EID : fin du grand oral…

Sous l’œil vigilant du médiateur de la République, Baba Hakib Haidara, du Premier ministre Moussa Mara et des membres du Jury d’Honneur, présidé par le médiateur du Bénin, Joseph H. Gnolounfou, les ministres ont surtout entendu des cas de litiges fonciers, de non exécutions de décisions de justice, ou encore la régularisation de situations administratives et le non respect des engagements contractuels de l’Etat. Certaines interpellations ont été faà®tes en français, d’autres en langue bambara, comme pour mieux exprimer la frustration occasionnée à  certains, par des manquements de toutes sortes. Selon Baba Akib Haidara, le nombre des interpellations a augmenté. De plus, les dossiers venant des régions ont dépassé les dossiers directement déposés dans la capitale malienne. De 2013, avec 101 interpellations, nous en sommes désormais à  153 interpellations en 2014, autant dire que ces réclamations, qui correspondant aux critères retenus par la commission d’organisation de l’EID, vont aller croissant pour la 20è édition en 2015 ; « Dès lors, s’interroge le médiateur de la république, comment concilier l’inextensibilité de cette journée avec les impératifs des temps d’interpellations démocratiques libres… dans un dialogue confiant entre citoyens et Etat…». Au terme d’une longue journée, ce ne qu’au petit soir que les ministres ont pris la parole pour répondre. Pour mieux mettre en application, les recommandations de l’EID, le ministre de la solidarité Hamadoun Konaté appelera la société civile à  davantage s’impliquer dans la mise en œuvre des recommandations de l’EID. Pour conclure ce grand oral démocratique, le Premier ministre Moussa Mara a été bref mais percutant. Il a instruit aux ministres une évaluation quant au suivi des recommandations de l’EID. Il a aussi proposé une évaluation à  mi parcours et une rencontre en Juin prochain avant le 20è anniversaire de l’EID en Décembre 2015. Nous reviendrons sur les recommadations de l’EID 2014.

EID : la parole aux sans voix !

En 19 éditions, et depuis que l’idée a germé dans l’esprit de l’ancien président Alpha Oumar Konaré, l’espace d’interpellation démocratique est devenu une tradition au Mali, une récurrence nationale. l’exercice placé sous la haute présidence du Médiateur de la République, M. Baba Akib Haà¯dara pour cette année, consiste à  débattre, à  examiner les plaintes et réclamations des citoyens maliens. l’évènement est symbolique à  plus d’un titre, puisqu’il célèbre le 19è anniversaire de l’EID ; Pour la circonstance, un film documentaire a été projeté retraçant les grands moments de l’EID. Il revient sur les principaux acteurs qui sont intervenus dans la mise en œuvre de l’EID, des personnalités comme Cheikna Kamissoko, l’avocat sénégalais Me Sidiki Kaba ou encore Catherine Choquet de la FIDH. Défenses des valeurs des droits de l’homme l’EID s’inscrit résolument dans la promotion et la défense des valeurs des droits de l’homme, depuis la déclaration universelle en 1948. l’Espace d’interpellation démocratique est considéré au Mali comme un instrument de dialogue social, un outil de renforcement de la démocratie. l’EID est médiatisé chaque année et retransmis en direct à  la télévision nationale. Créée en en Mai 1996, l’espace d’interpellation démocratique vise aussi à  renforcer l’ancrage démocratique en mettant face à  face gouvernants et gouvernés. Pour la session 2014, 294 dossiers ont été reçus, dont 194 pour Bamako, et le reste pour l’intérieur du pays. Ils couvrent pour la plupart des violations des droits de l’homme, des cas d’injustices sociales, ou des litiges entre administrés et départements ministériels, la non exécution de décisions de justices, ou encore des retards dans les dossiers. Mais l’EID va plus loin et donne la parole à  la société, aux sans voix, aux citoyens de tous bords, aux acteurs de la société civile. Il est l’occasion d’évoquer les injustices, le cas des enfants maltraités, les litiges fonciers, les droits des femmes, des jeunes, des familles expulsées de leur logement parmi tant d’autres cas. l’occasion surtout de mettre nos autorités face à  leurs responsabilités. Enfin de compte, une catharsis collective, mais pour quel résultat ?

Mme Togola: « Le département a démantelé un réseau de fraude »

Répondant à  l’interpellation du député Brehima Beridogo,Mme Togola Jacqueline Nana Traoré, ministre de l’éducation, est encore une fois revenue sur les examens de fin d’année qui ont soulevé le tollé à  cause des fraudes et soupçons de fraude qui les ont émaillé. A l’Assemblée Nationale ce mardi, les honorables ont tenu à  revenir sur l’affaire afin d’être informés des suites. « C’’est un devoir pour l’Assemblée Nationale de vous demander des explications », a introduit l’élu du parti Parena de Kadiolo. Le député de l’opposition s’est dit être dans l’obligation d’interpeller le ministre non pas pour la vilipender mais lui poser des questions et lui faire des propositions pour construire, pour améliorer la gestion de l’école malienne. l’interpellation du député était ainsi scindée à  deux parties. La première partie portait sur la persistance voir l’aggravation des pratiques anciennes. La deuxième, sur la proposition pour une gestion saine du ministère de l’éducation nationale. Pas de fuite mais des fraudes Lors de la première partie concernant les fuites lors des examens du DEF et du Baccalauréat, le député de Kadiolo a rappelé que lors du débat sur la motion de censure le 18 juin dernier le Premier ministre Moussa Mara avait déclaré qu’il n y avait pas eu de fuite de sujets de baccalauréat. Le lendemain, dans une communication du Conseil des ministres, le gouvernement confirmait que la sincérité des examens n’est pas remise en cause par une situation dont les effets ont pu être circonscrits. « Madame le ministre, lors de sa visite de terrain le 11 juin, la commission éducation a eu la preuve qu’il y a eu fuite des sujets du baccalauréat et ils se vendaient en gros à  400 000 Francs et au détail 3000fcfa le sujet. La commission a pu acheter celui de philosophie et des numéros de téléphone lui ont été donnés pour avoir ceux des autres disciplines » affirme pourtant le député Beridogo. Poursuivant, l’honorable Béridogo universitaire de son état a rappelé que cette année les élèves ont traité des sujets d’examens à  20 heures quand d’autres les avaient traités au moins six heures plus tôt. Au regard de cet examen chaotique l’honorable propose une reprise de l’examen comme cela est déjà  arrivé par le passé. « En 1969, il y a eu des fuites de sujet de DEF à  Bamako. Les épreuves ont été reprises et il y eu ensuite un procès retentissant. Mme le ministre , il serait plus sage de faire la même chose en 2014, reprendre les examens du DEF et du Baccalauréat à  Bamako » propose–t-il. Quelle crédibilité pour cet examen dans la mesure o๠les bacheliers malienne de cette année ne pourront pas s’inscrire dans les universités étrangères, demande–t-il. Qu’est ce qui a conduit à  cette catastrophe ? Cadres du ministère et réseaux mafieux En réponse Mme Togola insiste sur le fait « qu’il n’y a pas eu de fuite au bac, mais des fraudes ». Expliquant pourquoi certains cadres de son département ont été relevés, la ministre expliquera qu’elle a du prendre des décisions courageuses afin de « s’attaquer à  la mafia, ce que ses prédécesseurs n’avaient pas fait ». Selon le ministre , certains cadres l’éducation chargés d’organiser les examens sont promoteurs des écoles privés. Pour garantir des taux élevés de réussite dans lesdits établissements, « c’était donc bonjour les fraudes, les fuites ». Mme le ministre a rassuré le député qu’une décision est en cours pour la réaffectation de ces cadres qui ont été tous relevés. L’enquête en cours a d’ailleurs également permis d’arrêter des membres de ce réseau. « Je vous apprends honorable Béridogo qu’hier, alors que je recevais la nouvelle de mon interpellation à  10 heures ce matin, le département a démantelé un grand réseau qui s’était spécialisé dans le trafic de faux diplôme du DEF et BAC et faisait passer les candidats au BAC moyennant la somme de 350.000 FCFA, les auteurs sont au frais. Vous avez la primeur de l’information. J’ai ici un ordinateur saisi sur les fraudeurs, vous pouvez voir ce qui est dedans, il y a des faux diplômes. J’ai avec moi une longue liste des élèves admis au Bac et DEF avant même la proclamation des résultats ». Par ailleurs, Mme le ministre a répondu favorablement à  l’honorable Beridogo sur sa préoccupation des écoles communautaires o๠élèves et enseignants sont dans des conditions misérables. « Nous sommes entrain de transformer les écoles communautaires en publique à  un rythme de 20% » dira le ministre de l’éducation. A la fin de la séance d’interpellation, l’honorable a remercié le ministre et a demandé à  ses collègues de l’accompagner pour redonner l’école malienne sa valeur d’antan.

Gestion de l’ASAM: le député Oumar Mariko interpelle le ministre des transports

Au cours de cette interpellation, l’honorable Oumar Mariko a dénoncé « une corruption au sommet de l’Etat » durant la période 2002-2006 dans la gestion de la société d’Assistance aéroportuaire du Mali (ASAM). Cette société a un capital de 1 milliard de FCFA réparti entre l’à‰tat malien à  hauteur de 51 %, les opérateurs privés nationaux à  hauteur de 30 %, le partenaire technique et financier à  hauteur de 15 % et les travailleurs à  hauteur de 4 %. Le groupe Europe Handling, responsable d’ASAM-SA, a des actionnaires comme Moussa Mary Coulibaly et Alou Tomota deux puissants operateurs économiques du Mali. Selon le député Mariko, ces deux actionnaires n’ont aucune expérience avérée en matière d’assistance au sol des avions à  plus forte raison d’être actionnaires principaux de cette société. « Nous penchons plus pour l’hypothèse qu’Europe Handling Mali a été crée opportunément pour la gestion de l’ASAM SA » indique –t-il. Pour le député, le contrat de concession dont les termes n’ont jamais été respectés par Europe Handling Mali sert à  assurer aux actionnaires de l’Europe Handling Mali une rente qui croit avec le chiffre d’affaire qui leur a permis d’encaisser entre 2007 et 2013, une somme d’environ 3 milliards de FCFA . l’élu de Konlondiéba a fait savoir que tout cela est fait en complicité avec des cadres de l’administration. « Nous avons dit que le partenaire technique et financier est un boulet au pied de l’ASAM SA » déclare–t-il. En réponse, le ministre de l’équipement, des transports et du désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré, reconnaà®t qu’il a ya un disfonctionnement au sein de l’ASAM. Il a rassuré le député que toutes les dispositions seront prises pour tirer les choses au clair. M. Hachim Koumaré a rappelé dans le cadre de la lutte contre la corruption, beaucoup de choses seront débusqués. Cependant le secrétaire général du parti SADI, Oumar Mariko recommande à  titre conservatoire la nomination d’un administrateur provisoire à  la tête de l’ASAM c’est-à -dire la suspension immédiate de la concession entre l’Etat du Mali et Europe Handling Mali. Il a également demandé un audit sur la gestion de l’ASMA Mali de 2007 à  nos jours.

L’ EID décortique 36 affaires

Parmi les 36 dossiers retenus globalement, on retient des litiges fonciers, des cas d’extorsions de lots à  usage d’habitation, des maisons détruites suite à  des contractions juridiques. Sans oublier, les cas des travailleurs déflatés, l’inégalité d’émoluments entre des combattants qui ont participé au compte des Nations-Unies à  des missions de maintien de la paix au Rwanda et en Centrafrique. Les ministères concernés sont entre autres, celui de l’Administration territoriale, du Ministère de la justice, celui des domaines et des Affaires foncières, l’Equipement, des Transports et des Mines. Qu’est-ce que l’espace d’interpellation démocratique ? l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID) est un exercice d’application de la nouvelle stratégie de communication entre le Gouvernement et le Peuple. Il s’agit ici de permettre aux gouvernés de s’adresser directement aux ministres, les deux acteurs se trouvant dans la même salle pendant toute une journée. l’expérience de l’EID est déjà  vieille de 19 ans. Ainsi, depuis 1994, elle est organisée à  Bamako le 10 décembre de chaque année sous forme d’une rencontre entre l’ensemble des membres du Gouvernement et des citoyens qui s’adressent directement à  eux au sujet de dossiers qui constituent pour eux des préoccupations. Les travaux de cette rencontre sont organisés par une Commission chargée à  cet effet de recevoir les interpellations, de les traiter et d’élaborer le plan de déroulement des débats. Aussi, un Jury d’Honneur composé de personnalités nationales et étrangères dont les Présidents des Associations des droits de l’Homme du Mali et d’autre pays, est constitué pour faciliter les travaux de la journée et en assurer le suivi des conclusions et recommandations. Les travaux de la rencontre qui sont suivis directement par des centaines de citoyens qui font le déplacement sur les lieux de la rencontre. Cette rencontre est également diffusée en direct sur les antennes de la radio et de la télévision nationales. Les interpellations auxquelles les ministres répondent recouvrent tous les aspects de la vie des populations: la corruption, la non application des verdicts de justice, la lenteur dans le traitement des dossiers au niveau des services administratifs, le non respect des dates annoncées pour le démarrage de certains projets ou programmes de développement, les mutations des fonctionnaires, le manque d’autorité de l’Etat dans la gestion de certaines affaires d’envergure nationale, le traitement des conflits liés à  la gestion des domaines fonciers, etc. Un exercice apprécié En somme toute, l’EID est un exercice très apprécié par l’ensemble des acteurs à  l’échelle du pays. Aussi, beaucoup de partenaires considèrent qu’il constitue en plus des radios privées et de la presse écrite, un cadre adéquat d’expression démocratique. Au delà  de ces appréciations, l’EID est un exercice qui exige des membres du gouvernement de se mettre à  l’écoute des populations et de leur rendre compte et permet au citoyen d’exercer son droit de demander des comptes au gouvernement. Toutefois, s’il est vrai que l’EID a conforté les bases de l’expérience démocratique du Mali; il est tout aussi vrai que la nécessité de l’inscrire dans une dynamique plus globale s’impose de plus en plus qui va du niveau local, régional au niveau national C’’est à  dire ouvrir d’autres espaces aux échelons locaux. Aliou

Edito : Tel est pris qui croyait prendre…

Pour qui connaà®t les mœurs maliennes, un homme averti en vaut plusieurs. Si Sanogo avait fait sienne cette maxime, il aurait sans doute évité l’interpellation musclée, par une douzaine d’hommes déterminés. Et si l’information s’est répandue comme une traà®née de poudre dans la capitale, la procédure fut express : « Ils ont été cueillis à  froid », confesse un officiel sans autre forme de commentaires. Sanogo surpris ? On a du mal à  l’imaginer. Mais après tout, celui qu’on décrivait comme un renard constamment aux aguets, a t-il finalement baissé sa garde ? « Nous l’avons emmené de Kati à  Bamako pour le mettre en lieu sûr », confiait une source proche du pouvoir après la mutinerie du 30 septembre à  Kati. Alors, le Général, logé à  la Base, se sentait confiant. Puis les convocations vinrent. Que nenni ! Il les boudait comme de l’huile au soleil. Pendant ce temps, des ranC’œurs couvaient, un collectif voulait saisir le président, mais par dessus tout, les sacrifices ont-il lâché Sanogo, qui ne se départissait jamais de son bâton magique, comme Dioncounda, de son écharpe immaculée. Si l’un est en vadrouille et reçoit les honneurs de la communauté internationale, l’autre répond de ses actes, à  l’école de gendarmerie de Faladjè, en bien mauvaise posture. Tombé de Charybde en Scylla, ou du Mont Mandingue, comme l’on voudra, Sanogo devra désormais en découdre avec la justice. Répondre de ses nombreux actes, en dépit de son statut de Général de Corps d’Arme 4 étoiles ou d’ancien « Chef d’Etat », qu’il ne fut jamais en fin de compte. Combien de temps durera l’audition ou s’il sera placé sous mandat de dépôt, il faudra chercher à  savoir. Et c’est par l’ironie du sort, que ces mêmes collègues de corps, l’ont tout simplement cueilli un mercredi matin. Au même moment se déroulait une manifestation en ville, destinée à  critiquer la politique de la France à  Kidal et à  laquelle participait une association d’handicapés ? Une manœuvre de diversion ? Ou une interpellation qui rappellerait presque l’arrestation d’un certain navigateur interplanétaire, un 11 décembre 2012… Sans autre forme de contestation !

Assassinat des journalistes de RFI: la traque se poursuit

« Une dizaine de suspects ont été interpellés dans la région de Kidal, après l’assassinat des deux journalistes » de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a indiqué une source à  la gendarmerie de Gao, la grande ville du nord du Mali. « Nous commençons à  avoir des éléments à  ne pas négliger », a-t-elle ajouté. Selon cette source, « les services maliens et français travaillent ensemble » dans la traque des assassins des deux journalistes qui avaient été enlevés à  Kidal peu avant d’être tués à  une dizaine de kilomètres de la ville. A Paris, l’entourage du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a démenti qu’il y ait eu des interpellations: « Pour nous, France et Serval, aucune arrestation ». Mais les militaires français disposent « d’indications permettant de remonter la trace » des meurtriers des deux reporters français, selon une source proche de M. Le Drian. Selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, interrogé par la radio RTL à  Paris, des « opérations pour identifier un certain nombre de personnes dans des campements » ont été lancées dimanche et étaient toujours « en cours » lundi. « A l’heure actuelle, nous n’avons pas de certitudes sur les auteurs, mais nous allons tout faire pour retrouver et punir les assassins » a t-il poursuivi. Ouverture des enquêtes judiciaires Les autorités maliennes et françaises ont ouvert à  Paris et à  Bamako des enquêtes judiciaires. A l’issue d’une réunion de crise hier dimanche 3 novembre à  la présidence, le porte-parole du gouvernement, Mahamane Baby, a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. Des magistrats français sont attendus ce lundi à  Bamako. Les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été ramenés de Kidal (1.500 km au nord-est de Bamako), via Gao, par un avion militaire français dimanche soir à  l’aéroport à  Bamako. Leur rapatriement en France devait être organisé ce lundi. Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, se rendra cet après-midi à  l’Aéroport International de Bamako-Sénou pour saluer la mémoire de deux journalistes.

EID 2012, le nord et le foncier

C’’est le ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Tiéna Coulibaly, représentant le Premier ministre, qui a présidé ces assises. Alors que devaient s’ouvrir les concertations nationales, une énième fois reportées, l’Espace d’Interpellation Démocratique a respecté le rendez-vous. Pour la dix-septième année consécutive, l’EID a regroupé des centaines de participants venus de tout le pays, mettre sur la table les maux dont souffre le pays. Organisée pour la première fois par les services du Médiateur de la République, la rencontre s’est déroulée au Centre Internationale de Conférences de Bamako. Même si les actes ne suivent pas toujours les paroles, les Maliens ne boudent pas leur Espace, qui s’est posé au fil des années comme un exercice de démocratie. En effet, l’EID est l’occasion pour le citoyen lambda d’amener sur la place publique les griefs qu’il a contre l’Administration et ses propositions pour une meilleure gouvernance. « Améliorer notre façon de servir »] Plus de cent interpellations ont été reçues par la Commission de dépouillement qui a rendu publique son rapport ce 10 décembre. 35 d’entre elles ont été lues dans la salle avec une grande majorité de cas liés au foncier et de non-exécution de décisions de justice. Des cas plus pathétiques les uns que les autres ont été évoqués pour mettre en lumière les insuffisances du système judiciaire et le manque de protection pour les plus faibles. Ainsi, des émissaires des chefs de village et propriétaires de champs du cercle de Kati ont fait le déplacement de Bamako pour déposer des interpellations dans lesquelles ils fustigent le laxisme de l’administration, la gestion des mairies, des décisions de justice parfois contestables, etc. Le médiateur de la République a dans son discours d’ouverture, rappelé l’impérieuse nécessité de changer nos comportements de citoyens. Il s’agit pour Diango Cissoko d’améliorer notre façon de servir, surtout en ce qui concerne les agents de l’Etat qui ne devrait pas oublier que « que notre système de fonction publique est défini et bâti autour de trois valeurs fondamentales qui sont la probité, l’impartialité et l’efficacité ». Pour qui la plupart des maux de notre société résultent de la-non application de ces valeurs. La crise et particulièrement la situation au Nord du pays a évidemment été évoquée, les participants émettant l’ardent souhait de voir des solutions rapidement trouvées pour mettre fin aux souffrances des populations et restaurer l’intégrité territoriale du pays.

Vague d’interpellations à Bamako

Les choses semblent s’accélérer dans l’enquête suite l’agression lundi 21 mai du président de la transition, Dioncounda Traoré. La gendarmerie vient de procéder à  une série d’interpellations de responsables politiques et associatifs favorables au coup d’Etat du 22 mars dernier. Si l’officier en charge des enquêtes ne veut nullement aborder la question avec la presse, son entourage nous confie que cette semaine, la suite devrait être décisive. Ce week-end, trois personnes ont été entendues, avant d’être relâchées. Il s’agit notamment de l’avocat Mamadou Gakou (président du parti COPP), l’ancien ministre Younouss Hameye Dicko (président du RDS) et le chef spirituel du mouvement religieux Soufi, Cheik Soufi Bilal. Quand au président de l’association «Â Yèrèwolo ton », Bakary Boiré, il reste en détention à  la gendarmerie nationale depuis samedi. Le responsable associatif, favorable au coup d’Etat, était connu pour ses prises de position dans la crise, notamment contre les hommes politiques proches du régime déchu d’Amadou Toumani Touré. Devant l’Assemblée nationale, l’association avait installé ses quartiers depuis fin mars, o๠les propos tenus par les manifestants contre les députés de la majorité frisent l’insulte. Le jour de l’agression contre le président de la République, Bakary Boiré était à  la tête des représentants des manifestants reçus dans le bureau de Dioncounda Traoré. Pour les enquêteurs et de nombreux observateurs, il n’y a pas de doute le président de «Â Yèrèwolo ton » a une responsabilité dans les évènements du 21 mai dernier. A qui le tour ? Au Mouvement populaire du 22 mars, l’arrestation de Bakary Boiré est considérée comme une diversion et la preuve que l’enquête ne sera sérieuse. Le député SADI, Oumar Mariko, que nous avons interrogé sur la question, pense que les vrais coupables sont à  chercher ailleurs. « l’agression de Dioncounda n’a été qu’un prétexte de déstabilisation de la Convention nationale souveraine. Aujourd’hui, ce sont les éléments du MP 22 qui sont mis en cause », nous a déclaré Oumar Mariko, qui se dit disponible à  répondre à  toutes les sollicitations des enquêteurs. La question qui brûle les lèvres est de savoir qui seront les prochaines personnes interpelées ? Pour de nombreux observateurs, Oumar Mariko et Hamadoun Amion Guindo (président de la COPAM) en feront partie. Quelques heures après son interpellation, Me Mamadou Gakou s’est étonné que la l’agression de Dioncounda (qui est tout aussi condamnable que n’importe quelle autre agression), détourne l’opinion de l’essentiel. « Il y a des non-dits dans cette affaire d’agression », nous a déclaré l’avocat, qui explique qu’à  la gendarmerie son interpellation s’est déroulée dans la plus grande courtoisie. s’attaquant au passage au médiateur, le responsable politique pro-putsch a déploré que CEDEAO n’ait pas intervenu lorsque l’Etat malien a été agressé, comme à  Aguel’hoc, o๠les militaires avaient été attachés et égorgés par les rebelles du MNLA et des groupes islamiques. « Mais le 22 mars, jour du coup d’Etat, elle a accouru pour sauver un membre du syndicat des chefs d’Etat », ironise t-il. Avant d’ajouter que « la CEDEAO joue un rôle négatif dans la crise malienne ».

Partants volontaires à la retraite : Le dossier aujourd’hui à l’Assemblée

Sauf report de dernière minute, C’’est en principe ce jeudi 5 mai que devront s’ouvrir à  l’Assemblée nationale les échanges entre le ministre du travail et de la fonction publique et le député Oumar Mariko. Cette interpellation s’inscrit dans le cadre du dossier des partants volontaires à  la retraite. l’exercice est le deuxième du genre entre le ministre Abdoul Wahab Berthé et le député du SADI. On se rappelle, le 29 avril 2010 la confrontation entre les deux hommes avait donné lieu à  des débats houleux. Oumar Mariko avait demandé au ministre de s’expliquer sur le sort réservé aux 6.665 partants volontaires, dont 630 omis. Pour rappel, le gouvernement avait en son temps négocié leur départ volontaire à  la retraite moyennant un projet pour chaque partant. C’’est ainsi que la Banque mondiale avait décaissé 310 milliards de nos francs. Le constat amer est que les retraités volontaires à  la fonction publique n’ont pas touché le tiers de ces sommes. Pis, les projets prévus n’ont jamais été financés. « Ils sont délaissés et ne savent plus à  quel saint se vouer » avait déploré le député face au ministre. « Les deux milliards 500 millions accordés à  eux par le gouvernement comme aide sociale, furent aussi partagés de façon inégale par le cabinet d’étude maà®tre Dem qui s’est octroyé une part importante », avait-il ajouté. Un ministre pas informé Le ministre de la fonction publique et de la réforme de l’Etat, Abdoul Wahab Berthé, avait dit n’être pas au courant de ces questions qui sont pourtant d’une extrême importance. Etait-il réellement sous informé ou veut-il fuir sa responsabilité ? C’’est la question que se sont posés de nombreux observateurs. En ce qui concerne la réinsertion des partants volontaires, le ministre avait cependant indiqué que le processus est en cours. Mais quand ce processus s’achèvera-t-il? Le ministre Abdoul Wahab était resté évasif. Ce qui fera conclure au député Oumar Mariko que le ministre a opté pour « la fuite en avant ». « Il est à  la tête d’un département qu’il ne maitrise point », s’était indigné le député devant les journalistes qui l’avaient approché sur le sujet. Une année après cette interpellation, le débat reste ouvert sur le dossier des partants volontaires au Mali. Et leurs revendications restent lettre morte dans les tiroirs. Il s’agit de l’octroi d’une pension pleine et entière d’ancienneté à  chaque volontaire, l’audit des 2 milliards 500 millions de nos francs octroyés par le gouvernement comme aide sociale, ainsi que l’octroi d’un taux forfaitaire de 7 millions de nos francs pour leur réinsertion dans le circuit économique. En ramenant ce sujet, le député Mariko entend certainement obtenir toutes les informations sur le sort réservé à  ces milliers de maliens qui aujourd’hui semblent laissés por compte avec les conséquences sociales que cela entraà®ne pour eux et leurs familles.

Espace d’interpellation démocratique : Pour l’expression populaire

L’EID est institué en 1996 Crée en 1994, l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID) est institué au Mali par le décret n°96-159 du 31 mai 1996. C’’est un forum annuel qui a pour objectif d’informer l’opinion publique nationale et internationale sur l’état des droits de l’homme en République du Mali, contribuer de manière active et pédagogique à  la réalisation d’une culture démocratique nationale et d’impulser de façon significative la politique de promotion et de protection des droits et libertés des citoyens. Il permet aux citoyens d’interpeller directement les pouvoirs publics à  travers le gouvernement, sur les actes qu’ils jugent attentatoire à  leurs droits fondamentaux. Hommage rendu à  la Hollandaise Gerty Hesseling Le début des travaux a été une marque de reconnaissance à  l’endroit de celle qui a été pendant des années membre du jury d’honneur. Il s’agit de la Hollandaise Gerty Hesseling arrachée à  l’affection des démocrates maliens. Elle a été élevée à  titre posthume au rang de Chevalier de l’ordre national du Mali. Son mari, Gérard Swete, son mari a reçu la médaille et n’a pas tari  d’éloges à  l’endroit des décideurs maliens d’avoir pensé à  son épouse qui aimait tant le Mali. Cette année 68 interpellations reçues Cette année, la commission de dépouillement a reçu au total 68 interpellations. 19 sont retenues pour être lues, 28 pour suite à  donner et 27 rejetées. 16 départements font l’objet d’interpellation. 12 ministres ont répondu directement car leurs interpellations sont lues. Le Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales était en tête avec 6 interpellations suivi du Ministère de la justice avec 5. ces ministres des différents départements interpellés se sont vite pointés pour répondre, chacun en ce qui le concerne. Une occasion pour le ministre de faire le bilan de l’édition dernière. le ministre de la justice, Maharafa Traoré a rappelé que 121 interpellations ont été reçues, 16 interpellations ont été retenues «Â pour être lues », 24 interpellations ont été retenues «Â pour suite à  donner », 71 interpellations ayant fait l’objet de rejet. Les contributions étaient au nombre de 10. A noter qu’ à  sa création en 1994 l’Espace d’Interpellation Démocratique se situe dans le cadre de la promotion et de la protection des droits de l’homme, qui trouvent leur fondement dans la Déclaration  Universelle des Droits de l’Homme, dont notre pays qui a célébré le soixantième anniversaire l’année dernière. Le jury d’honneur est composé de 9 membres dirigés par l’ancien Premier ministre Modibo KEITA. Consolider la démocratie Le ministre de la justice Maharafa Traore dans son intervention s’est félicité des avancées enregistrées dans la diligence des dossiers dans les différentes juridictions. Pour sa part, le chef du gouvernement, Modibo Sidibé a relevé que l’EID est un véritable instrument de consolidation de l’Etat de droit.

Violences de Kita : 12 personnes interpellées.

Tout est parti du tir de sommation que l’agent des forces de l’ordre a effectué en provoquant la mort d’un apprenti chauffeur sur la route de Manantali. Après le décès de ce dernier, la population a mené des représailles en s’attaquant aux symboles de l’état. Selon les dires de M. Tounkara, Conseiller à  la préfecture de Kita, les dégâts occasionnés sont estimés à  des centaines de millions. Il faut ajouter que plus d’une dizaine de services de l’Etat ont été saccagés et brûlés. Des véhicules de service ont aussi été calcinés. Mais le calme est revenu dans la ville de Kita depuis, laissant place aux interpellations. Cependant, la population vit dans un climat d’anxiété et envahie par la crainte. Suite aux dégâts causés sur les symboles de l’Etat, une enquête a été ouverte selon la volonté du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. « Nous ne pouvons pas accepter ce genre de comportements car C’’est la culture de la violence qui s’installe progressivement » a affirmé ATT au micro de notre confrère de l’ORTM. Les enquêtes ouvertes à  Kita auront pour but de situer la responsabilité des uns et des autres, dans les dégâts causés. Selon les autorités policières de Kita, 12 personnes ayant participé aux violences ont été arrêtées. Mais la prison de Kita n’est plus fonctionnelle due aux agressions des vandales. Une décision ferme du chef de l’état D’autre part, a rassuré le chef de l’Etat, l’agent en question (qui a commis l’acte déclencheur) répondra de son geste qui n’est ni plus ni moins qu’une bavure policière. Il faut signaler que l’agent, le Caporal Lassine Goita a été arrêté depuis mercredi dernier et écroué au Camp I de la Gendarmerie, en attendant d’être remis à  la justice. Certains pensent que ces évènements malheureux survenus à  Kita étaient prévisibles car la population, était régulièrement tracassée par les « forces de l’ordre ». Selon un notable de la ville, des évènements de ce genre sont très courants à  Kita. A présent, les autorités devront prendre de mesures appropriées afin que de tels évènements ne se reproduisent plus !

Expulsion de Maliens : Alou Badra Macalou interpellé à l’ Assemblée Nationale

Cette plénière s’est déroulée dans la salle Modibo Keita de l’Assemblée Nationale sous la présidence de Dioncounda Traoré, Président de l’Assemblée Nationale ce jeudi. D’emblée, l’honorable député Oumar Mariko du groupe parlementaire PARENA-SADI a demandé au Ministre des Maliens de l’Extérieur des explications sur la politique malienne d’immigration, compte tenu des expulsions massives, et aussi des éclaircissements sur sa gestion concertée des flux migratoires, enfin l’information du public. Selon Mariko, depuis le début de l’année, il y a eu environ 45 expulsions par mois sur Air France, et 135 en août 2008 en charter. En janvier 2008, poursuit-il, 85 maliens ont été expulsés du Mozambique. Cent autres expulsés d’Espagne, enfin,420 maliens ont à  nouveau été expulsés de Libye en Novembre dernier . Le député a aussi indiqué « que pour que les ressortissants maliens puissent être expulsés, le consulat doit délivrer un laissez-passer aux autorités du pays qui font la demande d’expulsion. Ce laissez-passer est une reconnaissance de nationalité et permet qu’un citoyen soit reconduit». « Pourquoi remettez-vous des laissez-passer à  ceux qui sont dans les centres de rétention en France et qui ne veulent pas quitter ce pays, et vous tardez à  le faire pour ceux qui sont dans les prisons Libyennes ? Confirmez vous que les autorités françaises vous remettent 150 euro par laissez-passer délivré? Si tel est le cas, quelle est la justification de ce montant alors qu’aucun soutien n’est apporté aux expulsés ? Les modalités de délivrance de ces laissez-passer restent très opaques. Quelles autres procédures proposez- vous pour leur délivrance ? », a demancé Mariko. La réponse du ministre En réponse, le ministre Makalou s’est limité à  faire l’éloge de la politique du gouvernement en matière de gestion des flux migratoires. Pour lui, le ministère des maliens de l’extérieur a été créee par la volonté du président ATT. Sans apporter d’ éléments concrets au député Oumar Mariko, le ministre a été stoppé dans son intervention par le Président de l’assemblée, car son temps de parole étaitépuisé. Trois autres ministres interpellés Il s’agit du Ministre de l’Equipement et Transport Hamed Diane Semega, de l’Economie et des Finances, Sanoussi Touré tous deux interpellés par le député Tidinane Guindo de l’URD. Sa question était relative au Dédouanement des engins à  deux roues. Le député Guindo s’est plaint du comportement des agents des douanes pour le guichet unique dans sa localité. Le ministre Hamed Diané Semega a répondu au député Guindo par écrit. Enfin le ministre des Mines, Mamadou Igor Diarra en déplacement en France était concerné par la question portant sur l’énergie et l’éau et les aménagements des nouveaux quartiers de Bamako comme Niamakoro, Sénou, Yirimadjo, Sokorodji, Dianéguéla en commune VI. C’’est le député Kalifa Doumbia ,élu à  Bamako, qui devait interpeller le ministre Diarra sur cette question.