Fonction publique : un nouveau Statut général adopté en Conseil des ministres

Le Conseil des ministres du 13 février 2026 a adopté un projet d’ordonnance portant nouveau Statut général des fonctionnaires. Le texte vise à corriger les insuffisances relevées dans l’application de la loi n°02-053 du 16 décembre 2002, modifiée, qui encadrait jusqu’ici la gestion des agents de l’État.

Selon le communiqué officiel, la réforme redéfinit le champ d’application du statut conformément à la Constitution de 2023, intègre le Service national des jeunes dans le stage probatoire et remplace le système de notation par un dispositif d’évaluation du personnel. Elle prévoit également une nouvelle grille indiciaire avec une réduction du nombre d’échelons, institue une indemnité de départ à la retraite et précise la position des fonctionnaires appelés à servir au sein d’autorités administratives indépendantes.

Adopté par voie d’ordonnance, le texte devra être soumis au Conseil national de Transition pour ratification. Il s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations du Dialogue inter-Maliens et de la Conférence sociale, évoquées par le gouvernement.

La fonction publique malienne regroupe plusieurs dizaines de milliers d’agents répartis entre administrations centrales, services déconcentrés et collectivités territoriales. La masse salariale constitue un poste majeur du budget national, faisant de la gestion des carrières, de la formation continue et des mécanismes d’avancement des enjeux structurants pour l’administration publique.

Poids structurant

Selon les données budgétaires récentes, la masse salariale publique représente près de 35 % des dépenses de l’État et environ 48 % des recettes fiscales. Dans le projet de loi de finances 2026, elle est estimée à plus de 1 134 milliards de FCFA, contre un peu plus de 1 056 milliards en 2025, confirmant son poids structurant dans l’équilibre budgétaire national.

Un autre axe de la réforme porte sur la rationalisation de la formation continue et l’encadrement plus strict des avancements de catégorie par voie de formation. Le gouvernement met en avant la nécessité d’assurer une plus grande équité dans les promotions et d’adapter les compétences des agents aux évolutions technologiques et organisationnelles de l’administration, notamment dans le contexte de la modernisation et de la digitalisation des services publics engagées ces dernières années.

La nouvelle ordonnance intervient également dans un climat social marqué par des revendications récurrentes de syndicats de la fonction publique sur les conditions de travail, les carrières et les rémunérations. En introduisant un système d’évaluation en remplacement de la notation et en instituant une indemnité de départ à la retraite, les autorités entendent formaliser davantage les parcours professionnels et sécuriser les droits des agents en fin de carrière, tout en cherchant à renforcer la performance et la transparence dans la gestion des ressources humaines de l’État.

En 2025, le gouvernement avait engagé une revalorisation progressive des salaires dans le cadre du Pacte de stabilité sociale et de croissance, avec une hausse programmée de la valeur du point d’indice à partir de janvier 2026 et un impact budgétaire global estimé à plus de 100 milliards de FCFA. Parallèlement, une opération d’enrôlement biométrique a conduit à la suspension des rémunérations de plus de 36 000 agents non recensés, représentant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

 

Bamako accueille la 12ᵉ Conférence ministérielle de l’OFPA

La capitale malienne a abrité ce samedi 23 août 2025 l’ouverture de la 12ᵉ Conférence de l’Observatoire des Fonctions publiques africaines (OFPA). La cérémonie, présidée par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a réuni les ministres et experts de 26 États membres, en présence du ministre malien du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Dr Fassoum Coulibaly et du secrétaire exécutif de l’OFPA.

Dans son allocution, le chef du gouvernement a rappelé l’importance de l’OFPA comme levier stratégique pour améliorer la gouvernance publique et renforcer l’efficacité administrative sur le continent. Il a exhorté les participants à formuler des propositions concrètes et innovantes afin de doter l’Afrique de services publics modernes, transparents et adaptés aux besoins des citoyens.

Le ministre malien du Travail a, pour sa part, insisté sur l’engagement du Mali en faveur d’une administration performante et inclusive, citant la Constitution du 22 juillet 2023 qui consacre le droit à un service public de qualité. Il a également souligné les efforts de digitalisation entrepris dans les procédures administratives et la nécessité de mutualiser les bonnes pratiques au sein de l’OFPA.

Cette conférence se déroule dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes, la nécessité de mieux former les agents publics et les difficultés persistantes de financement des administrations. Plusieurs thématiques sont à l’ordre du jour, dont la transformation numérique, la transparence, la mobilité des fonctionnaires et la mise en place de centres de formation régionaux.

Créée en 1991 à Cotonou, l’OFPA regroupe aujourd’hui 26 pays africains. Son objectif est de promouvoir une fonction publique au service de la démocratie, de l’État de droit et du développement. La rencontre de Bamako vise ainsi à donner une nouvelle impulsion à l’organisation après plusieurs années de léthargie, marquées notamment par le non-paiement des cotisations de certains membres et l’irrégularité des sessions statutaires.

En accueillant cette 12ᵉ Conférence, le Mali entend non seulement jouer un rôle moteur dans la relance de l’OFPA, mais aussi inscrire la réforme de la fonction publique dans la dynamique de refondation de l’État amorcée depuis 2020.

Rapport SIGRH : 36 151 agents non identifiés

Le processus de réalisation du Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines des fonctions publiques de l’État et des collectivités territoriales (SIGRH) s’est achevé par la remise au chef de l’Etat du rapport SIGRH. De 2022 à 2024, il a permis le recensement de 158 317 agents de l’État et des collectivités, parmi lesquels 122 166 ont été identifiés physiquement et biométriquement. En revanche, 36 151 agents ne se sont pas présentés, représentant 4,57 % de la masse salariale, soit 48,28 milliards de FCFA par an.

La salle de banquets du palais de Koulouba a abrité, vendredi 15 Août 2025, la cérémonie de remise du rapport d’exécution du SIGRH au président de la transition Assimi GOÏTA par le ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, en présence des membres du gouvernement et du président du CNT.

La remise de ce document est la suite de l’initiative entreprise par les autorités pour la modernisation de l’administration publique. Son plan d’étude repose sur trois phases : Le recensement à l’aide de fiches individuelles ; l’enrôlement biométrique à travers tout le pays, y compris les zones difficiles d’accès et les missions diplomatiques et l’intégration des données dans un logiciel conçu et hébergé au Mali, financé sur fonds nationaux. Selon le Président de la Transition, ce projet est une recommandation pour combler l’absence d’informations fiables sur les effectifs des fonctionnaires, sur la mise à jour insuffisante, sur le manque d’interconnexion entre services et de l’absence de mécanismes unifiés de gestion salariale. Face à ce fléau, il avait instruit la création d’un système intégré, sécurisé et basé sur des données biométriques.

Absences à justifier

Mme MAÏGA Fatoumata Housseni MAÏGA, membre du comité technique a mis en lumière les atouts de cette nouvelle plateforme, en insistant sur son rôle dans la modernisation de la gestion des ressources humaines. Parmi les fonctionnalités clés : un fichier unique des salaires pour plus de transparence, une interconnexion des services RH pour un meilleur suivi, des données fiables pour anticiper les besoins en personnel, et un pilotage renforcé du capital humain. Elle a également annoncé son évolution prochaine, notamment dans la gestion des concours administratifs, afin de simplifier et fluidifier les processus de recrutement dans la fonction publique.

Sans pourtant qualifier les absents de fictifs, le Ministre de la refondation, Bakary Traoré a ordonné aux agents ciblés de se régulariser dans un délai de trois mois avant toute sanction. A rappeler que le SIGRH est né des recommandations fortes des Assises nationales de la refondation et s’inscrit dans le plan d’action du gouvernement.

Joseph Amara DEMBELE