73ème Assemblée générale de l’ONU : IBK plaide la cause du G5 Sahel

A la tribune de l’ONU ce mercredi, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita a une nouvelle fois plaidé auprès de la communauté internationale une aide plus accrue pour opérationnaliser le G5 Sahel.

Devant ses pairs, il a affirmé que la lutte contre le terrorisme au Sahel est une contribution importante à la sécurité internationale. « Nous continuons de demander au Conseil de sécurité d’autoriser le déploiement de cette force sous le Chapitre VII de la Charte, assorti d’un financement adéquat, pérenne et prévisible, y compris à travers les Nations Unies, afin de lui permettre d’accomplir durablement et efficacement son mandat ».

Il a par ailleurs invité les partenaires bilatéraux et multilatéraux qui ont fait des annonces de contributions financières à honorer leurs engagements en faveur de la force conjointe du G5 Sahel. Durant son intervention, le chef de l’Etat a également vanté « les avancées importantes » enregistrées dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. « Il me plait de souligner l’absence de belligérance et d’affrontements entre les forces armées maliennes et les mouvements armés, depuis la signature de l’Accord en mai/juin 2015(…) le retour de l’Administration malienne a Kidal et dans les autres régions du Nord du pays, la présence de l’Etat dans ces régions, durement affectées par la crise, a notamment rendu possible l’ouverture des classes au bénéfice des enfants » liste-t-il. « Je sais que ces acquis sont fragiles » reconnait-il néanmoins.

Au plan national, IBK a réitéré sa volonté de placer la jeunesse au cœur de son second mandat. « J’engagerai un pacte national pour la jeunesse, à travers des investissements considérables dans la refondation de notre système éducatif et de formation, ainsi que de promotion de l’emploi » annonce-t-il. Le président IBK a assuré qu’il mettra tout en œuvre pour assurer le retour des réfugiés maliens au pays.

Sur la politique étrangère du Mali, il s’est dit profondément préoccupé par la situation en Libye qui « menace la stabilité de la région du Sahel ». Il a réaffirmé le soutien du Mali à la Palestine et appelle à une reprise des négociations entre Israël et la Palestine en vue d’une solution à deux Etats.

Pour conclure son discours, il a assuré ne ménager aucun effort pour assurer une mise en œuvre diligente et intégrale de l’Accord pour la Paix et la réconciliation.

Crise des Rohingyas: Aun San Suu Kyi s’est exprimée

Elle a décidé de ne pas se rendre à l’Assemblée générale des Nations Unies, où elle était très attendue sur cette affaire qui fait la une de l’actualité depuis plusieurs semaines maintenant. Aung San Suu Kyi a finalement parlé de chez elle, comme pour dire que le « problème Rohingyas » est d’abord une affaire nationale. C’est une prise de parole très attendue de la désormais très contestée Prix Nobel de la paix. La dirigeante birmane s’est voulue rassurante, vis à vis de la communauté internationale qui qualifie la situation de l’ethnie minoritaire musulmane de « génocide ». 410 000 membres de cette communauté marginalisée et auxquels le statut de citoyen birman est refusé par la constitution du pays, ont fui le pays. Ils vivent au Bangladesh dans des conditions humanitaires dramatiques, tandis que les exactions de l’armée birmane se poursuivent faisant des morts et rasant des villages entiers sur leur passage.

C’est donc quelques heures avant l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, que la chef du gouvernement a adressé mardi un message en anglais, non sous-titré et donc directement destiné à la communauté internationale. Ce qui devait être une adresse à la Nation a en effet été finalement rebaptisé « briefing diplomatique », un exercice effectué devant des diplomates réunis à Naypyidaw. Elle s’est dite « prête » à organiser le retour des Rohingyas musulmans. « Nous sommes prêts à débuter la vérification » des identités des réfugiés, en vue de leur retour, a-t-elle déclaré Sans préciser si les critères de retour, très restrictifs en tant normal, seraient assouplis.

© afp.com/DOMINIQUE FAGET Des réfugiés rohingyas dans un camp à Balukhali, le 17 septembre 2017 au Bangladesh.

Epuration ethnique.

Débutée le 25 août dernier, l’opération  de représailles menée par l’armée dans l’État de Rakhine (ouest de la Birmanie) a été qualifiée par les Nations Unies d' »épuration ethnique ». Aung San Suu Kyi, critiquée pour son silence et sa froideur ces dernières semaines, a appelé à la fin des divisions religieuses entre majorité bouddhiste et minorité musulmane. »Nous sommes profondément désolés pour les souffrances de tous ceux qui se sont retrouvés pris au piège de ce conflit », a déclaré la prix Nobel de la Paix. « Nous ne voulons pas que la Birmanie soit divisée par les croyances religieuses », a insisté la dirigeante, vivement critiquée pour sa passivité.

Les Rohingyas sont apatrides depuis la loi birmane sur la nationalité de 1982), qui considèrent largement que les Rohingyas ne sont pas partie prenante de la nation birmane.

Discours du nouvel an : L’optimisme du président IBK

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a sacrifié au rituel républicain en s’adressant à  la nation malienne à  l’orée du nouvel an 2015. l’occasion a été ainsi saisie par le chef de l’Etat de faire un flash-back sur les événements marquants de l’année écoulée et faire un zoom sur les grands chantiers de celle qui s’annonce. Parmi les sujets qui ont défrayé la chronique l’année écoulée, Ibrahim Boubacar Kéita a cité les douloureux événements du mai 2014 qui a vu la débâcle de l’armée à  Kidal aux groupes armés et les groupes terroristes. Un autre sujet qui a tenu en haleine les Maliens l’année dernière et qui a été abordé par le président de la République, C’’est l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel et des surfacturations sur les matériels et équipements militaires. Bonne gouvernance Sur la question, il exclut toute idée délibérée de porter atteinte aux intérêts du Mali et réaffirme son engagement sans faille à  faire avancer le pays. « à‰preuve également, la gouvernance de nos ressources, qui a été au centre des préoccupations de notre peuple et de nos partenaires. Ainsi, les vérifications des contrats d’achat d’un aéronef de commandement et de fournitures d’équipement militaire auront-elles suscité des débats passionnés et des polémiques hors du commun. Si tout est en train de rentrer dans l’ordre, grâce à  la bonne foi du gouvernement et de nos partenaires, je tiens à  redire que rien n’a été fait dans un dessein délibérément attentatoire à  l’intérêt national. Et je voudrais ici renouveler le serment de toujours servir ce pays, ma seule ambition restant celle de l’avènement rapide d’un Mali émergent ». l’année 2014 aura été marquée par l’épidémie de la maladie à  virus Ebola. A ce sujet, le président Keita s’est réjoui du fait que l’épidémie de la maladie à  virus Ebola soit contenue grâce à  l’efficacité des cordons sanitaires aux frontières, effectivité des différents sites d’isolement et de traitement, le renforcement de la communication et de la mobilisation sociale… Abordant les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger dont la reprise est prévue ce mois de janvier, le président de la République a dit avoir rendu un homme à  tous les acteurs impliqués dans le processus notamment le président algérien Abdel Aziz Bouteflika pour son engagement. Ibrahim Boubacar Keita a dit son désir de voir, en 2015, la signature au Mali de l’acte final d’un accord de paix global et définitif. « Ce seront de vraies retrouvailles entre fils et filles du même pays qui ont en partage les héros fondateurs comme de grands contemporains : feu Cheick Sala dans le Macina, feu Sidi Modibo Kane du Wagadou, feu Intallah Ag Attaher de l’Adrar, feu Baba Ould Sidi Mohamed de Anefis, feu Mohamed Elmehdi Ag Attaher de Goundam », a-t-il affirmé. En homme épris de paix, IBK s’est engagé à  prendre toutes les dispositions pour une mise en œuvre diligente et complète des engagements du futur accord non sans inciter les groupes les mouvements « à  persévérer et à  s’engager de bonne foi pour la conclusion effective d’un préaccord. Ils ne le regretteront jamais et la Nation le leur reconnaitra ». Cadre macro-économique Sur la question économique, le commentaire présidentiel est des plus optimistes : « Le Cadre macroéconomique s’est nettement amélioré : l’économie malienne a renoué avec la croissance avec un taux de croissance de 1,7% à  la fin de l’année 2013 contre 0,0% en 2012. La reprise, soutenue par le secteur agricole, devrait être plus forte en 2014, avec un taux de croissance estimé à  5,8%. La coopération dynamique engagée par le Gouvernement avec ses « partenaires techniques et financiers (PTF) » a permis la mise en œuvre du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit ainsi que celle des accords de prêts avec l’Union européenne, la Banque mondiale et les principaux partenaires bilatéraux et multilatéraux du Mali pour un montant global d’environ 390 milliards de FCFA ».

Adresse à la Nation d’Ibrahim Boubacar Keita à l’occasion du 22 Septembre

Bismillahi, Rahmani, Rahimi Mes chers compatriotes, Hôtes et Amis Etrangers qui vivez parmi nous, Par la grâce de Dieu, nous voici réunis pour célébrer le 54ème anniversaire de l’accès du Mali à  la souveraineté internationale. C’’est un moment chargé d’émotions et une date fortement gravée dans la mémoire collective et individuelle de chaque malienne et de chaque malien. En fonction du contexte particulier du moment, cette date est célébrée, selon les années, avec faste ou en toute simplicité. Le contexte particulier politique et sécuritaire de la présente année 2014 reste difficile, car marqué par la perpétration d’actes graves de violence et de crimes gratuits dans le Nord du Mali. Ils sont perpétrés quasi quotidiennement par des groupes armés, en violation flagrante des engagements internationaux auxquels ils ont souscrit. Aujourd’hui, au-delà  de la simple cérémonie commémorative, je voudrais saisir cette occasion pour rappeler quelques objectifs et les grandes actions conduites par le Gouvernement au double plan national et international. Auparavant, laissez-moi vous dire quelques mots sur certains sujets d’actualité : D’abord, en ce qui concerne le monde du Travail, nous comprenons la frustration des travailleurs et le Gouvernement ne ménagera aucun effort, ni aucun des moyens dont nous disposons pour dialoguer et aboutir à  des solutions justes, équitables, efficaces et durables. Toutes les forces vives de la Nation, en dépit des multiples difficultés que nous traversons, ont fait preuve de discernement et de patriotisme envers le Mali. Nous les en remercions, nous les encourageons à  maintenir cet effort et nous veillerons à  ce que le dialogue social et politique se poursuive dans la sérénité. Ensuite, nous sommes conscients des contraintes et difficultés des femmes dans ce contexte difficile que nous traversons. Elles jouent un rôle irremplaçable de levier économique et de stabilité sociale. Merci pour cela et nous savons compter sur le soutien et la mobilisation constante des femmes. Nous nous réjouissons du rôle croissant et responsable de la jeunesse dans notre société. Nous l’avons encore constaté il ya quelques jours lors du Forum que la Jeunesse a tenu à  Bamako. La pyramide des âges de notre population indique que l’écrasante majorité de nos concitoyens n’était pas encore née ce jour du 22 septembre 1960. La jeunesse est un potentiel immense et un véritable atout que la Nation malienne se doit d’exploiter judicieusement. Nous nous réjouissons également du retour croissant de nombreux refugiés. Ceux qui ne sont pas encore de retour, devraient pouvoir retrouver, dans un avenir proche, leur demeure et leur communauté. C’’est mon souhait le plus ardent et nous y travaillons. Nous ne ménagerons aucun effort pour que les activités de développement durable prennent leur envol et s’intensifient dans le Nord du Mali en vue de consolider la paix. Nous sommes conscients du poids et du rôle de la diaspora malienne dans la reconstruction du Mali, cette frange de notre communauté qui a toujours fait preuve de patriotisme et d’un attachement profond au Mali et à  tous nos principes de soutien de la cohésion sociale, ainsi qu’à  la défense de l’intégrité territoriale. Je m’en rends compte à  chacune de mes visites à  l’extérieur, me faisant fort de rencontrer ces parents vivant hors du pays. Ils ont une grande soif de connaitre l’Etat de la Nation, d’avoir des détails sur les questions soulevées par les medias nationaux qui les arrivent avec tous les prismes qu’on peut imaginer très déformants souvent ; et sur les perspectives de développement économique et social, notamment la situation des emplois. Nous supportons et assurons le suivi de leurs propositions et contributions au développement du pays. C’’est le lieu de les remercier et de les encourager à  maintenir leur engagement pour le Mali. Notre environnement sous-régional et international reste difficile et fluide, C’’est-à -dire presque insaisissable. Heureusement que nous disposons de ressources inépuisables que constitue notre jeunesse, la résilience extraordinaire de nos femmes, le savoir de nos anciens, notre riche patrimoine culturel ; ce qui nous permettra de renouer plus aisément avec un avenir plus prometteur. Nous en sommes convaincus. Nos pensées vont enfin vers nos pays frères confrontés à  ce nouveau mal du siècle : l’épidémie du virus Ebola. Nous formulons le vœu que l’aide de la communauté internationale, déjà  en marche, puisse permettre d’endiguer rapidement ce fléau. Pour l’instant, que nos parents de Guinée, de Sierra Leone, du Libéria et du Nigeria trouvent tous, ici, l’expression sincère de la sympathie du peuple malien. Mes chers compatriotes, Hôtes et Amis Etrangers, Vous vous souviendrez que sur la base de mes orientations, un programme gouvernemental, couvrant la période 2013-2018 avait été élaboré et approuvé. Il visait la conduite d’une véritable transformation économique et sociale, afin de conjurer définitivement les périls graves actuels tels que l’insécurité dans le Nord du pays, les dysfonctionnements des institutions publiques, particulièrement ceux de l’administration, afin de mener avec efficacité la lutte contre la corruption et l’impunité, et de freiner tout risque de dégradation grave des conditions de vie des communautés maliennes. Les objectifs spécifiques ont porté, entre autres : – Sur la Refondation de l’Etat, C’’est-à -dire comment doter le Mali d’institutions fortes et stables afin de mettre le pays définitivement à  l’abri des soubresauts politiques et politiciens, recréer l’espoir -cette fibre individuelle et cette incitation nécessaire pour l’action commune,- et susciter passion et enthousiasme comme en septembre 1960, car la passion et l’enthousiasme sont des ingrédients nécessaires pour le développement durable et pour engager l’ensemble des Maliennes et des Maliens à  envisager l’avenir avec sérénité et à  s’y investir. Cet objectif comprend également le renforcement de toutes les institutions publiques et l’approfondissement de la démocratie, la restauration de l’intégrité du territoire et la sécurisation des biens et des personnes, la réconciliation des Maliens, le redressement de l’école, la construction d’une économie émergente et la mise en œuvre d’une politique active de développement social. – Sur le retour effectif du Mali sur l’échiquier international, avec une politique extérieure tournée vers le rayonnement du pays sur la scène internationale, le renforcement de notre capacité à  honorer tous nos engagements internationaux et de promouvoir la coopération régionale et continentale, la promotion et la protection des intérêts de la diaspora malienne. – Enfin, il s’agissait, pour nous, parallèlement, de sécuriser la gestion des urgences nationales et la mise en place d’actions de développement ayant un impact immédiat et positif sur le sort de tous nos compatriotes. Mes chers compatriotes, Hôtes et Amis Etrangers, Il me plait aussi de rappeler les trois facteurs principaux qui ont caractérisé le contexte stratégique des opérations du Gouvernement : – La crise sécuritaire du Nord : nous avons en mémoire toutes celles et tous ceux, anonymes ou célèbres, simples citoyens ou responsables publics, qui ont été victimes de la crise que nous avons vécue ces deux dernières années. A ce propos, permettez que je rende un hommage particulier à  l’administration préfectorale qui a vu ses rangs décimés de la manière la plus barbare que l’on puisse imaginer. Ces préfets, ces sous-préfets et cadres de Kidal qui ont payé le prix élevé, sachez que la patrie, pour l’éternité, vous gardera dans la mémoire comme hommes de mérite. Au plan national, je me suis investi, dès le début de mon mandat, à  conduire les actions nécessaires pour une paix juste et durable, à  favoriser l’émergence de l’unité et la cohésion nationales et à  rechercher le recouvrement intégral du territoire national. Tirant tous les enseignements du passé, J’ai décidé de privilégier la voie du dialogue en vue de parvenir à  un accord de paix global et définitif. C’’est pourquoi J’ai initié et engagé le gouvernement à  ouvrir à  Alger les pourparlers inter-maliens en vue de trouver des solutions durables au problème du Nord. – Les questions de gouvernance, quant à  elles, n’ont pas été oubliées. Les Maliens affichaient peu de confiance en eux-mêmes et en leur pays. Ceci était valable, par exemple, pour le soldat, le jeune diplômé sans emploi, l’agent de l’Etat agissant à  son seul profit, le commerçant qui triche avec les impôts et la douane et, fort heureusement, constituant la minorité car nous avons la chance dans ce pays d’histoire commerciale profonde d’avoir à  faire à  une classe de commerçants patriotes qui aiment le Mali et qui ont fait de sorte que notre pays ne soit jamais dégarni. Nous les saluons pour leur effort et leur compréhension patriotique des différentes phases de développement de ce pays. Ces agissements se faisaient au détriment des plus faibles, des plus démunis et des sans-voix parmi nous ; ce genre de comportement était inacceptable. – l’état du partenariat économique et financier : en ce qui concerne ce domaine, les déficits ont été criards. Les besoins urgents touchaient la promotion d’une diplomatie de développement, la mobilisation accrue des soutiens extérieurs au profit de l’économie nationale et la mobilisation de moyens de création d’emplois pour notre jeunesse, notamment par des accords de partenariat public – privé. Le Gouvernement a dû renforcer les mesures de mise en œuvre de l’intégration régionale et africaine, y compris par un soin particulier apporté aux relations amicales et historiques que nous avions avec tous nos voisins et avec des pays frères et amis, pas toujours très proches de nous géographiquement, mais qui ont de la mémoire et qui n’ont pas oublié hier quand nous étions à  leurs côtés au moment o๠ils avaient besoin de nous, qui de manière historique par rapport aux valeurs démocratiques, qui par rapport à  un droit dénié que nous avons aidé à  recouvrer tels la Chine. Le partenariat est appelé à  s’accroitre rapidement. Mais, C’’est le lieu de noter d’une part, le poids que l’aide extérieure a pris dans les finances publiques, et d’autre part, la forte dépendance extérieure dans les matières les plus simples du domaine de souveraineté. Permettez-moi de remercier très sincèrement tous les amis du Mali : la France, le Tchad, la CEDEAO, l’Union Africaine, la communauté internationale en général, grâce auxquels nous avons évité le pire. s’agissant des aspects saillants du programme de travail, l’on peut noter que : – l’année 2014 a été déclarée « année de la lutte contre la corruption ». Ce n’était pas seulement un effet de mode. Tous les dossiers pendants ont été transmis. – Les actions de renforcement de la confiance entre l’Administration et les usagers ont été sérieusement entamées. De plus, dès que la situation sécuritaire se sera améliorée et le retour progressif à  la paix sera amorcé, nous renforcerons le déploiement en cours de l’ensemble des services publics et des agents publics. l’administration devrait recouvrer, dans les mois à  venir, la pleine fonctionnalité des services par un retour à  la normale d’avant la crise, et cela, sur l’ensemble du territoire national. – l’institution judiciaire est en cours de réhabilitation afin d’assurer l’impartialité et la qualité du service au citoyen, afin de promouvoir et de garantir le bon fonctionnement des services. Le contrôle y a été renforcé grâce aux actions de l’inspection du personnel judiciaire, la formation continue des magistrats, l’utilisation plus générale des outils de Technologie de l’Information et de la Communication (TIC) dans le fonctionnement de la justice, la promotion de la transparence et de l’accès aux décisions de justice, – La Réhabilitation et la modernisation de l’outil de défense et de sécurité à  la hauteur des menaces auxquelles nous sommes confrontés. Ces menaces restent importantes et sont appelées à  durer. s’agissant des principales orientations et réformes institutionnelles, l’on peut noter : – La tenue à  Bamako, les 23 et 24 janvier 2014, du Forum sur la Corruption et la Délinquance Financière, et l’actualisation du Plan National d’Actions 2009-2013 de Mise en Œuvre des Recommandations des Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière pour couvrir la période 2014-2018. – l’Evolution positive vers l’instauration progressive de l’égalité absolue de traitement des usagers, C’’est-à -dire la simplification des formalités administratives, la mise en place d’un système de transparence dans la gestion des affaires publiques et d’une plate-forme d’évaluation des politiques. – l’Amélioration des conditions de travail du personnel de justice, l’augmentation du nombre de juridictions, en particulier les tribunaux de commerce et de travail, le renforcement des organisations de la société civile pour garantir les droits des citoyens et la mise en œuvre de la nouvelle carte judiciaire. La justice jouera son rôle dans le vaste chantier du retour à  l’Etat de Droit. – La préparation d’un approfondissement de la décentralisation par la régionalisation, une des attentes fortes de nos concitoyens. Les recommandations des Etats généraux de la décentralisation et des Assises Nationales sur le Nord en fin d’année 2013 ont retenu l’approfondissement de la décentralisation, la mis en place des structures du cadre national d’orientation du Développement Economique Régional et de contrats-plans Etat-collectivités-Régions. – La préparation d’un approfondissement des instruments de la démocratie participative, y compris la création d’un mécanisme institutionnel de dialogue entre l’Etat et les organisations de la Société civile, l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme de renforcement des compétences techniques des élus, la structuration d’une stratégie de promotion et d’animation du co-développement, ainsi que la coopération à  la base, qui sera désormais soutenue et renforcée au bénéfice des citoyens. – La Diplomatie : à  la faveur des travaux des pourparlers inclusifs inter-maliens en cours à  Alger, et ce, malgré les tergiversations momentanées qui sont du reste propres à  de telles négociations, la conclusion d’un accord de paix inclusif, global et définitif semble maintenant à  portée de mains. Elle se prolongera par la signature future en terre malienne de l’accord négocié et par la mise en place d’un environnement favorable à  l’identification, l’évaluation, la sanction et la conduite d’actions de réparation des préjudices subis du fait des destructions et autres actes délictueux ; ces actions de réconciliation nationale relèvent des missions et responsabilités de la « Commission vérité, dialogue, justice et réconciliation ». Elles jetteront également les bases du démarrage effectif d’un processus de cantonnement, de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (D de ceux dont le statut de combattants serait formellement reconnu. Enfin, elles aideront à  la remise en état de l’outil de production, des services de base et à  la création des conditions les meilleures pour un retour franc et définitif des déplacés et refugiés dans leurs terroirs respectifs. Nous avons aussi accordé une grande priorité à  la définition et à  la mise en œuvre d’une politique de défense et de sécurité. Celle-ci définit une réponse claire, armée et non armée, C’’est-à -dire autant militaire que civile, de mobilisation des moyens importants de la Nation pour une utilisation optimale dans un dispositif global assurant la sécurité aux frontières, l’intégrité de notre territoire et la sécurité intérieure. Lesdits moyens en hommes, matériels, infrastructures et dispositifs de commandement seront mis en place progressivement. Il y aura, entre autres, comme supports juridiques et financiers, la loi de programmation militaire, la loi de programmation de la sécurité et leurs textes d’application, ainsi que le cadre d’organisation des secours, l’actualisation du cadre légal de lutte contre les trafics illicites et le crime organisé, et le renforcement conséquent des moyens de la police, de la gendarmerie et de la garde. Dans cette perspective, un accent particulier sera mis sur le développement de la coopération bilatérale, régionale et multilatérale pour garantir la sécurité, sans laquelle, il n’y aura ni paix ni développement. l’histoire récente a montré que « Sécurité, Paix et Développement » représentent pour le Mali et pour le Sahel un tout indissociable. Nous œuvrerons à  la réalisation d’une entente pan-sahélienne sur la sécurité, la paix et le développement. Le Mali apportera sa contribution de qualité au sein du nouvel ensemble sahélo-saharien en construction, le Groupe des 5 pour le Sahel ou G5, appelé à  évoluer prochainement en un G6. – Le programme agricole et de sécurité alimentaire : l’agriculture de notre pays à  laquelle nous consacrons 15% de la dépense publique annuelle, pourrait gagner une plus grande place dans le financement des revenus. Elle pourrait assurer la sécurité alimentaire de nos populations et contribuer à  l’élévation des revenus et du bien être des populations de la sous-région et sinon d’autres pays africains. La production agricole sera soutenue par les approfondissements de la libéralisation des marchés céréaliers, les réformes foncières et de tenure des terres, l’extension des aménagements hydro-agricoles et les opérations de dragage du fleuve Niger. – Le programme des infrastructures : La dimension régionale de la crise malienne et la nécessité d’une réponse collective aux menaces dans la bande sahélienne requièrent une dynamique volontariste et des projets structurants afin de fédérer plus aisément les initiatives et mutualiser les moyens. Nous nous y sommes attelés. – l’école : à  l’exemple des dérives inacceptables connues lors des examens du DEF et du Baccalauréat 2014, les changements nécessaires dans le secteur de l’éducation apparaissent urgents et doivent être conduits avec courage, lucidité et fermeté, en harmonie avec la vision commune adoptée pour ce secteur, afin de rester durables et efficaces. Nous devons aider à  l’émergence rapide d’enfants issus d’un système éducatif moderne et performant, de ressources humaines qualifiées en vue de soutenir notre projet du Mali émergent. – Le maintien d’un cadre macro-économique stable nécessite l’amélioration de la qualité de la dépense publique et la conduite des reformes fiscales et de gestion sont nécessaires, dans le respect du cadre défini par le processus de Bruxelles pour consolider la richesse nationale, conduire une politique d’endettement prudente et avoir recours à  des financements innovants. Ainsi, nous devons surveiller la mise en œuvre diligente du programme d’action gouvernemental et du cadre stratégique de croissance et de réduction de la pauvreté 2012 – 2017. – Pour renforcer la compétitivité du Mali et faire jouer au Secteur Privé le rôle de moteur de l’économie malienne, le Gouvernement devra accélérer la suppression des contraintes au développement du secteur privé et supporter un environnement favorable à  son émergence rapide, par approfondissement du dialogue et par le soutien actif aux réformes nécessaires qui ont été convenues. – Le développement social : convaincu du caractère indissociable du développement économique et du développement social, le Gouvernement soutient la mise en œuvre d’une politique active de développement social axée sur le dialogue avec tous les acteurs socio économiques, en vue de l’instauration d’un climat social apaisé, d’apporter le soutien nécessaire aux mesures visant l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment des catégories sociales fragiles (handicapés, femmes, enfants, personnes âgées) qui feront l’objet d’une attention particulière. – La Politique Nationale Genre du Mali : il s’agit d’une approche incitative visant à  accroitre la présence des femmes dans la sphère publique et politique, par conséquent, à  promouvoir une démocratie inclusive. l’accroissement de la contribution des femmes au développement économique et social sera fortement soutenu par les pouvoirs publics. – La politique de la Jeunesse : les questions de la jeunesse et de construction citoyenne ont reçu une attention soutenue. Le but est de faire de la jeunesse ainsi que du renforcement de la citoyenneté et du patriotisme une priorité de l’action publique, avec à  la clé, la création d’au moins 200 000 emplois pendant le mandat présidentiel. – Les services essentiels de base : les actions visent à  aider les populations à  avoir accès aux services de base tels que l’eau potable, l’éducation, la santé de base et la protection sociale, et à  leur permettre ainsi d’avoir des revenus minima plus élevés. Les initiatives de soutien à  l’emploi des jeunes, les initiatives originales de soutien à  l’activité économique et l’assistance aux couches les plus défavorisées entrent dans ce cadre. Plusieurs autres mesures sont engagées pour atténuer le coût de la vie, souci majeur de nos populations. Le Ministère du Commerce opère sur les prix des produits de première nécessité, dans une fourchette de prix accessible, tout en ayant pour objectif une baisse sensible des prix, par variation des circuits d’approvisionnement, l’accroissement de la concurrence, la systématisation des contrôles et l’utilisation, au besoin, de la fiscalité pour permettre d’atteindre et de maintenir les objectifs affichés en la matière. Mes chers compatriotes, Hôtes et Amis Etrangers, Bien évidemment, le bilan d’un an ne suffit pas à  faire notre bonheur. Ce qu’il faut, et nous en avons instruit le Gouvernement, C’’est saisir chaque opportunité offerte au Mali pour le bien-être du peuple malien. Nous revenons de la Chine populaire o๠le Gouvernement a signé avec les entrepreneurs chinois de calibre international, des accords portant sur plusieurs milliards de dollars, soit environ 6 mille milliards de FCFA d’investissements structurants dans les domaines de l’agriculture, des transports, de l’éducation, de l’énergie, du business, etc. C’’est historique et C’’est exaltant. Il s’agit maintenant de « transformer l’essai » et pour cela, nous devons travailler chaque jour pour que les accords conclus soient des projets vérifiables par le renforcement de la capacité nationale d’organisation, de méthode et d’exécution. Nous y veillerons personnellement comme nous veillons présentement à  la mise en œuvre des importants accords signés en février dernier avec le Royaume chérifien. C’’est le lieu encore une fois de remercier Sa Majesté le Roi Mohamed VI. Mes chers compatriotes, Hôtes et Amis Etrangers, Je sais que vos attentes sont nombreuses. Votre impatience est légitime, mais je demeure convaincu que, malgré tout, votre préoccupation, notre préoccupation commune, C’’est le Mali. Au plan international, je voudrais de nouveau saluer l’engagement des amis et partenaires du Mali. Ils sont restés à  nos côtés de l’éclatement de la crise à  nos jours. Enfin, je voudrais saisir l’occasion solennelle de notre fête nationale pour réaffirmer, avec force, notre attachement aux valeurs démocratiques et républicaines et notre engagement à  la réussite de l’intégration des peuples. Le Mali est et restera une terre d’accueil, une terre o๠tous les africains seront traités avec respect et dignité. Mes chers compatriotes, Hôtes et Amis Etrangers, En ce jour du 22 septembre, 54ème anniversaire de notre Indépendance, permettez moi de renouveler l’Hommage solennel au Président Modibo Keita, ce visionnaire et père de l’Indépendance du Mali. Je formule pour chacun d’entre vous, Maliens de l’intérieur et Maliens de la diaspora, mes vœux sincères de bonheur, de santé et de prospérité. Je formule le vœu de voir un Mali qui aura rapidement retrouvé son unité, la paix, la concorde et la quiétude. Bonne fête à  tous ! Vive le Mali ! Vive l’Afrique ! Vive la Paix !

Message du président IBK suite aux évènements de Kidal

Mes chers compatriotes, Vous avez suivi les développements tragiques que les mouvements armés ont tenu à  donner à  la visite du Premier ministre à  Kidal, samedi 17 mai 2014. Cette visite avait pour but d’apporter aux populations éprouvées de nos régions septentrionales, un message fort de paix, d’espoir et de solidarité. Avec une importante délégation, le Premier ministre et une dizaine de ministres ont été chaleureusement accueillis à  Tombouctou et Gao. Il n’en ira hélas pas de même à  Kidal, o๠ils furent reçus sous des balles et des tirs à  l’arme lourde de groupes armés. Nous qualifions cela d’acte crapuleux et de lâche trahison de tous les engagements antérieurs, notamment ceux contenus dans les Accords de Ouagadougou. Et ce n’est là , ni plus ni moins, qu’une déclaration objective de guerre à  l’Etat du Mali, au moment o๠tout est mis en œuvre pour relancer les pourparlers devant conduire à  une paix définitive au Nord, à  travers un dialogue inclusif. Bien qu’en nombre nettement insuffisant, conséquence de l’application de l’Accord préliminaire du 18 juin 2013, les soldats de l’armée régulière se sont vaillamment acquittés de leur mission de protection de la République et de ses institutions, face à  des groupes armés qui, eux, ont mis à  profit ledit accord pour reconstituer leurs forces, dans une insolente et incompréhensible liberté de mouvement et de manœuvre. Sous les balles de snipers qui n’hésitent pas, à  leur manière lâche, à  se servir de femmes et d’enfants comme chair à  canon, comme bouclier humain placé entre deux feux, des soldats de l’armée malienne ainsi que de paisibles citoyens, sont tombés. Ils sont tombés dans la ville malienne de Kidal, malienne à  tous égards. Et même dans l’esprit comme dans la lettre de l’accord préliminaire de Ouagadougou, il ne peut subsister aucun doute sur l’appartenance de Kidal à  la République du Mali dans ses frontières internationalement reconnues. Y compris par les mouvements armés signataires de cet accord, devenus les sinistres signataires du bain de sang du 17 mai dernier dont le Mali n’a que faire. Comble de l’abjection, l’armée malienne s’étant trouvée en situation d’assurer, seule, la sécurité des déplacements terrestres de la délégation du Premier ministre, les groupes armés ont investi le gouvernorat dès lors dégarni, ont pris en otage le personnel et les agents en place, et en ont froidement assassiné plusieurs. Je vous fais le serment que ces crimes odieux ne resteront pas impunis. Devant nos soldats et agents de l’Etat morts sur le champ de l’honneur, en hommes d’honneur, nous nous inclinons. La République et la nation s’inclinent. Ils sont morts en mission, dignes fils du Mali qui ne saurait jamais les oublier ! En mon nom, au nom de la nation malienne, au nom de la République du Mali, je formule mes condoléances les plus sincères aux familles de tous ceux qui sont tombés lors de ce tragique événement. Aux blessés, je dis que le gouvernement entreprend tout ce qu’il est possible pour qu’ils recouvrent la santé au plus vite. A nos courageux soldats, policiers, gendarmes et agents de l’Etat se trouvant à  Kidal, que la folie des ennemis de la paix cherche à  transformer en champ de bataille, je dis : le Mali est avec vous, la vérité est de votre côté, et tous ceux qui aiment la vérité sont avec vous. Mes chers compatriotes, Le Premier ministre, dont je salue le courage, le sang-froid, l’esprit patriotique et le sens élevé de l’Etat, ne posait aucun acte de provocation à  travers cette visite à  Kidal. Au contraire, suivant en cela mes instructions, et dans l’exercice de ses prérogatives, il s’y rendait pour écouter notre peuple, en prélude aux pourparlers dont les animateurs et les détails se mettent en place autour de l’ancien Premier ministre Modibo Kéita, aà®né de valeur et de mérite. On ne peut comprendre, ni justifier, l’attitude de ceux qui, après avoir souscrit ou adhéré à  l’unité et l’intégrité territoriale du Mali, s’opposent à  l’arrivée du Chef du Gouvernement de la République dans une partie du territoire national. On ne peut comprendre, a fortiori accepter, qu’ils s’opposent par la violence, au point d’attenter à  leur sécurité et à  leur vie, à  une mission de hauts responsables de l’Etat ayant pour objet la mobilisation de l’administration locale pour la paix. On ne peut comprendre, encore moins tolérer que, dans l’environnement socio-politique qui est présentement le nôtre, largement ouvert au règlement politique des différends, et marqué par l’existence d’accords auxquels les uns et les autres ont adhéré, l’on ne puisse pas entamer un dialogue sincère devant déboucher sur un accord de paix définitif et global. On ne peut comprendre que, précisément au moment o๠J’ai mis en place un dispositif devant concrétiser cette volonté de paix que J’ai fortement exprimée, et que partage l’immense majorité du peuple malien, des acteurs du processus de paix choisissent la violence comme mode d’expression et décident d’éventrer l’espoir de paix que les Maliens appellent de leur vœu, avec l’accompagnement des organisations régionales et de la communauté internationale. Pour ce qui nous concerne, nous ne faisons pas d’amalgame ; nous ne nous trompons pas d’analyse. Nous savons que, malgré les gesticulations de ces fauteurs de trouble et de guerre, la Région de Kidal compte majoritairement des Maliens qui n’aspirent qu’à  la paix, au bien-être et à  la considération dont notre politique-phare, la décentralisation poussée jusqu’à  la régionalisation, est porteuse. A ces braves et honnêtes citoyens dont je mesure les difficiles conditions de vie, je réitère mon profond respect. Je leur dis que les tragiques événements de Kidal qui nous endeuillent ne nous feront pas dévier du chemin que nous nous sommes tracés : le développement, le développement rapide et visible dans tout le Mali, sur l’ensemble du territoire malien. D’o๠les agences de développement régional qui seront mises en place et seront opérationnelles dans un délai de six mois, instruction ferme que J’ai donnée au gouvernement dès sa mise en place. Oui, le développement harmonieux, intégré et intégral du pays ! De Diboli à  Labezzanga, de Zegoua à  Tinzawaten. Partout, le Mali utile ! Nulle part, un Mali moins utile ! Et jamais, un citoyen malien privilégié par rapport à  un autre ! Tous les citoyens sur le même pied d’égalité, toutes les régions logées à  la même enseigne ! Mais personne ne prendra le Mali en otage. Personne ! Elu pour réunifier le pays, recoudre le tissu national fortement éprouvé, consolider la sortie de crise, car notre pays sort à  peine de la crise la plus insidieuse de son histoire, je n’ai pas d’autre honneur que de remettre à  mon successeur, demain, un Mali debout, uni et un. Ce Mali debout, uni et un ; ce Mali qui arrive à  nourrir, soigner et scolariser ses enfants ; ce Mali qui crée de l’emploi et prend en charge sa jeunesse, je m’y suis engagé et je ne faiblirai pas sur cette voie. Plus jamais, une délégation de l’Etat ne sera prise à  partie à  Kidal. Je ne laisserai pas ces mouvements armés, certains qualifiés de terroristes, d’autres désignés de manière commode comme rebelles, mais tous, réunis et solidaires à  nouveau, comme ils le furent lorsqu’ils perpétraient, ensemble, l’horreur d’Aguelhoc, mais tous, de connivence avec le narcotrafic international, je ne les laisserai pas, disais-je, continuer à  faire la loi, ni à  Kidal, ni dans une autre partie de notre territoire. D’autant qu’il n’est plus permis de douter de la collusion entre les mouvements armés sévissant dans le Septentrion malien et le terrorisme international : samedi dernier, les fanions d’AQMI et d’Ansardine flottaient en effet sur les véhicules des agresseurs, à  côté de ceux du MNLA ; Qui plus est, la prise d’otages ainsi que leurs exécutions sommaires, constituent les meilleures illustrations, quoique macabres, de cette collusion. Le Président que je suis, investi de la confiance des Maliens et tenu par la Constitution du Mali, assumera ses charges, toutes ses charges. Le gouvernement du Mali jouera pleinement son rôle. En particulier, les auteurs de ces prises d’otages et exécutions sommaires seront poursuivis devant les juridictions nationales et internationales. La souveraineté du Mali sur toute l’étendue de son territoire n’étant pas négociable, nos Forces de Défense et de Sécurité en reconstruction assumeront, totalement, les missions que la constitution malienne leur assigne et que les Maliens attendent d’elles. Ceci dit, chers compatriotes, le Mali ne perdra jamais de vue une de ses valeurs cardinales, à  savoir le respect de ses engagements. Nous allons donc au dialogue, convaincus que nous sommes que le salut passe impérativement par là . Le salut si, bien entendu, toutes les parties, le gouvernement du Mali, la communauté internationale, les mouvements armés, s’acquittent de leurs engagements, chacune à  son niveau de responsabilité. C’’est à  ce prix que sera capitalisé le formidable élan de solidarité internationale dont notre pays a bénéficié et pour laquelle je renouvelle la gratitude de toute la Nation. C’’est à  ce prix que peut prospérer le fragile processus de pacification et de réconciliation de notre pays. Vive la paix, pour que vive le Mali, un et indivisible !

Message du président IBK à l’occasion de la fête du travail

A l’instar des autres pays de la Communauté internationale, le Mali célèbre ce 1er Mai 2014 la Fête du Travail. En cette heureuse circonstance, il me plaà®t d’adresser mes vives félicitations ainsi que mes vifs et chaleureux encouragements à  l’ensemble des travailleurs de notre pays. Je mesure à  leur juste valeur les sacrifices énormes que les travailleurs de notre pays ainsi que nos concitoyens ont dû consentir au cours des années précédentes du fait de l’occupation du Nord de notre pays par des hordes terroristes et obscurantistes, barbares moyenâgeux, de la destruction de l’outil de travail et, par voie de conséquence, de la mise au chômage d’une frange importante de nos bras valides. Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, le train de la reconstruction du pays est lancé à  grande vitesse. l’Etat dont J’ai la charge ne ménagera aucun sacrifice pour conforter l’effort de relance du tissu économique d’une part, et pour améliorer les conditions de vie et de travail de nos concitoyens d’autre part. J’ai instruit fortement le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, de prendre un train de mesures diligentes visant à  améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs en butte à  un renchérissement structurel du coût de la vie. Personnellement, je superviserai la mise en œuvre de ces mesures, tout comme je serai attentif à  l’instauration d’un dialogue permanent avec le monde du travail en vue de créer un climat de confiance seul à  même de garantir le sursaut national qu’exige l’état actuel de notre Nation. Je suis aussi fortement interpellé par la situation de notre jeunesse, qu’elle soit d’origine rurale et urbaine, qui peine à  s’insérer dans le circuit de la production et dont la seule et unique ambition légitime est d’apporter sa pierre à  l’édification d’un pays prospère et stable. En recevant le nouveau Gouvernement le 17 avril dernier, J’ai instruit la création immédiate, dans chacune de nos régions, d’une Agence de Développement Régional, avec un portefeuille d’actions, des ressources identifiées et des partenaires stratégiques. Au-delà  de l’emploi des jeunes, cette agence impulsera, J’en suis convaincu, le développement régional global, en ayant pour socle les avantages comparatifs respectifs. J’ai foi en les hommes et femmes du Mali dont le génie ne demande qu’à  éclore et dont l’ardeur au travail n’a d’égale que l’adversité de l’environnement ambiant. En renouvelant aux travailleurs intrépides et patriotes du Mali mon entière disponibilité ainsi que celle du Premier Ministre et du Gouvernement à  Âœuvrer au quotidien pour l’avènement d’un environnement professionnel o๠chaque travailleur vit décemment du fruit de son labeur, je leur souhaite une « Bonne Fête du 1er Mai ». Que Dieu bénisse le Mali! Koulouba, le 30 avril 2014 Ibrahim Boubacar KEITA Président de la République

Les recommandations d’IBK au gouvernement Mara

Face au premier ministre et à  l’ensemble de son équipe, Ibrahim Boubacar Kéita a rappelé tout d’abord les deux caps qu’il s’est fixé depuis son arrivée au pouvoir. Il s’agit du triptyque dialogue, paix et réconciliation d’un côté, et de l’autre côté, de l’ambition pour un « Mali émergent ». Le président de la République tient d’autant plus au maintien de ces deux caps qu’aucune adversité n’y doit être rédhibitoire. IBK s’est voulu direct vis-à -vis de son Premier ministre. En l’envoyant au charbon, il a tenu à  lui rappeler sa responsabilité devant le bilan de son team. Car, dixit IBK, « votre gouvernement doit être un gouvernement de résultats. Un gouvernement debout, et non un gouvernement assis tel un bureau d’études. Je veux des ministres sur le terrain. Je veux un Premier ministre sillonnant le territoire, touchant du doigt les problèmes de nos concitoyens, et me remontant en temps réel les préoccupations de la nation. De la performance pour chaque ministre ! Encore plus de performance de la part du gouvernement ! Toujours plus de performance pour le bien-être de notre peuple! Il vous appartient conséquemment, en tant que chef du gouvernement, de faire en sorte que cette condition soit satisfaite, dans la cohésion et la solidarité ; La discrétion et la retenue devant caractériser une équipe consciente des défis de l’heure. », a-t-il professé. Des résultats Obligation de résultat rime avec des garanties. Le président semble bien le comprendre et s’engage du coup à  Â‘’protéger » son PM : « Vous êtes chef d’équipe. Vos prérogatives resteront les vôtres. Elles seront respectées : la constitution vous limite certes, mais elle vous confère également des droits que je ne laisserai pas transgresser et que je ne transgresserai pas(…) ». Toutes choses censées aboutir à  l’image d’un Mali plus sûr, voire sécurisé sur toute l’étendue de son territoire, un peuple qui peut regarder l’avenir avec confiance parce que sa qualité et son cadre de vie sont en constante amélioration, une jeunesse fière de ses écoles, sûre de ses compétences et de sa compétitivité et un Mali pays aux opportunités accrues, créant de l’emploi, soucieux de justice sociale, d’équité et de solidarité envers ses citoyens, en particulier sa jeunesse et ses femmes, donc sa majorité démographique. Pour donner un coup d’accélérateur aux travaux, Ibrahim Boubacar Kéita a instruit à  Moussa Mara d’élaborer une Déclaration de politique générale (DPG) à  valider très vite par l’Assemblée nationale. Une DPG que le président veut comme le prélude à  un travail profond de réflexion stratégique, permettant, au-delà  de la relance de l’économie, de produire et faire valider le business-plan du Mali émergent. Et le chef de l’Etat de préciser : « Ce plan, qui sera celui de la présente mandature, reposera sur le socle de la régionalisation, étape majeure d’une politique de décentralisation qui, face aux frémissements du pays, n’est pas un luxe mais un impératif. Dans ce cadre, Monsieur le Premier ministre, J’instruis que soit immédiatement créée dans chacune de nos régions, une agence de développement régional, avec un portefeuille d’actions, des ressources identifiées et des partenaires stratégiques. Et que dans un délai de 6 mois, les états de lieu soient faits, les opportunités identifiées, et les plans régionaux horizon 2025 ficelés. Je veux dès janvier 2015, que le Mali soit en chantiers perceptibles et visibles partout, de Kayes à  Kidal et de Labezanga à  Niono. Le développement humain et harmonieux dans tous les coins et recoins du Mali, tel doit être notre dédicace ! ». Résorber les délestages de courant Face au nouveau premier ministre et son équipe, le chef de l’Etat a également rappelé ce qu’il appelle les urgences nationales. Il s’agit selon lui , de la paix, la sécurité et la stabilité dans le septentrion de notre pays comme priorité numéro 1, la loi de programmation militaire, la résorption des délestages de courant en cette période de grandes chaleurs à  travers la présentation dans un trimestre d’un plan complet permettant d’éviter désormais ces désagréments, l’amélioration des conditions de vie des populations maliennes et la lutte contre la corruption et l’impunité dans toutes les sphères de l’Etat. Concernant le nord, IBK démontre encore une fois sa bonne foi et sa propension pour le dialogue et la paix dans le pays. Ainsi, il s’engage très prochainement à  confier à  « une personnalité dont le sens de l’Etat et de la Patrie, la probité et le courage politique sont de notoriété avérée, la lourde charge de conduire, sous mon autorité directe, les pourparlers, avec les groupes en rébellion certes, mais aussi, comme le stipule l’article 21 de l’Accord de Ouagadougou, avec l’ensemble des communautés du Nord, pour obtenir une paix durable conforme aux intérêts et aspiration de notre peuple. »

Adresse d’IBK à l’Assemblée Nationale du Sénégal

Bismillahi Rahman Rahim, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Messieurs les Présidents des Institutions de la République du Sénégal, Messieurs les Ministres, Honorables députés, Distingués invités, Fierté et honneur : voilà  les sentiments qui sont sincèrement miens en cette heure. Fierté et honneur, parce que je suis au Sénégal, pays stable et vitrine méritoirement saluée des démocraties africaines en construction. Fierté et honneur, parce que je foule le sol de la grande nation du « djom » et de la « téranga », de la retenue et de l’hospitalité. Fierté et honneur, parce que je suis l’hôte d’un grand peuple, grand dans chacune de ses filles, grand dans chacun de ses fils, et grand par les hommes et femmes d’exception qu’il a donnés au monde. Je dis Léopold Sédar Senghor, le père de la négritude, le poète enseigné dans toutes les universités du monde, l’essayiste lumineux de la civilisation de l’universel. Je dis Cheickh Anta Diop, le pionnier audacieux de l’égyptologie, le savant qui a rétabli la vérité historique de manière irréfutable contre la pensée dominante de l’époque et contre le courant hégélien pour lequel l’Africain n’a pas d’histoire. Mais je dis aussi tous ces fiers écrivains qui ont marqué les jeunesses scolaires de mon pays et d’ailleurs. Janjo donc pour Birago Diop et son art du conte ! Janjo pour Abdoulaye Sadji et ses portraits saint-louisiens ! Janjo pour Ousmane Socé Diop et son rapport à  la société lebou ! Janjo pour Cheikh Hamidou Kane et ses angoisses face à  l’Afrique sommée, dans cette profonde aventure ambigà¼e, comme il dit, de « porter le bleu de chauffe en mettant son âme en lieu sûr ». Je pourrais continuer l’exaltation, car les mérites du Sénégal sont multiples, par la manière magistrale et experte dont mon jeune frère, le Président Macky Sall, conduit aujourd’hui le plaidoyer pour le développement du continent à  travers sa présidence du NEPAD. Je pourrais continuer à  saluer l’apport du Sénégal à  la démocratie africaine, notamment pour les alternances pacifiques et l’élégance d’Abdou Diouf en 2000 et celle d’Abdoulaye Wade en 2012. Et dans ce chapitre, vous m’approuverez sans aucun doute si je salue, d’un élan sincère, mon aà®né Moustapha Niasse, pour les positions équilibrées et justes qui furent toujours les siennes, pour son combat sans lassitude en faveur de la démocratie et pour l’estime personnelle qu’il a toujours eue à  mon endroit. Cher aà®né, merci pour les conseils, merci pour l’accompagnement, merci pour la sollicitude. Je pourrais continuer à  citer la place particulière du Sénégal dans la construction des élites africaines d’antan, issues de véritables centres d’excellence pour être les premiers leaders de notre sous-région : William Ponty, pépinière à  nulle autre pareille, o๠des promotions de futures élites tissèrent des liens d’amitié dont nous fûmes parmi les heureux bénéficiaires. Ainsi, la belle fraternité qui lia feu mes pères Professeur Assane SECK et Boubacar KEàTA. Qu’Allah les accueille parmi les bienheureux. Rufisque, o๠nos mères, sous la houlette de Madame Le Goff, grande dame de C’œur, dédiée à  la promotion des africaines, apprirent le beau métier d’institutrices. Je pourrais continuer, mais les éloges épuiseraient mon temps de parole. Vous me permettrez alors, en pensant à  tous ses acteurs, de saluer le Sénégal du talent, le Sénégal du génie créateur, le Sénégal des victoires, le Sénégal de nos fiertés. Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Chers députés, Je suis fier et honoré d’être ici en terre africaine du Sénégal, je l’ai dit. Mais je suis encore plus fier d’être dans cette enceinte prestigieuse, symbole de la démocratie, du débat démocratique dont votre pays est un des pionniers en Afrique. Car si elles se sont déroulées ailleurs que dans les locaux actuels du parlement, les joutes épiques qui ont opposé Blaise Diagne et Galandou Diouf n’en préfiguraient pas moins la maà®trise du réflexe démocratique et la vitalité de la vie politique sénégalaise. En m’adressant à  vous, dignes héritiers du débat contradictoire dans lequel ce pays a toujours excellé, je pense à  Lamine Coura Guèye, Iba Mar Diop, Valdiodio Ndiaye, Mamadou Dia, ainsi que les autres orateurs brillants, tel Majhemout Diop avec son historique essai, Histoire des classes sociales en Afrique de l’Ouest, qui ont fait les lettres de noblesse de la politique au Sénégal. Je suis fier et honoré de vous apporter ici les salutations du peuple malien qui vous est reconnaissant, à  votre président Macky Sall, à  votre gouvernement, à  vous les parlementaires et au peuple frère du Sénégal. Le peuple malien vous est reconnaissant d’avoir été à  ses côtés quand il a eu besoin de vous, au cours de la crise qu’il a subie de 2012 à  2013. Les Djambars, vos valeureux soldats, sont chez nous aux côtés de l’armée malienne et de soldats de la communauté internationale. Ils bravent le soleil, ils bravent les vents, ils bravent la soif et la faim, ils veillent nuit et jour sur le peuple malien, et l’intégrité du Mali. Votre armée a payé le prix du sang. Mais vos vaillants soldats, Ousmane Fall et Cheikh Tidiane Sarr, tombés sur le Champs de l’honneur le 14 décembre 2013, ne sont pas morts dans une guerre frontale. Ils ont été fauchés par un attentat lâche et la lâcheté de ceux que Césaire appelle les assassins de l’aube. Je m’incline ici, une fois de plus devant leur mémoire. Mes pensées vont aussi vers ma fille, Fatou Seck Gningue, élève-officier à  l’à‰cole militaire interarmes de Koulikoro, malheureusement décédée lors d’un exercice militaire, en octobre 2011. Que son âme repose en paix. Le Mali ne l’oubliera jamais. A leurs familles, au président Macky Sall et à  vous tous et toutes ici, je réitère mes condoléances et celles du peuple malien. Et je vous prie qu’ensemble, en mémoire de ces héros morts pour le Mali et pour la défense de nos communes valeurs sacrées, nous observions une minute de silence. Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables députés, Il ne s’agit ici, ni de faire l’économie de la grave crise que notre pays a traversée, ni de faire l’inventaire des efforts déployés par le gouvernement de transition et par nous-mêmes depuis notre investiture le 4 septembre 2013, pour que le Mali se remette debout. Il suffira que je vous dise ceci : Le Mali a été la victime d’une crise multidimensionnelle qui l’a ébranlé dans tous ses fondements. Et il y aurait sombré, sans l’assistance prompte et sans calcul de ses partenaires et voisins : la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations-Unies, la communauté internationale dont l’Union Européenne, notre irremplaçable partenaire dans la reconstruction de l’armée malienne. l’action volontariste, opportune et hautement décisive de François Hollande, qui a levé sans attendre l’armée française pour sauver notre pays, mérite d’être singularisée ici. Le Mali ne remerciera jamais assez la France, pour ce devoir de solidarité effective. Nous savons et saurons nous souvenir. Nous connaissons la valeur du sacrifice. Nous savons les implications de la solidarité, surtout celle massive et prompte dont nous avons bénéficié au plus fort de nos désarrois. C’’est dire que nous savons ce que nous devons faire tout de suite, aujourd’hui et demain. Nous savons ce que légitimement, en vertu des accords et des résolutions passées, la CEDEAO et la communauté internationale attendent de nous. Je répète ici solennellement qu’Ibrahim Boubacar Keita n’est pas contre la négociation avec les groupes en rébellion, encore moins, comme le stipule l’Accord Préliminaire de Ouagadougou dans son article 21, avec toutes les communautés du Nord du Mali, car le gouvernement, le parlement et le peuple du Mali n’aspirent qu’à  la paix. La paix partout au Mali. A Kidal. A Gao. A Tombouctou. A Mopti. A Ségou. A Sikasso. A Koulikoro. A Kayes. A Bamako. Partout, sur tout le territoire national. Partout, dans les pays voisins du Mali. Partout au monde. Nous avons trop payé à  la guerre pour sous-estimer le salut que peut-être un processus de négociation, de surcroà®t entre compatriotes, fils et filles de la même nation. Nous avons trop payé des meurtrissures des viols et des amputations, de l’humiliation des flagellations et de l’exil de braves producteurs chassés de chez eux par des fauteurs de guerre en mal d’aventures. Alors, je suis pressé. Pressé de signer des deux mains tout accord pouvant déboucher immédiatement sur une paix durable. Pressé de rendre possible le retour de la confiance et de la cohésion entre les communautés. La négociation était mon objectif hier. Elle l’est encore plus aujourd’hui. Et de la tribune que vous m’offrez, égard suprême, dont je mesure l’honneur, le privilège et la signification, je renouvelle mon appel aux groupes rebelles, ainsi qu’à  toutes les communautés du Nord du Mali. Que tous viennent et qu’on parle ! Qu’ils viennent et qu’on construise le Mali ensemble ! Qu’ils viennent et qu’on se mette d’accord, chacun devant accepter de concéder, mais tous d’accord pour la préservation totale et sans équivoque de notre intégrité territoriale. Seul doit prévaloir le Mali, divers mais uni, décentralisé et transférant aux collectivités et à  l’initiative citoyenne les compétences qui ne peuvent et ne doivent plus être celles de l’Etat central, en ces temps oà¹, à  juste raison, l’Etat jacobin est partout remis en cause. Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale Honorables députés, Tel est le tableau du Mali d’aujourd’hui. Il a saigné mais le monde a été son garrot, et notre gratitude est infinie. Il a vacillé. Mais il se remet debout. Il saura compter sur vous. Il saura compter sur le Sénégal qui est une autre patrie des Maliens autant que le Mali l’est pour les Sénégalais. Le Sénégal nous inspire et nous rassure. Autant que le Président Macky Sall, je ne vois pas d’autre salut que la conception d’un plan ambitieux et méthodique, pour réussir l’émergence au bénéfice de nos populations. Là  encore, bravo à  l’enfant de Joal qui a été le chantre de l’organisation et de la méthode. Longue vie au « BOM » ! C’’est pourquoi, pour la première fois de l’histoire institutionnelle de mon pays, existe un ministère en charge de la prospective et de l’anticipation, pour mener la réflexion stratégique et le travail de planification nécessaires à  ce projet de sursaut national. Hier, le Mali et le Sénégal ont eu l’admirable projet de mutualiser leurs efforts au sein d’une fédération que les vicissitudes de l’Histoire ont condamné à  la brièveté. Aujourd’hui, les enjeux de la globalisation exigent une dynamique d’intégration qui va au-delà  de deux pays. Le Mali et le Sénégal se retrouvent dans plusieurs organisations sous régionales et au sein de l’Union africaine qui symbolise notre désir d’une seule nation africaine. Dirigeants d’un temps de défis, le président Macky Sall, d’autres leaders du continent ainsi que moi-même, sommes conscients des enjeux. Senghor, dans son allocution prémonitoire à  Africa Hall en 1963, nous prévient certes que, je cite « l’union n’est pas l’addition de nos faiblesses ». Mais Cheickh Anta Diop, a mis en relief le rôle incubateur que l’Afrique a joué dans le rayonnement de la civilisation humaine. Nous ne sommes donc pas damnés. Il faut tirer les leçons certes de cinquante ans d’indépendance, recentrer ce qui doit l’être et accepter le labeur qui a permis à  des continents plus ambitieux d’être aujourd’hui parmi les nouveaux centres du monde. Le pari n’est pas fou. Il est à  notre portée. Et plaise au Ciel que nous le relevions ensemble ! Inch’Allah ! Vive le Sénégal, Vive le Mali, Vive l’intégration africaine, Vive l’amitié et la fraternité indéfectibles et toujours fécondantes entre les peuples sénégalais et maliens ! Je vous remercie.

Discours à la nation du Chef de l’Etat à l’occasion du 53ème anniversaire de l’Armée

Officiers, Sous-officiers, hommes du rang, Peuple du Mali, Le 20 janvier 1961, devant le corps diplomatique convoqué à  l’occasion, Modibo Kéita annonçait la création de l’armée malienne dont l’acte de naissance avait été signé le 1er octobre 1960, huit jours après la proclamation de l’indépendance du Mali. Cinquante-trois ans après, jour pour jour, je rends ici un hommage déférent à  ce grand homme, premier Président de notre nation. C’’est aussi et surtout le lieu, après les péripéties affligeantes de l’histoire immédiate, de réaffirmer notre indéfectible attachement à  son héritage, dont l’armée, notre outil de défense nationale forgée dans le volontarisme visionnaire du grand Mali d’antan, constitue une composante essentielle. Aujourd’hui, l’esprit de ce Mali doit nous revisiter. Ce Mali, dont la fierté et le culte du résultat sont essentiels au projet de présence sur lequel nous sommes tous d’accord et qui m’a valu votre confiance. Frères et sœurs, nous avons vécu les douloureux événements de notre septentrion, nos villes tombant les unes après les autres. Armée déliquescente ; moyens vétustes et insuffisants ; formations lacunaires ; interférences néfastes dans la chaà®ne de commandement ; corruption ; patriotisme vacillant ; replis tactiques sur replis tactiques ; revers humiliants ; pays occupé aux deux tiers ; tribunaux des envahisseurs pour amputer, lapider, flageller ; exils massifs de nos compatriotes qui n’acceptaient pas les traitements infra-humains. Un bilan désastreux. l’honneur du Mali aux enchères pendant de longs mois interminables. La nation a frôlé le pire. Et Le passif est tragique qui requiert une sincère introspection, un audit profond de ce naufrage national ; Avec un seul objectif : que la vérité soit sue sur les causes de notre déshonneur. A Menaka, Aguel Hock, Tessalit, Kidal, Ansongo, Bourem, Tombouctou, Niafunké, Goundam, Diré, Youwarou, Tenenkou, Diabali, Douentza et Konna. Pas de programme de vengeance, ni personnelle, ni collective ! Aucune volonté de prédéfinir une cible ! Aucune ruse ! Aucun exutoire ! Seule l’indispensable obligation de rendre compte à  la nation. Et nul n’y coupera. Le pays saura pourquoi son outil de défense et ses services de sécurité, se sont effondrés au moment o๠il en avait le plus grand besoin. Pour le reste, nous avons accepté l’héritage, tout l’héritage, le 4 septembre en prêtant serment et nous ne n’y déroberons guère. Aucun regret du sacerdoce, mais la pleine conscience de la servitude, d’une servitude qui doit nous honorer. Parce que, pour nous, il n’y a pas de pays plus beau que le Mali. Parce que, pour nous, il n’y a pas de peuple plus méritant que ces millions de bras rassemblés pour boucher les trous de la jarre percée, tout au long de ces mois de honte et de désarroi. Nous rendons grâce à  Dieu. Nous rendons grâce à  la baraka de cette nation. Nous saluons la résilience du peuple malien. Nous saluons, de nouveau, le travail de l’équipe de la transition qui a su préserver l’essentiel. Et nous remercions sincèrement toute la communauté internationale pour la solidarité sans précédent dont elle continue d’assurer notre pays. Chers compatriotes, Au moment o๠je vous parle, notre outil de défense nationale est en cours de réhabilitation. Un grand effort est investi dans la formation, le recrutement, l’équipement et le réarmement moral et psychologique de notre armée désormais réconciliée avec sa nation. Cet effort auquel de nombreux Maliens ont participé, à  travers des donations doit être encore plus national. Il doit continuer. Il nous concerne tous. Il vous concerne également et me concerne. C’’est ma responsabilité première d’y veiller. Car je crois Quincy Wright quand il dit, je cite : l’Etat social et politique d’une nation est toujours en rapport avec la nature et la composition de ses armées ».Fin de citation Je le crois encore quand il ajoute que, je cite : « ce sont les conceptions morales, juridiques et politiques qui façonnent le plus les armées » Fin de citation Officiers, Sous-officiers, hommes du rang, La réforme structurelle est en œuvre. Je veillerai personnellement à  sa conduite pour qu’elle atteigne son point d’achèvement. A savoir, cette belle ambition de restructurer les forces armées et les services de sécurité, en vue d’en faire des forces républicaines, respectueuses de l’Etat de droit, dédiées à  la sécurité et à  la protection du citoyen malien et de ses biens. D’en faire le rempart de la démocratie, au lieu d’être son ventre mou. Il s’agira alors d’engager, sur des bases consensuelles, une profonde réforme structurelle, pour assainir et organiser l’environnement de notre sécurité. De celle-ci nous devons maà®triser les paramètres majeurs. Et notre défi immédiat de génération est de ramener l’outil à  une taille malienne qui réponde à  nos besoins pressants de reconquête totale et de contrôle souverain du territoire national. De tout le territoire national. De chaque centimètre carré du territoire national. Ni enclave, ni zone grise mais le Mali dans ses frontières internationalement reconnues et respectées. D’o๠la réorganisation engagée visant, à  très court terme, à  doter nos armées et services, des capacités indispensables en complémentarité avec les dispositifs de la MINUSMA et de SERVAL. D’o๠également, les efforts sur fonds propres de l’Etat pour permettre à  nos troupes en conjonction ou seules de relever les défis sécuritaires du post-conflit. Pour ce faire, il nous faudra corriger les dysfonctionnements majeurs, qui ont longtemps gangréné notre outil de défense et de sécurité ? Oui, ce travail est en cours. Il sera accéléré et mené à  son terme de même qu’une action de relecture visant : – l’amendement du corpus doctrinal, – la réorganisation opérationnelle et territoriale des forces sous-tendue par une formation de qualité, – l’instruction, la préparation opérationnelle des forces. Il nous faut, en effet et sans délais, des soldats, des policiers, des gardes et des gendarmes capables, bien équipés et prêts à  répondre à  l’appel du pays. Cela, dans un contexte o๠les ressources humaines et matérielles sont gérées de manière optimale conformément aux normes de la gouvernance vertueuse, sans laquelle il n’y a pas d’issue pour un Mali qui rêve de retrouver sa grandeur aujourd’hui contrariée. A cet effet, sera adoptée une loi de programmation militaire 2014-2018, dont le début de mise en œuvre permettra de consacrer la montée en puissance de notre outil de défense sur les cinq prochaines années. Notre vision sera celle de la sécurité humaine, avec les citoyens, nos citoyens au départ, au centre et à  l’arrivée du projet. Se retrouveront alors dans ce cadre, tous les acteurs engagés dans la provision des services liés à  la sécurité : société civile, médias, leaders d’opinion, communicateurs, chefs traditionnels et religieux, femmes et jeunes, représentants de communautés. Car je suis conscient qu’après l’expérience que nous venons de vivre, nous ne pouvons faire l’économie d’un large débat sur les problématiques de défense et de sécurité des citoyens, des communautés, des terroirs, des régions et de la République. Et le dialogue armée-nation sera une composante de notre doctrine et de notre stratégie de défense et de sécurité. Mes chers compatriotes, Il n’est donc pas d’autre quête que celle d’une véritable architecture nationale de sécurité, dont les racines puiseront dans les éléments positifs de notre héritage, de nos traditions et coutumes, y compris en matière de résolution de conflits. C’’est dire que l’outil de la défense nationale ne peut en aucun cas être l’alternative à  la solution politique. Partout o๠nous pouvons économiser le coup de feu, nous le ferons. Pour que les maigres ressources de notre pays soient de préférence utilisées dans la construction des salles de classe, des hôpitaux et des routes, plutôt que dans des guerres fratricides. Notre disposition au dialogue ne sera pas prise à  défaut. Au demeurant dialoguer avec ses compatriotes n’est pas une faiblesse pour un pouvoir mais une force. A condition que le dialogue vise l’intérêt du Mali et des Maliens. C’’est dans cette optique, qu’à  l’initiative des autorités maliennes, le Mali et la France discutent présentement d’un éventuel accord de coopération militaire. Oui, nous savons que C’’est de Tessalit que s’est repliée l’armée française à  la demande de Modibo Keita. Oui, nous savons aussi que pour reconquérir son intégrité alors lourdement hypothéquée, le Mali a dû demander l’intervention militaire française en janvier 2012. Il n’y avait pas d’autre choix. Que les marchands d’illusion et de nostalgie s’adonnent à  leur sport favori mais qu’ils n’enchantent aucun d’entre vous, chers compatriotes. Parce que la géopolitique de 2014 est loin de celle de 1961. Parce que les menaces sont devenues bien plus amples et diverses. Parce qu’aucun de nos pays pris séparément ne peut en venir à  bout. Et parce que l’avenir peut être encadré par un accord qui lie les parties prenantes, rendant ainsi prévisibles les actions attendues. Dans cette même optique, nous envisageons de discuter, dans un proche avenir, d’accords de coopération militaire avec d’autres pays, sans exclusion inopportune, pourvu qu’ils soient soucieux et aptes à  apporter une contribution efficace à  nos efforts de stabilisation et de sécurisation du septentrion malien et, au-delà , de l’espace sahélo saharien. Les accords de coopération militaire, en discussion ou à  venir, ne tiendront compte que de l’intérêt du Mali, de tous les intérêts du Mali et des Maliens, tout en renforçant nos capacités et celles de nos partenaires à  faire face à  l’insécurité structurelle de l’espace sahélo-saharien. C’’est tout le but du partenariat que nous voulons. Je ne suis pas venu pour vous mentir. Je suis venu pour vous servir avec loyauté. Je vous resterai loyal et je saurai compter sur votre sens national pour m’accompagner dans cette importante démarche dans le cadre de la sécurité présente et futur de notre grand pays. Vive l’armée malienne ! Vive le Mali !

Discours à la Nation du Président IBK à l’occasion du nouvel an

Chers Compatriotes, Chers Hôtes du Mali, Chers Amis du Mali, l’année 2014 s’annonce. C’’est la preuve des limites humaines, mais heureusement le signe de la toute-puissance divine. Qu’il vous plaise que je prenne le temps de louer ce Tout-Puissant, qui m’accorde encore ce soir un autre privilège, celui de présenter mes premiers vœux de santé et succès à  la Nation, à  l’occasion de la nouvelle année : – à  chacune d’entre vous, à  chacun d’entre vous, concitoyens de l’intérieur comme à  l’extérieur, – à  vous hôtes du Mali qui nous faites l’honneur de vivre parmi nous, – et bien sûr, à  vous aussi amis et partenaires attentifs et solidaires de notre pays. A celles et ceux d’entre nous qui viennent de perdre un être cher, J’adresse mes condoléances les plus sincères. A celles et ceux qui sont malades, je souhaite un prompt rétablissement. Paix et quiétude dans tous les foyers. Paix sur le Mali. Paix sur l’Afrique. Paix sur le monde. Chers compatriotes, Je ne vous cacherai pas que je suis un président fier ; Un président fier de son peuple ; De ce peuple resté dans son champ, pour cultiver en dépit des tensions du pays ; De ce peuple, qui a continué à  faire paà®tre ses animaux, malgré les dangers ambiants ; De ce peuple, dont les négociants se sont battus aux cordons douaniers pour continuer à  ravitailler le pays, malgré la crise. Je suis le président fier de ces femmes sous le soleil des marchés, dans les corvées du ménage, ces mères qui donnent et entretiennent la vie ; Président encore plus fier, en cette fin de décembre 2013, pour son pays libéré qui renoue avec l’espoir, et qui se met debout pour être à  la hauteur des autres, d’un pas mesuré, mais d’un pas assuré. Oui, je suis ce président fier, quoique conscient des défis à  encore relever pour la stabilité et le progrès du pays. Au demeurant, qui ne saurait apprécier à  sa juste valeur ces temps d’espoir, J’allais dire d’espérance, comparés à  la réalité déprimante et au moral atteint du pays, il y a tout juste un an ? Car l’an dernier au même moment, les trois-quarts du pays étaient aux mains de forces barbares, djihadistes, et de groupuscules irrédentistes, qui ont levé le glaive contre un pays de paix, d’amour et de tolérance. Ces envahisseurs n’ont pas reculé devant le viol, les amputations, les flagellations, les lapidations, le vandalisme, les exécutions. A Gao, Tombouctou, Kidal, Douentza, Ansongo et Konna, des familles honorables et paisibles ont été humiliées par de prétendus musulmans qui ont contraint par la kalachnikov, au lieu de laisser le Coran convaincre, comme cela a toujours été le cas dans ce pays lucide. Des centaines de milliers de nos compatriotes du Nord, Touareg, Arabes, Songhoi, furent forcés à  l’exil. Beaucoup de nos parents subissent encore les conséquences de l’occupation djihadiste de nos régions du nord. Ce soir, plus que jamais, alors que 2013 s’achève, portant en filigrane de meilleurs lendemains pour notre pays, il est encore plus significatif de réitérer notre gratitude, en mon nom propre mais aussi au nom de la nation malienne, à  l’ensemble de tous ceux qui ont contribué à  libérer et à  soulager notre peuple. Mon aà®né Dioncounda Traoré a été le capitaine imperturbable d’un bateau qui fut ivre par moments. Il nous a conduits à  bon port, au mépris de sa vie, mais pour cet amour qui ne l’a jamais quitté, celui du Mali. La patrie t’en sera toujours reconnaissante, cher aà®né, et puisse Allah t’accorder santé et longévité. François Hollande, président de la République française, n’a pas hésité un seul instant à  engager la vie des soldats français, et les moyens de la France, pour l’épique bataille de la libération du Mali. Le Mali se souviendra toujours de la fraternité réinventée, de François Hollande, du sacrifice de Damien Boiteux et de ses compagnons, ainsi que celui de la glorieuse mission « Serval ». Idriss Deby Itno, sans être de la Région Ouest africaine, mérite nos ovations debout, nos standing ovations, notre très grande reconnaissance. Du Tchad, pays de Toumaà® ancêtre de l’humanité, il a su donner, avec générosité une leçon d’humanité et de solidarité à  travers une armée intrépide et aguerrie. Les hauts faits de cette armée feront encore longtemps la chronique de l’Adrar des Ifhoghas. Merci Président Déby. Merci cher frère et ami. Au nom de la CEDEAO et parce que président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara est aussi soucieux du Mali par la force de la géographie et de l’Histoire. Aussi, l’aà®né valeureux a-t-il veillé sur le Mali, plaidé pour le Mali et obtenu pour le Mali une solidarité sans précédent. Que Dieu le préserve et le couvre de sa grâce à  son tour ! C’’est le lieu de savoir gré au président du Faso, Blaise COMPAORE pour tous les efforts dans la mission à  lui confiée par la CEDEAO. Nous avons vu l’Algérie à  nos cotés dès le début de l’acharnement des groupes hostiles à  notre république « Ni autonomie, ni indépendance », dit avec clarté et engagement constant, a toujours été la position sans ambiguà¯té de nos frères algériens. Cela nous été dit de façon claire et nette, d’abord par notre frère le Ministre Messahel, ensuite par tous les dirigeants algériens rencontrés. Il est vrai que nos relations furent fondées dans la solidarité de combat. l’Algérie combattante s’est toujours félicitée du soutien inconditionnel du Mali de Modibo KEITA. C’’est le temps ou l’homme de Gao Abdel Aziz BOUTEFLIKA coordonnait avec son frère, feu notre oncle Bakara DIALLO, l’appui du Mali et des pays amis en direction du front algérien. Notre souci de relations de nouveau excellentes entre nos frères est d’intérêt général avéré. Qu’Allah nous accompagne ! Le Mali sera toujours un pays d’honneur, de dignité et de gratitude. C’’est le lieu de remercier également tous les pays amis frères, venus sous aider dans la tragédie que nous avons traversée. Ensuite, chers compatriotes, ce 19 septembre, le monde entier, mû par l’estime du Mali, la confiance en le Mali, s’est donné rendez-vous à  Bamako pour célébrer l’investiture du troisième président malien démocratiquement élu que je suis, par la volonté de Dieu et de vous peuple du Mali. En cette occasion, notre pays a eu droit à  une visite historique : celle du Roi Mohamed VI, cinquante ans après la visite de son père, le regretté Hassan II, et de mémoire de Marocain, première participation d’un souverain chérifien à  l’investiture d’un chef d’Etat. Le Roi est resté quatre nuits et cinq jours. Il a prié avec nous. Il a visité nos chaumières, pensé à  nos malades en venant chez nous avec un hôpital de campagne, dont la fin de mission engendre aujourd’hui de grandes manifestations de protestation populaire, signe on ne plus clair de la qualité des services rendus. Et tout cela, après plusieurs gestes humanitaires et un appui politique constant à  la cause malienne au sein du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, alors sous présidence marocaine. Toujours au cours de cette visite, sa Majesté Mohamed VI a octroyé cinq cent bourses pour la formation de nos imams à  un Islam de tolérance et d’amour qui n’exclut ni la profondeur, ni la sincérité. Il n’est pas venu pour poursuivre la coopération. Il est venu pour traduire en actes le culte de la fraternité. Le Mali ne l’oubliera jamais. Chers compatriotes, Hôtes et amis du Mali, Je suis venu trouver un Mali à  genou. Un Mali dont l’autorité de l’Etat a été considérablement affaiblie, minée par des années de mauvaise gouvernance. Un Mali dont les caisses étaient vides, nous laissant peu de marges de manœuvre budgétaires pour entreprendre tout de suite les formidables progrès auxquels notre peuple aspire. l’Etat de nos forces de défense et de sécurité n’était pas non plus à  hauteur de souhait, vous le savez. Les responsabilités en seront situées Incha’Allah ! Pour que notre pays ne connaisse plus jamais pareille humiliation ! Pour le Mali, la priorité était de recoudre notre tissu social, lardé, déchiré, abà®mé par des mois de crise, pour réconcilier notre Nation. C’’est pourquoi, J’ai dit, dès l’entame de mon mandat, que la première phase de mon action sera consacrée au redressement. Nous y sommes encore. C’’est le temps de la normalisation, le temps du rétablissement d’un Mali fort et stable. C’’est le cap que J’ai fixé au Premier ministre, Oumar Tatam Ly et à  son équipe : rétablir l’honneur du Mali. Tous les chantiers de ce redressement ont été entamés. De l’organisation des législatives, au renforcement de la capacité institutionnelle de l’Etat, en passant par le chantier de la réconciliation nationale, la réforme de l’armée, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, de la justice, le plan de réformes économiques et sociales, ou encore la reprise de la relation avec les bailleurs et les investisseurs, et le retour de la voix du Mali sur la scène internationale. Merci au Président Barack OBAMA pour le retour du Mali dans l’AGOA. Merci à  Mme l’Ambassadeur Beth LEONARD pour la part prise dans cette heureuse décision. Le Premier ministre, un homme discret, loyal, travailleur et compétent, vous l’avez suivi lorsque le gouvernement est venu me présenter ses vœux, a fait un bilan exhaustif de ce qui a été réalisé. Je ne reviendrai pas sur ces réalisations, laissant le peuple juge de ce qui est fait, et dont on peut être fier, dont tout malien objectif et sincèrement soucieux de ce pays peut être fier. Maliennes, Maliens, Mon action s’inscrit dans la durée, car le Mali revient de loin. Les chantiers sont longs et fastidieux, et il faut un certain temps pour changer le quotidien. Je comprends donc votre impatience légitime. Elle est légitime. Notre peuple a trop longtemps attendu son rendez-vous avec le progrès. C’’est pourquoi, en 2014, J’entamerai la seconde phase de mon mandat, qui sera une phase plus axée sur le redressement et le développement économique, pour le bonheur des maliens. C’’est le cap que J’ai fixé, C’’est le cap que nous tiendrons Inch’Allah. Cela a déjà  commencé. Le 17 décembre 2013, nous avons donné, avec les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation de Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), le premier coup de pioche des travaux de construction du barrage hydroélectrique de Gouina. Le même jour, nous avons inauguré celui de Félou. C’’était un moment grandiose, et je suis honoré d’être au nom de la continuité de l’Etat, celui qui à  coupé le ruban, côté malien. A ce niveau également, je rends grâce à  Dieu tout puissant et Miséricordieux. J’ai promis des emplois à  notre jeunesse. Le gouvernement, à  pied d’œuvre, a lancé un vaste chantier de recrutement de plusieurs milliers de volontaires qui seront demain, mieux armés pour le marché du travail. Le logement, la santé, l’école, les routes, l’eau, l’électricité, l’hygiène et surtout le serment de faire de Bamako une ville propre sont autant de chantiers prioritaires à  fort besoin de ressources humaines. Je suis conscient des quatre défis que doit relever le Mali pour être compétitif : – le défi de la transition démocratique, – le défi de la transition démographique, – le défi de la transition économique, – le défi de la transition culturelle. Le défi de la transition démocratique appelle une introspection profonde sur l’effondrement de l’Etat, il y a juste deux ans, et de nombre de nos valeurs. Il s’agit de faire un audit des faiblesses qui doivent être corrigées pour éviter la réédition d’humiliations nationales, à  la dimension de celles que nous avons tristement subies durant ces deux années noires. Dans cette optique, la première infrastructure, avant les routes et les logements, C’’est la gouvernance, donc un Etat fort, un Etat juste, qui exalte le mérite et sanctionne la faute. Un appareil judiciaire de qualité est dès lors indispensable. Il s’agit d’une justice qui ne discrimine pas, devant laquelle les Maliens sont égaux, et qui ne dira que le droit. Et si nous voulons une démocratie sincère et durable, alors il nous faudra d’abord être sincères et intègres nous-mêmes vis-à -vis des ressources et des opportunités de l’Etat. C’’est pourquoi, au risque d’en faire une rengaine, J’insiste sur la gestion rigoureuse de nos deniers, ceux que l’Etat génère auprès du contribuable malien bien sûr, mais aussi l’aide que la communauté internationale met à  notre disposition grâce aux sacrifices de ses propres contribuables. La gestion rigoureuse de nos ressources passe par le contrôle de la corruption sur deux fronts : la lutte contre l’impunité et les réformes systémiques. Pour ce qui est des mesures systémiques, J’ai demandé au Premier ministre de tout entreprendre pour que notre administration puisse bénéficier de l’accompagnement approprié. Oui, je dis et redis que l’argent des Maliens est sacré et qu’il faut désormais l’utiliser à  bon escient. C’’est pourquoi, je décrète l’année 2014, année de la lutte contre la corruption. Un combat dans lequel je demande à  chaque malienne, chaque malien, de s’engager avec moi. Nul ne s’enrichira plus illégalement et impunément sous notre mandat, Incha’Allah. Je suis conscient que les familles souffrent, que les salaires sont dérisoires, et que tout ceci ne contribue pas à  prévenir la corruption. Tout ce qui sera en notre pouvoir de faire pour augmenter les revenus le sera, C’’est mon rôle et ce sera ma fierté. Les hommes et les femmes du gouvernement cesseront, croyez-moi, d’être à  leur place, le jour o๠ils ne travailleront plus à  un Mali qui arrive à  nourrir ses enfants, à  les éduquer convenablement, à  les employer, bref à  les encadrer dans un environnement hautement concurrentiel o๠les pays qui n’anticiperont pas resteront sur le quai. Toutefois, il faut accepter alors que pour le bien-être de demain, celui de nos enfants donc, nous acceptions de donner plus à  la patrie. Le Mali d’abord ! C’’est ma philosophie, C’’est notre salut. La transition démographique, de tous les défis, est celui le plus pressant. Notre population est jeune et elle croà®t. Ses besoins croissent de manière inversement proportionnelle aux moyens de l’Etat. En même temps, il n’y a pas d’avenir pour nous si le formidable capital qu’est cette jeunesse reste une contrainte, au lieu d’être un atout. Pour tout dire, je veux pour demain des écoles de bon niveau, une couverture sanitaire de qualité, un cadre de vie décent, et des chances égales devant des opportunités accrues. La transformation qualitative de notre société, qui est notre mission de génération, à  nous les aà®nés, passe par une bonne gestion de la transition économique. Si notre artisanat n’est pas bien fini, il ne produira pas de valeur ajoutée. Si nos produits n’obéissent pas aux normes de qualité, ils resteront de consommation locale. Hélas ! Nous ne profiterons que petitement des avantages de l’AGOA. s’il n’y a pas d’investissement massif dans l’industrie, nous resterons un marché pour d’autres. Si nous ne créons pas un secteur des services performant, nous nous priverons des forces de progrès que sont les couches moyennes. C’’est pourquoi, J’ai demandé au gouvernement d’utiliser toutes nos potentialités pour qu’ici et maintenant les conditions de l’émergence soient créées. Mais nous pouvons, et devons aller plus vite et surtout il faut rendre irréversible l’ascension de ce pays qui nous a tant donné et qui a été, hier, l’une des nations-phares et civilisatrices du monde. Notre potentiel agricole, pastoral, halieutique, minier, notre génie propre et notre combativité nous rendent parfaitement éligible à  tendre vers l’excellence recherchée. Là -dessus, je fonde un grand espoir dans l’anticipation, la planification, la prospective, auxquelles pour la première fois dans notre histoire, un Ministère est dédié. Mes chers compatriotes, Amis et hôtes du Mali, Vous le savez. Si notre pays a été libéré, il reste, outre celui de la lutte contre l’impunité, trois autres fronts sur lesquels il nous faut nous battre. Le premier est celui d’une armée républicaine, parfaitement entraà®née et équipée pour répondre aux menaces sécuritaires traditionnelles ainsi qu’aux nouvelles. La formation d’une telle armée est en cours, grâce à  l’assistance de la communauté internationale que je ne remercierai jamais assez, notamment, l’Union Européenne, pour l’EUTM (l’Europeen Union Training Mission). l’autre front, est celui du retour total et définitif du contrôle de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Je lance un appel aux mouvements rebelles signataires de l’accord du 18 juin pour la stricte observance des dispositions de cet accord, o๠le cantonnement effectif et mesurable des combattants entre dans la stratégie du désarmement que demande l’Etat malien et qui est désormais condition sine qua non. Il est totalement absurde et surement contre productif de vouloir me faire l’ennemi de telle ou telle communauté. Mon passé conforte mon présent. J’ai partagé les nuits claires de Gao, Bourem, Ansongo, Tombouctou, Kidal, d’Ersann et Salam. J’ai dormi dans les campements et pris le lait de chamelle à  la lueur du feu de bois par les rudes froids de cette belle partie de notre pays. J’ai écouté les riziculteurs et les vachers du Tilemsi, les chevriers et les chameliers de l’Adrar. J’ai travaillé avec eux et pour eux. Par ailleurs, je sais que parmi ceux qui se sont battus hier contre les projets d’Etat Touareg au Sahel, il y a des Kel Tamasheq dont le patriarche El Mehdi, revenu aujourd’hui à  Bamako chez lui, après des mois d’exil. Qu’il en soit loué et que l’année nouvelle lui apporte succès et santé! De la même manière, je sais que l’écrasante majorité de nos compatriotes Kel Tamacheq aujourd’hui forcés à  un exil qui nous est pénible, sont républicains et Maliens. C’’est pour eux justement que nous devons accélérer la normalisation de notre septentrion. Je veux la paix. Je désire ardemment la paix car je désire consacrer l’essentiel à  construire et à  développer au profit de tous et de toutes les communautés du Mali Je ne veux que la paix. Rien que la paix, dans toutes les régions du Mali, dans toutes les communes du Mali qui doivent prendre le contrôle de leur développement dans un Etat qui ne sera plus, jacobin, centralisateur, mais distributeur et régulateur. C’’est la décentralisation, accompagnée d’une réelle dévolution de certaines compétences et ressources jadis aux mains de l’Etat, et impliquant une nouvelle forme de gouvernance territoriale, qui constitue la réponse à  la demande d’une autre forme d’Etat tel qu’observable ailleurs. Le Mali est dans cette réforme depuis 1992. Il la continuera. Et je m’engage à  la porter à  son seuil d’irréversibilité. Le dernier front est celui de la politique extérieure du Mali. Notre pays s’est en effet trouvé propulsé a l’avant scène internationale. Sans l’avoir cherché. Sans même l’avoir voulu. Et hélas, pas de la meilleure des manières. Il s’y est retrouvé, en quête quasi désespérée d’assistance mondiale, en nation vivant les affres d’un effondrement apparemment brutal de son Etat, Etat en réalité vermoulu depuis plus d’une décennie. Qu’on était loin du Mali rayonnant dans le monde, au point d’avoir abrité la naissance des principaux mouvements d’émancipation africaine ! Qu’on était loin du Mali de Modibo Keà¯ta, et d’Alpha Oumar Konaré. Il est donc d’importance avérée que, parallèlement à  la restauration de l’Etat et de son autorité, le Mali retrouve ses lustres d’antan sur la scène internationale. Il importe que notre diplomatie revienne au niveau o๠l’avaient hissé Modibo Keita, Ousmane Ba son ministre des Affaires Etrangères dont la voix ainsi que celles d’Alex Quaison SACKEY, Abdul Aziz Bouteflika aux Nations Unies ravissaient les pays d’Afrique et du Tiers Monde. Ce niveau qui permit au Mali de réussir là  o๠avaient montré leurs limites, l’Ethiopie de l’Empereur Haà¯le Selassié, ou même l’Egypte de Gamal Abdel Nasser ; Qui permit ainsi au Mali de réussir la prouesse de mettre fin à  l’absurde guerre des sables opposant alors les Etats de deux peuples, qu’en réalité tout unissait et que tout unit encore de nos jours, de deux peuples, frères, et frères du peuple malien, au même titre. Je veux parler des peuples algérien et marocain. C’’est ici, en effet, à  Bamako, que Sa Majesté feu Le Roi Hassan II et feu le Président Ahmed Ben Bella scellèrent la paix qui mit fin à  cette guerre fratricide. Mieux, sur le terrain, ce fut à  deux officiers maliens, Léon Sangaré et Sékou Doumbia, que revint l’honneur de brandir les deux drapeaux blancs à  partir des lignes belligérantes et de se retrouver en ligne médiane, pour les échanger, signifiant ainsi le cessez le feu. Il est souhaitable que cette belle fraternité imprègne de nouveau nos relations avec ces deux pays frères et entre eux. Mes chers compatriotes, Le Mali est bel et bien de retour. Notre récente tournée européenne nous aura permis d’en faire l’agréable constat. Paris, Bruxelles, Strasbourg et Berlin furent autant d’étapes importantes o๠des relations nouvelles, de qualité réelle furent remises au gout du jour, telle la rencontre avec Mme MERKEL. Paris fut une confirmation de l’amitié française singulièrement de nos relations avec le Président Hollande. Ce climat n’a surement pas été indifférent au choix de notre pays qui sort à  peine d’une crise exceptionnelle, pour abriter la prochaine rencontre Afrique-France 2016. Honneur redoutable dont nous devrons faire la preuve du mérite. Sa préparation commence dès notre désignation. Une équipe ad hoc sera mise en place pour l’organisation de cette importante rencontre dans les tout prochains jours, Incha’Allah. Mes chers compatriotes, Je sais ce souvenir vivace dans vos esprits. Pour terminer, je me tourne vers notre jeunesse pour lui dire : bonne année et bonne santé. Vous les jeunes qui sortirez bientôt pour réveillonner, roulez prudemment ! à‰vitez les accidents ! De grâce portez des casques avant d’enfourchez vos motocyclettes. De grâce abstenez-vous de jouer avec les pétards. Ce faisant, vous mettez vos vies et celles d’autres en danger. Donc ! Le Mali a besoin de vous. Il a besoin de chacun de ses enfants. Que Dieu nous donne un Mali prospère et stable dans une Afrique unie et solidaire! Dieu protège et veille sur le Mali et l’Afrique dans un monde solidaire en humanité! Et que 2014 soit l’année de tous les accomplissements ! Vive la République ! Vive le Mali !

Oumar Tatam Ly formule ses voeux au Président Keita

Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames et Messieurs les membres du Cabinet du Président de la République, Je rends grâce à  Dieu, le Tout-Puissant et Miséricordieux, de nous avoir offert l’opportunité de vivre les derniers moments de cette année 2013, qui aura été une année d’épreuves mais aussi et surtout d’espérance pour notre pays et notre peuple. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, l’année 2013 avait débuté sous de mauvais auspices. Elle avait pris, en effet, le relais d’une année 2012 marquée par le désastre sans précédent de l’occupation d’une partie de notre pays par des terroristes et des narcotrafiquants qui ont voulu enlever à  notre peuple tout ce qui constitue son essence, sa richesse et sa diversité en le soumettant par la force la plus brutale à  des lois et pratiques totalitaires d’un autre âge. Mais grâce à  la capacité de résilience et au patriotisme de notre peuple et à  l’appui précieux de la Communauté internationale, le Mali a pu se relever et a repris sa marche aux côtés des Nations éprises de liberté et de paix. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat La période transitoire qui avait été ouverte en 2012 a pris fin en 2013 avec votre éclatante élection à  la magistrature suprême de notre pays. Le score que vous avez obtenu et surtout la mobilisation sans équivalent des électeurs lors du scrutin témoignent de la confiance et de l’espoir que les Maliennes et Maliens placent en vous, en votre capacité à  relever les multiples défis qui se posent à  notre Nation. Le Gouvernement que vous avez mis en place et à  la tête duquel vous m’avez fait l’insigne honneur de me nommer, saisit cette occasion solennelle pour vous réitérer toute sa reconnaissance et vous assurer de son engagement total à  vous accompagner dans la concrétisation de votre vision « Pour l’honneur du Mali et pour le bonheur des Maliens ». Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat , l’Etat est permanence et continuité. A cet égard, il faut rendre hommage aux Autorités de la transition pour les résultats atteints dans la mise en œuvre de la feuille de route qui leur avait été tracée. Les actions engagées par le Gouvernement en 2013 intéressent tous les domaines de la vie de la Nation. Dans le domaine de la Justice, l’action du Gouvernement a tendu à  la réhabilitation de l’institution judiciaire et à  la restauration de l’Etat de droit. En matière de Lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, un Pôle Judiciaire Spécialisé a été institué. En vue de renforcer la Lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière, le Gouvernement a adopté le 1er août 2013 un projet de loi portant prévention et répression de l’enrichissement illicite. Depuis votre entrée en fonction, cette lutte est entrée dans une phase plus active avec la transmission à  la Justice de nombreux rapports de vérification et de contrôle et l’application effective des sanctions administratives. Les premiers résultats tangibles attestent que « l’impunité : zéro » n’est pas un slogan. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat l’année 2013 a été pleine de challenges pour nos Forces de Défense et de Sécurité dans l’accomplissement de leur mission régalienne de défense du territoire national et de sécurisation des personnes et des biens. Avec le soutien des forces de la MISMA/MINUSMA et de l’Opération SERVAL, nos Forces Armées et de Sécurité ont lutté pour que notre pays recouvre son intégrité territoriale et exerce sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. Afin de conforter notre vaillante Armée et nos Forces de sécurité, 4 000 jeunes ont été recrutés sur une prévision de 10 000 hommes. Le Gouvernement, en partenariat avec la Mission Européenne d’Entraà®nement (EUTM), a aussi engagé une importante action de formation de bataillons. D’importants efforts ont été consentis en vue d’assurer l’équipement des forces armées et de sécurité en matériels roulants et en matériels de communication, de maintien d’ordre et de protection. Parallèlement, des mesures visant à  restaurer l’unicité de la chaà®ne de commandement et le respect de la discipline ont été engagées afin de rétablir au sein des forces armées des principes et des règles de base de son fonctionnement. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Depuis 2012, les évènements et la situation au Nord sont au centre des préoccupations de la Nation malienne. Outre l’exercice de la souveraineté pleine et entière sur l’ensemble du territoire, se pose la question de la réconciliation des C’œurs et des esprits. l’existence, au sein de mon gouvernement, d’un département spécialement dédié à  la réconciliation nationale et au développement des régions du Nord témoigne de la volonté de prendre à  bras le corps le problème du Nord dans ses dimensions économiques et humaines. La mise en place de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation qui va remplacer la Commission Dialogue et Réconciliation, l’organisation des Assises Nationales sur le Nord les 1er, 2 et 3 novembre 2013, le Programme de Développement accéléré des Régions du Nord sont autant d’actions qui vont concourir à  créer les conditions d’une paix durable dans notre pays. Par ailleurs, pour assurer la présence de l’Etat dans les zones libérées de l’occupation, le Gouvernement a mis en place un programme d’urgence de réhabilitation des infrastructures d’un montant de 11 milliards de F CFA et organisé le retour de l’Administration dans les Régions de Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal. Des primes d’installation ont été octroyées aux agents concernés, à  cet effet. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, l’action du Gouvernement a porté en 2013 sur la décentralisation et les collectivités territoriales. A cet égard, la fonction publique des collectivités territoriales s’est renfoncée avec le recrutement de 10 000 enseignants et 2 400 agents de santé qui vont combler les déficits en ressources humaines dans ces deux secteurs vitaux. Les Etats généraux de la Décentralisation, tenus les 21, 22 et 23 octobre 2013, ont permis à  tous les acteurs de passer en revue les acquis et les faiblesses de notre expérience et de proposer des pistes pour réaliser des avancées significatives en la matière. Dans le domaine des élections, le rétablissement de l’intégrité territoriale a créé les conditions pour l’organisation de l’élection présidentielle dont les deux tours ont eu lieu respectivement les 28 juillet et 11 août 2013 et des élections législatives qui se sont déroulées le 24 novembre pour le premier tour et le 15 décembre 2013 pour le second tour. Ces deux scrutins reconnus libres, transparents et sans incidents majeurs consacrent le retour à  la normalité constitutionnelle. Ils ont démontré la maturité politique de notre peuple qui a exprimé sa volonté de se doter d’institutions légitimes et crédibles. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Dans le domaine de l’amélioration du Cadre macroéconomique, l’année 2013 a été marquée par la reprise des relations avec les partenaires techniques et financiers. Cette reprise s’est traduite par la signature de nombreux accords de financement dont la conclusion avec l’Union Européenne d’une Convention de financement dénommée Contrat d’Appui à  la Consolidation de l’Etat au Mali d’un montant de 148 milliards de F CFA et la conclusion avec la Banque Mondiale d’un Sixième Crédit d’Appui à  la Stratégie de Réduction de la Pauvreté sous forme d’appui budgétaire d’un montant de 25 milliards de F CFA. Il faut souligner, dans ce registre, l’organisation de la Conférence de Bruxelles pour le Renouveau du Mali qui a connu un franc succès. Sur la base des douze (12) priorités identifiées par le Plan pour la Relance Durable du Mali (PRED), 56 bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux se sont engagés à  fournir un montant d’assistance au Mali de 3,285 milliards d’euros pour les deux années à  venir. Dans le Secteur de l’Energie, les actions du Gouvernement ont porté principalement sur le renforcement des capacités de production et l’extension des réseaux. La qualité du service public de l’électricité a connu des améliorations grâce aux apports de nouvelles installations comme la Centrale hydroélectrique de Félou (27 MW). En outre, il faut noter la reprise progressive de l’électricité dans sept (7) localités du Nord. Dans le domaine de l’Hydraulique, l’accès à  l’eau potable et aux ressources en eau a été amélioré grâce à  la réalisation de 470 nouveaux ouvrages d’alimentation en eau potable et la réhabilitation de 36 forages. Les chantiers en cours portent sur la réalisation de stations compactes et d’adductions d’eau potable à  Bamako et dans différentes localités du pays. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Dans le domaine de l’Equipement et des Transports, des réalisations importantes ont vu le jour en 2013 dans le cadre de la poursuite des efforts visant le désenclavement intérieur et extérieur du pays. Il s’agit notamment de la construction et de la réhabilitation de routes, de l’aménagement et du bitumage de voies urbaines, de l’entretien de 12 530 km de réseau routier. Dans le secteur de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, les actions ont porté sur la remise en état de fonctionnement de 15 stations de diffusion TV/FM des villes et localités libérées de l’occupation, l’octroi d’une 3ème Licence de Téléphonie ainsi que l’adoption des projets de textes portant création d’une Haute Autorité de la Communication qui aura la mission d’assurer la régulation du secteur. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Dans le domaine du logement, les travaux de construction de 1 552 logements sociaux de Bamako qui étaient suspendus en raison des événements de 2012 ont repris le 1er septembre 2013. Les clés des logements sociaux réalisés dans les villes de Dioà¯la et Koutiala ont été remises à  leurs propriétaires dans le courant de décembre 2013. En matière de protection de l’Environnement et d’Assainissement, un programme d’urgence d’assainissement du District de Bamako portant sur l’enlèvement de près de 300 000 m3 de déchets sur neuf (9) dépôts de transit a été lancé le 7 octobre 2013 pour un montant de plus de 998 millions de F CFA. Dans le domaine de l’Urbanisme et de la Protection de la Ville, les inondations ayant entraà®né de nombreuses pertes en vies humaines ont amené le Gouvernement à  rechercher les responsabilités dans ce drame et à  envisager les mesures permettant d’éviter la survenance d’autres désastres similaires. Dans ce cadre, il est prévu l’élaboration de plans de gestion des crises et la mise en œuvre de mesures de prévention des inondations. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Dans le domaine de l’Industrie, l’année 2013 a été marquée notamment par l’entrée en production de la « Nouvelle Sucrerie du Kala Supérieur » (N-SUKALA) et de la cimenterie de la Société « Diamant », l’inauguration en janvier 2013 de l’usine de production de fers à  béton de l’Industrie Malienne de Fer à  Fougadougou (Tienfala) et en avril 2013 de l’usine de montage de véhicules Hyundai à  Banankoro. Dans le domaine des Mines, deux (2) nouvelles usines sont entrées en production portant à  neuf (9) le nombre de mines d’or en exploitation. La production totale pour 2013 est estimée à  53,501 tonnes d’or. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Les Affaires Sociales et Humanitaires ont constitué un domaine prioritaire d’intervention du Gouvernement dans le contexte de crise et de sortie de crise. En effet, après l’évaluation de leurs besoins, des actions dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de la santé, de l’éducation ont été engagées en faveur des personnes déplacées estimées à  400 000. Au total, 5 125 tonnes de vivres ont été distribuées. Le Gouvernement a octroyé 500 millions de FCFA aux populations du Nord à  travers un protocole d’entente avec Energie du Mali pour la prise en charge des dépenses d’électricité pendant trois (3) mois. Dans le domaine de la Fonction Publique, il a été procédé à  l’intégration de 651 contractuels sous le régime du statut général, au recrutement de 1 306 agents et au recrutement de 93 élèves fonctionnaires pour la 3ème promotion de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Dans le domaine de l’Education et de l’Enseignement supérieur, les actions réalisées en 2013 ont visé à  stabiliser et à  améliorer le système éducatif dans un contexte difficile en termes d’accès, de conditions de travail et de qualité des apprentissages et des formations, de gouvernance des institutions. Dans ce cadre, il faut signaler le lancement de la connexion à  l’Internet des Universités de Bamako, le 19 novembre 2013 et le lancement des travaux de construction de la voie d’accès au site de la Cité Universitaire de Kabala, le 5 décembre 2013. En outre, un accent particulier a été mis sur la situation des Régions du Nord et des populations déplacées pour lesquelles des dispositions spécifiques ont été prises : organisation de sessions spéciales d’examens, démarrage différé de l’année scolaire, appuis au retour des enseignants dans les régions concernées. Dans le domaine de la Santé, les actions ont porté sur l’amélioration de l’accessibilité géographique aux services de santé et de l’offre de soins avec notamment l’ouverture de nouveaux services spécialisés dans certains hôpitaux, la construction de Centres de santé de Référence et de CSCOM, le renforcement des équipements pour un montant d’environ 3,100 milliards de F CFA, la poursuite de la lutte contre les maladies à  travers l’approvisionnement des sites en antirétroviraux, l’organisation des campagnes de vaccination. En outre, dans le cadre de la gestion sanitaire de la crise au Nord, il a été procédé à  la prise en charge de 417 blessés et malades et à  l’organisation d’actions humanitaires pour assurer l’offre de soins aux malades. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Les femmes et les enfants constituent la frange de la population qui paye le plus lourd tribut aux périodes de crise. La crise au Nord n’a pas dérogé à  cette règle si l’on se rappelle les crimes et exactions perpétrés à  leur encontre. Les actions en direction des femmes ont porté sur l’appui à  certaines femmes et adolescentes des Régions de Gao et Tombouctou en fonds de roulement pour démarrer des activités génératrices de revenus, la dotation de groupements féminins en matériels de transformation agroalimentaire et de production agricole, la poursuite des actions de promotion de l’approche genre. Dans le même temps, les actions de protection et de promotion de l’enfant et de la famille se sont poursuivies avec notamment des soutiens aux familles déplacées. l’Emploi est un sujet de préoccupation majeure. Sa prise en charge n’a pas été favorisée par la crise qui a touché le tissu économique. Cependant, dans ce domaine, au cours de l’année 2013, il a été procédé à  la collecte de 1 358 offres d’emploi auprès des entreprises, au placement de 433 demandeurs d’emplois, à  l’appui à  la création de PME/PMI. Les activités de Formation professionnelle et de reconversion se sont poursuivies au profit des demandeurs d’emplois, de promoteurs d’entreprises et de travailleurs en activité. Le Tourisme et l’Artisanat sont des secteurs sinistrés du fait d’un contexte plutôt défavorable à  ces activités. Les actions dans ces domaines ont porté sur la réalisation d’infrastructures de base, le renforcement des capacités et la préparation de la sortie de crise. Dans le cadre de la promotion de notre patrimoine culturel, le Gouvernement envisage, entre autres, la reconstruction/réhabilitation des différents monuments détruits par les terroristes au Nord. La jeunesse malienne a fait la preuve de son engagement patriotique lors de la crise qu’a traversée notre pays à  travers sa participation multiforme à  l’effort de guerre et ses activités de sensibilisation en faveur de la paix et de la réconciliation. En 2013, le Centre National de Promotion du Volontariat au Mali a été rendu opérationnel avec notamment le recrutement de plus de 100 volontaires et leur affectation auprès des collectivités. Dans le domaine des Sports, notre pays s’est fait un point d’honneur d’organiser au plan national les activités sportives annuelles et de prendre part à  de nombreuses compétions continentales et mondiales. En termes de bilan, l’Equipe Nationale de Basket-ball des filles de moins de 16 ans a été sacrée championne d’Afrique lors du Tournoi de Maputo pour la 3ème fois consécutive ; l’Equipe Nationale de Football s’est classée 3ème à  la CAN 2013 en Afrique du Sud. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Le Gouvernement a porté une attention particulière à  la situation de nos compatriotes établis à  l’extérieur. Il faut saluer ici l’attachement des Maliens de l’extérieur à  leur pays. Ils l’ont toujours prouvé mais de façon encore plus marquante lors de cette crise en contribuant à  l’effort de guerre pour plus de 700 millions de F CFA et en menant des activités de lobbying et de défense des intérêts du Mali dans leur pays de résidence. Le Gouvernement s’est attaché à  apporter des réponses à  certaines de leurs attentes en termes d’assistance, de mise à  disposition de documents d’identité et de voyage et d’accueil lors du retour. La Diplomatie malienne a été très active au cours de l’année 2013. Elle a participé à  la mobilisation des ressources pour le développement ; elle a été présente dans les instances régionales et internationales pour soutenir les positions du Mali et obtenir l’appui des pays amis et de la Communauté internationale dans la résolution des la crise. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Ce bilan non exhaustif des activités du Gouvernement en 2013 témoigne de la vigueur de notre pays malgré les obstacles et les contraintes du moment. Cependant, le Gouvernement garde à  l’esprit que ce qui reste à  faire est considérable tant les attentes de nos concitoyens sont grandes et les ressources limitées. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, En vous élisant à  la magistrature suprême de notre pays, les Maliens ont exprimé leur volonté de changement dans le mode de gouvernance et dans leurs conditions de vie. Les femmes et les hommes qui sont au Gouvernement se tiennent à  vos côtés pour réaliser le programme que vous leur avez proposé. Dans cet objectif, le Gouvernement s’est doté d’un Programme d’Action qui fixe ses orientations et priorités pour la période 2013-2018. Les six (6) axes de ce programme et les actions prioritaires qui y sont retenues s’inscrivent dans la ligne de votre vision et tendent à  prendre en charge les sujets de préoccupation de nos concitoyens dans tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle et politique. Au cours de l’année 2014, les efforts du Gouvernement seront consacrés à  la mise en œuvre des actions et activités inscrites dans le Programme. Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Au seuil de l’année 2014, je forme le vœu que Dieu le Tout- Puissant et Miséricordieux, veille sur notre pays ; qu’Il vous accorde, Monsieur le Président de la République, une longue et heureuse vie et une très bonne santé ; qu’Il vous guide et vous protège dans l’accomplissement de votre mission au service du Mali et des Maliens. Mes vœux d’excellente année 2014 s’adressent également à  toute votre famille, à  vos proches et à  vos collaborateurs. Très bonne et heureuse année 2014, Monsieur le Président de la République. Je vous remercie de votre très haute et aimable attention.

Dioncounda Traoré :  » Yes, We Did It ! « 

Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, Chers collaborateurs, Mesdames, Messieurs, Quand, par le hasard de l’Histoire, nous avons été appelés à  servir notre pays dans les circonstances que vous savez et aux postes de responsabilité qui sont encore les nôtres ce matin, personne parmi nous ne se faisait d’illusions ni sur la délicatesse de la mission ni sur son extrême complexité. Vous le savez autant que moi, il s’agissait pour nous de remettre sur pied, avec une extrême délicatesse, un grand malade, un malade dont le pronostic vital était fortement engagé, pour parler comme les médecins. Ce qu’on nous demandait, à  vous et à  moi, C’’était d’être les missionnaires d’une cause que nos compatriotes parmi les plus optimistes avaient jugé désespérée et que les autres considéraient comme de déjà  perdue. Quant à  la communauté internationale dont il faut saluer ici la solidarité et le soutien qui ne nous ont jamais fait défaut, elle était complètement désorientée puisque que le Mali n’a pas arrêté de lui envoyer des signaux contradictoires, ambigus et inintelligibles. Par monts et par vaux, contre vents et marées, vous êtes restés une équipe soudée et solidaire autour de son capitaine, concernés à  chaque seconde par les enjeux des défis à  relever. Des défis qu’il fallait relever pour le Mali, pour la communauté internationale et pour l’Histoire. Vous avez su être des co-équipiers exemplaires convaincus que la somme de l’effort individuel aux différents postes de responsabilité assurait le résultat final. A quelques quarante huit heures de la fin de notre mission et sans aucune forme d’autosatisfecit, nous pouvons affirmer fièrement : « Mesdames et Messieurs, nous avons gagné le pari. ». A la manière des Anglo-Saxons, nous pouvons crier : « Yes, We Did It ! ». Oui, Nous l’avons fait ! Oui, nous avons relevé un challenge fou ! Oui, nous avons accompli une mission quasi impossible ! Oui, nous avons réussi la double-mission de la Transition que la Feuille de route adoptée par notre Parlement le 29 janvier 2013 déclinait en ces termes redoutables : 1. Le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays ; 2. l’organisation d’élections générales transparentes et crédibles. Pendant de longs mois, cette double-mission aura été notre souci permanent ; son accomplissement notre raison d’exister. Tout au long de ces longs mois, nous ne nous sommes jamais départis de l’idée voire de l’obsession de réussir « Notre Mission ». A aucun moment, personne ni rien n’a jamais réussi à  nous distraire. Pourtant, et Dieu nous est témoin, ce ne sont pas les écueils qui ont manqué sur notre chemin ! Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement; Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement, La gratitude est une qualité particulièrement noble qui grandit l’Homme. Savoir l’exprimer nous élève à  un niveau de plénitude tel qu’aucune montagne ne saurait faire obstacle à  l’accomplissement de notre dessein. Je vous dois l’expression de cette gratitude, celle-là  qui vient du plus profond de mon âme ; cette gratitude-là  que les mots ont du mal à  traduire et exprimer. Cette gratitude, elle n’est ni feinte, ni de circonstance ! Elle est sincère de cette sincérité qui transparait dans la joie des populations libérées du joug de l’occupation. Elle n’a d’égal que le bonheur de ces hommes, femmes, jeunes, vieux et enfants qui rentrent chez eux après de longs mois de souffrance dans les camps de réfugiés dans les pays voisins. Ma gratitude, celle que je vous exprime, elle se mesure à  l’aune du bonheur des populations du Nord qui assistent au retour progressif de l’Administration, des banques, des services socio-sanitaires, du commerce, des ONG, de la sécurité… et même des premiers touristes dont je salue le courage et la générosité. Ma gratitude, enfin, C’’est celle qui se jauge à  l’échelle du bonheur des populations du Mali tout entier qui se réjouissent du retour à  la normalité de leur quotidien d’une part, et du retour du Mali dans l’arène internationale d’autre part. Merci à  chacune et à  chacun ! Merci à  toutes et à  tous ! Merci d’avoir donné le meilleur de vous-même pour sortir notre pays de l’abime dans lequel il a été si violemment précipité ! Merci d’avoir accompli un devoir dont vous ne mesurez pas encore la portée ! Soyez fiers de l’œuvre que vous avez accomplie ! Et, sans modestie aucune, racontez à  vos enfants, petits-enfants et arrière petits-enfants que vous avez été de la grande aventure de la Deuxième Libération du Mali ; celle qui a réussi à  chasser des fanatiques illuminés au service du narcotrafic d’une part, et d’organiser des élections crédibles et transparentes dans un contexte surréaliste d’autre part. Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Mesdames, messieurs les membres du Gouvernement, Dans quelques quarante huit heures dis-je, prendra fin votre mission en qualité de ministres, membres du Gouvernement de la République. La Nation reconnaissante saura porter témoignage de votre dévouement, de votre engagement et de votre détermination sans bornes à  la servir. Restez des républicains et des grands commis de l’Etat disponibles et disposés à  servir la Nation. Mais dans la nouvelle vie qui sera la vôtre dès le 04 septembre, date de l’entrée en fonction du nouveau Président de la République, ne soyez pas surpris d’être attaqués dans la presse, d’être brocardés et même vilipendés. Souffrez que ceux qui n’ont rien apporté à  l’Humanité usent et abusent de leur droit d’inventaire de votre bilan. Souffrez qu’ils inventent et grossissent les traits de ce qu’ils auraient aimé être votre passif. Surtout, Mesdames et Messieurs, soyez fiers de faire la « Une » d’une certaine presse heureusement minoritaire qui ne trouve rien de mieux que de s’acharner sur les trains qui arrivent à  l’heure. Rappelez-vous cette sagesse de notre terroir qui nous apprend que « seules les personnes insignifiantes sont exemptes de critiques et de reproches ». Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement, Mesdames, Messieurs, Il ne me reste plus qu’à  vous souhaiter bonne chance dans cette nouvelle vie que vous allez entamer dès à  présent. l’expérience que vous avez engrangée au cours de votre mission au sein du Gouvernement est un sésame qui vous permettra d’arriver à  bout de la plupart des défis professionnels auxquels vous serez confrontés. Sachez qu’il y a eu une vie avant le Gouvernement, et qu’il y en aura une autre après. l’horloge de votre vie en tant que citoyen et en tant que serviteur de l’Etat doit continuer de fonctionner. Continuez de vous battre pour vous-même, pour les vôtres et pour le Mali, pour la paix dans le monde, le développement et la solidarité. Félicitations à  toutes et à  tous ! Merci pour la mission accomplie ! Que Dieu bénisse le Mali !

Discours du Président de la République

Mes chers compatriotes, Chers Hôtes du Mali, Dans quelques heures, le Mali tout entier ira aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle, afin de designer le troisième président de la troisième République. Ce scrutin, est il utile de le rappeler, n’a pu se tenir en avril 2012 à  cause de la grave crise survenue dans notre pays. Une crise, grave pour l’intégrité de notre Etat, grave pour les fondements de notre nation, grave pour notre processus démocratique alors considéré comme un modèle en Afrique, et pour tout dire grave pour l’existence, la liberté et la dignité du Mali. Depuis, vous le savez, nous vivons une situation exceptionnelle, un régime de transition. La volonté inébranlable du peuple malien à  rester debout ainsi que l’élan massif de solidarité dont nous avons bénéficié de la part de l’Afrique et de l’ensemble de la communauté internationale nous ont permis de reconquérir notre intégrité territoriale et d’envisager le retour de la paix et de la stabilité dans notre pays, en particulier dans son septentrion éprouvé par de trop longs mois d’occupation. Maintenant, il s’agit pour nous d’amorcer notre retour à  un ordre pleinement constitutionnel par l’organisation d’élections générales qui nous permettrons de sortir de cette période de transition qui, somme toute, n’est qu’une Transition et donc incapable par nature de prendre en charge les vrais problèmes qui ont en réalité déterminé la crise dans laquelle nous nous sommes trouvés si rapidement plongés. C’’est pourquoi nous avons fixé des délais certes contraignants mais des délais que nous pouvions tenir. Et cela nous l’avons fait, je le répète encore une fois, en toute liberté et en toute souveraineté. Personne, ni aucune organisation n’est intervenue à  ce niveau ! La CEDEAO, l’Union Africaine, la France, l’ensemble de la Communauté Internationale ont décidé là  encore d’accompagner et de soutenir le Peuple Malien afin de gagner ce pari aussi. l’élection présidentielle du 28 juillet est donc un évènement vital, un évènement historique ! Elle est la manifestation de notre volonté de refonder notre processus démocratique. Et, il s’agira pour le régime issu de cette élection, nous ne le dirons jamais assez, de travailler plus en profondeur, sur les voies et moyens de bâtir un Etat bien plus solide, bien plus sûr, bien plus prévisible et bien « mieux » démocratique. C’’est pour cette raison qu’en notre nom, au nom du gouvernement, et au nom de la nation malienne, nous renouvelons nos félicitations sincères à  tous les candidats. En effet, le premier magistrat du pays sera plus que stratégique pour cette refondation : il en sera à  la fois l’architecte et l’ouvrier, à  la fois le ciment et la truelle. Les candidats ont une conscience aigue de cet enjeu, nous en sommes sûrs, et ils méritent, par conséquent, le respect et la gratitude de nos concitoyennes et de nos concitoyens pour leur esprit patriotique. Car ils devinent mieux que quiconque les servitudes de la charge en ce tournant de notre histoire. Ce sens profond de notre histoire actuelle, ils l’ont. Les défis qu’elle nous réserve, ils les mesurent. Les responsabilités qu’elles impliquent, ils se les sont d’ores et déjà  assignées, à  en juger par la qualité du climat préélectoral qui a jusque-là  prévalu. Cette campagne-ci s’est déroulée sans violence physique et sans trop de violence verbale, loin des arguments régionalistes et ethniques. C’’est à  leur honneur. C’’est à  l’honneur du Mali. Nous devons tout faire pour préserver ce climat propice et approprié : Gouvernement, candidats, électeurs, afin de garantir la paix sociale à  l’issue d’un processus électoral apaisé. C’’est une chance pour le Mali que ce soit l’un de ces candidats que le choix transparent, et respecté des électeurs portera à  la tête de notre pays. Un pays encore convalescent qu’il nous faut ménager, parce que nous n’avons rien de mieux, parce qu’il n’y a rien de mieux qu’un pays, son pays. Alors, J’exhorte ces candidats à  maintenir ce climat paisible, à  n’envisager que les recours légaux, à  ne pas insulter l’avenir, car ils sont tous utiles pour la République. Je voudrais également exhorter les électeurs à  sortir massivement, à  se mobiliser comme jamais, dans un esprit de discipline et de responsabilité pour voter. l’Etat, pour sa part, est le garant d’élections régulières, et crédibles, il a la responsabilité d’assurer la sécurité des scrutins. Il l’assurera, que personne ne s’y trompe. Aucun trouble de l’ordre public ne sera toléré. Mais que personne ne se trompe également ou ne cherche à  semer le doute sur l’impartialité et l’équidistance de l’Etat par rapport aux candidats. Le Président, le Premier ministre et les membres du Gouvernement ont décidé de volonté délibérée de ne pas se présenter à  cette élection présidentielle pour lui conférer le maximum de transparence et le maximum de crédibilité possibles. Chacune et chacun d’entre nous votera en tant qu’électeur pour le candidat qui l’aura convaincu à  l’issue de la campagne électorale mais le Président, le Premier ministre et le Gouvernement n’ont pas de candidat en tant qu’Institutions. Et le président du Mali ou la présidente du Mali sera celui ou celle que les urnes auront désigné(e). Il n’y a pas de tripatouillage en cours ni sur les cartes, ni sur les bulletins ni sur autre chose. Il n’y a pas, non plus, de tripatouillage planifié par l’Etat. Et il n’y aura pas de 3ème ou de 4ème tour imputables à  l’Etat. Nous vous en donnons l’assurance. Notre vœu, et l’honneur retrouvé de notre démocratie, C’’est qu’il y ait une compétition saine, des résultats acceptés parce qu’acceptables, et qu’au bout du processus, il y ait les félicitations de tous à  celui ou celle que les urnes auront désigné(e) pour être notre président, notre présidente à  tous, le président ou la présidente d’un temps de refondation, de ressaisissement, et de consolidation, donc le Président d’un temps de mains qui resteront tendues à  l’ensemble des compétences et des bonnes volontés de ce pays. Dans quelques jours, le plus grand honneur pour moi sera de transmettre le témoin à  ce président ou à  cette présidente, en me tenant à  ses côtés, comme chacune et chacun d’entre vous, pour servir le Mali, le grand Mali, le Mali qui doit être au dessus de tout, de nous tous et de nous toutes. Bonne chance à  tous les candidats et à  la candidate. Bon vote à  tous les électeurs et à  toutes les électrices, Faisons de cette élection une nouvelle fête de la démocratie malienne ! Vive la démocratie. Vive le Mali. Que DIEU vous bénisse !

Adresse du Président Dioncounda Traoré à l’occasion de la libération totale du territoire malien

Chers Compatriotes, Nos troupes sont entrées à  Kidal depuis le vendredi 05 juillet, marquant ainsi l’aboutissement du processus qui devait nous conduire au rétablissement de l’intégrité de notre territoire et de notre souveraineté sur l’ensemble du pays. C’’est pourquoi, je commencerai mes propos en rendant grâce à  Allah qui, dans sa toute puissance et son infinie bonté, a permis qu’en ce moment précis, je puisse m’adresser à  vous et vous dire que notre pays est entièrement libéré et que désormais nous devons quitter nos peurs et nos angoisses pour parler de nos espoirs et de nos opportunités. Nous venons ainsi de réussir l’une des deux missions dévolues aux autorités de transition grâce au Peuple du Mali et à  l’armée malienne, grâce à  l’intervention déterminante des Forces Françaises, Tchadiennes ainsi que de celles de la CEDEAO. Je veux, ici, saluer le Peuple malien, c’est-à -dire vous toutes et vous tous, pour n’avoir jamais désespéré, pour avoir cru jusqu’au bout à  la grandeur et au destin de ce Pays. Je veux saluer l’Armée malienne pour son courage et son engagement malgré la modicité des moyens mis à  sa disposition, et lui réaffirmer toute la détermination du gouvernement à  poursuivre laréalisation des conditions indispensables à  l’accomplissement de sa mission. Je veux saluer la France de François HOLLANDE et les Forces armées Françaises dont l’action décisive, massive et fraternelle, depuis le 11 janvier 2013, a écrit les premières pages de l’Histoire nouvelle des relations entre la France et le Mali, entre la France et l’Afrique. Damien BOITEUX, le premier soldat étranger mort pour la libération du Mali est français. Je veux saluer la CEDEAO et l’Union Africaine, ainsi que des pays frères qui, comme l’Algérie, la Mauritanie, l’Afrique du Sud, ont assisté notre pays sur le front de l’humanitaire. Je veux saluer plus spécialement les contingents du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la Guinée, du Niger, du Sénégal, du Togo, du Tchad, du grand Tchad qui, en compagnie de l’Armée française, a remué chaque pierre et visité chaque grotte de l’Adrar des Ifoghas. Je veux saluer la Communauté Internationale, l’Union Européenne, la République Fédérale d’Allemagne, le Royaume Uni, les Etats-Unis d’Amérique, le Japon, la Chine. Je veux saluer la poursuite de la mission française à  nos côtés et souhaiter la bienvenue à  la MINUSMA. Mes chers compatriotes, Comme vous le savez, depuis le 18 juin dernier, a été signé à  Ouagadougou l’Accord préliminaire aux pourparlers inclusifs pour la paix au Mali. Cet accord rétablit et renforce notre souveraineté sur chaque centimètre carré de notre territoire pour que s’y exerce l’autorité d’une République laà¯que et unie, sous le drapeau vert, or et rouge du Mali, à  côté d’une belle devise que nous devons nous rappeler chaque matin: « Un Peuple, Un But, Une Foi ». Cet accord, nous pouvions l’obtenir par le dialogue et C’’est ce nous avons fait, évitant ainsi une autre guerre au prix du sang de nos soldats ou de nos propres populations et avec le coût que nous savons. Parce que chaque véhicule blindé acquis ou détruit est un puits en moins, des salles de classe en moins, des centres de santé en moins ! Parce que chaque soldat tué au front est un fils, un époux, une épouse, un frère ou un père ! Depuis le 12 avril 2013, o๠J’ai prêté serment, je n’ai jamais varié, je n’ai jamais proposé que le dialogue et la paix dans le respect strict de l’intégrité et de la laà¯cité du Mali. Ce n’est que contraints et forcés que nous avons recouru à  la guerre qui fait des morts, des handicapés, des orphelins et des veuves. Notre seule guerre doit être la guerre contre la misère, la guerre pour la santé et l’éducation de nos enfants, la guerre pour le développement et la démocratie au profit de nos populations. Cet accord de Ouagadougou qui renforce la République du Mali, de nouveau reconnue par ceux de ses enfants qui la rejetaient, n’aurait pas pu être possible sans la caution du Peuple du Mali, c’est-à -dire de vous toutes et de vous tous que je salue et à  qui je redis toute ma confiance. Et C’’est pour ce Peuple qu’il nous faut nous dépasser, nous surpasser encore et encore! C’’est pour ce Peuple que nous devons sortir des logiques individuelles et solitaires ou des surenchères suicidaires! Surtout à  ce stade o๠nous nous acheminons vers l’élection présidentielle, première étape de notre retour à  une vie constitutionnelle normale. Mes chers compatriotes, Pour qui observe la profondeur de l’abà®me dans lequel nous sommes tombés et la rapidité avec laquelle cela s’est produit, celui-là  se rendra à  l’évidence que la crise malienne est très profonde et qu’il ne s’agit pas seulement d’une crise sécuritaire même si cette dernière a ébranlé les fondements de notre intégrité territoriale. Il s’agit d’une crise de notre société et de notre Etat dont il faut identifier tous les paramètres et chercher à  les maà®triser. Il s’agit donc d’une crise qui demande une véritable refondation de notre Etat et de notre gouvernance. Et cette mission ne saurait être menée à  bien par une transition. Pour cela, il faut impérativement un pouvoir issu des urnes ayant davantage de légitimité et beaucoup plus de temps. Cela signifie en clair que plus vite ce pouvoir sera installé, plus tôt les vraies raisons de la crise pourront être prises en charge! C’’est fort de cette conviction et contrairement à  ce que certains pourraient croire, que le Gouvernement du Mali a décidé, en toute indépendance et en toute souveraineté, de fixer le 31 juillet 2013 comme date limite du début des élections et par voie de conséquence le 28 juillet comme date du premier tour de l’élection présidentielle. En fixant cela, nous savions que nous engagions un véritable pari, mais nous savions pouvoir compter encore une fois sur les ressources insoupçonnées du Peuple malien et sur son attachement à  la démocratie si chèrement acquise un certain 26 mars 1991. C’’est pourquoi, J’insiste encore et toujours sur le dialogue, sur le sens patriotique et sur le respect mutuel. Mes chers compatriotes, Après avoir rencontré de nombreux partis politiques, la société civile, les leaders religieux, les familles fondatrices de Bamako, les médias, je vais rencontrer ceux et celles qui ont été retenus par la Cour Constitutionnelle pour briguer le suffrage de leurs concitoyens et que je félicite d’ores et déjà  pour leur courage et leur dédicace au Mali. Loin de nous la prétention de vouloir organiser des élections parfaites; une chose impossible même en situation normale. Mais, nous avons la ferme volonté de réussir des élections transparentes et crédibles dont les résultats seront acceptés par tous et toutes. Parce que toutes et tous les auront voulues comme telles! En évitant de se focaliser sur les difficultés inévitables rencontrées ici ou là  et qu’ensemble nous nous efforcerons de résoudre. Nous pouvons gagner ce pari ! Notre classe politique le peut, notre société civile le peut, nos candidats le peuvent et chacune et chacun d’entre nous le peut! Non seulement nous pouvons gagner ce pari, mais nous le devons. Nous le devons à  ce Pays qui nous a tant donné et à  ce Peuple qui, plus d’une fois durant notre grave crise, a prouvé tous les jours qu’il était digne de ses fiers devanciers. Mes chers compatriotes, Nous avons les ressources sociétales, culturelles et cultuelles nécessaires pour ne pas cultiver la haine et la violence là  o๠nos ancêtres ont semé les graines du partage, de la tolérance, du devoir, du pardon, de la solidarité, et de la justice. Mettons fin aux divisions artificielles qui, bien souvent, ne reflètent que le péril engendré par nos égos et qui peuvent hélas reproduire ici des tragédies de pays qui s’y sont laissés aller et qui ont fini par le regretter. Inscrivons-nous dans la dynamique d’un Pays uni et décidé à  le rester o๠il n’y a ni béret vert, ni béret rouge, mais le béret du Mali. Un Pays o๠il n’y a ni turban taliban, ni turban imouchar, mais le turban du Mali. Un pays o๠il n’y a ni kounta, ni arabe, ni songhay, ni arma, ni sénoufo, ni kassonké, ni soninké, ni bamanan, mais un Peuple qui fait de sa diversité non un handicap, mais une passerelle vers les autres et vers l’avenir ! Notre survie est à  ce prix ! Mes chers compatriotes, Je sonne donc la mobilisation générale des Maliennes et des Maliens, de l’intérieur comme de l’extérieur, pour le succès des prochaines élections, comme ils ont su si bien le faire pour la libération de notre territoire ! Je sais que je peux compter sur chacune et chacun de vous et que J’aurai l’honneur de vous reparler le jour de l’investiture du troisième Président démocratiquement élu de notre Pays, dans quelques semaines avec la mise en œuvre du second volet de notre feuille de route! Ce Pays n’a d’autre vocation que la Paix et la Solidarité! Soyons confiants en l’avenir du Mali et ayons foi en nous-mêmes. Je souhaite bon Ramadan à  tous et un bon hivernage ! Bonne campagne à  nos 28 candidats Puisse le Tout Puissant continuer à  veiller sur la Mali, Un, Indivisible et Laà¯c! Et qu’il nous bénisse !

Dioncounda TRAORE: la donne change « dans le sens souhaité »

Excellence Monsieur le Président de la Conférence des chefs d’états de la CEDEAO Excellence Madame et Messieurs les chefs d’état et de gouvernement Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO Monsieur le Représentant Spécial de l’Union Africaine, Président de la MISMA Mesdames, Messieurs, les ministres Excellence Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique Distingués invités, mesdames, messieurs Il y a un peu plus d’un an, le 17 février 2012, lors de son 40eme Sommet ordinaire, placé sous le signe de la consolidation de la paix, de la sécurité et de la culture de la démocratie, la CEDEAO portait à  sa présidence, le Président Alassane OUATTARA qui nous reçoit aujourd’hui avec la chaleur de l’hospitalité ivoirienne, dans cette ville – symbole de Yamoussoukro, au C’œur du pays Baoulé qui a donné au monde la formule partout connue : AKWABA. Chez le regretté Félix Houphouet Boigny, l’homme de la Paix, l’avocat du dialogue, notre père à  tous. A l’anniversaire de ce mandat salutaire pour mon pays C’’est à  la fois un devoir et un plaisir pour moi de m’adresser à  vous, Président Alassane OUATTARA. Vous vous êtes dépensé sans compter pour redynamiser notre organisation sous régionale mais aussi et surtout pour que le Mali puisse recouvrer son intégrité territoriale, vous qui aviez déjà  tant à  faire sur le front de la réconciliation et de la reconstruction en Côte d’Ivoire. Grace à  vous, la Côte d’Ivoire est entrain de réintégrer le cercle vertueux du progrès et le Mali est en voie, grâce à  vous, de sortir du cercle vicieux de la plus grave crise de son histoire. Merci donc Président OUATTARA et permettez qu’en cette occasion, solennelle en tant que Président d’un pays profondément ému par l’élan unanime de solidarité dont il a bénéficié, je réitère l’expression de la gratitude de tout le Mali à  tous ses frères et amis. Je voudrais saluer l’accompagnement combien décisif et bienveillant de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en particulier, de l’Union Africaine et également des Nations Unies et de l’Union Européenne avant et pendant notre crise. Je voudrais saluer tous les chefs d’état de notre organisation sous régionale dont les troupes se battent et meurent aujourd’hui sur le sol Malien. Présidents Yayi Boni, Blaise Campaoré, Macky Sall, Faure Gnassingbe, Jonathan Goodluck, Alpha Condé, John Mahma, Mahamadu Issoufou, merci à  mon nom personnel, au nom du Peuple du Mali qui se souviendra toujours. Chers frères et sœurs de la CEDEAO, de l’Afrique et du monde, je voudrais également vous demander de vous joindre une fois de plus à  vos frères et sœurs du Mali pour saluer le Président Idriss Deby Itno ainsi que le Peuple Tchadien pour l’engagement massif et qualitatif de la vaillante armée Tchadienne au Nord du Mali. Elle a hélas enregistré ses premiers martyrs. 24 valeureux fils du Tchad ont fait don de leur vie pour la paix, pour la liberté et la dignité de l’homme. Nous nous inclinons pieusement devant leur mémoire. Ces douloureuses et injustes pertes en vies humaines ne font que renforcer notre détermination commune à  ne laisser aucun répit aux terroristes et aux narcotrafiquants que nous combattrons de toutes nos forces. Je voudrais souligner ici que la présence de cette armée aguerrie est une présence structurante. l’autre présence structurante dont je me réjouis est celle de l’Armée Française à  Bamako, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal et plus au Nord encore. C’’est l’illustration la plus éloquente de la fraternité, de la solidarité entre les hommes et de la fidélité du pays de la révolution de 1789 aux valeurs de liberté, de fraternité et de dignité de l’homme. Sans François Hollande et sans l’armée française la face du Mali et peut être celle de bien des états de notre sous-région eussent été bien différentes à  l’heure o๠je vous parle. Excellence Mesdames et Messieurs l’armée Malienne et ses alliées françaises et africaines sont engagées sur plusieurs fronts pour pourchasser et détruire complètement les repaires des terroristes et des narco-djihadistes. La donne est en train de changer dans le sens souhaité et il est permis de regarder l’avenir avec plus d’espoir qu’il y a deux mois o๠les ⅔ de notre territoire étaient occupés. Toutes les grandes villes du Septentrion sont sous le contrôle des forces alliées et de l’Etat Malien : Konna, Douentza, Djabaly, Gao, Bourem, Toumbouctou sont libérés et la traque des terroristes se poursuit dans l’Adrar des Ifoghas. Affaiblis et déstructurés par les frappes de l’aviation française, pourchassés par les militaires Maliens et alliés déployés au sol, les narco-djihadistes en déroute entreprennent une guerre asymétrique caractérisée par le harcèlement des troupes, les attentats suicides et les attentats à  la voiture piégée. Les terroristes d’AQMI, du MUJAO, d’Ancar-Dine, du MNLA et leurs alliés cherchent à  créer la psychose chez les populations déjà  éprouvées par près d’un an d’occupation. C’’est pourquoi nous devons rester particulièrement vigilants car l’ennemi conserve encore une forte capacité de nuisance. Néanmoins, l’administration réoccupe progressivement ses positions. La Feuille de route du Gouvernement adoptée par l’Assemblée nationale prévoit le rapatriement de près de trois cent mille de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins. Le processus du dialogue inter-malien qui sera mené en collaboration avec la médiation de la CEDEAO est en train d’être organisé. La Commission Nationale pour le Dialogue et la Réconciliation sera créée dans moins d’une semaine et sera constituée de représentants de l’ensemble des Communautés du Nord et du Sud, toutes couches sociales et toutes ethnies confondues. Excellences Mesdames et Messieurs, Quant à  l’organisation des élections générales, comme vous le savez, nous avons fixé le 31 juillet 2013 comme date limite de leur tenue. Il s’agit là  d’un véritable challenge que nous nous efforcerons de gagner. Le Gouvernement s’est attelé dès le début de la Transition à  leur préparation. Nos spécialistes des questions électorales travaillent d’arrache-pied à  produire un fichier électoral crédible avec à  la clef l’élaboration d’une carte assortie d’un identifiant unique pour chaque malien et chaque malienne. Cette carte produite à  partir des données du Recensement Administratif à  Vocation d’Etat Civil (RAVEC) permettra de diminuer les risques de fraude. Le budget prévisionnel pour l’organisation de ces élections est de 60 milliards de francs CFA et C’’est le lieu pour moi de lancer un appel à  la Communauté internationale afin de nous aider pour une parfaite organisation de ces scrutins. l’organisation d’élections présidentielle et législatives transparentes et crédibles telles que recommandées par la résolution 2085 du 20 décembre 2012 sera le meilleur test de notre capacité et de notre volonté de tourner la page de la plus grave crise institutionnelle et sécuritaire que notre pays ait jamais connue. Excellences Mesdames et Messieurs, La mise en œuvre des actions inscrites dans la Feuille de route permettra de relever les différents défis qui se posent au Mali en matière de sécurité, de restauration de la démocratie et de relance des activités socio-économiques. Pour atteindre ces objectifs, en plus des ressources prévues dans le budget d’Etat 2013, le Mali compte sur l’assistance des pays amis et des partenaires techniques et financiers traditionnels. Il y a lieu de se féliciter des résultats de la Conférence des Donateurs sur le Mali du 29 janvier 2013 à  Addis-Abeba, de la décision de l’Union Européenne, du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale et de nombreux partenaires de reprendre la coopération avec le Mali dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, la reconstruction post-conflit, la relance de la croissance et le développement. Par ailleurs, le concept stratégique, fondement de l’action de la MISMA, vient d’être révisé à  Bamako. Cette mission ne demeurera pertinente que porteuse du mandat le plus approprié pour protéger l’intégrité de notre pays, ramener et maintenir la paix et la sécurité dans les régions en cours de libération, dans l’espace CEDEAO, en Afrique et dans le monde. C’’est pourquoi nous sommes fortement favorables à  la transformation du mandat de la MISMA dès que les territoires occupés seront libérés, afin de faire de la MISMA une force de maintien de la Paix des Nations Unies. Excellence Mesdames et Messieurs, Comme nous l’avons toujours affirmé dans toutes nos déclarations, le Mali est entraà®né dans une guerre qu’il n’a pas souhaitée et nous sommes toujours restés ouverts au dialogue, mais à  un dialogue qui respecte l’intégrité de notre territoire et la laà¯cité de notre République. Je suis venu vous dire encore une fois, chers frères, chères sœurs, chers amis, que nous aurions préféré ne jamais avoir à  tirer un seul coup de feu, que le dialogue est ce que nous avons toujours souhaité et qu’obligés de faire la guerre, notre gouvernement n’acceptera pas, pour l’honneur de la République et de l’Armée que quiconque soit victime d’exaction ou de justice expéditive. Nous veillerons à  ce que toute personne, militaire ou civile, qui se rendra coupable d’exactions réponde de ses actes devant les juridictions compétentes maliennes ou internationales. Messager d’un pays qui a le sens de la fierté et de la justice et qui voit dans certaines informations diffusées avec insistance et énoncées toujours au conditionnel, la volonté de désinformer et de jeter de l’huile sur le feu, je suis là  aussi pour réclamer le sens de la mesure, le sens de la justice. Pour demander aux avocats de l’indéfendable de ne pas continuer davantage leurs allégations que nous considérons comme autant d’injures contre une Nation déjà  blessée. Le Mali doit être accompagné et compris dans sa recherche de compromis pour que les communautés du Nord réapprennent à  vivre ensemble, dans l’histoire assumée et purgée d’une crise dont il ne faut pas sous-estimer la profondeur. On devrait plutôt diffuser et rediffuser le message délivré par ces jeunes officiers maliens aux populations de Tombouctou et Gao, leur demandant de ne pas faire d’amalgame et leur expliquant que l’action de l’Armée a pour objectif de les libérer de leurs tortionnaires mais, qu’en aucun cas, elle ne saurait poser d’action contre une communauté particulière ou entreprendre quelque action de représailles. Le Mali n’a accusé personne. Mais que personne ne nous accuse à  tort ! Qu’on ne lui jette pas la pierre quand ce sont des excuses qu’il mérite. Qu’on ne vienne pas nous dire que ce sont des hommes de Dieu qui sont en train d’être combattus car ce sont eux qui ont déclaré la guerre à  leurs frères en Islam ! Mais il est désormais établi, qu’en réalité, leur religion, C’’est le narcodollars !!! Oui, nous sommes ouverts au dialogue s’il permet de soustraire les masses crédules des agissements de doctrinaires fous qui n’accordent aucun prix à  la vie humaine. Et qu’on ne vienne pas nous dire que la communauté Touareg et encore moins l’ensemble des communautés du Nord, ce sont ces fauteurs de troubles habitués à  l’argent facile, à  la supercherie et à  la manipulation. Les communautés du Nord sont hélas celles qui vivent dans les camps depuis les premiers coups de feu en janvier 2012, après avoir laissé derrière elles leurs animaux et leurs terroirs par la faute de ceux qui ont aujourd’hui l’indécence de vouloir parler en leur nom. Excellences Madame, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames, Messieurs, Je ne serais pas là  au 43ème sommet de la CEDEAO pour vous parler. C’’est mon souhait et je ferai tout pour que ce souhait soit réalisé et que ce soit un Président élu, fort de toute sa légitimité, qui prenne la parole devant vous dans quelques mois. Aucun présent ne saurait être plus grand pour mon pays et aucun remerciement ne serait mieux souhaité par vous dont les troupes sont en train de risquer leur vie pour l’intégrité territoriale du Mali, mais aussi pour sa démocratie. Je n’aimerais pas partir cependant sans partager avec vous une préoccupation profonde sur la situation du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Car la crise malienne n’est qu’une préfiguration du schéma voulu pour tous nos Etats qui sont tous soit dans l’arc de la menace terroriste et narco-djihadiste soit dans l’arc du terrorisme maritime. Il ne faudra pas non plus oublier qu’avant le « test de vérité », l’Armée malienne faisait figure d’une des grandes armées de la sous-région. Ce qui nous est arrivé est connu de tous. Et la leçon qu’il faut en tirer est que le Mali ne pouvait s’en tirer tout seul. Il a fallu que vous accouriez tous, il a fallu que la France accoure avec le soutien de la communauté internationale dans le cadre d’une solidarité qui, je suis sûr, fera jurisprudence. Ce cas du Mali nous rappelle brutalement l’impérieuse nécessité de disposer de forces sous-régionales en attente et immédiatement opérationnelles et l’urgence de mettre en place ce dispositif crucial pour notre architecture sous régionale voire continentale de paix et de sécurité. C’’est sans doute le seul moyen de faire en sorte que notre tragédie, à  nous, ne se reproduise nulle part ailleurs dans notre région. Nous devons rechercher constamment les causes de nos insécurités sans jamais mettre la tête dans le sable. Ainsi seulement, la crise malienne aura servi à  toute la sous-région. Excellences Madame, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames, Messieurs, Je vous dis merci du fond du C’œur. Je vous redis la gratitude du peuple malien et avec lui nous vous disons que le Mali revient, que le Mali libre et démocratique reviendra prendre sa place parmi vous, plus fort des enseignements de sa crise et de sa volonté de ne plus sombrer. Vive la CEDEAO ! Vive l’Intégration Régionale ! Vive l’Afrique ! Vive la Solidarité entre tous les peuples du monde ! Merci pour votre attention.

Discours de Dioncounda Traoré au au 42ème Sommet de la CEDEAO (Yamoussoukro – 28 février 2013)

Excellence Monsieur le Président de la Conférence des chefs d’états de la CEDEAO Excellence Madame et Messieurs les chefs d’état et de gouvernement Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO Monsieur le Représentant Spécial de l’Union Africaine, Président de la MISMA Mesdames, Messieurs, les ministres Excellence Mesdames, Messieurs les membres du corps diplomatique Distingués invités, mesdames, messieurs Il y a un peu plus d’un an, le 17 février 2012, lors de son 40eme Sommet ordinaire, placé sous le signe de la consolidation de la paix, de la sécurité et de la culture de la démocratie, la CEDEAO portait à  sa présidence, le Président Alassane OUATTARA qui nous reçoit aujourd’hui avec la chaleur de l’hospitalité ivoirienne, dans cette ville – symbole de Yamoussoukro, au C’œur du pays Baoulé qui a donné au monde la formule partout connue : AKWABA. Chez le regretté Félix Houphouet Boigny, l’homme de la Paix, l’avocat du dialogue, notre père à  tous. A l’anniversaire de ce mandat salutaire pour mon pays C’’est à  la fois un devoir et un plaisir pour moi de m’adresser à  vous, Président Alassane OUATTARA. Vous vous êtes dépensé sans compter pour redynamiser notre organisation sous régionale mais aussi et surtout pour que le Mali puisse recouvrer son intégrité territoriale, vous qui aviez déjà  tant à  faire sur le front de la réconciliation et de la reconstruction en Côte d’Ivoire. Grace à  vous, la Côte d’Ivoire est entrain de réintégrer le cercle vertueux du progrès et le Mali est en voie, grâce à  vous, de sortir du cercle vicieux de la plus grave crise de son histoire. Merci donc Président OUATTARA et permettez qu’en cette occasion, solennelle en tant que Président d’un pays profondément ému par l’élan unanime de solidarité dont il a bénéficié, je réitère l’expression de la gratitude de tout le Mali à  tous ses frères et amis. Je voudrais saluer l’accompagnement combien décisif et bienveillant de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest en particulier, de l’Union Africaine et également des Nations Unies et de l’Union Européenne avant et pendant notre crise. Je voudrais saluer tous les chefs d’état de notre organisation sous régionale dont les troupes se battent et meurent aujourd’hui sur le sol Malien. Présidents Yayi Boni, Blaise Campaoré, Macky Sall, Faure Gnassingbe, Jonathan Goodluck, Alpha Condé, John Mahma, Mahamadu Issoufou, merci à  mon nom personnel, au nom du Peuple du Mali qui se souviendra toujours. Chers frères et sœurs de la CEDEAO, de l’Afrique et du monde, je voudrais également vous demander de vous joindre une fois de plus à  vos frères et sœurs du Mali pour saluer le Président Idris Deby Itno ainsi que le Peuple Tchadien pour l’engagement massif et qualitatif de la vaillante armée Tchadienne au Nord du Mali. Elle a hélas enregistré ses premiers martyrs. 24 valeureux fils du Tchad ont fait don de leur vie pour la paix, pour la liberté et la dignité de l’homme. Nous nous inclinons pieusement devant leur mémoire. Ces douloureuses et injustes pertes en vies humaines ne font que renforcer notre détermination commune à  ne laisser aucun répit aux terroristes et aux narcotrafiquants que nous combattrons de toutes nos forces. Je voudrais souligner ici que la présence de cette armée aguerrie est une présence structurante. l’autre présence structurante dont je me réjouis est celle de l’Armée Française à  Bamako, Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal et plus au Nord encore. C’’est l’illustration la plus éloquente de la fraternité, de la solidarité entre les hommes et de la fidélité du pays de la révolution de 1789 aux valeurs de liberté, de fraternité et de dignité de l’homme. Sans François Hollande et sans l’armée française la face du Mali et peut être celle de bien des états de notre sous-région eussent été bien différentes à  l’heure o๠je vous parle. Excellence Mesdames et Messieurs l’armée Malienne et ses alliées françaises et africaines sont engagées sur plusieurs fronts pour pourchasser et détruire complètement les repaires des terroristes et des narco-djihadistes. La donne est en train de changer dans le sens souhaité et il est permis de regarder l’avenir avec plus d’espoir qu’il y a deux mois o๠les ⅔ de notre territoire étaient occupés. Toutes les grandes villes du Septentrion sont sous le contrôle des forces alliées et de l’Etat Malien : Konna, Douentza, Djabaly, Gao, Bourem, Toumbouctou sont libérés et la traque des terroristes se poursuit dans l’Adrar des Ifoghas. Affaiblis et déstructurés par les frappes de l’aviation française, pourchassés par les militaires Maliens et alliés déployés au sol, les narco-djihadistes en déroute entreprennent une guerre asymétrique caractérisée par le harcèlement des troupes, les attentats suicides et les attentats à  la voiture piégée. Les terroristes d’AQMI, du MUJAO, d’Ancar-Dine, du MNLA et leurs alliés cherchent à  créer la psychose chez les populations déjà  éprouvées par près d’un an d’occupation. C’’est pourquoi nous devons rester particulièrement vigilants car l’ennemi conserve encore une forte capacité de nuisance. Néanmoins, l’administration réoccupe progressivement ses positions. La Feuille de route du Gouvernement adoptée par l’Assemblée nationale prévoit le rapatriement de près de trois cent mille de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins. Le processus du dialogue inter-malien qui sera mené en collaboration avec la médiation de la CEDEAO est en train d’être organisé. La Commission Nationale pour le Dialogue et la Réconciliation sera créée dans moins d’une semaine et sera constituée de représentants de l’ensemble des Communautés du Nord et du Sud, toutes couches sociales et toutes ethnies confondues. Excellences Mesdames et Messieurs, Quant à  l’organisation des élections générales, comme vous le savez, nous avons fixé le 31 juillet 2013 comme date limite de leur tenue. Il s’agit là  d’un véritable challenge que nous nous efforcerons de gagner. Le Gouvernement s’est attelé dès le début de la Transition à  leur préparation. Nos spécialistes des questions électorales travaillent d’arrache-pied à  produire un fichier électoral crédible avec à  la clef l’élaboration d’une carte assortie d’un identifiant unique pour chaque malien et chaque malienne. Cette carte produite à  partir des données du Recensement Administratif à  Vocation d’Etat Civil (RAVEC) permettra de diminuer les risques de fraude. Le budget prévisionnel pour l’organisation de ces élections est de 60 milliards de francs CFA et C’’est le lieu pour moi de lancer un appel à  la Communauté internationale afin de nous aider pour une parfaite organisation de ces scrutins. l’organisation d’élections présidentielle et législatives transparentes et crédibles telles que recommandées par la résolution 2085 du 20 décembre 2012 sera le meilleur test de notre capacité et de notre volonté de tourner la page de la plus grave crise institutionnelle et sécuritaire que notre pays ait jamais connue. Excellences Mesdames et Messieurs, La mise en œuvre des actions inscrites dans la Feuille de route permettra de relever les différents défis qui se posent au Mali en matière de sécurité, de restauration de la démocratie et de relance des activités socio-économiques. Pour atteindre ces objectifs, en plus des ressources prévues dans le budget d’Etat 2013, le Mali compte sur l’assistance des pays amis et des partenaires techniques et financiers traditionnels. Il y a lieu de se féliciter des résultats de la Conférence des Donateurs sur le Mali du 29 janvier 2013 à  Addis-Abeba, de la décision de l’Union Européenne, du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale et de nombreux partenaires de reprendre la coopération avec le Mali dans le cadre de la lutte contre l’insécurité, la reconstruction post-conflit, la relance de la croissance et le développement. Par ailleurs, le concept stratégique, fondement de l’action de la MISMA, vient d’être révisé à  Bamako. Cette mission ne demeurera pertinente que porteuse du mandat le plus approprié pour protéger l’intégrité de notre pays, ramener et maintenir la paix et la sécurité dans les régions en cours de libération, dans l’espace CEDEAO, en Afrique et dans le monde. C’’est pourquoi nous sommes fortement favorables à  la transformation du mandat de la MISMA dès que les territoires occupés seront libérés, afin de faire de la MISMA une force de maintien de la Paix des Nations Unies. Excellence Mesdames et Messieurs, Comme nous l’avons toujours affirmé dans toutes nos déclarations, le Mali est entraà®né dans une guerre qu’il n’a pas souhaitée et nous sommes toujours restés ouverts au dialogue, mais à  un dialogue qui respecte l’intégrité de notre territoire et la laà¯cité de notre République. Je suis venu vous dire encore une fois, chers frères, chères sœurs, chers amis, que nous aurions préféré ne jamais avoir à  tirer un seul coup de feu, que le dialogue est ce que nous avons toujours souhaité et qu’obligés de faire la guerre, notre gouvernement n’acceptera pas, pour l’honneur de la République et de l’Armée que quiconque soit victime d’exaction ou de justice expéditive. Nous veillerons à  ce que toute personne, militaire ou civile, qui se rendra coupable d’exactions réponde de ses actes devant les juridictions compétentes maliennes ou internationales. Messager d’un pays qui a le sens de la fierté et de la justice et qui voit dans certaines informations diffusées avec insistance et énoncées toujours au conditionnel, la volonté de désinformer et de jeter de l’huile sur le feu, je suis là  aussi pour réclamer le sens de la mesure, le sens de la justice. Pour demander aux avocats de l’indéfendable de ne pas continuer davantage leurs allégations que nous considérons comme autant d’injures contre une Nation déjà  blessée. Le Mali doit être accompagné et compris dans sa recherche de compromis pour que les communautés du Nord réapprennent à  vivre ensemble, dans l’histoire assumée et purgée d’une crise dont il ne faut pas sous-estimer la profondeur. On devrait plutôt diffuser et rediffuser le message délivré par ces jeunes officiers maliens aux populations de Tombouctou et Gao, leur demandant de ne pas faire d’amalgame et leur expliquant que l’action de l’Armée a pour objectif de les libérer de leurs tortionnaires mais, qu’en aucun cas, elle ne saurait poser d’action contre une communauté particulière ou entreprendre quelque action de représailles. Le Mali n’a accusé personne. Mais que personne ne nous accuse à  tort ! Qu’on ne lui jette pas la pierre quand ce sont des excuses qu’il mérite. Qu’on ne vienne pas nous dire que ce sont des hommes de Dieu qui sont en train d’être combattus car ce sont eux qui ont déclaré la guerre à  leurs frères en Islam ! Mais il est désormais établi, qu’en réalité, leur religion, C’’est le narcodollars !!! Oui, nous sommes ouverts au dialogue s’il permet de soustraire les masses crédules des agissements de doctrinaires fous qui n’accordent aucun prix à  la vie humaine. Et qu’on ne vienne pas nous dire que la communauté Touareg et encore moins l’ensemble des communautés du Nord, ce sont ces fauteurs de troubles habitués à  l’argent facile, à  la supercherie et à  la manipulation. Les communautés du Nord sont hélas celles qui vivent dans les camps depuis les premiers coups de feu en janvier 2012, après avoir laissé derrière elles leurs animaux et leurs terroirs par la faute de ceux qui ont aujourd’hui l’indécence de vouloir parler en leur nom. Excellences Madame, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames, Messieurs, Je ne serais pas là  au 43ème sommet de la CEDEAO pour vous parler. C’’est mon souhait et je ferai tout pour que ce souhait soit réalisé et que ce soit un Président élu, fort de toute sa légitimité, qui prenne la parole devant vous dans quelques mois. Aucun présent ne saurait être plus grand pour mon pays et aucun remerciement ne serait mieux souhaité par vous dont les troupes sont en train de risquer leur vie pour l’intégrité territoriale du Mali, mais aussi pour sa démocratie. Je n’aimerais pas partir cependant sans partager avec vous une préoccupation profonde sur la situation du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Car la crise malienne n’est qu’une préfiguration du schéma voulu pour tous nos Etats qui sont tous soit dans l’arc de la menace terroriste et narco-djihadiste soit dans l’arc du terrorisme maritime. Il ne faudra pas non plus oublier qu’avant le « test de vérité », l’Armée malienne faisait figure d’une des grandes armées de la sous-région. Ce qui nous est arrivé est connu de tous. Et la leçon qu’il faut en tirer est que le Mali ne pouvait s’en tirer tout seul. Il a fallu que vous accouriez tous, il a fallu que la France accoure avec le soutien de la communauté internationale dans le cadre d’une solidarité qui, je suis sûr, fera jurisprudence. Ce cas du Mali nous rappelle brutalement l’impérieuse nécessité de disposer de forces sous-régionales en attente et immédiatement opérationnelles et l’urgence de mettre en place ce dispositif crucial pour notre architecture sous régionale voire continentale de paix et de sécurité. C’’est sans doute le seul moyen de faire en sorte que notre tragédie, à  nous, ne se reproduise nulle part ailleurs dans notre région. Nous devons rechercher constamment les causes de nos insécurités sans jamais mettre la tête dans le sable. Ainsi seulement, la crise malienne aura servi à  toute la sous-région. Excellences Madame, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames, Messieurs, Je vous dis merci du fond du C’œur. Je vous redis la gratitude du peuple malien et avec lui nous vous disons que le Mali revient, que le Mali libre et démocratique reviendra prendre sa place parmi vous, plus fort des enseignements de sa crise et de sa volonté de ne plus sombrer. Vive la CEDEAO ! Vive l’Intégration Régionale ! Vive l’Afrique ! Vive la Solidarité entre tous les peuples du monde ! Merci pour votre attention.

USA: les priorités d’Obama

Le discours sur l’à‰tat de l’Union traitait avant tout de questions intérieures. La lutte contre la prolifération des armes, le retour accéléré des soldats américains d’Afghanistan, la proclamation de « la fin de la guerre » l’année prochaine, ont été évoquées par le président américain. Mais Barack Obama a également parlé de questions qui intéressent le monde entier et qui avaient l’objet de promesses de campagne. Le chef de l’à‰tat a égrené une longue liste d’initiatives qu’il entendait défendre pour stimuler l’innovation et la recherche, améliorer l’éducation maternelle, secondaire et supérieure, venir à  bout des poches de pauvreté, relever le salaire minimal et reconstruire ponts, écoles et autres infrastructures à  travers le pays. Il a promis que «toutes les mesures qu’il proposait n’ajouteraient pas un centime de plus aux déficits». Emploi et changements climatiques Le début du second mandat d’Obama est marqué comme le premier par la persistance du chômage. «La seule réduction des déficits ne peut être un plan économique», a lancé Obama à  ses adversaires républicains, les appelant à  l’aider à  libérer les énergies et attirer de nouveaux emplois vers les rives de l’Amérique. Le président Obama a ramené à  l’ordre du jour son projet, remisé depuis quatre ans, d’augmenter le salaire minimum au niveau décent de 9 dollars l’heure (contre 7,5 dollars aujourd’hui). Se posant en grand défenseur des travailleurs, de la « Working class » cruellement malmenée par la crise de 2008, il a annoncé que des mesures seraient prises pour que soit restauré « l’accord initial de notre pays, assenait-il, qui veut qu’en travaillant dur et en remplissant ses responsabilités, on peut aller de l’avant ». l’autre sujet phare de ce discours a été la question du climat. Il en a déjà  été question lors du discours d’investiture et Barack Obama a précisé ses intentions dans ce domaine. S’employant à  démontrer les bénéfices d’une révolution verte en terme d’emplois, il a réussi à  faire entrer le sujet dans les préoccupations des américains, fortement sensibilisés, il est vrai par les récentes catastrophes naturelles. Il a ainsi promis de fournir des aides fédérales aux villes qui s’engageraient dans des programmes d’économies d’énergie, grâce à  la reconstruction d’immeubles selon des normes «écologiques». Mais aussi immigration et les armes à  feu Le Président américain sait bien qu’il a surtout été réélu grâce au vote des minorités et particulièrement des immigrés d’Amérique latine. Il a donc plaidé une refonte du système d’immigration. «Envoyez-moi une loi de réforme globale de l’immigration au cours des prochains mois et je la signerai immédiatement», a-t-il dit, tandis qu’un jeune immigré illégal buvait ses paroles, assis dans le box de Michelle Obama. Obama, s’adressant aux familles de victimes d’armes à  feu invitées dans les galeries ou assises auprès de son épouse Michele, a également rappelé la nécessité d’un débat au Congrès après le massacre de Newtown. Dans la tribune se trouvaient les parents d’une majorette de 15 ans présente à  la parade présidentielle du 21 janvier, victime d’une balle perdue peu après son retour dans sa ville de Chicago. Le couple, dévasté mais stoà¯que, s’est levé tandis qu’Obama scandait « Ils méritent un vote ». C’’est un Barack Obama détendu, sans pression et pas agressif non plus qui s’est adressé à  ses adversaires républicains. Sa feuille de route décomplexée ne manquera pas d’irriter la majorité conservatrice de la Chambre des Représentants. Qu’il a décrit de facto comme des artisans du blocage politique, des idéologues marginaux éloignés ou insensibles au sort de la majorité des américains. Il a d’ailleurs envoyé très clairement le message suivant : « je suis le président élu et J’ai bien l’intention de profiter des quatre prochaines années pour travailler et faire avancer les causes qui me tiennent à  C’œur. Avec ou sans vous ».

Dioncounda adresse un avertissement à l’Armée

Soldats de l’Armée malienne, C’’est profondément attristé que je m’adresse à  vous ce soir suite aux évènements de ce jour 08 Février 2013. Oui, J’aurais préféré m’adresser à  vous pour vous féliciter de l’action que vous menez au Nord de notre pays et des victoires remportées en compagnie de nos frères et de nos alliés sur notre ennemi commun. Hélas, C’’est suite au triste spectacle d’échanges de tirs fratricides entre vous, au grand désespoir du peuple Malien, et à  un moment o๠la principale préoccupation de chaque malienne et de chaque malien devrait être constituée par les opérations que nous sommes entrain de mener au Nord contre le Terrorisme et le crime organisé, qui ont soumis pendant de trop longs mois déjà  nos compatriotes du Nord à  un véritable calvaire. Devant un tel spectacle, quel sentiment croyez vous qu’éprouvent vos frères, vos compagnons d’armes, venus vous offrir de mourir à  vos côtés pour sauver votre pays ? Le sentiment que certains d’entre nous n’ont toujours pas compris la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons, ou tout simplement ne donnent aucune importance à  l’existence même de leur propre Patrie. Le sentiment qu’ils sont venus peut être mourir pour rien. En conséquence, je vous demande d’arrêter définitivement ces affrontements répétés au sein de l’Armée malienne qui doit tout faire pour se ressaisir et se hisser à  hauteur de mission. Ceux qui nous observent sont perplexes, ils ne comprennent pas ce qui arrive aux maliens. Ils ne comprennent pas cette image si négative du peuple malien que certains s’évertuent à  leur envoyer. Pour nous mêmes, pour le Mali et pour eux, je vous exhorte à  arrêter ces comportements o๠la raison est totalement absente et o๠l’égo, si mauvaise conseillère, est seule présente. l’Armée malienne a certainement bien d’autres choses à  faire que ce à  quoi nous avons assisté aujourd’hui. Dès lundi, le Premier Ministre recevra les représentants du Régiment des Commandos Parachutistes avec la hiérarchie militaire pour trouver une solution définitive à  cette crise. J’ose espérer que chacun a pris conscience de la gravité de ce qui s’est passé aujourd’hui pour ne pas compromettre davantage l’union sacrée indispensable pour relever les défis qui sont les nôtres en ces moments difficiles. Je compte sur le sens patriotique et l’attachement de tous à  la quiétude de nos paisibles populations, et je suis sûr que vous ne me décevrez pas. En votre nom à  tous, au nom du gouvernement et en mon nom personnel, je présente nos excuses sincères à  nos hôtes Africains et Français. Vive l’armée malienne réconciliée avec elle même Vive le Mali Que Dieu vous bénisse. Koulouba, le 08 février 2013 Pr. Dioncounda TRAORE Président de la République par intérim

Discours de Dioncounda Traoré au 20ème Sommet de l’UA

Excellence, Monsieur le Président de la Conférence de l’Union, Excellences, Mesdames et Messieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement, Distingués invités, Mesdames et Messieurs, Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies, Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine, Mesdames et Messieurs les Commissaires de l’Union africaine, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs Ambassadeurs et Représentants des Coopérations bilatérales, multilatérales et internationales, Représentants des organisations de la Société civile, Distingués invités, Excellence Monsieur le Premier ministre d’Ethiopie, C’’est à  vous que nous adressons nos premiers mots, pour vous dire merci, pour dire merci au peuple éthiopien pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé ici à  Addis-Abeba, dans la droite ligne d’une tradition connue et appréciée de tous. Permettez-moi également de m’incliner de nouveau devant la mémoire de votre illustre prédécesseur Meles Zenawi, trop tôt disparu mais que les livres d’histoire retiendront comme le catalyseur du projet d’émergence tant de l’Ethiopie que de l’Afrique. Ensuite, à  notre auguste assemblée nous voudrions adresser nos vœux personnels ainsi que ceux du peuple malien, à  l’entame d’une année que nous souhaitons de santé, de réussites et de paix. Pour chacun de vous. Pour chacune de vous. Pour tous nos peuples. Pour l’Afrique et pour tous ses partenaires du monde. Nous ne pouvons aller plus loin sans réitérer ici et solennellement, nos remerciements et notre reconnaissance à  tous ces avocats passionnés de la cause malienne qu’ont été, tout le long de cette tragédie que nous vivons, Nous voulons citer : – Son Excellence le Dr Thomas Yayi Boni, Président sortant de la Conférence des Chefs d’Etat ; – Son Excellence Alassane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO ; – Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré et son Excellence Monsieur Johnatan Goodluck, respectivement médiateur et co-médiateur de la crise malienne. Des pays frères ont envoyé leurs soldats combattre aux côtés de l’armée malienne dans sa tâche de reconquête des régions du Mali occupées en 2012, par l’actionnariat mafieux de l’argent sale du narcotrafic, du terrorisme international agissant sous le masque de l’Islam. Merci donc, Président Thomas Yayi Boni, Président Blaise Compaoré, Président Nkuruziza, Président Alassane Ouattara, Président Mahamadou Issoufou, Président Johnatan Goodluck, Président Idriss Deby, Président Faure Ngnassingbé, Président Macky SALL. Dites à  vos peuples que le Mali saura se souvenir de cette solidarité. Elle n’a pas de prix. Pour nous, elle a valeur de pacte de sang. Soyez également remerciée, Mme Nkosasana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine. Votre souci du Mali est attesté de tous et votre engagement est pour nous une source de réconfort toujours renouvelée. Permettez qu’à  travers vous, nous félicitions vos collaborateurs qui, au sein de la Commission que vous présidez, ont porté, sans faiblir, la question malienne dès les premières manifestations de la crise en fin 2011. Depuis, votre Commission n’a ménagé aucun effort, aucune réflexion, aucune déclaration en faveur du respect de l’intégrité territoriale du Mali. Elle a su appeler, avec le juste accent, à  une mobilisation à  la fois diligente et massive de l’Afrique et du monde pour soutenir le peuple malien dans la douloureuse épreuve qu’il traverse. Le Mali, jusqu’alors une référence de stabilité soudain prise dans la spirale de la guerre et de ses privations. Preuve, s’il en faut, de ce bel élan de solidarité : la rencontre de Bamako du 19 octobre 2012 qui, sous votre direction éclairée, a permis de partager et de valider le Concept Stratégique des Opérations, le CONOPS. Nous ne saurions clore le chapitre des remerciements sans vous demander, frères et sœurs d’Afrique, de vous joindre à  la nation malienne pour saluer les pays non africains qui sont aujourd’hui à  nos côtés. Saluons en particulier la France, saluons le Peuple français. Saluons le Président François Hollande pour sa lecture lucide de la crise malienne dont nous savons tous qu’elle porte les germes d’une menace sécuritaire mondiale. Saluons-les pour avoir accédé promptement et sans calcul à  notre requête d’assistance. Aujourd’hui, l’intervention déterminée de l’armée française a porté un coup d’arrêt à  la progression de notre ennemi commun, à  savoir le narco-térrorisme qui invoque Dieu mais qui agit comme Satan. Le geste fraternel de la France a permis, dans le respect de la légalité internationale, d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 des Nations-Unies, par la mobilisation de la CEDEAO, de l’Union africaine ainsi que de leurs partenaires C’’est aussi ce geste de la France qui a permis à  l’armée malienne de renouer avec sa noble vocation de défense de la nation et du territoire, et nous pouvons vous annoncer ici et aujourd’hui que l’armée malienne est de retour, et a repris le combat avec courage dans une confiance retrouvée. Elle sera devant. Elle ne sera pas derrière les troupes sœurs venues l’aider. Et toutes ensembles, les forces qui se battent contre nos agresseurs, progressent, avec détermination, dans le cadre d’une stratégie qui nous mènera, sans aucun doute, vers la victoire. Cette victoire, nous la voulons pour demain. Pas après demain. Parce que notre guerre à  nous n’est pas de tuer simplement parce que nous avons les armes pour le faire. Notre guerre C’’est d’enrôler nos filles et nos garçons à  l’école. Notre guerre C’’est de pouvoir mieux soigner nos populations. Notre guerre C’’est de pouvoir offrir à  nos citoyens des opportunités pour s’épanouir dans un monde globalisé qui n’attend pas les retardataires. Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames et Messieurs, Le Mali hélas en était arrivé très loin dans l’infortune en 2012. Au Nord, des régions entières avec tous leurs départements sous la coupe de leurs agresseurs, certains indépendantistes, d’autres dits jihadistes, mais tous terroristes, tous criminels. Au Sud une crise institutionnelle grave, avec ses agendas mesquins et inavouables, à  un moment o๠toute la concentration était requise pour sauver le pays. Les frayeurs continueront jusqu’aux premiers jours de 2013 o๠poussés par l’arrogance, les agresseurs tentèrent de forcer le destin. Avec les conséquences que vous savez : des conséquences désastreuses pour eux. A l’heure o๠nous vous parlons, nos forces nationales fortement aidées par leurs alliées françaises et africaines continuent d’infliger de lourdes pertes à  l’ennemi désormais en débandade. Gao et Tombouctou sont quasiment reconquises. Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à  la croisade contre l’Islam. Voici qu’elles ramènent notre combat pour la liberté, la dignité et la paix à  une guerre par procuration de l’Occident contre des musulmans sans défense. Qu’on nous dise pourquoi personne n’a entendu ces voix, au moment o๠le Mali, pays musulman à  95%, avait besoin de la compassion et de la solidarité de ses frères en Islam ? Qu’on nous dise o๠étaient les donneurs de leçon qui n’ont pas entendu les sanglots de la petite Aicha violée, comme beaucoup d’autres, sous la menace des armes ? Qu’on nous dise o๠étaient ces donneurs de leçons le jour o๠un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à  mort soit disant pour adultère ? O๠étaient donc ces voix lorsqu’à  Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voici un an ? Qu’on nous dise, comme l’ont rappelé les oulémas de notre pays dans une belle unanimité, o๠étaient ces donneurs de leçons, quand par milliers, les Maliens étaient jetés sur les routes de l’exil et de la privation de la misère et de la désolation ? O๠étaient– ils ceux qui crient aujourd’hui à  l’holocauste quand les conquérants, de leur justice humiliante et mutilante, coupaient les bras de notre jeunesse, détruisaient les écrans de télé, écrasaient les écouteurs de téléphone et décrétaient que le football était haram ? Qu’on n’ajoute pas de grâce l’injure à  la blessure ! Le Mali ne mérite pas un tel mépris car il a vécu le joug terroriste dans sa chair, dans son âme, dans le viol de sa conscience et de ses femmes. Le Mali ne mérite pas ce mépris, parce que comme toutes les sociétés de culture, C’’est un pays de tolérance, d’humilité et de paix. Nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, qui prospère de la vente d’otages innocents et des ristournes de la drogue. Nous sommes en guerre pour notre existence. Nous sommes en guerre contre l’obscurantisme. Nous sommes en guerre contre un projet d’arriération imposé à  une terre qui est un creuset de civilisation. Au contraire, le plus grand tort à  l’Islam, ce sont nos agresseurs qui l’ont causé, semant le doute dans l’esprit de ceux qui sont nés dans l’Islam, dont les pères sont nés dans l’Islam et qui, pendant des générations successives, ont été pétris aux valeurs, aux vraies valeurs de l’Islam. Car les caveaux de saints démolis à  Tombouctou l’ont été au nom de l’Islam ! Car les coups de cravache donnés à  Gao l’ont été au nom de l’Islam ! Car les couples lapidés à  Kidal l’ont été au nom de l’Islam ! De quel Islam s’agit t-il ? En tout cas, pas celui du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) qui n’a jamais converti par la force, qui n’a jamais humilié son prochain, qui n’a jamais rendu veuve, orphelin ou handicapé au nom de la seule loi du plus fort. Non, l’alliance entre la mauvaise foi et les barres de cocaà¯ne ne saurait être l’Islam, ne saurait être notre Islam. Notre Islam à  nous continuera d’être le respect de l’être humain et de sa dignité, la protection du voisin, du faible et de l’orphelin, la promotion de la paix et de la concorde, jamais le plaisir de verser le sang. Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames et Messieurs, Si grâce à  vous tous les perspectives sont bien meilleures aujourd’hui pour le Mali, tous les risques contre la paix et la concorde ne sont pas entièrement conjurés. l’ethnicisation du faux jihad, les stratégies de constitution des réseaux dormants du terrorisme dans les villes, et il faut le déplorer, l’amalgame et le délit de faciès peuvent donner lieu à  des exactions et des règlements de compte. Le Gouvernement du Mali ne tolérera les exactions et les amalgames. Du reste, il a ordonné une enquête dont nous tirerons toutes les implications. La dignité du soldat et l’honneur de notre armée commandent qu’ils soient les premiers à  suivre scrupuleusement les prescriptions de l’Etat de droit que nous avons pour ambition de bâtir. Et nous savons que chaque traitement extrajudiciaire des cas de collaboration présumée des populations locales avec les terroristes fait l’affaire de ces derniers. C’’est pourquoi, le Gouvernement du Mali, prenant au sérieux ces risques et soucieux de ne pas compliquer davantage la résolution d’une crise qui menace les fondements de la nation, n’a de cesse de mettre et l’armée et les groupes diffus contre toute atteinte aux droits humains. Et comme le prévoit la Feuille de route adoptée par le Gouvernement le 25 janvier et présentée au Parlement, de vastes campagnes seront menées dans le sens de l’apaisement. l’armée sera systématiquement et continuellement formée au respect du droit humanitaire et des droits constitutionnel des citoyens parce que nous la voulons une armée républicaine. Bien entendu, nous restons déterminés à  appliquer la loi à  tout soldat malien contrevenant aux principes de la République. Nous en appelons naturellement à  la prudence et au bon sens de tous. Car le contexte est favorable à  la désinformation et au sensationnel. Les forces du mal n’ayant plus d’autre possibilité que d’opposer les opinions publiques aux forces de libération. Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Mesdames et Messieurs, Si malgré nous, le temps est à  la guerre, nous préparons activement la paix. Notre main reste tendue à  ceux qui réalisent qu’il est encore temps de faire amende honorable, malgré tout le tort qui a été porté à  notre pays, à  notre sous région et à  notre région. Mais le dialogue inter-malien n’aura vocation ni à  confesser ni à  charger. Pour la stabilité de notre pays et la dignité de ses enfants, nous ne saurions donner de traitement préférentiel à  aucune ethnie en particulier ni stigmatiser de groupes spécifiques. Qu’on nous fasse seulement confiance, car les Maliens sont les premiers à  comprendre jusqu’o๠la réconciliation est impérative pour la survie de chacune de leurs communautés et de l’ensemble national, sans distinction d’ethnie. Du dialogue inter-malien dont les animateurs sont en train d’être repérés pour leur sagesse et leur lucidité, il est attendu tout simplement qu’il mène les Maliens, sans distinction d’ethnie, de sexe, d’âge et de religion vers le même but et la même foi. Cet important dispositif permettra de recueillir et de partager les enseignements de la grave crise que nous avons connue pour que nos cités soit mieux administrées, notre démocratie et notre capital social mieux consolidés. Ce pays reviendra parmi vous, jouant pleinement son rôle dans l’intégration africaine. Il était là  en 1963 comme une jeune nation forte de ses promesses et de ses espérances. Il sera là  avec vous en 2013 en tant que nation reconstituée pour fêter le 50è anniversaire de l’organisation continentale. C’’est cela notre mission historique en tant que Président et Gouvernement de Transition. Et pour la mener à  bien, nous avons encore besoin de votre solidarité, de vos conseils et de votre accompagnement. Mais le Sahel a prouvé sa grande vulnérabilité par sa pauvreté qui fait d’elle la proie facile du crime organisé. Nous ne couperons définitivement la tête des barons de la drogue, des terroristes doctrinaires autoproclamés de l’Islam qu’en concédant un investissement sans précédent pour le développement de cette zone grise aujourd’hui mais avec tout le potentiel pour être demain un havre de paix et de prospérité. A cet égard, tous les pays du Sahel, ceux qui connaissent aujourd’hui les tourments comme ceux qui en sont épargnés, sont logés à  la même enseigne. Car jamais les vases n’ont autant communiqué que dans cette partie du monde. La paix dans le monde est tributaire de la paix dans le Sahel qui crie son besoin de Plan Marshall pour que le binôme Paix et Développement produise les fruits attendus et protège le reste du monde des graves menaces que cette zone peut entraà®ner pour tous. Ce cri n’est pas le premier. Puisse t-il être le dernier et être entendu ! Vive l’Afrique unie et solidaire ! Vive l’Afrique partenaire respectée du monde ! Vive la Paix dans le monde ! Vive le France ! – MERCI BEAUCOUP ! – THANK YOU VERY MUCH ! – CHOUKRAN JAZZILEN ! – MULTO OBLIGADO ! – MUCHAS GRACIAS ! – ASANTE SANA !

Dioncounda Traoré à la Nation :  » L’année 2013 sera la vôtre… »

Mes chers compatriotes, Frères Africains, Hôtes du Mali, Au seuil du nouvel, je voudrais m’acquitter de l’agréable devoir de présenter mes vœux les meilleurs, à  chaque Malienne et à  chaque Malien, à  nos frères Africains, aux hôtes du Mali et aux nombreux amis que compte notre pays de par le monde. l’aube d’une année est par excellence un moment de prières pour nous-mêmes, pour tous ceux qui nous sont chers afin que se réalisent nos aspirations les plus ardentes à  une vie toujours meilleure. C’’est aussi et surtout en cette occasion qu’il nous est fait obligation de mettre en perspective la nouvelle année que l’on souhaite toujours meilleure pour nos familles, nos proches et notre pays tout entier. l’histoire retiendra 2012 comme une année de remise en cause et de certitudes ébranlées, partout, dans le monde avec des crises économiques et financières, des crises de civilisation, des crises de société ou des crises de régime. En Afrique, des indicateurs restent préoccupants. Notre continent a encore faim et soif, on y meurt encore trop jeune et sa population qui connait une croissance sans précédent vit en très grande majorité sous le seuil absolu de pauvreté. Pour le Mali, l’histoire retiendra que l’année 2012 fut une année noire, une année tragique o๠l’existence même de notre pays a été fortement menacée ! En effet depuis mars 2012, notre patrie est coupée en deux. Les deux tiers de notre territoire national constitués des régions de Kidal, de Gao, de Tombouctou et d’une partie de la région de Mopti sont occupées par des irrédentistes, des terroristes (jihadistes et autres salafistes) se réclamant de l’Islam mais en réalité tenant d’un anti islam intégriste et rétrograde, des narcotrafiquants et d’autres acteurs du crime organisé et transfrontalier. Ces obscurantistes sortis tout droit du moyen âge occupent et souillent la terre de nos ancêtres. Ils heurtent notre conscience nationale, humilient nos populations, violent nos femmes, s’attaquent à  notre culture millénaire et jettent sur les routes de l’exode femmes, enfants, jeunes et vieux dans le cadre de la mise en œuvre de leur projet. Ce projet démoniaque qui est en train de naà®tre sous nos yeux est en réalité un projet criminel et tentaculaire. Il n’est ni pour le musulman ni contre le chrétien. Il est hors de toute foi et hors de toute loi. Il n’a qu’une religion : l’argent et la luxure, Une doctrine : la terreur Un terreau : la misère et le mal développement. Il n’est rien d’autre qu’une aventure criminelle. Criminelle pour l’homme. Criminelle pour tout homme. O๠qu’il soit : au Mali et au sahel aujourd’hui, dans le reste du monde demain ! Il est vrai que C’’est le Mali qui est aujourd’hui le théâtre tragique d’une telle aventure et ce n’est pas à  notre gloire que ce pays soit devenu un entrepôt d’otages et un sanctuaire pour les barons de la drogue à  cause de nos propres erreurs d’appréciation et de notre manque d’anticipation. En effet vous vous souviendrez qu’au même moment en 2011, en présentant au Président de la République les vœux de l’Assemblée nationale, nous nous sommes appesanti sur l’inquiétante situation qui se développait dans le nord malien. Une mission parlementaire, dépêchée par mes soins, qui rentrait de notre septentrion avait justement mis le doigt sur la plaie mal refermée d’une énième rébellion, renforcée par le chaos libyen et portant en embuscade les forces du narco terrorisme. Car, il faut le dire, ce sont des Maliens qui, au nom de revendications injustifiables, par une rébellion armée et en dépit des sacrifices énormes consentis par l’Etat depuis 1991 pour les régions du Nord, ont tenté de détruire le Mali. Ce sont des Maliens qui ont attaqué le Mali dans ses frontières internationalement reconnues. Et ce sont des Maliens qui portent à  Aguelhok la responsabilité du massacre atroce de plusieurs dizaines de nos soldats. Mes chers compatriotes, Cette situation nous interpelle collectivement et individuellement. Elle nous commande de résister aux démons de la tentation et de la division. Elle nous commande de nous donner la main dans le pardon des offenses et avec la certitude absolue qu’unis, il n’est pas de montagne que nous ne puissions déplacer. Je sais que nous sommes capables de tout cela ! C’’est pourquoi, en dépit des difficultés, je voudrais dire très fort que ma conviction est intacte dans la perspective imminente de la libération totale du Mali et que mon espoir est également intact dans le retour du Mali parmi les grandes nations démocratiques et laà¯ques du continent. Car je suis sûr que nous allons sortir définitivement des polémiques artificielles et inutiles. Hier, il s’agissait de l’opportunité d’une aide étrangère, aujourd’hui, il s’agit d’un prétendu choix entre le dialogue et la guerre, parce que certains d’entre nous pensent trop avec le C’œur et pas assez avec la tête. Je veux dire clairement qu’il ne s’agit nullement d’une alternative : dialogue – négociation ou opération militaire. Il ne s’agit pas du choix entre deux options opposées, s’excluant l’une, l’autre. Il s’agit d’une seule option : la libération de nos territoires occupés et la défense de la laà¯cité de notre République. Cette option unique comprend deux volets aussi nécessaires et aussi incontournables l’un que l’autre. – Le dialogue et la négociation avec nos compatriotes du MNLA et d’Ançardine qui renoncent à  toute idée d’indépendance, d’autonomie ou de charia. – La guerre aux terroristes, aux narcotrafiquants, au crime organisé et à  tous ceux qui veulent porter atteinte à  notre intégrité territoriale, à  la laà¯cité de la République et qui constituent une menace pour la paix et la sécurité en Afrique et dans le monde. Nous avons fait une offre de dialogue à  l’ensemble de nos compatriotes qui ont cru devoir s’exprimer par la voie des armes au lieu de s’assoir autour d’une table de négociation pour poser leurs problèmes. A ce jour cette offre de dialogue reste intacte. Nous sommes prêts à  engager un dialogue honnête et sincère dès que les préalables en seront réalisés. Je les engage à  saisir cette opportunité et cette main tendue avant qu’il ne soit trop tard ! Mes chers compatriotes, Le Président Blaise COMPAORE du Burkina Faso conduit avec persévérance la médiation sous régionale en vue de réaliser justement les conditions de ce dialogue. Dans les jours à  venir, nous allons mettre en place la Commission Nationale aux Négociations qui mènera ce dialogue bien entendu en relation avec la médiation de la CEDEAO et tous les facilitateurs éventuels. C’’est le lieu d’exprimer au président COMPAORE notre profonde gratitude pour son investissement constant et de qualité. Depuis le déclenchement de la crise au Mali, les présidents en exercice de l’Union Africaine et de la CEDEAO respectivement le Président Yayi BONI du Bénin et le Président Alassane OUATTARA de la Côte d’Ivoire, n’ont ménagé ni leur personne, ni leurs ressources pour être aux côtés de notre peuple en détresse. Qu’ils soient remerciés pour leur solidarité et leur sollicitude permanentes à  l’endroit du peuple malien. Mes chers compatriotes, Chers frères Africains Chers Hôtes du Mali, Dans cette crise majeure, le Mali enregistre non seulement le soutien actif de la CEDEAO, de l’Union Africaine mais aussi celui de l’Union Européenne, des Nations Unies, de la France, des Etats Unis d’Amérique, de la Chine, de la Russie et de nombreux autres partenaires bilatéraux et multilatéraux. C’’est ainsi que, ces derniers mois, à  notre propre initiative, à  celui de la CEDEAO, de l’Union Africaine, des Nations Unies et d’autres partenaires, de nombreuses et importantes rencontres ont été consacrées à  la situation dans notre pays. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le 11 octobre 2012 la résolution 2071 (2012) sous le chapitre VII qui autorise le Secrétaire général des Nations Unies à  donner suite à  la demande des autorités maliennes pour le déploiement d’une force militaire internationale dédiée à  la reconquête des régions occupées du Nord aux côtés de nos forces armées et de sécurité. Dans le prolongement de la résolution 2071 (2012), s’est tenue, ici même en novembre dernier la 11ème réunion extraordinaire des Chefs d’Etat major de la CEDEAO, élargie aux experts militaires de la force en attente de l’Union Africaine, des Nations Unies et des pays partenaires. Cette réunion de haut niveau a élaboré un concept d’opération harmonisé (CONOPS) qui fixe les axes stratégiques de l’intervention militaire dans notre pays. Enfin la Résolution 2085 (2012) du Conseil de sécurité des Nations Unies autorisant le déploiement des forces militaires internationales au Mali fournit la légalité dont certains de nos amis ont besoin pour aider notre pays à  se libérer. Mes chers compatriotes, Nous aurions souhaité que le processus conduisant à  la libération des régions occupées fût plus court. Nous aurions souhaité que le martyr de nos populations fût le plus bref possible. Mais la guerre légitime, légale, rapide et propre que nous voulons mener avec l’appui de la Communauté internationale requiert davantage de temps pour régler tous les détails techniques, stratégiques et politico – juridiques. Cependant, je puis vous assurer d’une chose, C’’est que le Mali n’attendra pas des mois comme certains semblent le préconiser. Nous n’attendrons pas que le cancer fasse des métastases dans tout le corps. La guerre contre les terroristes se fera plus tôt qu’on ne le pense et l’armée malienne y jouera les premiers rôles. Elle sera aux avant postes et elle se prépare activement conformément à  sa vocation à  entreprendre dans un avenir proche la reconquête de notre dignité comme Etat et de notre souveraineté comme territoire. Telle est sa mission historique et elle ne s’y dérobera pas. Mes chers compatriotes, La Transition a pour mission de mettre un terme à  l’occupation illicite d’une partie de notre territoire national. Je n’ai aucun doute sur notre volonté commune et notre détermination inébranlable à  atteindre cet objectif parce qu’il est juste et parce qu’il est légitime ! Mais nous avons également pour mission d’organiser des consultations électorales propres que notre peuple et nos amis appellent de tous leurs vœux. Dans cette perspective, le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire continue d’animer la classe politique aux fins de parvenir au nécessaire consensus sur l’ensemble du processus électoral. A son actif, il faut retenir : – La tenue régulière des concertions avec la classe politique ; – l’esquisse du budget pour les élections 2013 ; – Le lancement de l’audit du fichier électoral consensuel (FIEC) et de l’évaluation du RAVEC ; – l’élaboration d’un calendrier électoral pour l’année 2013. Mes chers compatriotes, Durant deux décennies, nous avons organisé régulièrement des consultations électorales globalement acceptées par nous-mêmes et par la Communauté internationale. Beaucoup de pays nous ont envié la vitalité de notre expérience démocratique et souvent, n’ont pas manqué de s’en inspirer pour consolider la leur. Cet apprentissage plutôt réussi nous a donné le sentiment que nous étions arrivés à  un stade que les grandes démocraties ont mis des siècles à  construire et à  consolider. Mais les événements de mars 2012 sont venus nous rappeler brutalement la fragilité de notre pratique démocratique. Ils sont venus nous prouver que les acquis étaient loin d’être irréversibles et aussi et surtout qu’en temps opportun, nous aurons à  faire face à  notre devoir de critique et d’autocritique. Ils sont venus nous convaincre que, désormais, nous n’avons plus le droit de faire semblant. Que désormais nous devons bâtir ce pays sur du solide et que chacune et chacun d’entre nous doit lui céder un peu de son égo, un peu de ses intérêts. La Transition préparera minutieusement les élections parce qu’elle est consciente comme chacune et chacun d’entre vous de l’apport de la démocratie dans la création des espaces de liberté et la libération des énergies créatrices pour trouver des réponses à  la demande sociale et dans la dynamique d’un développement qui change la vie des citoyens. La Transition préparera minutieusement ces élections parce qu’elle est consciente que pour notre Nation éprouvée, il faut un pouvoir fort de la légitimité populaire et disposant de plus de temps pour relever les défis qui seront nombreux. Pour ma part, je souhaite que nous tirions tous les enseignements de nos échecs collectifs afin que ces élections soient l’occasion de recoller définitivement au train de la communauté des démocraties. Ces élections doivent donner à  notre peuple l’occasion de s’exprimer librement, de se réconcilier avec lui-même et avec les autres. Elles devront également marquer le retour intégral des coopérations bilatérales et multilatérales et celui des investisseurs. La gestion intelligente des défis liés à  l’organisation des futurs scrutins et surtout leur réussite sera révélatrice de notre détermination à  tourner définitivement la page de la crise et à  doter notre pays d’institutions stables. Mes chers compatriotes, Dans les jours à  venir, fort de la synthèse des consultations antérieures ainsi que des avis de nos partenaires, le Premier ministre fera devant l’Assemblée Nationale une déclaration articulée autour des deux principaux axes de la mission de la transition sous forme d’une feuille de route. Cette feuille de route tant attendue de tous et qui ne peut plus attendre. Outre ces deux missions majeures, le Gouvernement de Transition travaillera à  assurer aux citoyens les services qu’ils sont en droit d’attendre de lui. Il sera particulièrement attentif à  la situation alimentaire des populations déplacées et vulnérables. Il veillera également à  reconstituer le stock national de sécurité dont le niveau a atteint la côte d’alerte à  cause des pillages de ses magasins dans les régions sous occupation. Le ralentissement de l’activité économique depuis 8 à  9 mois est une réalité. Toutefois, le gouvernement a pris des mesures courageuses de stabilisation du cadre macro économique pour maintenir les dépenses à  un niveau compatible avec les recettes de trésorerie. C’’est ce qui permet aujourd’hui à  l’Etat malien de rester encore debout à  la grande surprise de beaucoup d’observateurs. Le gouvernement œuvrera à  relancer la coopération économique et financière avec les partenaires techniques et financiers, de même qu’il prendra des initiatives nécessaires pour instaurer un dialogue permanent et fécond avec tous nos partenaires. Certes, des impatiences et des insatisfactions se manifesteront ici et là  ; des conflits sociaux ne pourront être évités. Mais, à  chaque fois, nous privilégierons le dialogue et la concertation pour trouver les meilleures solutions possibles aux revendications qui pour être légitimes, n’en devront pas moins rester dans les limites de ce qui est raisonnablement supportable et ne compromet pas les objectifs de la Transition. Je souhaite que chaque Malienne et chaque Malien garde constamment à  l’esprit le contexte de crise politico sécuritaire que nous vivons et qui est synonyme de raréfaction des ressources de l’Etat. Mes chers compatriotes, En temps de paix, comme en temps de guerre, le sport se révèle souvent être un puissant facteur d’unité, de cohésion et un domaine par excellence d’expression du sentiment d’appartenance nationale auquel J’attache la plus haute importance. A cet égard, l’inattendu sacre continental de l’USFAS à  la 2ème CAMFOOT, la coupe d’Afrique militaire de football jouée, il y a seulement quelques jours en Côte d’Ivoire, a été un grand motif de satisfaction au regard des conditions de préparation et de participation à  ladite compétition. Je leur renouvelle mes très chaleureuses félicitations ainsi que mes encouragements pour les nombreux défis à  venir. Le Gouvernement prendra toutes les dispositions utiles pour créer les conditions d’une participation honorable de nos militaires aux prochains championnats d’Afrique et du monde qui auront lieu en 2013 respectivement au Tchad et en Azerbaà¯djan. Il en sera de même pour toutes les autres formations sportives nationales engagées sur plusieurs fronts courant 2013. Je pense notamment aux équipes nationales de football Senior et Junior qui doivent nous représenter aux coupes d’Afrique de leur catégorie en Afrique du Sud et en Algérie. Je pense aussi aux équipes nationales de basketball qui doivent nous représenter dans trois compétions de haut niveau, en Lituanie pour les juniors Dames, en Côte d’ Ivoire à  l’Afro basket masculin Senior et au Mozambique pour l’Afro basket féminin Senior. Ce seront là  autant d’opportunités de vibrer avec nos sportifs qui, je n’en doute pas un seul instant, auront à  C’œur de défendre vaillamment nos couleurs. Mes chers compatriotes, En ces dernières heures d’une année de graves défis que le pays doit immédiatement relever, permettez – moi d’évoquer avec vous les êtres qui nous sont chers et qui souffrent de maladies : un enfant, une mère, un père, un frère, une sœur ou un ami malade à  la maison ou sur un lit d’hôpital. Implorons ensemble Dieu le Tout Miséricordieux pour qu’il leur accorde la santé du corps et de l’esprit, le plus grand bien dont il peut nous gratifier. Et si quelques uns d’entre nous échappent aux privations et si nous sommes encore et heureusement une Nation solidaire, nombre de familles connaissent encore hélas l’épreuve de la faim et du manque. Prions ensemble pour qu’il ne manque de pain sur aucune table. Puisse 2013 donner plus de satisfaction à  ceux de nos enfants qui vivent les affres du chômage et qui ne demandent qu’à  servir leur pays en s’épanouissant eux-mêmes. J’ai en ce moment une pensée particulière pour notre jeunesse qui s’apprête à  célébrer la fin d’une année éprouvante à  tous égards, et le début d’une autre qui sera forcément meilleure. Cette jeunesse qui représente le bien le plus précieux de nos familles et de notre Nation, je lui recommande la prudence sur les routes ce soir. Qu’elle sache également qu’elle est une jeunesse d’un pays en guerre avec un devoir de recueillement sur les souffrances des victimes directes de cette guerre. Enfin, je ne saurais vous oublier justement, vous les victimes directes de cette guerre, vous les communautés de Tombouctou, Diré, Niafunké, Goundam, Kidal, Tessalit, Aguel Hoc, Abéà¯bara, Gao, Bourem, Ansongo, Ménaka, Douentza… – Sachez que nous sommes toujours avec vous ! – Sachez que nous ne baisserons jamais les bras ! – Sachez que la fin de votre calvaire est proche ! l’année 2013 que nous nous apprêtons à  célébrer dans la communion sera la vôtre. Parce que personne n’empêchera le retour du grand Mali. Personne ne le divisera. Personne ne le trahira longtemps. Notre situation actuelle est loin d’être une fatalité ; elle est difficile, certes, mais ensemble nous pouvons transformer cette épreuve en une formidable opportunité pour un nouveau départ. Notre potentiel est affecté mais pas anéanti ; notre moral est atteint mais nous disposons encore de ressorts insoupçonnés qui nous permettront de rebondir, et de rebondir encore ! Il faut y croire ! Rien de grand, rien de beau et de durable ne se construit dans la facilité. La vie elle-même n’est elle pas une succession d’épreuves ? Les historiens modernes et les traditionnalistes qui ont écrit l’histoire de nos glorieux empires et royaumes ne disaient – ils pas que « le Mali peut trébucher, mais le Mali ne tombe jamais ! » Ce Mali éternel survivra à  toutes les épreuves ! Chaque Malienne et chaque Malien doit se convaincre qu’il a un devoir vis-à -vis de ce grand pays. Nous parcourrons jusqu’au bout notre chemin de croix sans faiblir et le regard haut parce que nous savons qu’au bout il y a la victoire. Dans quelques mois, je vous le dis, la tragédie que nous vivons en ce moment ne sera plus évoquée qu’au passé. Elle appartiendra aux souvenirs ; et notre pays aura repris sa marche inexorable vers son destin. Mes chers compatriotes, Frères Africains, Hôtes du Mali, Je vous renouvelle mes vœux d’une bonne et heureuse année. Que l’année 2013 soit une année de santé, de prospérité, de succès pour vous, vos familles, vos proches et vos amis. Vive le Mali un, indivisible, démocratique et laà¯que. Que Dieu vous bénisse Merci.

Adresse à la Nation du Président Traoré

Mes chers compatriotes, Chers partenaires et amis du Mali. Dans la nuit du lundi au mardi 11 décembre 2012, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra a annoncé sa démission ainsi que celle de son gouvernement. Cette démission m’a été formellement remise par écrit, J’en ai pris acte et je l’ai acceptée. Je voudrais saluer ici Cheick Modibo Diarra pour les services rendus à  la Nation, pour ses qualités d’homme ainsi que pour notre collaboration. En ce qui me concerne, J’aurai tout entrepris pour éviter une crise ouverte au sommet entre le Président et le Premier ministre, parce que le seul objectif qui vaille C’’est le Mali et le seul sacrifice qui vaille, C’’est le sacrifice consenti pour les intérêts supérieurs du Mali. Si la démission du gouvernement à  la suite de celle du Premier ministre est une pratique orthodoxe en démocratie, je voudrais vous rassurer sur la conscience aigà¼e que J’aie des urgences du pays et de vos attentes en raison du préoccupant enjeu de sécurité globale et de la nécessaire continuité dans la gestion des affaires publiques. Dans les vingt quatre heures, le Mali connaitra son nouveau Premier ministre et son nouveau gouvernement d’ici la fin de la semaine. Mes chers compatriotes, Les événements que nous vivons impliquent forcément un nouveau report de la date des concertations nationales. Ces assises, dont nous ne pouvons pas faire l’économie, ont pour but, vous le savez, de mettre en dialogue les forces vives de notre nation pour dégager une vision partagée et un consensus sur les voies et moyens de sortie de crise. J’ai personnellement veillé à  ce que, dans leur préparation, ces assises restent dans le cadre de la Constitution. Et C’’est pour permettre une approche plus inclusive et plus transparente que nous avions fait reporter leur tenue. Force est cependant de constater qu’en dépit de ces mesures, il n’a pas régné au sein des parties prenantes, ni la sérénité, ni l’humilité, ni l’esprit constructif sans lesquels ces concertations nationales ne sauraient que diviser davantage les acteurs de la vie nationale au lieu de les unir. Les organes, dont la création a été proposée, avaient pour but de drainer vers le même but toutes nos capacités et toutes nos volontés positives. Certains dont la commission nationale aux négociations seront mis en place incessamment. Je mesure aussi l’urgence d’une feuille de route traduisant d’abord un consensus sur ce que nous devons faire immédiatement, avec qui, comment et quand, et donnant ainsi des gages à  nos partenaires ainsi que plus de légitimité à  leur accompagnement. Car ne nous y trompons pas ; le Mali n’est pas une à®le perdue aux confins des océans, le Mali ne peut pas vivre seul. Nous sommes membre à  part entière de la Communauté des nations et tenus par là  même à  remplir nos contrats. Concernant la feuille de route nous sommes déjà  très avancés et l’attente de la Communauté internationale trouvera une réponse à  la mesure de l’urgence. Et pour prévenir de futurs désagréments, et ayant tiré toutes les leçons, J’ai décidé de mettre en place une équipe plus légère mais plus inclusive pour la tenue d’assises ayant les mêmes objectifs mais sans la conflictualité que nous avons tous déploré ces derniers jours. Chers partenaires et amis du Mali, Je voudrais réaffirmer ici la pleine conscience des Maliennes et des Maliens de leur situation particulière et de leurs responsabilités envers les autres peuples du monde et réitérer les requêtes que nous avons envoyées à  la CEDEAO, à  l’UA, à  l’UE et aux Nations unies de même que celles spécifiques envoyées à  la France et aux Etats Unis d’Amérique. Nous souhaitons plus que jamais que le CONOPS (Concept d’opération stratégique) élaboré par la CEDEAO et adopté par l’UA permette au Conseil de sécurité de prendre rapidement une résolution autorisant le déploiement des forces africaines et amies du Mali. Je voudrais également réaffirmer notre ouverture au dialogue avec tous ceux qui préalablement renoncent à  toute idée d’indépendance et d’autodétermination et à  toute velléité d’atteinte à  la laà¯cité de notre république. Mais chacun sait, qu’il n’y a pas de dialogue possible avec le terrorisme, le crime organisé, les narco trafiquants. C’’est pourquoi le volet militaire pour la sortie de crise, parce qu’il est incontournable doit être préparé avec autant de détermination et de célérité. Mes chers compatriotes, Nous devons nous préoccuper de l’image que nous renvoyons aux autres. Nous sommes un pays en crise certes, je suis le Président d’un pays en crise certes, vous êtes les citoyens d’un pays en crise certes, et de surcroà®t une crise multiforme et lourde de périls. Mais le Mali éternel doit demeurer parce que le sursaut est non seulement possible mais impératif de notre part à  tous et à  toutes : le peuple et chaque citoyen, l’armée et chaque soldat, les hommes, les femmes, les jeunes et les vieux. Si nous ne constituons pas dès aujourd’hui la chaà®ne sacrée de l’entente et de la cohésion nous resterons seuls, face à  notre tragédie. Je voudrais vous rappeler ici ce que J’avais déclaré le 29 juillet dernier et je cite : « Mes chers compatriotes Il y a un temps pour tout ! Il y a un temps pour la politique politicienne, un temps pour les ambitions personnelles, pour les intérêts individuels et corporatistes, un temps pour les querelles partisanes. Mais aujourd’hui, aujourd’hui, C’’est le temps de la mobilisation, de toutes et tous pour sauver notre pays en danger. C’’est le temps du dépassement et de l’oubli de soi… Il s’agit de faire du Mali notre seule priorité. Il s’agit de ne plus perdre de temps dans les polémiques stériles… Il s’agit de se focaliser sur l’essentiel, c’est-à -dire notre intégrité territoriale et notre démocratie… Ce que notre attachement à  notre pays, à  notre intégrité territoriale, à  l’unité de la Nation nous commande aujourd’hui, ce que les populations du Nord, nos compatriotes qui souffrent le martyr, ce que nos centaines de réfugiés et de déplacés nous demandent aujourd’hui, C’’est d’être unis et solidaires devant l’adversité… » Fin de citation. Alors unissons nous pour sauver notre patrie, unissons nous pour préserver notre démocratie. Unissons nous aussi derrière notre armée, qui malgré les difficultés du moment et les hoquets de l’histoire, s’est résolument engagée à  accompagner loyalement le pouvoir civil de transition dans l’accomplissement de sa mission. Mes chers compatriotes, Je suis l’un de vous, je suis parmi vous, à  votre écoute et attentif à  toute solution pour le Mali. Je n’ai pas la prétention d’être le berger et vous un troupeau. Ma foi en ce grand pays est inébranlable. Car je sais que la patrie prévaudra et qu’entre nous à  tous les niveaux, dans toutes les couches il y a toujours davantage de compassion pour cette terre meurtrie et plus de passion pour un Mali prévisible et apaisé. Vive le Mali un, indivisible et laà¯que. Que le Tout puissant nous inspire et nous protège. Je vous remercie

L’intégralité du Discours de François Hollande à Dakar

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique, Mesdames et Messieurs, Je mesure l’honneur que vous me faites en m’invitant à  m’exprimer au sein de votre Assemblée. J’y vois un double symbole, celui de la vitalité de votre démocratie et celui de la force du lien qui unit nos deux pays. J’effectue ici, à  Dakar, mon premier déplacement en Afrique depuis l’élection qui m’a porté à  la présidence de la République française. Ce choix est celui de l’amitié. Il est aussi et surtout celui de l’avenir. Note amitié est fondée sur notre histoire. Une histoire belle, cruelle, rebelle. Une histoire qui nous lègue une langue en partage, mais aussi une culture politique en commun. Je pense en cet instant à  Blaise Diagne, et à  ses successeurs, qui ont activement participé aux travaux du parlement français après la guerre. Je pense à  Léopold Sédar Senghor qui fit partie du comité chargé d’élaborer la Constitution de la Ve République. L’histoire d’une fraternité, aussi. Celle de combats menés ensemble. La France se souvient qu’en 1914 et en 1940, elle a pu compter sur le concours de nombreux Sénégalais enrôlés de gré ou de force sous le drapeau tricolore et dont le courage a permis à  la France d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Par deux fois au cours du siècle dernier, le sang africain a été versé pour la liberté du monde. Nous ne l’oublierons jamais. Cette histoire a aussi sa part d’ombre. Comme toute nation, la France se grandit lorsqu’elle porte un regard lucide sur son passé. Je serai cet après-midi sur l’à®le de Gorée pour rendre hommage à  la mémoire des victimes de l’esclavage et de la traite, en présence d’élus des outre-mer français dont j’ai souhaité la présence à  mes côtés. L’histoire de l’esclavage, nous devons la connaà®tre, l’enseigner et en tirer toutes les leçons, parce que l’exploitation des êtres humains continue de souiller l’idée même d’humanité. Il nous revient de poursuivre le combat contre ceux qui exploitent la misère et la détresse de jeunes filles, d’enfants, de réfugiés, de migrants. à€ la Maison des esclaves, qui fait face à  l’océan Atlantique, je ne m’inclinerai pas seulement devant l’histoire, je m’engagerai pour la défense de la dignité humaine. La part d’ombre de notre histoire, c’est aussi la répression sanglante qui, en 1944, au camp de Thiaroye provoqua la mort de 35 soldats africains qui s’étaient battus pour la France. J’ai décidé de donner au Sénégal toutes les archives dont la France dispose sur ce drame afin qu’il puisse les exposer au mémorial sur Thiaroye. *** Mais la meilleure raison de ma présence ici est que je veux vous parler de l’avenir et d’une valeur universelle que nous défendons ensemble : la démocratie. Le Sénégal est un exemple pour l’Afrique. Les trois premiers présidents sénégalais ont su, dans leur diversité, transmettre, tous, le flambeau à  leur successeur, permettant à  votre pays de réussir des alternances sans déchirement. Votre Assemblée nationale, devant laquelle je m’exprime, est l’une des seules du continent à  avoir exercé la totalité de ses droits, sans interruption, depuis l’indépendance. Et quand je vois le nombre de femmes, ici, du peuple sénégalais – un nombre qui a doublé par rapport aux dernières élections -, cela m’inspire, au regard de la situation pourtant récemment améliorée en France, une nécessaire modestie… Voilà  ce que nous portons ensemble. Le respect des droits de l’homme, l’égalité devant la loi, la garantie de l’alternance, les droits des minorités, la liberté religieuse : autant de valeurs universelles ancrées chez vous et qui doivent s’épanouir dans toute l’Afrique. Je ne suis pas venu en Afrique pour imposer un exemple, ni pour délivrer des leçons de morale. Je considère les Africains comme des partenaires et des amis. L’amitié crée des devoirs : le premier d’entre eux est la sincérité. Nous devons nous parler librement. Nous devons tout nous dire, sans ingérence, mais avec exigence. La démocratie vaut pour elle-même. Mais elle vaut aussi pour ce qu’elle permet. Il n’y a pas de vrai développement économique ni de vrai progrès social sans pluralisme. J’ai une conviction profonde : si l’Afrique, berceau de l’humanité, parvient à  faire vivre pleinement la démocratie, partout et pour tous, si elle réussit à  surmonter les démons de la division, alors, elle sera le continent o๠se jouera l’avenir de la planète. L’Afrique est portée par une dynamique démographique sans précédent : la population au sud du Sahara doublera en l’espace de quarante ans – pour atteindre près de 2 milliards de femmes et d’hommes en 2050. Le nombre d’habitants aura été multiplié par dix en un siècle : c’est un changement sans équivalent dans l’histoire humaine. L’Afrique est la jeunesse du monde. Elle est aussi une terre d’avenir pour l’économie mondiale. Sa croissance, ces dix dernières années, a été supérieure à  celle de beaucoup d’autres régions émergentes. Les besoins d’infrastructure sont énormes. La qualité de son agriculture, ses ressources naturelles, ses richesses minières recèlent des possibilités immenses et encore largement inexploitées. Ses paysans, ses artisans, ses étudiants, ses entrepreneurs, ses savants constituent une ressource humaine exceptionnelle. Les grands pays émergents se tournent vers vous et investissent massivement. Vous n’avez pas à  avoir peur de cet intérêt nouveau, à  la condition expresse que vous sachiez, grâce à  vos institutions et vos pratiques, guider et orienter cet afflux d’hommes et de capitaux, et écarter les prédateurs. Votre défi, c’est de renforcer la place de votre continent dans la mondialisation. De lui donner une finalité plus humaine, d’y prendre la place qui doit être la vôtre, d’assumer une nouvelle responsabilité. Aucun enjeu planétaire ne pourra être traité sans l’Afrique. Toutes les réponses essentielles passent déjà  par votre continent : l’économie, les matières premières, l’environnement, l’énergie, la gouvernance mondiale. Dans toutes les négociations internationales sur ces sujets, la France – et au-delà  l’Union européenne, et l’Afrique partagent la même vision de l’avenir. Dans ces négociations, vous êtes notre premier partenaire. Nous sommes votre premier allié. Et notre devoir, c’est de vous accompagner dans les domaines d’avenir : l’agroalimentaire, les télécommunications, les services financiers… *** C’est vers cette Afrique de demain que je regarde en venant ici au Sénégal. Le changement viendra d’abord et avant tout des peuples. Les Africains ont pris leur destin en main et ce mouvement ne s’arrêtera pas. Chaque pays connaà®t sa propre dynamique et parfois ses rechutes. Chaque pays adapte ses institutions à  son histoire ou à  ses réalités. Chaque pays est chahuté par des mouvements qui contestent les frontières issues de la colonisation. Mais j’ai confiance, l’Afrique est en marche et les principes sur lesquels elle peut fonder son développement sont ceux que vous portez. La transparence, vous avez raison de l’exiger de toutes les entreprises qui viennent investir chez vous ou occuper des positions, et notamment dans le secteur minier et forestier. La bonne gouvernance, car c’est une condition de la stabilité, de la sécurité et de la probité. C’est pourquoi je salue l’initiative du président Sall de lancer une opération de récupération des biens mal acquis. La lutte contre la corruption, les abus financiers et contre l’impunité est l’affaire de tous. Nous devons être intraitables face à  ceux qui pourraient se croire autorisés à  voler les deniers de leur propre pays ou face à  ceux qui viennent chercher des contrats en ne négligeant aucun moyen de pression ou d’influence. L’égalité, car, si l’Afrique se développe, le nombre de pauvres ne cesse de progresser. Près de la moitié des pays du continent sont en passe d’atteindre les Objectifs du millénaire. Mais trop nombreux sont ceux qui restent au bord du chemin. La question des inégalités est, pour vous comme pour nous, au coeur du message que nos peuples attendent de nous. Et notamment les femmes, qui, en Afrique, constituent une formidable force de changement et de transformation. Elles sont de plus en plus nombreuses à  s’impliquer dans la vie économique et sociale. Elles jouent un rôle majeur auprès de la jeunesse africaine qui représente les deux tiers de la population du continent. Mais je n’ignore pas les menaces auxquelles vous faites face et les périls que vous affrontez : les crises alimentaires, les changements climatiques, les trafics de toutes sortes, les conflits, les fondamentalistes. Car nous sommes confrontés au même combat, celui de la dérive identitaire, celui du terrorisme. Je pense particulièrement au Mali, victime de groupes extrémistes qui font régner la terreur dans le Nord. C’est votre sécurité qui est en jeu, c’est aussi la nôtre, celle de l’Europe qui connaà®t la valeur inestimable de la paix pour laquelle elle a obtenu aujourd’hui l’illustre récompense du prix Nobel. Le futur de l’Afrique se bâtira par le renforcement de la capacité des Africains à  gérer eux-mêmes les crises africaines. Les organisations telles que la Cedeao et l’Union africaine se sont imposées dans le traitement des situations de crise en Afrique. C’est encourageant. L’engagement des armées africaines dans le maintien de la paix, au sein des Casques bleus, en est la preuve, je pense au courage des Burundais, Djiboutiens, à‰thiopiens, Kényans et Ougandais qui payent un lourd tribut pour libérer la Somalie. Je salue aussi ici les soldats sénégalais engagés dans des opérations de maintien de la paix difficiles, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, en RDC ou au Soudan. Aujourd’hui, c’est la crise que connaà®t le nord du Mali, occupé et violenté, qui doit nous fédérer. On en connaà®t les causes, elles sont multiples. Les pratiques mafieuses de groupes terroristes, les erreurs qui ont marqué la fin de l’intervention en Libye, et notamment le manque de contrôle des armes. Le trafic de drogue qui a corrompu l’économie malienne, mais qui menace aussi, chacun en est conscient, toute l’Afrique d’ouest en est. L’insuffisance du développement économique et social du Sahel, qui a nourri le désespoir. L’absence de mise en oeuvre effective des accords passés qui auraient dû conduire à  une coexistence harmonieuse de toutes les communautés maliennes. Mais au-delà  de l’analyse de ces causes, nous devons prendre nos responsabilités. Les horreurs actuelles ne peuvent plus se poursuivre. Comment accepter ces mausolées profanés, ces mains coupées, ces femmes violées ? Comment tolérer que des enfants soient enrôlés de force dans des milices, que des terroristes viennent dans cette région pour y semer la terreur ? La France aussi, à  travers ses ressortissants dans la région, a été attaquée. Le Mali a fait appel à  la communauté internationale et demande un soutien. Nous devons le lui apporter, avec la Cedeao, avec l’Union africaine, avec l’Union européenne, avec les Nations unies, car la responsabilité première reviendra aux Africains. La France apportera un appui logistique. Mais à  sa place. C’est dans cet esprit que je conçois la résolution de la crise malienne. *** Chers amis, Je veux ici dire ma volonté de renouveler la relation entre la France et l’Afrique. Le temps de la Françafrique est révolu. Il y a la France et il y a l’Afrique. Il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité. La clarté, c’est la simplicité dans nos rapports d’à‰tat à  à‰tat. Les émissaires, les intermédiaires et les officines trouvent désormais porte close à  la présidence de la République française comme dans les Ministères. La clarté, c’est dans la constitution du gouvernement d’avoir remplacé le ministère de la Coopération par celui du Développement auprès du Quai d’Orsay, indiquant ma conviction que nous devons affronter ensemble les grands défis de l’humanité, changements climatiques, pandémies et autres crises. Le respect, c’est la franchise. Elle doit être réciproque. Je ne céderai pas à  la tentation de la complaisance, et je n’en attends pas non plus en retour. Nous devons tout nous dire. Cette sincérité vaut en particulier pour le respect des valeurs fondamentales : la liberté des médias, l’indépendance de la justice, la protection des minorités. Car, sans à‰tat de droit, il ne peut y avoir de fonctionnement normal de l’à‰tat, ni d’investissement durable des entreprises, ni de société en paix. Nous devons enfin être particulièrement engagés dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le respect, c’est une définition parfaitement claire de la présence militaire française en Afrique. Celle-ci ne pourra se poursuivre que dans un cadre légal et dans la transparence. Ainsi, l’accord de défense entre la France et le Sénégal a récemment été revu. Il sera rapidement ratifié dans nos deux pays. Il en sera de même partout, et ces accords ne contiendront plus de clauses secrètes. J’irai au bout de cette démarche. Je tire les enseignements des crises que nous avons à  affronter : un dispositif ne doit pas être figé, il doit s’adapter, et privilégier la réactivité plutôt qu’une présence statique. C’est dans cet esprit que sera définie la nouvelle politique de défense de la France. La solidarité, c’est le développement. L’Afrique subsaharienne est la première priorité de la politique de la France, puisqu’elle concentre plus de la moitié de notre effort budgétaire. Mon pays est particulièrement actif pour défendre les intérêts de l’Afrique dans les institutions multilatérales. Mais le partenariat franco-africain ne se réduit pas à  l’action des à‰tats. Il associe et associera aussi des entreprises de nombreuses collectivités territoriales françaises, des ONG, des associations de migrants, et tout le tissu vivant de nos sociétés civiles La solidarité, c’est l’introduction des financements innovants pour trouver de nouvelles ressources. Au niveau européen, une taxe sur les transactions financières sera bientôt en place avec onze pays. Pour la France, 10 pour cent au moins de son produit ira au développement et à  la lutte contre les pandémies qui meurtrissent votre continent : le paludisme, la tuberculose, le sida. La part de l’aide française allant aux ONG sera par ailleurs doublée. La solidarité, c’est le co-développement, qui ne peut être réduite à  la seule question migratoire. J’entends mettre fin à  ce paradoxe absurde, qui fait que la France dans un passé récent a trop souvent fermé la porte à  ceux-là  mêmes qui voulaient y créer des emplois, y développer les échanges, participer à  l’effort de recherche ou de création artistique ! Je souhaite que les procédures administratives soient simplifiées pour les étudiants, dès lors qu’ils sont motivés, talentueux, capables de subvenir à  leurs besoins, mais aussi pour les artistes et les créateurs. Votre ministre de la Culture, Youssou N’Dour m’a alerté. J’ai entendu son appel. La solidarité, c’est, enfin, la consolidation de la zone franc. Que l’on me comprenne bien, les monnaies communes à  l’Afrique de l’Ouest et à  l’Afrique centrale constituent un véritable atout, notamment en matière d’intégration régionale, et la stabilité monétaire est un avantage économique précieux. Mais je suis convaincu que les pays de la zone franc doivent pouvoir assurer de manière active la gestion de leurs monnaies et mobiliser davantage leurs réserves pour la croissance et l’emploi. Pour amplifier encore la croissance africaine, je veux aussi établir entre l’Europe et l’Afrique des relations commerciales plus équitables. Je considère que la position des pays africains dans la négociation des accords de partenariat économique n’a pas été assez prise en compte. Cette discussion s’est enlisée. Je suis favorable à  ce que nous la relancions sur de nouvelles bases, avec des conditions de calendrier et de contenu plus favorables pour les pays africains. Nous voulons permettre aux à‰tats africains de négocier de meilleurs contrats avec les multinationales étrangères, par exemple dans le secteur minier. C’est pourquoi la France mettra en place, avec la Banque mondiale, une facilité financière pour renforcer l’assistance juridique aux pays africains dans la négociation de leurs contrats. Il s’agit de permettre aux pays africains de percevoir un juste prix pour leurs ressources. Nous soutiendrons donc un renforcement de la réglementation européenne en faveur de la transparence des comptes des entreprises extractives. Une transparence réelle, avec des comptes publiés pays par pays, et projet par projet. Ici, au Sénégal, ces principes se traduisent par la volonté de la France d’être toujours à  vos côtés. C’est la raison pour laquelle la France a accordé en juillet dernier à  votre pays une aide budgétaire exceptionnelle de 130 millions d’euros, répondre aux urgences. Je sais aussi l’importance que vous accordez à  la jeunesse. Je partage pleinement cette priorité. Avec le président Sall, nous visiterons, cet après-midi, l’un des trois centres de formation professionnelle que l’Agence française de développement a récemment financés à  Dakar. La France soutiendra aussi la construction et la rénovation de collèges publics dans l’académie de Dakar. C’est par l’éducation, de l’école primaire à  la formation professionnelle, que les jeunes Africains pourront, à  leur tour, imaginer et construire l’Afrique de demain. Ce faisant, nous construisons aussi la Francophonie de demain. Communauté de langue, d’initiatives et de valeurs promises à  un grand avenir. Cet investissement humain devra être complété d’un investissement dans les infrastructures, dont l’état actuel constitue un frein au développement durable du continent africain. Votre croissance est d’abord celle de vos villes. Mais je suis conscient que votre pays a l’ambition, comme beaucoup d’autres, d’assurer un développement inclusif, qui ne laisse pas de côté ses campagnes. Il existe dans le domaine agricole de grandes marges de productivité. Partout en Afrique, et évidemment ici aussi au Sénégal, nous serons avec vous pour réduire la dépendance aux importations de produits alimentaires, afin que les Africains puissent nourrir les Africains. *** Mesdames et messieurs, chers amis Je remercie le Sénégal pour la chaleur de son accueil. Il me touche et m’encourage à  penser que nous avons encore tant à  faire ensemble. Pour nos pays et pour l’Afrique. Une grande histoire commune nous lie. Il nous revient maintenant d’écrire un nouveau récit, celui de notre avenir. C’est « épaule contre épaule », pour reprendre les mots donnés par Senghor à  votre hymne national que la France et l’Afrique avanceront ensemble. Vive le Sénégal. Vive la France. Vive l’amitié entre le Sénégal et la France.

Hollande à Dakar : « Le temps de la Françafrique est révolu »

« Les trois premiers présidents sénégalais ont su, dans leur diversité, transmettre le flambeau à  leur successeur, permettant à  votre pays de réussir des alternances sans déchirement », leur a-t-il dit, lors d’un discours prononcé à  l’Assemblée nationale. « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité », a-t-il ajouté. François Hollande a prôné « la sincérité » dans les relations avec les Africains, avec lesquels on peut tout se dire. « Je ne suis pas venu en Afrique pour imposer un exemple, ni pour délivrer des leçons de morale. Je considère les Africains comme des partenaires et des amis. L’amitié crée des devoirs, le premier d’entre eux est la sincérité. Nous devons tout nous dire, sans ingérence mais avec exigence », a affirmé M. Hollande. L’AFRIQUE « VA DEVENIR UN GRAND CONTINENT à‰MERGENT » Plus tôt dans la journée, à  Dakar, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue, Macky Sall, M. Hollande a exprimé sa « grande confiance dans l’avenir du Sénégal et de l’Afrique », qui, selon lui, « va devenir un grand continent émergent ». S’adressant à  M. Sall, élu en mars face à  Abdoulaye Wade, battu après avoir dirigé le Sénégal pendant douze ans, il a affirmé : « Vous êtes un exemple de transition réussie. » Arrivé en fin de matinée au Sénégal, sa première visite en Afrique depuis son élection, en mai, M. Hollande a noté que « de l’aéroport jusqu’à  Dakar, nous avons été suivis par une foule innombrable, c’est toute la France qui se sentait accueillie, fêtée ». « Je voulais être au Sénégal avant de me rendre à  Kinshasa pour le sommet de la francophonie », samedi, a-t-il affirmé. « UN GRAND CONTINENT à‰MERGENT » M. Hollande a qualifié sa rencontre avec M. Sall d' »importante, parce que entre le Sénégal et la France c’est une histoire, une langue, une culture que nous partageons, mais au-delà  de l’histoire, de la langue qui nous unit depuis si longtemps, au-delà  des personnalités, ce qui nous rassemble aujourd’hui c’est l’avenir ». « L’Afrique est un grand continent qui va devenir aujourd’hui un grand continent émergent », a-t-il dit, et « la France sera au rendez-vous ». « Il ne s’agit pas de générosité, il s’agit de solidarité et de compréhension de ce qu’est l’avenir du Sénégal et du continent », a affirmé M. Hollande. Le président Macky Sall a pour sa part noté que « dans les relations entre Etats, chaque acte posé est un signal qu’il convient de décrypter pour en saisir le sens et la portée ». Et selon lui, que François Hollande ait « consacré au Sénégal sa première visite en Afrique est un geste d’amitié et de style ».

22 septembre: discours à la Nation du Président Traoré

Le président malien Dioncounda Traoré a appelé vendredi les groupes armés islamistes qui occupent le Nord du pays à  la négociation, tout en demandant l’union sacrée autour de l’armée pour faire la guerre s’il n’y avait plus d’autre choix, dans un discours à  la Nation. Puisque nous la préparons, nous ferons la guerre s’il ne nous reste plus d’autre choix (…) Mais nous réaffirmons ici que notre premier choix reste le dialogue et la négociation, a dit le président malien, dans un discours solennel diffusé à  la télévision nationale, à  la veille du 52è anniversaire de l’indépendance du pays. Notre deuxième choix reste le dialogue et la négociation. Notre troisième choix demeure le dialogue et la négociation, a-t-il insisté. J’en appelle aux groupes armés qui opèrent dans le Nord de notre pays d’accepter de s’engager résolument dans la voie du dialogue et de la négociation de façon sincère et constructive, a déclaré le président intérimaire, sans donner de noms précis de groupes. Dans la foulée du coup d’Etat militaire du 22 mars qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré, tout le Nord du Mali était passé, en avril, sous le contrôle des islamistes armés de la branche maghrébine d’Al-Qaà¯da et des groupes Ansar Dine et Mujao. Décrivant la tragédie vécue par le Mali dont l’existence même est en jeu, il a déploré que l’expression de l’irrédentisme des Touareg ait fait la jonction avec le terrorisme transfrontalier et international dans le Nord-Mali, sur fond de narcotrafic florissant. l’ancien président de lAssemblée nationale, investi président par intérim en avril, a centré tout son discours sur la nécessaire libération des régions occupées, par la négociation ou par la force. Disant avoir conscience d’être le président d’un pays en guerre, il a appelé la Nation à  la nécessaire union sacrée autour de l’armée, assurant qu’elle avait besoin d’être rééquipée, réarmée moralement, remise en ordre de bataille et surtout réconciliée avec elle-même. Il a par ailleurs souhaité l’organisation prochaine d’un scrutin présidentiel, pour qu’un chef de l’Etat soit élu d’ici à  un an.

Discours à la Nation de Dioncounda Traoré – 22 Septembre 2012

Mes chers compatriotes, Chers hôtes et amis du Mali, Dans quelques heures nous allons célébrer le 52ème anniversaire du Mali indépendant. Pour toutes les générations de Maliens, le 22 septembre recèle une grosse charge émotionnelle et éveille en chacune et en chacun de nous un fort sentiment de fierté patriotique qui résiste à  la fois à  l’usure du temps et à  celle des épreuves qui jalonnent malheureusement le cheminement des Nations. Oui, même les grandes Nations, et nous sommes une grande Nation, malgré les difficultés du moment, même les grandes Nations, dis-je, suivent leur destin, et ce destin est rarement linéaire. Ce 22 septembre en est l’illustration. En effet, C’’est la première fois en cinquante deux ans que nous célébrons l’anniversaire de notre indépendance dans des conditions singulièrement pénibles voire humiliantes d’un pays dont plus de la moitié est occupée. l’histoire livrera un jour la chronique réelle de la tragédie qui nous a frappés à  Tombouctou, Diré, Niafunké, Goundam, Kidal, Tessalit, Aguel Hoc, Abeibara, Gao, Bourem, Ansongo, Ménaka, Douentza. Treize cercles aux mains de forces hostiles, constituant les deux tiers du territoire pour l’indépendance duquel les pères fondateurs du Mali ont consenti tant et tant de sacrifices ! Il est un devoir impérieux pour nous d’exprimer notre gratitude et notre reconnaissance à  toutes celles et à  tous ceux qui se sont battus souvent avec l’énergie du désespoir pour que notre pays s’engage sur le chemin de la dignité et de l’honneur. Certes, la commémoration de l’aboutissement de la lutte héroà¯que de nos aà®nés est un bel hommage que nous devons leur rendre chaque année, mais elle est surtout un moment privilégié pour enseigner aux jeunes générations les valeurs fondatrices de notre Nation, à  savoir le patriotisme, le sens de l’honneur et de la dignité, une foi inébranlable dans notre destin de Nation libre et unie, l’amour du travail, les valeurs de partage, de solidarité et de justice. Toutes choses qui sont trop souvent mises à  mal par le désir effréné de certains d’entre nous d’arriver à  leurs fins en privilégiant des raccourcis qui sont, à  l’analyse, trompeurs, injustes et dévalorisants. Toutes choses qui sont mises à  mal par les diverses agressions dans la partie septentrionale de notre pays. Agressions d’abord à  l’initiative du Mouvement National de Libération de l’Azaouad (MNLA). Puis dans le prolongement des évènements survenus les 21 et 22 mars derniers, l’expression de l’irrédentisme a fait la jonction avec le terrorisme transfrontalier et international marqué du sceau des djihaidstes d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), du Mouvement pour l’Unicité et la Justice en Afrique de l’Ouest (MUJAO), de Boko-Haram et de groupuscules salafistes, et tout cela sur fond de narcotrafic florissant. Aujourd’hui, cette commémoration est aussi un moment privilégié pour dire la tragédie que nous vivons en tant que Nation, pour dire jusqu’o๠l’ensemble national est éprouvé. Dire toute la souffrance de nos frères et sœurs du Nord, ceux et celles restés sur place et endurant quotidiennement la loi des agresseurs, comme celles et ceux forcés à  l’exil avec ses précarités et ses contraintes dramatiques. Sonraà¯s, Peuls, Arabes, Touareg, Dogons, Bamanans ou autres compatriotes de Gao, Kidal, Tombouctou, Douentza, nos pensées vont à  vous. Nous sommes sensibles et concernés par vos souffrances et votre détresse. Nous savons que chaque jour de plus dans cette tragédie est un jour de trop. Et jamais, il n’a été question ni ne saurait être question pour nous de vous laisser à  ce sort douloureux. Mes chers compatriotes, l’heure, nous l’avons compris, et nous y avons travaillé, est à  la mobilisation, à  la remobilisation de toutes nos énergies et de toutes nos ressources pour entamer dès maintenant la libération de nos régions occupées, par la négociation ou par la force. C’’est tout le Mali qui se tient prêt pour cette mission historique avec en première ligne nos forces armées qui ont perdu une première bataille, il est vrai, mais qui ne peuvent perdre la guerre pour l’honneur, la dignité et la grandeur du Mali. Nous avons besoin de nos forces armées. Et notre Armée a besoin de nous. Elle a besoin d’être rééquipée, réarmée moralement, remise en ordre de bataille et surtout d’être réconciliée avec elle-même. Nous devons trouver la force et la sagesse de régler la question des bérets rouges et des bérets verts. Nous allons nous y employer dans les jours à  venir. Notre armée a besoin de nous sentir à  ses côtés et derrière elle. C’’est pourquoi nous devons réaliser la nécessaire union sacrée autour de cette armée unie et déterminée à  relever les grands défis qui sont les siens. Ce sont aussi nos nombreux frères, amis et partenaires qui sont prêts à  témoigner leur solidarité en ces moments lourds de défis pour notre Nation qui veut rester unie sous la bannière d’une République laà¯que, vivant en paix et voulant la paix pour ses voisins et pour le monde. Et C’’est parce que le péril est grand et multiforme, mes chers compatriotes, que nous avons décidé de saisir le Président en exercice de la CEDEAO d’une requête sollicitant l’appui de l’organisation sous-régionale pour recouvrer notre intégrité territoriale. Cette requête a curieusement suscité une campagne de désinformation et des interprétations toutes plus fantaisistes les unes que les autres. D’abord je dois dire solennellement que cette requête a été faite en parfait accord avec la hiérarchie militaire et le Ministère de la Défense, et en parfaite intelligence avec le Premier ministre, chef du Gouvernement. D’autre part, le contenu de la requête est en tout point conforme aux propos que J’ai tenus lors de mon investiture et dans mon adresse à  la Nation du 29 juillet 2012, o๠je disais, je cite : « je fais entièrement confiance aux services de sécurité maliens et à  l’Armée malienne pour assurer la sécurité du Président de la République et celles des autres Institutions de la République. Les dispositions déjà  prises ou envisagées pourront, bien entendu, être affinées et améliorées en fonction des moyens et équipements que nous pourrons réaliser » fin de citation. Dans la requête, il n’y a pas autre chose : pour la sécurité des Institutions de la Transition, il y est demandé des équipements et des moyens formulés par l’Armée malienne, et il y est précisé que le déploiement de forces de Police constituées et d’unités combattantes de l’Armée est sans objet. Cela est très clair. Par ailleurs, au point E/ de mon adresse du 29 juillet 2012, il est annoncé, et je cite : « une requête en direction de la CEDEAO, de l’Union Africaine et des Nations Unies, en fonction des conclusions de la mission qui a séjourné dernièrement à  Bamako » fin de citation. Il s’agit, bien entendu, d’une mission des Etats-majors de la CEDEAO. Donc, des requêtes ont été élaborées, encore une fois, en accord avec la hiérarchie militaire, et J’ai dépêché le Premier ministre Cheick Modibo DIARRA comme porteur de message à  leurs destinataires au niveau de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Nations Unies, de la France et des Etats-Unis. Mes chers compatriotes, Puisque nous la préparons, nous ferons la guerre s’il ne nous reste plus d’autre choix. Mais nous réaffirmons, ici, que notre premier choix reste le dialogue et la négociation. Notre deuxième choix reste le dialogue et la négociation. Notre troisième choix demeure le dialogue et la négociation. C’’est pour cette raison, qu’à  l’issue des Assises Nationales qui se tiendront dans les jours prochains pour une vision partagée de la Transition, de ses organes et de sa feuille de route, des contacts seront établis en vue d’engager des négociations sincères dans le respect strict de l’intégrité territoriale et de la laà¯cité de la République. Et J’en appelle aux groupes armés qui opèrent au Nord de notre pays d’accepter de s’engager résolument dans la voie du dialogue et de la négociation, de façon sincère et constructive. Mes chers compatriotes, Le rétablissement de notre intégrité territoriale est une cause nationale. Nous avons l’obligation de relever ce défi pour léguer à  la postérité un pays unifié, pacifié et réconcilié avec lui-même et avec ses voisins et le monde entier. Il doit en être de même pour l’organisation des prochaines élections, cet autre grand moment de notre démocratie. Depuis une vingtaine d’années, notre pays a organisé régulièrement des élections dont la qualité a été unanimement reconnue et saluée par l’ensemble de nos partenaires. Aussi, devons-nous saisir l’opportunité des élections à  venir pour nous convaincre nous-mêmes et convaincre la communauté des démocraties que la rupture démocratique intervenue, courant mars 2012, n’était qu’un regrettable incident de parcours. Pour les démocrates que nous sommes, il ne saurait y avoir d’autres modes de conquête du pouvoir d’Etat en dehors des élections qui sont et demeurent le souffle de la démocratie ; celles à  venir le seront davantage au regard du contexte de crise d’une part et des enjeux qui y sont rattachés d’autre part. Mes chers compatriotes, Hôtes et amis du Mali, Traditionnellement, cet exercice est le moment idéal pour dresser l’état de la Nation. En plus, il ébauche des perspectives plus crédibles en fonction des réalités socio-politiques et économiques du moment, tant sur le plan national qu’international. Mais vous comprendrez que dans le contexte actuel, il n’y ait d’autres perspectives que la reconquête de nos territoires occupés et l’organisation des élections. Toutefois, ces enjeux vitaux ne sauraient justifier que l’Etat se soustraie à  ses devoirs et engagements contractuels vis-à -vis des acteurs nationaux, régionaux et internationaux. l’Etat tiendra ses engagements en vue de répondre aux aspirations légitimes des travailleurs, et C’’est le lieu de saluer le sens du patriotisme des syndicats qui ont su, en toute responsabilité, contenir les impatiences pressantes de leurs militants. Je voudrais également leur exprimer notre profonde gratitude pour leur engagement constructif dans le processus de sortie de crise. C’’est une année d’épreuves qui nous est imposée mais, dans sa clémence, Dieu est entrain de nous gratifier d’un bon hivernage et cela est déterminant dans un pays o๠l’écrasante majorité de la population vit d’agriculture, d’élevage et de pêche. De même, une année académique s’est achevée et les différents examens et évaluations ont pu se dérouler là  o๠cela était possible. Puisse la nouvelle année scolaire qui s’annonce être plus performante pour les pouvoirs publics, les scolaires, les enseignants et les parents d’élèves. Au plan économique, les sacrifices consentis ont permis de faire face aux charges de fonctionnement de l’Etat, notamment le paiement des salaires. Nous savons cependant que le secteur privé et l’économie globale sont en souffrance du fait de la suspension de l’aide consécutive à  la rupture de la légalité que notre pays a connue. Mais, avec la mise en place du gouvernement d’union nationale et le retour de la légalité constitutionnelle, nous poursuivons nos efforts en direction de la communauté internationale afin qu’elle reprenne avec notre pays la coopération économique et financière suspendue. Mes chers compatriotes, J’ai foi en vous, J’ai foi en notre pays. · Le Mali vaut que nous acceptions de nous pardonner, de nous donner la main pour mettre fin à  la tragédie que nous vivons ; · Cela est possible si nous ne levons pas la main pour détruire mais pour construire, si nous n’ouvrons pas la bouche pour diviser mais pour unir, si nous n’utilisons pas notre plume pour semer le doute et le désespoir mais pour conforter et pour mobiliser, si nous pensons chacune et chacun, et travaillons chacune et chacun au retour d’un Mali plus fort, plus démocratique, plus responsable ; · J’ai conscience encore une fois d’être le Président d’un pays en guerre ; · J’ai conscience qu’il faut aller vers les compromis dynamiques et la recherche des équilibres ; · J’ai conscience surtout que mon devoir est grand envers ce peuple digne et fier, ces paysans, ces opérateurs économiques, ces humanitaires qui se battent, nuit et jour, sans jamais céder au découragement ; · J’ai conscience que le retour à  la démocratie et à  la stabilité est urgent et que seul peut y mener la légitimité d’un pouvoir élu. Mon souhait, et ce à  quoi J’engage le gouvernement, C’’est que le message à  la Nation du 22 septembre 2013 soit le fait d’un Président élu, un Président élu dans les conditions de transparence et de crédibilité requises. J’ai conscience enfin et, hélas, que le calvaire du Nord de notre pays continuera tant que nous nous battrons au Sud pour nos ambitions personnelles, pour des vengeances ou des haines personnelles qui sont totalement inopportunes dans un pays dont l’existence même est en jeu. Notre pays peut et doit revenir dans la communauté des Nations qui comptent. Mettons fin à  nos égarements. Mettons ensemble nos efforts, nos intelligences et nos volontés. Faisons-le pour nous-mêmes ; Faisons-le pour nos enfants ; Faisons-le pour nos épouses et nos maris ; Faisons-le pour nos pères et nos mères ; Faisons-le pour le Mali. Bonne fête de l’indépendance, dans la communion, dans la médiation, dans la remobilisation pour un Mali libéré, uni et démocratique. A nos frères et sœurs déplacés à  l’intérieur du territoire national, à  ceux qui n’ont eu d’autre choix que de prendre le chemin de l’exil, je dis courage ; nous venons vers vous et nul ne pourra se mettre en travers de notre route. Vive le Mali Un et Indivisible, démocratique et laà¯c ! Vive l’Afrique unie et solidaire ! Que le Tout Puissant nous inspire ! Qu’il protège et bénisse le Mali ! Je vous remercie.

Indépendance : souvenons-nous du discours de Modibo Keita

Le millésime 1960 est une année phare dans l’histoire du Mali contemporain. Le 22 septembre ne l’est pas moins. C’’est en effet le jeudi 22 septembre 1960 que le Mali accède à  la souveraineté nationale et internationale. Ce jour là , le charismatique président Modibo Kéita lit une déclaration solennelle dans la salle de conférence – l’ancien dortoir – du lycée technique de Bamako, à  la faveur du congrès extraordinaire de l’Union soudanaise-RDA (Rassemblement démocratique africain), couplé à  une session plénière de l’Assemblée nationale. Les Maliens font taire leurs divergences Ce discours intervient presqu’un mois après la dislocation de l’éphémère Fédération du Mali, qui regroupait à  l’époque le Mali et le Sénégal. Pour le pays de Soundiata Kéita, rejoindre le club des pays africains indépendants est une question d’orgueil. Pour la circonstance, les Maliens, toutes sensibilités confondues, ont accepté de taire leurs divergences de vue pour parler d’une seule voix. La cérémonie est marquée par la ferveur et l’enthousiasme. Un Modibo Kéita requinqué par une foule en liesse franchit la porte du lycée technique. Panafricain dans l’âme, l’homme fait honneur à  son rang de tribun hors pair en prononçant un discours des plus mémorables. Les instigateurs de l’éclatement de la Fédération en prennent pour leur grade : Avant de marteler une conviction profonde : « l’idée de la Fédération, demeure une semence virile de l’unité africaine. » l’ex-pensionnaire de la célèbre école William Ponty de Dakar appelle le peuple malien à  l’union des C’œurs et des esprits, et au sacrifice. « Toutes les Maliennes, tous les Maliens doivent accepter tous les sacrifices pour que notre pays puisse sortir grandi, rayonnant de l’épreuve qu’il traverse. » Le père de l’indépendance prêche cette même unité aux Africains. Une condition sine qua non, selon lui, à  l’affirmation « d’une grande nation africaine qui marquera de son sceau la politique internationale, pour que la paix, espoir des peuples en en voie développement, s’établisse entre tous les pays du monde ». Moussa CAMARA(Source Archives Mali)

Discours de Dioncounda Traoré : La classe politique mesurée

Après son retour au bercail, le président de la Transition, Dioncounda Traoré s’est adressé à  la Nation hier. Très attendu, son discours suscite pour le moment des réactions plutôt mesurées et prudentes dans la classe politique et au sein de la société civile. De façon quasi unanime, le discours est considéré comme conciliateur. «Â  Ce discours est de nature à  créer les conditions pour une transition apaisé et consensuelle », estime Tiébilen Dramé, qui pense aussi que le Président de la transition, assume ses prérogatives, puisqu’il est le garant de la constitution, de l’unité et de la cohésion nationale . Mais des interrogations demeurent sur les conditions qui vont déterminer la mise en place des organes proposés par Dioncounda Traoré. Pour Mahamane Mariko de l’Alliance des jeunes pour la démocratie et la justice(AJDJ), le discours de Diouncounda est une belle littérature politique qui séduit par son lyrisme. Mais, tempère-t-il, il entretient un flou sur certains aspects. Le Président n’a pas donné, selon lui, son avis sur la configuration du nouveau gouvernement formation et son appréciation sur l’actuel attelage gouvernemental. Les consultations que Dioncounda compte mener pour la formation du nouveau gouvernement ne relève pas des prérogatives du Président. A qui fera-t-il ses propositions ? se demande-t-il. Silence radio à  Kati Pour Sékou Diarra du Comité malien de défense de l’eau, le discours présidentiel est un catalogue de bonnes intensions qui souffre de précisions. C’’est pourquoi il appelle à  des consultations populaires à  l’image de la convention des 21 et 22 mai 2012, pour légitimer ces propositions. Les critères de nomination des deux vice-présidents, les conditions de la mise en place du Conseil national de transition et son impact sur la prorogation du mandat des députés le laissent perplexe. M. Diarra souhaite des éclairages sur l’ouverture du gouvernement et qui ne doit pas se faire sur une base clientéliste. Certains leaders de la COPAM joints au téléphone ont préféré prendre le temps nécessaire avant de livrer leurs impressions sur le discours du président de la transition . Du coté de Kati, C’’est le silence radio. «Â Nous avons suivi les discours du président et du premier ministre de la Transition. Pour l’heure il n’y pas de commentaires à  faire  » nous a répondu laconiquement une source proche de l’ex-junte.

Message du Premier Ministre à la Nation

Mes Chers Compatriotes, De retour d’un long périple qui m’a conduit au Niger, au Sénégal et en France, J’ai estimé devoir m’adresser à  vous, pour vous rendre compte et partager avec vous certaines réflexions. Il y a lieu de rappeler que ce déplacement est l’aboutissement d’une série de voyages que J’ai eu à  effectuer au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo, en Algérie et en Mauritanie. Dans tous ces pays, il m’a été donné l’occasion d’échanger avec mes frères et amis, de la situation du Mali, de son devenir, des voies et moyens pour libérer le pays du joug des irrédentistes, des terroristes et autres narcotrafiquants. Je voudrais ici adresser encore une fois mes vifs encouragements au Colonel Gamou et à  ses hommes qui depuis Niamey ont tenu à  nous renouveler leur serment de toujours rester au service de la mère patrie une et indivisible et à  nous réaffirmer leur détermination à  consentir le sacrifice ultime pour l’intégrité territoriale du Mali. Mes chers compatriotes, Ce compte rendu, J’ai tenu naturellement à  en accorder la primeur au Président par intérim, Dioncounda TRAORE. Je suis heureux de vous annoncer que l’état de santé du Président est, de l’avis même de ses médecins, satisfaisant. Je puis en témoigner pour l’avoir trouvé en excellente forme, avec un moral d’acier et une irrésistible envie de rentrer au pays. Sur ce point, tout est mis en œuvre pour créer les meilleures conditions de son retour et de sa protection en parfait accord avec lui-même pour que plus jamais nous ne revivions le cauchemar du 21 mai 2012. Mes chers compatriotes, Avec le Président Dioncounda TRAORE, la mise en place du Gouvernement d’Union nationale a été abordée. Mes chers compatriotes, Il est bon de rappeler que le Gouvernement actuel a été composé dans un contexte particulièrement difficile. Lors de ma nomination, le climat politique n’était pas à  la sérénité. l’approche des réalités était viciée par une vision manichéenne qui faisait que les acteurs politiques se regardaient en chiens de faà¯ence. Nous avons donc été amené à  faire le choix d’une équipe gouvernementale qui tout en reflétant l’unité et la diversité de la Nation, se voulait en dehors des contingences partisanes. C’’était de notre point de vue, la meilleure façon de traverser la zone de turbulence. Dans cet environnement particulier, le Gouvernement qui bouclera ses trois mois, le 24 juillet prochain a assuré avec beaucoup de réussite, les tâches ingrates mais exaltantes de l’Etat. Il s’est attaché à  l’adoption des mesures visant à  apaiser les tensions sociales à  travers divers projets de lois soumis à  l’Assemblée nationale. Dans le cadre du dialogue sociopolitique, il a initié des rencontres avec les Partis politiques et les Organisations de la Société civile pour évoquer les moyens de relever les défis de la Transition et leur faire part de notre intention de mettre sur pied u n organe consultatif destiné à  servir de cadre de dialogue. Cet organe qui regrouperait des représentants des Partis politiques, de la société civile, des dignitaires religieux, des opérateurs économiques, des représentants des forces armées et de sécurité, serait le lieu d’échanges réguliers avec le Gouvernement sur la marche de la Transition, notamment la restauration de l’intégrité territoriale et l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Le dialogue avec la classe politique est bien enclenché et dans les jours à  venir, les forces vives seront conviées à  un forum d’échange sur les grandes préoccupations de la Nation. Chers compatriotes, Au titre des préparatifs de la campagne agricole 2012-2013, le Gouvernement a accordé une subvention sur les semences et les intrants afin de sauver la campagne en cours et éviter une nouvelle crise alimentaire l’an prochain. Il a aussi procédé au paiement aux fournisseurs d’engrais, des arriérés dus par l’Etat au titre des campagnes 2010 et 2011. s’agissant de l’action humanitaire le Gouvernement a procédé à  l’acheminement et à  la distribution de vivres, de médicaments, de moustiquaires imprégnées à  nos compatriotes déplacés, aux populations restées au Nord et à  celles des communes déficitaires dans le sud du pays. En ce qui concerne le front social, malgré le contexte économique précaire, le Gouvernement paie régulièrement et à  temps les salaires des travailleurs. Les services de santé et les hôpitaux fonctionnent normalement. Les fournitures d’eau et d’électricité sont assurées correctement. Les cours et les examens de tous les ordres d’enseignement se sont tenus dans les délais. C’’est le lieu pour moi de rendre hommage aux parents d’élèves, aux enfants qui ont pris conscience et ont décidé de ne plus se laisser distraire pour des activités extrascolaires et de se tourner résolument vers leurs formation, mais aussi et surtout aux maà®tres qui ont bien voulu accepter de mettre en veilleuse leurs revendications légitimes. Je voudrais ici donner l’assurance que leurs préoccupations seront examinées avec bienveillance dans la mesure du possible et du droit. En ce qui concerne la justice, un accent particulier est porté sur la présentation et le respect des droits de tous les Maliens tout en s’assurant qu’aucun citoyen ne se croit au dessus de la loi. A cet effet, les enquêtes relatives à  l’agression du Président Dioncounda TRAORE se poursuivent normalement et les auteurs, commanditaires, et complices, quels qu’ils soient, o๠qu’ils se trouvent, seront poursuivis et traduits devant les tribunaux. Je saisi cette occasion pour déplorer et condamner avec la dernière rigueur, l’agression des journalistes dont Saouti HAIDARA, Directeur de publication de l’Indépendant. Des instructions fermes ont été données pour que les auteurs de ces forfaits ignobles soient recherchés et livrés à  la justice. Nous souhaitons à  Messieurs HAIDARA et KEITA prompt rétablissement. Chers compatriotes, Le Gouvernement vient d’élaborer sa feuille de route. La primeur en a été réservée au Président. Elle a été transmise aujourd’hui même à  l’Assemblée nationale et portée à  la connaissance du Corps diplomatique par le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale. J’envisage de convoquer sans tarder une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour présenter aux honorables députés le contenu de la feuille de route et obtenir leur adhésion et leur contribution pour sa mise en œuvre. Cette session aura aussi à  examiner la prorogation du mandat du Haut Conseil des Collectivités conformément à  l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle dont l’avis avait été requis. Chers compatriotes. Beaucoup reste encore à  faire. Nous en sommes conscients. Nous constatons que le feu de la polarisation partisane est en train de baisser d’intensité. Il est désormais possible de mettre ensemble les talents et les engagements au service du pays et de former un Gouvernement d’Union nationale. Nous sommes convenus le Président et moi d’engager les consultations avec toutes les parties concernées afin que toutes les énergies soient tendues vers le même idéal, celui de réconcilier le Mali avec sa grandeur faite de dignité et d’unité. Chers compatriotes. l’attention du Gouvernement s’est singulièrement focalisée sur la reconquête des régions du Nord. Nous avons dit que nous sommes ouverts à  la négociation avec la participation de toutes les communautés originaires du Septentrion. En même temps, nous nous préparons minutieusement à  l’option militaire. La réorganisation de la chaà®ne de commandement, l’équipement et la formation des hommes ainsi que la prise de mesures pour la motivation des troupes sont en cours. Partout, lors de mes déplacements, J’ai tenu le même langage, le Mali souhaite l’assistance multiforme pour libérer le Septentrion. Le Mali veut l’appui des pays amis pour aider à  la restructuration de son armée pour que cette armée soit mieux outillée dans l’accomplissement de ses tâches régaliennes. Partout la réponse a été la même : les pays apporteront leur soutien au Mali en fonction de leurs moyens ou conformément à  leur législation nationale. Je voudrais en votre nom et en celui du Président par intérim, leur exprimer la gratitude du peuple malien. La Communauté Economique des Etats de l’Afrique (CEDEAO) a donné le ton avec l’envoi d’une mission d’experts militaires à  Bamako. Nous attendons impatiemment leurs propositions pour nous permettre de faire une requête en vue de poursuivre la mobilisation de nos autres partenaires d’Afrique et du reste du monde en termes de besoins adaptés aux ambitions communes. Je voudrais réaffirmer ici haut et fort que nous n’abandonnerons jamais nos compatriotes du Nord et ce qui arrive dans les zones o๠ils vivent est une affaire nationale, ouest-africaine, africaine et même mondiale. Nous le savons et le reste du monde le sait. Nous n’avons d’autre option que de nous unir. Chaque génération a un devoir que lui impose l’histoire. Le nôtre est de reconstruire le Mali que nous ont léguée nos devanciers pour que nous passions le flambeau à  nos successeurs avec des frontières intactes. Notre devoir est un défi et son exécution un sacerdoce. Nous avons des valeurs de civilisation qui nous permettent de nous hisser à  la hauteur du destin. Il nous faut revenir à  l’unité avec la passion qui nous unit et que nous avons en partage ; à  savoir notre amour pour un Mali un, indivisible, prospère et fort. Je vous remercie./.

Discours du Nouvel An : ATT occulte les vrais sujets !

Pour son dernier discours à  la nation, en tant que président de la République, Amadou Toumani Touré s’est adressé au peuple malien ce samedi 31 décembre dernier. Diffusée sur les antennes de la télévision nationale, cette intervention a permis au chef de l’Etat d’aborder les questions d’actualité, comme le bilan de son action au titre de l’année écoulée, les prochains chantiers, son «Â souci » d’organiser des élections libres et transparentes, etc. A côté de la plaque ! Pour certains, «Â ATT a tout dit », pour d’autres «Â il a tenu le langage de la vérité », mais pour notre part, le chef de l’Etat a manqué le coche face à  des sujets sur lesquels il était attendu. Et les sujets non évoqués ne relèvent nullement des secteurs secondaires de développement. 2012 s’annonce dans un contexte de grande crise de notre système éducatif, avec des écoles fermées (comme les facultés de l’université de Bamako), et des enseignants en grève illimitée. Qu’est-ce que le gouvernement compte faire pour faire redémarrer notre école ? La réponse était très attendue par les Maliens de la part du président ATT. Hélas ! Comme s’il n’en était rien, le chef de l’Etat a, dans sa Majesté, passé la question sous silence. Il est aujourd’hui inadmissible qu’un président manifeste une telle indifférence face à  une question aussi importante. Mais déjà , lors de sa rencontre avec les «Â forces vives de la nation », dans le cadre des présentations de vœux à  Koulouba, ATT avait tenu un discours plutôt défaitiste. Comme avouant son échec cinglant, il a craché à  la figure de celui qui veut l’entendre que «Â C’’est l’école publique qui ne travaille pas », et qu’ «Â à  l’école privée, on étudie ». Il n’y a pas de doute ATT cautionne son incapacité face à  la question. Sécurité au Nord, corruption : ce ne sont pas mes problèmes ! La corruption, elle apparait comme l’un des débats d’actualité au Mali au cours de ces vingt dernières années. Et pendant les neuf ans d’ATT, le phénomène a véritablement gangréné notre société. En témoignent les différents rapports du Bureau du Vérificateur général et des autres structures de contrôle de l’administration. Combien de dossiers ont été soumis à  la justice ? Combien de milliards ont été recouvrés suite à  l’action de répression de la justice ? Quels sont les nouveaux chantiers en matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière ? On attendait du chef de l’Etat un discours qui traduit véritablement une volonté politique de restituer au peuple malien l’argent que certains lui ont volés. Mais le silence sur la question fut une note de déception ! l’autre sujet, non moins important, légèrement abordé par ATT, C’’est la question de l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne. La question est d’autant plus importante que le discours du président intervient dans un contexte o๠le nord du Mali a battu le record de prise d’otage en 2011. Rien qu’entre novembre et décembre, cinq occidentaux ont été enlevés à  Hombori et à  Tombouctou. A ce jour la menace persiste et les populations ont peur. Quelle sera véritablement la politique du gouvernement pour faire face à  cette menace terroriste de plus en plus présente dans le nord ? Quel sera le nombre d’éléments de force armées et de sécurité qui y seront déployés ? Quels seront les dispositions en matière de renforcement de leurs moyens de travail ? Voici autant de dispositions que l’on attendait du président ATT pour rassurer non seulement nos concitoyens qui vivent dans ces régions, mais également les nombreux touristes qui avaient choisi le Mali comme destination. Sur ces trois chantiers, le chef de l’Etat a échoué pendant son mandat, et son silence dans son discours du samedi traduit son seuil d’incapacité !