Industrialisation : l’Afrique progresse selon la BAD

La Banque africaine de développement (BAD), en collaboration avec l’Union africaine et l’ONUDI, a publié le 24 novembre 2022, le premier rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique. Il a permis d’analyser le degré d’industrialisation dans 52 États du continent.

Selon la BAD, 37 pays africains ont vu leur niveau d’industrialisation progresser lors de la décennie passée. Au total, 19 indicateurs sur les performances manufacturières, le capital, la main d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique ont été observés. Sur les 10 dernières années, la tendance globale est à l’avancement de l’industrialisation.

Les notes de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA) et ses trois aspects (performance, déterminants directs et déterminants indirects) vont de 0 (pire) à 1 (meilleur) et permettent une comparaison dans le temps et entre pays.

Le rapport permettra aux gouvernements africains d’avoir des pays de référence pour évaluer leurs propres performances mais aussi pour identifier les meilleures pratiques.

L’Afrique du Sud, le Maroc et l’Égypte constituent le trio de tête. Ils sont suivis par la Tunisie, Maurice et Eswatini. Selon les responsables de la BAD, si l’Afrique a réalisé des progrès intéressants, ces efforts ont été remis en cause par la crise de Covid-19 et celle en Ukraine, mais le continent a l’occasion d’en profiter pour renforcer son intégration et conquérir son propre marché intérieur.

Secteur agro-industriel : Des financements à redynamiser

Le développement des filières agro-industrielles est essentiel à la construction d’un avenir durable pour le Mali, pays en développement. De l’amélioration des rendements et des opérations de collecte dans les exploitations agricoles jusqu’au transport et à la distribution des produits sur les marchés, en passant par les activités liées à la transformation et au stockage, le relèvement de ce défi implique d’importants investissements afin de développer toute la chaîne de valeurs. Mais, aujourd’hui encore, véritable frein à l’essor des entreprises agro-alimentaires, la question des financements est loin d’être réglée. Si des actions d’envergure ont été initiées par le gouvernement pour faire face à cette situation, le secteur bancaire s’active également pour apporter son appui aux projets agro-industriels.

Dans un pays essentiellement agricole, l’économie du Mali repose également sur un secteur industriel qui, bien que peu développé, contribue à créer une grande valeur ajoutée  et est pourvoyeur de milliers d’emplois. La transformation des produits issus de l’agriculture offre au pays un secteur agro-alimentaire qui bénéficie d’importantes potentialités.

Parmi celles-ci, on peut relever entre autres la disponibilité en ressources agricoles et forestières, l’expérience et le savoir-faire séculaires des populations en matière d’utilisation des produits agricoles, l’ancrage de certains produits transformés traditionnels dans les habitudes alimentaires et l’existence d’une forte demande potentielle en produits locaux transformés.

« Le climat malien est favorable à la production d’une gamme très variée de produits, dont les céréales, les fruits et légumes, le bétail, le poisson, les tubercules et racines, les graines protéo-oléagineuses et les plantes stimulantes », relève Mahalmoudou Touré, Directeur adjoint de la Direction nationale de l’industrie.

Appuis aux financements

Pour financer le secteur agro-industriel au Mali, les banques essaient d’accompagner les entreprises et les particuliers porteurs de projets rentables afin qu’ils puissent développer leurs unités de production.

Aussi, la Banque nationale de développement agricole (BNDA), principal pourvoyeur d’appui financier au secteur, et dans son rôle de banque de développement au sens large, accorde une importance particulière au financement du l’agro-industrie.

Elle a financé en 2018 ce secteur, inclus dans sa segmentation du rural, à hauteur de 53% de ses octrois totaux, qui se chiffraient à près de 460 milliards de francs CFA. La BNDA offre une large gamme de financements aux entreprises agro-industrielles, notamment les financements à court terme, qui constituent ceux des besoins en fonds de roulement, et les financements à moyen et long terme que sont les investissements.

« Les financements à court terme concernent essentiellement les achats de matières premières et de crédits de commercialisation. Ils se font sous forme de crédit direct, c’est-à-dire des avances sur stock ou sur marché, et d’engagement par signature, comme le crédit documentaire ou la lettre de garantie, tandis que le financement des investissements peut concerner l’implantation d’une nouvelle unité, l’accroissement de la capacité de production d’une unité déjà existante, l’achat d’équipements de remplacement ou encore celui de matériels roulants, en l’occurrence les camions ou véhicules de livraison, entre autres », explique Hamadoun Ousmane Bocoum, Directeur des grandes entreprises et des institutionnels à la BNDA.

Pour lui, même si un constat général de difficulté d’accès à ces financements pour certaines entreprises se dégage, il faut le relativiser, parce que c’est la résultante d’autres facteurs, tels que la mauvaise structuration ou organisation, la concurrence déloyale et le coût moyen de production, élevé. Néanmoins, la banque s’efforce d’appuyer dans la mesure du possible un grand nombre d’entreprises.

« Nos conditions de financements sont assez souples et nous permettent même d’accompagner quelques très petites unités agro-industrielles dans l’huilerie et l’aliment bétail, qui sont plus ou moins dans l’informel. En plus, nous jouons un rôle de conseil financier pour permettre à certaines d’entre elles de s’organiser, de se formaliser, d’améliorer leur structure financière et, in fine, d’avoir des projets bancables », souligne M. Bocoum.

Contraintes diverses

Bien que de nombreuses initiatives existent au niveau des banques pour le financement du secteur agro-industriel au Mali et que l’État ait créé les conditions pour l’accroissement de ces financements, des contraintes de taille subsistent encore. Elles sont principalement de trois ordres, selon Hamadoun Ousmane Bocoum. « Le problème de compétitivité par rapport aux produits importés, le problème de fiabilité des informations financières fournies et le caractère informel d’une très grande majorité de ces entreprises ».

Par ailleurs, la non rentabilité de la plupart des projets freine également leur accès aux financements de la part des banques. « Nous analysons les projets. Nous regardons surtout le business plan, la rentabilité. Parce que souvent c’est là que se situe le problème. Les porteurs ont des idées, mais elles ne sont pas rentables. Quand vous développez un projet qui ne convainc pas la banque sur son aspect rentabilité, elle ne pourra pas apporter de financement », confie une source interne à Orabank Mali.

Les difficultés d’accès aux zones de production, à des fournitures locales de qualité, ainsi que l’absence d’infrastructures d’appui opérationnelles constituent également un grand frein au plein essor du secteur agro-industriel dans le pays.

Mais, comme pour rappeler que malgré l’existence de difficultés d’accès aux financements, avec l’autofinancement et la volonté inébranlable de chaque porteur de projet, les initiatives dans le secteur agro-alimentaire peuvent aboutir sur de très grands résultats. La société Amina Konaté, créée en 2008 avec des moyens financiers très limités, avec ses produits de la marque Bara Mousso, se positionne aujourd’hui comme l’une des plus grandes réussites industrielles du Mali.

« J’ai commencé avec un fonds de démarrage de 120 000 francs CFA que l’une de mes sœurs m’avait octroyé. Deux ans après, j’ai créé Bara Mousso avec 800 000 francs CFA, en me débrouillant et avec la confiance des fournisseurs. Aujourd’hui, par la grâce de Dieu, notre chiffre d’affaire va de 8 à 18 milliard de francs CFA », témoigne Boureima Doumbia, fondateur de la société Aminata Konaté et créateur de la marque Bara Mousso.

« Il n’y a pas de petit fonds. L’essentiel est de croire en ce que l’on fait pour atteindre les objectifs fixés, même si  vous commencez avec 10 000 francs CFA », conseille celui dont la quinzaine de variétés de produits sur le marché est très prisée par les ménages au Mali et même dans la sous-région.

Mesures incitatives

En vue de promouvoir le secteur agro-industriel et de faciliter l’accès aux financements des projets, le gouvernement du Mali a engagé une série d’actions d’appui au secteur sur le long terme.

Parmi elles, la relecture et l’adoption du Code des investissements, en vue d’instaurer un régime douanier et fiscal plus incitatif et d’offrir des garanties supplémentaires aux investisseurs, ainsi que le renforcement des moyens opérationnels du Guichet unique, notamment à travers l’informatisation des opérations d’enregistrement et la réduction des délais de formalités de création d’entreprises et de traitement administratif des dossiers.

Ensuite, l’adoption de textes législatifs et réglementaires portant sur l’aménagement et la gestion des zones industrielles, en vue de permettre aux investisseurs d’accéder à des parcelles à usage industriel viabilisées au moindre coût, l’élaboration et l’adoption d’un plan d’actions pour l’amélioration du climat des affaires, de même que l’opérationnalisation de l’Agence pour la promotion des investissements au Mali (API-Mali) et le renforcement du Fonds de développement économique (FDE) .

Enfin, l’adoption d’une Loi d’orientation du secteur privé, la création de l’Agence pour la promotion des exportations (APEX) et la mise en place d’un Fonds national d’investissement et d’un Fonds de garantie.

Toutefois, bien qu’on ne puisse parler d’un sous-financement du secteur agro-industriel au Mali, le nombre total des industries dans le pays, d’une façon générale, reste très faible comparé à celui des pays voisins. Un peu plus de 900 unités, selon les chiffres de la Direction nationale des industries, contre  plus de 4 000 au Sénégal et plus de  6 000 en Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, il parait aujourd’hui plus que jamais nécessaire que l’État consolide la dynamique déjà enclenchée de mesures favorisant l’épanouissement du secteur agro- industriel. « Les banques ne resteront certainement pas en marge d’une telle initiative de développement du tissu industriel de notre pays », conclut M. Bocoum. 

Cyril Achcar : « Les produits agricoles sans transformation industrielle ne rapportent rien »

L’organisation patronale des industriels (OPI) a présenté le 1er novembre dernier le tome 2 du livre blanc de l’industrie. L’occasion également de faire le point sur la célébration de la journée de l’industrialisation de l’Afrique les 19 et 20 novembre prochains.

En prélude de la JIA, l’OPI, par la voix de son président, Cyril Achcar, a présenté le tome 2 du livre blanc de l’industrie pour la période 2016-2019.L’OPI veut amener pendant cette période l’industrie malienne à un niveau normal, ce qui veut dire porter sa contribution au PIB à un taux compris entre 10 et 20%. Ce qui devrait contribuer à améliorer le niveau de vie de la population. « On dit que le Mali est le premier pays importateur d’Afrique de l’Ouest et certains se réjouissent, ça n’est rien de positif» a-t-il déclaré. Le Mali, pourrait figurer parmi les nations africaines les plus développées par la redynamisation de son industrie, à l’instar du Sénégal, ou de la Cote d’Ivoire. Mais le chemin est encore long, en comparaison, les pays suscités possèdent respectivement 4000 et 6000 entreprises quand le Mali n’en a « que » 800. Pour pallier cette insuffisance, M. Achcar demande à l’Etat un appui financier conséquent  en faveur du secteur. A ce jour, les industriels maliens bénéficient d’une enveloppe de 700 millions de FCFA du ministère de tutelle. « A quoi bon donner près de 47 milliards pour l’agriculture, si c’est pour nous donner un budget famélique. Les produits agricoles sans transformation industrielle ne rapportent rien » s’insurge le premier responsable de l’OPI. Il demande également à l’Etat de faire des efforts pour les industries produisant au Mali en réduisant la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) ou encore la suppression du TAF (taxe sur les affaires foncières). Avant de conclure par une attaque à peine voilée contre l’UEMOA en déclarant qu’ « avant l’entrée du Mali dans l’espace, il faisait 10% et après son entrée il fait maintenant 5%».

Un salon pour marquer la JIA 2016

Jamila Benbaba, présidente de la commission d’organisation de la Journée de l’Industrialisation de l’Afrique, a dévoilé le programme dont les activités se dérouleront au parc des expositions de Bamako. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keita. Il y aura une exposition des produits Made in Mali, des démonstrations sur le processus de l’industrialisation et plusieurs autres activités sur les deux jours qui composeront l’évènement. Une centaine d’exposants seront présents (industriels, banques, assureurs…) pour offrir aux milliers de visiteurs attendus un espace d’échanges et de plaidoyer.

 

Boubacar Sidiki Haidara

Cyril ACHCAR : « La rigueur et l’optimisme servent à diriger de grandes industries »

La quarantaine, Cyril Achcar, petit-fils d’à‰mile Achcar, un immigré d’origine libanaise qui s’installa au Mali dans les années 30, dirige le groupe agroalimentaire Achcar Moulins et industries (AMI), constitué de trois grandes sociétés, les Grandes confiseries du Mali (GCM), les Grands moulins du Mali (GMM), et la Société des eaux minérales du Mali. Le groupe a aussi créé les SARL Gam Transit, Bagami, qui inclue une école de boulangerie, et l’unité de culture de blé et de maà¯s à  Tindirma, à  quelques kilomètres de Tombouctou. Exigeant, optimiste, Cyril Achcar décrypte un secteur qu’il connaà®t bien. Président de l’Organisation patronale de l’industrie du Mali (OPI) depuis 2012, il prépare la 4ème édition de la journée de l’industrialisation de l’Afrique, prévue le 28 novembre. Avec un regard lucide sur son secteur, il souligne les mesures proposées par le Livre blanc de l’industrie, et annonce aussi une huilerie pour 2016. Journal du Mali l’Hebdo : Vous êtes le Président de l’Organisation patronale des industriels (OPI) et le Directeur général du GIE AMI (Achcar Moulins Industries), le plus ancien groupe industriel au Mali. Quel est le secret de cette réussite ? Cyril Achcar : Je ne vais pas m’attribuer seul ce succès, car notre GIE (Groupement d’intérêt économique) est, il faut le rappeler, le fruit d’un travail collectif. Je pense que deux qualités sont nécessaires, la rigueur et la faculté de toujours positiver pour mener à  bien une industrie comme la nôtre. Parlez-nous de l’histoire de votre entreprise familiale ? Mon grand-père, à‰mile Achcar, un immigré libanais, a pris un bateau de Beyrouth au Liban pour fuir l’empire ottoman à  l’époque. C’’était un ingénieur BTP. Arrivé au Sénégal, il a travaillé comme trader d’arachide, de sel et d’autres marchandises qu’il achetait au Mali. Avec le lancement du Dakar-Niger, il a émigré en 1935 au Mali et s’est très vite intégré à  ce pays. Il parlait plusieurs langues et a travaillé à  la création du RDA, tout comme il a géré la première société industrielle cédée par les anciens colons. Il s’agit du complexe de Magnambougou, qui faisait de la briqueterie, des glaces, des limonades, etc. C’’était l’une des premières usines privatisées à  l’époque. C’’était en 1950, dix ans avant l’indépendance. Votre grand-père, à‰mile Achcar, a œuvré dans les années 50 dans un contexte différent du vôtre. Quel regard portez-vous sur le secteur industriel du Mali moderne ? Je vais faire un bref passage historique. Nous avons choisi le socialisme à  l’indépendance. En 1962, le complexe de Magnambougou que dirigeait mon grand-père a été nationalisé, sur un modèle de développement industriel géré par l’à‰tat. Tout ce secteur était dévolu à  l’à‰tat, sous influence soviétique. Mais très vite, on a corrigé le tir et ensuite, le Mali a réussi à  créer une bonne vingtaine d’unités industrielles, dont quelques unes subsistent aujourd’hui : la CMDT, l’UMPP, o๠l’on produit encore de la bétadine et de la nivaquine. Dans les années 80, le Mali va s’ouvrir à  l’économie de marché et les problèmes d’ajustements structurels vont nous faire du tort, puisqu’on a dit aux fonctionnaires et de façon brutale, l’industrie, C’’est pas votre affaire, C’’est l’affaire du privé ! Cela a poussé la fonction publique à  repousser l’industrie et contrairement à  des pays comme le Ghana ou la Côte d’Ivoire, qui possède 8 000 unités industrielles, le Sénégal (environ 4 000 unités), le Mali se retrouve avec à  peine 500 unités, dont l’informel. Quant au formel, il compte à  peu près 80 unités. Il faut aussi signaler le PIB qui tourne autour de 4 à  5% pour le sous secteur de la manufacture, contrairement à  la moyenne UEMOA qui caracole à  11%, avec 18 % pour la Côte d’Ivoire et 14% pour le Sénégal. Cet état de fait a-t-il changé ou est-il entrain de changer ? Depuis 2012, il y a une prise de conscience à  ce niveau. l’ancien Premier ministre Moussa Mara a cité le livre blanc de l’industrie dans son discours de politique générale. l’ancien ministre de l’Industrie, Moustapha Ben Barka, a décidé de créer une commission ad hoc pour mettre en œuvre les mesures du livre blanc, et l’actuel ministre de l’Industrie et du Commerce, Abdoul Karim Konaté, a poursuivit ce travail à  travers un atelier en octobre pour valider 6 études structurelles qui vont couvrir 8 points parmi les 23 mesures proposées dans le livre blanc. l’accompagnement de l’à‰tat est là , et ça, C’’est plutôt positif. Aujourd’hui, que requiert une industrie pour prospérer ? Est industriel celui qui décide de transformer, de faire un investissement productif et non spéculatif. Celui qui accepte de prendre des risques, puisqu’une industrie contrairement au commerce, prend du temps. Les deux premières années, vous construisez votre usine, ensuite vous formez le personnel, cherchez les canaux de distribution ainsi que les soutiens financiers et médiatiques pour faire connaà®tre le produit. Un business plan d‘industrie suppose que vous ne gagnerez pas d’argent lors des trois premières années. Quant on fait de l’industrie, on s’inscrit dans des parcours sur 20, 30, 40 et 50 ans… Comment rattraper le retard accusé par le Mali ? Il faut rappeler les avantages inouà¯s de ce pays : sa continentalité, et ses terres vastes, son ensoleillement et ses deux fleuves. Il s’agit de généralités, mais avec une autre vision et une autre approche, elles peuvent nous donner un avantage compétitif et qualitatif. Il nous faudra également transformer ce fort taux de natalité au Mali, à  l’instar de la Chine, pour en faire une destination industrielle avec des ressources humaines compétitives. Je prends l’exemple du coton, le Mali peut être ce pays, o๠demain, on viendra faire des t-shirts… Je voudrais aussi mentionner le cadre macro-économique. Le Livre blanc entend faire en sorte que ce secteur soit aussi rentable que l’immobilier, par exemple. Pourquoi cette large majorité «de bourgeois », qui a de l’argent, n’investit pas ? Ils préfèrent construire des immeubles, faire du commerce. Or, l’industrie C’’est risqué, C’’est du long terme. Voyez-vous une usine malienne qui exporte des produits de qualité dans la sous-région, à  commencer par la nôtre ? Non. Les produits maliens ne s’exportent pas du fait des coûts de production, de l’enclavement, etc. Il faut donc rendre le secteur manufacturier rentable, selon le canevas décliné dans le Livre blanc. Deuxièmement, la gouvernance joue un rôle essentiel. Quel est le rang du ministre de l’Industrie ? Le jour o๠ce ministre sera numéro 2 du gouvernement, vous comprendrez que les choses ont commencé à  changer. Ensuite, quand on commencera à  décorer des gens pour le nombre d’emplois créés, ou le niveau d’investissements réalisés au Mali, on aura également envoyé un autre signal. La gouvernance peut faire énormément de progrès. Qu’avez-vous réalisé de positif depuis que vous avez pris la tête de l’OPI en 2012 ? Ce syndicat regroupe les 80 industries du Mali et a été crée en 1975. Il a un bureau de 20 membres avec un mandat de 3 ans et J’ai eu la chance d’avoir été élu par mes pairs, même si mon mandat touche à  sa fin cette année. Notre point fort a été de proposer ces 21 solutions, tirées de notre expérience personnelle d’industriels et que nos pères et grands-pères ont vécu. Nous disons, prenez en charge ces mesures et vous verrez que le secteur se portera mieux. Un président américain disait qu’un pays riche est celui qui consomme d’abord sa production avant d’importer le reste. Et les filières porteuses ? Elles ont toutes leur importance. Sur la base d’archives du gouvernement, nous avons élaboré une liste de 23 filières à  fort potentiel,. C’’est un travail qui avait déjà  été fait par l’USAID et la Banque mondiale en 2001, afin de savoir dans quels domaines industriels le Mali pourrait exceller. Avec ces 23 filières porteuses, le Mali a une chance de se positionner à  l’export et d’être hautement compétitif. Je pense à  la mangue, au karité, à  la gomme arabique etc. Par ailleurs, pourquoi est-ce qu’on ne produit rien à  base de lait malien, alors que l’on possède le premier cheptel d’Afrique de l’ouest ? Les produits maliens souffrent justement de la concurrence déloyale dans l’UEMOA, pourquoi ? On couvre cela dans deux études stratégique du Livre blanc. Des textes communautaires qui permettent de limiter la concurrence déloyale (clauses de sureté pour protéger les filières) existent, mais il est regrettable qu’on ne les applique pas au Mali. Or, il existe des garanties qui entraineraient des cautions pour certains produits et qui viendraient enrichir le trésor malien, pour résumer. Et cela, d’autre part, permettrait des contrôles plus accrus sur les produits. Il y a par exemple cette huile Dinor, dite « made in Abidjan », alors qu’en réalité, elle arrive de Malaisie et est conditionnée au port d’Abidjan. On a juste changé l’emballage. Ce produit rentre donc sur le marché malien sans droits de douane. C’’est de la fraude intellectuelle. La libre circulation des biens et produits dans l’UEMOA C’’est bien, mais à  condition que l’on ait des économies de taille égale et une bonne application des textes communautaires. Sinon, comment voulez-vous boxer contre la Côte d’Ivoire ou le Sénégal ? Il faudrait des barrières tarifaires et des subventions pour les économies les plus faibles. Vous avez aussi évoqué un Observatoire malien de l’Industrie pour surveiller le secteur ? Oui C’’est une idée du Livre blanc. Son objectif serait d’établir des statistiques au Mali, dans un pays qui en manque cruellement. l’idée serait de le faire porter par un PPPP, un partenariat-public-privé-PTF, o๠les administrateurs de cet institut de sondage comporterait un tiers d’agents de l’à‰tat, un tiers de privés et un tiers de PTF, ce qui garantie la neutralité. Parlons de la 4è édition de la Journée de l’industrialisation de l’Afrique. Sera-t-elle maintenue malgré le contexte ? La Journée de l’industrialisation de l’Afrique n’a pas été annulée pour le moment, donc elle est maintenue. Cela me fait de la peine de l’organiser dans le contexte actuel, mais le Président de la République a confirmé son parrainage, et nous espérons qu’elle sera une réussite. Le dernier attentat à  Bamako va t-il ralentir l’économie, alors qu’une embellie se dessinait ? Cet attentat est d’autant plus dommageable que depuis la signature de l’accord de paix et la conférence de l’OCDE, le pays avait le vent en poupe et beaucoup de projets étaient en voie. Il y avait une dynamique et tous les pays amis, les investisseurs nationaux se donnaient la main pour investir au Mali. Cela va mettre un coup de frein, et il faut donner une réponse sécuritaire ferme et exigeante. J’ai moi-même convoqué mes collaborateurs pour leur demander de me faire une proposition afin de relever tous les niveaux de sécurité (le groupe avait été victime de pillages en 2012 lors du coup d’à‰tat). Restons optimistes, mais accentuons la sécurité !

TOGUNA-Agro Industries, un groupe en pleine ascencion

Du 20 au 22 avril dernier s’est tenu ici à  Bamako le programme régional pour la protection intégrée du cotonnier en Afrique (PR PICA). Composé de six à‰tats ( Mali, Senegal, Burkina Faso, Togo, Bénin et de la Côte d’Ivoire) avec des chercheurs des pays membres de CAMES et de l’UEMOA connus au plan international, ce programme entendait choisir une entreprise pour la fabrication quatre nouvelles formules d’engrais coton pour les deux prochaines années. TOGUNA-Agro Industries a été retenue pour remplir cette mission. Créée en 1992 pour l’importation d’intrants agricoles, TOGUNA- Agro Industries dont l’ambition est « d’aider la terre à  nourrir les hommes » a évolué depuis plusieurs années dans le sens de la transparence et le sens de la responsabilité sociétale, a confié Seydou NANTOUMà‰, PDG de ladite entreprise. C’est dans le souci de mieux faire découvrir cette entreprise malienne que le groupe TOGUNA a organisé ce mardi 28 avril 2015 une journée porte ouverte. Une visite guidée des installations actuelles du groupe et du site de l’aéronef en construction sur une parcelle de 35 hectares ont permis de comprendre les ambitions hautement symboliques du groupe TOGUNA. Connue en tant qu’une des plus grandes entreprises maliennes, spécialisée dans la production et la commercialisation de l’engrais, le groupe TOGUNA ambitionne d’abord l’autonomie en son sein et améliorer la qualité de ses productions. Disposant d’un laboratoire et de système GPS et GPRS installés sur ses véhicules, le groupe TOGUNA s’attelle à  compter parmi les entreprises les plus professionnelles du pays. « On veut prouver que nous pouvons mieux faire pour notre pays, le Mali » a souligné Seydou NANTOUMà‰. Le groupe procédera bientôt au lancement officiel de la première unité de granulation de phosphate de Tilemsi au Mali en juin 2015. Elle produira jusqu’à  40 tonnes par heure et permettra la création de 150 nouveaux emplois directs.

Le Mali invité du China Mining forum à Tianjin

Organisé conjointement par le Ministère du Territoire et des Ressources de RPC (République Populaire de Chine), le Gouvernement populaire municipal de Tianjin et l’Association minière de Chine, le CHINA MINING est la rencontre de plus haut niveau organisée par l’industrie minière du gouvernement chinois. Elle couvre toute la chaà®ne de l’industrie minière, y compris la prospection géologique, l’exploration et le développement, le commerce des droits miniers, l’investissement minier et le financement, la fusion et la transformation, la technologie et l’équipement, les services miniers etc. Il fournit non seulement une plate-forme pour l’exploration, le développement et le commerce miniers, mais aussi un pont de communication pour les sociétés minières nationales et internationales et les organismes connexes.Pendant 16 éditions, le Mali est à  sa première participation. Il faut rappeler que cette participation intervient un mois après la visite du président de la République, SEM Ibrahim Boubacar Keà¯ta, à  l’occasion du Forum Economique Mondial tenu du 10 au 12 septembre 2014 à  Tianjin, en Chine. En marge de ce Forum, le Président IBK qui était accompagné par certains ministres dont le Ministre des Mines, Dr Boubou CISSE, a également rencontré plusieurs Consortiums d’entreprises chinoises pour booster le chantier du renouveau et de la renaissance du Mali. En septembre dernier, toujours, en marge du forum économique mondial, le Ministre des Mines, Dr Boubou CISSE, avait entrepris plusieurs contacts pour attirer les investisseurs chinois à  venir au Mali. Ces rencontres ont abouti à  la signature d’un mémorandum d’entente signé le 15 septembre 2014 entre le Ministre des Mines et son homologue chinois du Territoire et des ressources. Ce mémorandum d’entente sur le secteur minier porte entre autres sur : à˜ Le renforcement des échanges d’informations géo scientifiques et la réalisation des cartes géologiques, géophysiques et géochimiques ; à˜ La réalisation de programmes de recherche géologique à  but scientifique et promotionnel en Chine et au Mali ; à˜ Echange d’expertise dans les domaines de la géologie et de la géostatistique ; à˜ La formation des cadres des organismes chargés du secteur minier ; à˜ La promotion des investissements et de l’exploitation commerciale ; à˜ Et autres domaines de coopération qui intéresseraient les deux parties. Du côté chinois, une délégation d’investisseurs chinois spécialisés dans les secteurs des mines et de l’hydraulique, s’est rendue au Mali le 13 octobre 2014 pour discuter avec le ministre CISSE des modalités du partenariat et surtout de mise en œuvre du mémorandum d’entente signé le 15 septembre 2014. A l’issue de cette rencontre, le ministre des mines a réitéré l’appui total de son département et du Président de la république pour faire en sorte que les investisseurs chinois se sentent bien au Mali dans un cadre sécurisé le tout sous tendu par une dynamique gagnant /gagnant. En terrain déjà  connu, dès son arrivée en Chine pour le « China Mining » Forum, l’agenda du ministre des Mines a été dominé par des rencontres avec des dirigeants de haut niveau d’entreprises chinoises leaders, notamment, CGCOC. Ces échanges fructueux aboutiront à  la signature le 23 octobre d’un contrat de partenariat relatif à  la Construction et l’équipement d’un nouveau laboratoire national moderne et d’un accord cadre relatif à  la coopération dans le secteur des mines. Demain mercredi, le ministre interviendra au forum des ministres des mines pour parler de la nouvelle vision minière, des opportunités dans le secteur des mines et du pétrole. Le Mali, faut- il, le rappeler est l’un des rares pays africains à  être présent et le seul qui a son propre stand lors de ce forum. Nous y reviendrons.

Le Groupe AMI aujourd’hui

Il est discret mais talentueux. Président de l’Organisation Patronale des industriels du Mali(OPI), et l’héritier du groupe Achcar Mali Industries, Cyril Achcar, le petit fils d’Emile Achcar, fondateur du groupe AMI est un homme d’affaires avisé qui se projette dans l’avenir. C’’est au bas de l’échelle qu’il a commencé, en gérant les entrepôts Achcar avant de gagner la confiance de ses aà®nés sur ses capacités managériales, pour prendre la direction du groupe. Nous l’avons rencontré pour faire le point sur les défis et les perspectives pour les années à  venir au sein d’Achcar Mali Industries. Journaldumali.com : Achcar Mali Industries a plus de 50 ans aujourd’hui. Quel est l’historique du groupe? Cyril Achcar : Le groupe AMI qui veut dire Achcar Mali Industries, fut d’abord constitué par une première société privée, qu’était la confiserie, créee par mon grand père Emile Achcar en 1950 et qui est devenue la GCM SA en 1965. Ensuite mon père et ses frères et sœurs, ont transformé l’entreprise en SARL puis en SA en 1994. Mon père, qui a fait ses études à  l’étranger, est rentré au Mali en 1964 avec un diplôme d’HEC en poche. Il aussitôt pris la suite du grand père et dynamisé l’industrialisation du groupe ces cinquante dernières années. Aujourd’hui, je suis l’administrateur et directeur général du groupe AMI, depuis 2006 et mon père et mon oncle président le conseil d’administration. Comment s’est passée l’évolution du groupe AMI vers l’industrie ? Depuis, 1950, nous avons opté pour l’industrialisation progressive et l’importation de produits finis et à  travers une structure appelée RIDAL SARL qui a fermé en 2003. Aujourd’hui, nous nous consacrons aussi à  l’agro-industrie avec la CMDB. Le négoce représente 1% du CA. Quel est le chiffre d’affaires aujourd’hui ? Le chiffre d’affaires consolidé du groupe AMI tourne autour de 35 milliards de FCFA. 2012 a été une année sombre pour le Mali et votre entreprise a fait l’objet de pillages. Comment avez vous essuyé les pertes ? Nous avons connu une année très difficile mais avec la solidarité des collaborateurs, des partenaires clients, comme fournisseurs et notre expérience du passé (dévaluation en 1996, coup d’état de 1991, nationalisation forcée en 1962), nous avons pu surmonter cette dernière épreuve et nous poursuivons notre mission d’industrialisation du pays. Le Mali connait un retour à  la normalité, avec l’élection du Président IBK, et un retour des investisseurs, vous étiez d’ailleurs dans la délégation qui s’est rendue au Qatar, quel regard portez vous sur le secteur privé malien ? Il faut féliciter le secteur économique malien pour avoir survécu durant l’année 2012 et pour avoir tenu sur 2013. La relance en cours avec 5 à  6% de croissance, mais elle n’est pas suffisante compte tenu du niveau de retard acquis en deux ans et du niveau de pauvreté du pays. Les actions du président de la République sont louables mais il faudra plus de méthode pour transformer la diplomatie économique en point de croissance réel. Nous sommes tous à  pieds d’œuvre et souhaitons que les parties s’écoutent et que le concept du PPPP ou 4 P c, C’’est-à -dire « Partenariat Public Privé PTF » soit le crédo du nouveau quinquennat. Vous évoluez dans un secteur concurrentiel qu’est l’agro-alimentaire, , comment faites vous positionnez-vous ? Nous sommes dans le secteur industriel de produits alimentaires depuis 1950, et nous travaillons de plus en plus avec des matières premières locales, nous avons lancé depuis 2008 l’intégration en amont : la production agricole de blé, de maà¯s et de riz paddy. Nous sommes donc rentrés dans l’agro-industrie. Ce domaine est stratégique pour le groupe AMI, parce que la concurrence sous régionale est bien plus dangereuse que la concurrence nationale. Il nous faut donc investir massivement dans cela pour pérenniser nos activités. l’accompagnement de l’Etat et des PTF sera une nécessité pour réussir ce challenge. La mission du Président sera d’autoriser le Mali à  faire valoir les clauses de sauvegarde du traité de l’UEMOA pour permettre au pays de se doter d’une industrie compétitive. Interview réalisée par Modibo Fofana

Une TVA revue pour doper l’industrie malienne

l’économie malienne traverse des difficultés sans précédent depuis le déclenchement de la crise politico –militaire de 2012. Tous les secteurs sont touchés, bien que certains pâtissent moins que d’autres de la situation. Le tourisme, l’hôtellerie, déjà  mis à  mal depuis des années mais aussi l’agriculture et l’artisanat qui connaissent un certain ralentissement de leurs activités. Mais, le secteur qui se retrouve désormais littéralement asphyxié par cette crise, C’’est bien l’industrie. Cela fait deux décennies que le secteur avance à  reculons avec des chiffres sans cesse revue à  la baisse. De 2002 à  2012, par exemple, la participation de l’industrie malienne au PIB national est passée de 10% à  moins de 5%. Or, comme se tuent à  le répété les industriels maliens, « il ne peut y avoir de développement sans industrie ». Que faire alors pour sauver l’industrie malienne ? Les professionnels du secteur ne se sont pas fait prier pour dérouler un chapelet de mesures qui devraient à  court, moyen et long terme renflouer la barque si rien n’est fait, va couler. Parmi ces propositions, on peut noter la réduction de la TVA pour les produits de l’industrie malienne. Cette mesure qui a fait ses preuves sous d’autres cieux pourrait, selon l’organisation patronale de l’industrie de donner un nouveau souffle au secteur. Une « TVA sociale » malienne Malgré son potentiel au regard des ressources naturelles et de marché, l’industrie malienne est parmi les plus en retard de la sous-région en termes de développement et de diversification. Juste après les indépendances, de gros investissements avaient été faits pour lancer l’économie nationale, avec de grosses entreprises d’Etat ou privées pourvoyeuses d’emploi et de richesses. l’Etat s’est ensuite désengagé, dans les années 80, avec pour conséquences fermetures en cascade, des milliers de travailleurs sur le carreau et une industrie qui peine à  subsister. De l’avis de l’OPI, cette situation est tout simplement un frein au développement même du pays. « Aucun pays ne peut se développer en vivant avec les importations, en créant aucune valeur ajoutant sur ses propres ressources », soutient Cyril Achcar, le président de l’Organisation Patronale des Industriels. Aujourd’hui, selon lui, l’Etat doit s’impliquer à  nouveau pour que l’industrie malienne survive, dans un premier temps, puis devienne le moteur du renouveau économique du Mali. l’OPI demande donc à  l’Etat de « faire des gestes » pour inciter les investisseurs, aussi bien maliens qu’étrangers. Une TVA à  5% pour les produits manufacturés non importés serait un signal fort adressé à  ces derniers. Taxés aujourd’hui à  18% comme tous les autres produits manufacturés importés, ceux du Mali ont du mal à  tenir la concurrence. Du fait, d’abord du coût élevé des facteurs de production (énergie, communication, charges sociales…), mais aussi parce que la plupart des produits importés échappent à  la fiscalité officielle (un autre combat de l’OPI). Faire face relève donc de la gageure pour les industriels maliens qui affirment aujourd’hui tourner quasiment à  perte, juste pour maintenir les installations et ne pas jeter leur personnel à  la rue. M. Achcar appelle cette nouvelle formule, la « TVA sociale » et cite l’exemple de la France o๠cette mesure a été appliquée avec succès pour le secteur de la restauration en 2007. l’objectif est simple : le prix des biens importés augmente, tandis que celui des biens produits sur le territoire reste inchangé, voire baisse puisque les charges fiscales diminuent. On peut donc s’attendre à  une substitution de la demande en faveur des biens produits sur le territoire malien, dont le prix diminue par rapport aux biens importés. Or, les impôts et taxes sont une source de revenus non négligeable pour la caisse de l’Etat. Ils lui permettent de financer les investissements publics et de faire face à  ses charges. Au Mali, ils représentent chaque année une masse monétaire importante et y renoncer n’est pas chose évidente en ces temps de crise. Jusqu’à  100% d’emplois supplémentaires en un an Pour appuyer leur requête, les industriels maliens avancent leurs arguments. Cette mesure est d’abord et avant tout incitative, motivante pour les investisseurs, tous ceux qui aujourd’hui préfèrent thésauriser ou construire des immeubles ou encore importer du riz. Des activités sans grande valeur ajoutée au plan local. Une vingtaine d’entreprises pourraient ainsi être créées chaque année, étoffant ainsi le parc industriel malien qui compte aujourd’hui à  peine une centaine de structures là  o๠en Côte d’Ivoire on en recense des milliers. « La TVA à  5% permettra d’apporter des points de compétitivité en plus à  mon activité et donc des parts de marché. Ce qui se traduira par une augmentation de notre activité, et donc une augmentation du volume de travail et donc du personnel » affirme M. Achcar. Un tiers de personnel en plus, pour être plus précis puisque l’usine des Grands Moulins du Mali(GMM) pourra tourner 16h au lieu de 24h et employer trois équipes au lieu de deux. Voire quatre si l’activité s’étend aux samedi et dimanche. Cela créera 100% de personnel en plus. Si chacune des 80 industries de l’OPI ajoute une équipe cela représentera de 8.000 emplois à  16.000 nouveaux emplois créés en une année ! Quand on sait que le secteur emploie aujourd’hui à  peine 15 000 personnes, ce chiffre se verrait doubler. Gagnant- gagnant s’il est vrai que cette mesure profitera au secteur industriel en lui apportant un peu d’oxygène côté finances et activités, elle profitera également à  l’Etat qui fera un sacrifice en échanges de résultats probants quasi immédiats. Le nombre d’emplois créés évoqués plus haut mais aussi une meilleure productivité et compétitivité du secteur qui verra sa contribution au PIB augmenter de façon substantielle. Avec la crise que traverse le pays en ce moment et les difficultés que rencontre la plupart des opérateurs économiques, cette mesure sera un signal fort de la volonté des pouvoirs publics de venir en aide aux secteurs productifs et de donner du travail aux maliens qui par milliers ont perdu leurs emplois au cours de l’année écoulée. La TVA sociale à  la malienne sera donc une bonne nouvelle pour les industriels maliens mais aussi pour l’économie tout entière qui en tirera des avantages à  court, moyen et long terme.

Wad Yougsan Industries: la 1ère usine automobile du Mali ouvre ses portes

Banankoro, commune rurale de Sanakoroba. La localité, situé à  une vingtaine de kilomètres de Bamako gardera longtemps dans ses annales la journée du mardi 16 avril 2013. C’est en effet hier qu’a été inaugurée l’usine d’assemblage de voitures de la société WAD Yougsan Industries. L’infrastructure dont la première pierre avait été posée en janvier 2011 est le fuit de la commaboration entre la société malienne West Africa Distribution (WAD)Motors et YOUGSAN, de la Corée du Sud. D’une capacité de production de 2000 véhicules par an, WYI fait figure de pionnier de l’industrie automobile du Mali. L’usine emploie déjà  une centaine de personnes et envisage, dans les cinq années à  venir , en embaucher 5000. Des employés qui bénéficient du transfert de technologie de la part des partenaires coréens. En montant cette unité industrielle automobile, les promoteurs souhaitent participer efficacement au renouvellement du parc automobile du Mali dont 75% est composé de véhicules usagés, importés d’Europe, dont la plupart ont déjà  plus de 15 années de circulation. Outre les voitures particulières, des bus, des camions de transports et aussi des véhicules militaires, adaptés aux conditions du terrain en Afrique et au Mali en particulier, seront produits. Ces véhicules seront « vendus à  un prix abordable » selon la représentante de la société WAD Motors,Mme Nènè Satourou Touré, lors de la cérémonie d’inauguration. Le partenaire coréen, dont le PDG, J.B. Park a fait le déplacement de Banankoro, a annoncé, pour un futur proche, le développement de l’activité de la société mais aussi des actions sociales comme la création d’une fondation au profit de l’école malienne. Un signal fort pour l’économie malienne Autant de perspectives dont s’est réjoui le Président de la République, Dioncounda Traoré, qui a présidé la cérémonie. Après avoir visité les chaà®nes de montage, il a fait état de ses « sentiments de satisfaction, d’espoir en l’avenir du Mali, en l’avenir de la solidarité entre les pays du monde ». Cette usine, selon le Chef de l’à‰tat, permettra à  aux maliens d’avoir des véhicules neufs et à  bon marché mais aussi à  l’armée d’avoir sous la main des équipements qui répondent aux exigences du terrain. Les produits montés par WYI seront de la marque Hyundai(5ème constructeur automobile au monde)pour les véhicules particuliers et Kia pour les véhicules militaires. Environ 900 véhicules seront assemblés d’ici la fin de l’année 2013.

Mamadou Tiény Konaté, à la tête de la CCIM

Le nom du nouveau président a été dévoilé le 8 novembre, un mois après la décision d’arrêt en date du 8 Octobre 2012, ordonnant la création d’un Collège transitoire avec comme mission d’assurer la gestion des affaires de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) et cela jusqu’à  l’élection et l’installation de la nouvelle Assemblée consulaire. En effet, avec la crise institutionnelle et sécuritaire au Mali, il était impossible d’organiser des élections pour assurer la continité de la présidence de la Chambre. Désormais Mamadou Tiény Konaté dirige la prestigieuse institution et sera chargé de conduire le Collège transitoire nommé à  cet effet, avec 13 membres. Le nouveau président de la CCIM et ses collaborateurs seront chargés de diriger les actions de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali conformément aux directives et orientations de l’autorité de tutelle, de préparer les projets de budget à  soumettre à  l’autorité de tutelle pour approbation et de tenir les comptes de la chambre conformément aux textes en vigueur. Ce n’est pas tout. Le collège transitoire doit également veiller à  l’information, à  la formation et à  la sensibilisation des membres de la chambre ou encore donner suite à  tout avis demandé par les pouvoirs publics dans le cadre des missions dévolues à  la chambre. Pour la bonne marche de son mandat, le Collège transitoire va élaborer son règlement intérieur déterminant ses modalités de fonctionnement. Afin de mieux coordonner ses actions, il doit également mettre en place un bureau transitoire de six membres au niveau de chaque région. Curriculum Vitae Le nouveau président de la CCIM a également un diplôme d’études spécialisées en Organisation et Méthode de gestion d’entreprise et cela, après sa maà®trise en sciences économiques appliquée, tous deux obtenus à  l’université catholique de Louvain-la-neuve entre 1976 et 1981. Il avait eu son Baccalauréat série sciences exactes une année après au Lycée de Badalabougou. Membre de l’Association malienne des Conseils en management et du Groupement des commerçants maliens, Mamadou Tiény Konaté est également membre fondateur du Haut Conseil Islamique et de Radio DAMBE. Il est administrateur de société ayant une connaissance approfondie de la situation économique, politique, sociale et culturelle du Mali, ainsi que dans la gestion d’entreprise et analyse sociologique de l’entreprise. Il maitrise également les questions de développement du secteur privé, les questions liées à  la problématique sociale de l’emploi, celles liées au rôle et aux activités des Chambres consulaires. Sans compter les règles des échanges commerciaux de l’OMC et de l’UEMOA. Aussi, le nouveau patron de la CCIM a travaillé au compte du ministère de l’Industrie et du commerce chargé d’organiser les services de la chambre de commerce pour adapter ses missions au contexte des accords de l’OMC et de Cotonou (ACP/UE) et de formuler la position de négociation du secteur privé malien dans le cadre de l’OMC et des Accords de Cotonou.

Industrialisation au Mali : l’heure du bilan

La transformation, maillon faible Dans le cadre du cinquantenaire du Mali, le Ministère de l’Industrie, des Investissements et du Commerce organise jusqu’à  ce jeudi une série de conférences sur la problématique de l’investissement et du commerce au Mali. De nombreuses personnalités et anciens ministres y participent. Se déroulant sur trois jours, du 7 au 9 décembre, ces conférences abordent plusieurs thématiques. La cérémonie d’ouverture qui a été présidée par le Ministre de l’Industrie, Abdoulaye Amadou Diallo, a été mise à  profit par ce dernier pour à  rendre hommage à  ses prédécesseurs, anciens ministres. Le parcours de l’économie malienne, de 1960 à  nos jours, selon le ministre Diallo, inclue la clarification des options de choix en ce qui concerne l’investissement et le commerce. Dans son allocution, le ministre a insisté sur la valorisation de la transformation de la production locale. « Ce tableau reste celui de la marginalisation industrielle. L’industrie locale n’a pas joué le rôle attendu. Nous devons éviter au Mali d’être un simple comptoir commercial pour d’autre pays ». Ces conférences sont par ailleurs marquées par des témoignages d’expériences personnelles. « Le contexte national fait que chacun doit assumer sa responsabilité », a indiqué le ministre Diallo. Un parcours en dents de scie Au nombre des thèmes abordés, l’on note celui développé par Adama Konaté, conseiller technique sur la problématique du développement industriel. Une autre conférence a porté sur « Le Mali, votre rendez-vous d’affaire ». Dans sa présentation, Drissa Keita a dressé l’historique de la stratégie d’industrialisation du Mali de 1960 à  1968. Un parcours qui, dit-il, a été émaillé de hauts et de bas. s’exprimant sur le thème « Programme de restructuration et de mise à  niveau des entreprises », Mamadou Keita du Bureau de mise à  niveau, a fait savoir que C’’est en 2004 que la politique d’industrialisation a été adoptée au Mali. Cela procédait de la volonté de réhabilitation et la mise à  niveau des entreprises industrielles, à  travers l’amélioration des facteurs clés d’industrialisation et la promotion de la compétitivité. Les contributions des participants ont entre autres portées sur le manque de communication et d’information de l’Etat sur les potentialités industrielles. Il s’agissait également de savoir que sont devenues les entreprises publiques privatisées. Pour la plupart, elles ont fait faillite, laissant sur le carreau des milliers de chômeurs. D’autres thématiques seront abordées demain.

Jeamille Bittar : l’irrésistible ascencion d’un homme d’affaires malien

Un homme à  la hauteur de son ambition Trois ans après son élection à  la tête de la Chambre de Commerce et d’industrie, le natif de San a nourri des initiatives pour mettre la chambre sur l’orbite. Il s’agit entre autres de l’initiation de projets d’industrialisation, de construction de sièges pour les chambres consulaires régionales, l’aménagement du parc d’exposition de Bamako, la recherche de financements et de partenaires stratégiques pour les opérateurs économiques, la restructuration de la Chambre, la création du centre de conciliation et d’arbitrage le 29 juillet 2004, la réunification de la grande famille des opérateurs privés ont été réalisés en grande partie grâce à  Bittar. Les opérateurs économiques sur pivot Cette courte période a suffi à  Jeamille Bittar pour honorer ses engagements aux yeux des opérateurs économiques maliens qui venaient de l’élire au poste de Président de la plus prestigieuse institution du monde des affaires. L’homme n’a pas tardé à  afficher ses ambitions de faire du secteur privé le moteur du développement et de la croissance économique. Son programme axé essentiellement sur la résorption des problèmes du secteur et la stimulation des investissements dans le pays, s’est vite concrétisé par une volonté de remettre le secteur privé en confiance face à  ces partenaires. Ce jeune fraichement élu président de la CCIM avec ses ambitions et ses nouvelles initiatives a fait l’objet d’attention de la part du Président de la république pour accorder une place de choix dans sa politique économique au secteur privé. Ses efforts gigantesques ont fait que les opérateurs économiques ont été impliqués dans les voyages présidentiels. Surtout dans les pays qui constituent une destination commerciale privilégiée. « Le voyage récent du président Att avec les opérateurs économiques à  Qatar en est une preuve palpable. Second mandat à  la CCIM Jeamille Bittar candidat à  sa propre succession a triomphé face à  son adversaire, Ousmane Guittèye le 1 octobre 2006 aux élections consulaires de la CCIM. Grâce à  son bilan élogieux. C’’est le 31 juillet 2008 que Bittar a été installé pour un nouveau mandat de quatre ans. Après un feuilleton de contentieux entre lui et son adversaire Guitteye qui avait introduit des requêtes sans succès pour annuler sa victoire, Bittar a pu maintenir son fauteuil président de la CCIM. Au cours de son installation à  la chambre consulaire Régionale, le président élu a adressé ses sincères remerciements à  tous : « le présent mandat est placé sous le signe de la cohésion retrouvée, de l’unité renforcée et de la consolidation des acquis ». Jeamille Bittar en a profité pour inviter ses camarades au travail afin de jouer un rôle de levier pour la performance et la compétitivité contenues dans le Programme de Développement Economique et Social (PDES) du Président de la République Amadou Toumani Touré. Ne cachant pas son ambition pour le Mali, il s’est ensuite présenté candidat pour la présidence du conseil économique social et culturel (CESC). Et l’a remporté. Bittar nouveau président du CESC C’est donc lui qui pilotera le Conseil Economique, Social et Culturel pendant 5 ans. Aidé de Siaka Diakité, son vice président et patron de l’Union Nationale des travailleurs du Mali. à‰lu par ses pairs la semaine dernière à  Koulouba, Jeamille Bittar, est un homme connu de tous dans le monde des affaires économique même si certains lui gardent un œil revanchard. C’’est grâce à  son expérience son dynamisme dans les affaires et sa sociabilité que le cheval blanc de San a été élu. Son altruisme et sa rigueur constituent des atouts pour son ascension dans les affaires. Ambitieux et fair-play à  la fois Jeamille Bittar a d’ailleurs connu une cuisante défaite aux élections législatives de 2007. Rigoureux dans la gestion et régulier dans les affaires, Jeamille Bittar de l’avis de ses proches collaborateurs, est un véritable homme de principes. Il ne tergiverse jamais sur les règlements et ne badine point sur les sanctions. Dès sa réélection à  la présidence de la chambre de commerce et d’industrie du Mali, il est sorti des sentiers battus ses nobles ambitions. Au programme, la relecture des textes organiques de cette institution vieille de plus d’un siècle, les réalisations des sièges pour certaines représentations régionales ainsi que des entrepôts dans les ports de Tema, Abidjan, Dakar, Lomé, Cotonou et Nouakchott. Les entreprises Bittar constituent aussi les transports et cars qui sillonnent tout l’intérieur du Mali. Les imprimeries également, et l’on ne saurait être surpris un jour de voir Bittar briguer la magistrature suprême au Mali, au vu de sa fulgurante ascencion.

Seydou Namtoume, PDG de TOGUNA Agro-industries

Parti de rien pour se hisser à  la tête des entrepreneurs de l’agro industrie, à  travers la production d’engrais organiques et chimiques, Seydou Namtoumé suscite aujourd’hui un immense espoir nchez les producteurs agricoles maliens. Né à  Kanna (dans le cercle de Bandiagara) au sein d’une communauté ou toutes les activités sont dominées par l’agriculture, Seydou Namtoumé ne pouvait qu’hériter d’une tradition séculaire qui a bercé toute son enfance dans le pays dogon. Un flambeau qu’il a admirablement maintenu, en y consacrant toute une carrière professionnelle. Ainsi, beaucoup s’accordent à  dire que C’’est la foi, en la terre, qui a entrainé la création de l’une des unités industrielles de production d’engrais les plus performantes d’Afrique de l’ouest. Toguna Sa : rendre l’engrais accessible aux producteurs… Aider la terre à  nourrir les Hommes. C’’est cet idéal qui a guidé l’entrepreneur pour la création de Toguna en 1994. Lancée sous la forme de Société à  responsabilité limitée (Sarl), l’entreprise fut, en novembre 2006, érigée en SA (Société anonyme). «Mon ambition était immense et noble, sans compter avec les difficultés qui jalonnaient le parcours ». Ce qui m’a poussé à  créer l’unité industrielle, est que d’une part, J’ai voulu apporter une réponse au vide industriel qui existait, et d’autre part je voulais vulgariser l’engrais de manière à  rendre son prix abordable aux producteurs maliens, explique Seydou Nantoumé. Aujourd’hui, grâce au génie créateur de Seydou Namtoumé, le Mali ravitaille en engrais, la plupart des pays de la sous région ouest africaine. Tout en reconnaissant le soutien et l’accompagnement des autorités, Seydou Namtoumé n’occulte pas les difficultés auxquelles il a été confronté. Des difficultés liées au financement et au recouvrement de l’argent aux producteurs. l’engrais leur étant donné à  crédit. Malgré tout, la plus grande passion de l’enfant de Bandiagara, demeure la terre, et ceci pour que l’engrais soit tout le temps disponible pour les producteurs agricoles. « Je compte élargir autant que possible mes activités afin de contribuer pleinement au développement de l’agriculture ». s’exprimant sur le rachat de l’usine de phosphate de Tilemsi, M. Namtoumé a assuré que les travaux d’exploitation démarreront à  la fin 2009.

Accès à l’information dans les Industries extractives : L’ Ipao relance le débat …

En Afrique de l’ouest l’accès à  l’information au niveau de l’administration est une question qui revient souvent dans les débats. La structuration de l’administration ne facilite pas la tâche aux usagers qui veulent accéder à  l’information. Les populations restent donc sous informées ou mal informées. Dans le secteur des mines la question est plus critique. On pourrait même parler de rétention d’information. Pour le cas spécifique des journalistes et des communicateurs, l’accès à  la bonne information est très difficile. Ce qui diminue le nombre de sujets d’investigations traités sur le secteur minier. La trentaine de participants à  la réunion, ont surtout échangé autour du cadre juridique de l’accès à  l’information, de la stratégie d’accès à  l’information au sein de l’administration, des lois d’accès à  l’information en Afrique du Sud (un outil de plaidoyer) contraire au cas du Zimbabwe…Le constat sur le cas du Mali est triste, la loi qui existe sur l’accès à  l’information reste inappliquée à  cause des contraintes socio-économiques. La grande majorité des maliens (même les intellectuels) ont peu d’information sur le secteur des mines. Quelle est la quantité produite dans les mines ? Combien çà  rapporte au pays ? O๠vont les fonds générés ? Bref, la question de transparence se pose. Et C’’est pour plus de transparence dans le secteur que l’Institut Panos Afrique de l’Ouest ( IPAO) a initié cette rencontre de deux jours. Les ressources naturelles peuvent elles développer le Mali ? Le sous-sol malien est très riche en ressources minières. Si les ressources générées sont bien réparties entre l’Etat et ses partenaires et les fonds gérés au mieux, elles peuvent permettre au pays d’amorcer un véritable processus de développement. Depuis plusieurs décennies, le pays exploite ces richesses naturelles dans le cadre d’une convention avec des entreprises privées et des multinationales. C’’est l’or qui occupe le premier rang dans l’exploitation classant ainsi le pays à  la place de troisième producteur africain après l’Afrique du Sud et le Ghana. Ainsi, de 1985 à  2006, il a été produit 425,611 tonnes d’or par les mines de Kalana, Syama, Sadiola, Yatela, Morila, Loulo et Tabakoto. Et depuis cette période, la production a augmenté. De 594 kg en 1985 on a atteint la moyenne annuelle de 70 tonnes, ce qui fait un revenu annuel de près de 700 milliards de Francs CFA. Sur cette moyenne, la part du Mali s’élève à  près de 100 milliards. Cette part de l’Etat provient généralement des 20% du pays dans l’extraction, avec les taxes et impôts etc. Malgré tout, les populations n’ont pas les informations nécessaires et C’’est le travail de journaliste qui pourra faire apparaà®tre une lueur de transparence dans le secteur.