Arrivée de la nouvelle mission: La Côte d’Ivoire dans l’attente

Gbagbo va -t-il fléchir? Rien n’est moins sur et l’issue de cette mission semble courue d’avance. Laurent Gbagbo a d’ores et déjà  déclaré qu’il n’a nullement l’intention de céder le pouvoir à  son rival, Alassane Ouattara. Les présidents béninois, capverdien et sierra-léonais, mandatés par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), ont déjà  rencontré le président sortant la semaine dernière; ils seront rejoints cette fois par le Premier ministre du Kenya, Raila Odinga, dépêché par l’Union africaine et qui s’est prononcé pour un recours à  la force si Laurent Gbagbo s’accroche au pouvoir. Il a cependant assuré n’avoir « aucun a priori ». « Nous voulons juste lui parler et nous verrons ce qui se passera », a expliqué le premier ministre kényan, qui a présenté sa visite comme « une mission de protection de la démocratie et de la voix du peuple en Côte d’Ivoire ». Il retrouvera lundi à  Abidjan les chefs d’Etat Thomas Boni (Bénin), Ernest Koroma (Sierra Leone) et Pedro Pires (Cap-Vert). Laurent Gbagbo, qui s’appuie sur le soutien du Conseil constitutionnel et de l’armée, a réaffirmé au cours du week-end qu’il était prêt au dialogue mais a prévenu que Ouattara, désigné vainqueur de l’élection présidentielle par la commission électorale, ne devait pas compter « sur des armées étrangères pour venir le faire président ». Le Dialogue pour épargner les populations La Cédéao privilégie encore la voie du dialogue, mais a menacé d’utiliser la force pour faire partir M. Gbagbo s’il refusait de céder sa place à  M. Ouattara. L’option militaire est d’ailleurs en préparation, en « dernier recours ». L’organisation doit décider d’ici à  mardi de « nouveaux pas » en vue d’une issue. « C’est la dernière chance pour M. Gbagbo d’obtenir la possibilité d’une transmission pacifique de pouvoir et d’une garantie d’immunité », a déclaré ce week-end Guillaume Soro, Premier ministre du gouvernement installé par Ouattara, qui s’adressait à  des journalistes à  l’hôtel du Golf d’Abidjan, o๠Ouattara et ses proches sont retranchés sous la protection de 600 soldats de l’Onu. Amnesty International a, elle, demandé aux émissaires de la Cédéao de « placer la protection des droits humains au C’œur de leurs efforts ». Près de 18.000ivoiriens ont fui leur pays depuis le début du mois de décembre. Selon Anne Gnahouret, ministre de la solidarité de M. Gbagbo, la plupart d’entre eux ont fui « les zones tenues par les rebelles pour échapper aux exactions » dans le nord du pays, sous contrôle des Forces nouvelles (ex-rébellion) qui appuient M. Ouattara, selon la ministre, qui a accusé « les organisations internationales » de les « ignorer ».

Payement des salaires en Côte d’Ivoire : ATT sort du silence

Qui a bien pu aider Gbagbo à  payer les salaires des fonctionnaires en Côte d’Ivoire? C’est la question que tout le monde se pose et qui est venue d’une polémique qui a fait choux gras le week end dernier. « Les fonctionnaires ivoiriens ont été payés grâce à  un transfert de la Bceao-Mali à  deux banques ivoiriennes » : voilà  l’information donnée vendredi dernier par un quotidien abidjanais. Obligée d’apporter des éclaircissements, Bceao-Mali a publié, le 25 décembre dernier, un communiqué démentant systématiquement cette information. La banque affirme n’avoir aucun ordre de sa direction, basée à  Dakar, pour transférer de l’argent aux banques citées par ledit journal. Le nom du président ATT a également été cité dans cette affaire sur les médias internationaux. Il est vrai qu’ATT a reçu dans les salons de Koulouba, un émissaire de Laurent Gbagbo, en fin de semaine dernière. Cependant, rien d’officiel n’ayant été dit sur cette rencontre, nul ne peut affirmer que le président malien ait donné un coup de pouce au président Gbagbo. « Je ne sais pas d’o๠vient ce mensonge contre moi. Le fait que j’occupe la présidence de l’Uemoa, ne me donne pas la mainmise sur les ressources de cette institution », a dit ATT. Mais il a beau démentir l’information, l’opinion publique continue de nourrir la conviction qu’il y est pour quelque chose. Partie de nulle part, la rumeur a fini de faire le tour des cercles politiques et de la population qui se demande pourquoi ATT irait payer les salaires des ivoiriens. C’est vrai que depuis, ATT s’est muré dans un silence complet. En dehors même d’ATT, le silence de la classe politique malienne sur la crise ivoirienne a jusqu’ici été assourdissant. A l’exception du Parena, parti de la famille socialiste qui, dans son communiqué du 23 décembre, a félicité le vainqueur, Alassane Ouattara. Manifestement, ATT voudrais bien rester sobre dans cette affaire de Côte d’Ivoire. Il le faut certes. D’autant plus que le président malien doit bien savoir que la crise ivoirienne est en ce moment le sujet le plus débattu dans son pays et que ses dires et ses faits seront retenus dans les annales de l’histoire tant par les différentes parties ivoiriennes que par ses compatriotes. En tout cas, les partisans d’Ado le donnent pour être un pro Gbagbo. Ce dernier a effectivement beaucoup d’amis au Mali. Le plus célèbre d’entre eux, c’est Ibrahim Boubacar Kéita, président du RPM, qui n’a jamais fait mystère de ses relations avec le président sortant de Côte d’Ivoire. Ils sont d’anciens amis d’université et ont milité ensemble en France pendant leurs études. Attendu au sommet d’Abuja du vendredi 24 décembre, ATT s’est fait représenter par son Ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane. En toute objectivité, ATT ne saurait cautionner d’action militaire en Côte d’Ivoire qui est la seconde patrie de plus de 500 000 Maliens. En d’autres termes, en cas d’intervention militaire soutenue par le Mali, il aurait un gros problème en ce qui concerne la sécurité des maliens de Côte-d’Ivoire. ATT est, en tout cas, très certainement du côté de la paix. Car, le moins que l’on puisse dire C’’est qu’une intervention militaire serait très préjudiciable à  la quiétude du régime d’ATT. Autant économiquement que socialement, Mali est lié à  la Côte d’Ivoire.

Côte d’Ivoire : La mission de la dernière chance.

Les amis de Gbagbo Jeudi dernier, à  l’issue de leur session extraordinaire, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO sur la Côte d’Ivoire les avaient mandatés pour rencontrer Gbagbo. Les trois émissaires ont un point commun. Ils sont connus pour être des amis de Gbagbo ou en tout cas, d’en être plus proche que les Comparé, Wade ou autre Goodluck Jonathan. Ce sera donc une réunion ‘’entre amis ». Mission de cette troà¯ka africaine : parler au nom de tous les pays membres de la CEDEAO et faire comprendre au président sortant qu`une intervention militaire n`est pas exclue s`il refuse toujours d`abandonner le pouvoir au profit d`Alassane Ouattara, le vainqueur désigné de la dernière présidentielle. Il s’agira de le mettre devant ses responsabilités face à  l’histoire et lui faire comprendre qu`il ne gagnera pas son bras de fer contre la communauté internationale, et que, dans son intérêt mais aussi celui de la Côte d`Ivoire, il est encore temps de sortir de cette crise de manière honorable. En cas de refus, le recours à  la force sera alors envisagé et des poursuites internationales seront engagées. Eviter à  tout prix la guerre En réalité, la CEDEAO n`a pas l`intention d`installer la Côte d`Ivoire dans une autre guerre. L`intervention armée évoquée lors de sa réunion du 24 décembre dernier s`inscrit d`abord dans le cadre de la pression exercée par la quasi-totalité de la communauté internationale sur Laurent Gbagbo depuis un mois, sans guère de succès. Cependant, il ne s`agit pas non plus de propos en l`air. S`il refuse de céder après le déplacement à  Abidjan des émissaires de la CEDEAO, Gbagbo devra en assumer les conséquences. Une intervention des troupes ouest-africaines pourrait faire sombrer le pays dans une guerre civile comme lui-même en a brandit la menace la semaine dernière. Les chefs d’Etat qui se rendent aujourd’hui au chevet de la Côte d’Ivoire sont des partisans de la négociation. Le président cap-verdien appelait le week-end dernier les parties ivoiriennes à  tout faire pour éviter l’option militaire. Son ministre des Affaires étrangères, José Brito déclarait il y a quelques jours, «moins on parle avant, et plus on a de chances d`être entendus,» ajoutant que la mission qui s`annonce est difficile et qu`il n`est pas utile de la compliquer par des déclarations qui pourraient être mal interprétées. Quant au ministre béninois des Affaires Etrangères, Jean-Marie Ehouzou, il explique que «cette médiation représente un geste de bonne volonté de la part de la CEDEAO qui veut trouver une issue pacifique à  ce problème», répétant cependant à  plusieurs reprises que la mission est extrêmement difficile. Même état d`esprit en Sierra Leone o๠le ministre de l`Information explique que le Chef de l`Etat se rend à  Abidjan afin de convaincre Laurent Gbagbo d`abandonner le pouvoir. La question que certains observateurs de la scène politique se posent est la suivante : Gbagbo acceptera-t-il de quitter effectivement le pouvoir après la réunion avec ces trois homologues? Rien n’est moins sûr…

Côte d’Ivoire : Où est donc passée Simone Gbagbo ?

Simone Gbagbo est-elle à  Abidjan o๠a t-elle pris la poudre d’escampette avec une partie des avoirs nationaux ? « On reste prudent sur cette info et on préfère rester au conditionnel », informe un reporter togolais envoyé à  Abidjan, au moment fort des affrontements entre militants du RHDP et patriotes à  la mi-décembre. Ou se trouve donc Simone Gbagbo, qui à  vrai dire, n’a beaucoup été vue ou officiellement entendue, depuis le début du bras de fer entre son époux, président autoproclamé à  vie et Alassane Ouattara, président élu, de l’assiégée « République hôtelière du Golf ». Au lendemain des résultats du second tour de la présidentielle ivoirienne, Mme Gbagbo n°2, puisqu’il y’en une deuxième, mais plus discrète que sa coépouse, a certainement entendu la 1ère affirmer que si son époux lâchait le pouvoir, C’’est qu’il n’avait pas de « couilles ». On y croit volontiers quant on connait le franc-parler et la détermination de celle qu’on accuse de tous les maux, instigatrice dénoncée des fameux « escadrons de la mort », alors que leur spectre plane à  nouveau sur Abidjan, avec son lot de cadavres et de dommages collatéraux. Si Simone Gbagbo intéresse, C’’est qu’elle est atypique. Depuis 40 ans aux côté de Laurent Gbagbo, elle a vécu toutes les luttes avec lui, supporté son exil à  l‘étranger, et radicalisé son discours quant il s’est agi du coup d’état de 2002. Historienne de formation, auteur d’un adagio littéraire à  son mari, Simone s’est aussi forgée une image de croyante chrétienne qui contribue à  fidéliser davantage ses vassaux. On la surnomme même «Â Maman » à  Abidjan, ultime marque de respect, alors que d’autres voient en elle, un démon au visage dur et à  l’aura affirmée. Soit, Simone Gbagbo dont on connaà®t l’influence, encourage t’elle son mari à  rester au pouvoir? Pourquoi s’accroche t’elle autant à  ce pouvoir ? Un observateur explique : « Il y a bien sûr les zones d’ombres, de touc ceux qui s’ils quittaient le pouvoir, auraient des comptes à  rendre à  la communauté internationale, mais par ailleurs, Laurent et Simone Gbagbo, mènent une guerre d’idées et de longue date à  la suprématie occidentale, tout en s’auréolant d’une mission presque christique pour le bien de la Côte d‘Ivoire et des Ivoiriens ». l’argument est discutable et dans une interview à  l’hebdomadaire Jeune Afrique, Laurent Gbagbo déclarait péremptoire qu’il détenait les clés du bonheur des Ivoiriens dans ses mains. C’’était avant les résultats du second tour. On se trouve désormais dans cette guerre idéologique et croisade des époux Gbagbo contre l’ancienne puissance colonisatrice et quitte à  y laisser des cadavres jonchant les rues, il faudra aller au bout du dogme…jusqu’à  la mort ? Quant à  Simone, elle n’est pas du genre à  fuir et cette rumeur n’a pas encore trouvé son fonds. , déclare notre confrère togolais, mais qu’irait-elle y faire alors que son époux dispose encore de la présidence, de la télévision, de l’armée et que leur militants cherchent toujours à  percer le système de sécurité des Nations-Unies pour démanteler la République du Golfe, o๠Alassane Ouattara dirige avec frustration, un conseil des ministres sous une tente. l’absence supposée de Simone, reste une rumeur et au sommet, personne ne veut l’enfler. On se plaà®t même à  railler toute ingérence extérieure. Quant au gel des avoirs Ivoiriens, le porte-parole de Gbagbo, Mr Yéré, affirmait sur une chaà®ne européenne : « Que voulez-vous geler ? Mr Gbagbo n’a ni biens, ni maisons, ni comptes à  l’étranger ». ??? Reste que son avion présidentiel en révision en Europe a été bloqué par les autorités françaises. Alors Simone aurait-elle pris un billet classe économique pour fuir le pays ? O๠se serait-elle discrètement évadée par la route de San Pedro ? A suivre…

Crise ivoirienne: Laurent Gbagbo se prononce sur la situation

Gbagbo revendique et justifie sa victoire Alors qu’on ne s’y attendait pas, le président Laurent Gbagbo aux commandes de la Côte d’Ivoire, a fait ce mardi dans la soirée, une apparition publique sur les ondes de la RTI, la radio et télévision ivoirienne. C’’était la première fois qu’il s’exprimait publiquement depuis le début de la crise sur les résultats des élections présidentielles en Côte d’ivoire. Je suis le président de la République de la Côte d’Ivoire, J’ai prêté serment, J’ai nommé un Premier ministre, le pays s’est remis aussitôt au travail et l’Etat fonctionne, a-t-il fait savoir. Il est revenu sur les différentes étapes qui ont marqué l’annonce des résultats et insiste sur sa victoire. J’ai remporté le scrutin avec 51,45 % des suffrages. Il revient au Conseil constitutionnel de proclamer les résultats, a-t-il déclaré, précisant que la Commission électorale indépendante (CEI) n’avait, selon lui, qu’un rôle d’organisation et de contrôle du scrutin. Laurent Gbagbo se dit désormais prêt à  affronter les pays dits de la communauté internationale toute entière, et qui soutiennent tous son rival Alassane Ouattara, déclaré vainqueur de l’élection par la CEI. De la communauté internationale, Laurent Gbagbo a dit qu’elle a donné un spectacle affligeant, en proclamant les résultats à  l’hôtel du Golf, au QG de son adversaire. Ils sont nuls. La communauté internationale a déclaré la guerre à  la Côte d’Ivoire. Cela n’est pas acceptable et ne sera pas accepté a indiqué Gbagbo. Poursuivant son discours, le président aux commandes de la Côte d’ivoire a fait savoir qu’il regrettait les morts des derniers jours, dont il tient la communauté internationale responsable.On veut nous terroriser, mais je ne veux plus que le sang soit versé. Je ne veux plus de guerre qui peut s’étendre aux pays voisins a ajouté Gbagbo, appelant au calme et à  la retenue. s’adressant ensuite à  son adversaire, Alassane Ouattara, réfugié à  l’hôtel du Golf, il lui demande de regagner son domicile. Je tends la main à  monsieur Ouattara et à  l’opposition armée qui le soutient, a-t-il dit. Il cède des concessions à  son rival et menace la communauté internationale Laurent Gbagbo s’est aussi dit prêt à  accueillir un comité d’évaluation pour juger des résultats de la présidentielle, composé de l’UE, des Etats-Unis, mais aussi de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de la Russie et de la Chine. Un pas d’ouverture qui apparemment ne suffit pas. Dans le camp adverse, une porte-parole d’Alassane Ouattara a répondu que Laurent Gbagbo continuait de ruser avec le monde en proposant d’ouvrir le dialogue. Il dit avec force qu’il est encore le président de la République de Côte d’Ivoire, ce qui est inacceptable, a-t-elle insisté. Il s’agit pour lui de reconnaà®tre le verdict des urnes et de partir, tout simplement. Une position qui est celle de la France, qui fait planer la possibilité d’une intervention militaire. Ce mercredi 22 décembre 2010, le président français Nicolas Sarkozy a organisé une réunion sur la situation tendue en Côte d’Ivoire. à‰taient présents à  cette réunion, le Premier ministre François Fillon ainsi que Michèle Alliot-Marie (Affaires étrangères), Alain Juppé (Défense), François Baroin (Budget) et le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud. Par la suite, le gouvernement français a recommandé aux ressortissants français qui le peuvent de quitter provisoirement le pays. Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a également conseillé à  la population de différer les projets de voyage vers la Côte d’Ivoire parlant des sources d’inquiétudes indiscutables sur la situation dans le pays. Déjà  Mardi 21 décembre, Paris avait appelé à  nouveau au départ sans délai de Laurent Gbagbo et se disait désormais très vigilant sur la situation des 15.000 ressortissants français et des Européens installés en Côte d’Ivoire. Répondant aux questions de l’assemblée nationale française, Michèle Alliot Marie, la ministre des affaires étrangères a fait savoir qu’aucune attaque ou menace n’avait été formulée pour l’instant envers des Français ou des Européens mais que la France se préparait à  toute éventualité, y compris l’évacuation militaire de ses ressortissants. La communauté internationale rigide jusqu’au bout La communauté internationale elle aussi continue d’être ferme, Gbagbo doit quitter le pouvoir. De nombreux observateurs se demandent pourquoi l’organisation des nations unies est si intransigeante dans le processus électoral ivoirien, alors qu’en Haà¯ti o๠les mêmes difficultés post électorales se posent, le décompte des voix a été proposé. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a accusé mardi le camp de Laurent Gbagbo de tenter de provoquer les Casques bleus de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de tarir les sources d’approvisionnement de la Mission onusienne. Une attitude conforme à  la vision du camp Gbagbo qui accuse la partialité des nations unis. Face à  ce défi direct et inacceptable à  la légitimité des Nations Unies, la communauté internationale ne peut pas rester sans rien faire. Elle doit agir et agir de manière résolue. Toute tentative d’affamer la Mission de l’ONU pour qu’elle se rende ne sera pas tolérée. Toute attaque contre les Nations Unies et son personnel sera considérée comme une attaque contre la communauté internationale, a fait savoir Ban Ki-Moon. Même si l’union africaine dénonce l’attitude de Laurent Gbagbo, il n’en reste pas moins que dans de nombreuses grandes villes africaines, ce dernier est soutenu, du moins en pensée. La déclaration du gouvernement français de ce jour donnera les nouvelles orientations de la situation. Pour la Cour pénale internationale, la solution à  ce problème devrait venir de l’Afrique. Je pense que des à‰tats africains ont un rôle primordial à  jouer pour trouver une solution au problème , a fait savoir Moréno Ocampo, le procureur de cette Cour, mardi dernier. Cependant menace-t-il, si cela s’avère impossible et que des crimes sont commis, des à‰tats africains pourraient être prêts à  déférer la situation à  mon Bureau et à  fournir des forces pour appréhender les individus coupables de crimes en Côte d’Ivoire.

L’argent, talon d’Achille de Gbagbo

(b Une épine dans le pied de Gbagbo] La zone franc CFA, dont il a été un fervent défenseur, est devenue une épine dans le pied de Laurent Gbagbo dans sa conquête de la présidence ivoirienne. Il ne souhaite pas la céder à  Alassane Ouattara, président élu selon la Commission électorale indépendante et reconnu par la communauté internationale. Sa signature ne serait plus valable selon Paris qui assure, entre autres, la parité fixe du franc CFA avec l’euro. Privé de l’aide des bailleurs de fonds, comment le gouvernement Gbagbo pourrait assurer le paiement des salaires des Ivoiriens en cette fin d’année ? Privés d’argent, leur grogne devient une menace crédible pour Laurent Gbagbo. Dans sa panoplie de combattant contre l’impérialisme français, Laurent Gbagbo, président ivoirien désigné par le Conseil constitutionnel, n’a peut-être jamais imaginé qu’il serait rattrapé par le fait monétaire. La Côte d’Ivoire, pays de la zone franc CFA – géré par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) « qui joue le rôle de banque des banques primaires et des trésors nationaux »,jouit d’une parité fixe avec l’euro, en droite ligne de celle qui liait le franc français au franc CFA. Les Etats de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont signé avec la France une « convention de compte d’opérations ». Dans ce cadre, les pays membres de l’union « doivent centraliser, dans un Compte d’opérations, ouvert au nom de la BCEAO dans les livres du Trésor français, 65% de leurs avoirs en devises et autres moyens de paiement internationaux », précise un document de la banque centrale. « En contrepartie de la centralisation des réserves de change, un découvert peut être consenti à  la BCEAO au compte d’opérations, si les disponibilités propres s’avèrent insuffisantes pour faire face aux engagements extérieurs des Etats membres ». Dans le détail, les mouvements financiers sont effectués au titre des Etats représentés par leurs Présidents. Une « seule signature bancaire valable », celle de Ouattara C’’est en connaissance de cause que Michèle Alliot-Marie, le nouveau ministre français des Affaires étrangères affirmait ce mercredi : « Il faut maintenir la pression (sur Laurent Gbagbo), voire l’augmenter notamment par le fait que la seule signature bancaire valable pour l’Etat ivoirien C’’est désormais celle de M. Ouattara ». Sur le site de Laurent Gbagbo et les médias publics ivoiriens, devenus la caisse de résonnance de ce dernier, on assure le contraire. La Banque mondiale aurait reçu « le 9 décembre dernier du gouvernement du Président Laurent Gbagbo, un chèque de 1,5 milliard de Fcfa représentant une partie de ses créances ». Il aurait été signé par le ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Gbagbo, Désiré Dallo. Et l’article de conclure : « Ce qui montre, in fine, que les problèmes de signature (…) ne sont, en réalité, que du bluff ». Par ailleurs, la « seule » signature reconnue par la BCEAO serait « celle du ministre Désiré Dallo (…) parce que les autorités ivoiriennes ont pris des dispositions légales pour qu’il en soit ainsi ». En dépit de ces déclarations, la sortie de Michèle Alliot-Marie ébranle le gouvernement mis en place par Laurent Gbagbo qui n’a jamais remis en cause l’appartenance de son pays à  la zone franc. « Aujourd’hui, huit pays dans la sous-région, membres de l’Uemoa, ont en commun la même monnaie, le franc CFA. Grâce à  cette expérience et malgré ses limites, leurs économies savent résister aux chocs extérieurs et intérieurs. Fort de cette expérience, je soutiens que rien ne devrait être entrepris pour saborder la monnaie commune ou l’affaiblir. », écrivait-t-il dans l’un de ses ouvrages. Cet indéfectible soutien à  la sone franc est l’un de ses principaux points d’achoppement avec l’un de ses compagnons de lutte au Front populaire ivoirien (FPI), Mamadou Koulibaly. Le président de l’Assemblée nationale, responsable du nouvel institut Audace Institut Afrique et l’un des maà®tres à  penser du parti de Laurent Gbagbo, estime que « le franc CFA maintient la Zone Franc en dehors de la mondialisation ». Il constitue, déclarait-il encore récemment dans un entretien, « un obstacle au développement » des pays concernés. Salaires des fonctionnaires : Gbagbo se veut rassurant Les institutions de Bretton Woods et la Banque africaine de développement (Bad) ont coupé leurs crédits à  la Côte d’Ivoire depuis le début de la crise post-électorale. Laurent Gbagbo se retrouve ainsi dos au mur. La porte-parole de son gouvernement, Jacqueline Lohoues Oble a accusé Alassane Ouattara, président élu selon la Commission électorale indépendante, de prendre des « initiatives (…) en vue de désigner de nouveaux représentants dans les organes de l’Uemoa ». Elle a également dénoncé la « volonté » d’Alassane Ouattara « et de ses soutiens régionaux et internationaux de faire jouer à  la BCEAO un rôle politique qui n’est pas le sien » tout en mettant en exergue le rôle de « locomotive » de son pays dans l’union, « même pendant cette crise ». l’actuel gouverneur de la banque centrale, l’Ivoirien Philippe-Henri Dacoury-Tabley, a été désigné par Laurent Gbagbo. La présidence de la Bceao revient toujours de fait à  la Côte d’Ivoire qui représente 40% des réserves de la banque. Des mots et bientôt des actes. Le gouvernement Gbagbo s’évertue à  rassurer les Ivoiriens quant à  sa capacité à  leur verser leurs salaires à  compter du « 22 décembre » prochain. l’information diffusée cite une source, « suffisamment crédible pour ne souffrir aucun doute », qui s’est exprimée ce lundi. Selon elle, « les régies financières vont réussir à  mobiliser – et C’’est quasiment fait – 100 milliards de Fcfa de ressources financières nécessaires (recettes fiscales, douanières et autres ressources parapubliques et appuis attendus) au paiement des salaires ». Une somme qui serait « largement » supérieure aux obligations financières de l’Etat en la matière. « La masse salariale mensuelle des fonctionnaires et agents des établissements publics nationaux (EPN) », les militaires compris, serait « d’environ 70 milliards de Fcfa ». « Mais si l’on y ajoute les arriérés salariaux auxquels l’Etat devra faire face en ce mois de décembre 2010 (environ 23 milliards de Fcfa), son engagement total vis-à -vis des personnes susmentionnées se situe dans la fourchette de 93 milliards de Fcfa », poursuit l’article. Laurent Gbagbo acculé Mais le camp Gbagbo pourra-t-il mobiliser les ressources nécessaires quand l’activité économique est au ralenti depuis ces dernières semaines ? Les troubles de ces derniers jours n’ont fait qu’amplifier une apathie économique que connaà®t le pays depuis le premier tour de la présidentielle, le 31 octobre dernier. « A la fin de l’année, les entreprises doivent normalement s’acquitter de leurs impôts. Mais dans l’état actuel du pays, elles objecteront qu’elles n’ont pas de quoi payer », explique un banquier international. Les menaces du directeur général des impôts, Lambert Feh Kessé, ne devraient rien y changer. Il a déclaré mardi dernier, selon le site officiel de Laurent Gbagbo, « que l’Etat de Côte d’Ivoire, incarné par le président Laurent Gbagbo constitutionnellement élu, ne saura tolérer les comportements antirépublicains ». Quant aux autres sources de revenus, notamment les recettes tirées de la vente du cacao et du café, qui ont jusqu’ici alimentées les caisses de l’Etat ivoirien et du régime Gbagbo, elles ne seront qu’un pis-aller. « Connaissant la situation de la Côte d’Ivoire, les acheteurs internationaux obligeront leurs interlocuteurs ivoiriens à  brader leur production puisqu’ils savent qu’ils ne disposent d’aucune autre ressource financière extérieure », poursuit le banquier africain. Si Alassane Ouattara n’a pas réussi à  mobiliser les foules pour écarter Laurent Gbagbo du pouvoir, le mécontentement probable des Ivoiriens pourraient lui faire obtenir gain de cause. A quelques jours des fêtes de fin d’année, les fonctionnaires ivoiriens attendent impatiemment leur dû. Dans l’hypothèse o๠Laurent Gbagbo tiendrait ses engagements financiers envers ses compatriotes, la trêve devrait durer « tout au plus trois mois ». Autrement, en plus des menaces de la communauté internationale, Laurent Gbagbo devra faire face à  celle de la communauté nationale. l’arme monétaire et ses effets collatéraux auraient alors raison des ambitions présidentielles du « boulanger » de la politique ivoirienne. En matière d’argent et parce qu’attachés aux plaisirs de la vie, les Ivoiriens n’aiment pas être roulés dans la farine.

Côte d’Ivoire : Gbagbo veut que l’ONU et la France partent

Les Casques bleus chassés de Côte d’Ivoire ? Le président autoproclamé Laurent Gbagbo a franchi un cap samedi dans sa confrontation avec la communauté internationale, en demandant le départ «immédiat» de la mission de l’ONU dans le pays, l’Onuci, et de la force militaire française Licorne. «Le gouvernement ivoirien considère que l’Onuci a largement failli à  sa mission en posant des actes qui ne sont pas conformes à  son mandat (et) a fait preuve d’ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, accuse le communiqué de son gouvernement lu à  la télévision d’à‰tat. Le président de la République de Côte d’Ivoire vient de demander le départ immédiat du territoire ivoirien de l’Onuci et des forces françaises qui la soutiennent.» «Cela implique, précise le texte, que le gouvernement ivoirien s’oppose d’ores et déjà  au renouvellement de cette opération qui expire le 20 décembre 2010». L’opération onusienne compte quelque 10.000 Casques bleus dans le pays. Vendredi soir à  Abidjan, leur base a été la cible de tirs de la part d’hommes masqués portant des uniformes militaires. Quant à  la force de l’ex-puissance coloniale française, Licorne, elle compte environ 900 hommes. Ils sont chargés, en cas de besoin, d’organiser l’évacuation des 15.000 Français expatriés en Côte d’Ivoire. «On va libérer totalement notre pays» Autre signe du durcissement du camp Gbagbo, les déclarations belliqueuses du leader de ses jeunes partisans, Charles Blé Goudé, nommé ministre de la Jeunesse par le président autoproclamé. «Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu’à  la dernière goutte de notre sueur», a déclaré celui qui fut le fer de lance de violentes manifestations anti-françaises en 2003 et 2004 – et reste à  ce titre soumis à  des sanctions de l’ONU. «Je demande à  tous les Ivoiriens de s’apprêter à  livrer ce combat, on va libérer totalement notre pays». Un rassemblement des «jeunes patriotes» doit se tenir samedi après-midi dans le quartier pro-Gbagbo de Yopougon, à  Abidjan. Le conflit entre les partisans d’Alassane Ouattara, soutenu par la communauté internationale, et Laurent Gbagbo a déjà  dégénéré dans les rues de la capitale économique jeudi, faisant près de 30 morts. L’ONU comme la France ont demandé au chef de l’à‰tat sortant de quitter le pouvoir au plus vite. Avec les à‰tats-Unis, Paris et l’Union européenne menacent de prendre des sanctions contre Laurent Gbagbo, son entourage et leurs familles, s’il n’abandonne pas le pouvoir dans les jours qui viennent. Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a également «remis» à  Laurent Gbagbo une lettre lui demandant de quitter le pouvoir, de la part de Goodluck Jonathan, chef de l’à‰tat nigérian et président en exercice de la Communauté économique des à‰tats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). «Cette lettre réitère la détermination de la Cédéao (…) à  ce que le président transmette immédiatement le pouvoir au président élu Ouattara et évite le retour imminent d’un conflit sanglant et inutile», a expliqué le ministre nigérian des Affaires étrangères.

Les vérités ivoiriennes d’Abdou Diouf

Invité de l’Institut français des relations internationales (Ifri), l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a livré hier soir, à  la faveur d’un dà®ner-débat, une analyse claire et ferme de l’imbroglio ivoirien. Diagnostic d’autant plus probant qu’il émane d’un des rares « sages » de l’Afrique d’aujourd’hui. Mais aussi d’un ténor politique qui, chef d’Etat sortant vaincu à  la régulière dans les urnes, sut en 2000 s’effacer sans barguigner devant son rival Abdoulaye Wade, résistant au passage aux injonctions de quelques barons de son parti. Ne pas rééditer le schéma zimbabwéen Selon ce « disciple » du défunt Léopold Sédar Senghor, il n’y a pas en Côte d’Ivoire d’autre issue que le départ du sortant Laurent Gbagbo. Seuls, estime le patron de la Francophonie, les modalités de sa retraite et son statut futur peuvent faire l’objet de négociations. « Pas question, insiste-t-il, de rééditer le schéma zimbabwéen. » Référence à  la côte mal taillée imposée voilà  peu dans l’ex-Rhodésie du Sud, qui permit au vieux satrape Robert Mugabe de sauver son fauteuil présidentiel, tout en offrant à  la figure de proue de l’opposition, Morgan Tsvangirai, la très ingrate mission de chef de gouvernement. En inversant le verdict des urnes, pourtant incontestable et certifié, conformément à  l’accord de paix de Ouagadougou (2007), par les Nations unies, le Conseil constitutionnel, organe aux ordres du clan Gbagbo, a commis à  ses yeux une « forfaiture ». De même, Abdou Diouf approuve les sanctions individuelles et ciblées décidées par l’Union européenne à  l’encontre de divers membres du « premier cercle » de Laurent Gbagbo. « A mon sens, précise-t-il, il n’y a pas lieu de suspendre la Côte d’Ivoire de telle ou telle instance continentale. Car cette formule laisse supposer que l’exécutif sortant demeure l’interlocuteur avec lequel il convient de traiter. Pour ma part, je n’envisage pas une suspension de l’OIF. A l’inverse, je demande à  Alassane Ouattara, chef d’Etat légitime, de désigner le nouveau représentant de son pays au sein de l’Organisation. » S’il déplore la posture de l’armée ivoirienne, du moins de sa haute hiérarchie, celui qui fut le Premier ministre puis le successeur de Senghor relève que la troupe aurait quant à  elle voté majoritairement en faveur de Ouattara. Ainsi émet-il l’hypothèse d’un mouvement qui pourrait aboutir à  l’éviction simultanée de Gbagbo et des « généraux félons. » La théorie du complot néo-colonial récusée Par ailleurs, « M. Francophonie » récuse la rhétorique très en vogue dans l’entourage de Gbagbo, selon laquelle ce dernier serait la victime d’un vaste complot néo-colonial ou impérialiste. A cet égard, il juge essentielle la réprobation explicite de l’Union africaine et de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Reste que, sur la scène internationale, confesse-t-il, « trois pays m’inquiètent » : la Russie, qui n’a rallié que tardivement, et à  reculons, le désaveu du Conseil de sécurité de l’Onu, la Chine, et plus encore l’Angola, ultime soutien de poids du putschiste institutionnel Laurent Gbagbo. S’agissant de celui-ci, l’hôte de l’Ifri tend à  adhérer à  la thèse qui veut que le fondateur du Front populaire ivoirien serait moins réfractaire au scénario d’un retrait assorti de garanties que la coterie des faucons qui l’entourent, à  commencer par sa première épouse Simone. Faut-il craindre, au-delà  d’une période d’indignation consensuelle, que le primat de la Realpolitik conduise la « communauté internationale » -ou ce qui en tient lieu- à  tolérer le fait accompli abidjanais ? « Impossible, rétorque Abdou Diouf. Jamais on n’acceptera cela. A cet égard, conclut-il, j’irai jusqu’à  parier ma veste et ma chemise. »

Côte d`Ivoire : Tiken Jah Fakoly demande à Gbagbo de quitter le pouvoir

Il faut être démocrate », a déclaré au cours d’une conférence de presse le nmusicien, installé au Mali depuis la crise ivoirienne de 2002. « Tous les candidats ont pu librement faire campagne au Nord, au Sud, à  l’Est et à  l’Ouest du pays. (Alassane) Ouattara a gagné. Gbagbo doit partir. Il ne faut pas tricher », a-t-il dit. « Il faut lui (Gbagbo) trouver une porte de sortie. Nous sommes aujourd’hui dans un village planétaire et quand le monde entier vous parle, vous devez écouter. Il y a eu trop de morts en Côte d’Ivoire. Nous ne voulons plus que le sang coule », a ajouté l’artiste. Selon lui, Laurent Gbagbo « n’a plus » le soutien de toute l’armée ivoirienne. « Le seul soutien de Gbagbo aujourd’hui, c’est la télévision (publique) ivoirienne qu’il contrôle. Le jour o๠il ne contrôlera plus la télé, c’est terminé ». Se disant « inquiet », Tiken Jah Fakoly souhaite que « tout le peuple ivoirien oeuvre pour la paix et le respect des urnes ». S’adressant au « président élu Alassane Dramane Ouattara », il a déclaré: « Il ne doit pas s’éloigner du peuple. Nous serons là  pour toujours dire ce qui ne va pas ». Très engagé depuis le début de sa carrière en 1991, Tiken Jah Fakoly se veut « la voix des sans-voix » grâce au reggae qui permet selon lui « l’éveil des consciences ». Dans sa célèbre chanson « Quitte le pouvoir », il poussait vers la porte de sortie les chefs d’Etat africains au pouvoir depuis de longues années. La Côte d’Ivoire est dans la tourmente depuis la présidentielle du 28 novembre : M. Ouattara a été désigné vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI) avec 54,1% des suffrages, mais le Conseil constitutionnel, acquis à  M. Gbagbo, a invalidé ces résultats et proclamé le sortant président avec 51,45%.

Armée ivoirienne : Au cœur du bras de fer Gbagbo-Ouattara

Le nerf de la guerre… « C’est l’armée qui déterminera le vrai gagnant entre Gbagbo et Ouattara », analyse un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions militaires, interrogé par l’AFP. Laurent Gbagbo a un avantage de taille sur Alassane Ouattara: les milliers d’hommes recrutés depuis 2002 au sein de l’armée, qui lui sont redevables. « Ce sont des +soldats de guerre+, de purs produits de la crise, qui ne réfléchissent pas, avance le journaliste. On les retrouve essentiellement dans la Garde républicaine et le Cecos », une unité créée pour lutter contre le grand banditisme à  Abidjan et qui, très bien équipée, a pris une place centrale dans le dispositif sécuritaire du pouvoir. Par ailleurs, M. Gbagbo n’a pas ménagé ses efforts pour s’assurer du soutien des officiers généraux de la gendarmerie, de la police et de l’armée. « Si je tombe, vous tombez », leur avait-il lancé en août lors du cinquantenaire de l’indépendance ivoirienne. De son côté, le camp Ouattara se montre confiant. « On a été contacté par plusieurs officiers des Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire). C’est clair que ce n’est pas toute l’armée qui soutient Gbagbo », affirme un proche de M. Soro. Aussi divisée que les politiques Les chefs de l’armée loyaliste? qui ne contrôle que le sud du pays depuis que la rébellion des Forces nouvelles (FN), s’est emparée du nord après son coup d’Etat manqué de 2002 contre M. Gbagbo, ont rapidement fait allégeance au président sortant dans cette nouvelle crise. Mais dans son ensemble, l’armée est « aussi divisée que les politiciens », souligne ce journaliste sous couvert de l’anonymat. Conscient de cette « fracture » au sein de la « Grande muette », M. Ouattara, reconnu par une communauté internationale quasi-unanime comme le chef de l’Etat légitime à  l’issue de la présidentielle du 28 novembre, s’emploie à  faire basculer dans son camp certains officiers. Pour la première fois, son Premier ministre et chef des FN Guillaume Soro a appelé jeudi l’armée (18.000 hommes officiellement) à  se placer sous l’autorité de M. Ouattara. Pour l’instant, cet appel reste sans effet visible même s’il se murmure dans son entourage que plusieurs officiers loyalistes ont reconnu sa légitimité. Ne « pas faire la guerre aux ivoiriens » Dans l’épreuve de force en cours, le ministre de l’Intérieur de M. Gbagbo, Emile Guiriéoulou, a fait une sortie fracassante samedi en accusant des diplomates « occidentaux » à  Abidjan de vouloir « déstabiliser » le régime en tentant de faire passer des officiers du côté de l’ex-opposant. Quant au chef d’état-major, le général Philippe Mangou, il a averti dimanche la mission onusienne Onuci et la force française Licorne déployées dans le pays qu’elles ne devaient pas « faire la guerre aux Ivoiriens ». Lors d’une tournée dans des casernes à  Abidjan, il a rappelé novembre 2004, quand plus de cinquante manifestants ivoiriens étaient tombés sous les balles françaises. Comme l’attestent les tournées de certains chefs pour mobiliser la troupe, le message est bien passé au sein d’une haute hiérarchie militaire choyée par le président sortant qui a multiplié les promotions. « Tout le monde est gonflé à  bloc, on n’attend que les instructions », indiquait cette semaine un officier du 1er Bataillon des commandos parachutistes (BCP) d’Abidjan basé à  Akouédo, dans l’ouest de la ville. Selon un autre haut gradé, en cas de nouvelle confrontation, l’armée ne commettra pas « les mêmes erreurs » qu’à  l’éclatement de la crise de 2002, quand des sous-officiers avaient fait défection au profit de la rébellion. Et de confirmer la suspicion entre militaires: « on se connaà®t maintenant et on sait qui est qui ».

Gbagbo évoque d’éventuels pourparlers de paix en Côte d’Ivoire

Les propos du chef de l’Etat, publiés vendredi dans le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, constituent le premier signe d’une apparente volonté d’engager un dialogue pour mettre fin à  l’impasse institutionnelle. Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre, la Commission électorale indépendante (CEI) avait déclaré vainqueur Alassane Ouattara. Mais le Conseil constitutionnel, acquis au chef de l’Etat sortant, a aussitôt inversé le résultat et proclamé Laurent Gbagbo vainqueur. Les deux rivaux, qui affirment aujourd’hui être le président de la Côte d’Ivoire, ont depuis nommé chacun un Premier ministre et un gouvernement. Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la BCAO et directeur général adjoint du FMI, bénéficie du soutien de la communauté internationale, dont celui des Etats-Unis, de la France, de la Cedeao et de l’Union africaine. Dans les colonnes de Fraternité Matin, Laurent Gbagbo déclare: « On entend souvent les gens dire qu’il y aura la guerre, il y aura une déflagration. Il n’y aura pas de guerre ici. Les affaires tournent et l’on va finir par s’asseoir (ensemble) ». « Asseyons-nous et discutons. S’il y a un problème, on va s’asseoir et discuter », ajoute-t-il. Le camp Ouattara n’était pas disponible dans l’immédiat pour réagir aux propos de Laurent Gbagbo mais par le passé, il s’est dit prêt au dialogue à  condition qu’il cède le pouvoir à  son adversaire. OBAMA PRàŠT à€ RECEVOIR GBAGBO En dépit d’intenses pressions diplomatiques et de menaces d’isolement, Laurent Gbagbo conserve le soutien des chefs de l’armée ivoirienne et des médias officiels, et continue de gouverner à  partir de bâtiments officiels. Alassane Ouattara est, quant à  lui, toujours retranché dans l’hôtel du Golf, au bord de la lagune Ebrié, sous bonne garde des casques bleus de l’Onuci qui ont installé des groupes électrogènes pour parer à  d’éventuelles coupures de courant. Il a invité les agents de l’Etat à  ne pas travailler pour un gouvernement qu’il juge illégal. Vendredi, les tours en verre et en acier abritant les ministères au Plateau, le quartier administratif et des affaires, étaient inhabituellement calmes. « Bon nombre de nos collègues ne sont pas venus travailler aujourd’hui », raconte Roger Zan, un fonctionnaire. « Comme vous le voyez, il n’y a pratiquement pas d’activité dans les couloirs. Les fonctionnaires sont toujours effrayés ». Les livraisons des précieuses fèves de cacao aux ports d’Abidjan et de San Pédro, vers la frontière libérienne, sont en baisse et le patronat ivoirien a menacé de ne plus payer d’impôts jusqu’à  ce que la crise institutionnelle soit réglée. A Londres, les cours du cacao ont baissé vendredi et étaient en recul de 3,67% à  1.917 livres sterling la tonne à  14h00 GMT. Les Nations unies, qui étaient chargées de certifier le résultat de l’élection présidentielle aux termes d’un accord passé en 2007 avec toutes les parties, ont donné l’exemple de la reconnaissance internationale d’Alassane Ouattara. Le président Barack Obama a fait pour sa part un geste en direction de Laurent Gbagbo en lui proposant de le recevoir à  la Maison blanche s’il démissionne. L’intéressé n’a pas répondu. Le Nigeria, poids lourd régional qui exerce la présidence tournante de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, a écarté l’idée, en la jugeant mauvaise, d’un gouvernement d’union nationale en Côte d’Ivoire à  l’image de ce qui s’est passé ces dernières années au Kenya et au Zimbabwe. A l’issue d’un entretien avec son homologue américaine Hillary Clinton, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Henry Odein Ajumogobia, a indiqué que les pays membres de la Cedeao étaient prêts à  soutenir d’autres mesures punitives contre Laurent Gbagbo. « Nous appuierons et la Cedeao appuiera (…) tout régime de sanctions prescrit par la communauté internationale, les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine », a-t-il dit.

Côte d’Ivoire; Gbagbo, président malgré tous?

Gbagbo, seul contre le monde l’Union Africaine, à  travers son président, a apporté son soutien au candidat déclaré vainqueur par la Commission Electorale Indépendante (CEI) Alassane Ouattara. Ainsi le malawite Bingu Wa Mutharika et l’Afrique du Sud ont conjointement lancé un appel à  Laurent Gbagbo à  quitter le pouvoir le plus rapidement possible. A leur suite, le Conseil de Sécurité de l’ONU qui tardait à  se mettre d’accord sur une décision commune, a finalement apporté son soutien à  Ouattara. Il est donc reconnu comme président élu légitimement par les ivoiriens. La décision des 15 pays membres du Conseil survient quelques jours de tergiversations dues au refus de la Russie de rejoindre la position des autres. l’ONU menace à  présent de prendre des sanctions ciblées contre toute personne qui voudrait mettre en péril, la paix et la sécurité de la Côte d’Ivoire. Gbagbo qui se retrouve de plus en plus isolé, semble ne guère s’en soucier. Pour preuve, son gouvernement a commencé à  travailler, faisant fi de ce qu’il appelle « l’ingérence étrangère ». Quand à  Alassane Ouattara, il prend « son » pouvoir petit à  petit. Son Premier Ministre a annoncé qu’il prendrait d’ici quelques jours el contrôle des institutions financières du pays et a procédé à  des nominations à  la tête des principaux services de l’administration, à  commencer par la Radio-Télévision Ivoirienne(RTI). Le gouvernement devrait déménager dans les jours à  venir dans la capitale politique Yamoussoukro. Des risques majeurs pour l’économie La vie reprend petit à  petit dans le pays et particulièrement à  Abidjan. La capitale économique du pays est la plus touchée par la situation de crise politique car, regroupant la majorité des entreprises, sociétés, et marchés importants. Après l’ouverture des frontières aériennes, routières et maritimes, les populations retournent timidement à  leurs activités. Les rues restées désertes durant quelques jours par crainte d’affrontements, retrouvent des couleurs. La circulation infernale, les vendeurs ambulants se faufilant entre les véhicules…sont entre autres signes de la volonté de la population à  aller de l’avant et ne pas se laisser abattre par une situation qu’elle a du mal comprendre et maà®triser. Les opérateurs économiques ont lancé un cri d’alarme à  l’endroit des dirigeants. Pour eux, l’économie ivoirienne ne peut pas se permettre une nouvelle crise. Si les choses n’évoluent pas rapidement, de grosses difficultés sont à  prévoir comme l’impossibilité pour la plupart des sociétés de respecter leurs échéances fiscales. Des ivoiriens témoignent Marie Chantal Aké est commerçante au marché d’Adjamé (quartier populaire d’Abidjan). Elle explique que « nous,on croyait qu’après le 28 novembre, notre pays allait avoir un nouveau visage et repartir de l’avant mais on se trompait. Nos dirigeants se comportent comme des enfants et se foutent de nous. Ce qui les intéresse, C’’est leurs propres intérêts, C’’est tout. Nous on ne demande rien d’autre que la paix. Et qu’ils nous laissent vendre et nourrir nos familles qui ont faim». Alain Koda est quant à  lui, gérant du super marché Cash Center, au quartier de Cocody Palmeraies. Il déplore une chute importante de ses revenus depuis le début de la campagne du second tour de la présidentielle. « Avant, on pouvait vendre plus de 800 000 francs CFA par jour, mais depuis quelques semaines, on ne fait même pas 200 000 francs la journée. Les gens ont peur de sortir et nous, nous sommes obligés de travailler juste la demi-journée, de peur que des petits voyous ne viennent nous dévaliser. » Oscar a un master en marketing et communication mais, s’est reconverti dans le commerce faute d’emplois. Il est vendeur ambulant de carte de recharge, brosses à  dents…et quelques autres petites bricoles. Il explique que « je ne gagne plus assez d’argent comme il y a deux ans. J’ai été obligé de réduire ma quantité de marchandises pour ne pas perdre plus d’argent. Les policiers nous arrachent nos produits dans les rues sans raison et nous demandent de payer des sommes exorbitantes. J’espérais qu’avec ces élections, je verrais enfin le bout du tunnel mais, je me suis trompé. On est fatigués de la guerre, fatigués… » Jusqu’à  présent, personne ne sait comment se terminera la situation actuelle dans ce pays désormais divisé avec à  sa tête deux dirigeants.

Côte d’Ivoire, le cabinet de combat de Laurent Gbagbo

D’abord, une confidence. Quand j’ai reçu par courriel, hier lundi à  la mi-journée, une liste des membres du gouvernement qu’est censé diriger l’économiste et universitaire Gilbert-Marie N’Gbo Aké, nommé la veille par le « président » non élu Laurent Gbagbo, le doute m’a effleuré. Certes, la source abidjanaise est d’ordinaire fiable. Mais mon informateur n’avait-il pas été lui-même la cible d’une intox ou d’un canular ? Pour le coup, mieux valait patienter 24 heures. Dans sa version finale, la composition de ce cabinet de combat diffère nettement du casting initialement annoncé. Reste qu’elle fait la part belle au clan des faucons. Premier indice : la répartition des maroquins a été égrenée ce mardi au sortir d’un « conseil des ministres » par l’ancien titulaire du portefeuille de l’Intérieur Désiré Tagro, fidèle d’entre les fidèles du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). Les Affaires étrangères sont confiées à  Alcide Djédjé, jusqu’alors conseiller diplomatique de la présidence et ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès des Nations unies. Un ambassadeur peu diplomate: c’est lui qui, le 3 décembre, sur les écrans de la RTI, la radio télévision nationale, a menacé d’expulsion le Coréen Youn-jin Choi, représentant spécial de l’Onu à  Abidjan, coupable d’avoir confirmé la victoire d’Alassane Ouattara lors du second tour du scrutin présidentiel, le 28 novembre. Assimilé à  un « agent de déstabilisation » enclin à  encourager les « violences », M.Choi avait alors été sommé de se tenir coi, sous peine de « départ immédiat. » La nomination de Charles Blé Goudé -Jeunesse, Formation professionnelle et Emploi- vaut elle aussi le détour. Issu du syndicalisme étudiant, tout comme l’ancien chef de la rébellion nordiste Guillaume Soro, reconduit pour sa part dans ses fonctions de Premier ministre par Ouattara, « CBG » fut le leader zélé des « Jeunes patriotes », milice dévouée corps et âme à  Gbagbo. Le « général de la Jeunesse » -titre revendiqué par ce tribun populiste sensible aux honneurs et aux berlines de luxe- fut l’un des boutefeux des manifestations anti-françaises consécutives au coup d’Rtat avorté de septembre 2002, puis aux affrontements meurtriers de novembre 2004. Parmi les autres membres de l’équipe N’Gbo Aké, on trouve un joli contingent de néophytes et peu de « pointures » de l’échiquier politique ivoirien, sinon le professeur Alphonse Voho Sahi, vieux compagnon de route de Laurent Gbagbo, nommé à  la Culture. Reste que la composition du cabinet importe moins que « l’armée » des conseillers de l’ombre familiers des couloirs du palais. Gageons ainsi qu’Antoine Bohoun Bouabré, faucon réputé proche de l’inflexible Première dame Simone Gbagbo, et considéré par les enquêteurs français comme le principal responsable de la disparition sans retour du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, restera dans les parages.

Côte d’Ivoire : qui peut faire plier Gbagbo ?

Thabo Mbeki et l’Union africaine : une difficile médiation Dans leur grande majorité, les Etats africains tentent de faire entendre raison aux « deux présidents ». Dès les premières heures de la crise, samedi 4 décembre, l’UA a dépêché sur place l’ancien président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, pour une « mission d’urgence ». L’UA n’a pourtant reconnu qu’en creux la défaite de M. Gbagbo, appelant la Côte d’Ivoire à  respecter les résultats « tels que proclamés » par la CEI, qui a désigné M. Ouattara vainqueur. En jouant la prudence, l’UA aurait souhaité ne pas savonner la planche à  M. Mbeki. Selon Philippe Hugon, chercheur à  l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), il est peu probable que cette médiation aboutisse, notamment car la précédente mission de M. Mbeki, entre 2004 et 2006, s’était soldée par un échec. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement : des milliards de dollars de dette « Contrariées » par la situation politique, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement vont « réévaluer l’utilité et l’efficacité de [leurs] programmes » en Côte d’Ivoire. « Nous souhaitons poursuivre le travail avec les Ivoiriens en matière de lutte contre la pauvreté, mais il est difficile de le faire avec efficacité dans un contexte d’incertitude et de tension prolongées », ont expliqué les deux banques dans un communiqué commun. La Banque mondiale avait lié l’effacement de trois milliards de dollars de dette extérieure de la Côte d’Ivoire – évaluée au total à  12,5 milliards de dollars – à  la tenue d’une élection présidentielle. L’Union européenne : « sanctions ciblées » et menaces sur la coopération La porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a indiqué que cette dernière était disposée à  « suivre les procédures qui prévoient des sanctions s’il n’y a pas une résolution rapide à  cette situation de crise ». Elle n’a toutefois pas détaillé ces éventuelles sanctions. Outre les « sanctions ciblées » contre ceux qui « font obstacle à  la transition pacifique », Mme Ahston s’est également dit prête à  « prendre des décisions en matière de coopération ». L’aide au développement actuellement programmée par l’UE en faveur de la Côte d’Ivoire, sur plusieurs années, s’élève à  254,7 millions d’euros. La France : 600 entreprises dans la balance Ancienne puissance coloniale, la France a apporté un soutien sans réserve à  M. Ouattara. Outre les paroles du président de la République depuis l’Inde, le Quai d’Orsay a indiqué que « l’heure en Côte d’Ivoire [était] à  la recherche d’une transition ordonnée, sereine et digne qui permettra[it] à  tous les acteurs économiques de poursuivre leurs activités et partant de continuer d’œuvrer au développement du pays ». Selon l’Agence France-Presse, les six cents entreprises françaises implantées en Côte d’Ivoire représenteraient 30 % de ce pays d’Afrique de l’Ouest. La diplomatie française n’a pas indiqué si elle envisageait d’appeler ces entreprises à  y cesser leurs investissements pour affaiblir M. Gbagbo.

Laurent Gbagbo doit admettre sa défaite

Depuis plus de dix ans, le pays est enfermé dans une longue crise. La Côte d’Ivoire a vécu successivement un coup d’Etat, une rébellion, la partition de son territoire national et un climat de grande animosité politique. Pour rompre avec ce cycle mortifère et destructeur, les Ivoiriens ont voté en masse (plus de 80 % de participation) et attendu avec la même ferveur teintée d’inquiétude le résultat de ce scrutin. Vendredi, le pays s’est subitement retrouvé avec, en apparence, deux présidents. L’un, Alassane Ouattara, candidat de l’opposition, a vu sa large victoire annoncée par la Commission électorale indépendante (CEI). Ses 54 % des voix ont été « certifiés » par les Nations unies selon la procédure exceptionnellement mise en place pour ce scrutin particulier. Il a aussitôt été félicité par plusieurs dirigeants internationaux, dont les présidents américain, Barack Obama, et français, Nicolas Sarkozy. L’autre, Laurent Gbagbo, le président sortant, a été déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel. Cet organisme, qui lui est totalement acquis, affirme avoir examiné, en l’espace de quelques heures, quelque 22 000 procès verbaux émanant des bureaux de vote pour justifier l’annulation des résultats dans neuf départements du pays. Ces annulations permettent d’inverser les chiffres du scrutin. Laurent Gbagbo a été félicité par la Guinée. Cette situation est dangereuse. En 2002, une guerre civile a éclaté en Côte d’Ivoire en raison, déjà , de fortes tensions politiques. A l’époque, l’armée s’était scindée, mais aucun des deux camps ne disposait de forces importantes. Aujourd’hui, les ex-rebelles, qui n’ont pas été désarmés au cours du processus de paix qui a rendu l’élection possible, se trouvent à  Abidjan, o๠les forces loyalistes disposent de matériel et d’hommes. Des miliciens venus de l’ouest pourraient aussi être utilisés si les violences éclatent. Un homme, à  présent, porte la responsabilité du sort de la Côte d’Ivoire : le président sortant, Laurent Gbagbo. Il peut continuer de refuser le verdict des urnes, s’enfermer dans une situation de rupture avec la communauté internationale, mais cela ne pourra pas se passer sans violences. Il peut aussi permettre à  un pays divisé de bénéficier de l’effet apaisant d’une élection exemplaire, admettre sa défaite et quitter le pouvoir la tête haute. La période o๠les coups de force électoraux s’opéraient dans l’indifférence générale est révolue. L’Afrique est en voie d’intégration accélérée dans les échanges de la planète. Cela crée des responsabilités nouvelles. L’histoire, si chère au président Gbagbo, oubliera rapidement les arguties juridiques en cours à  Abidjan pour tenter de justifier son hold-up électoral. Elle n’oubliera pas, en revanche, celui qui ferait plonger la Côte d’Ivoire dans le chaos. Article paru dans l’édition du 05.12.10

Côte d’Ivoire. Un pays, deux présidents

Proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, le président sortant Laurent Gbagbo vient d’être solennellement investi président alors que plusieurs pays étrangers, dont la France et les Etats-Unis, ont déjà  salué la victoire de son rival Alassane Ouattara. La situation demeure plus que confuse en Côte d’Ivoire ce samedi alors que des tirs auraient fait au moins deux morts la nuit dernière à  Abidjan et que des manifestations ont lieu dans tout le pays, selon Abidjan.net. Laurent Gbagbo a été investi solennellement, cet après-midi, président de la République de Côte d’Ivoire. Reconnu hier comme étant le vainqueur de ces élections par le Conseil constitutionnel, le président sortant, qui a rallié derrière lui l’armée, a donc repris les commandes du pays qu’il tient depuis 2000 contre l’avis de la communauté internationale. « Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il déclaré en prêtant serment au palais présidentiel à  Abidjan. Il a d’ailleurs immédiatement critiqué les ingérences étrangères. L’Onu, L’Union européenne, la France, Les Etats-Unis félicitent Alassane Ouattara Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, l’Union Européenne, la France, les Etats-Unis ont en effet félicité, dès vendredi, Alassane Ouattara, le rival de Laurent Gbagbo, pour sa victoire à  la présidentielle ivoirienne. Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a souligné lui que son institution ne travaillerait pas avec un gouvernement de la Côte d’Ivoire non reconnu par les Nations Unies, comme celui de Laurent Gbagbo. Victoire incentestable d’Alassane Ouattara selon Nicolas Sarkozy En visite en Inde, le président français a déclaré qu’il lançait « un appel à  tous les dirigeants et responsables civils et militaires (ivoiriens) pour qu’ils respectent la volonté du peuple et s’abstiennent de toute initiative de nature à  provoquer la violence ». Selon Nicolas Sarkozy, « les résultats qui marquent une nette et incontestable victoire pour Alassane Ouattara ». « Je me suis entretenu cette nuit longuement au téléphone avec le secrétaire général des Nations unies, avec le président Gbagbo et avec le président élu Alassane Ouattara. J’aurai aujourd’hui un autre entretien avec le président Gbagbo », a-t-il ajouté. « Un président est élu en Côte d’Ivoire. L’ensemble de la communauté internationale et les Nations unies l’ont reconnu. Ce président est Monsieur Alassane Ouattara », a-t-il déclaré à  la presse. Au moins deux morts la nuit dernière à  Abidjan La Côte d’Ivoire traverse actuellement une crise politique qui se règle hélà s une nouvelle fois dans le sang. Alors que les chaà®nes d’informations étrangères et panafricaines sont interdites d’émettre depuis hier, comme le déplore Reporters sans frontières, plusieurs témoignages font état de violences à  Abidjan. Au moins deux personnes seraient mortes la nuit dernière dans le quartier populaire de Port-Bouà«t qui abrite notamment la base de la force française Licorne et l’aéroport de la ville. Les manifestations se poursuivent à  Abidjan Les violences auraient repris ce matin à  différents endroits de la ville. Elles opposeraient des partisans de Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Dans le quartier de Treichville (sud), des dizaines de pneus auraient été incendiés. La police aurait procédé à  des tirs de sommation à  balles pour disperser les manifestants. A la lisière du quartier populaire d’Abodo et de la banlieue d’Anyama, au nord de la ville, des tirs ont également été entendus la nuit dernière. Par ailleurs, des centaines de jeunes, partisans d’Alassana Ouattara, ont crié ce matin leur colère dans les quartiers populaires de Koumassi, Treichville, Abodo et Adjamé et dans d’autres villes du pays, indique Abidjan.net.

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo a prêté serment

Fort du soutien du chef de l’armée, le président sortant a été investi samedi à  la tête de la Côte d’Ivoire, à  l’issue d’une victoire électorale contestée par l’opposition et la communauté internationale. Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a officiellement été investi samedi président de la République de Côte d’Ivoire, en dépit des protestations internationales. «Devant le peuple souverain de Côte d’Ivoire, je jure solennellement et sur l’honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution, de protéger les droits et libertés des citoyens, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans l’intérêt supérieur de la Nation», a-t-il ainsi déclaré en prêtant serment au palais présidentiel à  Abidjan. «Que le peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois si je trahis mon serment», a-t-il ajouté devant une très nombreuse assistance. L’élection de Laurent Gbagbo a été rejetée par les Nations unies, les Etats-Unis, l’Union européenne et la France, qui ont reconnu vainqueur son rival Alassane Ouattara. Le Conseil constitutionnel avait proclamé vendredi le président sortant vainqueur de la présidentielle du 28 novembre, invalidant les résultats de la commission électorale qui donnaient Alassane Ouattara en tête. Cette investiture s’est déroulée dans un climat de violences à  Abidjan, marquées par au moins deux morts dans la nuit et des protestations de jeunes opposants dans les rues.

Le Conseil constitutionnel proclame la victoire de Laurent Gbagbo à la présidentielle ivoirienne

C’’est d’une voix grave et ferme que le président du Conseil constitutionnel Paul Yao N’Dré, depuis une salle du Conseil à  Abidjan, a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle ivoirienne. Des résultats qu’il a livrés région par région, après avoir annoncé les invalidations de vote dans plusieurs départements du nord du pays (Bouaké, Khorogo, Ferkessedougou, Katiola, Boundiali, Dabakala et Seguéla) pour diverses « irrégularités flagrantes, a-t-il dit, de nature à  entacher la sincérité du scrutin ». Le total des résultats retenus donne 51,45 % des suffrages exprimés à  Laurent Gbagbo, contre 48,55 % pour Alassane Ouattara. Le taux de participation livré par le Conseil constitutionnel est de 71,28 %, soit 3 993 209 suffrages exprimés. Laurent Gbagbo a obtenu, après les annulations annoncées par le Conseil constitutionnel, 2 054 537 voix, et Alassane Ouattara 1 938 672 voix. Sur foi de quoi, « Monsieur Gbagbo Laurent est proclamé Président de la République de Côte d’Ivoire », a déclaré solennellement le président du Conseil constitutionnel. La veille, le Président de la CEI Youssouf Bakayoko avait, à  l’inverse, proclamé les résultats provisoires donnant la victoire d’Alassane Ouattara avec 54,1 % des voix.

Tensions autour de l’annonce du vainqueur à la présidentielle ivoirienne

La proclamation des résultats du scrutin par la Commission électorale ivoirienne est attendue au plus tard mercredi. Alors que le porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI), Bamba Yacouba, s’apprêtait à  communiquer des premiers résultats partiels pour plusieurs régions, l’un des deux représentants du chef de l’Etat au sein de la CEI, Damana Adia Pickass, lui a arraché les feuilles de résultats des mains avant de les déchirer. « Ces résultats sont faux, ils n’ont pas été consolidés ! », ont affirmé à  plusieurs reprises les deux hommes, dénonçant un « hold-up électoral » avant de quitter le siège de la CEI à  Abidjan. M. Yacouba a assuré à  la presse que les résultats qu’il avait tenté d’annoncer étaient « bel et bien consolidés », avant de s’éclipser entouré de gendarmes. La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a appelé mardi, dans un communiqué, les deux rivaux de la présidentielle ivoirienne, Laurent Gbagbo et Alasanne Ouattara, à  laisser publier les résultats du scrutin et à  agir « pacifiquement ». De son côté, la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a appelé mardi soir les deux candidats à  la retenue « dans cette période très critique ». Le président nigérian Goodluck Jonathan, qui assure la présidence tournante de la Cédéao, a enjoint MM Gbagbo et Ouattara de « se soumettre à  la volonté des Ivoiriens en permettant le décompte des voix d’une façon pacifique et ordonnée ». DES à‰LECTIONS SOUS TENSION Le second tour de l’élection présidentielle historique en Côte d’Ivoire entre le sortant, Laurent Gbagbo, et l’ancien premier ministre Alassane Ouattara s’est déroulé, dimanche, dans un climat de violences. Selon l’ONU, trois personnes sont mortes en marge du scrutin, a annoncé lundi son représentant dans le pays, Young-jin Choi. Quelque 5,7 millions de personnes étaient appelées à  voter pour départager les deux hommes, qui avaient obtenu respectivement 38 % et 32 % des suffrages au premier tour, le 31 octobre. Evoquant « intimidations et contraintes » à  l’endroit de ses électeurs, le camp Gbagbo a jugé que « globalement » le scrutin n’a pas été « transparent » dans la moitié nord, sous contrôle de l’ex-rébellion des Forces nouvelles depuis le putsch raté de septembre 2002, o๠M. Ouattara avait régné en maà®tre au premier tour. Le parti d’Alassane Ouattara a dénoncé un « empêchement systématique ». Cristian Preda, chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne, a confirmé que « dans les zones de l’Ouest et du Sud, il y a eu à  plusieurs endroits des barricades, des barrages pour empêcher les gens de voter ». Le camp de l’autre finaliste du second tour, l’opposant Alassane Ouattara, a accusé le chef de l’Etat de vouloir « confisquer le pouvoir ».

Gbagbo et Ouattara sur la RTI : un débat télévisé historique

Un duel cathodique inédit. Pour la première fois depuis l’indépendance de leur pays il y a cinquante ans, les Ivoiriens vont assister à  un « face-à -face » entre deux « finalistes » d’une élection présidentielle. Ce jeudi à  21h00 (GMT et locales), Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara (ADO) s’affronteront devant les caméras de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI). Ce débat se déroule dans un contexte particulier. à€ quelques jours du second tour qui se tiendra dimanche, l’atmosphère est surchauffée et les jeunes partisans des deux candidats se sont affrontés à  plusieurs reprises dans les rues d’Abidjan. Laurent Gbagbo a déjà  annoncé la couleur. « Je vais dire à  Alassane : C’’est toi qui a fait le coup d’à‰tat », a-t-il affirmé au cours d’un meeting. De son côté, Ouattara s’est dit « impatient » de se retrouver aux prises avec son ennemi intime. « Je ne veux pas rentrer dans la polémique et le mensonge », a-t-il dit. Ambiance… Cinq thèmes choisis Organisé par le Conseil national de la communication audiovisuelle, le débat Gbagbo-Ouattara durera deux heures et quinze minutes. Les deux candidats s’adresseront à  la nation debout. A priori, ils ne pourront être accompagnés que par leurs aides de camp respectifs. Le présentateur du journal télévisé Pascal Brou Aka, choisi par consensus, modérera les échanges. Cinq thèmes seront évoqués : la politique nationale, la défense et la sécurité, l’économie, la politique étrangère et les questions de société. Les téléspectateurs ivoiriens, qui ont suivi avec passion trois débats préliminaires opposant les économistes, les femmes et les jeunes proches des deux candidats, attendent avec impatience les arguments des deux adversaires. Mais aussi leurs formules chocs et les « révélations » qu’ils promettent.

Présidentielle ivoirienne: Bédié appelle à voter Ouattara au second tour

L’ancien chef de l’Etat Henri Konan Bédié et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara se sont vus dimanche soir 7 novembre pour la quatrième fois en trois jours. A la sortie de cette rencontre le candidat éliminé au premier tour, Henri Konan Bédié a appelé tous les électeurs à  voter pour le candidat Ouattara face au président sortant Laurent Gbagbo lors du second tour du scrutin le 21 novembre. Alassane Ouattara est désormais le candidat de l’opposition ivoirienne. Qualifié pour le second tour de la présidentielle dans quinze jours, le président du RDR, (Rassemblement des républicains) n’est plus seulement le candidat de son parti mais bien celui du RHDP, le Rassemblement des houphouà«tistes, autrement dit la coalition d’opposition. Certes, le président Bédié qui a lu cette déclaration de soutien à  Alassane Ouattara a, une fois encore, dénoncé les fraudes massives, a-t-il dit, lors du premier tour mais l’ancien chef de l’Etat éliminé de la course à  la présidence n’a pas exigé de nouveau un recomptage des voix. l’heure n’est donc plus pour l’opposition aux polémiques judiciaires mais à  la mobilisation des militants et sympathisants pour le second tour. Plus une seconde n’étant désormais à  perdre, Henri Konan Bédié appelle donc tous les électeurs à  se rassembler autour de la candidature Ouattara afin de sauvegarder, dit-il, l’héritage du père de la nation, feu Félix Houphouà«t-Boigny. A cet effet, le RHDP va se doter d’une direction nationale de campagne commune qui, selon nos informations, pourrait être conduite par un imminent cadre du PDCI, le parti du président Bédié.

Vote ethnique, vote géographique: qui emportera la bataille d’Abidjan ?

Vote ethnique ? Vote géographique ? Le premier tour a démontré l’ascendance géographique et l’origine ethnique des candidats sur le vote des citoyens. Ainsi apprend t-on que le Nord de la Côte d’Ivoire serait le « fief » d’Alassane Dramane Ouattara, du RDR, d’origine sénoufo, mais qui se réclame Ivoirien. N’eut été les accusations de pseudo « ivoirité », lancées contre lui aux temps forts de la crise. Selon les tous premiers résultats donc, le candidat du RDR l’emportait dans des bastions comme Korogho, Odienné, Korhogo, Ferkéssédougou, Boundiali, Ouangolo, Katiola, villes du nord, o๠il réalisait des scores proches du 100 %. Ceux du nord à  majorité dioula se sentant proches de leur candidat, ont par réflexe, voté pour lui. On se rappelle aussi qu’à  un moment, le pays a été coupé en deux. Face à  un tel état de fait, la population s’en réfère à  ses origines et prend position. Cela pose la question des repères identitaires, sans toutefois que l’on tombe dans «l’ethno fascisme». Se sentant exclus de la vie économique et politique, du partage des compétences et des richesses, d’un pays très pourvu par la nature, ces populations du Nord voient en ADO, celui qui pourra les loger à  même enseigne que ceux du Sud. Et si la dérive identitaire a bien eu lieu, elle ne devrait pas se reproduire cette fois, puisqu’un consensus existe désormais parmi la population ivoirienne, celle de sortir d’une crise interminable qui dure depuis près de 10 ans et a plombé l’économie du pays, crée la misère et le chômage chez les jeunes. C’’est d’ailleurs l’argument principal d’ADO le nordiste, relancer la machine économique ivoirienne, même si les investisseurs sont timides et la richesse reste concentrée aux mains de ceux qu’on appelle ironiquement les « refondateurs ». Et ceux là  font la pluie et le beau temps…à  Abidjan, la capitale économique ! l’argument patriotique Pour Laurent Ggbagbo, du FPI, d’origine bété, ce sont les régions de l’ouest ivoirien comme (Bangolo, Toulepleu, Duekoué, Guiglo etc..), fief notamment des populations d’origine Bété et celles du centre ouest (dont Gagnoa, dans sa région natale), qui ont plébiscité le président sortant. Même si ADO y fait une légère percée. Toutefois, le candidat Gbagbo qui n’a jamais brandi le vote identitaire, se réclame d’une adhésion de l’ensemble du peuple Ivoirien. Le patriotisme, voilà  son arme de guerre. Et Charles Blé Goudé, leader du mouvement des jeunes patriotes, lui a prêté main forte pour cela, quant il réalisait un véritable coup politique, en nommant l’ex chef des rebelles, Guillaume Soro, premier ministre et en multipliant les bains de foule dans les stades ou dans les villages de la Côte d’Ivoire. Enfin, le Sud et Sud Comoé, fief du candidat désormais exclu du 2è tour, Henri Konan Bédié, a aussi plébiscité Laurent Gbagbo. Ici, le vote géographique n’a pas vraiment fonctionné, pour Bédié, qui se réclamait plutôt d’un héritage politique, brassant la thèse du « dauphin naturel » de Feu Houphouet Boigny et à  qui le pouvoir aurait été confisqué en 2000. D’o๠l’envie incommensurable d’y arriver de nouveau. Il va falloir se résigner désormais, et ne pas étendre la contestation. La bataille d’Abidjan Celui qu’on surnomme «Le boulanger» est maà®tre dans l’art de rassembler, ceux du nord, du sud, de l’est ou même de l’ouest autour de l’idée de rassemblement populaire, qui sied aux ivoiriens. Ainsi à  Yopougon, quartier populaire d’Abidjan, un jeune patriote enthousiaste clamait devant les caméras françaises, « C’’est mon candidat qui va l’emporter ! ». Là  encore, le vote géographique se fond dans le vote patriotique. Et loin de toute considération économique. Sera-ce la force de Laurent Gbagbo, face à  son adversaire Ouattara, vu comme le technocrate, parfois éloigné des préoccupations du peuple ? A un Gbagbo qui fait des descentes à  la rue, brasse la foule, parle le langage de la rue, se confronte un Ouattara, un peu froid, intello mais prévis dans ses arguments. Aux accusations de fuite à  l’étranger en temps de crise, ADO remet son parcours en exergue, la distance nécessaire pour gouverner «autrement », une Côte d’Ivoire, lasse des discours patriotes ou anti-étrangers de son adversaire et surtout de la misère. Car désormais, les choses vont se jouer à  Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Si Gbagbo devance son rival de 6 points selon les derniers résultats provisoires de la CEI, la surprise pourrait venir lors du second tour. Sans doute, Laurent Gbagbo, qui s’est montré très sûr de lui, sondages SOFRES à  l’appui et ce depuis près d’un an, a dû quelque peu être «étonné» de ne pas l’avoir emporté du premier tour. La bataille s’annonce serrée pour deux candidats, franchement au coude à  coude. Wait and see !

Côte d’Ivoire : Les résultats partiels ouvrent la perspective d’un 2è tour

Alors qu’un bulletin sur deux a été dépouillé, le président sortant Laurent Gbagbo et l’ancien Premier ministre Alassane Outtara sont au coude-à -coude avec près de 35% des voix chacun. Le scenario d’un vote à  deux tours se profile. Les résultats partiels ne donnent pour l’instant pas de vainqueur, mais laissent déjà  penser que la présidentielle ivoirienne se jouera sur deux tours. Mardi, le porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI), Bamba Yacouba, a commencé à  donner les résultats disponibles alors que, en l’absence d’annonce officielle, tout le pays bruissait de rumeurs. Ces premiers chiffres ont permis aux agences de presse Reuters et AP d’estimer que le président sortant, Laurent Gbagbo, et l’ancien Premier ministre Alassane Outtara recueillerait chacun environ 35% des voix. Henri Konan Bédié, autre candidat majeur, arriverait en troisième position avec 27% des voix. Si ces chiffres se confirment après le dépouillement des 2,2 millions de suffrages restant, les Ivoiriens se rendront une nouvelle fois aux urnes pour le second tour. La confirmation de ce scenario est attendu dès ce mercredi, date à  laquelle la Commission électorale a promis de rendre officiel le verdict du scrutin historique du 31 octobre. Il reviendra ensuite au Conseil constitutionnel de valider ou d’invalider les chiffres de la CEI. Puisque la loi ivoirienne prévoit que le second tour doit se tenir 15 jours après sa décision, les analystes estiment qu’il pourrait avoir lieu le 28 novembre. « Aucune crainte » de débordement, selon Guillaume Soro Dans l’attente des résultats officiels, de nombreuses voix ivoiriennes s’élèvent pour apaiser les craintes de tensions. « Nous devons tous garder notre calme et notre sérénité pour attendre les résultats », a déclaré le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, le général Philippe Mangou, dans un spot diffusé en boucle à  la télévision. Le Premier ministre Guillaume Soro a lui assuré qu’il travaille au déroulement pacifique de la proclamation officielle des résultats. « J’ai demandé à  tous ceux qui m’ont accompagné pour obtenir des élections pacifique de poursuivre leurs efforts pour que la proclamation se fasse dans la tranquillité », a-t-il insisté sur RFI. Le secrétaire général des ex-rebelles des Forces nouvelles a aussi ajouté n’avoir « aucune crainte » si tout le monde a bien « la garantie que le scrutin s’est déroulé de façon normale et transparente ». De son côté, la Commission électorale indépendante insiste sur le fait qu’il n’y aura pas « d’ambiguà¯té » concernant les résultats. « Nous partageons les informations avec les différents candidats, nous confrontons les chiffres et, une fois que nous sommes d’accord, nous donnons les résultats à  la population », a expliqué Bamba Yacouba, porte-parole de la CEI sur RFI. Celui-ci a également assuré qu’il respecterait le « délai légal » et que la CEI n’avait « pas besoin de jour supplémentaire » pour le décompte des votes. Le suspense pourrait donc bien prendre fin dans les prochaines heures. LI

Présidentielle ivoirienne : les premiers résultats placent Gbagbo et Ouattara en tête

Un premier constat s’impose pour les premiers résultats de l’élection présidentielle ivoirienne, délivrés dans la nuit du 2 au 3 novembre par la Commission électorale indépendante (CEI). Laurent Gbagbo s’impose à  Abidjan et dans le sud du pays, tandis qu’Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié semblent maintenir leur force dans leurs bastions traditionnels, même si le dernier est secoué dans certaines de « ses » zones. Dans la région de la vallée du Bandama, dont Bouaké, fief des rebelles, est la capitale, l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara arrive en tête avec 49,85 % des voix, devant l’ancien président Henri Konan Bédié (38,56 %) et le chef de l’à‰tat sortant Laurent Gbagbo (9,41 %). Dans le Bafing (nord, chef-lieu Touba), le président du Rassemblement des républicains (R vient en tête avec 73,35 % des suffrages, suivi de Gbagbo (15,87 %) et de Bédié (5,17 %). Dans le Worodogou, toujours dans le nord, Ouattara fait 87,5 %, suivi de Gbagbo (6,94 %) et de Bédié (4,12 %). Dans la région des Savanes, deuxième après la région d’Abidjan avec plus de 6 % du corps électoral, il écrase ses adversaires, avec 85,90% (6,50 % pour Gbagbo et 4, 92 % pour Bédié). Bédié, candidat du Parti démocratique du Côte d’Ivoire (PDCI) remporte une majorité confortable dans les régions du « V » baoulé, au centre et au centre-est du pays. Dans le N’Zi Comoé, il l’emporte avec 65,53 %, contre 24,24 % pour Gbagbo et 7,20 % pour Ouattara. Dans la région des Lacs, il a 69,03 % des voix, devant Ouattara (15,35 %) et Gbagbo (12, 89 %). Laurent Gbagbo légèrement en tête Laurent Gbagbo, chef de l’à‰tat sortant, candidat du Front populaire ivoirien (FPI) et originaire du centre-ouest, maintient jusqu’à  présent sa place de leader dans la région des Lagunes, o๠se trouve la ville très disputée d’Abidjan. Les résultats partiels communiqués lui donnent plus de 55 % des voix, devant Ouattara (environ 24 %) et Bédié (environ 19 %). Dans la région de l’Agnéby (sud), il maintient sa suprématie avec 74,89 % des voix, devant Bédié, qui a 12,08 % et Ouattara (11,01 %). Il effectue une petite percée dans la zone du Sud-Comoé, traditionnellement disputée âprement par le PDCI et son parti, le FPI. Il y obtient 55,06 % des voix contre 22,29 % pour Ouattara et 20,42 % pour Bédié, qui y recule nettement. Dans la zone multiethnique de la Marahoué (centre), enfin, il possède une majorité relative (45,39 %), contre 30,87 % pour Bédié et 21,73 % pour Ouattara. Les résultats provisoires disponibles, qui concernent plus de la moitié de l’électorat, placent le président sortant Laurent Gbagbo en tête, avec 36,57 % des suffrages, talonné par Ouattara (33,76 %), lui-même suivi par Bédié (26,91 %).

Bédié, Ouattara et Gbagbo : un fauteuil pour trois

Leurs alliances et leur discorde ont alimenté la vie politique ivoirienne depuis la mort de Félix Houphouà«t-Boigny, le père de l’indépendance. Henri Konan Bedié : le scénario du retour D’aucuns disent qu’il est l’enfant gâté de la politique ivoirienne, que le pouvoir après la mort du « Vieux », surnom du père de la nation ivoirienne Félix Houphouà«t-Boigny, lui a été offert sur un plateau en 1995 et qu’il l’a perdu, pour avoir été trop léger dans la gestion des affaires de l’Etat, lors du coup de force de décembre 1999. Depuis 2005, il n’espère qu’une seule chose : retrouver un pouvoir qui lui a été, selon lui, confisqué. « On ne l’a pas laissé travailler comme il faut. Dix ans après, on se demande ce qui justifiait ce coup d’Etat, et la réponse est rien. On a perdu 10 ans et le développement a été freiné », estime Paul Koffi, chef du service politique du Nouveau Réveil, quotidien proche du Parti démocratique de Côte d’Ivoire dont Henri Konan Bédié, né le 5 mai 1934, est le candidat. C’’est peut-être l’un de ses seuls points communs avec son adversaire, Laurent Gbagbo, le président sortant. Depuis le coup d’Etat de septembre 2002, le leader du Front populaire ivoirien (FPI) se sent, lui, aussi dépouillé. « Je suis un chef et les grimaces d’un homme agité ne peuvent rien contre la parole d’un sage », déclarait Henri Konan Bédié ce vendredi à  Grand-Lahou, sa dernière étape de campagne. Sagesse, C’’est peut-être le résultat de dix ans de réflexion pour le Sphinx de Daoukro, qui rumine aussi bien son éviction du pouvoir que son retour triomphant, espère-t-il, depuis plus de cinq ans. Alassane Ouattara, survivant de « l’ivoirité » Après avoir été exclu du scrutin en 2000, l’ex-Premier ministre ivoirien Alassane Dramane Ouattara, 68 ans, endosse pour la première fois le costume de candidat à  une élection présidentielle. En 1995, C’’est pourtant lui qui refuse de participer à  la présidentielle, laissant alors le champ libre au candidat naturel du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié, jugeant le scrutin non transparent. Sa première vraie tentative pour accéder à  la magistrature suprême sera un échec. En août 1999, sa candidature est rejetée, pour cause de « nationalité douteuse ». Pour la première fois, l’ivoirité a raison de lui. Cependant, il n’y aura pas d’élection non plus pour Henri Konan Bédié qui est renversé par un coup d’Etat en décembre de la même année. Victime pour ses supporters – « l’homme providentiel », selon Henriette Diabaté, la secrétaire générale du Rassemblement des Républicains (R – diviseur selon ses adversaires, accusé par certains d’avoir exploité le filon des tensions raciales à  des fins politiques – car il cristallise le malaise ressenti par les Ivoiriens originaires du Nord du pays-, Alassane Ouattara reste une énigme pour beaucoup d’Ivoiriens. Aujourd’hui, le leader du RDR s’est mis à  l’heure du pardon. s’il y a un second tour, le PDCI d’Henri Konan Bédié et son parti feront même front commun contre le FPI, qui fut en son temps l’allié du RDR. Le candidat, plébiscité dans le Nord de la Côte d’Ivoire, est le seul à  proposer la création d’un Commission Vérité et Réconciliation sur le modèle sud-africain. « Je me suis libéré de toutes les humiliations que J’ai subies », clamait-il ce samedi, lors d’une réunion à  la Bourse du travail à  Abidjan. Malgré les reports successifs du scrutin présidentiel et une relativement longue absence du pays, il a tout de même réussi à  maintenir sa machine électorale à  flot. Etre candidat à  l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est déjà  en soi une victoire pour ADO, comme on le surnomme. Laurent Gbagbo : gagner à  tout prix Même s’il évoque la possibilité d’un second tour, le président sortant Laurent Gbagbo ne veut absolument pas entendre parler d’échec. « Ce ne serait pas une défaite si J’allais au deuxième tour. l’important est qu’au final je remporte cette élection », a-t-il déclaré ce samedi au Journal du Dimanche. Homme politique rusé, Laurent Gagbo a réussi à  se maintenir pendant 10 ans au pouvoir contre vents et marées. En 2000, C’’est la rue qui lui avait donné la victoire au détriment du général Robert Gueà¯, auteur d’un coup d’Etat un an plus tôt contre Henri Konan Bédié, un de ses plus sérieux adversaires dans la course à  la présidence. Il était alors l’unique leader de l’opposition à  se présenter à  l’élection qui semblait jouée d’avance. Au moment de la proclamation des résultats, il a envoyé ses partisans dans la rue pour forcer Gueà¯ à  céder le pourvoir. C’’est cette habileté à  rouler ses adversaires dans la farine qui a valu à  Gbagbo son surnom de « boulanger d’Abidjan ». Tout au long de la dernière campagne, Laurent Gbagbo n’a cessé d’accuser ses 13 rivaux d’être des « masques de l’étranger », des candidats « qui portent des visages d’Ivoiriens mais qui sont dirigés par les mains de l’étranger ». C’’est que Laurent Gbagbo veut à  tout prix remporter l’élection de dimanche. Pour les observateurs, il n’aurait pas organisé ce scrutin du 31 octobre prochain, après les nombreux reports dont il a fait l’objet depuis 2005, s’il n’était pas sûr de l’emporter. Les nombreux sondages qui l’a commandés l’ont conforté dans ce sens. Quand le JDD lui demande s’il promet de ne pas s’accrocher au pouvoir en cas d’échec, il répond : « Je ne promets rien à  personne ».

Présidentielle ivoirienne : un scrutin sous haute sécurité

Le schéma de sécurisation du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne est particulièrement compliqué. Mais les principaux responsables du maintien de l’ordre pendant le scrutin travaillent en bonne entente. Cela sera-t-il suffisant pour éviter les dérapages ? à€ moins de vingt quatre heures de la tenue du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre, les questions sur la sécurisation du scrutin, qui se posaient depuis plusieurs semaines, semblent avoir trouvé des réponses. l’armée ivoirienne, les Forces nouvelles (ex-rébellion), les Casques bleus et la Force Licorne, l’armée française en Côte d’ivoire, travaillent en synergie pour finaliser les derniers détails. Dans le sud du pays sous contrôle du gouvernement, on a fait appel à  environ 10 000 membres des forces de l’ordre pour quadriller cette partie du territoire le jour du vote. « Ils n’auront pas le droit de s’approcher des bureaux de vote en armes, ils patrouilleront aux alentours », révèle un officier de l’armée ivoirienne. Fermeture des frontières Par ailleurs, les autorités militaires ont décidé de fermer toutes les frontières le 31 octobre à  minuit. Le système mis en place pour un déroulement apaisé du scrutin est inédit. « La configuration de la sécurisation des élections est très complexe, mais chacune des forces impliquées tentera de jouer son rôle », estime Choi Young-jin, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Côte d’Ivoire. à€ Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire qui représente 33 % de l’électorat, la sécurité a été renforcée. Le Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS) est monté en puissance. Cette force spéciale, composée de policiers, de gendarmes et de militaires a multiplié les exercices de maintien de l’ordre au cours des dernières semaines. Elle a bénéficié de l’expertise de Frédéric Lafont, un ancien sous officier de l’armée française qui s’est reconverti dans la sécurité privée. « Notre objectif est de garantir un environnement paisible et sain autour du scrutin, explique le général de division de gendarmerie Guiai Bi Poin, commandant du CECOS. Nous serons dissuasifs : nous allons accélérer la cadence des patrouilles le 31 ». Du côté du Centre de commandement intégré (CCI), la force mixte composée d’éléments de l’ex-rébellion et des forces gouvernementales achève son déploiement dans le nord du pays le 30 octobre. Une mission délicate à€ Bouaké, la deuxième grande ville du pays, fief des Forces nouvelles, 800 hommes seront en charge de la sécurisation du scrutin. Malgré l’appui logistique apporté par la France et l’Union européenne, des contraintes budgétaires n’ont pas permis au CCI de disposer de son effectif initial de 8 000 hommes. Seulement 4 000 hommes ont pu être mobilisés. La très délicate mission de la sécurisation de l’acheminement des procès-verbaux vers les 415 centres de collecte sous-préfectoraux de la Commission électorale indépendante (CEI) a été confiée au CCI. Le 29 octobre, une réunion de haut niveau a eu lieu à  Abidjan entre le général Abdul Hafiz, commandant de la Force de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), son collègue français Jean-Pierre Palasset, commandant de la Force Licorne et les généraux ivoirien Philippe Mangou et Soumaila Bakayoko, respectivement chef d’état major des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (FDSCI) et chef d’état major des Force armées des forces nouvelles (FAFN), pour finaliser les derniers détails.

Côte d’Ivoire : Les derniers échos de la campagne présidentielle

l’Intelligent précise que les faits se sont déroulés hier soir sur l’autoroute du Nord, près d’Elibou : « des individus animés de mauvaises intentions ont dressé des morceaux de bois sur la route, raconte le journal. Le véhicule éclaireur du convoi de Ouattara a été stoppé. Puis les autres voitures bloquées. Et les gardes de corps, pour dissuader les assaillants qui se sont refugiés dans la broussaille, ont procédé à  des tirs de sommations. Bilan : un gendarme a été blessé ainsi qu’un journaliste. ». l’Intelligent ne dit pas si les blessés ont été atteints par les tirs des gardes du corps ou des assaillants, ou même si ceux-ci ont vraiment ouvert le feu. En tout cas, relève le journal, « du côté des militants RDR, l’on s’interroge encore sur cette attaque. Qui sont vraiment ces individus ? Quelles étaient leurs intentions réelles ? (…) Vu ce qui vient de se passer, il urge que plus d’attention soit portée à  l’endroit des candidats, commente l’Intelligent, surtout leur sécurité. » Gbagbo se mouille ! Laurent Gbagbo, le président sortant, lui, est en ce moment dans la région de San-Pédro. Moins grave, le candidat de la majorité présidentielle a dû subir hier les assauts de la pluie, lors d’un meeting.« La pluie qui a failli tout gâcher », relève l’Inter. « J’attends vos voix pour vous donner du travail », a lancé Laurent Gbagbo en direction des nombreux jeunes présents. Pour sa part, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Young Jin Choi, s’est réjoui hier du « bon début de la campagne électorale qui se déroule dans le calme et la sérénité, conformément aux règles démocratiques, malgré la passion inhérente à  ce genre d’événement. » C’’est ce que relève Fraternité Matin. Le Représentant spécial a déclaré, en outre, poursuit le journal, « avoir été rassuré par le président de la CEI sur le bon déroulement du recrutement et de la formation des 66 000 agents électoraux. Au vu de tout cela, à  moins d’un incident inattendu, nous pouvons dire que nous sommes là  pour le 31 octobre et nous nous concentrons sur les défis qui restent avant le scrutin », a estimé Young Jin Choi.

 » Un Homme, une vision » : Un documentaire sur Gbagbo en tournée au Mali

Le parcours d’un homme A voir l’affiche du film, «Â Un homme, une vision, on s’attend bien à  voir le parcours d’un véritable animal politique en la personne de Laurent Gbagbo, président de la république de Côte d’Ivoire depuis 2000 et patron du FPI, le parti qui l’a porté au pouvoir. Et d’emblée, le ton est donné, en effet, Gbagbo lui-même et ses proches ( la sœur Jeannette Koudou, Simone Gbagbo, sa femme et même Michel le fils aà®né), parmi une pléiade d’hommes politiques témoignent à  chaque instant du parcours de cet homme, militant actif depuis la jeunesse et le tout commenté par la voix du comédien Ivoirien, Ahmed Souané, ( Dr Boris ). Des années estudiantines, de militantisme sous le règne de Félix Houphouet-Boigny, dont il contesta la politique du parti unique, aux premières heures de la prise du pouvoir en 2000 jusqu’ au coup d’état, qui plongea la Côte d’Ivoire dans le chaos, le film d’une durée d’1h 40 tente de décrypter la vision d’un homme, habité par l’idéal du pouvoir, un élan panafricaniste qui le poussa à  briguer la magistrature suprême. Produit par Abderahmane Ndiaye, mauritanien, le film s‘inscrit dans un contexte particulier : «Â  Au moment o๠la Côte d’Ivoire et des pays africains s‘apprêtent à  fêter leur cinquantième anniversaire, le film retrace le parcours exceptionnel d’un homme«Â , un élu légitime, selon certains intervenants et qui se maintient au pouvoir depuis dix ans maintenant. Et qui à  l’approche des élections du 31 octobre, pose son bilan personnel. Serait-ce les prémisses d’une fin de règne agitée ou plutôt un ultime acte de campagne. Car on ressort séduit par la personnalité charismatique de Gbagbo, son franc parler, sa proximité avec le peuple jadis, car les choses ont bien changé. s’il prône le développement, il n’en reste pas moins que l’économie de la Côte d’Ivoire ne profite qu’aux nantis, derrières les idéaux socialistes du FPI. Gbagbo le choc des idées Si les divers intervenants ( Henri Emmanuelli, député français, Ousmane Tanor Dieng, homme politique sénégalais, Charles Blé Goudé, militant patriote, Pascal Affi Nguessan, ancien premier ministre ou encore Simone Gbagbo,) parmi tant d’autres se veulent laudateurs et séducteurs sur la personnalité de l’homme, reste le silence sur les opposants de toujours que sont Alassane Dramane Ouattara ou Henri Konan Bédié : « Le film aurait gagné à  entendre ces voix là , même s’il retrace bien la lutte anti colonialiste, mais le FPI, pourra-t-il être rassembleur dans le contexte actuel ?», s’interroge le réalisateur Malien Cheikh Oumar Sissoko, présent à  la projection. Enfin, ce dernier déplore le manque sur la situation des ressortissants africains non ivoiriens qui ont subi la guerre.Et puis, il y a les images d’archives, bien distillées dans le documentaire, certes un peu long, le choc des tirs de l‘armée française, le pilonnage des bases aériennes et les morts de la guerre civile que déplore le président, antihéros, des français. Pour la réalisatrice, « ce film est un témoignage majeur pour l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Car Gbagbo est a selon Hanny Tchelley, une vision particulière du panafricanisme et aura marqué son époque ». Mais pourquoi ce documentaire maintenant ? A quelques semaines de l’élection du 31 Octobre ?

Laurent Gbagbo : « Nous sommes au bout de nos peines ! « 

Entre pessimisme et optimisme, les Ivoiriens se demandent encore si les élections présidentielles se tiendront bien le 31 octobre 2010 après la signature de la liste électorale définitive signée par le président Laurent Gbagbo, le 9 septembre, condition sine qua none d’un processus électoral qui n’ a eu de cesse d’être reporté pour de multiples raisons. Cette fois,  » Nous sommes au bout de nos peines, a affirmé devant les citoyens, le président Gbagbo, et cela pour la tenue d’une élection apaisée, a t-il pousuivi, le sourire en coin, » enfin que Dieu Bénisse la Côte d’Ivoire », a t-il conclu. Parole de sage ou parole de vieux singe rusé ? Le temps seul nous dira si Laurent Gbagbo par crainte de perdre une élection aura plus d’un tour dans son sac. Celui qu’on appelle en Côte d’Ivoire, le « boulanger », pourrait encore avori à  rouler ses adversaires qui lui courrent après pour espérer atteindre la magistrature suprême. Liste définitive, élection sûre ? Une liste de 5 725 720 inscrits qui a été expurgée d’environ 50 000 cas encore à  vérifier. « Nous sommes à  la fin de nos peines », a dit le chef de l’Etat lors de la cérémonie solennelle de signature au palais présidentiel d’Abidjan. Mais si les plus gros obstacles du processus électoral sont désormais aplanis, d’autres écueils demeurent avant le premier tour de la présidentielle.Avec la liste électorale définitive, la voie des élections est certes ouverte, mais le diable est dans les détails. Si la fabrication des cartes d’identité et d’électeurs a déjà  commencé, leur distribution dans tout le pays est un défi logistique de taille. l’impression des documents électoraux en est un autre. Pour l’acheminement des cartes, l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire mettra la main à  la pâte. Mais, au niveau local, l’administration devra sans délai mobiliser et former ses personnels pour recueillir les documents et les remettre à  5 725 720 personnes. Pour les bulletins de vote et les professions de foi des candidats, l’imprimerie nationale doit légalement s’en charger. Mais ses capacités techniques sont insuffisantes. Elle devra donc sous-traiter. Quand au volet sécuritaire du processus, il bute encore sur le désarmement des milices, qui reste à  faire.Autant d’objections qui incitent toujours à  la prudence. Pour capitale qu’elle soit, la liste ne saurait mettre le processus électoral définitivement à  l’abri d’une surprise. La Côte d’Ivoire en a vu d’autres.

Côte d’Ivoire : Cinquante ans d’indépendance entre inquiétude et espoir

Après avoir été durant des décennies un modèle de stabilité et de prospérité en Afrique, la Côte d’Ivoire est depuis 2002 une puissance régionale au prestige entamé, qui a connu en quelques années ce qui fut longtemps inimaginable : la guerre intérieure, des massacres de civils, une mise sous tutelle internationale et la déliquescence de son économie paralysée. La célébration du cinquantenaire de son indépendance a des relents de nostalgie d’une gloire passée. Avant l’arrivée des Européens, la région connaà®t d’importants mouvements de population et des royaumes d’une certaine ampleur sont signalés (tel le Royaume de Kong au XVIIIe siècle). Les Portugais, dès le XVe siècle, puis les Hollandais et les Anglais installent des comptoirs et se livrent au commerce côtier, achetant des esclaves à  compter surtout du XVIIe siècle, période qui voit plusieurs grandes migrations de populations akan – notamment les Baoulé dirigés par la Reine Poku -, venues de l’actuel Ghana. Français et Anglais entrent en concurrence, signent respectivement des traités d’amitié avec les populations jusqu’au partage de leurs zones d’influence en 1884, explorent l’arrière-pays et introduisent la culture du café. La Côte d’Ivoire devient colonie française en 1894, mais la conquête de tout le territoire, rattaché à  l’Afrique occidentale française en 1905, aboutit très progressivement (défaite de Samory Touré en 1898). Après Grand-Bassam, puis Bingerville, Abidjan devient la capitale du territoire en 1934. La mise en valeur est l’affaire de quelques grandes compagnies, des infrastructures sont construites pour permettre l’évacuation des produits d’exportation (café, puis cacao, bois, caoutchouc, palme…), tandis que se met en place une économie de plantations détenues par les Européens et les Africains. En 1945, Felix Houphouà«t-Boigny qui a fondé un syndicat des planteurs de cacao est élu à  l’Assemblée nationale française. Il contribue à  la création du Rassemblement démocratique africain (RDA), et crée sa section ivoirienne, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Ministre de la IVe République française en 1955, il initie la loi qui supprime le travail forcé et joue un rôle important dans le processus de passage des colonies d’Afrique à  l’indépendance, acquise en août 1960, devient enfin président de la République après les élections de novembre 1960. Le pouvoir personnalisé Félix Houphouà«t-Boigny instaure un pouvoir fort en s’appuyant sur le PDCI, parti unique, avec des poussées autoritaires qui voient se succéder plusieurs vagues d’épurations à  la tête de l’Etat («complots» des années 63-64), il réprime avec vigueur les contestations étudiantes (1967-69) et met fin brutalement à  l’irrédentisme bété à  Gagnoa (centre-ouest) en 1970, l’ampleur de la répression restant sujette à  contestation. Résolu à  s’opposer aux «démons de la division», le président peut compter sur le soutien indéfectible de la France qui maintient une base militaire à  Abidjan (Port-Bouet) et dont la présence s’exerce dans tous les secteurs de l’économie (industrie, services, aussi bien que commerce o๠les capitaux français comptent pour 55% en 1976), mais aussi de l’administration, avec une pléthore de conseillers et de coopérants, la population française atteignant 40 000 personnes à  son plus haut niveau, dans la décennie 1970-80 (elle va progressivement décroà®tre jusqu’à  compter moins de 15 000 personnes au début des années 2000). Cette alliance privilégiée avec la France, qui s’élargit à  des considérations géostratégiques (intervention franco-ivoirienne au Biafra), est pour Houphouà«t-Boigny la condition parfaitement assumée d’une prospérité qui s’épanouit jusqu’au début des années 1980, avec un envol de l’agriculture d’exportation, notamment le cacao et le café dont le pays devient l’un des premiers producteurs mondiaux. Cette prospérité génère une forte immigration venue des pays voisins, les étrangers comptant pour plus de 3 millions dans les années 90. Le «miracle ivoirien» se lit alors dans l’exceptionnel développement de la ville d’Abidjan, avec ses gratte-ciels et ses voies rapides, et permet un niveau d’équipement du pays (routes, électrification, éducation et santé) alors peu égalé en Afrique, tandis que se développe une classe moyenne nantie. Obsédé par la constitution d’une nation ivoirienne, le chef de l’Etat entend favoriser la participation de toutes les composantes à  la réussite économique, celle-ci dût-elle passer par le clientélisme et une corruption à  grande échelle parmi les élites. Tout en favorisant son ethnie d’origine, les Baoulés, il se montre accueillant aux éléments étrangers, associés sans formalisme au pouvoir et à  ses retombées, dans le cadre d’une définition très extensive de la « citoyenneté » ivoirienne : le droit de vote, l’accès à  la propriété et aux emplois publics, y compris aux hautes fonctions administratives, leur est ouvert. Ce système est à  la fois cohérent et fragile, car il repose sur la circulation des ressources. Il devient problématique lorsque la crise économique frappe le pays, durant la décennie 1980. La descente aux enfers La situation sociale se dégrade : montée du chômage et paupérisation urbaine, tensions autour de la propriété foncière, qui provoquent des antagonismes entre communautés et la naissance de manifestations xénophobes jusque là  inconnues. Alors que la contestation sociale et les revendications politiques ont amené une reconnaissance du multipartisme en avril 1990, Félix Houphouà«t-Boigny disparaà®t en décembre 1993 sans avoir planifié sa succession, cependant que le pays est en pleine récession. Le président de l’Assemblée nationale, Henri Konan-Bédié lui succède dans un contexte houleux : C’’est par un quasi coup de force qu’il fait reconnaà®tre sa légitimité face au Premier ministre, Alassane Ouattara. Voulant renouer avec l’autoritarisme du régime, il se heurte à  une opposition de plus en plus active, o๠aux côtés du FPI de Laurent Gbagbo, on voit s’ériger une nouvelle force comprenant d’anciens militants du PDCI, le Rassemblement des Républicains (R, dont Alassane Ouattara prend la tête. Pour répondre à  la fois au mécontentement de sa base autant que pour faire barrage aux ambitions électorales de ce dernier, Henri Konan Bédié initie une politique dite d’« ivoirité » qui restreint l’accès des étrangers à  la citoyenneté (loi du 13 décembre 1994), tandis qu’un nouveau code électoral exclut de fait Alassane Ouattara, jugé de nationalité «douteuse», de la compétition. l’élection en 1995 de Henri Konan Bédié n’apaise en rien les tensions, et tandis que l’économie poursuit sa décrue dans un climat de corruption effrénée, la xénophobie se donne libre cours et touche par amalgame tous les ressortissants « nordistes » (musulmans et/ou appartenant à  la communauté dioula). Une mutinerie de sous-officiers ouvre la voie au coup d’Etat, le 24 décembre 1999, de l’ancien chef d’Etat-major, le général Robert Gueà¯. Une junte militaire s’installe, chargée d’assurer la transition vers le retour au régime civil, au terme des élections présidentielles d’octobre 2000. Désordre politique et rébellion Celles-ci se déroulent dans la confusion. Elles sont boycottées par une partie des électeurs, les candidatures d’Alassane Ouattara et d’Henri Konan Bédié ayant été écartées. Laurent Gbagbo est élu, Robert Gue௠tente un coup de force mais doit se soumettre face aux manifestations populaires, qui dégénèrent (octobre – novembre 2000) en affrontements sanglants (200 morts) entre partisans de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara. Une fois au pouvoir, Laurent Gbagbo tente une ouverture (Forum de réconciliation en octobre 2001), prélude à  l’entrée du RDR au gouvernement (août 2002). Le 19 septembre 2002, une tentative de coup d’Etat à  Abidjan, marquée par l’assassinat de personnalités politiques, dont Robert Gue௠et le ministre de l’Intérieur Emile Boga Doudou, marque le début d’une rébellion militaire qui prend le contrôle de tout le Nord de la Côte d’Ivoire. l’intervention dès le 22 septembre des militaires français (opération Licorne) et la conclusion d’un cessez-le-feu figent les positions des forces loyalistes et de la rébellion, cette dernière représentée par le Mouvement patriotique de la Côte d’Ivoire (MPCI), dirigé par l’ancien leader étudiant, Guillaume Soro. La communauté internationale, notamment la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) se mobilise pour parvenir à  un règlement, mais les Français sont les plus actifs : ils organisent en France une réunion des partis politiques ivoiriens qui aboutit aux accords, le 24 janvier 2003, de Marcoussis prévoyant un gouvernement de transition, ouvert à  la rébellion et à  l’opposition, formé en mars-avril par le Premier ministre Seydou Diarra. s’engageait alors une impossible normalisation, marquée par la sortie des «Forces Nouvelles» (ex-rebelles) du gouvernement en septembre 2003, par des tentatives répétées de médiation de la Cedeao, de l’Union africaine et l’implication directe du président sud-africain, Thabo Mbeki, à  partir de juin 2005. Sur le terrain, outre le maintien des troupes françaises (plus de 4000 hommes), l’ONU mettait en place à  partir d’avril 2004 une force de maintien de la paix de 6 000 hommes (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire – ONUCI). La rupture du cessez-le-feu, en novembre 2004, et la mort de 9 militaires français entraà®na toutefois des réactions en chaà®ne : destruction par les militaires français de l’aviation ivoirienne, puis manifestations anti-françaises à  Abidjan aboutissant à  l’évacuation de la quasi-totalité des ressortissants français et des binationaux (8 000 personnes). Un an plus tard, il fallut renoncer à  organiser les élections générales prévues en octobre 2005, et une nouvelle période de transition s’instaurait, avec la nomination d’un Premier ministre, Charles Konan Banny, dans un climat de défiance généralisée. Vers un rétablissement de l’ordre républicain Un début de normalisation intervient en mars 2007, lorsque Laurent Gbagbo et Guillaume Soro signent l’accord de Ouagadougou, résultat des discussions directes entre les deux camps sous l’égide du facilitateur, le président burkinabé Blaise Compaoré, accusé jusque-là  par les partisans du président ivoirien de soutenir la rébellion. Guillaume Soro devient Premier ministre. Les armes se taisent sur les fronts et une réunification administrative du pays se remet en place en attendant que la Côte d’Ivoire politique ne retrouve ses couleurs. Les institutions mises en place devraient y concourir. En août 2010, et après les innombrables reports depuis cinq ans, Guillaume Soro annonce la tenue de l’élection présidentielle pour le 31 octobre 2010. La chute de l’économie ivoirienne a eu des conséquences graves dans toute la sous région, o๠la Côte d’Ivoire constituait la « locomotive » de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), offrant également un débouché pour les échanges de ses voisins enclavés, forcés de réorienter leurs flux de marchandises. Le contournement de la Côte d’Ivoire scindée en deux a ouvert de nouvelles routes commerciales au détriment des axes Abidjan-Bamako, Abidjan-Ouagadougou, Abidjan-Lomé-Cotonou…Ces voies secondaires pour la plupart informelles ont fait d’une corruption déjà  dénoncée depuis les années 90 un vrai fléau qui mobilise aujourd’hui encore les plus hautes instances de la république. Malgré tout, les voyants sont au vert : la croissance qui devrait être de 3,39% en 2010 pourrait atteindre 4,5% en 2011. La production d’hydrocarbures connaà®t un fulgurant développement et pourrait concurrencer le café et le cacao en termes de gains pour le pays. Toutefois, les bases encore solides de la production agricole et industrielle de l’économie ivoirienne ne font pas vraiment percevoir le danger imminent de l’effondrement total du système si les enjeux politiques restent la préoccupation majeure des décideurs ivoiriens. Source : Les 100 clés de l’Afrique. Philippe Leymarie et Thierry Perret. Co-édition Hachette Littératures/RFI. 2006.