Nigéria: que s’est-il passé à Baga?

187 morts et près de 80 personnes encore dans un état grave à  l’hôpital. Voila le bilan des affrontements entre armée et islamistes à  Baga (nord-est). C’est le plus lourd bilan en un jour depuis le début de l’insurrection islamiste dans la région nord du pays. La communauté internationale et en particulier les à‰tats Unis ont vivement condamné « la mort de tant de civils innocents ». Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est déclaré « choqué » par le bilan des victimes et a appelé « tous les groupes extrémistes à  cesser leurs attaques ». Bain de sang Le président nigérian Goodluck Jonathan a ordonné une enquête approfondie pour établir ce qui a conduit à  tel bain de sang, le 19 avril à  Baga, un village de pêcheurs sur les rives du Lac Tchad. La localité est aujourd’hui en ruines, plus de la moitié de ses habitations ont été détruites par les flammes. Baga est situé à  150 kilomètres de la ville de Maiduguri, considérée comme le berceau du groupe Boko Haram. Selon de premières informations, les combats ont commencé lorsque des soldats ont encerclé une mosquée o๠des insurgés étaient cachés. Mais selon un habitant, les violences ont en fait éclaté quand des militants armés de Boko Haram ont voulu rentrer dans un centre o๠des habitants ont l’habitude de « regarder des matchs de football ». Les islamistes auraient ensuite tiré dans la foule paniquée qui tentait de fuir, toujours selon le récit de cet habitant. Des soldats qui se trouvaient à  proximité sont intervenus avant de se replier face à  des insurgés lourdement armés. Des habitants ont affirmé que les hommes de Boko Haram étaient armés de lance-roquettes anti-char. Des soldats sont ensuite revenus avec des moyens militaires renforcés. Des insurgés tués mais aussi de nombreux civils Ensuite, des soldats ont « commencé à  tirer et à  incendier les maisons. Ils ont ouvert le feu sur tout ce qui bougeait. Les femmes, les enfants et les personnes âgées n’ont pas été épargnés », a déclaré cet habitant sous couvert de l’anonymat. A Washington, le porte-parole du département d’Etat, Patrick Ventrell, a déclaré que les Etats-Unis condamnent ces violents affrontements et mis en garde les autorités contre le seul recours à  la force armée. Washington soutient pourtant Abuja dans sa lutte contre Boko Haram mais estime que les autorités nigérianes doivent comprendre que « l’extrémisme violent nécessite plus que la simple réponse sécuritaire » et doivent « répondrent aux problèmes des communautés vulnérables », selon M. Ventrell. Depuis 2009, les attaques de Boko Haram dans le centre et le nord du Nigeria, et leur répression par l’armée, ont fait au moins 3.000 morts.

VIDEO : la traque des islamistes au nord de Gao

Alors que la France a commencé à  retirer ses troupes, presque quatre mois jour pour jour après le début de son opération militaire contre les combattants islamistes au Mali, elle mène depuis dimanche 7 avril une vaste opération pour traquer les jihadistes dans une vallée au nord de la ville de Gao. Cette opération, baptisée « Gustav », est l’une des plus importantes en termes d’effectifs engagés depuis le début du conflit en janvier. Elle mobilise un millier d’hommes, plusieurs dizaines de blindés, des hélicoptères, de l’artillerie, des drones et de l’aviation. Plus de 300 obus et roquettes de gros calibre découverts Lors de sa première journée, les hommes du génie ont trouvé et neutralisé environ 340 obus et roquettes de gros calibre, sommairement cachés sous des acacias le long d’un oued asséché, dans des ravins creusés par l’érosion, rapportent les envoyés spéciaux de France 2, Gérard Grizbec et Tristan Lebras. L’opération va se poursuivre au cours des prochains jours. Soldats français et maliens doivent passer au peigne fin cette vallée de vingt kilomètres de long sur deux de large, o๠des groupes jihadistes pourraient se cacher. Francetv info

Une cinquantaine d’islamistes interpellés après l’opération de Kadji

Montée par l’armée malienne, et menée en collaboration avec l’armée française, il s’agissait d’une opération visant à  démanteler un repère de présumés islamistes, dans un village situé à  proximité de Gao, et en particulier dans un quartier formant une petite à®le. Deux jours de fouilles minutieuses chez les habitants pour une cinquantaine d’interpellations au total. l’armée malienne est satisfaite. Parmi les personnes arrêtées, il y a même un imam. « C’’était un juge islamique », affirme le capitaine Diarra, porte-parole de l’armée malienne à  Gao. Il assure que toutes les personnes appréhendées sont des Noirs, des Songhaà¯. Les suspects ont été interpellés sur la foi des témoignages des habitants ou parce qu’une partie d’entre eux avait fui au premier jour des fouilles, avant de revenir sur l’à®le o๠ils ont été cueillis, au petit matin. « Certains ont déjà  avoué qu’ils avaient collaboré avec le Mujao », affirme par ailleurs le colonel Maà¯ga, qui dirige la gendarmerie de Gao et a participé à  l’opération de Kadji. En tout état de cause, ces personnes restent présumées innocentes jusqu’à  la fin de l’interrogatoire mené dans la gendarmerie de Gao. Aucune arme ni aucun véhicule n’ont été trouvé à  Kadji. « Ils ont tout jeté dans des puits ou dans le fleuve avant qu’on arrive, croit savoir le capitaine Diarra. Ils se doutaient qu’on allait venir ».

Les basketteuses sont de retour « Place de la Charia » à Gao

C’est la fin du jour « Place de la Charia » à  Gao (nord du Mali). Une vingtaine de jeunes s’entraà®nent sur un terrain de basket, enchaà®nant dribles et passes, sous le regard attentif de leur entraà®neur. Des garçons, quelques filles aussi, en jogging satiné et débardeur échancré. Oumar Tonko Cissé, instituteur sexagénaire à  la retraite, est le fondateur du Centre de formation et de promotion sportive de Gao (CFPS). Il en est aussi l’entraà®neur et le président, confie-t-il dans un éclat de rire. Cet homme grand, en survêtement et bonnet de laine, accueille ses « jeunes » avec un grand sourire, cigarette à  la main, sous le porche qui ouvre sur le terreplein central. La plaque « Place de la Charia » n’a toujours pas été enlevée. Mais, depuis le départ fin janvier des islamistes qui ont occupé la ville pendant neuf mois en 2012 avant l’arrivée des forces maliennes et françaises, la place centrale de Gao est redevenue celle « de l’Indépendance ». Pendant les dix mois d’occupation islamiste, le CFPS, fondé en 2004, a poursuivi ses activités, « même les compétitions », précise M. Cissé. Mais sans cigarettes pour lui, punies de coups de fouet, et surtout « sans les filles ». « Dès qu’ils sont partis, on a recommencé comme avant », dit en riant M. Cissé. « Bien-sûr, il y a moins de jeunes. Beaucoup de filles ont quitté la région ». Le visage soudain fermé, M. Cissé raconte qu' »un jour, un groupe de filles a été pris par les Mujao (Mouvement pour l’Unicité et et le Jihad en Afrique de l’Ouest, groupe islamiste armé). Elles ont été +chicotées » (frappées). Certaines ont abandonné et se sont cachées chez elles, d’autres ont demandé à  leurs parents de partir au Sud, et ne sont plus jamais revenues ici ». « Traumatisées » « C’était le sauve-qui-peut… C’est dur, les filles ont beaucoup souffert ici », dit-il. « Elles sont encore traumatisées. Vous voyez? », dit-il en montrant des groupes de jeunes filles qui longent la place. « Elles portent des voiles. Avant, certaines femmes étaient voilées, mais pas toutes! C’est devenu un trauma… » Awa a est une très jolie jeune fille de 15 ans. Grande et fine, cette Peul de Gao a découvert le basket il y a deux ans. Comme beaucoup de femmes, Awa s’exprime difficilement en français. « Elle dit qu’elle est venue au basket car elle admirait certaines joueuses », traduit son entraà®neur, « et sa taille lui donnait un avantage ». « Sous le Mujao, on ne pouvait plus jouer, on n’allait plus à  l’école, alors je restais à  la maison, je faisais le ménage, à  manger pour la famille », confie Awa. « Avant, on faisait des inscriptions en règle pour nos licenciés. Maintenant, on ne demande plus rien. Tout ce qu’on veut, c’est réussir à  approcher à  nouveau les jeunes, et les faire revenir… » Avant, la section foot comptait 26 joueurs, tous des garçons. Mais le basket avait attiré 20 filles pour 30 garçons. « Dans certaines catégories, minimes ou cadettes, les filles étaient plus nombreuses que les garçons », s’esclaffe malicieusement M. Cissé Depuis un mois, Awa est sur le terrain tous les jours: « Je me dépêche après la sortie de l’école », dit-elle en riant. La jeune fille se dit « heureuse » de pouvoir rejouer, même si elle n’a « plus ses copines ». « Malheureusement, celles qui jouaient bien sont parties au Sud. Elles ont trouvé des centres qui les ont prises. Evidemment… », soupire-t-il. « Nous on a fait tout le travail ici, on a semé, et c’est eux, au Sud, qui récoltent.. »

Avons-nous sous-estimé l’ennemi?

Bien sûr que non ! Depuis des mois et venant de partout, des mises en garde sur le risque de guerre larvée, de guerilla qu’entrainerait une intervention armée. C’’était d’ailleurs le principal argument de ceux qui prônaient la négociation, car, il fallait craindre l’ « afghanistanisation » du Mali. Attaques kamikazes, attentats, utilisations de mines… le scénario catastrophe est en train de devenir réalité. Des batailles mais pas encore la guerre Mais alors pourquoi semblons-nous surpris de la force et de la ténacité de l’adversaire ? C’’est vrai qu’après les voir vu « prendre la fuite sans combattre » lors de la montée des troupes maliennes et françaises vers le front, on pouvait se dire que finalement, les « djihadistes » (soldats de Dieu) n’étaient pas si déterminés que cela à  mourir pour leur cause. Ces derniers jours nous ont prouvé qu’ils n’ont fait que reculer pour mieux sauter, se préparant pour ce qu’ils savent bien faire et dont ils ont fait leur stratégie dans d’autres pays, ce que les médias internationaux et les stratèges militaires appellent « guerre asymétrique ». Selon l’encyclopédie en ligne Wikipédia, ce terme compliqué indique une « guerre qui oppose la force armée d’un à‰tat à  des combattants matériellement insignifiants, qui se servent des points faibles de l’adversaire pour parvenir à  leur but souvent politique ou religieux. Les guerres asymétriques englobent notamment le terrorisme ou la guérilla et se distinguent des guerres entre à‰tats ». C’’est exactement ce qui se passe au Mali depuis la mi-janvier avec la première attaque suicide de l’histoire du pays. Après les victoires éclairs des opérations Serval et MISMA, il semble que ce soit maintenant que la guerre a commencé. Avec des règles du jeu définies par les djihadistes. « Des combattants matériellement insignifiants » ? Pas si sûr ! s’ils ne sont pas aussi nombreux que les troupes franco-maliennes qui leur font la guerre, les « djihadistes » sont loin d’être « insignifiants ». En témoigne l’impressionnant arsenal qu’ils laissent derrière eux et qui prouve si besoin en était qu’ils détiennent une puissance de feu à  ne pas négliger. Des armes sophistiqués, dont certaines sont de génération récente et apparemment livrés il y à  peine deux ans aux rebelles libyens comme l’évoquait il y a peu un journal français. Les islamistes armés utiliseraient donc les mêmes armes, ou presque, que les militaires français ? Les combattants islamistes « ont les capacités d’une armée, la capacité de destruction d’une armée ». Ces mots, rapportés le 25 février dernier par l’AFP, sont ceux du Laurent Mariko, commandant de la zone de Gao. l’armée malienne a donc face à  elle un ennemi redoutable. Lourdement armés, les djihadistes emploient également de meurtrières techniques de harcèlement avec les engins explosifs improvisés (EEI), utilisées pour les attentats-suicide ou commandées depuis un téléphone portable. Plusieurs engins ont été déjà  été découverts, dont un lors de l’intrusion jeudi de djihadistes dans le centre de la ville de Gao. Comme l’a écrit un confrère du quotidien burkinabé Le Pays, au Mali, « l’ennemi n’est pas près de disparaà®tre, et la paix est loin d’être installée ». La guerre non seulement au Mali mais aussi dans les pays voisins et ceux qui sont impliqués dans l’opération de la MISMA. Des menaces d’attentats et aussi l’enlèvement de ressortissants français au Cameroun sont la preuve que le conflit malien tend à  s’internationaliser. Notre confrère burkinabé de poursuivre, « toutes les populations ouest-africaines sont donc condamnées, face à  de telles menaces, à  une véritable révolution mentale. l’histoire de l’humanité nous l’a suffisamment enseigné: on ne doit jamais discuter avec la haine, fût-elle religieuse; on la combat ». Mais même maintenant que nous connaissons l’ampleur de la menace, que nous avons une vision claire de ceux que nous avons en face, une question demeure que nous nous posons tous : au nom de quoi se battent et meurent donc ces hommes ? La religion justifie-t-elle vraiment à  elle seule un tel déchaà®nement de violence ?

Les combats se poursuivent à Gao

Des combats se déroulent Gao, dans le centre du Mali. Après avoir impliqué dans la nuit des soldats nigériens, ils opposaient à  la mi-journée des soldats maliens à  « une quarantaine d’islamistes » venus de villages proches de Gao, selon une source militaire malienne. Ils ont lieu près de la mairie et du palais de justice, selon la correspondante de l’AFP, mais également aux entrées Nord et Sud de la ville. Un groupe islamiste armé, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui tenait la ville avant l’intervention française, a affirmé avoir envoyé des combattants à  Gao. « Nos troupes ont reçu l’ordre d’attaquer. Si l’ennemi est plus fort, nous allons reculer pour mieux revenir, jusqu’à  la libération de Gao », a déclaré à  l’AFP Abu Walid Sahraoui, porte-parole du Mujao, sans préciser le nombre de jihadistes envoyés. Le marché principal a été fermé et les rues sont désertées par les habitants, a-t-elle constaté. »Nos troupes font face actuellement aux djihadistes vers la mairie de Gao. Ils ont infiltré la ville, nous ripostons actuellement », a déclaré le capitaine Amadou Diarra de l’armée malienne, interrogé depuis Bamako. Des tirs à  l’arme lourde avaient été entendus pendant plusieurs heures dans la nuit de mercredi à  jeudi à  Gao, aux entrées Nord et Sud de la ville. Trois islamistes tués Trois islamistes ont été tués pendant ces combats avec les soldats nigériens, selon la source militaire malienne de Gao. Gao, située à  1200 km au nord-est de Bamako, a été reprise aux islamistes armés liés à  Al-Qaà¯da le 26 janvier par les soldats français et maliens. Les 8 et 9 février, la ville a été le théâtre des deux premiers attentats-suicides de l’histoire du Mali, commis par deux kamikazes morts en se faisant exploser contre un poste de contrôle de l’armée malienne. Le lendemain, de violents combats de rue ont eu lieu dans le centre de la ville entre des soldats français et maliens et des combattants jihadistes infiltrés dans la ville, qui ont fait au moins cinq morts et 17 blessés. Une voiture explose près d’un camp français à  Kidal A Kidal, à  1500 km au nord-est de Bamako, un « véhicule est arrivé en filant vers le sud-ouest » de la ville et « a explosé à  environ 500 mètres du camp occupé par les Français et les Tchadiens. Deux civils ont été blessés, ils sont à  l’hôpital », a déclaré à  l’AFP un élu de Kidal, information confirmée de source sécuritaire malienne à  Bamako.

Mali : « explosions de mines » et kamikaze à Gao

Après avoir abandonné presque sans combat le nord du Mali face à  l’offensive des soldats français et maliens, les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) ont affirmé jeudi 7 février avoir ouvert un nouveau front dans le pays. Ils revendiquent en effet l’explosion qui a tué quatre militaires maliens mercredi dans la région entre Douentza et Gao, affirmant avoir placé les mines sur lesquelles le convoi a explosé. La gendarmerie malienne a cependant affirmé plus tard que les quatre personnes tuées étaient des civils Un kamikaze se fait sauter A Gao, le kamikaze «est arrivé à  notre niveau à  moto, c’était un Tamashek (Touareg), et le temps de l’approcher, il a fait exploser sa ceinture», a déclaré l’adjudant Mamadou Keita, ajoutant: «il est mort sur le coup et chez nous, il y a un blessé léger». Cette action suicide survient au lendemain d’une déclaration du porte-parole d’un groupe islamiste du nord du Mali, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui a revendiqué la pose de mines, mais aussi des attaques de convois militaires et l’utilisation «de kamikazes» dans cette région.

Les Islamistes se déchirent

C’est le premier coup de théâtre au Nord-Mali, conséquence directe de l’intervention armée de la France depuis deux semaines. Le groupe islamiste touareg Ansar Dine (« Défenseurs de la religion »), qui fait régner la terreur depuis 10 mois à  Tombouctou, Kigal et Gao aux côtés des combattants d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), vient de se scinder en deux. Des dissidents touareg islamistes ont créé leur propre groupe, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA). « Le MIA affirme de la manière la plus solennelle qu’il se démarque totalement de tout groupe terroriste, condamne et rejette toute forme d’extrémisme et de terrorisme et s’engage à  les combattre », affirme la nouvelle entité dans un communiqué reçu jeudi par l’AFP. « L’intervention française au Mali crée aujourd’hui une nouvelle situation politique qui se manifeste par la scission au sein d’Ansar Dine », explique au Point.fr André Bourgeot, spécialiste du Mali au CNRS. « L’avènement du MIA modifie inévitablement les rapports de force politiques dans le nord du pays. » Label « al-Qaida » Le coup d’à‰tat militaire du 22 mars dernier contre l’ex-président malien Amadou Toumani Touré a totalement désorganisé l’armée malienne, qui n’a rien pu faire face aux combattants islamistes qui se sont emparés des trois principales régions administratives dans le nord du pays. La cité de Tombouctou est tombée aux mains d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), anciennement connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Ces djihadistes, qui combattaient en Algérie durant la guerre civile, ont été en partie expulsés du pays par l’armée algérienne. Aujourd’hui réfugié dans le Sahel, le GSPC a obtenu le label « al-Qaida », devenant la branche régionale de la nébuleuse terroriste. Il finance et arme aujourd’hui deux autres groupes islamistes qui lui sont – de fait – affiliés. Né fin 2011, à  la suite de la défection de membres d’Aqmi, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) dicte sa loi dans la région de Gao. Quant à  la ville de Kidal, elle demeure sous la coupe des Touareg islamistes d’Ansar Dine, faction créée elle aussi en décembre 2011. Flexibilité des islamistes « La nouvelle stratégie d’al-Qaida est de mettre sur pied des groupes locaux dirigés par des autochtones, afin de mieux s’adapter aux réalités du terrain », explique André Bourgeot. « S’ils demeurent autonomes, les trois groupes islamistes, qui vivent du trafic de drogue, poursuivent le même objectif : instaurer la charia dans l’ensemble du pays », ajoute le spécialiste du Mali. « Leurs membres peuvent ainsi combattre avec l’un ou l’autre groupe, selon les besoins du terrain. » Mais cette réalité est aujourd’hui bouleversée par l’arrivée du MIA, qui affirme vouloir une solution négociée à  la crise au Mali. à€ sa tête, figure Algabas Ag Intalla, qui n’est autre que l’envoyé d’Ansar Dine, qui s’est rendu en décembre dernier à  Ougadougou pour négocier avec la Communauté économique des à‰tats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) l’arrêt des combats. Or, coup de théâtre, un mois plus tard, le chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, décide contre toute attente de reprendre les hostilités. « Algabas Ag Intalla, très implanté localement, est le seul à  même de rallier à  sa cause d’autres Touareg, comme ceux du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) « , affirme André Bourgeot. La carte touareg Ce mouvement touareg, qui est lui laà¯que, lutte depuis cinquante ans pour arracher à  Bamako l’indépendance de l’Azawad, nom donné au nord du Mali. Il s’est même allié, lors du coup d’à‰tat militaire de mars 2012, aux islamistes touareg d’Ansar Dine pour conquérir les grandes villes du nord. Mais il en a ensuite été exclu. Considérablement affaiblis, les Touareg du MNLA ont déclaré lundi à  l’AFP être « prêts à  aider » l’armée française, en faisant « le travail au sol » contre les djihadistes du nord. « D’un point de vue militaire, je pense que le MNLA n’existe plus », a riposté le lendemain Tieman Coulibaly, le ministre malien des Affaires étrangères. Tandis que les premières forces africaines de la Misma commencent à  se diriger vers le centre du Mali, la nouvelle de la scission d’Ansar Dine pourrait relancer l’hypothèse d’une solution négociée en parallèle. « Algabas Ag Intalla, nouveau chef du MIA, se pose aujourd’hui comme le seul interlocuteur respectable aux yeux de la communauté internationale », analyse André Bourgeot. « Cela renforce la dimension touareg au nord du pays et pourrait favoriser un règlement politique intérieur de la crise, et donc les conditions d’un éventuel retrait des troupes françaises. »

À Bamako, la chasse aux islamistes dérape

Bamako Modibo Doumbia fréquente la mosquée wahhabite Chaka Koné de Niamakoro, à  Bamako. Il est ce qu’on appelle ici un pratiquant sounnite. Un terme qui n’a rien à  voir avec l’appellation «sunnite» (par opposition à  chiite), et qui est utilisé au Mali pour désigner les fidèles d’obédience wahhabite, réputés pour leur rigueur et les signes ostentatoires de leur foi. Mardi dernier, lorsqu’il arrive dans la boutique o๠il travaille, Modibo Doumbia ne trouve pas que des clients. «Il y avait trois gendarmes qui m’attendaient, raconte-t-il. Ils m’ont pris mon téléphone, m’ont demandé de fermer la boutique et de les suivre dans leur véhicule. Nous sommes passés chez les pompiers chercher trois autres gendarmes et des chiens, et nous sommes allés chez moi. Ils ont fouillé toute la maison, ils ont fouillé longtemps, de fond en comble.» Finalement, les gendarmes ne trouvent rien. Mais les malheurs de Modibo Doumbia ne s’arrêtent pas là . «Ils m’ont conduit à  la gendarmerie du Camp 1. Ils m’ont posé des questions sur ce que je pensais du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, l’un des groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, NDLR), ils m’ont longuement interrogé et m’ont gardé toute la nuit. Le lendemain ils m’ont laissé sortir, mais avant ça ils m’ont rasé la barbe.» Humilié, choqué, blessé dans sa foi et son patriotisme, Modibo Doumbia n’a plus cette barbe longue qu’il portait en référence à  une parole du Prophète. Les gendarmes avaient tout prévu: derrière la gendarmerie, ils ont fait venir un coiffeur, exprès. «Tout ce que j’ai fait, profère Adama Traoré d’une voix ferme, pleine de colère contenue, c’est porter une longue barbe et avoir mon boubou relevé au-dessus des chevilles. C’est pour cela qu’ils m’ont interpellé.» Le pantalon ou la djellaba au-dessus des chevilles, un autre signe visible de son appartenance religieuse. Lui aussi fréquente une mosquée sounnite de Yirimadjo, un quartier pauvre et périphérique de la capitale. Lui aussi a fini dans la gendarmerie du Camp 1 de Bamako. «Certains gendarmes disaient que je devais avoir des armes à  mon domicile, mais ils ont bien fouillé et n’ont rien trouvé. Malgré ça, ils m’ont obligé à  me raser la barbe avant de me libérer. Ils disaient que si je ne me laissais pas faire, ils me garderaient en prison.» Adama Traoré porte un grand chèche noir qu’il noue par-dessus son menton, comme s’il masquait une blessure. Comme une personne amputée, la barbe manquante d’Adama Traoré le fait souffrir. «Nous étions une trentaine là -bas, assure-t-il, avec des prédicateurs. Ils ont forcé tout le monde à  se raser.» Islam sounnite ou confrérique Du côté du ministère de la Défense, on affirme «ignorer si c’est vrai ou pas» et n’avoir «aucun élément officiel d’appréciation.» L’état d’urgence décrété au Mali le 11 janvier confère aux autorités «le pouvoir d’ordonner en tout lieu des perquisitions de jour et de nuit.» Ce qui règle la question de la légalité des descentes et des fouilles. Mais pas des abus et des humiliations. Mohammed Kimbiri est premier secrétaire à  l’organisation du Haut Conseil islamique, une institution très importante au Mali, et l’un des responsables de l’association islamique pour le salut A-Islam. «Depuis quatre ou cinq jours, je reçois de nombreux appels de fidèles. La communauté sounnite subit des exactions de toutes sortes, affirme-t-il. Des barbes rasées de force, des ennuis aux postes de contrôle, des caillassages… Il suffit d’avoir le pantalon relevé pour subir tout ça. Et puis, poursuit le responsable islamique, il y a des descentes musclées dans les mosquées, mais uniquement dans les mosquées sounnites.» L’islam sounnite, ou wahhabite, est couramment pratiqué au Mali, mais il reste minoritaire dans un pays o๠domine l’islam dit «confrérique.» «La guerre au Nord fournit l’occasion d’un règlement de comptes», juge Mohammed Kimbiri. Lorsqu’on évoque avec lui la menace terroriste, la nécessité pour les autorités de prévenir tout risque d’attentat, il acquiesce sans hésiter: «Nous sommes d’accord avec ça, l’état d’urgence est salutaire pour nous, il faut chercher ce qu’il y a à  chercher! Mais l’application doit se faire dans la légalité et le respect des fidèles.» La stigmatisation qui touche les musulmans les plus rigoureux commence à  être palpable. Elle surprend, dans un pays musulman à  plus de 90 %. Mais les imams préfèrent prendre les devants pour éviter un fait divers sordide. Vendredi dernier, dans son prêche, l’imam d’une mosquée sounnite de Bamako conseillait aux fidèles de se dépêcher de rentrer chez eux et de ne pas promener leurs longues barbes et leurs boubous relevés aux chevilles dans les rues.

Diabali, les civils se terrent chez eux

Diabali, située dans la zone Office du Niger, et à  quelques 400 kilomètres de Bamako, est tombée hier entre les mains des islamistes et terroristes. Cette localité stratégique comprenant plusieurs casernes, vers la frontière mauritanienne a été toute la journée du lundi théâtre de violents affrontements auxquels ont succédé des raids aériens français dès le petit jour de ce mardi 15 janvier. Ces hommes armés auraient quitté dimanche la zone de Tombouctou avant de s’installer lundi dans la localité et aux abords de celle voisine de Niono. « On est cachés à  la maison » La panique s’est emparée de Bamako à  l’annonce de la chute de cette ville importante pour l’armée malienne sur la route de Bamako. A Ségou, les organisations internationales ont rapidement organisé des plans de rapatriement de leur personnel vers la capitale, craignant sans doute une attaque de la garnison suivante, qui se situe dans la capitale de la 4ème région. Les personnes ayant des parents à  Diabali et Niono ont passé la journée au téléphone pour tenter d’avoir des nouvelles des proches. Mme Cissokho dont les parents résident à  Diabali avoue avoir passé une nuit blanche. « Le matin, j’ai pu avoir mon père qui s’est voulu rassurant. On se cache à  la maison, m’a-t-il dit, mais je sentais bien qu’il était inquiet » raconte-t-elle en ajoutant que ce sont surtout les différentes rumeurs qui se sont succédé dans la journée sur le sort réservés aux habitants de la ville et la perspective de frappes aériennes qui l’a le plus stressée. « Maintenant, ça va mieux, conclut-elle. Je l’ai eu à  nouveau ce matin et ça va ». Les frappes aériennes de cette nuit ont porté sur des objectifs ciblés, évitant au maximum de toucher des zones abritant des populations civils. Plusieurs djihadistes ont été tués au cours de l’opération, selon l’AFP qui rapporte des témoignages de résidents. Toujours selon des habitants de Diabali, les islamistes avaient à  leur arrivée demander aux civils de rentrer chez eux pour éviter d’être pris dans les combats. Pour l’instant, on ne sait pas si la ville a été entièrement reprise par l’armée malienne. Les populations restent chez elles et prient pour le retour rapide à  la normale. Ce mardi soir, on annonce des combats au sol avec l’arrivée des troupes françaises de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, venues prêter main forte aux militaires maliens.

Après de violents combats, Diabali tombe aux mains des islamistes

Ces régions sont situées à  la porte du désert vers l’Est du Mali. Situé à  400 km de la capitale malienne, la ville de Diabali est prise entre les feux des islamistes chassés par des bombardements aériens français depuis la frontière mauritanienne. Depuis hier dimanche vers le crépuscule, le combat s’est intensifié dans les localités de Diabaly, Kourouma et Choala. Peur générale Par peur les populations sont restées terrées chez elles. Une conseillère municipale de Kourouma jointe par téléphone ce matin confirme les pluies des balles qui pleuvent sur leurs localités. « Le sous préfet de Diabaly a donné des consignes à  la population de rester retranchée dans les maisons. Nous avons peur ici car les bruits abasourdissants des armes lourdes retentissent partout. C’’est de la panique générale ici. Dans la même localité ou les combats font rage, un autre habitant joint par téléphone affirme avoir vu des blessés qui ont été victimes de balles perdues :  » Les islamistes sont entrés à  pied en ville en laissant plus d’une trentaine de leurs véhicules à  une dizaine de kilometres de la ville de Diabaly. Ici, on peut même voir ces islamistes entrain de circuler librement » témoigne t-il. Renforts et sécurité D’autres sources concordantes indiquent que depuis samedi, l’arrivée de ces rebelles était imminente dans certains villages riverains : « Des bergers de ces villages se sont vus dépossédés de leur bétail par ces hommes armés », explique un habitant du village de Choala. A signaler que les habitants de ces zones rizicoles ont cessé d’aller aux travaux champêtres. Car les mesures de sécurité ont été renforcées avec le verrouillage des différentes localités depuis par les forces de l’ordre :  » Depuis 15 heures dimanche, personne ne pouvait sortir de la ville ; les militaires ont quadrillé la ville » , indique Zoumana Coulibaly. Il ajoute qu’ils ont des marchandises à  vendre au marché de Niono mais avec la situation, C’’est le blocage ». Des sources militaires depuis Bamako indiquent que l’armée malienne a repoussé les islamistes et qu’un important renfort serait arrivé à  Diabaly. Cependant l’évidence est que la ville de Niono située à  quelques dizaines de kilomètres vit dans l’angoisse de l’avancée des rebelles dans le cercle. Et dans la capitales malienne, tous les regards sont braqués vers cette localité du Mali qui est le poumon économique de la region de Ségou avec ses zones rizicoles (Office du Niger). Aux dernières nouvelles, la ville serait désormais aux mains des islamistes armés.

Les frappes françaises se poursuivent au Mali

Les avions français ont bombardé des cibles dans le nord du Mali, notamment à  Gao, le fief des rebelles. Les islamistes sont mieux équipés et entraà®nés que prévu, a glissé l’entourage de François Hollande. • L’avancée islamiste contenue, des civils tués L’armée malienne, appuyée par des forces françaises, a repris samedi le contrôle complet de Konna après de violents affrontements. L’état-major malien fait état de 11 morts dans ses rangs et une centaine chez les islamistes. Un officier français a lui été mortellement blessé vendredi lors d’un raid hélicoptères. La France a joué «un rôle capital» aux côtés de l’armée malienne dans la reprise de la ville, a estimé le capitaine Amadou Sanogo, chef des putschistes de mars 2012 et à  la tête d’un comité militaire officiel. Parmi les pertes essuyées par les islamistes figure un haut responsable du groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l’Islam), Abdel Krim dit «Kojak», «un revers de taille», jugent des experts de la région. Les affrontements à  Konna ont également fait des morts dans la population civile. L’ONG Human Rights Watch affirme que dix civils, dont trois enfants, ont péri. L’association s’inquiète du sort des enfants soldats enrôlés chez les islamistes, qui ont «été blessés, et pour certains sont sans doute tués au cours des combats». • Troisième jour de frappes aériennes Les frappes aériennes françaises se sont poursuivies samedi et dimanche afin de bloquer l’avance de colonnes de pick-up armés des islamistes. «Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain», a déclaré sur Europe 1 le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, pour qui sans intervention extérieure, les rebelles islamistes auraient fait tomber Bamako en deux ou trois jours. Les cibles se trouvent dans plusieurs localités du nord du Mali, comme un camp de combattants jihadistes à  Léré, à  quelque 150 km au nord de Konna, et proche de la Mauritanie. Les appareils français ont visé des dépôts d’armes, de munitions et de carburant stockés par le groupe Ansar Dine . Quatre avions de combat Rafale venus de France ont également visé et détruit dimanche plusieurs cibles à  proximité de Gao, le fief des islamistes. «Des camps d’entraà®nement, des infrastructures et des dépôts logistiques constituant les bases arrière des groupes terroristes» ont été détruits, a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué. Selon le ministre, la progression des islamistes vers le sud du pays n’est pas encore «totalement empêchée». Les colonnes «terroristes» descendaient depuis jeudi «par deux voies», «la voie ouest et la voie est», a-t-il souligné. Si la seconde n’avance plus, sur la voie ouest les accrochages continuent. La France affronte des groupes islamistes sont mieux équipés et armés que prévu, a glissé l’entourage François Hollande. «A l’origine, on pouvait penser qu’il s’agissait de quelques soudards à  bord de Toyota avec quelques armes mais les groupes ont récupéré en Libye un matériel moderne sophistiqué, beaucoup plus robuste et efficace que ce qu’on pouvait imaginer», explique-t-on. • Des renforts français et africains Des militaires français sont arrivés samedi à  Bamako en provenance de Côte d’Ivoire et du Tchad. Ces hommes «seront rejoints par d’autres qui arriveront directement de la France dans les heures qui suivent. D’ici à  lundi prochain, le groupe sera au complet et opérationnel aux côtés de leurs frères maliens au front», a affirmé la télévision publique l’ORTM, sans fournir de nombre. Interviewé, le commandant du détachement français au Mali, le colonel Paul Gèze, a déclaré: «Mes souhaits, quant à  la mission» assignée, «c’est de la réussir le plus rapidement possible, dans les meilleures conditions possibles, avec toujours le souci de la sécurité des personnes – que ce soit de la population malienne, de mes hommes ou de l’armée malienne». La Grande-Bretagne annonce qu’elle va fournir une assistance militaire logistique à  la France mais ne déploiera pas de personnel en situation de combat. Des troupes originaires de plusieurs pays africains sont également attendues. Le Burkina Faso, le Togo le Niger et le Sénégal vont déployer chacun un bataillon de 500 hommes, le Bénin 300. Le Nigeria affirme avoir envoyé une équipe technique de l’armée de l’Air ainsi que le commandant de la future force internationale. Le sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui doivent former une force d’intervention contre les islamistes occupant le nord du Mali, n’aura pas lieu mercredi mais samedi prochain à  Abidjan. • Villepin défavorable à  l’intervention française Alors que la classe politique soutient dans sa majorité l’intervention française au Mali, Dominique de Villepin a fait entendre sa voix discordante dans une tribune au Journal du Dimanche, intitulée «Non, la guerre ce n’est pas la France». «L’unanimisme des va-t-en-guerre, la précipitation apparente, le déjà -vu des arguments de la guerre contre le terrorisme m’inquiètent», écrit celui qui avait porté en février 2003 à  l’ONU le «non» de la France à  la guerre en Irak et qui ne cite jamais le nom de François Hollande. Pour Villepin, «au Mali, aucune des conditions de la réussite n’est réunie». «Nous nous battrons à  l’aveuglette. Arrêter la progression des djihadistes vers le sud, reconquérir le nord du pays, éradiquer les bases d’Aqmi sont autant de guerres différentes», ajoute-t-il. Dénonçant un partenaire malien instable politiquement, il dénonce aussi le manque «d’appui régional solide».

Entre calme, espoir et inquiétude à Bamako

«Il y a des raids en permanence. Il y en a en ce moment, il y en a eu cette nuit, il y en aura demain», a déclaré le ministre, soulignant que l’avancée des groupes armés n’est pas «totalement empêchée». Pendant ce temps, à  près de 700 km de là , dans la capitale Bamako, la population reste partagée entre l’espoir de la reconquête et la crainte des jours à  venir. l’espoir règne à  Bamako, parce que la libération de Konna donne du baume au C’œur à  une population qui attend depuis neuf mois que les deux tiers nord du pays soient libérés, et aussi parce que cette première victoire est peut-être aussi un premier pas décisif. La ville est calme, parce que les combats se déroulent à  plusieurs centaines de kilomètres. Les rues ne sont pas vides, les gens circulent, les marchés sont remplis. Bref, la vie continue presque normalement. Presque normalement, car C’’est aussi l’inquiétude. l’issue et la durée des combats sont évidemment encore incertains, et donc sources de préoccupations. Surtout, l’état d’urgence a été décrété dans tout le pays, ce qui signifie que des perquisitions peuvent avoir lieu jour et nuit et en tous lieux. Le gouvernement a pris soin de le rappeler, dans un communiqué diffusé hier en fin de journée. Autre précision apportée par le gouvernement, les autorités sont dorénavant susceptibles de prendre toutes les mesures appropriées, pour assurer le contrôle de la presse, des radios et des télévisions. Les soldats français à  Bamako Désormais, les soldats français sont aussi positionnés en nombre dans la capitale malienne. Ils sont arrivés samedi à  l’aéroport. Ce sont des hommes qui appartiennent au groupement tactique interarmes, le fameux GTIA, comprenant des forces françaises justement prépositionnées en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire et au Tchad. Un bon accueil leur a été réservé. Une partie de ces troupes va rester à  Bamako – environ 200 – et l’objectif sera d’assurer la sécurité des ressortissants français, mais de sécuriser également la ville elle-même. Une autre partie des troupes devrait rapidement aller se positionner au Nord, avec dans un premier temps comme mission, après avoir stoppé l’avancée des jihadistes, de stabiliser le front. Sanogo sort de son silence Le capitaine Amadou Haya Sanogo, président du Comité militaire de suivi des réformes des forces de défense et de sécurité du Mali, ex-chef de la junte qui a opéré le coup d’Etat du 22 mars 2012, s’est exprimé au micro de la Radio Télévision malienne, pour exprimer sa joie après l’intervention française, à  l’occasion d’une visite aux blessés à  l’hopital : « Nous nous félicitons d’avoir l’assistance française à  nos côtés aujourd’hui et qui a joué un rôle prépondérant, capital, dans le soutien aérien, et pour ces opérations aujourd’hui. à€ l’instant o๠je vous parle, je parle ravi, pour la simple raison que les dégâts – secret militaire oblige je ne parlerai pas de tout ça aujourd’hui à  la télévision -, mais je dirai quand même merci à  tous nos partenaires qui sont à  notre chevet aujourd’hui ».

Le mystère de Konna…

l’armée malienne aurait déclenché ce vendredi matin une offensive contre les islamistes pour reprendre la localité de Konna, dans le centre du Mali, conquise la veille par les jihadistes, a indiqué à  l’AFP un officier de l’armée malienne, selon lequel des appareils militaires de « pays amis » sont utilisés.« Notre offensive a commencé. l’objectif est de reprendre le contrôle total de la ville de Konna et de progresser après » vers les positions des islamistes, a déclaré à  l’AFP cet officier sous couvert d’anonymat. Il a ajouté, sans fournir de détails, que des « appareils militaires de pays amis » sont utilisés contre les jihadistes. l’offensive aurait donc débuté dans la matinée après que la ville ait été déclarée sous contrôle islamiste, jeudi tôt dans l’après midi. Du coup, une panique générale avait gagné les habitants de Sévaré, o๠les forces armées s’étaient repliées. Interrogé sur RFI, un habitant de la ville garnison située à  15km de Mopti, avait réclamé l’aide de la communauté internationale, alors que d’autres ont fui la ville, en descendant plus au Sud. Informations tous azimuts Tard dans la soirée, on apprenait que du renfort avait été envoyé à  Mopti et que deux avions militaires étrangers y auraient atterri. Ce qui est sûr C’’est qu’il y a eu du mouvement dans la nuit, après que des sources moins positives aient annoncé que les soldats avaient laissé dans la petite localité située à  50km de Mopti, une partie de leur arsenal. De quoi créer la psychose sur la suite des opérations. Tout comme cette rumeur de camions entrant à  Sévaré, avec des cadavres de soldats… Ce vendredi, les interrogations continuent. Les informations affluent de toutes parts, mais il ne faut pas céder à  la psychose, ni à  l’intoxication, prévient ce colonel de la DIRPA. Au moment o๠toute la presse malienne internationale est conviée pour une conférence de presse destinée à  livrer quelques informations aux médias. Une volonté sans doute de réa-ngler les choses, dans un contexte, o๠la rumeur a tôt fait d’enfler… Prodi n’a rien dit Du côté des autorités maliennes, le Président malien est lui attendu à  Paris mercredi. Conscient de la gravité de la situation, le président François Hollande, qui a déclaré que la France répondra à  l’appel des autorités maliennes, mais seulement dans le cadre des résolutions des Nations Unies. Il faut tout de mêle signaler que Romano Prodi, l’envoyé spécial de Ban Ki Moon au Sahel, s’est fendu d’une conférence de presse insipide, o๠rien de concret n’a pu être dit aux journalistes, à  part, que les experts militaires des Nations Unies sont mieux informées. Délai ou pas, la guerre elle a commencé, même si Prodi se dit « préoccupé »… A Bamako, comme au front, la tension est perceptible. l’inquiétude demeure surtout quant à  l’avancée possible o๠non des rebelles et djihadistes, qui ont promis d’instaurer la charia à  tout le Mali. En jeu désormais, Sévaré, qui comporte une piste d’aéroport stratégique o๠une aide internationale pourrait être acheminée pour aider le Mali. Pour parer à  cela, les forces armées auraient repris une offensive pour contrôler à  nouveau Konna…

Le « Festival Au Désert » change d’itinéraire…

Habituellement organisé au mois de janvier et spécialement consacré au Nord et à  la culture touareg et réunissant ainsi les plus grandes voix dans le désert, le festival au désert se voit changer son programme de 2013 après de longues réflexions. Ces organisateurs ont décidé d’organiser une édition très spéciale en organisant une caravane. Ladite caravane fera le tour de certains pays africains comme le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie, l’Algérie et le Mali. Selon les organisateurs, «Â cette édition est un moyen pour les organisateurs de manifester leur soutient aux peuples maliens notamment ceux des régions occupées ». Une chose est sure, le nombre de touristes de cette année ne serait pas aussi important que celui des éditions précédentes. Néanmoins aux dires des organisateurs les touristes sont appelés à  prendre place à  l’une des caravanes, celle de l’Ouest pour des raisons de sécurité. Le programme prévoit une caravane consacré à  l’Est et d’une autre consacré à  l’Ouest. Parrainée par Oumou Sangaré Ambassadrice de paix, la caravane de l’Ouest  impliquera plusieurs artistes au nombre desquels: Tartit, Haira Arby du Mali, Noura Mint Seymali de la Mauritanie,Taragalte du MaroC’… Du 7 au 9 février la caravane sera à  Kobeni en Mauritanie avant de descendre à  Ségou le 14 dans le cadre du Festival de Ségou. Une soirée spéciale pour la paix et l’Unité Nationale du Mali sera animée le 16 février à  Bamako par Oumou Sangaré. La visite, les 20, 21,22 février au Village-Opéra Laongo au Burkina Faso mettra fin à  la caravane de l’Ouest. Celle de l’Est sera animée entre autre par : Tinariwen du Mali, Les amis de koudede… Elle partira de Tamanrasset en Algérie pour se rendre à  Niamey (Niger) ou est prévue une Nuit des Artistes pour la Paix le 16 février. Les deux caravanes se retrouveront à  Laongo au Burkina Faso, lieu de rencontre pour les 3 jours de musique.

Nouvelles du front, Konan est tombé

Depuis quelques heures les choses se précipitent sur le front militaire. Après l’annonce de la reconquête de Douentza(150 km de Mopti), par des militaires de l’armée malienne, des nouvelles contradictoires sont venues de la région de Mopti, théâtre depuis 72heures de combats entre les troupes républicaines et les islamistes armés d’AQMI, du MUJAO et d’Ansar Dine. A la mi-journée, une autre information sème la panique dans Bamako, la ville de Konna, o๠l’armée avait réussi à  repousser une attaque, est finalement tombée entre leurs mains. Un responsable du groupe jihadiste Ansar Dine a confirmé l’information à  l’AFP, assurant qu’ils allaient continuer leur progression vers le Sud. »Nous sommes actuellement à  Konna pour le jihad. (…) Nous contrôlons la cité presque en totalité. Après, nous allons continuer à  progresser vers le Sud, a dit ce responsable, Abdou Dardar, joint par téléphone depuis Bamako et dont les propos ont été traduits à  l’AFP par un interprète nigérien. Il a affirmé parler au nom de tous les jihadistes. La prise de Konna a été confirmée par le maire de la localité, joint par téléphone par journaldumali.com. En fin d’après -midi, il semble que ce soit la ville de Sévaré qui soit la prochaine étape des islamistes armés. La ville abrite depuis plusieurs mois le gros des troupes de l’armée malienne et est la frontière militaire entre le nord occupé et le sud sous contrôle gouvernemental. Plusieurs personnes vivants à  Mopti ont appelé leurs familles à  Bamako pour partager des informations faisant état de la présence aux abords de la ville d’éléments armés. D’autres évoquent même la prise de la ville ou du moins sa traversée par des éléments des groupes islamistes. Les militaires se seraient repliés pour renforcer la sécurité de la ville qui est le dernier véritable verrou sur la route de Bamako, la capitale. Les islamistes armés qui occupent trois régions nord du Mali depuis mars dernier ont entamé des discussions avec les autorités de Bamako sous l’égide du médiateur burkinabé, Blaise Compaoré. Une rencontre devait se dérouler ce jeudi 10 janvier mais les dernières évolutions sur le terrain militaire ont poussé au report de ce rendez-vous. Cependant, il semble finalement que les groupes islamistes tenaient un double langage puisqu’ils s’étaient réunis en fin de semaine dernière pour sceller une alliance en vue de partir ensemble à  la conquête de Bamako, objectif qu’ils avaient déclaré dans un premier temps ne pas les intéresser. Aucune information n’a été donnée pour l’instant du côté de l’Armée Malienne.

Bamako et Kati en agitation

l’armée malienne a reçu du renfort de Sikasso et Ségou. Sous la conduite du Colonel Major Didier Dakouo, nos forces armées tiennent bon sur trois points clés proches de la ligne de démarcation : à  Mopti, Konan et Diabaly, dans la région de Ségou. Contre toute éventuelle attaque nouvelles des islamistes, les autorités ont jugé bon de renforcer l’arsenal militaire. Ainsi des armes auraient aussi été acheminées vers Mopti, armes qui étaient bloquées à  Conakry au plus fort de la crise malienne. Deuxièmement, sur la capture des 12 soldats maliens, rapportée par la chaà®ne d’information Qatari Al Jazeera, a tout simplement été démentie par le ministre de la Défense du Mali, sur les ondes de RFI, ce mercredi matin. «Â Nos hommes tiennent bon, il n’y a rien », a en substance affirmé le Colonel Yamoussa Camara à  la radio mondiale. Cela nous rassure… Bamako et Kati s’échauffent à  nouveau A Bamako, il y a du mouvement. Ce mardi matin, des marcheurs ont envahi la rue, les axes principaux et bloquer le Pont Fahd en direction du centre ville depuis l‘aube. Circulation coupée, des voitures rebroussent chemin. La veille, des sources ont été informées d’une «Â marche en direction de Koulouba » pour réclamer la tenue des concertations nationales, et d’après une autre source à  Kati : «Â demander la démission de Dioncounda Traoré… ». Vers midi, le mouvement s’est tassé et à  Kati, les routes ont été bloquées. Personne n’entre et ne sort de la ville garnison comme pour parer à  tout désordre. A Bamako, les marcheurs guidés par la COPAM, ont promis un sit-in et une nouvelle marche mercredi. On se demande pourquoi Bamako entre dans une telle agitation alors qu’à  Mopti, les forces de l’ordre stationnent pour parer à  toute menace d’attaque. Le Mali a-t-il encore de besoin de ce genre de désordre quant C’’est l’intégrité du pays qui en jeu. Il faut croire que ceux manipulent ces foules à  sortir dans la rue n’ont pas intérêt à  ce que la Paix revienne au Mali. Précautions à  prendre ! Dernière mise à  jour : 13h06

Embuscade des islamistes : l’armée malienne prête à réagir ?

Cette fois, il ne devrait pas y avoir de repli stratégique. C’’est du moins ce qu’espère la population de Mopti o๠l’angoisse serait perceptible depuis quelques jours, selon un habitant. Après l’annonce de la descente rapide des islamistes vers Douentza, C’’est l’armée malienne qui semble prendre les devants, en avançant aussi vers Douentza, la ville tampon avant Mopti et Sévaré. Les troupes stationnées à  la ligne de front à  Konan auraient ainsi grignoté du terrain. Et repoussé l’ennemi qui aurait reculé, précisent les agences de presse. Si la prise de Mopti serait dramatique pour l’évolution de la situation, la piste d’aéroport est aussi visée pour empêcher l’arrivée au sol de quelconques troupes panafricaines ou de la CEDEAO. Mais il est certain que sur place, il y a du mouvement. Si les djihadistes opèrent par embuscade, cette fois, ils ont eu affaire à  une réponse de l’armée. Des tirs de sommation ou tirs de dissuasion de la part de nos forces armées, ont été rapportés entre lundi et mardi dans la soirée. Comme un message à  l’ennemi, qui on a l’impression, teste aussi nos soldats par des rondes et files de véhicules patrouillant aux abords ces villes tampons. Et ce sont toujours des habitants qui les voient et témoignent. Autre information plus inquiétante, mais toujours invérifiée et confirmée par les autorités, celle de la capture de 12 soldats maliens par les djihadistes, et que nous révèle la chaà®ne d’information Qatari. On le sait le Qatar est accusé de financer les islamistes au Nord et ce genre de nouvelles est de nature à  semer la panique chez les habitants de Mopti ou à  créer la propagande. Mais il faut tenter de relativiser. Pour l’heure, le face à  face n’a pas encore eu lieu et les autorités sont sur le Qui-vive. Les choses pourraient-elles se précipiter et la guerre commencer plus vite que prévue ? Une réunion des Etats majors devrait avoir lieu ce mardi précise RFI. Cette fois, il faudra des décisions au sommet, et ne pas laisser des généraux livrés à  eux-mêmes sur le terrain. Pour l’heure, les deux fronts se surveillent. Pour rappel, Mopti est à  600 km de la capitale malienne. Notre dernier bastion contre les fous armés.

Les islamistes en route vers le Sud

l’affrontement aura-t-il bientôt lieu entre islamistes armés et forces de l’ordre malienne ? Alors que certains éléments ont hâte d’en découdre avec les envahisseurs du Nord, on apprend que la progression des djihadistes vers le sud s’accélère davantage, ces derniers jours, laissant entrevoir un possible affrontement entre les deux camps ennemis. Si ces derniers accusent Bamako de vouloir précipiter l’offensive alors qu’une promesse de dialogue a été formulé, une plateforme a été proposée par Ansar Eddine au médiateur Compaoré. Plateforme et qui reste inflexible, quant à  l’application de la charia, alors que du côté de Bamako, on ne transige pas sur le principe républicain de laà¯cité du Mali. Autant dire qu’on va vers le dialogue des sourds et la voie des armes… D’après les dernières éléments de RFI, « les djihadistes continueraient d’affluer vers la localité de Bambara Maoudé, un peu au sud de Tombouctou, en direction de Douentza. à€ bord d’une cinquantaine de véhicules, les islamistes seraient même à  une quarantaine de kilomètres de la ligne de front, dans une localité du nom de Boré. Des témoins les ont vu armés, en train de constituer des petit groupes à  l’est et à  l’ouest de cette localité qui débouche sur Konan, ville o๠les troupes régulières sont armées jusqu’aux dents. Et au cours des 24 dernières heures, ils ont véritablement progressé. Ils sont dans un premier temps arrivés dans le village de Ngouma, situé à  90 km de Douenzat. Ils ont contourné le lac Gnagagne, pris ensuite la direction de Nimignama, autre petite localité, avant de remonter sur la route nationale bitumée, pour se retrouver actuellement à  Boré. C’est-à -dire quasiment face à  face avec l’armée malienne ». Que croire ? Que les fous de la charia vont attaquer avant d‘être attaqués ? Offensive ? Jeudi 3 janvier, révèle une autre source, environ 200 véhicules ont encerclé et quadrillé la ville de Douentza pour rallier de jeunes éléments au Mujao contre monnaie sonnante et trébuchante. Par ailleurs, après Douentza, cap sur Sévaré, ville d’entrainement de l’armée malienne à  près de 15km de Mopti, elle base de l’armée, autant dire que les choses pourraient s’accélérer très vite. A Kati, alerté, le capitaine Sanogo aurait fait envoyer une partie de l’armement provenant de Guinée pour renforcer les positions maliennes et préserver Sévaré contre l’invasion de Mopti. Tentative d’intimidation des groupes rebelles et islamistes armés ? A noter que près de 400 instructeurs militaires européens doivent arriver à  Sévaré pour former les troupes maliennes sous la direction du Général français Lecointre récemment nommé. Reste que sur place, la situation reste tendue alors que des affrontements ont opposés le 3 janvier également des éléments du MNLA au groupe rebelle Ganda Izo, montrant la volonté de ces groupes d’auto-défense de participer à  une offensive malienne pour la libération du nord. Les jours qui viennent nous en diront davantage.

La guerre a commencé

Informations contradictoires, rumeurs plus alarmistes les unes que les autres, menaces et démentis…Sur le plan de la communication, les parties engagées dans la crise politico-sécuritaire au Mali ne se font pas de cadeaux. Stratégie « zéro info » Il est évident que l’Armée malienne ne va pas se fendre de communiquer pour informer la population de ce qui se prépare en ce qui concerne l’offensive au nord. Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme la « grande muette ». Il ne se trouvera personne dans le haut commandement militaire pour donner des indications claires sur ce qui se prépare en ce moment. Ce qui est, comme de dirait l’autre, « de bonne guerre » même si cela laisse un sentiment d’inertie dans la population qui a hâte de voir les choses bouger…Mais depuis que l’option de l’intervention militaire se concrétise de plus en plus, les groupes armés qui sévissent dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou redoublent d’efforts pour être cités dans l’actualité. D’amputations filmées et diffusées dans leur intégralité sur les chaà®nes internationales aux « rumeurs » sur d’éventuels attentats à  Bamako pendant les fêtes de fin d’année, tout est bon pour maintenir la pression et montrer la détermination. Des informations qui ne sont d’ailleurs pas minimisées par les autorités de Bamako qui ont préféré par exemple faire annuler un rassemblement prévu le 31 décembre sur la place de l’Indépendance par la jeunesse. On parle d’infiltration d’éléments dangereux dans les centres urbains avec des desseins plus meurtriers les uns que les autres. Les corps armés sont sur les dents et les contrôles d’identité se multiplient, de jour comme de nuit. Info vs Intox La BBC(British Broadcasting Corporation, chaà®ne anglaise) a évoqué il y a quelques jours sur ses antennes avoir appris que les différents groupes islamistes armés se sont retrouvés à  quelques kilomètres de Mopti pour sceller une alliance pour faire face ensemble à  une opération armée. Au même moment, on annonce des négociations directes avec les autorités de Bamako à  partir du 10 janvier. Certains de leurs combattants auraient déposé les armes en Mauritanie, mais sur les chaà®nes internationales, on nous informe que des vagues entières de nouveaux djihadistes rejoignent leurs rangs, au point qu’ils sont en mesure de créer de nouvelles « katibas »Â… Alors négociations réelles ou durcissement du message islamiste ? l’Armée malienne n’est pas épargnée par les fausses informations qui circulent. Ainsi, en fin de semaine dernière, Bamako bruissait de rumeurs faisant état d’une attaque visant les forces armées maliennes. Les militaires auraient alors fui la ligne de front, Mopti aurait été attaquée, les casernes de Sévaré, o๠est cantonné le gros des troupes maliennes auraient été déserté ! Intox, affirme une source militaire, pour qui les populations doivent garder la tête froide face à  ce genre d’information. Ceux qui colportent ce genre de rumeurs sont « des ennemis du Mali ». Communiquer en tant de crise est un exercice difficile. La complexité de celle que traverse le Mali rend la tâche encore plus ardue. Une chose est sûre, l’information est stratégique en période de conflit. Cela, les parties dans celui du Mali l’ont bel et bien compris et ce n’est pas demain la fin des rumeurs, des démentis…

Les Islamistes menacent un chef religieux malien

Il s’agit du leader du Mouvement Spirituel Ansar Dine. «Chérif Ousmane Madani Haà¯dara a reçu ces derniers jours plusieurs menaces de mort par téléphone, directement ou via ses proches. Ce sont les islamistes du Nord qui ont téléphoné», a affirmé Ousmane Diallo, un proche de M.Haà¯dara. Selon M. Diallo, un de ceux qui l’ont menacé lui a dit : «On va te tuer parce que tu ne veux pas de notre islam. (…) On va te tuer parce que tu ne veux pas de la charia (loi islamique) au Mali.» Chérif Ousmane Madani Haà¯dara, le plus célèbre prêcheur malien, dirige une association musulmane qui regroupe des dizaines de milliers de fidèles au Mali et dans d’autres pays ouest-africains. Cette association, Ançar Eddine (défenseurs de l’islam), porte le même nom qu’un des trois groupes islamistes armés liés à  Al Qaà®da qui occupent le nord du Mali, mais elle s’en démarque totalement… «Nous n’avons rien à  voir avec Ançar Eddine du Nord. Nous condamnons les mains qu’ils coupent. Nous condamnons leur islam», avait déclaré M. Haà¯dara à  l’AFP. Le président de l’Union des jeunes musulmans du Mali, Mohamed Macky Ba, un imam de Bamako, Mahamadou Diallo, ainsi qu’un autre prêcheur, Thierno Hady Thiam, ont également affirmé avoir reçu des menaces de mort par téléphone. Interrogé par l’AFP, un responsable au ministère malien de la Sécurité a indiqué être «au courant» de ces menaces et affirmé que le ministère avait pris «les dispositions sécuritaires nécessaires pour assurer la protection des personnes menacées».

Comment Gao a sauvé son musée des islamistes

Sauver le musée du Sahel des griffes des islamistes. Aldiouma Yattara n’a pensé qu’à  cela quand le Mujao a pris en mars dernier le contrôle de Gao, l’une des plus importantes villes du nord du Mali. « On sait bien qu’ils considèrent tout ce qui touche à  la culture comme subversif . Et pour moi, ce musée, C’’est ma vie », explique le directeur, de passage à  Metz hier dans le cadre du jumelage de sa ville avec celle de Thionville. Toute la population s’est donc mobilisée pour mettre à  l’abri les trésors que recèle cet équipement qui fait la part belle aux deux ethnies qui ont le plus marqué l’histoire locale de cette région : les Songhaà¯s et les Touaregs : « De nuit, discrètement, nous avons décroché la signalétique et sorti 150 des 1 250 plus belles pièces pour les cacher chez des gens qui sont les garants de la sauvegarde de ces cultures. Elles sont en lieu sûr. » Parmi elles notamment des statuettes d’artisans touareg ou des instruments de musique. Appel à  l’aide Résultat : aucun pillage ni aucune dégradation n’ont été constatés. Le Mujao a juste pris ses quartiers dans un bâtiment tout juste terminé et initialement destiné à  servir de nouvel écrin au musée. Le conservateur, lui, a été contraint à  l’exil : « En tant que gestionnaire de structure culturelle, ma vie était en danger. On a fermé la maison et on l’a confiée à  un gardien. Avec ma famille, nous sommes depuis sept mois à  Bamako. » Les deux-tiers des 70 000 habitants de Gao ont suivi le même chemin. Tant le quotidien est devenu irrespirable au Nord : « Les islamistes ont imposé la charia. à€ l’école, garçons et filles ont été séparés. Les femmes ne peuvent sortir que voilées. l’adultère est sévèrement puni. Dans la rue, il est interdit de fumer, de danser ou de parler à  une femme. Quand ces règles sont enfreintes, des châtiments allant jusqu’à  l’amputation de membres sont administrés. Des églises et des cafés ont été saccagés. Les banques pillées, les instruments de musique brûlés. Par ailleurs, tous les agents d’à‰tat ont disparu, ce qui provoque de graves dysfonctionnements sur le fonctionnement des hôpitaux, de l’électricité ou du réseau d’eau. Et beaucoup de jeunes ont été enrôlés contre de l’argent. » Un chaos qui le pousse à  lancer un appel à  l’aide deux jours après la mise en place par la junte d’un nouveau Premier ministre, Diango Sissoko, saluée par l’union Européenne : « Cette crise dépasse le cadre du Mali. Elle menace tous les pays frontaliers. C’’est à  la France d’aider son ancienne colonie. Soit en relançant les négociations avec les islamistes, soit en soutenant une intervention armée . Et le plus tôt sera le mieux parce qu’on souffre. »

« Le Qatar intervient-il au Nord Mali? »

Alors que la Cédéao se prépare prochainement à  une intervention armée pour reconquérir le Nord Mali, en réaction au coup d’à‰tat du 22 mars 2012 ayant renversé le régime d’Amadou Toumani Touré, on parle de plus en plus de l’implication du Qatar dans cette partie du Sahel. Profitant de la double crise que connait le pays -des mouvements islamistes ont profité de la rébellion touarègue pour prendre le contrôle du nord du pays et un coup d’Etat militaire a renversé le président sortant à  Bamako- l’émirat avancerait ses pions sur ce territoire en voie d’Afghanisation. Un jeu qui, s’il est confirmé, s’avèrerait assez dangereux. La présence du Qatar au Mali est avérée mais selon des modalités qui restent floues Si la présence du Qatar au Mali est avérée, il est difficile d’avancer franchement que l’émirat tente de faire évoluer politiquement et stratégiquement la situation dans un sens ou dans l’autre. Cependant, malgré le peu de preuves de l’implication de ce pays dans le soutien aux combattants armés, un faisceau d’indices laisse penser que cela pourrait être le cas. Tout d’abord, le Qatar dispose déjà  d’un réseau de financement de divers madrasas, écoles religieuses et oeuvres caritatives qui datent des années 1980 et 1990 au Mali, comme dans d’autres pays à  majorité musulmane en Afrique. Ensuite, suite à  un accord entre le croissant rouge qatari et la croix rouge malienne qui a eu lieu à  Doha en août, des humanitaires qataris sont présents sur le sol malien afin d’intervenir par solidarité envers les populations du Nord du pays, notamment autour du triangle Gao, Tombouctou, Kidal. Plus troublantes, mais à  prendre avec précautions, sont les informations du Canard enchaà®né [1], reprises par la presse française et internationale, d’un appui financier voire de Forces spéciales de la part du Qatar à  certaines factions rebelles au Nord Mali pour former leurs recrues (notamment vers Ansar Eddine). Ces informations proviendraient d’un rapport récent de la DRM française (la Direction du renseignement Militaire qui dépend du Ministère de la Défense). Cependant, le peu d’informations de première main -qui s’explique en partie par la situation conflictuelle sur le terrain- rend difficile une véritable appréciation de la qualité de l’engagement qatari au Nord Mali et la mise en perspective de ce rapport. Néanmoins, quel qu’en soit le degré et l’intensité, la présence du Qatar au Mali est avérée et correspond de plus en plus à  une stratégie africaine qui monte en charge, notamment depuis les printemps arabes. Ainsi l’émirat s’est trouvé impliqué dans le financement de partis politiques – proches des Frères musulmans – en Tunisie et en Egypte en 2011 er 2012, il a été impliqué dans la médiation au Darfour qui a eu lieu au Soudan en 2011 et il s’est engagé dans la coalition de l’OTAN qui a combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011 (parallèlement le Qatar a également financé des combattants rebelles en Libye). Alors au-delà  de la présence d’éléments humanitaires du croissant rouge au Mali, on peut s’interroger sur ce que pourraient être les autres raisons d’une présence qatarie dans cette partie du Sahel. Quels sont les intérêts de la présence du Qatar au Mali Si l’hypothèse du financement, voire de l’entraà®nement et de l’armement de groupes islamistes armées par le Qatar au Nord Mali s’avère confirmée, alors il est possible d’en tirer plusieurs interprétations. Premièrement, cette intervention serait pour l’émirat un moyen simple mais risqué d’augmenter grandement son influence en Afrique de l’Ouest et dans la bande sahélienne. En effet, le Qatar pourrait ainsi peser dans l’évolution des médiations entre le gouvernement malien, la Cédéao, les rebelles du Nord, voire la France. Cela augmenterait son poids politique sur le continent, profitant en cela – comme il le fait souvent – d’un contexte favorable. Dans le cas du Mali, il s’agit d’un Etat failli – avec un vide de puissance soudain au Nord – dû à  la fois à  la déstabilisation des rebelles touaregs et du coup d’Etat au Sud. S’ajoute à  cela le contexte particulier de la présence au Sahel de nombreux combattants et d’armes consécutivement à  la guerre récente en Libye, ou encore la présence au Nord de jeunes Touaregs désoeuvrés et opposés à  l’Etat malien qu’il est possible de financer. Utilisant cette conjonction de facteurs favorable, l’émirat pourrait y voir un moyen de continuer à  peser fortement en Afrique, continuant ainsi l’action entreprise en Egypte, en Libye et en Tunisie. A ce titre, comme dans le cas de l’engagement qatari en Syrie, deux données seraient communes. Premièrement, le précédent libyen a compté et l’émirat fort de cette victoire se sent capable d’intervenir directement à  l’étranger dans une perspective de puissance. De plus, comme en Syrie, la présence de l’émirat au Mali – si elle s’avère réelle – doit être resituée dans le contexte d’une concurrence double : d’abord avec l’Arabie Saoudite pour le contrôle de l’Islam sunnite mondial mais également afin de renforcer le poids de ce même Islam sunnite face au chiisme (car l’axe Iran-Syrie-Hezbollah reste fort tandis que le chiisme monte en Irak). Autre point commun mais avec la Libye cette fois, le Mali dispose d’un potentiel gazier [2] et a besoin d’infrastructures pour le développer. Or, le Qatar maà®trise ces techniques. Il pourrait ainsi en cas de bons rapports avec les dirigeants d’un Etat islamique au nord du Mali exploiter le sous-sol qui est riche en or et en uranium et le potentiel gazier et pétrolier. Enfin, géographiquement, le Mali est également un axe de pénétration vers l’Afrique noire et l’Afrique de l’Ouest vers lesquels le Qatar poursuit son influence au travers de l’achat de ressources, de terres agricoles ou du financement de lieux de culte. Une intervention qui si elle est avérée pourrait se retourner contre le Qatar La situation au Mali illustre bien la situation problématique de la bande sahélienne qui devient extrêmes préoccupante du fait de la faiblesse des Etats de la région et de la présence d’AQMI et d’autres combattants djihadistes. De surcroà®t, la guerre en Libye de 2011 a aggravé la situation, comme le montre l’assassinat récent de l’ambassadeur américain Christopher Stevens à  Benghazi. Au Mali cette défragmentation de l’Etat est non seulement due à  des facteurs intrinsèques (rébellion touarègue, faiblesse structurelle de l’Etat, démocratie de façade, mal développement) mais aussi aux conséquences mal maà®trisées de la crise libyenne. Les Etats-Unis et la France ont des relations très fortes avec le Qatar qui, dans le cas malien, pourrait aller à  l’encontre des intérêts occidentaux Dans ce cadre, l’intervention du Qatar, si elle s’avère conflictuelle est fort malvenue et quatre acteurs pourraient en prendre ombrage : Les Etats-Unis, la France, L’Algérie et l’Union Africaine. Un redéploiement français et américain dans la région se met en effet actuellement en place afin de tenter de stopper la dérive du Nord Mali. Les Etats-Unis recentrent leur approche sécuritaire sur l’Afrique du Nord et la bande sahélienne, notamment après l’assassinat de leur ambassadeur et dans la perspective des prochains désengagements en Irak et en Afghanistan. La France – puissance traditionnelle dans la région mais dont la présence d’otages limites les initiatives – est, elle, poussée par ses nombreux intérêts économiques et politiques. Or, les Etats-Unis et la France ont des relations très fortes avec le Qatar qui dans le cas malien, contrairement à  son intervention syrienne [3], pourrait aller à  l’encontre des intérêts occidentaux. Ces derniers pourraient donc le lui faire comprendre mais on peut s’interroger sur la portée des  » représailles  » possibles vis-à -vis d’un émirat aussi important économiquement, politiquement et militairement pour les Etats-Unis et la France [4]. Parallèlement, l’Union Africaine tente de s’affirmer en tant qu’acteur politique et veut régler les conflits sur son sol, en l’occurrence par le biais de son organisation régionale, la Cédéao qui met sur pieds une force de plus de 3000 hommes. Si la stratégie du Qatar est de financer ou d’armer des combattants au Nord Mali, cela lui complique donc la tâche. En revanche, sa capacité à  agir et à  peser sur les décisions du Qatar est très faible (sauf à  passer par l’UE ou la France). L’Algérie, enfin, est tout particulièrement concernée par la situation au Nord Mali. Si en apparence les relations entre les deux pays « frères » sont bonnes, l’Algérie surveille néanmoins l’évolution de ce dossier de très près car elle craint une tentative de déstabilisation à  ses frontières, voire sur son sol. Plus généralement, s’il s’avère que le Qatar intervient au Nord Mali, cela ajouterait aux griefs que l’Algérie impute à  l’émirat. Les deux pays s’opposent économiquement – malgré des accords récents, ils se font concurrence pour les exportations gazières – et politiquement (le financement des Frères musulmans au Maghreb par le Qatar, qui par ailleurs héberge sur son sol l’ex-leader du FIS Abassi Madani, est très mal vu par l’Algérie, tout comme le fait que le Qatar ait rejoint la coalition de l’OTAN en Libye alors que l’Algérie prône la non-ingérence). De plus, Mujao (le mouvement pour le Djihad en Afrique de l’Ouest, qui pourrait être financé par l’émirat qatari) retient en otage 7 diplomates algériens enlevés en avril 2012 au Nord Mali. L’Algérie reste donc un Etat clé dans la crise malienne – en tant que puissance régionale – mais elle hésite à  intervenir en raison de ses 1 300 km de frontière avec le Nord Mali dans une zone extrêmement difficile à  contrôler. Cela serait en effet prendre le risque de voir de nouveaux le terrorisme frapper sur son sol comme dans la décennie 1990. L’Algérie, comme les Etats-Unis et la France n’ont aucun intérêt au status quo dans le Sahel et si le Qatar y intervient, ces Etats pourraient réagir. Ainsi, vue la conjoncture régionale, il y a pour le Qatar plus à  gagner qu’à  perdre d’une intervention au Nord Mali. Cela est bien sûr vrai uniquement si pour les Etats-Unis et pour la France les nuisances de la crise maliennes dépassent leurs intérêts communs avec le Qatar, qui sont nombreux. Par Mehdi Lazar, géographe.

Mali: des dizaines de morts depuis vendredi dans les combats islamistes-touareg près de Gao

C’est un véritable carnage, il y a eu des dizaines de morts, a affirmé une source sécuritaire malienne, information confirmée par des témoins sur place et par les groupes armés qui se sont combattus, Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Les combats se sont concentrés dans la zone de Ménaka, ville située à  l’est de Gao, près de la frontière avec le Niger. Il faut une véritable enquête internationale pour savoir ce qui s’est passé à  Ménaka, a déclaré la source sécuritaire malienne, en affirmant que des corps étaient toujours visibles dans la ville. Bajan Ag Hamatou, député de la localité de Ménaka, a indiqué que des membres de sa tribu (touareg) qui défendaient la ville contre le Mujao, ont été tués, dont Alwabégat Ag Salakatou, président d’un conseil d’élus et de notables de la ville et six de ses compagnons. Selon le député, ces notables tués avaient l’étiquette MNLA, mais en réalité, ils étaient des patriotes locaux qui voulaient défendre leur ville contre les islamistes. Dans plusieurs communiqués diffusés depuis vendredi, le MNLA a donné un bilan global de 65 morts dans les rangs du Mujao et d’Al-QaIda au Maghreb islamique (Aqmi), venu en renfort, et de un mort et treize blessés dans les siens. De son côté, le porte-parole du Mujao Abu Walid Sahraoui a affirmé que son mouvement avait tué plus de cent éléments du MNLA et fait vingt prisonniers.

Bamako : des milliers de personnes manifestent contre les islamistes

BAMAKO (AFP) – Plusieurs milliers de personnes ont marché jeudi à  Bamako pour soutenir l’envoi d’une force armée ouest-africaine appuyant les soldats maliens afin de reconquérir le nord de leur pays occupé par des groupes islamistes, auteurs de nombreuses exactions au nom de la charia (loi islamique). Cette manifestation s’est tenue alors qu’un projet de résolution, proposé par la France à  ses partenaires au Conseil de sécurité de l’ONU, presse l’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine (UA) de préciser dans les 30 jours les modalités d’une intervention dans le nord du Mali. Tout au long de la marche dans le centre de Bamako, les manifestants ont affirmé leur soutien à  l’armée malienne, au Premier ministre Cheick Modibo Diarra et à  la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui prépare l’envoi de soldats dans le Nord avec le soutien de l’ONU et de pays occidentaux. Sur une banderole était écrit: « Capitaine Sanogo, tous les militaires au front ». Le capitaine Amadou Haya Sanogo est le chef des auteurs d’un coup d’Etat à  Bamako qui, le 22 mars, a renversé le président Amadou Toumani Touré et précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, dont Al-Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi). Le capitaine Sanogo s’est retiré du pouvoir en avril, mais reste influent à  Bamako o๠ses hommes sont accusés de nombreuses atteintes aux droits de l’Homme. « La place des militaires, c’est le front, tous les militaires doivent y aller », a estimé un des manifestants, un autre affirmant: « Je soutiens l’armée malienne, l’arrivée de troupes de la Cédéao, je soutiens une intervention ». Selon lui, depuis que le président français François Hollande est arrivé au pouvoir en mai, « la situation a changé, il soutient le Mali, et nous lui disons merci ». Les marcheurs ont défendu la laà¯cité du Mali, fustigé les groupes islamistes, l’application de la charia dans le Nord, mais aussi la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) qui avait lancé l’offensive dans cett région en janvier. D’abord allié aux groupes islamistes armés, le MNLA a ensuite été rapidement évincé du nord du pays par ces groupes. « Non-assistance à  peuple en danger » « Ni l’indépendance, ni l’autodétermination pour les apatrides du MNLA », pouvait-on lire sur une des banderoles. Le MNLA, qui après le lancement de son offensive avait décrété l’indépendance du Nord qu’il dénomme Azawad (les deux tiers du territoire malien), est récemment revenu sur cette revendication, rejetée par la grande majorité des Maliens et par la communauté internationale, pour parler « d’autodétermination ». « Si rien n’est fait dans les jours à  venir, c’est l’existence de notre Nation qui sera en danger », affirment dans un communiqué les organisateurs de la marche – partis politiques, syndicats, organisations de la société civile – qui ont évalué à  au moins 100.000 personnes le nombre de manifestants. « Ne pas assister le Mali serait une faute grave de la communauté africaine et internationale face à  l’Histoire (…), un crime pour non-assistance à  peuple en danger », ajoutent-t-il. Le projet de résolution proposé par la France, en pointe dans le dossier malien, prévoit que le secrétaire général de l’ONU devra se concerter avec la Cédéao et l’UA pour présenter dans un délai de 30 jours des « recommandations détaillées » en vue d’une intervention, comprenant « un concept opérationnel » et une liste de troupes. Le texte, qui peut encore faire l’objet d’aménagements, dénonce les violations des droits de l’Homme dans le Nord et demande aux groupes rebelles de se dissocier, sous peine de sanctions, des « organisations terroristes » comme Aqmi. Bamako a demandé officiellement à  l’ONU un mandat pour une « force militaire internationale » avec un déploiement au Mali de troupes ouest-africaines qui l’aideraient à  reconquérir le nord du pays. La France et les Etats-Unis sont prêts à  fournir une aide logistique et technique à  cette force dont le principe semble acquis. Mais des obstacles demeurent, liés à  sa composition, ses capacités et son financement.

Nord Mali : entre le couteau et la pioche, la barbarie n’a plus de limites

Quand s’arrêtera le pillage de la mémoire historique et religieuse du Mali ? Après avoir coupé des mains, des pieds, et mutilé sur la place publique un présumé voleur ce samedi à  Tombouctou, « les islamistes ont détruit samedi le mausolée de Cheik El Kébir, à  330 kilomètres au nord de Gao. Ils sont arrivés sur les lieux à  douze. Avec des marteaux, des pioches, ils ont démoli le mausolée », a affirmé à  l’AFP un élu de la région de Gao qui n’a pas souhaité être cité. «Â C’’est un crime! », n’a pu que déclarer un notable de Gao effondré par tant d’obscurantisme. Du reste, cette fois, ce sont les hommes du Mujao ( Mouvement pour l’Unicité et le Djihad en Afrique de l’Ouest) qui ont commis le crime, non sans s’en être vantés auprès des habitants. Pire, ils promettent de détruire un autre mausolée. Qui peut les arrêter ? Le mausolée de Cheik El Kébir est lui très important pour la communauté des Kounta, considérés comme la communauté maraboutique des arabes. On les rencontre notamment au Mali, en Algérie, en Mauritanie et au Niger. Urgence CEDEAO Ces derniers temps, les exactions se multiplient chaque jour et les ressortissants du nord ne savent plus à  quel saint se vouer en attendant la riposte de l’armée malienne. l’entrée du Mujao à  Douentza et la bavure de l’armée malienne à  Diabali, o๠seize prédicateurs de la confrérie Dawa, ont trouvé la mort injustement apparaissent comme des signes pour certains d’une offensive imminente ? Qui attaquera le premier ? Les esprits eux sont échauffés. Les militaires piaffent d’impatience et les islamistes repoussent toujours les limites, alors que la psychose gagne certains à  Bamako, qui estiment devoir envisager de quitter la capitale malienne en cas d’attaque. Du reste, si la prudence s’impose en ces temps troubles, tout est désormais entre les mains des autorités maliennes. Au moment, o๠se tient à  Abidjan, la réunion des ministres Affaires étrangères de la CEDEAO destinés à  examiner les modalités techniques de la requête du Président par intérim Dioncounda Traoré, l’espoir est grand d’une évolution de la situation au nord, et au profit des populations martyrisées. Espérons que de cette réunion, déjà  précédée par de nombreux autres conclaves et rencontres des chefs d’Etat majors de la CEDEAO, il sortira quelque chose de substantiel et de décisif pour le Mali

Diabali, pschitttt!

La nouvelle a fait le tour de la ville de Bamako comme une traà®née de poudre. C’’était samedi dernier, et la valse des messages, des appels téléphoniques et des publications sur les réseaux sociaux annonçait une grande nouvelle : l’armée a repoussé une attaque de combattants islamistes dans la zone de l’Office du Niger, à  Diabali, une localité située à  175 kilomètres au nord de Ségou qui abrite un poste avancé de l’armée malienne. Les commentaires ne laissaient nul doute que cette « action » de l’armée était saluée par tous, tant l’attente est grande de voir les militaires chasser les islamistes hors du territoire. Mais voici que quelques heures après, les communiqués des uns et des autres de succédant, on commence à  se demander s’il ne s’agit pas plutôt d’un « faux-événement », voire pire. Le gouvernement du Mali, très peu loquace sur ce qui se passe sur la ligne de front, si ligne de front il y a, s’est fendu d’un communiqué et annonce qu’une enquête sera diligentée suite à  la « fusillade » dans laquelle 16 personnes, membres présumés d’une secte islamiste, ont été abattus par l’armée dans le centre du Mali, au sud des zones du Nord occupées par des djihadistes. Huit victimes sont maliennes, les huit autres mauritaniennes. Elles étaient membres d’une secte islamiste dénommée « Dawa » et se rendaient, selon leurs proches, à  une rencontre avec des coreligionnaires à  Bamako. Selon des sources au ministère malien de la Sécurité intérieure, les seize hommes étaient à  bord d’un véhicule qui a refusé de s’arrêter au poste de Diabali. Les militaires en faction n’auraient donc eu d’autre choix que de tirer sur ceux qui ont été considérés comme « des ennemis ». Des ennemis désarmés ? Mais d’autres versions laissent perplexe. Le gouvernement mauritanien a ainsi dénoncé dans un communiqué la fusillade, parlant notamment d’un assassinat collectif injustifiable, les victimes étant des prédicateurs désarmés. Et nous tous alors de nous demander si ce qui s’est passé n’est pas simplement une bavure. D’autant plus qu’un Mauritanien, Dedi Ould Mohamed Mokhtar Ould Bouely, cité par un média international, a affirmé que son cousin, Oumane Ould Eleyat et les 15 autres personnes « ont été froidement tuées par l’armée malienne ». Perte de sang-froid ou réaction face à  une menace réelle, l’enquête le dira peut-être. Le fait est que tous les jours, sur les routes du Mali, circulent des véhiculent transportant des individus qui gagneraient à  être un peu plus contrôlés. Il ne s’agit pas de céder au délit de faciès mais tout simplement de sécuriser les accès à  la partie du pays qui est encore « vierge » – si l’on peut dire – de l’influence des extrémistes et autres bandits armés. Le problème est aussi que cet incident, qui a réveillé un court instant l’espoir des Maliens, vient illustrer à  quel point ceux-ci attendent une action de leur armée. Ce qui ne semble pas être pour demain. Une autre information circulant laissant croire que la ville de Mopti a été délestée de nos hommes en tenue, dès l’annonce de la venue vendredi dernier des membres du MUJAO pour la grande prière à  la mosquée de la ville. Info ou intox ? Une chose est sûre, les Maliens sont en train de perdre patience !

Mali : pas de psychose dans la zone tampon

« Nous ne sommes pas inquiets », affirme un habitant de Sévaré, qui abrite l’aéroport de Mopti, capitale de la 5ème région, situé à  quelques kilomètres plus au nord. Depuis la « prise » de Douentza par le mouvement extrémiste MUJAO, on a quand même entendu les rumeurs les plus folles circuler dans la ville. Certains auraient aperçu des véhicules arborant le drapeau des islamistes, d’autres en auraient vu dans la ville de Mopti en train de tenter des recrutements locaux. « C’’est des histoires », nous rétorque notre interlocuteur, employé de bureau, qui a requis l’anonymat. Il est vrai que la ville de Douentza, située à  une centaine de kilomètres à  peine de Mopti apparaissait déjà  aux mains des islamistes qui y maintenaient une présence discrète. Leur montée en puissance ces derniers jours avec l’annonce du ralliement des milices d’auto-défense locales et l’instauration de la charia, aurait de quoi faire monter la tension. Mais, contrairement à  ce que l’on aurait pu s’attendre, les habitants de Sévaré, véritable ville garnison, et ceux de Mopti continuent à  mener leur quotidien comme si de rien n’était. Ils se sont maintenant habitués à  partager leur quotidien avec les militaires qui seraient plusieurs milliers dans la ville, en plus de ceux qui peuplent d’ordinaire les camps des environs. Même les mouvements de véhicules militaires et les barrages installés depuis quelques jours à  tous les points d’entrée de la ville de Mopti ne semblent pas les perturber. En effet, depuis l’annonce du contrôle de Douentza par les islamistes, les patrouilles se sont renforcées et dès la nuit tombée, il faut montrer patte blanche avant de pouvoir entrer ou sortir de Mopti et Sévaré. Tout le monde est très prudent et il est difficile d’obtenir l’avis des uns et des autres sur ce qui se passe dans Sévaré. Dans les grins, on discute de tout mais surtout pas de la situation sécuritaire de la ville. Quelques jeunes osent cependant avouer qu’ils se demandent bien ce que font les militaires dans leur ville au lieu d’aller combattre jusque quelques dizaines de kilomètres plus au nord, o๠se trouvent les vrais enjeux. Certains habitants et particulièrement les commerçants et autres tenanciers de bars disent prendre les choses du bon côté puisque les affaires continuent de marcher, et plutôt bien… Et prient pour que la situation reste stable. Surtout que de nouvelles rumeurs ont fait le tour de la ville de Sévaré ce jeudi. Il « parait » que les islamistes ont juré de venir faire leur prière du vendredi dans la ville. Si cela s’avérait, comment les populations vont-elles l’interpréter ? Provocation ou tentative de conciliation ?

Reconquête du Nord : le Mali a lancé le SOS

C’’est en fin de journée, ce mardi 05 septembre, que la nouvelle est tombée. Apres des mois de tractations, perçues par beaucoup comme des tergiversations, les autorités maliennes viennent de franchir un pas important vers la reconquête des régions nord, sous occupation islamiste depuis cinq mois. En effet, la CEDEAO attendait une demande formelle de Bamako pour déclencher le déploiement de sa force d’attente, prête depuis plusieurs mois déjà  à  intervenir. Ce déploiement butait sur deux points : le mandat ou non de l’ONU pour appuyer cette force et la mission qui lui sera confiée, sécuriser les institutions à  Bamako ou aller directement faire la guerre au nord aux côtés des troupes maliennes. Voila chose faite avec la requête adressée par le président Traoré en vue d’obtenir une contribution de nature militaire pour la stabilisation du pays et surtout à  la reconquête du Nord. « Un développement important » La CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) s’est déclarée prête, en avril dernier, à  envoyer au Mali une force de quelque 3.300 soldats. l’organisation souhaite cependant obtenir un mandat formel du Conseil de sécurité des Nations unies et un soutien logistique occidental pour ce déploiement. En cela, elle a le soutien de la France dont le représentant spécial, Jean Felix-Paganon, a salué un « développement important ». C’’est d’ailleurs lui qui a donné l’information de la requête malienne, après un entretien avec le Président de la CEDEAO, l’ivoirien Alassane Ouattara. La majorité des maliens saluent cette annonce, même si au départ, ils n’étaient pas nombreux en faveur d’une intervention militaire étrangère. Mais la situation au nord est allée en s’aggravant, avec la prise récente du Douentza par les islamistes du MUJAO. l’armée malienne, même si elle a été récemment dotée de nouveaux matériels, aura certainement besoin d’un appui conséquent pour agir. D’autant plus que les islamistes sont surarmés et qu’ils se sont préparés à  faire face à  une action militaire de Bamako. Autant de raisons qui ont fait disparaitre ou du moins diminué les réticences à  la force de la CEDEAO pour le Mali. Mais, de la demande formelle du Mali à  un déploiement proprement dit, il y a encore du chemin. Du mandat onusien Il reste en effet à  savoir comment l’intervention va se mettre en place. Selon Jean-Felix Papagnon, le président Ouattara entend maintenant procéder à  des consultations avec les pays membres de la CEDEAO sur la requête des autorités de Bamako pour voir ce qu’il convient d’en faire. s’en suivra, en principe, une procédure auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour obtenir un mandat clair, définissant la missions des troupes ouest-africaines sur el terrain. La CEDEAO va également certainement demander à  son tour un appui logistique aux pays occidentaux pour sa mission. En attendant, l’Union Africaine également sera saisie pour agir elle aussi dans le sens de sa mise en œuvre rapide. A Kidal, Gao et Tombouctou, l’espoir renaà®t peut-être aujourd’hui. Ces trois régions administratives composant le nord du Mali, sont tombées depuis cinq mois aux mains du Mujao et d’autres groupes armés, dont des rebelles touareg et jihadistes liés à  Al-Qaà¯da. Les populations qui y vivent un véritable calvaire, privées de nourriture, de soins mais surtout de leurs droits fondamentaux, attendent que les politiciens passent rapidement à  l’acte et ne se perdent pas dans des fignolages qui ne feront qu’aggraver leur situation.

Nord Mali : une charia à double vitesse

En profane que je suis, C’’est la question que je pose depuis plusieurs semaines maintenant, depuis que les nouveaux-maà®tres de Gao, Tombouctou et Kidal défraient la chronique. Chaque jour, un nouveau fait de gloire nous est relaté à  grand renfort de presse, qu’ils prennent d’ailleurs le soin de contacter avant ou après avoir agit. On a commencé avec les destructions de mausolées, filmées et montrées au regard choqué mais impuissant du monde entier. Puis il y a eu les coups de fouet, en-veux-tu, en voilà . Une cigarette, 100 coups, un verre d’alcool, 100 coups, une « relation hors mariage » ,100 coups. Et puis les choses se sont vite gâtées. Un enfant hors mariage, lapidation à  mort. Un présumé vol, main tranchée à  vif, puis complication et mort en plus de la maman du voleur, victime collatérale d’une crise cardiaque. Il est vrai que la sévérité du châtiment dépend de la localité o๠l’on vit. Si Ançar Dine, qui contrôle Tombouctou et Kidal, tente d’afficher une charia, disons, « à  visage humain », les moudjahidines du MUJAO eux entendent appliquer la loi pure et dure. D’o๠des exactions en tout genre, des peines sans enquêtes, des jugements sur le fil et…une population à  bout de souffle, à  la limite, terrée chez elle, à  prier que sa respiration n’entraà®ne pas des soupçons. Et des voisins, qui ont voulu se laver les mains de la gestion de cette affaire, de plus en plus inquiets. l’Algérie qui a poussé ces hommes hors de son territoire et a laissé le soin à  un Mali laxiste de les accueillir à  bras ouverts, va peut-être commencer maintenant à  s’en repentir, ses diplomates otages étant sous la menace d’exécutions en série. Qui ont d’ailleurs commencé. En profane que je suis, il me semble que tout ceci rentre dans la surenchère, dans une espèce de comédie macabre que jouent des acteurs convaincus de leur talent et qui veulent obliger les autres à  participer au film. Les médias internationaux doivent être très content du Mali, qui chaque jour fournit une information venant de ses régions nord o๠il se passe ceci ou cela. Les islamistes l’ont compris et ne se montrent guère avares en communiqués et autres images de leurs actions. Les experts sont interrogés, les observateurs donnent leur opinion et pendant ce temps, les victimes, elles, sont réduits au silence…On ne les voit que sur les images des occupants ou dans les camps de réfugiés ou de déplacés. Peut-être faudra-t-il maintenant faire l’effort d’aller vers les femmes, les enfants et les hommes de Gao, Tombouctou et Kidal. Pris en otage eux aussi depuis des mois, et oubliés, semble-t-il en tout cas, de ceux qui sont censés les sauver. Et leur donner la parole. En profane que je suis, je sais quand même que l’Islam est une religion de tolérance. Il est écrit dans le Saint Coran qu’il n’y a « nulle contrainte en religion ». De quel Islam se réclament alors ceux qui kidnappent, tuent, violent au nom d’une foi qu’ils veulent faire adopter de force aux autres???Et pourquoi les règles qu’ils entendent imposer aux autres ne sont-elles pas valables pour eux ? Les zones qu’ils régentent sont plus que jamais le théâtre de trafic en tout genre, les pillages y continuent, les droits humains les plus élémentaires ne sont pas respectés. Le deux poids, deux mesures n’a jamais été que le ferment de la révolte. Celle-ci gronde dans les C’œurs pour le moment impuissants. Mais, des populations qui voient leurs enfants mourir sous les pierres des accusateurs, ne sauraient pas bien longtemps accepter que leurs filles soient violées impunément. Faux, me rétorqueront sans doute ceux qui ont coupé la main d’un voleur, le violeur a été sévèrement puni…de 100 coups de fouet.