Diplôme, diplôme : je passe la bac aujourd’hui !

Le Baccalauréat, ce précieux sésame qui ouvre la porte aux études supérieures est le combat de près de 75 000 lycéens Maliens ce jour. Le Bac on le sait donne des sueurs froides, occasionne nuits blanches, stress ou détente pour les plus aguerris, avant le résultat final. Selon les données fournies par le Centre national des examens et de concours de l’éducation (Cnece), l’effectif total des candidats au baccalauréat est de 75 925 personnes en 2010. Une hausse de l’effectif total du nombre des candidats par rapport à  l’année dernière. Les postulants de l’année 2009 étaient de 53 980 personnes et ont composé dans 93 centres, soit une augmentation de 21 945 candidats. Petite réforme du ministère de l’éducation, les épreuves se dérouleront dans toutes les matières à  l’inverse des matières principales auparvant, un système plus rigoureux qui permet de davantage jauger le niveau des lycéens Maliens. Et afin que les épreuves se déroulent bien, selon un communiqué du ministère de l’Education, cette programmation a été faite en accord avec le Collectif des syndicats de l’éducation, qui décidé de suspendre son mot d’ordre de grève et de reprendre les cours, après la signature d’un accord avec le gouvernement. L’on déplorait l’an dernier un faible niveau des apprenants maliens, liés à  des conditions d’études difficiles, la grècve des enseignants n’est pas pour arranger les plans de cette jeunesse un peu désorientée. Le Mali dit-on figure parmi les plus mauvais élèves dans la sous-région en matière de niveau scolaire. Reste à  attendre les résultats pour savoir si cette tendance évolue vers le positif !

Diplôme d’études fondamentales : près de 170 000 candidats cette année

Trois jours d’épreuve Comme à  l’accoutumée, les épreuves ont démarré, hier lundi, 14 juin par la composition française. Trois sujets sont proposés, au choix des candidats. Le premier, ayant trait à  l’organisation du cinquantenaire, est ainsi libellé : « Dans le cadre de l’organisation du cinquantenaire de la fête de l’indépendance du Mali, décrivez dans une lettre adressée à  un ami étranger, les préparatifs de cette fête et ce que vous attendez de beau, d’extraordinaire, d’inoubliable le jour de la fête ». Auparavant, les candidats étaient priés de se débarrasser des antisèches et autres objets scolaires suspects. Dans la matinée d’hier, les centres d’examen du district de Bamako étaient plongés dans un calme total. A 7 heures 45, le centre de Faladié Sokoro a reçu la visite du ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, le Pr Salikou Sanogo, de la Directrice de l’Académie rive droite, Mme Togola Diama Sissouma, du Gouverneur du District de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, du Maire du District de Bamako, Adama Sangaré. Etaient aussi présents, le directeur du Centre national des examens et des concours, Hassimi Adama Touré et quelque membres de son Cabinet. Au passage dans ce premier centre, les 600 candidats, repartis dans différentes salles, planchaient sur la rédaction et le président du centre d’assurer que toutes dispositions étaient prises pour la bonne tenue des examens dans son centre. Il a été enregistré, cependant, quatre absents du côté des candidats. Avant de remettre les sujets aux candidats, le ministre les a surtout invités à  compter sur eux-mêmes. Il soutiendra que c’est leur premier vrai diplôme. Avant d’ajouter que, cette année, des matières ont été ajoutées aux épreuves pour permettre aux élèves d’être compétitifs sur le plan national, sous-régional et international. Au groupe scolaire de Sabalibougou, 1 622 candidats sont repartis entre 7 centres. Au moment de notre passage, il a été relevé cinq cas d’absence non justifiée. En tout, la rive droite compte 19 430 candidats. Au centre de Tomikorobougou B, sur la rive gauche, 131 candidats sont à  la recherche de leur sésame. Le Président du centre a relevé une dizaine de cas d’absence non justifiée. Quant au Cap de l’Hippodrome, il compte 13 centres dont 11 classiques et deux arabiques. Le groupe scolaire de Missira V compte 177 candidats qui sont repartis dans six centres. Pour la rive gauche, ce sont plus de 21 126 candidats pour le classique et 1149 pour l’Arabe qui composent. Partout o๠le ministre est passé, il a tenu à  encourager les candidats et en même temps souhaiter bonne chance pour le bon déroulement des examens. Il faut retenir qu’ils sont, cette année, 169 678 candidats contre 146 784 candidats en 2009, répartis entre 119 centres d’examen à  travers le pays, à  se lancer à  l’assaut du précieux sésame qui ouvre la porte aux études secondaires. La Région de Kayes compte 8 703 candidats, elle est suivie de Kita avec 7 404 candidats. A Kati et à  Sikasso, on dénombre respectivement 25 511 et 23 085. Koutiala comptabilise 7 877 candidats. Ils sont 17 409 candidats en compétition à  Ségou contre 9 209 à  San. La région de Mopti a 4 897 candidats. Ils sont 7 662 en lice à  Douentza. Et Tombouctou compte 3 400 contre 3763 à  Gao et 282 candidats à  Kidal.

Epreuves du DEF 2009 : quel avenir pour les non-orientés ?

« Le rêve d’une ascension fulgurante pousse les parents à  donner plus de savoir que d’éducation à  leurs enfants ». Quelle réflexion t’inspire cette critique de Mariama Bâ, dans son roman « Une si longue lettre » ?, C’’est le premier sujet de français du DEF 2009. Le deuxième sujet évoque l’utilisation des nouvelles technologies, face à  l’écrit: « De nos jours, la communication téléphonique a pris le pas sur la lettre. Penses-tu que le téléphone et la lettre remplissent en toutes circonstances les mêmes rôles ? », C’’est sur ces deux sujets qu’a porté cette année l’épreuve de français. Les élèves avaient la latitude de choisir l’un ou l’autre des sujets. A la sortie de salle les réactions sont diverses. Facile pour les uns, difficile pour les autres. Comme tous les ans, l’épreuve de français est un grand piège pour bon nombre des élèves à  cause de leur niveau faible en français. l’examen pour les candidats libres a pris fin sur l’épreuve de mathématique. Mais se poursuit pour les candidats libres avec l’histoire, la géographie, les sciences naturelles et l’éducation civique et morale (ECM). Il étaient ainsi plus de 146 784 candidats répartis dans 1293 centres d’examens à  passer cette année l’examen du DEF.  » Il est évident que le niveau baisse et dans toutes les matières, affirme Vincent Fomba, président du Centre de Daoudabougou, en commune VI. La solution viendra des résolutions du Forum sur l’Education ». Depuis longtemps, le gouvernement a démissionné en matière d’éducation. L’école au Mali reste une problématique clé, de même que les grèves à  répétition dans les universités. Comment former les élites futures de ce pays, lorsqu’on laisse tout une partie, sans réelle orientation et conseils pédagogiques, visant à  tracer une voie, un avenir ? Que faire avec son parchemin du DEF? Déjà  certains se posent la question, que deviendrais-je quand J’aurai le DEF ? Cette question est récurrente pour les jeunes de 17 ans, âge réglementaire fixé par l’Etat pour ne plus être orienté. Beaucoup n’ont pas pu continuer les études après le DEF, notamment ceux issus des familles les plus pauvres. Il faut rappeler qu’en 2008, seuls 79% des candidats admis ont été orientés. Jusqu’ à  présent, aucune disposition réelle n’a été prise pour que les 20% puissent continuer leurs études. A ceux là  s’ajouteront les admis de 2009 qui ont 17 ans et plus. C’’est un taux déjà  élevé pour un pays dont le taux d’alphabétisation est très bas (61% comme taux net de scolarisation/fréquentation au niveau du primaire). Les élèves non orientés pendant les années précédentes sont devenus les seuls maà®tres de leur avenir. Le témoignage de Awa Tanté Diarra, est un exemple concret. « J’ai eu le DEF en 2008 à  Ségou, à  l’école Fondamentale de Pelengana Sud. Aujourd’hui, je suis aide-ménagère chez des libanais dans le quartier Niarela à  Bamako. Je suis tous les instants harcelée par le père de mon patron qui est en congé ces derniers temps », a confié Mlle Diarra à  JDM. Ce témoignage est un cas parmi tant d’autres qui interpellent le gouvernement, et surtout, le Ministère de l’Education de Base, pour davantage orienter les élèves, afin qu’ils ne se retrouvent pas hors des circuits de l’éducation.