avril 2019, peu d’observateurs croient à une « retraite anticipée » du sexagénaire. Ils ne tarderont pas à être édifiés avec la création de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam (CMAS). À sa tête, Issa Kaou N’djim, son ancien fidèle porte-parole. Celui qui revendique haut et fort les idées et la vision de Dicko entend jouer pleinement sa partition dans l’édification d’un Mali nouveau, même si ce rôle reste encore à définir.

« Ce serait un gâchis que de voir une grande personnalité, avec toutes ses  capacités et ce qu’elle a apporté au pays », devenir juste l’ancien Président du HCI, se justifiait M. N’djim à  la création de la CMAS, en décembre 2019. Le mouvement a été mis en place sous le leadership et avec « la bénédiction et l’adhésion » de Dicko, qui « a inspiré très tôt » Kaou N’djim.

Au-delà de ses « très bonnes relations » avec l’Imam, qu’il a connu il y a environ 20 ans et dont il est le gendre depuis 2, Kaou N’djim décrit le rôle important que peut jouer le leader religieux. Outre ses connaissances théologiques, il connaît la société et son fonctionnement.

Une expérience dont il profitera après la création de son association, Allah Kamaton, en 2006. Elle œuvre dans l’enseignement de l’Islam, surtout en faveur des femmes et des enfants, afin de leur donner « les moyens d’être de bons pratiquants ». Une activité qui n’est pas du tout alimentaire, tient-il à préciser.

Conviction politique

N’djim n’aura pas l’occasion de poursuivre ses études au-delà du secondaire, en 1991, suite aux grèves estudiantines et sous la pression de son oncle, qui l’initie au commerce et dont il devient l’aide-comptable. Il continue néanmoins à se former en autodidacte et voyage à travers le monde. Afrique centrale, Europe, États-Unis ou Arabie Saoudite, il ramène de ses voyages une autre façon de voir et surtout d’envie « d’apporter sa modeste contribution ».

Même s’il dit y être entré par effraction et contre le gré de ses parents, son engagement en politique est de conviction et son tempérament sera peut-être plus modéré avec l’âge, estime M. Mohamed Kimbiri, qui l’a côtoyé au HCI.

À 54 ans, ce polygame, marié à 4 femmes et père de 23 enfants, est convaincu que les choses doivent et peuvent changer. Il affirme que son mouvement a pris position vu « les urgences », mais que la forme de son combat reste à déterminer. Sans doute à l’issue de la Conférence nationale la CMAS, prévue pour décembre 2020.

Mali – Marche du 5 juin : Une mobilisation massive pour quel effet?

La grande manifestation de ce vendredi 5 juin 2020 pour exiger la démission du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, a rassemblé une importante foule à la place de l’indépendance de Bamako, capitale malienne. Si la démission du Chef de l’Etat n’est pas actée et que rien ne le présage pour l’heure, le « Rassemblement des  Forces patriotiques du Mali », reste manifestement résolu à le faire rendre le tablier. Un après 5 juin, empreint à toutes les  incertitudes.

La Cmas, le FSD et le mouvement Espoir Mali Koura auront tenu jusqu’au bout. Malgré les différentes sorties de plusieurs organisations et/ou personnalités politiques, civils, ou religieux, qui se sont multipliées ces derniers jours, le grand rassemblement a eu lieu. Ils étaient quelques milliers de manifestants à prendre d’assaut le monument de l’indépendance ce vendredi, avec de nombreuses et diverses revendications. 

Dans leur déclaration finale, les trois organisations ont dressé une liste de maux qui découlent de la « mauvaise gouvernance » et ont exigé la « démission du Président Ibrahim Boubacar Keita et de son régime »,  avant de lancer un « ultimatum pour constater cette démission au plus tard à 18heures ce vendredi 5 juin 2020 ».

Révolution enclenchée ?

A en croire certains analystes, la mobilisation de masse prouve que le peuple est fatigué et que le Président de la République doit prendre toute la mesure de ces ras-le-bol de la population et en tirer les leçons, d’où les lignes  devraient être amenées à légèrement bouger.

Mais la structuration même du  « Rassemblement des forces patriotiques du Mali » laissent certains observateurs dubitatifs sur la constance, dans la durée, de la dynamique qui vient d’être enclenchée. 

 « Le leadership du mouvement n’étant pas inclusif, encore moins partagé, je doute fort qu’il puisse aboutir réellement au départ du Président IBK », observe le politologue Boubacar Bocoum.

« Pour faire partir un gouvernement légitimement élu à travers les urnes il faut un grand mouvement dans la persévérance et dans la constance », fait-il remarquer.

Pour lui des fissures sont déjà décelables dans l’organisation  parce que  dit-il, les acteurs n’ont pas les mêmes motifs. 

« D’aucuns prétendent ne pas avoir comme ligne directrice l’islam, en rapport avec l’imam Dicko, et d’autres affirment ne pas suivre Choguel. S’il n’y a pas un leadership clair affiché, il est certain que ce sera un mouvement mort-né ».

Mais pour le directeur du cabinet Gaaya, le sociologue Mahamadou Diouara, ce mouvement qui vient de naître rassemble incontestablement des consternations légitimes et il est donc logique et raisonnable de penser qu’il va perdurer, même si une question fondamentale  se pose. 

« Est-ce que les Maliens rassemblés à Bamako ont légitimement le droit d’ôter le pouvoir à un président élu par les électeurs des 10 régions du Mali et de sa diaspora ? »

Préserver le calme

A part quelques tirs de gaz lacrymogènes en début de soirée et qui ont persisté dans la nuit  à Djicoroni Para pour disperser certains manifestants qui se dirigeaient vers la résidence du Chef de l’Etat à Sébénicoro, le rassemblement  dans son ensemble, s’est déroulé sans incidents majeurs.

A en croire les analystes, le régime gagnerait si dans les prochains jours,  l’atmosphère de calme relatif, du moins sur le lieu indiqué d’un éventuel prochain rassemblement, se poursuit sans recours à aucune intimidation des forces de l’ordre vis-à-vis des manifestants et des organisateurs.

« Ce qu’il faut éviter,  c’est l’affrontement qui pourrait radicaliser le mouvement, pouvant le faire aboutir éventuellement sur une émeute. Si on ne se retrouve pas dans ce cas de figure, avec un blocage total par le désordre, je pense que le régime pourrait s’en sortir », analyse M. Bocoum.

Germain Kenouvi

 

Mali – Marche du 05 juin: Une pléiade de revendications à Bamako

La grande marche prévue ce 05 juin à Bamako rassemble de centaines de personnes au coeur de la capitale. Les forces de sécurité et les sapeurs pompiers sont mobilisés et encadrent les manifestants qui pour l’instant respectent la consigne de non violence d’une marche pacifique préalablement annoncée.
Marche du 05 juin – Il faut souligner qu’en cette période de Covid-19, toutes les mesures barrières ne sont pas respectées dans le contexte actuel. Tous les manifestants n’ont pas de masques et la distance barrière d’au moins un mètre n’est pas respectée.

 Les manifestants scandent des slogans comme « Libérez de Soumaila Cissé », « on a perdu Kidal », « l’éducation va mal », « l’hôpital des militaires annulé », « armée divisée », « IBK ne pleut plus, qu’il démissionne ». Ces messages sont le reflet de la crise sociale émaillée des marches et manifestations dans plusieurs secteurs de la vie de l’Etat.

Idelette Bissuu avec Boubacar Diallo

Mali – Marche du 5 juin : l’Imam Mahmoud Dicko appelle à la mobilisation

Au Mali, l’imam Mahmoud Dicko, a dans une vidéo rendue publique ce 1er juin 2020 sur Facebook appelé à la mobilisation pour la marche du 5 juin. L’ancien Président du Haut Conseil Islamique s’est indigné de la gouvernance du pays par le Président Ibrahim Boubacar Kéïta. 

L’imam Mahmoud Dicko promet de diriger la prière de ce vendredi 5 juin à la place de l’Indépendance. Dans la vidéo réalisée par la cellule de communication de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants qui le soutiennent, Mahmoud Dicko a appelé toutes les régions du Mali à rejoindre la place de l’Indépendance pour une marche pacifique. « C’est une marche pacifique, sans bâton, ni haches, ni couteaux, ni insultes », a-t-il expliqué.

Il a pointé du doigt la gouvernance du Président Ibrahim Boubacar Kéïta qu’il qualifie d’échec. L’absence de l’Etat à Kidal, l’insécurité au centre du pays, la corruption sont entre autres problèmes qu’il a mis en exergue. 

L’imam Mahmoud Dicko a invité les manifestants à porter des masques en ce temps de covid-19.  Il a mis en garde l’Etat contre toute répression et a promis de ne pas « annuler la marche à la dernière minute pour une quelconque intimidation ». 

Rappelons que la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) et le Mouvement Espoir Mali Koura (EMK) avaient appelé le Président Ibrahim Boubacar kéïta à la démission le 30 mai dernier. Le 26 mai dernier, les trois mouvements avaient tenu une rencontre tripartite et ont convenu de l’unité d’action.

Boubacar Diallo

 

Mahmoud Dicko : Que veut-il ?

L’Imam Mahmoud Dicko continue de titiller le régime en place. Dans sa croisade contre la mauvaise gouvernance et l’ensemble des maux qui minent le Mali, le très influent leader religieux, sans pour autant se démarquer de sa posture d’imam, n’en finit plus d’interférer dans le débat politique. Au point que ses réelles intentions restent aujourd’hui sujettes à beaucoup d’interprétations. Si ses ambitions politiques ne souffrent d’aucun doute pour certains, l’Imam de Badalabougou serait dans un rôle citoyen pour d’autres. Quoi qu’il en soit, les actes de ce guide religieux sont scrutés de près et sa démarche ne laisse presque personne indifférent.

Mardi 3 mars. Devant le tribunal de grande instance de la Commune V du District de Bamako, une foule acquise à l’Imam Mahmoud Dicko manifeste son mécontentement. Alors que le leader religieux doit répondre à une convocation de la justice, qui lui a été adressée par le Procureur de la République, l’invitant à se présenter à son cabinet pour être entendu sur des propos qu’il avait tenus trois jours plutôt, ses partisans s’y opposent.

« Non, l’Imam Dicko ne rentrera pas au tribunal. Ils vont devoir d’abord marcher sur nous », affirment, déterminés, quelques soutiens de l’Imam. « Nous soutenons l’Imam Dicko ! », s’exclament d’autres. La tension est perceptible et l’on apprendra plus tard que la convocation est annulée, visiblement pour prévenir des troubles à l’ordre public.

Mais, en dépit de cette annulation, l’Imam Dicko se rend tout de même au tribunal pour rencontrer ses partisans, avec lesquels il se rend au Palais de la culture pour un meeting improvisé, au cours duquel il les appelle au calme et à rester à l’écoute de ses prochains mots d’ordre.

Tout est parti du grand rassemblement du 29 février 2020 au Palais de la culture, au cours duquel  Mahmoud Dicko avait dans son intervention passé au crible les grands maux qui minent le pays, notamment ,entre autres, la question terroriste, la grève des enseignants et la mauvaise gouvernance, appelant le peuple malien à se mobiliser pour prendre son destin en main et sommant le gouvernement de trouver très rapidement  des solutions.

Une mobilisation citoyenne contre la mauvaise gouvernance qui devait commencer par un grand rassemblement au Monument de l’indépendance de Bamako, le 6 mars dernier, mais qui, dans la foulée, avait été annulée sur demande du Chérif de Nioro, Mohamed Ould Cheickné Haidara dit Bouyé.

Résonnance politique accrue

Mahmoud Dicko n’en était pas à sa première démonstration de force le 29 février dernier. Pour n’évoquer que ses appels à manifestation contre la mauvaise gouvernance de ces douze derniers mois, on se rappelle la grande mobilisation qu’avait suscité son appel du 5 avril 2019, qui avait conduit à la démission du Premier ministre d’alors, Soumeylou Boubeye Maiga.

Avant cela, il y avait eu le grand meeting, en février, au stade du 26 mars, qui avait réuni environ 60 000 personnes, selon des estimations, pour « prier pour le Mali et interpeller le gouvernement ». Après son départ de la tête du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) en avril 2019, l’homme s’est beaucoup rapproché de l’arène politique. En septembre dernier naissait la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de Mahmoud Dicko (CMAS), un regroupement politico-religieux dont l’Imam est le parrain et qui avait clairement affiché son ambition de s’implanter sur la scène politique malienne.

«  Il n’y a aucune loi au Mali qui donne un statut aux religieux. Pourquoi donc vouloir les diaboliser ? Un chef religieux qui s’est libéré de ses charges au nom de la communauté religieuse a le droit d’aller sur l’arène politique », se justifiait à l’époque, Issa Kaou N’Djim, Coordinateur de la CMAS et porte-parole de Mahmoud Dicko.

Pour certains analystes, la création de la CMAS a acté l’entrée dans le jeu politique de plain-pied de l’Imam Dicko et son influence sur une bonne partie des Maliens pourrait jouer en sa faveur, compte tenu de l’échec de la classe politique, caractérisé par la rupture de confiance entre les dirigeants et le peuple.

Rapport de forces favorable ?

À en croire Gilles Holder, co-Directeur du laboratoire Macoter de Bamako et spécialiste de l’Islam en Afrique,  l’Imam Dicko bénéfice aujourd’hui d’un nouveau rapport de forces, qui lui est favorable et qui explique sa nouvelle dimension, notamment la résonnance politique qu’il a acquise depuis son départ de la tête HCIM.

« Lorsqu’il était au Haut conseil, en face de lui il y avait Ousmane Madani Haidara et les deux se neutralisaient, d’une certaine manière.  Quand Haidara s’est retrouvé au HCIM, sa nouvelle fonction l’a obligé à être modéré et cela l’a neutralisé. Du coup, Mahmoud Dicko, lui, complètement affranchi de cette réserve, a un boulevard devant lui, surtout, n’a plus d’opposant  sur sa route. En face de lui, aujourd’hui, il n’y a que le pouvoir et quand on sait qu’au Mali l’État s’est toujours personnifié, alors il n’a en face de lui que IBK », explique-t-il.

« Bien avant cela, il a su utiliser l’espace public pour en  faire un espace public religieux et il a réussi un tour de force en créant une société civile islamique qui n’existait pas et qui aujourd’hui a même tendance à porter beaucoup plus fort que la société civile libérale les plaidoyers de la société malienne », souligne M. Holder.

Toujours du point de vue de ce dernier, Mahmoud Dicko a accentué le rapport de forces avec le meeting du 29 février dernier, sachant que, s’il allait au bout, cela pouvait instaurer le chaos et ne servirait pas sa cause. Il a donc ralenti le pas par la suite.

« C’est politiquement calculé. Il a installé un rapport de forces pour montrer au régime sa capacité et, après, il s’est arrêté, comme pour signifier qu’il maitrise ses troupes et que c’est lui qui contrôle ce rapport de forces », estime Gilles Holder.

Par ailleurs, si l’Imam Dicko a le soutien du Chérif de Nioro et que les deux s’allient pour dénoncer le régime du Président IBK, cette union ne saurait être que d’une dimension  conjoncturelle et ne pourrait aller jusqu’à faire tomber le pouvoir, selon l’analyse  du co-directeur du laboratoire Macoter de Bamako.

« En terme de sensibilité religieuse, ce sont deux personnages qui s’opposent. Ils n’ont pas de raisons d’être ensemble. Ils se sont retrouvés autour de l’élection d’IBK, chacun avec des intérêts différents et aujourd’hui ils considèrent que IBK les a trahis ».

« Il y a donc une guerre de personnalités, où les deux leaders religieux s’opposent au leader politique. Ils ont eu Soumeylou  Boubeye  Maiga, mais ce n’est pas suffisant pour eux. Il leur faut se retourner contre le président lui-même», analyse celui qui pense aussi que si le régime devait basculer, il le serait par un soulèvement populaire et non religieux.

Un combat « nuancé »

Pour le politologue Boubacar Bocoum, Mahmoud Dicko est dans un combat qui colle aujourd’hui avec les réalités du peuple malien et l’on ne devrait pas voir en cela une opposition au pouvoir en place.

« Ce qu’il est important de comprendre, c’est que les choses que l’Imam Dicko est en train de dénoncer sont celles que le peuple dans sa majorité dénonce. Aujourd’hui, pour moi, il est juste un porte-voix du peuple en réalité. Ce n’est pas parce qu’on dénonce les tares d’un système et qu’on n’est pas d’accord avec une gouvernance qu’on est contre le régime en question », affirme-t-il.

« Il faut qu’on aille à l’essentiel du message et du contenu de ce qui est en train d’être fait et faire la part des choses entre la personne de Mahmoud Dicko et le message adressé au peuple et à la classe dirigeante, parce que chacun d’entre nous est interpellé par la situation de notre pays à un moment donné », poursuit M. Bocoum.

Mais, du point de vue de Ballan Diakité, chercheur au CRAPES, les actes et les démarches  de l’Imam Dicko sont considérés aujourd’hui comme purement politiques et,  concernant son dernier discours, il y a indéniablement un certain nombre d’éléments qui montrent qu’il est dans une  posture de contestation virulente vis-à-vis de l’État.

« Ce serait une erreur aujourd’hui de le considérer comme un simple leader religieux, car il est à la fois sur les champs religieux et politique », avertit le chercheur.

Un point de vue qu’appuie Gilles Holder, pour lequel « il faut prendre aujourd’hui l’Imam Dicko comme un personnage politique. Ceux qui font la confusion ont tort ».

Changement de cap pour la CMAS ?

La décision en avait surpris plus d’un. Alors que la CMAS se préparait activement à prendre part aux prochaines élections législatives, avec notamment des  alliances avec certains partis politiques, l’Imam Dicko avait ordonné la suspension pure et simple de la participation du mouvement à cette échéance électorale. Une manière pour le chantre de l’Islam wahhabite au Mali de démontrer aux yeux de l’opinion qu’il ne se bat pas en réalité pour des intérêts politiques.

« Avoir des postes ou des députés à l’Assemblée nationale n’est pas ma préoccupation. Ce n’est pas le sens que je donne à mon combat. C’est pour cela que je dis que nous devrions aller vers une mobilisation citoyenne, pour renforcer la bonne gouvernance, plutôt que de nous préoccuper seulement d’avoir des députés ou des postes politiques », clame le leader religieux.

« Ce pourquoi nous devrions nous battre en premier, c’est le mieux-être des Maliens. En aucun cas nous ne devrions mettre en avant nos intérêts personnels, parce que si c’était le cas, le combat n’aurait aucun sens », ajoute-t-il.

Mais certains observateurs de la vie politique malienne pointent plutôt un repli stratégique de l’Imam, pour ne pas essuyer une première défaite politique et  préserver sa crédibilité aux yeux de ses partisans afin de continuer à bénéficier de leur soutien lors d’éventuelles futures échéances politiques.

« Si l’Imam, dans sa posture actuelle, pense que les personnes de sa mouvance ne sont pas idéologiquement assez bien formées pour œuvrer à l’atteinte des objectifs et qu’il leur demande de surseoir, je pense que ce n’est que stratégique. C’est de l’intelligence politique », relève Boubacar Bocoum.

« La CMAS n’était en réalité pas prête pour la conquête de l’Assemblée nationale. Elle n’a pas encore l’ancrage nécessaire pour arriver à avoir un groupe parlementaire et sans cela elle sera amenée à cohabiter avec d’autres partis politiques. Cette cohabitation pourrait ouvrir la voie à des alliances contre nature et discréditer le mouvement aux yeux des populations », pense pour sa part Ballan Diakité.

Ambition présidentielle ?

Beaucoup prêtent à Mahmoud Dicko de grandes ambitions politiques et voient en ses prises de position et démarches contre le gouvernement actuel une manière d’œuvrer à la chute du pouvoir, pour en prendre éventuellement  les rênes lui-même.

« Je n’ai d’autre vision que de chercher à améliorer la gouvernance du pays. Pour améliorer le bien-être du peuple malien, il faut nécessairement améliorer cette gouvernance. C’est pour cela que je me suis engagé et je pense que c’est un combat qui mérite d’être mené. Ce n’est pas un combat contre une personne, mais contre un système », clarifie l’Imam Dicko.

Quand on lui pose une question concernant sa prétendue ambition présidentielle, le leader religieux sourit longuement avant de la balayer du revers de la main : « je l’ai toujours dit et je le réaffirme, je suis un imam, c’est ma vocation. Je n’ai jamais songé à être quoi que ce soit d’autre. Les autres, je leur laisse la latitude d’avoir leurs interprétations et de me prêter les intentions qu’ils veulent. Ils sont libres d’avoir une opinion sur moi et je le leur concède ».

« Mais, si je nourris une ambition présidentielle ou pas, l’avenir  nous le dira », ajoute-t-il, comme pour signifier que l’option n’est peut-être pas totalement exclue.

Germain KENOUVI

Haut conseil islamique : Mahmoud Dicko, président du consensus ?

Les rideaux sont tombés sur le 2ème congrès du Haut conseil islamique(HCI) du Mali hier lundi au Centre internationale de conférence de Bamako(CICB). Un happy end après les tensions dont l’ombre a longtemps plané sur le déroulement du congrès. Au finish la responsabilité et le bon sens l’ont emporté sur les antagonismes. Le consensus aura été le maà®tre mot des travaux. La principale information ayant sanctionné les travaux est sans doute la réélection, le dimanche 20 avril 2014, du président sortant, Mahmoud Dicko. l’imam rempile pour un nouveau mandat de cinq à  la tête la puissante association islamique. Il dirigera désormais un bureau consensuel de plus 40 membres qui comporte toutes les tendances. Le candidat malheureux, Thierno Hady Thiam, retrouve son poste de de secrétaire à  l’information et à  la Communication tout comme l’emblématique Ousmane Madani Haidara garde la deuxième vice-présidence. Le choix de l’imam de Badalabougou, en commune V du district de Bamako, est considéré par beaucoup comme la commune musulmane du Mali comme signe de la constance dans le progrès. En effet, il est dépeint comme un grand rassembleur, capable de fédérer les visions des musulmans. Beaucoup de fidèles louent sa capacité à  tenir à  égale distance des différentes tendances et confréries musulmanes du Mali. « Il n’a jamais laissé apparaà®tre une ombre de clivage, tous les musulmans logent à  la même enseigne chez lui », commente un ancien membre de la ligue des élèves et étudiants du Mali. Bien qu’étant d’obédience sunnite, il a participé à  plusieurs fois aux cérémonies religieuses célébrant la naissance et baptême du prophète Mohamed(PSL). Pour atteindre l’idéal de rassemblement, il est capable de se transcender et se faire rigueur. l’homme de Dieu passe l’éponge sur les critiques gratuites et les provocations de certains de ses coreligionnaires. Au nom de l’intérêt et de la cohésion de la religion musulmane. Autre atout du président du HCI, C’’est son charisme doublé de sa capacité de communication et de persuasion. Peu friand des déclarations fracassantes ou à  l’emporte-pièce, il agit avec beaucoup de circonspection face, par exemple, aux questions insidieuses des journalistes occidentaux sur certains sujets sensibles. Ce caractère doux n’enlève pourtant en rien au côté ‘’bagarreur » de ce leader religieux de 60 ans, fin connaisseur du saint coran. En effet, il jouit du préjugé favorable de n’être pas influençable ou corruptible ou de ne pas l’être du tout. Ce qui explique sa détermination et son intransigeance à  défendre les causes de l’islam. Le renvoi par le régime d’ ATT en deuxième lecture du nouveau code des personnes et de la famille en 2009 est un exemple de l’engagement de l’imam à  respecter les valeurs islamiques et sociétales du pays. Pendant la crise multidimensionnelle consécutive au coup d’Etat du 22 mars 2012, Mahmoud Dicko a joué sa partition en s’offrant le rôle de médiateur pour convaincre les forces jihadistes à  abandonner leur funeste dessein. Sous présidence, le Haut conseil islamique est s’est distingué par son activisme souvent même sur le plan politique au point de placer souvent en arrière plan les partis politiques. Résultat : la création d’un Ministère des Affaires religieuse et Culte dont le premier titulaire, sous la transition, était un membre du Haut conseil islamique, Yacouba Traoré comme ministre des Affaires religieuses et du culte. La Commission électorale nationale indépendante(CENI) est dirigée par l’actuel secrétaire générale de du HCI.

HCIM: l’Imam Dicko reconduit

Les travaux du congrès du Haut Conseil Islamique ont pris fin ce dimanche. Ils se sont déroulés au Centre international des conférences de Bamako, sous le haut parrainage du président de la République Ibrahim Boubacar Keà¯ta. Prévu initialement en juillet 2013, ce congrès avait été reporté à  cause de la crise que traversait le pays. Il se sera finalement tenu les 19 et 20 avril sous le signe « Ensemble pour la Paix et la réconciliation nationale ». Y ont pris part les délégués d’associations musulmanes de différentes régions du pays. A l’ouverture des travaux, le président Ibrahim Boubacar Keita, avait rappelé que les musulmans ont pour « mission de prouver que l’Islam est amour, tolérance et consentement, seulement amour tolérance et consentement ». « C’est à  ce prix que sera préservée la convivialité qui nous caractérise, avérée et traduite dans nos mécanismes de régulation sociale  » , a-t-il poursuivi. Il s’est dit convaincu que ce congrès sera autant celui de la maturité, de l’entente et de la victoire de la communauté musulmane sur le démon de la division . Son appel aura été entendu puisque le congrès s’est déroulé sans encombres et c’est le président sortant, l’Imam Mahmoud Dicko qui a été réélu par les délégués à  la tête du Haut Conseil Islamique du Mali. Il a recueilli 59 voix contre 27 pour son unique rival El Hadj Thierno Hady Oumar Thiam. L’imam Dicko est âgé de 60 ans. Originaire de la région de Tombouctou, il avait succédé en 2008 à  Thierno Hady Boubacar Thiam lors du premier congrès national du HCIM.

Le regard en vidéo d’Ina Dicko Traoré sur la crise malienne

 » Toute seule Je n’ai pas la capacité encore moins le moyen de mettre fin à  cette crise que traverse actuellement mon pays… Mais je sais qu’ensemble mes frères et soeurs maliens on peut y arriver car, seule l’union fait la force… Ainsi, à  l’occasion du 52 ème anniversaire d’indépendance du Mali, j’ai décidé de réaliser cette vidéo qui lui est spécialement dédié , afin de témoigner mon patriotisme tout en invitant mes confrères maliens à  la réunification pour un seul et unique but, celui de faire sortir notre pays du trouve dans lequel il se trouve actuellement ».

Meeting du Haut conseil islamique (HCI) : plus de 50000 musulmans prient pour le Mali

C’’est dans une atmosphère de recueillement que les musulmans du Mali, ont prié ce dimanche pour la stabilité, l’unité du Mali et la reconquête des territoires occupés lors d‘un meeting géant à  l‘initiative du Haut conseil islamique du Mali. Pour la circonstance les prêcheurs les plus respectés au Mali étaient présents à  cette plèbe. Il s’agit notamment de l’Imam Mahmoud Dicko, président du haut conseil islamique (HCI) et interlocuteur privilégié des islamistes au nord, de Chérif Ousmane Madani Haà¯dara du mouvement Ançardine à  ne pas confondre avec le groupe djihadiste Ansar Dine, du Chérif de Nioro communément appelé Boué Haidara, des prêcheurs soufis et autres leaders religieux maliens. Mobilisation géante Le pari de mobilisation a été une fois de plus été remporté par le Haut conseil Islamique, après les deux premières rencontres organisées en 2009 et 2011. On se souviendra particulièrement de l’épisode du code de la famille, qui avait réuni plus de 50 000 personnes au Stade du 26 Mars en protestation au vote du nouveau code. Cette fois, l’objectif était différent : loin de rejeter un texte qui heurtait la sensibilité des musulmans radicaux, les musulmans, chapelets en main, se sont réunis ce 12 Août, pour appeler à  l’unité du Mali, dont les 2/3 du territoire, rappelons le, sont occupés par les groupes armés avec la charia pour loi. Invocations d’Allah et applaudissements ont alors ponctué les interventions des représentants religieux, mais aussi des personnalités politiques qui ont fait le déplacement : le Premier ministre Cheick Modibo Diarra, Ibrahim Boubacar Keita (RPM), Mountaga Tall de la Coalition pour sauver le Mali, Iba Ndiaye(ADEMA), Oumar Mariko (SADI) etc. La foule en liesse a d’ailleurs applaudi la présence de Cheick Modibo Diarra qui a fait consensus ainsi que celle du leader du RPM, Ibrahim Boubacar Keita. Mais le 1er vice président de l’ADEMA Iba Ndiaye a lui été hué, signe de la déception sans doute envers les politiques maliens.  » Politiciens, dégagez !  »  » Laissez Cheick Modibo Diarra nettoyer la maison ! », nt même scandé certains dans les tribunes, remplies à  bloc. Se pardonner l’honneur est revenu au prêcheur Chérif Ousmane Madani Haà¯dara, de souhaiter la bienvenue aux spectateurs au nom du HCI, avant d’ implorer le pardon d’Allah pour le Mali. «Chacun de nous a subi et a fait subir à  son prochain. Je demande à  toutes et à  tous, d’oublier les rancunes pour se pardonner et se donner la main afin de reconstruire le Mali ». Ces propos du prêcheur dont la réputation dépasse les frontières du Mali, visait à  adoucir les esprits enclins à  la division depuis le coup d‘état du 22 mars. Avant ce meeting, des séances de prières et de dons à  l’endroit des victimes des régions occupées du nord Mali ont eu lieu à  Bamako : «Depuis le début de la crise, les imams de Bamako œuvrent pour la stabilité et la paix dans notre pays », a déclaré Aboubacar Camara, représentant des imams de la capitale, avant d’inviter les Maliens à  faire des prières pour le Mali. Pour le maintien des autorités de transition et l’arrêt des violences au nord « Je ne serai pas le vice président du conseil de la transition », a déclaré Mahmoud Dicko sans ambages, lors de son intervention. J’entends tout ce que les gens disent sur le Haut conseil islamique. Certains prétendent même que Dicko veut s’emparer du pouvoir. Moi, je ne serais pas le Président de la République, à  plus force raison vice-président. La présidence du Haut conseil islamique que Dieu m’a offert me suffit. Notre charia est le pardon et la tolérance », a précisé celui qui s’est rendu en tournée à  Gao et a rencontré Iyad Ag Ghaly, leader du mouvement Ansar Dine. Une démarche qui a valu à  Dicko des critiques sur ses velléités à  faire partie du jeu politique. l’imam s’en défend et affirme que son institution est favorable au maintien du président de la transition, le Pr Dioncouda Traoré et son premier ministre Cheick Modibo Diarra. Même son de cloche chez les familles fondatrices de Bamako à  travers leur porte-parole, El Hadji Modibo Niaré, favorables également à  une concertation nationale pour un retour rapide à  la stabilité institutionnelle. Pour conclure, le Haut conseil islamique a demandé l’arrêt des violences faites aux ressortissants du nord. Il a par ailleurs demandé aux partis politiques et aux organisations de la société civile de privilégier l’intérêt national et l’organisation d’une concertation nationale avec toutes les forces vives de la nation. Le sage de Nioro n’a pas voulu s’exprimer mais il a dirigé la prière collective qui a mis fin au meeting.

Mahmoud Dicko:  » Les décisions doivent revenir aux Maliens « 

Le médiateur burkinabè s’est rendu dans la région mardi 7 août. Et, avant lui, le président du Haut Conseil Islamique malien avait fait le déplacement. Quel les sont ses positions pour sortir de la crise ? L’imam Mahmoud Dicko répond aux questions de Charlotte Idrac. Mahmoud Dicko, vous avez fait un déplacement en début de semaine dans le nord du Mali. O๠êtes-vous allé précisément ? Je suis allé à  Gao, o๠J’ai rencontré les notabilités de Gao et puis le bureau régional du Haut Conseil du Mali à  Gao, et certains responsables du Mujao. Quel était le but de cette mission ? C’’est d’abord de nous enquérir de la situation de la population qui est là -bas, et ensuite parler avec les occupants, pour savoir exactement ce qu’ils veulent, et comment eux, ils voient la chose, parce qu’ils ne peuvent pas rester indéfiniment. Donc on y a été, d’abord pour aller les écouter et observer si vraiment on peut aller dans le sens du dialogue, comme on le souhaite. Quelles sont les doléances des occupants ? Qu’est-ce qu’ils vous ont dit ? Je ne peux pas vraiment vous dire exactement ce qui m’a été dit tout de suite. Je crois qu’on le fera au moment opportun. Mais je crois que les gens ont une volonté, quand même, de parler avec nous et de trouver un terrain d’entente. Vous n’avez pas vu Iyad Ag Ghali, le leader d’Ansar Dine ? Iyad, je ne l’ai pas vu. Mais J’ai donné rendez-vous pour qu’on se rencontre prochainement. Je me prépare avec une équipe pour pouvoir le rencontrer, lui et les éléments d’Ansar Dine. Quelle est la différence, pour vous, entre Ansar Dine et le Mujao ? La différence C’’est que les autres s’appellent Mujao, lui il s’appelle Ansar Dine ! Mais dans le fond ? Au-delà  de l’appellation ? Les autres sont organisés et dirigés, certainement par des gens qui sont un danger pour nous, et lui C’’est un compatriote. Il représente un Frère musulman malien, qui est là . Donc C’’est avec Iyad qu’il faudra négocier, et pas avec les étrangers du Mujao ? Nous allons nous intéresser beaucoup à  Iyad, parce que Iyad, quand même, occupe une position centrale dans cette affaire. Il faut dire qu’il est connu de tous les Maliens, sa position est déterminante dans tout ce qui va être décidé. Sur quoi sera-t-il possible de négocier ? On ne peut rien définir tant qu’on n’est pas assis ensemble, pour voir tout les contours de ce qui va être discuté. En tout cas, les groupes islamistes qui contrôlent le Nord ne semblent pas prêts à  négocier quoi que ce soit sur une application stricte de la charia… Tout cela va être déterminé, quand on sera avec eux. Que pensez-vous des destructions des mausolées de Tombouctou, de la lapidation à  mort d’un couple non marié à  Agheloc, ou encore de la tentative d’amputation d’une main d’un homme accusé de vol, à  Gao ? Nous condamnons tous ces actes-là  et nous pensons que eux, ils ne sont pas dans un cadre approprié, pour vraiment se donner le pouvoir d’appliquer la charia. C’’est-à -dire ? La charia s’applique dans des conditions qui ne sont pas remplies par les occupants. Quel doit être, selon vous, l’islam pratiqué au Mali ? l’islam du Mali a toujours été un islam modéré, de tout le temps. Et si les Maliens veulent changer, ce sont eux qui vont décider de ce changement. Ce n’est pas quelqu’un d’autre qui viendra leur imposer le changement. Le médiateur de la Cédéao, le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Djibril Bassolé, est lui aussi allé dans le Nord, mardi. Quel regard vous portez sur cette médiation ouest-africaine ? Les médiations sont de mon point de vue vraiment les bienvenues. Toute action qui est susceptible vraiment d’aller vers la sortie de crise est à  saluer pour nous. Il y a une coordination entre la médiation de la Cédéao et votre entremise ? Non, pas encore. La médiation insiste sur le fait que les mouvements armés doivent se démarquer des terroristes. C’’est ce que vous souhaitez aussi ? Moi, je préfère vraiment parler avec les responsables qui sont des nationaux, qui sont de notre pays. Les autres, il faut trouver un terrain pour qu’ils s’en aillent. Sur les conditions de vie des gens que vous avez rencontrés, qu’est-ce qu’on peut en dire ? Les gens s’accomodent, ils sont en train de s’adapter à  la situation. Il y a eu, ces derniers jours, des manifestations à  Gao. Est-ce qu’on peut vraiment dire que les gens s’accommodent ? s’il y a, en réalité, des gens à  saluer ou à  féliciter, C’’est bien les populations qui sont restées sur place et qui sont en train de se battre pour préserver l’intégrité territoriale du Mali. C’’est vraiment à  eux que je tire le chapeau. Et vous encouragez les mobilisations de la société civile ? Absolument. Pendant ce temps-là , au sud, les discussions continuent pour faire avancer la transition politique. Est-ce que vous êtes prêt à  vous impliquer politiquement à  jouer un rôle ? Je suis président du Haut Conseil islamique du Mali. Je pense que, vraiment, C’’est un rôle qui me suffit. Mais votre nom circule pour le poste de deuxième vice-président du Haut Conseil d’Etat voulu par le président Dioncounda Traoré. On vous l’a proposé ? Je ne peux pas empêcher les gens de faire circuler mon nom. Si C’’est le peuple malien qui me demande de faire quelque chose, je ne peux rien refuser à  ce peuple. Mais ce ne sont pas des individus qui peuvent s’asseoir là -bas et puis me demander de m’impliquer dans des choses qui ne sont pas tout à  fait ma vocation. Est-ce qu’une organisation aussi importante que la vôtre pour tous les Maliens, le Haut Conseil islamique, peut ou doit, se positionner politiquement ? On ne se positionne pas politiquement, mais on se positionne par rapport aux intérêts de notre pays. Nous, nous sommes dans un pays o๠on est à  95 % musulmans. La structure qui représente la totalité de ces musulmans est dirigée par nous. Vous pensez que nous pouvons rester indifférents à  ce qui arrive à  ce peuple ? Nous, nous préférons vraiment que les Maliens se mettent ensemble. Pourvu que notre souveraineté soit respectée et que les Maliens, dans leur sensibilité, se mettent ensemble pour dire que nous sommes d’abord les premiers concernés par cette crise. C’’est à  nous de trouver vraiment une solution.

Le FDR cède à la prière des confessions religieuses

Ils étaient réunis ce lundi à  l’hôtel Nord-Sud de Bamako. Mahmoud Dicko du Haut conseil islamique, les représentants des églises catholiques et protestantes, les familles fondatrices et les notables de Bamako. Du coté du FDR, on pouvait enregistrer la présence de responsables comme le président du front, Siaka Diakité, Me Kassoum Tapo, porte-parole, Iba Diaye, Tiébilé Dramé, Oumar Hamadoun Dicko et Docteur Madou Diallo. Les leaders religieux ont réussi à  convaincre les responsables du FDR de renoncer à  la marche programmée ce mardi, tout en prenant en compte les préoccupations exprimées par le FDR sur le fonctionnement des institutions. Il s’agit de libérer l’Assemblée nationale des griffes de « Yerewolo ton », un mouvement de jeunes qui empêchent les députés d’accéder à  l’hémicycle. l’occupation l’ORTM par les militaires et l‘occupation du Nord par les groupes armés. En réponse Mahmoud Dicko a promis de parler aux jeunes manifestants qui ont élu domicile devant l’Assemblée nationale. l’unité plus que tout Sur l’agression de Dioncounda Traoré président par intérim du Mali, le FDR exige avec détermination que les agresseurs et leurs complices soient traduits devant la justice. Dans sa posture de médiateur l’imam Mahmoud Dicko a lancé un appel à  tous les maliens pour qu’ils s’unissent et fassent des bénédictions pour le Mali. «Â Ni les opinions politiques, ni les confessions religieuses ne doivent diviser le pays mais au contraire cette diversité doit renforcer les liens ». La nouvelle du report de la marche a fait grincer des dents chez de nombreux jeunes déterminés à  battre le pavé. Pour Sirima Coulibaly, militant de l’Union pour la république et la démocratie(URD), « il fallait donner une réponse à  la COPAM qui ne constitue qu’une minorité au Mali ». Diakaridia Sangaré, élu communal du parti économique pour le développement et de la solidarité(PDES) regrette l’annulation de la marche, une occasion de montrer au reste du monde, que tous les Maliens ne sont pas des «Â sauvages ». Cette marche allait constituer la deuxième grande manifestation du FDR, après celle de la Bourse du travail début avril, et qui a tourné à  l’affrontement entre pro-putschistes et anti putschistes.

L’appel à la paix des leaders religieux

Sans exception, toutes les confessions religieuses étaient représentées à  ce meeting qui a rassemblé du monde au Stade Omnisports Modibo Keita de Bamako. La communauté chrétienne était représentée par l’archevêque Jean Zerbo, et protestante par Daniel Coulibaly , le pasteur de la communauté protestante ainsi que Mahmoud Dicko du Haut Conseil islamique du Mali. Malgré un soleil de plomb, des milliers de citoyens maliens ont répondu à  l’appel de leurs leaders religieux parmi lesquels de femmes en burka dans la tribune d’honneur. « Allah Akbar, lahillah illah », scandaient les fidèles musulmans pour accompagner leur leader Mahmoud Dicko. Dialogue et paix Dans une déclaration lue par le secrétaire général Mahamadou Diamoutani, les religieux ont exhorté les maliens et les maliennes, de l’intérieur comme de l’extérieur, à  la retenue, à  la sagesse et au calme pour un apaisement du climat social. Les leaders religieux ont demandé aux Forces vives de la nation de privilégier le dialogue comme outil de négociation et de résolution de la crise. Ils ont invité la classe politique, dans ses différentes configurations, à  mettre l’intérêt supérieur de l’Etat au-dessus de toutes autres considérations et enjeux du pouvoir. Les leaders religieux ont demandé aux pays voisins et aux partenaires du Mali d’accompagner et de soutenir les efforts entrepris par les Forces Vives de la Nation, notamment pour la résolution la crise au nord. Mahmoud Dicko a invité la CEDEAO en particulier et la Communauté Internationale en général à  privilégier la concertation pour une solution négociée de sortie de crise. Et d’exhorter le CNRDRE à  convenir avec l’ensemble des forces vives de la nation d’un programme de transition assorti d’un chronogramme précis de gestion de la crise. L’appel de Mahmoud Dicko à  Iyad Ag Ghaly « La situation du nord est plus préoccupante que l’organisation des élections. Les politiciens doivent nous laisser en paix avec leur histoire d’élection présidentielle », Tierno Hady Thiam, une des figures de proue du meeting… Selon Mahmoud Dicko, il faut aller au delà  de toutes les considérations et prier pour la paix « Je demande solennellement aux musulmans maliens de prier pour la paix. Dans le septentrion malien, les populations sont meurtries dans leur chaires. Et je demainde à  Iyad Ag Agaly d’Ançar Dine de faire preuve de retenue. l’archevêque de la communauté catholique, Monseigneur Jean Zerbo, a rappelé que le Mali est un vieux pays qui a toujours connu la paix . « La paix est devenue un comportement. Je demande à  la communauté chrétienne de prier à  son tour pour préserver notre Mali de tout conflit et de guerre et que Dieu bénisse le Mali ». Modibo Fofana

Mahmoud Dicko, l’imam qui casse le code de la famille

Quand il le veut bien, l’imam Dicko sait parler aux femmes, y compris aux Occidentales. « Gros bisous, comme on dit chez vous ! » lance-t-il dès la fin du deuxième rendez-vous. Quelques jours plus tôt, elles n’avaient pas eu droit à  autant de bienveillance. Assis sur le même canapé noir, le président du Haut Conseil islamique malien (le HCI, qui fait l’interface entre les pouvoirs publics et la communauté musulmane, soit 95 % de la population) fustigeait les funestes desseins de cet Occident qui « veut métamorphoser la société malienne avec des valeurs soi-disant universelles ». « Mais on ne sait pas qui leur a conféré cette universalité ! » ajoutait-il. « Que les femmes héritent comme les hommes est contraire à  nos valeurs », tempêtait Mamadou Diamouténé, son secrétaire général. à€ sa droite, Dicko, boubou bleu nuit et foulard blanc, acquiesçait. à€ la tête du HCI depuis 2007, Mahmoud Dicko, 56 ans, époux de deux femmes et père de dix enfants, est maà®tre dans l’art de brouiller les pistes. à€ ses débuts, il était professeur d’arabe à  l’école publique et simple imam local. Originaire de la région de Tombouctou, o๠il a été élevé par un grand-père kadi, formé dans les madrasas mauritaniennes (à  Boutilimit et Néma) et passé par Médine, en Arabie saoudite, il officie depuis le début des années 1980 dans une mosquée du quartier de Badalabougou, à  Bamako. « J’ai toujours aimé prêcher », reconnaà®t-il. Ces derniers temps, son audience s’est élargie. Dicko s’en défend, mais il est devenu un homme politique. « La contestation du code de la famille a fait de lui un leader », confirme Gilles Holder, anthropologue au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et installé à  Bamako. Mariage civil ou charia ? Adopté en août 2009 par l’Assemblée nationale, après trois jours de débats publics, ce code est censé notamment moderniser les usages matrimoniaux, familiaux et successoraux. Dicko le juge « inadapté aux valeurs maliennes » et fabriqué par « la prétendue société civile financée par les Occidentaux ». Quitte à  en déformer la portée – en laissant courir le bruit qu’il autorise le mariage homosexuel –, il organise des marches de protestation dans le pays. Le 22 août 2009, il parvient à  rassembler 50 000 personnes au stade du 26-Mars, à  Bamako. Et contraint Amadou Toumani Touré à  reculer. Le président malien renvoie le texte en deuxième lecture. Dicko a gagné une manche. Il en a remporté une autre, le 4 octobre dernier, lors de l’ouverture de la session parlementaire : plusieurs articles de la nouvelle mouture présentée à  l’Assemblée portent sa marque. Ainsi, dans la version initiale, seul le mariage civil avait un statut légal. Dans le nouveau texte, les unions religieuses sont reconnues par la loi. « Un recul », confie une source à  l’Assemblée. Au code de la famille, Dicko préférerait-il la charia ? Après tout, l’imam se revendique du courant wahhabite – qui prône une interprétation littérale du Coran. Sa réponse est mesurée : « Je me bats pour ma religion, mais il serait prématuré d’appliquer la charia au Mali. » Et plus tard ? « Je suis musulman, je ne peux pas m’opposer à  l’instauration d’une république islamique, mais je suis très bien dans ce pays laà¯que. » Et pour cause : l’imam Dicko peut s’y attribuer le beau rôle, celui de l’avocat des petits contre les puissants. Accusant les élus de ne pas interpeller le gouvernement sur les sujets cruciaux – trafic de drogue, terrorisme –, il fait le travail d’un opposant. « La corruption est partout, le système éducatif est malade, l’élite se coalise contre le reste de la population, cela me donne la chair de poule. » Ne pouvant créer un parti islamiste – la laà¯cité est garantie par la Constitution –, Dicko dispose néanmoins d’une redoutable influence politique. l’affaire du code de la famille l’a montré.

Cinquantenaire : D’une initiative à l’autre

Le constat saute à  l’œil du visiteur qui débarque ces temps-ci à  Bamako : la capitale fait peau neuve ! Les rues, les grandes artères et autres édifices publics, beaucoup de domiciles particuliers, sont nettoyés, récurés, repeints. Le vent de l’embellissement souffle sur Bamako et à  l’intérieur du pays pour célébrer le Cinquantenaire de l’accession de notre pays à  l’indépendance. La commission nationale d’organisation chargée de conduire les festivités, a un programme officiel ambitieux. Son premier responsable, Oumar Hamadoun Dicko, a, en plus, sollicité la contribution de tout un chacun. Au début un malentendu s’était pourtant installé. La commission était assaillie par des demandes de soutien pour mener telle ou telle activité. « Nous recevions environ une cinquantaine de demandes par jour. Nous avons fait comprendre aux gens que la commission n’a pas vocation à  financer des activités. Ce que nous pouvons faire, c’est de donner mandat aux initiatives privées. A leur charge de chercher les sponsors pour leurs activités. Par ailleurs, nous accompagnons les initiatives privées par l’octroi de tee-shirts et l’autorisation d’utiliser le logo », explique Oumar Hamadoun Dicko. Toutes les bonnes volontés n’avaient cependant pas attendu la commission pour se lancer. Ainsi l’Amicale des anciennes élèves des lycées Bâ Aminata Diallo (ex-lycée de Jeunes filles) et Notre Dame du Niger, en partenariat avec le groupe Syatels Industrie SA, a fait repeindre les deux établissements scolaires.Deux agences de communication ont engagé des projets intéressants : Créacom-Afrique avec le « Cinquantenaire d’or » et Binthily Communication avec l’album « San biduru don ». Le « Cinquantenaire d’or », explique Hamidou Sampy, le directeur de Créacom-Afrique, entend distinguer les hommes méritants dans le sport, la culture et les affaires, de manière à  n’oublier personne. Birama Konaré, le promoteur de Binthily Communication et du projet de « San biduru don », fait lui aussi la promotion de notre patrimoine culturel. L’album a réuni des artistes de renom tels Aboubacar Traoré « Kar Kar », Doussou Bagayoko, Nahawa Doumbia, Baba Sala pour ne citer que ceux-ci.Dans le même élan mais sur un tout autre plan, relevons une initiative inédite : la mise en circulation d’une pièce d’or de plus de 24 carats, « One Mansa Musa » ou « 1 Mansa Moussa » par l’entreprise « Mansa Moussa Gold Coins » de notre compatriote Alou Boubacar Diallo. La pièce d’or porte sur une face : « Mansa Moussa empereur du Mali 1312-1372 ». Et sur l’autre : « 50 years -Mali – 50 ans – 2010 ». « Nous avons décidé de créer un objet commémoratif à  la hauteur de l’événement. Nous avons voulu que cet objet soit une pièce d’or rare de 24 carats avec un message fort pour un pays qui mérite un développement heureux et prospère, rappelant à  tous que le Mali a une histoire glorieuse et une culture unique marquée entre autre par le règne du roi Mansa Moussa », explique Alou Boubacar Diallo sur son site internet.« Sur chaque pièce d’or vendue, une partie de la somme encaissée sera utilisée pour participer au financement d’œuvres de développement économique et social de notre pays à  travers la construction d’écoles, de maternités, de dispensaires, de forages d’eau potable etc… », annonce-t-il. Bonne initiative, si de solides garanties sont apportées aux souscripteurs.

Code de la famille : le Mariage religieux en passe d’être légalisé au Mali

Après la décision du chef de l’à‰tat de renvoyer la loi (qui avait été déjà  votée) en seconde lecture, l’Assemblée nationale a débuté, depuis trois semaines, les travaux de relecture. Cela se passe en commission des lois, en présence de 15 députés et de 15 représentants du Haut conseil islamique, un organisme qui regroupe la plupart des leaders et associations musulmans. Entre autres leaders religieux assidus aux débats, on retient Mamadou Diamounténé, secrétaire général du Haut conseil islamique et Moulaye Hamaoula, fils du très influent chérif de Nioro du Sahel. « Nous sommes les seuls religieux entendus à  la commission des lois de l’Assemblée nationale puisque les autres confessions religieuses n’ont jamais contesté le code de la famille », souligne un représentant musulman qui ajoute : « Pour vous dire à  quel point les autorités nous prenent au sérieux, les travaux de la commission sur le code sont présidés par Dioncounda Traoré lui-même, président de l’Assemblée nationale. Il n’a pas raté une séance de travail et il a ordonné à  des députés membres de la commission de se faire remplacer au besoin et de ne pas manquer une seule réunion. » Dioncounda tient-il, par son assiduité, à  se faire pardonner par les associations islamiques qui le rendaient responsable du premier vote du code contesté ? Ou bien a-t-il reçu des instructions fermes de Koulouba ? « Rien de tout cela, explique un député ; le président du parlement veut simplement s’assurer par lui-même que les points qui feront l’objet de consensus sont bien notés ». Le Haut Conseil a soumis aux débats un catalogue d’une quarantaine de doléances qu’il souhaite insérer dans le code sous forme d’amendements. l’un des amendements qui ont déjà  été acceptés par l’ensemble des membres de la commission porte sur la légalisation du mariage religieux. Un représentant religieux raconte : « Ce point a fait l’objet d’un consensus total et ce jour-là , étaient présents des députés importants comme Mountaga Tall, Kassoum Tapo et, bien entendu, Dioncounda. ». Légaliser le mariage religieux (célébré selon la tradition islamique à  la mosquée ou ailleurs) revient à  lui attacher tous les effets juridiques d’un mariage civil (célébré à  la mairie). Le couple marié religieusement pourra ainsi faire transcrire son union dans les régistres d’Etat-civil ; l’épouse bénéficiera de tous les droits d’une épouse civilement mariée, ce qui est une révolution dans la mesure o๠suivant la loi actuelle et le code avorté, l’épouse non mariée devant le maire n’héritait pas de son mari. « La légalisation du mariage religieux, annonce un député, accordera une plus grande protection aux femmes qui, dans notre pays, sont majoritairement mariées sous le seul régime religieux. Les mosquées pourront désormais délivrer, au même titre que les maires, des certificats de mariage en bonne et due forme. ». Autre amendement arraché de haute lutte par les musulmans, la suppression de l’article du Code qui prévoit un « respect mutuel » entre les époux et son remplacement par une diosposition plus conforme aux canons coraniques : « Le mari est chef de la famille. Il doit protection à  son épouse et celle-ci lui doit obéissance. ». Comme pour sécher les larmes des féministes, mais toujours en conformité avec l’Islam, « les charges du ménage pèsent à  titre principal sur le mari » et l’épouse, même si elle en a les moyens, n’est pas obligée de participer aux frais. Les musulmans ont, en outre, obtenu l’interdiction de donner le nom du père adoptif à  l’enfant adopté, ce qui vide l’adoption-filiation de sa substance. La commission poursuit ses travaux tous les mardis et mercredis et des sources proches du Haut conseil islamique affirment fièrement : « Rien ne sera publié dans le prochain code qui violerait les lois de l’Islam, les Maliens étant à  90% musulmans. Ou alors on devra marcher sur notre corps ! ». L

Partis Politiques : le PADEM prône un éveil des consciences avant 2012

Il y’a juste un an, Ismayila Yoro Dicko et ses camarades décidaient de la création d’un parti politique. Reconnu sous le vocable Parti Démocrate Malien (PADEM), le parti est entrain d’étendre ses bases à  l’intérieur du pays. A la différence de nombre de parti, le PADEM entend véritablement s’investir dans la conquête et l’exercice du pouvoir. Le parti démocrate Malien d’inspiration Américaine Plus de 5 années de réflexion auront suffit pour mettre ce parti sur orbite. Il est majoritairement composé de jeunes. En outre, voilà  un parti entend épouser la vision du président américain Barack Hussein Obama. Le PADEM n’est pas pour une seule personne. Il appartient à  des hommes et des femmes de conviction, affirme son président. A travers ses actions, le PADEM entend œuvrer dans l’information des populations (à  la base) de leurs droits et devoirs. Pour un parti qui se dit issu du Mali profond, les vraies réalités sont sensées être connues. « le PADEM C’’est simplement le parti dédié à  la nouvelle génération. Le scepticisme, la fatalité, la paresse, le mensonge, la haine, les critiques stériles n’y figurent pas ». Avec les politiques actuelles, certains maliens sont enclin à  démissionner, et à  ne plus croire en rien. A ceux-ci le président du PADEM lance un appel pressant afin que le changement voit enfin le jour. « l’on a tout intérêt à  se réveiller ! ». Plus que jamais conscient que « personne ne viendra faire le Mali à  notre place », le président du PADEM se dit consterné par le fait que « 18 ans après l’avènement de la démocratie, nous sommes encore entrain de chercher notre démocratie. Il n’y a pratiquement plus de parti politique au Mali. Tous sont moribonds ». Le développement par l’Agriculture Dans sa vision du développement, M. Dicko pense attribuer une large part à  l’Agriculture. Pour lui, le Mali ne peut véritablement se développer que par l’agriculture. « Vous savez, avec 10 milliards F CFA, on peut aménager plus d’une centaine d’hectares à  l’Office du Niger…pour le bonheur des populations. C’’est la volonté politique des gouvernants qui fait défaut ». Signifiant toute son estime pour l’actuel président la République, ATT, M. Dicko, dira que l’acteur de la révolution du 26 Mars 1991 est un véritable bâtisseur. Mais, dit-il, « ATT est confronté à  des difficultés réelles. Il n’a pas trouvé l’homme qu’il faut pour véritablement gérer ce pays ». Il pense que l’Etat devra arrêter le financement alloué annuellement aux partis politiques qui, reste, ne sert à  rien. Ainsi, dit-il, cet argent servirait beaucoup s’il était utilisé pour booster des secteurs tels que l’éducation , la santé, l’agriculture, l’emploi etc.… Ressources Humaines Issu de l’Ecole nationale d’administration (ENA) du Mali, Ismayila Yoro Dicko pense que le plus grand défi au quel le Mali est confronté est et demeure celui de la formation des ressources humaines. D’o๠il pense qu’un accent particulier doit être mis sur la formation des ressources humaines. Car, croit-il, sans ressources humaines, il n y a pas de développement. Après un bref passage dans le métier de journaliste, le juriste et journaliste atterri au niveau d’une société minière, en qualité de chef du personnel. Ceux qui ont collaboré avec lui, témoignent de sa rigueur dans le travail bien fait, et ses convictions réelles dans la conquête d’un leadership élevé. A noter que, un an après sa création, le PADEM a réussi à  s’implanter dans les 8 régions du Mali et dans 26 pays à  travers le monde. A en croire ses fondateurs, « le PADEM ne serait pas crée si nous n’étions pas à  mesure de proposer des solutions qui minent la nation ». A propos de 2012 « Certains leaders de partis politiques pensent que le pouvoir est déjà  à  leur portée, vont se réveiller brutalement en 2012. Je pense que la jeunesse malienne et les femmes maliennes doivent se mobiliser pour élire un jeune malien qui connaà®t bien son pays et se soucie de son développement… ».

Oumar Hamadoun Dicko, architecte de l’année du Cinquantenaire au Mali

Le parcours de l’homme Marié et père de trois enfants Oumar Hamadoun Dicko est né en 1956. Après avoir décroché son baccalauréat en Lettres Modernes au Lycée Prosper Camara en Juin 1974, avec mention “Très bien“, M. Oumar Hamadoun Dicko obtient une bourse en Côte d’Ivoire o๠il décroche une Licence en Droit et un Certificat en Anglais à  l’Université d’Abidjan, de 1975 à  1979. Il en profite pour donner des cours de Français, d’Histoire et de Géographie au niveau collégial et secondaire dans l’enseignement privé à  Abidjan (Côte-d’Ivoire). C’’est en 1983 qu’il a signé son retour au Mali. En 1984, il est affecté au ministère du Plan, puis à  la Direction Nationale de la Planification, ensuite à  la Division des Ressources Humaines. De 1984 à  1988, Oumar Hamadoun Dicko bénéficie du Programme pluri-annuel de bourses d’études de l’Agence Canadienne pour le Développement International (A.C.D.I) à  Ottawa. De 1988 à  1991, il bénéficie du Programme fédéral de bourse d’excellence du Canada. En Août 1986, il obtient ainsi un Certificat en Aménagement du territoire de l’université Laval (Canada). Auparavant, il avait obtenu, en Juin 1983, une Licence en Sciences Politiques de l’université Laval (Canada). En Juin 1988, il décroche un Master en Sciences Politiques de l’université Laval (Canada) sur le thème “La problématique des frontières en Afrique : le cas du Mali”. C’’est ainsi qu’il devient successivement Assistant de recherche en 1986 ; Assistant de cours sur les “principes des relations internationales“ en 1987 ; Chargé de cours sur les “Relations internationales en Afrique et des dilemmes de l’Afrique indépendante“ de 1988 à  1989. Il exercera toutes ces professions au département des Sciences Politiques de l’université Laval (Canada). Chercheur à  l’université Laval de Canada Grâce à  ces expériences acquises, M. Dicko effectue un stage de renforcement de capacité au ministère de l’Environnement d’Ottawa (Canada) et à  la Direction des Projets en 1989. Ensuite, il devient Chercheur au Groupe d’Etudes et de réflexions sur les Politiques Environnementales (G.E.R.P.E) aux Facultés des Sciences Sociales à  l’université Laval (Canada) en 1990. Au Mali, il effectuera, de Janvier à  Juin 1991, un stage de formation et de recherche à  l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) à  Dakar. Après la fin de ce stage, M. Dicko devient Consultant en Développement International pour l’Agence Canadienne pour le Développement International (A.C.D.I), pour l’OMVS et pour la Banque Africaine de Développement (B.A.D). Il rentre au pays o๠il devient Professeur de l’Ecole Nationale d’Administration (E.N.A) en Octobre 1993. Il y donnera des cours sur la méthodologie de la recherche, les principes des relations internationales, les Problématiques du développement en Afrique, les grands dilemmes de l’Afrique, le droit international et la protection de l’environnement, la diplomatie africaine : traditions et modernités… Début d’une ascension fulgurante Récompensé par l’Etat malien, Oumar Hamadoun Dicko sera nommé Directeur du Centre d’Etudes, de Service, d’Appui et de Management (CESAM) en Janvier 1996, C’’est le début d’une ascension fulgurante. En Avril 1997, il sera nommé représentant résidant de Formation Canada, un bureau d’études spécialisé dans la formation professionnelle. En Septembre 2002, il est nommé Ministre Délégué auprès du ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale chargée des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine. Vu sa forte expérience en matière de relations internationales, le Président de la République décide de créer un ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, dont les commandes lui seront confiées en Mai 2004. Des missions nobles pour une cause nationale On se souvient de son passage au ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine entre 2003 et 2006, l’homme est parvenu à  faire l’organisation d’un grand Forum de la diaspora malienne en Octobre 2003, la réorganisation du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, la présence du Mali aux Nations-Unies en Juillet 2006, lors du dialogue de haut niveau sur les migrations, l’organisation d’une rencontre à  Rabbat (Maroc) sur les migrations Europe Afrique, en Mai 2006. Autant d’initiatives qui ont marqué l’esprit de bien des Chefs d’Etat africains et qui sont à  inscrire au compte de M. Dicko. Sous son mandat, le Mali est devenu membre du Conseil des ministres de l’UEMOA et de la CEDEAO. Notons que depuis 2004, le Mali participe à  tous les forums internationaux sur la diaspora, notamment à  Bruxelles, Vienne, Tripoli, Addis-Abeba.Oumar Hamadoun Dicko avait même été surnommé “Monsieur Diaspora” par les médias internationaux, en raison de sa promptitude à  défendre la cause des immigrés maliens.l’homme qui a battu campagne pour Alpha Oumar Konaré et Soumaila Cissé. A la présidence de la commission d’organisation du cinquantenaire On se rappelle que C’’est Oumar Hamadoun Dicko qui a été chargé, par le Chef de l’Etat, de mener des campagnes africaines en faveur de Alpha Oumar Konaré et Soumaà¯la Cissé, pour les présidences de l’Union Africaine (U.A.) et de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). C’’est pourquoi au regard de son parcours professionnel éclatant, la présidence de la commission d’organisation du cinquantenaire a été confiée à  Oumar Hamadoun Dicko. Fraà®chement nommé président de la commission, Oumar Hamadoun Dicko déclare que : « “C’’est un honneur pour moi d’être choisi pour être président de la Commission Nationale du Cinquantenaire de l’indépendance. C’’est avec la bénédiction de tous les Maliennes et Maliens que nous allons réussir cette fête grandiose qu’est les 50 ans de l’indépendance. Pour ma part, je ferai tout pour mériter davantage la confiance placée en moi par le Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré et son Premier ministre Modibo Sidibé. s’il plaà®t à  Dieu, la fête sera exceptionnelle et grandiose. Je dis, une fois de plus, que C’’est avec l’ensemble de tous que nous allons relever le défi de 201”, a déclaré le président.

Partenariat Bamako–Angers : la photo au-delà des frontières

Un photographe talentueux Le directeur de la maison du partenariat explique que le choix d’Harandane Dicko s’est vite imposé. Le jeune natif de Tombouctou a participé à  plusieurs expos collectives au Mali (5e, 6e, 7e et 8e rencontres photo de Bamako) et dans le monde (festival visages francophones de Cahors à  la bibliothèque François Mitterrand de Paris, le festival de Fès au Laban). l’artiste à  travers ses photographies, témoigne d’une grande générosité et d’une ouverture vers le monde extérieur. Ses images parlent non seulement de phénomènes de société tels que la mendicité, les accidents de circulation, mais aussi, de la beauté et la richesse des échanges inter-états. «Â Hommage aux figures », témoigne du partenariat entre Bamako et Angers. Y figurent les acteurs qui ont de près ou de loin, contribué à  la pérennisation des échanges. Parmi ces personnes, figurent : Alioune Ifra N’diaye, Aminata Dramane Traoré, Lassy King Massassy et plein d’autres. Signalons que ces photos avaient dans un premier temps, été exposées au mois de Mars 2007 à  Angers. Amkoullel, l’enfant peulh Acteur incontesté du partenariat Bamako-Anger, Amkoullel a donné un concert après le décrochage de l’expo de Harandane Dicko. Ces deux jeunes artistes âgés tous les deux d’une trentaine d’années, sont un exemple palpant d’une bonne et longue coopération enrichie par la jeunesse toujours en place. Ainsi, Amkoullel a interprété en live, des morceaux de son prochain album à  paraitre en 2010 en France. Toujours engagé, Amkoullel à  travers ce nouvel album, incite à  l’éveil des consciences, à  l’amour, à  l’entre aide, au partage. C’’est un album assez particulier qu’il présentera avec une coloration musicale particulière. Il utilise cette fois-ci, des instruments du terroir malien tels le kamalé n’goni, la guitare traditionnelle, merveilleusement combinés avec des instruments plus modernes et sophistiqués Musique, musique ! l’enfant peulh a tenu le publique en haleine pendant près de deux d’affilée. Ses danseurs Gafou Kiss et Papi, ont également fait des démonstrations de danse qui n’ont laissé personne indifférent. La fête a enregistré la participation d’un public important qui a effectué le déplacement d’Angers. Chose qu’ils n’ont d’ailleurs pas regretté parce que le jeu en valait la chandelle. Souhaitons bon vent a Amkoullel et Harandane Dicko qui sont des porte drapeaux des différents partenariats entre le Mali les villes françaises

Code de la famille : les religieux n’ont pas dit leur dernier mot

Sur les 1143 articles que comportent le nouveau code (adopté par les députés le 3 août), un certain nombre d’articles a provoqué l’ire des musulmans. Et pour cause ces articles seraient contraires aux lois fondamentales de l’Islam, mettant en déperdition les valeurs sociétales. Un code qui continue de créer la polémique Il n’est un secret pour personne que le nouveau code des personnes et de la famille continue de défrayer la chronique malienne. Et de susciter de sérieuses interrogations, au point que d’aucuns se demandent s’il fera l’objet d’une révision avant promulgation. Le débat sur le nouveau régime des personnes et de la famille ne faiblit pas, et n’a jamais autant gagné en ampleur que depuis la délibération des parlementaires sur la loi y affèrent. Deux semaines environ après le « coup de gourdin » des mots, la vague islamiste a décidé de donner de voix dans la capitale malienne. Apres une grande marche de protestation le samedi dernier et les fatwa des musulmans, de mosquée à  mosquée, les échos des protestations engendrées par la nouvelle loi, ont finalement amené à  l’organisation d’une conférence de presse. Selon Mahmoud Dicko, président du Haut conseil Islamique (HCI), quelques articles vont à  l’encontre des principes de l’islam, qui sont entre autres : « l’adoption par filiation confère à  l’enfant le nom de l’adoptant en cas d’adoption par les deux époux, le nom du mari »,« Le caractère laà¯c du mariage », « le futur époux, en principe, ne peut contracter mariage, en cas de dispense d’âge, sans le consentement de ses père et mère », « l’age de 18 ans fixé par le code ». Des articles, poursuit-il, qui ont atteint non seulement les règles fondamentales de la religion musulmane mais aussi les valeurs sociétales. Détaillant ces articles ,le secrétaire général du Haut conseil islamique, Mamadou Diamoutènè (par ailleurs docteur en mathématique appliquée) a expliqué que dans un pays musulman comme le notre, 90% sont musulmans. « le mariage ne doit pas être laà¯c mais plutôt celui religieux », a-t-il dit. En ce qui concerne la légitimité d’un enfant naturel, selon le code les enfants nés hors mariage, autres que ceux nés de relations incestueuses sont légitimés par le mariage de leurs père et mère, lorsque ceux-ci les ont légalement reconnu avant leur mariage ou lorsqu’ils les reconnaissent au moment de la célébration. Tout en fustigeant cette disposition du nouveau code, M.Diamoutène a scandé, à  cet effet que cet article viole gravement un dogme religieux musulman. Concernant, la filiation, le secrétaire général déverse sa colère en martelant que ce code a été très dur pour les parents. Les questions des confrères ont porté sur les enjeux d’une éventuelle promulgation du code par le président, les retards de la réaction des musulmans avant l’adoption du code, leur regard critique sur les députés. Un grand meeting pour protester En réponse M Dicko précise « en cas de promulgation, les musulmans se battront par tous les moyens légaux pour obtenir la révision du code ». Avant d’ajouter qu’ils ont souhaité rencontrer le président de la république avant qu’il parte ne voyage, « hélas nous n’avons pu le rencontrer » a déclaré Mahmoud. En conclusion, ils ont informé la presse la tenue d’un grand meeting de protestation qui se tiendra, samedi prochain, au stade du 26 mars.