Situation sécuritaire : les FAMa gardent l’initiative

La Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) a organisé, ce 30 mars 2026, un point de presse pour faire le point sur la situation sécuritaire. L’armée malienne garde l’initiative sur le terrain, malgré des tentatives de désinformation, ont affirmé les responsables de la DIRPA.
Pour informer le public sur la situation sécuritaire à l’échelle nationale, la DIRPA a renoué avec son traditionnel point de presse le 30 mars 2026. Après plusieurs mois marqués par des attaques contre des convois de citernes, provoquant des perturbations dans l’approvisionnement du pays en carburant, la situation reste stable sur le terrain, a déclaré le directeur de la DIRPA.
Les opérations de sécurisation des axes routiers, notamment les escortes, ont permis de maintenir l’approvisionnement des villes en produits pétroliers.
Outre cette mise en avant de la « détermination » des forces armées, qui gardent l’initiative sur le terrain, les autorités militaires ont démenti formellement certaines allégations. Ainsi, l’information selon laquelle une centaine de terroristes auraient été libérés pour faciliter l’approvisionnement en carburant est « erronée », selon la DIRPA. Ces propos, « relayés par certains médias, visent à ternir l’image du Mali et à rompre la confiance entre le peuple et ses institutions ».
Désinformation
Ces éléments relèvent, selon la DIRPA, d’« un terrorisme médiatique, organisé et savamment orchestré ».
Le directeur de la DIRPA a également dénoncé « l’instrumentalisation des droits de l’homme », rappelant que les forces armées demeurent professionnelles et attachées au respect du droit international humanitaire ainsi que des droits fondamentaux de tous les citoyens.
Riposte
Face aux attaques coordonnées contre les positions des Forces armées maliennes (FAMa), celles‑ci ont offert une riposte vigoureuse, a ajouté le directeur de la DIRPA. Contre les attaques visant les citernes, les FAMa « se sont adaptées ».
L’existence d’un accord avec des terroristes n’est donc, selon les autorités, qu’une nouvelle « manipulation destinée à dénigrer » l’armée et à semer le doute dans l’opinion.
Coopération
Enfin, face à la menace transnationale, les autorités militaires appellent les pays voisins à « faire preuve de responsabilité », estimant que « la menace ne pourra être réellement contenue que si tous les États concernés s’impliquent pleinement »

Lutte contre la désinformation : la riposte s’organise face à la guerre informationnelle

Réunis le 11 décembre 2025 à Bamako, responsables institutionnels, acteurs des médias publics et privés et experts ont débattu des réponses à apporter aux campagnes de désinformation visant le pays. Organisé par le Centre d’Information Gouvernementale du Mali, la Direction de l’Information et des Relations publiques des Armées et la Maison de la Presse, le panel a mis en avant le rôle stratégique de l’information dans un contexte de guerre asymétrique.

À l’Hôtel de l’Amitié, les échanges se sont ouverts sous la modération de Salif Sanogo, ancien directeur général de l’ORTM, qui a donné le ton en appelant à un dialogue direct et responsable entre institutions, forces de défense et professionnels des médias. Dès les premières interventions, la nécessité d’une réponse collective et structurée face aux narratifs hostiles s’est imposée comme fil conducteur des débats.

Prenant la parole au nom du CIGMA, Ibrahim Traoré a rappelé que la communication institutionnelle ne peut plus se limiter à la valorisation de l’action publique. Dans un environnement marqué par la manipulation de l’information, elle devient un instrument de défense et d’influence, fondé sur la rapidité, la transparence et la crédibilité des sources officielles. Il a souligné les efforts engagés pour renforcer la présence de l’État sur les plateformes numériques, du site gouvernemental aux réseaux sociaux, afin de toucher des publics diversifiés, y compris en langues nationales. Dire la vérité aux populations, même en période de crise, a-t-il insisté, reste une obligation pour préserver la confiance.

Présidant la rencontre, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, a replacé les échanges dans le cadre plus large de la guerre informationnelle. Il a dénoncé la diffusion massive de rumeurs, de montages et de fausses informations, souvent amplifiées sur les réseaux sociaux, qui cherchent à affaiblir l’opinion publique et à saper la confiance envers les Forces armées maliennes. Pour le ministre, une information rigoureuse et responsable constitue aujourd’hui un rempart stratégique, appelant les médias à mesurer l’impact de chaque contenu diffusé.

La voix des médias publics s’est également fait entendre. M. Traoré, directeur de la Radio rurale et représentant la direction générale de l’ORTM, a insisté sur le rôle de proximité joué par ce réseau à travers le pays. Il a mis en avant l’importance d’une information accessible, contextualisée et diffusée dans les langues nationales pour toucher les populations rurales, souvent exposées à la désinformation. Selon lui, renforcer les médias de proximité participe directement à la résilience informationnelle du pays.

Pour Alassane Souleymane, directeur général de l’Agence Malienne de Presse et de Publicité, la responsabilité des médias publics est d’autant plus grande dans un environnement saturé d’informations non vérifiées. Il a rappelé que le journalisme reste avant tout un travail de terrain, consistant à témoigner de la réalité quotidienne, à couvrir les faits de société et à fournir des éléments de compréhension face aux récits produits depuis l’extérieur par des acteurs éloignés du terrain.

Bandjougou Danté, président de la Maison de la Presse, a plaidé pour une union nationale des acteurs de l’information et de la communication. Revenant sur l’évolution du paysage médiatique et l’essor des réseaux sociaux, il a souligné la nécessité de dépasser les clivages entre médias publics, privés et acteurs numériques. Pour lui, seule une cohésion fondée sur le professionnalisme et la responsabilité permet de déconstruire les narratifs défavorables et de défendre une information ancrée dans les faits.

Intervenant au nom de la presse privée, Alexis Kalambry, directeur de publication du journal Mali Tribune, a insisté sur la place des médias indépendants dans ce combat informationnel. Il a rappelé que la crédibilité de la presse repose sur la vérification, la contextualisation et l’indépendance éditoriale, même dans un contexte de forte pression. Selon lui, la lutte contre la désinformation ne doit pas affaiblir l’exigence professionnelle, mais au contraire la renforcer.

Apportant un éclairage sécuritaire, le colonel-major Souleymane Dembélé, directeur de la DIRPA, a expliqué que dans une guerre asymétrique, l’adversaire mise autant sur l’impact psychologique que sur l’affrontement armé. La communication opérationnelle vise ainsi à accompagner les actions sur le terrain, à informer sans compromettre la sécurité et à contrer les récits hostiles par des faits vérifiés.

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de faire bloc face à la désinformation. Dans un contexte où chaque mot, chaque image et chaque silence peuvent peser, les participants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coordination entre institutions et médias afin de défendre une information fondée sur la vérité, la pédagogie et la responsabilité, au service de la cohésion nationale.