Hommage à Claude Verlon et Ghislaine Dupont…en poésie

Il y un an, le 30 octobre, Claude Verlon et Ghislaine Dupont étaient pleins de vie. Ils avaient pris la direction de Kidal pour préparer le spécial RFI sur la paix et la réconciliation au Nord du Mali. Dans cette région désertique vaste et zone de non droit, ils trouveront la mort le 2 novembre 2013, assassinés à  quelques kilomètres à  la sortie de Kidal. Au même moment à  Bamako, se tenaient les Assises du Nord et qui réunissaient toute la société civile du Nord et les élus du peuple. Aujourd’hui, les amis de Claude Verlon et Ghislaine Dupont exigent que vérité et justice soient faites sur les circonstances de leur mort. Mort qui a ému tout un peuple. « Au nord, les femmes sont des reines, ce n’est pas dans notre tradition de tuer une femme », lancera ce malien de Kidal à  la cérémonie d’hommages organisé ce 30 otobre à  Bamako et o๠sont venues de nombreuses personnalités telles Jean Marie Idrissa Sangaré, ancien ministre de la communication du Mali, Tiébilé Dramé, un ami de longue date de Ghislaine, Gaoussou Drabo, ex ministre, Fatoumata Siré Diakité de l’APDF, ou encore Oumar Mariko ainsi que toutes les associations de presse comme l’Assep, le Groupement patronal de la Presse, le syndicat des journalistes reporters du Mali. Tous ces hommes de médias ont tenu à  rendre un hommage appuyé à  ces deux vétérans de RFI. Dans la salle, il y avait les amis de Ghislaine et Claude, mais peut-être Ghislaine et Claude eux-mêmes étaient là  car,dit Moctar Kounta, éditorialiste au Républicain, « les morts ne sont pas morts. Ils sont dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit, les morts ne seront jamais morts ». Ces quelques paroles du poème de Birago Diop ont planté le décor. Odes à  la vie, odes à  la mort, point de place pour la tristesse, mais le souvenir seul de deux « passionnés de l’Afrique et des Africains. « Ils avaient une claire conscience du danger que représentait la situation à  Kidal, pour le Mali, Ghislaine était une grande amie de l’Afrique et des Africains », dira Tiébilé Dramé. Ces mêmes mots, Tiébilé Dramé les avait prononcé au Quai Branly à  Paris lors d’une cérémonie quelques jours après la mort des deux reporters. Pourquoi sont-ils morts ? Pourquoi ?, s’interroge l’éditorialiste Adam Thiam. Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont-ils vu, su ou entendu quelque chose qu’ils n’auraient pas du voir, savoir ou entendre ? l’heure n’est plus aux réminiscences, ni aux pleurs, puisque, insiste Thiam : « Aujourd’hui nous ne pleurerons pas. Nos voix trembleront mais nous ne craquerons pas. Ne pas savoir nous met tous en sursis et il faut savoir, alors, nous saurons ». Quelques confrères se sont ensuite exprimés, notamment Alexis Kalambry, du journal Les Echos: « Rendre hommage aux martyrs, permet de fortifier ceux qui sont encore dans le travail. Pour l’ancien ministre Gaoussou Drabo, la mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon doit cultiver le devoir de mémoire, le refus de l’indifférence et de l’attentisme, car tel que le disait Albert Camus, il vaut mieux avoir des problèmes de liberté de presse, que pas de liberté de presse du tout. Cette liberté, Claude Verlon et Ghislaine Dupont l’avait dans le sang et leur amour pour l’Afrique, les a conduit à  leur destin. Désormais, une bourse pour les journalistes africains portent leurs noms. Qu’ils reposent en paix…

RFI lance la bourse Claude Verlon et Ghislaine Dupont

RFI lance la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon en hommage à  nos confrères assassinés en novembre dernier à  Kidal. Cette bourse récompensera tous les ans un jeune journaliste et un jeune technicien de moins de trente ans qui viendront suivre une formation à  Paris. Les noms des deux premiers lauréats de la Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon seront dévoilés à  Bamako le 2 novembre, date du premier anniversaire de l’assassinat de nos confrères à  Kidal. Le 2 novembre 2013 Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient sauvagement assassinés à  Kidal, dans le nord du Mali. Nous n’oublierons jamais. Mais il nous faut aussi construire l’avenir. C’’est pourquoi nous avons souhaité créer une Bourse portant leur nom : « La Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon pour les jeunes journalistes et techniciens en Afrique », a précisé Marie Christine Saragosse, Directrice de France Médias Monde. Il s’agit de poursuivre ce que ces passionnés de reportage et du continent africain aimaient à  faire en transmettant leur savoir, et d’être ainsi fidèles à  leur rôle de passeurs auprès des jeunes journalistes et techniciens qui les côtoyaient dans la rédaction de RFI ou sur le terrain. En leur mémoire, cette journée du 2 novembre a été décrétée par les Nations Unies, Journée internationale de lutte contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes. Nous remettrons ce jour là , à  Bamako, la première « Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon ». Ce sera ainsi l’occasion de défendre aux côtés de nos confrères maliens, une valeur qui nous est essentielle, celle du droit à  l’information libre que le terrorisme vient bafouer. Un droit qui ne peut s’exercer que si les attaques dont les journalistes sont victimes ne restent pas impunies. Avec nos partenaires de l’ORTM, l’Office de Radio Télévision Malienne, qui nous accompagnent cette année, avec nos partenaires français de l’Ecole de Journalisme de Sciences Po et de l’INA, et avec l’ensemble des équipes du groupe France Médias Monde, nous avons tous ce même désir de rendre hommage aux deux grands professionnels qu’étaient Ghislaine et Claude, en transmettant aux jeunes générations leur passion et leur exigence.

Création de l’association des « amis de Ghislaine Dupont »

« Les amis de Ghislaine Dupont », tel est le nom de l’association que des proches et des amis de notre consœur, assassinée en novembre dernier à  Kidal dans le nord du Mali, viennent de créer. Cette initiative, qui nous tient particulièrement à  C’œur, a pour objectif de comprendre ce qui s’est passé le 2 novembre 2013 et de pousser la justice à  faire la lumière sur les assassinats de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. « Depuis bientôt cinq mois, un silence de plomb recouvre en France cet événement majeur », estiment les proches de Ghislaine Dupont, qui réclament la désignation d’un juge d’instruction dans cette affaire, et souhaitent être reçus par le président français François Hollande pour obtenir des clarifications sur l’avancée de l’enquête. Interviewée par RFI, Laurence Lacour, porte-parole de l’association, fait état de ses inquiétudes : « Quand on vit une tragédie comme celle-ci, il y a d’abord un temps de sidération. Ensuite vient le temps du deuil puis celui de l’action. Cinq mois se sont écoulés et on constate que plus personne ne parle d’elle et de Claude Verlon. Nous n’avons pas de nouvelles de la justice. Nous n’avons de nouvelles de nulle part », regrette-t-elle. « Nous, nous voudrions surtout qu’on n’oublie pas Ghislaine Dupont ni Claude Verlon, même si notre association ne porte que le nom de Ghislaine parce que, pour l’instant, la famille de Claude est dans un autre temps que le nôtre. Ils sont évidemment les bienvenus s’ils veulent nous rejoindre », a tenu à  souligner Laurence Lacour. Et d’ajouter : « Nous, ce que nous voulons, C’’est qu’on se souvienne d’elle, qu’on se souvienne d’eux ; de leurs qualités professionnelles, de leurs qualités humaines. On veut savoir la vérité sur leur mort et on veut ensuite – si un jour on a cet apaisement-là  Â– pouvoir continuer d’autres actions, peut-être à  vocation humanitaire, à  vocation intellectuelle. D’autres actions qui nous permettent de continuer à  faire vivre celle qui était notre grande amie, qu’on appelait  » Gigi « . C’’est surtout ça qui nous importe, que perdure sa mémoire. » Toujours pas de juge d’instruction Cinq mois après le drame de Kidal, aucun juge d’instruction n’a été saisi. Pourtant, le parquet – en décembre dernier – avait assuré aux proches des victimes que ce n’était qu’une affaire de semaines – trois mois au maximum – mais depuis, rien. L’enquête préliminaire est toujours en cours au parquet antiterroriste de Paris. Mais sans l’ouverture d’une information judiciaire, les parties civiles ne peuvent demander aucun acte ni accéder au dossier. Maà®tre Caty Richard, qui défend la famille de Claude Verlon, a le sentiment qu’une chappe de plomb s’est abattue sur ce dossier. « Nous sommes surpris parce qu’il y a quelques jours, Jean-Yves Le Drian (ministre français de la Défense), entendu sur BFM (chaà®ne de radio et télévision française), a pu répondre de façon prolixe à  toutes les questions qui lui ont été posées et puis, lorsqu’a été abordée la question de l’assassinat des journalistes de RFI au Mali, il a répondu d’un lapidaire : « ça, je ne veux pas en parler ». Ce « ça, je ne veux pas en parler », C’’est un peu court ! Ce qui est désagréable, aujourd’hui, C’’est ce traitement particulier qui est donné à  ce dossier. On se rend compte aussi du traitement particulier qui est donné à  l’information par le ministre, lorsqu’on l’interroge sur ce point », constate Maà®tre Caty Richard. Cinq mois après, le mobile du double assassinat reste incertain et on s’interroge toujours également sur les mouvements des troupes françaises dans la zone o๠nos confrères ont été tués.

Mali: l’enquête sur l’assassinat des journalistes de RFI n’avance pas

C’’est le constat de Suliman Baldo, l’expert indépendant des Nations unies chargé des droits de l’homme. Exemple de cette impuissance : l’enquête sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Il y a quatre mois, le 2 novembre dernier, les envoyés spéciaux de RFI au Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été assassinés aprés avoir été enlevés à  Kidal en plein jour par des hommes armés et cagoulés. Les assassins sont toujours dans la nature. Une enquête a été ouverte à  Bamako et à  Paris, mais jusque là , elle a bien du mal à  avancer. A Bamako, l’enquête sur l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaine Dupont a été confiée à  un juge d’instruction, Mahamadou Kassogué, un homme à  la réputation de sérieux qui travaille déjà  sur des dossiers de jihadistes. Récemment, un mandat d’arrêt a été lancé contre le seul suspect identifié Baye ag Bakabo, le propriétaire du véhicule de l’enlèvement. l’homme est un trafiquant proche d’Ansar Dine, soupçonné de travailler pour l’islamiste Abdelkrim al-Targui. Raisons de sécurité Mais les magistrats maliens chargés du dossier sont pessimistes. « l’enquête n’avance pas », confie sous couvert d’anonymat un magistrat du parquet. Tout s’est joué à  Kidal et dans la région or, pour des raisons de sécurité, le juge ne peut pas se rendre sur place. Les auditions contenues dans le dossier malien ont été effectuées en présence des enquêteurs français. « Les gendarmes maliens ont interrogé les témoins dans le camp Serval mais les conditions n’étaient pas satisfaisantes », considère un autre magistrat malien : il faudrait que l’on reprenne tout en détail. Mais depuis plus rien n’a été fait. « Je crains malheureusement que la justice malienne ait du mal à  opérer les investigations utiles localement, commente Maà®tre Christophe Deltombe, l’avocat de la famille de Ghislaine Dupont. Kidal est peut-être encore en distance par rapport au pouvoir d’Etat malien et je me demande si la justice malienne a tous les moyens pour pouvoir mener sereinement des investigations, voire même les mener tout court ». De nombreuses zones d’ombre Quant à  l’identité des assassins, il ne cache pas son inquiétude. Les zones d’ombre sur les circonstances et les mobiles de l’assassinat restent nombreuses. « Il y a au moins un homme qui a été reconnu, notamment par le chauffeur, un certain Baye ag Bakabo, confirme Christophe Deltombe. Pour les autres, on a commencé par nous annoncer qu’on avait repéré les quatre personnes, puis ensuite on nous a dit qu’on ne les avait pas repérées. Bref, on est un peu dans le flou. Il y a des interrogations à  la fois sur la manière dont cela s’est passé et sur les circonstances. Par exemple, on a parlé d’un hélicoptère, dans les débuts, de l’intervention de Serval, puis on en a plus parlé après. Quel est véritablement le but de ce rapt ? On en saura peut-être plus le jour o๠on pourra mettre la main sur les personnes qui ont procédé au rapt. Mais à  ce jour, on n’a arrêté personne ». Peut-on espérer voir un jour les assassins arrêtés ? Pour l’avocat, « cela va dépendre bien sûr de la volonté politique malienne, de la capacité de la justice malienne à  mener ses actions efficacement, des capacités de la police malienne à  agir. Donc ça dépend d’un contexte politique compliqué, et en même temps on est totalement dépendant du Mali ». Côté français, les familles, qui se sont portées parties civiles, attendent toujours la saisine d’un juge promis par le parquet antiterroriste de Paris. « Le parquet de Paris nous avait annoncé qu’il avait l’intention de saisir un juge fin janvier ou début février, mais à  ce jour, à  ma connaissance, aucun juge d’instruction n’est encore désigné ».

Comment Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont croisé la mort à Kidal

Lorsque Claude Verlon et Ghislaine Dupont arrivent à  Bamako le vendredi 25 octobre, ils sont heureux à  l’idée de faire des sujets sur la réconciliation nationale dans le cadre de la grande opération spéciale que préparait RFI les 7 et 8 novembre à  Bamako.  » On a tellement bossé dessus, on voulait montrer que les populations du Nord Mali sont pour la paix et l’unité », confie leur collègue Christine Muratet lors de la cérémonie funèbre organisée avant le rapatriement de leurs corps à  Paris. Ghislaine Dupont et Claude Verlon n’en sont pas à  leur premier coup d’essai. Habitués de l’Afrique, des terrains sensibles comme le Congo Kinshasa d’o๠Ghislaine fut expulsée en 2006 ou encore la Côte d’Ivoire pendant la crise politique, ils ont souvent travaillé ensemble. Les deux reporters en étaient à  leur deuxième voyage au Mali, après l’élection présidentielle de Juillet o๠ils avaient couvert le vote à  Kidal. « J’ai voyagé avec eux, j’ai beaucoup discuté avec Ghislaine et Claude dans l’avion « , témoigne Ousmane Ndiaye, l’un des correspondants de TV5 Monde à  Bamako. Ce dernier reste très ému par leur mort et n’a pas souhaité en dire plus. Direction Kidal Sur place, Ghislaine Dupont et Claude Verlon entament rapidement les démarches pour se rendre à  Kidal le vite possible. Samedi 26 octobre, le lendemain de leur arrivée, on les verra au Parc National de Bamako, à  la journée des Nations Unies. Ils y étaient pour prendre contact et rencontrer la Minusma, et organiser leur voyage à  Kidal :  » Ils ont demandé à  ce que nous les transportions jusqu’ à  Kidal, confie cette chargée de l’information. Nous avons accepté et leur avons fait signé un document nous désengageant, car une fois à  Kidal, ils seraient responsables de leur propre sécurité. J’avais encore ces documents sur la table, samedi, lorsqu’on m’a appelé pour m’informer de leur enlèvement », poursuit-elle, émue. Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient-ils trop pressés d’arriver à  Kidal ? C’est l’avis d’un journaliste malien, qui les connaissait : » Lorsqu’elle arrive à  Bamako, Ghislaine Dupont prend du temps pour se reposer, voir des amis, mais cette fois, elle avait hâte d’aller au nord ». Confiante en la mission, elle avait depuis Paris, contacté des responsables du MNLA. Quelques jours plus tard, les deux reporters sont à  Kidal. Ils y sont à  l’aise et testent leur matériel devant foules et témoins, rencontrent les autorités et des responsables locaux. Sur place, la présence des deux français est vite repérée.  » S’ils se sentaient en confiance », confie en sourdine Mme Chekchik, l’épouse d’un membre influent de la communauté touareg, c’est que le MNLA a du leur dire, venez, nous contrôlons Kidal, et vous n’avez rien à  craindre. Et turbans sur la tête ou pas, à  Kidal, chacun sait qui est qui… ». Affirmation osée, mais qui va dans le sens de tous ceux qui accusent le groupe rebelle d’être complice de l’enlèvement des deux journalistes français. Du reste, qu’Ambéry Ag Ghissa déclare avoir été sommé de  » rentrer » au moment o๠les deux français sont enlevés, continue d’étonner. Et l’autre thèse qui évoque l’arrivée imprévue des deux reporters, chez Ambéry Ag Ghissa, est plus qu’improbable… Flou autour de l’enlèvement Comment Ghislaine Dupont sont -ils arrivés au domicile d’Ambéry Ag Ghissa sans escorte ? Comment ont-ils pu sortir de la maison du responsable du MNLA et se faire enlever sans qu’aucune intervention n’ait eu lieu. Ambéry Ag Ghissa, haut responsable politique du MNLA vit-il sans garde rapprochée ? Autant de zones d’ombres qui laissent penser que les deux français étaient suivis, épiés et attendus. Mais l’alerte sera vite donnée après leur enlèvement. « Une patrouille au sol et deux hélicoptères Serval, qui ont décollé de Tessalit, ont entrepris de prendre en chasse les ravisseurs », précise l’état major français. « Kidal est une petite ville et il n’y a pas mille et un chemins pour sortir de la ville.  » Lorsque les Français disent qu’ils n’ont pas établi de contact visuel, cela laisse place au doute », affirme un militaire de la Minusma en poste à  Bamako. Ghislaine Dupont et Claude Verlon, selon une première thèse, ont été tués par balle puis abandonnés à  quelques mètres du véhicule des ravisseurs à  12km au nord de Kidal. L’enquête avance, et la katibat, qui aurait organisé le coup étant identifiée comme celle d’Abdelkrim El Targui, réputé sanguinaire, laisse penser qu’ils « auraient été égorgés ». Sont-ils morts à  cause de la panne du véhicule ou parce que les ravisseurs s’estimant poursuivis , ont préféré les exécuter froidement ?  » C’est en général la technique d’AQMI et chaque fois qu’il y a une opération visant à  libérer les otages, et qu’elle tourne mal, AQMI exécute les otages », précise cet expert du Sahel. Victimes collatérales La mort de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon aurait-elle pu être évitée ? Les questions demeurent mais toujours d’après cet expert du Sahel, les ravisseurs auraient pu vouloir prendre les deux français comme monnaie d’échange. On sait désormais qu’Iyad Ag Ghali, l’ex chef d’Ancar Dine, a été un médiateur dans la libération des 4 otages d’AREVA. On l’accuse d’avoir fui avec l’intégralité du butin et Targui son cousin, chef de la katibat « El Ansar », d’avoir voulu prendre les deux français comme monnaie d’échange potentielles pour calmer les ardeurs de tous ceux qui ont été impliqués dans la libération des otages d’Areva. Leur mort résulterait alors du mécontentement de certains bandits qui n’auraient pas eu leur part du butin. En outre, un autre suspect, Bayes Ag Bakabo, serait impliqué dans l’enlèvement des deux journalistes puisque c’est son véhicule, une totoya pick up beige, dans laquelle des preuves auraient été retrouvées, qui aurait servi à  l’opération, puis été abandonné à  quelques kilomètres du corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.L’enquête elle se poursuit et plusieurs suspects ont été appréhendés. Mais qu’en est-il de l’interview que les deux journalistes ont réalisé avec Ambéry Ag Ghissa ? Que se sont-ils dit ? La direction de RFI a t-elle pu récupérer ces enregistrements ? De ces éléments, on ne sait rien pour le moment… Sauf que leur contenu pourrait apporter de nouveaux éclaircissements dans l’affaire…

Mali : ce qu’a tenté l’armée française après l’enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

Outre les deux hélicoptères de Tessalit, à  qui le quartier général de Gao a donné l’ordre d’annuler une mission prévue pour décoller en urgence, deux Rafale ont été déroutés d’une opération dans l’extrême nord du Mali pour tenter d’intercepter les ravisseurs. Hélicoptères et avions arrivèrent tous sur la zone sans avoir pu intervenir. C’est un convoi parti par la piste vers l’est, en direction de Tin-Essako, qui a découvert le véhicule des ravisseurs à  14 h 30, soit une heure après l’alerte donnée par un habitant de Kidal à  la force Serval. RAFALE, Hà‰LICOPTàˆRES ET PATROUILLE AU SOL Les Rafale sont arrivés sur ce point, à  12 km de la ville, en même temps que cette patrouille au sol, a expliqué le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état major de l’armée française. Selon lui, « en fouillant les approches », pour s’assurer que la zone n’était pas piégée, les militaires de la patrouille au sol découvrirent les corps sans vie des deux envoyés spéciaux « aux alentours de 14 h 50 ». Les hélicoptères sont arrivés eux quarante minutes plus tard, compte tenu des distances, près de 250 km, entre Tessalit et Kidal, o๠aucun appareil n’est stationné en permanence. « Une force capable de réorienter un avion de chasse configuré pour une mission donnée, ainsi que d’autres moyens, en cinquante minutes est une force très entraà®née », a justifié l’état-major en réponse à  des questions de la presse sur la réactivité de Serval. à‰VITEMENT ET ARMEMENT Aucune précision n’a été fournie sur la façon dont les ravisseurs ont pu ou non être pistés par la suite ; leur véhicule abandonné, ils ont pu être emmenés par un autre pick-up. « Des actions combinées de renseignement se poursuivent », a simplement ajouté le colonel Jaron. Douze hélicoptères de Serval sur seize – pour ce qui concerne les forces conventionnelles – étaient mobilisés ces jours derniers pour l’opération Hydre. Cette vaste opération de contrôle de zone a été menée du 20 octobre au 3 novembre avec 1 500 soldats français, maliens et onusiens. Elle n’a, officiellement, pas permis d’arrêter ou de neutraliser de chefs djihadistes. Dans la région de Gao, ces derniers n’ont pas cessé de s’armer, selon les sources militaires françaises, mais ils poursuivent leur stratégie d’évitement : « Nous avons eu confirmation de leur mode d’action. A l’approche des forces, l’adversaire tente d’échapper au combat. Et nous n’avons pas retrouvé d’armement significatif », a encore précisé le colonel Jaron. UNE IMPORTANTE PLATEFORME LOGISTIQUE NEUTRALISà‰E Des sources sur le terrain avaient cependant révélé au Monde que des caches d’armes « résiduelles » avaient été découvertes. L’état-major a annoncé jeudi qu’une plateforme logistique importante a été neutralisée près de Tombouctou. Organisée de façon militaire, « comme l’aurait fait l’armée française », elle comportait en plusieurs lieux du ravitaillement, des véhicules, et des moyens de soutien aux combattants. Entre juin et octobre, soit les cent vingt premiers jours de Serval II, les Français ont été en opération pendant quatre-vingt-dix jours au total. Trente tonnes d’armement et une tonne et demie de matières explosives ont été découvertes, ainsi que des ateliers de fabrication de bombes artisanales. Deux accrochages seulement se sont produits. Le premier le 14 septembre à  Bourem, o๠Serval a fait trois prisonniers, l’un étant mort de ses blessures. Le second à  Tombouctou le 1er octobre, au cours duquel les forces spéciales ont tué 10 djihadistes.

Journalistes tués à Kidal: une action plus crapuleuse que politique, estiment des experts

PARIS – Malgré la revendication d’Aqmi, qui assure avoir voulu « faire payer » la France, il est probable que des mobiles crapuleux, des rancoeurs et de complexes jeux d’alliances parmi les Touareg soient à  l’origine de la mort des journalistes de RFI enlevés à  Kidal, estiment des experts. Alors que l’enquête progresse et que l’homme soupçonné d’avoir planifié le kidnapping le 2 novembre de Ghislaine Dupont et Claude Verlon a été identifié, il apparaà®t que leur mort a été la conséquence d’une tentative de rapt ayant mal tourné et non d’une volonté d’exécuter des ressortissants français pour se venger de l’opération Serval, ajoutent-ils. « La justification politique qui a été donnée par Aqmi de leur assassinat est un maquillage », a confié à  l’AFP l’universitaire et islamologue Mathieu Guidère. « s’ils avaient voulu les tuer ils les auraient exécutés à  l’endroit o๠ils les ont pris. Pourquoi les enlever, faire dix kilomètres, laisser une voiture? Ils voulaient les kidnapper, leur mort est due à  un problème ». Les ravisseurs sont soit tombés en panne avec leur 4à—4 qui filait plein Est dans le désert, soit ont décidé de se débarrasser de leurs captifs de peur d’être rattrapés, estime pour sa part Isselmou Ould Moustapha, spécialiste des réseaux islamistes au Sahel, joint au téléphone à  Nouakchott. « Dès que les hélicoptères français ont décollé pour les pourchasser ils ont été prévenus par téléphone. Tout se sait très vite. Ils se sont certainement dit: C’’est fini, nous allons être pulvérisés dans les secondes qui viennent, sauvons nos vies. Et ils ont sans doute fui à  pied: ce sont de bons marcheurs, ils connaissent le désert, peuvent facilement trouver des grottes et des cachettes ». Dans une région qui bruisse de rumeurs à  la suite de la libération des quatre otages français d’Arlit, avec le chiffre de vingt millions d’euros cité comme rançon, certains pourraient avoir tenté, profitant de la présence de deux reporters français dans une ville que personne ne contrôle, de livrer deux otages supplémentaires à  la katiba (unité combattante) d’Abdelkrim Targui, un ancien lieutenant touareg d’Abou Zeid, dont les services de renseignements estiment qu’il détient toujours le Français Serge Lazarevic. Rancunes, jalousies, compétitions’ « Les noms des suspects et des personnes recherchées sont ceux de gens qui sont dans l’industrie des otages », précise Mathieu Guidère, auteur notamment de « Al Qaà¯da à  la conquête du Maghreb ». « Les chiffres qui circulent, en millions d’euros, suscitent des vocations. Il y a peut-être eu des promesses non tenues lors de la libération des otages d’Arlit. Dans ce milieu il y a souvent des rancunes, des jalousies, des compétitions ». Un notable de la région de Kidal, cité par Radio France Internationale, a assuré que deux des quatre membres du commando de ravisseurs, activement recherchés, « sont des bandits plus que des jihadistes purs et durs », notamment soupçonnés d’avoir fourni à  Aqmi des 4à—4 volés. Dans cette période troublée, qui a vu Aqmi et ses alliés islamistes touareg prendre le contrôle du Nord du Mali puis le perdre face à  l’offensive lancée par Paris, les changements de casaque, les revirements d’alliances et les allégeances à  géométrie variable sont fréquents dans la communauté touareg. Ainsi l’homme soupçonné d’avoir planifié l’enlèvement des journalistes de RFI, Bayes Ag Bakabo, « s’est recyclé un moment dans le MNLA » (Mouvement national de libération de l’Azawad) après avoir été proche d’Aqmi, a confié à  l’AFP une source militaire africaine à  Kidal. « Après l’intervention française, des combattants touareg d’Aqmi ont fait défection et sont passés au sein du Haut conseil de l’Azawad », ajoute Mathieu Guidère. « Tout cela est extrêmement complexe et fluctuant. Certains font des allers et retours. Il y a de nombreuses problématiques internes et locales. Pour tenter de comprendre, il faut toujours partir des grilles de lecture locales, tribales et claniques, intra-Touareg. Les liens familiaux sont primordiaux. Dans cette région du monde tout le monde se connaà®t, les liens sont très personnels ».

Un homme identifié dans l’enquête sur l’assassinat des deux journalistes français

Cet homme, un touareg, est le propriétaire de la voiture qui a servi à  l’enlèvement, selon une source sécuritaire malienne proche de l’enquête. « Nous avons informé la France de l’identification formelle du propriétaire du véhicule des ravisseurs. Il s’agit de Bayes Ag Bakabo, un Touareg », selon cette source. Bayes Ag Bakabo « est très fortement soupçonné d’avoir planifié les enlèvements pour le compte d’Aqmi (Al-Qaà¯da au Maghreb islamique) qu’il a fréquenté assidûment un moment », a précisé cette source malienne. Son complice, dont le nom n’a pas été communiqué, « est de la famille de Hama Lamine Sall, de nationalité mauritanienne, et dont la mère est Touareg ». « Nous sommes sur leur trace », a-t-elle ajouté. Selon cette source, Bayes Ag Bakabo appartient à  « la même tribu » qu’Ambéry Ag Rhissa, un responsable de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à  Kidal que les deux journalistes venaient juste d’interviewer et devant le domicile duquel ils ont été enlevés, avant d’être tués moins de deux heures plus tard à  une dizaine de kilomètres de la ville. Une source militaire africaine à  Kidal, également proche de l’enquête, a confirmé cette information en précisant que « Bayes Ag Bakabo s’est recyclé un moment dans le MNLA » après son engagement avec Aqmi. La source malienne a précisé que l’exécution de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à  Radio France Internationale (RFI), pourrait avoir été provoquée par « la panne » du véhicule des ravisseurs et leur crainte d’être traqués et rattrapés par l’armée française lancée à  leur recherche. Cette source a affirmé que les deux journalistes étaient initialement « très probablement » destinés à  être remis à  la katiba (unité combattante) d’Aqmi dirigée par Abdelkrim Targui, un ancien lieutenant touareg d’Abou Zeà¯d, un des chefs d’Aqmi tué en début d’année lors de l’offensive militaire tchadienne et française dans le massif des Ifoghas, dans la région de Kidal. Dans une déclaration mercredi à  l’agence de presse mauritanienne en ligne Sahara Medias, Aqmi a revendiqué l’assassinat de Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans. « Cette opération intervient en réponse aux crimes quotidiens commis par la France contre les Maliens et à  l’oeuvre des forces africaines et internationales contre les musulmans de l’Azawad », nom donné par les Touareg au nord du Mali, selon l’organisation. Hama Lamine Sall, de nationalité mauritanienne, et dont la mère est Touareg ». « Nous sommes sur leur trace », a-t-elle ajouté. Selon cette source, Bayes Ag Bakabo appartient à  « la même tribu » qu’Ambéry Ag Rhissa, un responsable de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à  Kidal que les deux journalistes venaient juste d’interviewer et devant le domicile duquel ils ont été enlevés, avant d’être tués moins de deux heures plus tard à  une dizaine de kilomètres de la ville. Une source militaire africaine à  Kidal, également proche de l’enquête, a confirmé cette information en précisant que « Bayes Ag Bakabo s’est recyclé un moment dans le MNLA » après son engagement avec Aqmi. La source malienne a précisé que l’exécution de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à  Radio France Internationale (RFI), pourrait avoir été provoquée par « la panne » du véhicule des ravisseurs et leur crainte d’être traqués et rattrapés par l’armée française lancée à  leur recherche. Cette source a affirmé que les deux journalistes étaient initialement « très probablement » destinés à  être remis à  la katiba (unité combattante) d’Aqmi dirigée par Abdelkrim Targui, un ancien lieutenant touareg d’Abou Zeà¯d, un des chefs d’Aqmi tué en début d’année lors de l’offensive militaire tchadienne et française dans le massif des Ifoghas, dans la région de Kidal. Dans une déclaration mercredi à  l’agence de presse mauritanienne en ligne Sahara Medias, Aqmi a revendiqué l’assassinat de Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans. « Cette opération intervient en réponse aux crimes quotidiens commis par la France contre les Maliens et à  l’oeuvre des forces africaines et internationales contre les musulmans de l’Azawad », nom donné par les Touareg au nord du Mali, selon l’organisation.

Crimes de Kidal : le pont du verlan

Ils sont venus au Mali pour juste informer. Ils en sont repartis sans vie. Ghislaine est devenue le PONT de deux mondes antagonistes. Claude confirme pour sa part que ces deux mondes parlent un VERLAN différent. Triste sort. Tragique sort que cette mort par balle de deux journalistes courageux et professionnels jusqu’au dernier soupir. Ils n’ont jamais voulu faire du journalisme au chéquier en se contentant d’interviewer des autorités confortablement installées dans les salons douillés de Bamako et prêtes à  pérorer sur ce qui se passe dans le septentrion malien. Ghislaine tissait sa laine pour verrouiller l’information recueillie à  la source. Claude l’épaulait pour refuser la fin décrétée de cette guerre lâche qui n’en est qu’à  son aube dans le nord du Mali. Ces écrits ne sont pas une ode pour Claude et Ghislaine. Non, ils tirent la sonnette d’alarme d’autant que rien ne justifie cette tuerie barbare. Un stylo, un micro et une caméra ne peuvent s’opposer à  un fusil. Les auteurs de ce double crime le savent mais que valent nos écrits et notre indignation devant ces criminels froids obnubilés par le fric et les fesses et agissant sous le coup de la foi ? Nos mots sont du Verlan pour ces criminels sinon ils auraient compris que Ghislaine constituait un Pont entre leurs revendications et la communauté internationale. Dommage, ils ne pouvaient pas comprendre, ils ne comprennent pas. Ils ne connaissent que le langage des armes et la politique du bas de ceinture. Un fait demeure : les confrères sont partis, nous perdons en eux deux professionnels chevronnés, deux êtres charmants et attachés à  un journalisme de qualité. Une exigence s’impose : tous doivent accepter que la crise malienne est loin de connaitre son épilogue, autrement dit les djihadistes ne lâcheront rien et utiliseront tous les interdits pour se faire entendre. Il faut oser le dire : la pacification du septentrion malien ne se fera pas sans la France et ses partenaires Onusiens obligés de ne plus ménager le MNLA et ses phalanges. La vérité est une pilule amère qui confrontée à  la réalité indexe une race couvée et des mouvements à  décapiter faute de quoi d’autres Ponts s’effondreront et des «Â Ver » plus longs seront déclamés pour pleurer d’autres Ghislaine et Claude dans cet enfer des caà¯ds connus de KIDAL. Que dalle ! Comme le dit si bien Patrick BRUEL «Â je casse ma plume » devant ces crimes infâmes le temps de voir la France prendre la main pour sauver un Mali qui n’a pas encore pris la pleine mesure de la détermination des tueurs du camp adverse. DIOP Makhtar

Aqmi revendique l’assassinat des deux journalistes de RFI au Mali

L’agence mauritanienne « Sahara Médias » affirme, mercredi 6 novembre, avoir reçu une revendication d’Al-Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi) pour le meurtre le week-end dernier des deux journalistes français de RFI au Mali. « Cette opération intervient en réponse aux crimes commis par la France contre les Maliens et à  l’oeuvre des forces africaines et internationales contre les musulmans de l’Azawad », nom donné par les Touareg au nord du Mali, indique le communiqué. Aqmi ajoute que le rapt et le meurtre des deux journalistes français « constitue le minimum de la facture que [le président français François] Hollande et son peuple doivent payer en contrepartie de leur nouvelle croisade ». De son côté, l’Elysée assure, dans un communiqué que la France mettra « tous ses propres moyens en oeuvre » pour que l’assassinat de deux journalistes français au Mali ne reste « pas impuni quels qu’en soient les auteurs » Abdallah Mohamedi, patron du site internet auquel des islamistes actifs au Mali transmettent régulièrement des communiqués, dit avoir reçu cette revendication dans un courriel adressé par des combattants obéissant à  Abdelkrim al Targui. Ce dernier est un Touareg qui était proche d’un des principaux chefs d’Aqmi au Mali, Abou Zeà¯d, tué en début d’année lors de l’offensive militaire tchadienne et française dans le massif des Ifoghas (extrême nord-est du Mali). Abdelkrim al Targui n’est pas un inconnu de la nébuleuse Aqmi et son nom est apparu dans l’affaire des otages d’Areva. « Le Nouvel Observateur » révélait en janvier 2011, qu’Abdelkrim al Targui, alors imam de Tombouctou, venait de donner naissance à  une phalange entièrement composée de Touaregs -une première. « Le Nouvel Observateur » expliquait aussi que c’était sans doute cette brigade qui avait enlevé les otages Français au Niger avant de les livrer à  Abou Zeà¯d. Mardi, « Le Monde » révélait, qu’au moins un des quatre ravisseurs présumés appartenait à  Aqmi, précisément à  la katiba d’Abdelkrim al Targui. Au moins 35 personnes ont été arrêtées depuis le début des investigations.

Hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Paris

Lors de cette cérémonie d’environ 90 minutes sur les antennes de Radio France Internationale (RFI) et sur rfi.fr, journalistes, personnalités politiques françaises et maliennes et amis ont rendu un dernier hommage aux deux journalistes. Pour Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, « Cet assassinat est un crime contre l’amitié entre l’Afrique et la France, dont RFI est un symbole ». Après avoir rassuré RFI et l’ensemble de la presse, il a encouragé les journalistes à  poursuivre leur travail. « Vous faites un travail formidable reconnu dans le monde entier, ce travail doit continuer et J’en suis sûr que ce qu’aurait voulu Jean et Claude » a t-il poursuivi. « Beaucoup de Maliens et beaucoup d’Africains ne connaissaient pas de visu Ghislaine et Claude mais je pense que leurs voix étaient très proches de nous » a déclaré, pour sa part, Jean-Marie Sangaré, ministre malien de la communication. Durant la cérémonie, le public a suivi des extraits de reportage réalisés par Ghislaine et Claude, des vidéos de souvenirs ainsi que des messages des auditeurs. Envoyés spéciaux de RFI au Mali, Ghislaine Dupont,57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, ont été assassinés à  Kidal le 2 novembre dernier.

Mali : progrès dans l’enquête sur l’assassinat des deux journalistes à Kidal

Moins d’une semaine après le meurtre de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de Radio France Internationale (RFI) à  Kidal, l’enquête pour retrouver leurs assassins semble en bonne voie. « Au moins 35 personnes ont été arrêtées depuis (le début des) investigations, nous mettons tout en œuvre pour faire avancer les enquêtes », a affirmé une source sécuritaire malienne. L’information a été confirmée par une source administrative de Kidal, qui a parlé de « quelques dizaines de personnes interpellées sur le territoire malien au cours des dernières 48 heures ». « C’est encourageant », a ajouté cette source à  Kidal, précisant que « dans la voiture abandonnée non loin du lieu du crime, de précieux numéros de téléphone ont été trouvés, ce qui est un détail important ». La source sécuritaire malienne a pour sa part affirmé que « les preuves s’accumulent ». « Nous avons plus que des indices, des sous-traitants (ceux qui enlèvent des otages pour le compte d’un groupe armé, NDLR) actuellement en prison pour une affaire d’enlèvement d’otages français en 2011, ont également permis de prendre de bonnes pistes dans l’enquête », a-t-elle ajouté. En novembre 2011, deux Français, Philippe Verdon, exécuté depuis, et Serge Lazarevic, toujours retenu, avaient été enlevés à  Hombori (nord) par des sous-traitants d’Al-Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi) dont certains ont été arrêtés à  Gao, la plus grande ville du nord du Mali, puis transférés à  Bamako. Des suspects connus des services de renseignement ? Le Mali et la France ont promis que tout serait fait pour retrouver les auteurs de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à  Radio France Internationale (RFI) tués peu après avoir été enlevés à  Kidal par un petit groupe d’hommes armés. Des policiers français sont arrivés lundi à  Bamako pour participer à  l’enquête sur ces assassinats. Selon le quotidien français Le Monde, qui cite mardi des sources malienne et française, « trois des quatre personnes ayant participé à  la prise d’otage (des deux journalistes) ont été identifiées ». « Elles ne figurent pas parmi celles arrêtées depuis dimanche. Selon une source locale à  Kidal, confirmée par une source gouvernementale française, la mise au jour des profils de ces trois membres du groupe de preneurs d’otage a notamment été rendue possible grâce à  un document découvert dans le véhicule trouvé à  proximité des cadavres des deux journalistes », ajoute Le Monde. Le journal précise que « cette pièce a permis d’identifier un premier individu déjà  fiché, en 2010, comme un membre d’Aqmi, et de remonter sur deux autres membres du commando. Il est vite apparu que ces trois personnes étaient connues des services de renseignement français en opération au nord du Mali ».

Incontrôlable Kidal…

C’est tout le contraire qui semble se profiler avec la récente levée des mandats d’arrêts contre des chefs rebelles, les accointances avec les maà®tres du nord qui prévalent dans le jeu du rapport de force entre Bamako et les représentants du Nord. Certains parlent même d’un modèle à  la « ATT » qui perdurerait et risquerait de saper définitivement l’autorité de l’Etat. Si les forces françaises et onusiennes sont sous représentées à  Kidal, l’armée malienne l’est encore plus. La question qui est sur toutes les lèvres est bien sûr celle du contrôle de Kidal o๠courent de nombreux groupes armés et mouvements touareg, d’obédience plus ou moins extrême. Si les uns optent pour le jeu politique, d’autres nouent des alliances contre nature avec AQMI, au risque de saper le dialogue entamé. Plus rien n’étonne du MNLA, qui équivaudrait pour beaucoup à  Ançar Dine ou à  AQMI, ou au MUJAO. Les cartes sont bel et bien brouillées. Kidal demeure donc l’inconnue, ce désert aride o๠seuls les hommes bleus savent se repérer et fuir. Fuir avec deux otages français, sur environ 12 km, même poursuivis, traqués jusqu’à  les tuer et les abandonner en plein sable. La capitale de l’Adrar des Ifoghas fait partie de ces villes sur liste rouge. Kidal, l’incomprise, reste encore sous le contrôle d’éléments armés, tandis que la Minusma, l’armée malienne et Serval y sont en sous effectifs. Et tentent de sécuriser le coin. Des rues poussiéreuses, un horizon incertain, des hommes enturbannés. Parmi lesquels il est difficile d’identifier qui est qui. Détail esthétique, mais qui a son importance, lors d’une prise d’otages rapide, et qui empêche de distinguer l’agresseur. Kidal, « C’’est la seule zone, o๠la souveraineté de l’à‰tat n’est pas effective. Les troupes de l’armée malienne ne patrouillent pas à  Kidal », confesse le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Soumeylou Boubèye Maà¯ga, au lendemain de l’assassinat tragique de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, qui y préparaient une opération spéciale RFI. Et ces derniers s’y sentaient en confiance, à  tel point qu’ils se sont rendus au domicile d’un membre du MNLA, sans peur et sans imaginer qu’ils puissent être des cibles potentielles. Kidal, ils la connaissaient, la percevaient d’une certaine façon. Erreur de jugement ? Observés ? Suivis ? Ils l’étaient certainement. Attendus, épiés, puisque dès qu’ils sont sortis du domicile d’Ambéry Ag Ghissa, ils ont été tout de suite cueillis et emmenés. Le reste est connu. Cibles de choix, cibles traquées, beaucoup pointent du doigt le MNLA. Qui sait si Ambéry Ag Ghissa ne les a pas vendu ?, affirment certains. Etaient-ils détenteurs d’une information pouvant mettre à  mal le MNLA ? O๠ont-ils été utilisés comme des martyrs par une mouvance terroriste, afin de toucher la France en plein C’œur. AQMI, on le sait mène une guerre sans merci à  la France depuis l’opération Serval. L’exécution rapide de Ghislaine Dupont et Claude Verlon sonne t-elle comme une nouvelle bataille engagée par les ennemis de la France, sur le sol malien ? Que les forces en présence n’aient pas pu intercepter le véhicule est une chose, mais que des otages soient pris dans cette vaste zone désertique n’est pas nouveau. Plus que jamais, la vigilance ne saurait être baissée même lorsque des otages ont été libérés. Une guerre sans merci oppose désormais la France aux puissances du mal dans le Sahel, celle médiatique contre celle de la terreur. Laquelle est la plus nocive ?

Ghislaine Dupont et Claude Verlon décorés à titre posthume

Cette cérémonie sobre d’un quart d’heure environ a été présidée par le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keita en présence des membres du gouvernement, de la direction de RFI, de l’ambassadeur de France au Mali. Dans le silence, les cercueils ont été posés sur des tréteaux en face des officiels. « Nous pleurons Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux amis du Mali, qui n’ont jamais donné un sens aux frontières, seulement mu par leur soif d’informer, leur envie d’apporter leur pierre dans l’édification d’un Mali démocratique et paisible. » a déclaré Jean-Marie Sangaré Ministre de la communication lors de son hommage. Pour le ministre, il est toujours difficile de sortir des mots lorsqu’on perd des êtres chers. « Ghislaine et Claude, soyez surs d’une chose : vous laissez un immense héritage dont le Mali saura tirer bénéfice et dont des générations de journalistes et techniciens prendront comme repère et répertoire. On peut éteindre un corps, mais on ne taiera jamais une voix, et surtout les voix de l’espoir. Le Mali vous sera éternellement reconnaissant » a t-il poursuivi. Le président IBK visiblement ému s’est approché des deux cercueils pour y déposer des médailles. Les deux sont faits chevaliers de l’Ordre national du mérite. La délégation de RFI avec à  sa tête Marie-Christine Saragosse, s’est recueillie à  son tour devant les dépouilles. Ceux qui n’ont pas pu se retenir ont éclaté en sanglots. C’était un moment d’intense émotion pour tout le monde. Les cercueils ont ensuite été amenés dans l’ambulance. Des réactions après la cérémonie… Marie-Christine Saragosse, PDG de France Médias Monde: Tiébilé Dramé , président du Parti pour la renaissance nationale (PARENA) : Christine Muratet, journaliste à  RFI:

Assassinat de journalistes: la presse dit « NON à la barbarie »

l’émotion était grande ce lundi après-midi dans les rues de Bamako. La mobilisation des journalistes et des artistes en hommage aux deux envoyés spéciaux de RFI à  Kidal (a rassemblé plusieurs dizaines de personnes. « Plus jamais ça », « le travail, le professionnalisme, le risque, c’était ça votre vie », « on veut la vérité ». Voilà  le message que la presse malienne a voulu faire passer à  travers la marche qu’elle a organisé ce lundi. La centaine de journalistes qui a défilé de la Maison de la Presse à  l’ambassade de France de Bamako était accompagnée par de plusieurs personnalités des mondes politique et artistique. Les journalistes internationaux présents sur le terrain ont eux aussi fait le déplacement. Les autres envoyés spéciaux et correspondants de RFI au Mali sont visiblement abattus par l’événement. Pour Serge Daniel, correspondant de RFI au Mali, « trois mots résument cette situation : tristesse, émotion et douleur. Je suis le dernier journaliste à  RFI à  les avoir vus avant leur départ pour Kidal. Ce qui est arrivé, C’’est de la méchanceté gratuite ». La presse malienne solidaire et déterminée A l’arrivée de la manifestation devant les portes de l’ambassade, Le Président de la Maison de la Presse, Makan Koné,a remercié les confrères pour la mobilisation avant de livrer son message. Pour la presse malienne, il est important que la lumière soit faite sur « le lâche assassinat » de nos confrères dont le professionalisme était reconnu de tous. « Ils ont privé le Mali d’amis sincères » déclarera un peu plus tard un anonyme dans la foule. Ils étaient en effet nombreux qui n’appartenaient pas à  la profession et qui sont pourtant venus rendre hommage à  la journaliste du service Afrique de RFI dont la voix était connue dans de nombreux foyers maliens. Selon des journalistes maliens, ce crime est perpétré pour dissuader les hommes de médias à  se rendre à  Kidal « même après ça nous allons partir à  Kidal, recueillir les informations et faire notre travail » explique Mohamed Aboubacar Konaté, journaliste à  la radio Kaà¯ra. « On a marché contre la barbarie, contre l’intolérance. Nous sommes là  pour la solidarité en hommage à  nos confrères» confie le Directeur de l’ORTM (office de radiodiffusion télévision du Mali) Baly Idrisa Sissoko. La directrice de France Médias Monde venue avec une délégation de RFI pour le rapatriement des deux corps s’est ensuite entretenue avec l’ambassadeur de France au Mali, venu accueillir les marcheurs.

Laurent Fabius :  » La sécurité va être accrue à Kidal »

Au lendemain de l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes de RFI, à  Kidal, le président Hollande a réuni pendant un heure le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius et celui de la Justice, Christiane Taubira ainsi que Bernard Bajolet, le patron de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), afin de commencer à  Â“établir précisément, en lien avec les autorités maliennes et les forces de l’ONU, les conditions” de ce drame. A l’issue de cette réunion, M. Fabius a déclaré que les responsables de l’assassinat des deux journalistes – qu’il a qualifié de “crime contre la liberté d’informer et d’être informé” – étaient “ceux que nous combattons, C’’est-à -dire les groupes terroristes qui refusent la démocratie et qui refusent les élections. Le ministre a précisé que les reporters avaient été tués avec une arme à  feu. “l’un a reçu deux balles,l’autre trois balles”, a-t-il indiqué. Par ailleurs, le chef du Quai d’Orsay a indiqué que “la sécurisation de l’ensemble de la zone et des zones voisines, va bien sûr être accrue”, en parlant de Kidal. Les autorités maliennes n’ont que peu – voire pas aucune – prise sur ce bastion historique de la rébellion touareg, tenu par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et o๠sont établis d’ancien djihadistes du groupe Ansar Dine ou encore des militants du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest Mujao). Il y a également des rivalités entre groupes touareg, basés parfois sur des origines tribales. Et C’’est sans compter sur le narcotrafic ou encore sur les tensions ethniques, notamment entre touareg et arabes. Libérée de l’emprise des groupes djihadistes à  la fin janvier par les forces françaises de l’opération Serval, la ville de Kidal a été plusieurs fois le théâtre d’attentats suicide et d’affrontements armés. Récemment, l’armée malienne y avait d’ailleurs été prise à  parti. Actuellement, 200 militaires français sont déployés à  l’aéroport de Kidal. Et la force Serval comptait, au 31 octobre, moins de 3.000 hommes, dont certains sont engagés dans l’opération Hydre, de part et d’autre de la boucle du Niger. Pour le moment, les détails de la décision visant à  accroà®tre la sécurité dans le secteur de Kidal ne sont pas connus. Alors que la MINUSMA, la mission des Nations unies au Mali, peine à  déployer les 12.500 hommes prévus, il est probable que les autorités françaises soient obligées de revoir le calendrier de retrait de la Force Serval, dont les effectifs, en principe, doivent être ramenés à  1.000 personnels à  la fin janvier 2014.

Mort de Ghislaine Dupont et Claude Verlon : la presse indignée

Amélie Niard, ex pigiste à  RFI « J’ai beau ne plus être à  RFI depuis plus d’un an, ça me touche et j’ai mal pour le Mali, aussi. Je ne connaissais Ghislaine que de vue mais Claude un peu plus, je l’aimais beaucoup. C’était un grand homme, et c’est horrible, en plus la manière dont cela s’est passé, tués comme des chiens au bord d’une route. C’est une infamie et encore une fois, je suis triste pour le Mali, qui va en souffrir malheureusement ». Birama Konara, Binthily Communication Je suis horrifié par ces assassinats cruels. Les disparitions tragiques de Ghislaine et de Claude constituent une perte irréparable. RFI est une famille. Les voix et les analyses de ses journalistes meublent notre quotidien. Mes condoléances vont donc aux collaborateurs de RFI, à  ses auditeurs et aux familles des deux victimes. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour le respect des libertés et la défense de la sacralité de la vie Tiégoum Maiga, La nouvelle République « Je ressens de la tristesse, de la colère. Ces deux journalistes sont morts pour leur passion, celle d’être au plus près des hommes et des faites. Le MNLA doit livrer les assassins de nos confrères ». Serge Daniel, correspondant de RFI à  Bamako « Tant que tous les groupes armés ne seront pas désarmés à  Kidal il y aura ces cas. On ne kidnappe pas à  Gao. Il existe une passerelle entre MNLA, Ançardine, AQMI, MUJAO, etc. Et c’est connu de tous ! » Reporters sans frontières « Nous condamnons avec la dernière énergie ce double assassinat qui montre malheureusement l’Etat de non droit qui règne encore dans le nord du Mali. Cet assassinat est non seulement un acte criminel mais un acte terroriste, destiné à  intimider les regards extérieurs ». Salif Sanogo, journaliste à  l’ORTM « La première fois que J’ai rencontré Ghislaine Dupont, C’’était un jour de juillet 1999. Je venais de finir mes études à  l’ESJ de Lille et je démarrais un stage de quelques mois à  RFI, à  Paris. Avec Chantal Lauraux et Carine Frenk, J’avais trouvé de grandes professionnelles qui ont bien veillé sur moi. Professionnellement, elle m’a beaucoup appris. Humainement, sa chaleur était indiscutable. Elle aimait bien rire ». Noel Tadegnon, Journaliste indépendant, Médiatogo.info Je suis sous le choc. Je n’ai pas dormi après l’annonce de leur mort. Je n’arrive pas à  imaginer qu’on puisse tirer sur des journalistes aux mains nues qui ne cherchent qu’à  informer les autres ». Nous journalistes sommes insultés, battus, menacés, kidnappés, assassinés, mais nous ne seront jamais découragés. Nous sommes encore forts et plus que déterminés à  informer le monde avec courage et professionnalisme.

Communiqué du Gouvernement suite à l’exécution des deux journalistes de RFI

Le gouvernement de la République du Mali a appris avec consternation et une très grande tristesse ce samedi 02 Novembre, l’enlèvement et l’exécution à  Kidal de deux journalistes travaillant pour Radio France internationale(RFI). Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté cet acte barbare et lâche. Le gouvernement prie pour le repos de l’âme de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Ces deux professionnels expérimentés et aguerris n’en étaient pas à  leur premier séjour au Mali, notamment dans la région de Kidal ou ils avaient couvert pour RFI les opérations de vote du premier tour de l’élection présidentielle en Juillet dernier. En cette douloureuse circonstance, le gouvernement adresse ses condoléances émues au gouvernement français et aux familles des personnes disparues. Il renouvelle enfin toute sa détermination ainsi que de celle de ses partenaires à  poursuivre la lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Fait à  Bamako,le 02 Novembre 2013 Le gouvernement

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués à Kidal

La nouvelle a été confirmée par le Quai d’Orsay. Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes français de RFI enlevés samedi 2 novembre à  Kidal, ont été tués. Leurs corps sans vie ont été retrouvés à  12 kilomètres du lieu du rapt, selon le préfet de Kidal et plusieurs sources touarègues. Ils avaient été enlevés dans l’après-midi devant le domicile d’Ambéry Ag Rissa, un représentant du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). « Ambéry Ag Rissa a entendu un bruit suspect dans la rue, des coups de crosse portés contre le véhicule de nos reporters. Il a alors entrouvert sa porte et a vu les ravisseurs embarquer nos deux journalistes dans un véhicule 4×4 beige », indique RFI sur son site Internet. Toujours selon ce témoin, les ravisseurs « étaient enturbannés et parlaient tamachek », la langue des Touareg. Ils ont ensuite « sommé M. Ag Rhissa de rentrer chez lui et ont forcé le chauffeur des journalistes à  se coucher à  terre ». Ce dernier a « entendu Claude Verlon et Ghislaine Dupont protester et résister. C’est la dernière fois que les journalistes ont été vus », selon RFI. Une malheureuse première C’est la stupeur dans le monde de la presse. C’est la première fois que des journalistes sont tués au Mali. Ousmane Ndiaye du Courrier Internationale a déclaré, sur TV5Monde, être « sous le choc ». Les autorités maliennes n’ont pas encore communiqué officiellement sur ce drame et on ne connait pas pour le moment les circonstances dans lesquelles il est survenu. C’était la deuxième mission des reporters de RFI dans cette ville. Ils s’étaient déjà  rendus à  Kidal au mois de juillet pour couvrir le premier tour de l’élection présidentielle. Ghislaine Dupont, journaliste expérimentée, est spécialiste de l’Afrique à  RFI depuis des années. Ils avaient quitté Bamako pour Kidal mardi, en vue d’émissions spéciales sur le Mali devant passer sur RFI les 7 et 8 novembre.

Ghislaine et Claude : le prix de la rançon ?

A l’annonce de la mort des deux journalistes français, enlevés ce samedi à  Kidal, c’est l’ensemble de la profession qui est sous le choc. D’abord les collègues des deux disparus, alors que la confirmation de leur mort n’avait pas été donnée par le Quai d’Orsay. « Je vous en prie, n’en parlez pas encore, nous sommes en train de mener les recherches… », a confié l’un des correspondants de RFI à  Bamako. Mais aux alentours de 14h heures de Bamako, la nouvelle de l’enlèvement avait déjà  fait le tour du web, des réseaux sociaux et des grands quotidiens français et maliens. Ce genre d’information ne peut rester caché, en attente de confirmation officielle. Cela n’enlève rien à  l’immense tristesse, à  l’annonce de la mort des deux reporters, pourtant aguerris par vingt ans de terrain en Afrique. Ghislaine Dupont, restera dans les mémoires de ces Maliens qu’elle a interviewés, et tout dernièrement lors de l’élection présidentielle de Juillet 2013 à  Kidal. « Je la revois encore dans la cour de notre immeuble en train d’interviewer notre directeur », se souvient avec émotion Doussou Djiré, journaliste à  l’Essor. De Ghislaine Dupont, l’on retiendra une grande simplicité, un goût du métier et du travail bien fait, comme le témoignera le gouverneur de Kidal, Adama Kamissoko, interrogé par la radio mondiale, en deuil : « C’étaient de gros travailleurs ». Avec son complice et compère Claude Verlon, ils ont vécu des aventures en Afrique, au Nord du Mali et ailleurs dans le monde. Sans peur, et sans hésitation, Ghislaine Dupont et Claude Verlon se sont lancés dans une nouvelle mission, à  Kidal, ville de tous les dangers, sans savoir que ce sera leur dernière aventure. Sur leur route, quelques jours après que les 4 otages français d’Areva aient été libérés, ils ont à  leur tour croisé celles et ceux qui sèment la terreur dans le vaste nord. « Pourquoi se sont-ils mis en danger ainsi, ce qui est arrivé ce samedi est déplorable », commente Abdoulaye Bathily, chef adjoint de la Minusma, en marge de la réunion sur le Sahel de l’Union Africaine. Dans les couloirs, la nouvelle a éteint les débats de cette 6è réunion, au moment o๠la Minusma réclame plus de moyens pour sécuriser Kidal et ses environs. Cet acte barbare a refroidi tout le monde. Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont-il payé le prix de la rançon que n’a pas versé la France pour libérer les otages d’Areva ? Si la corrélation est étroite, les terroristes qui ont exécuté les deux journalistes ont lancé un signal clair. Ils règnent encore en maà®tres dans le Sahel. Et nous, confrères de la presse, ne pouvons que nous associer aux proches des disparus et rendre hommage afin que leurs âmes reposent en paix, éternellement!

Ghislaine et Claude : le prix de la rançon…!

A l’annonce de la mort des deux journalistes français, enlevés ce samedi à  Kidal, c’est l’ensemble de la profession qui est sous le choc de cette disparition brutale. D’abord les collègues des deux disparus, alors que la confirmation de leur mort n’avait pas été donnée par le Quai d’Orsay. « Je vous en prie, n’en parlez pas encore, nous sommes entrain de mener les recherches… », a confié l’un des correspondants de RFI à  Bamako. Mais aux alentours de 14h heures de Bamako, la nouvelle avait déjà  fait le tour du web, des réseaux sociaux et des grands quotidiens français et maliens. Ce genre d’informations ne peut rester caché, en attente de confirmation officielle. Cela n’enlève rien à  l’immense tristesse, à  l’annonce de la mort des deux reporters, pourtant aguerris par vingt ans de terrain en Afrique. Ghislaine Dupont, restera dans les mémoires de ces maliens qu’elle a interviewé, et tout dernièrement lors de l’élection présidentielle de Juillet 2013. « Je la revois encore dans la cour de notre immeuble , entrain d’interviewer notre directeur », se souvient avec émotion Doussou Djiré, journaliste à  l’Essor. De Ghislaine Dupont, l’on retiendra une grande simplicité, un goût du métier et du travail bien fait, comme le dira le gouverneur de Kidal, Adama Kamissoko, interrogé par la radio mondiale, en deuil désormais  » C’étaient de gros travailleurs ». Avec son complice et compère Claude Verlon, ils ont vécu des aventures en Afrique, au Nord du Mali et ailleurs dans le monde. Sans peur, et sans hésitation, Ghislaine Dupont et Claude Verlon se sont lancés dans une nouvelle mission, à  Kidal, ville de tous les dangers, sans savoir que ce serait leur dernière aventure. Sur leur route, quelques jours après que les 4 otages français d’Areva aient été libérés, ils ont à  leur tout croisé la route de ceux qui sèment la terreur dans le vaste nord. « Pourquoi se sont-ils mis en danger ainsi, ce qui est arrivé ce samedi est déplorable », commente un diplomate de la Minusma, en marge de la réunion sur le Sahel de l’Union Africaine. Dans les couloirs, la nouvelle a éteint les débats de cette 6è réunion, au moment o๠la Minusma réclame plus de moyens pour sécuriser Kidal et ses environs. Cet acte barbare a refroidi tout le monde. Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont-il payé le prix de la rançon que n’a pas versé la France pour libérer les otages d’Areva ? Si la corrélation est étroite, les terroristes qui ont exécuté les deux journalistes ont lancé un signal clair. Ils règnent encore en maà®tres dans le Sahel. Et nous confrères de la presse, ne pouvons que nous associer aux proches des disparus et rendre hommage afin que leur âme repose en paix, éternellement.