Kader Touré : « Je me porte très bien ! »

Kader Touré n’a pas été tué par les islamistes qui occupent sa ville de Gao. Le samedi 19 janvier, cette information a fait le tour des rédactions et sur les réseaux sociaux. Il aurait été « battu à  mort » par des combattants islamistes notamment pour avoir continué à  faire tourner sa radio. Une information relayée, entre autres, par un adjoint au maire de Gao, le directeur d’une autre radio privée de la ville, un habitant et même un communiqué du gouvernement. Les autorités maliennes avaient « condamné avec la dernière rigueur le lâche et odieux assassinat du journaliste », attribué aux «terroristes obscurantistes », dans un communiqué signé par le ministre malien de la communication et porte-parole du gouvernement, Manga Dembélé. l’Organisation des Jeunes Reporters du Mali (OJRM) dont M. Touré était le point focal à  Gao avait également publié un communiqué condamnant le lâche assassinat du confrère. Les informations faisaient également état de représailles organisées par les jeunes de Gao qui aurait lynché un cadre des groupes islamistes pour venger la mort du journaliste. « Reconnu, Alioune Touré, qui était le chef de la police islamique de Gao, a été agressé et lynché par une foule qui lui reprochait de soutenir les jihadistes. Mais il est vivant », a déclaré une source locale à  l’AFP. « Je veux rassurer ma famille » Il y a quelques heures, C’’est donc avec stupeur que l’on a entendu la voix du même journaliste sur les antennes de RFI. Kader Touré, a lui-même pu contacter la chaà®ne française par téléphone satellitaire. Et il assure qu’il est à  Gao, bien vivant : « Je me porte très bien. Je ne me reproche absolument rien. D’ailleurs ça fait quelques temps que je ne passe même pas sur l’antenne pour donner des informations. Je ne sais pas ce que l’on me reproche. Je suis vraiment très étonné d’entendre cette information qui est venue de nulle part ». C’’est bien la voix de Kader, confirment plusieurs de ses confrères ont pu écouter l’enregistrement. Le gouvernement malien a, à  son tour démenti l’information qu’il a qualifié « d’erronée ». « l’information est erronée, M. Boul Kader Touré est bien vivant et nous nous en réjouissons », a indiqué le gouvernement dans un communiqué. De nombreuses questions subsistent après ce nouvel épisode qui illustre la difficulté d’obtenir des informations crédibles sur ce qui se passe dans les villes du nord du Mali. Les réseaux de téléphonie mobile sont coupés depuis une semaine et aucun observateur indépendant ne se trouve dans cette région.

ADEMA : le grand retour d’Abdel Kader

Le maire de la commune III, M. Abdel Kader Sidibé, a officiellement signé son retour dans la grande famille ADEMA-PASJ. La cérémonie a eu lieu lundi soir, 4 juillet, au siège du parti sous la présidence du maire du district de Bamako, M. Adama Sangaré. Pour lui, il n’a jamais quitté l’ADEMA. Se disant fier de ces retrouvailles, le maire de la commune III a expliqué que l’ADEMA restera sa famille. «Â Je suis disponible à  poursuivre avec les camardes le combat politique. Ce combat ne peut être gagné que dans l’union » a déclaré M. Sidibé. Quant au maire du district, Adama Sanagré, il a exprimé au nom du président du parti, la satisfaction du Comité exécutif à  recevoir le camarade. Pour lui, l’enjeu des élections générales de 2012 nécessite la cohésion et une convergence dans la lutte. Rappel Le maire Kader Sidibé a été exclu du parti, en 2010, avec son homologue de Kourouma Adama Diarra suite au contentieux électoral autour de l’élection du président de l’Association malienne des municipalités (AMM). M. Sidibé, qui avait posé sa candidature à  ce poste contre son camarade maire de la commune V, Aboubacar Bâh dit «Â Bill », s’était attiré les sanctions du Comité exécutif du parti pour «Â indiscipline ». Le maire de la commune III, qui a contesté le mode d’élection, a, au cours de la plénière, claqué la porte des travaux avec ses partisans. En dénonçant «Â une mascarade électorale visant à  imposer Bill à  la tête de l’institution ». Depuis ce temps, une bataille judiciaire a opposé les deux camps autour de la légitimité. Il aura fallu le verdict de la Cour suprême pour confirmer l’élection de «Â Bill » et la défaite, en effet, de Kader Sidibé. Un allié de poids pour Dioncounda ? Si à  la tribune de cette cérémonie, on n’explique pas le processus qui a abouti au retour de Kader Sidibé, tout porte à  croire qu’il n’est pas fortuit. Et sur la question, les langues se délirent. De sources bien informées, nous apprenons que ce come back est le fruit de plusieurs tractations entreprises par le président du parti Dioncounda Traoré, non moins candidat aux primaires ADEMA pour le choix du candidat à  l’élection présidentielle de 2012. Si le numéro un du parti n’a pu présider cette cérémonie de retour, il présidait les travaux de la plénière à  l’Assemblée nationale autour du projet de révision constitutionnelle. Une source nous explique dans la foulée, que le rapprochement de Kader au camp Dioncounda peut expliquer la raison de l’absence remarquée des barons du parti à  cette cérémonie. Une cérémonie à  laquelle aucun responsable du Comité exécutif n’a voulu prendre part. «Â Si Kader est proche de Dioncounda, explique notre source, je vois mal un Iba N’Diaye, Sékou Diakité (respectivement 1er et 2ème vice-président), ou encore Marimantia Diarra (secrétaire général), prendre part à  la cérémonie. Ils sont tous candidats, au même titre que Dioncounda. Et ils diront que ce n’est pas notre homme ». Si Kader Sidibé est effectivement un «Â homme de Dioncounda Traoré », son poids ne sera pas des moindres pendant les primaires. Il est l’un des plus vieux  maires du district de Bamako pour avoir brigué trois mandats à  la tête de la mairie de la commune III. Si sa gestion ne fait pas toujours l’unanimité chez les populations, les circonstances de sa réélection laissent conclure qu’il reste populaire malgré tout. Alors qu’il était inscrit en 10ème position sur la liste ADEMA aux communales de 2009, il se fait élire sans grande difficulté avec ses 14 conseillers recueillis au sortir des urnes. La réintégration de Kader est donc un coup politique réussi pour Dioncounda Traoré.

Présidence de l’AMM : Pourquoi Abdel Kader Sidibé a boycotté la cérémonie de passation

Les raisons Abdel Kader explique qu’il n »y a point de passation de service tant que la justice ne vide pas le contentieux. C’’est lundi dernier, que le nouveau bureau de l’Association des Municipalités du Mali (AMM), issu du Congrès des 16 et 17 mai 2010, a pris fonction sans une passation de service dans les règles de l’art, entre le président entrant Boubacar Bah dit Bill et le sortant Abdel Kader Sidibé. Celui-ci avait boycotté la rencontre. Le représentant du département de tutelle était aussi absent. Interrogé par rapport à  ce faux bond, le président sortant de l’AMM, Abdel Kader Sidibé, dira ses réserves. « Par rapport au déroulement du Congrès de l’AMM, j’ai protesté eu égard aux nombreuses irrégularités constatées. J’ai ensuite introduit une requête en annulation du Congrès auprès du juge administratif pour les nombreuses irrégularités qui ont entaché ce Congrès. J’ai informé le chef du département de tutelle (ndlr : le ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales) de cette démarche. Je lui ai clairement signifié qu’à  partir du moment o๠cette requête est introduite, tant que ce contentieux n’est pas vidé, pour moi, il n’y a pas lieu d’aller à  une quelconque passation de services ». Une requête introduite à  l’annulation du congrès Et le maire de la Commune III du District de Bamako d’expliquer que son homologue de la Commune V du District de Bamako avait envoyé une correspondance au Directeur exécutif de l’AMM lui signifiant qu’il a fixé la date de la passation de services au lundi 31 mai 2010. Celui-ci lui a répondu que la passation de services doit se dérouler entre les deux présidents de l’association, l’entrant et le sortant et qu’il était mal placé pour gérer cela.C’est alors que Boubacar Bah a rectifié le tir en m’adressant une lettre dans laquelle il me signifiait qu’il a fixé la date de la passation de service au lundi 31 mai. Je lui ai répondu que c’est unilatéralement qu’il fixe la date alors que la logique aurait voulu que cette décision, concernant la passation de service, soit prise à  deux. « Je l’ai informé, par ailleurs, que j’ai introduit une requête en annulation du congrès de l’AMM et que j’ai dit au ministre que tant que le droit n’est pas dit, il ne saurait avoir de passage de témoins entre son équipe et la mienne ». Poursuivant son entretien ,M. Sidibé dira, en outre, que c’est avec étonnement qu’il a suivi un communiqué annonçant, au journal télévisé, la tenue de la cérémonie de passation de services pour le lundi 31 mai. C’est, a-t-il poursuivi, cette logique unilatérale qui a conduit Boubacar Bah à  se retrouver au siège de l’AMM pour une passation de services qui, logiquement, ne peut survenir après qu’une décision de justice ait été prononcée. A propos des irrégularités dont il fait mention, M. Sidibé a souhaité ne pas aller dans les détails, puisque le dossier est désormais dans les mains des juges qui l’ont d’ailleurs déjà  notifié à  Boubacar Bah. Et de préciser que le jour de l’instance n’est pas encore fixé, chacun attend la justice en laquelle, insiste-t-il, j’ai confiance qu’elle dira le droit.Le président sortant Abdel Kader Sidibé, a la certitude que la justice peut annuler le congrès et dans ce cas, et pense qu’ il faudra trouver une forme de gestion de l’association avant la tenue d’un nouveau congrès.

Agitation dans la ruche : Kader Sidibé et Adama N.Diarra seront-ils expulsés de l’Adema ?

Après avoir contesté l’élection de Boubacar dit Bill à  la tête de l’association des municipalité du Mali (AMM) les deux maires ont mis en place un bureau parallèle. Une manière de s’opposer au candidat investi par le parti Adema-PASJ. Querelle dans la ruche La course à  la présidentielle de 2012 que préparent activement les deux poids lourds des partis politiques au Mali (Adema PASJ et URD) risque de devenir un cauchemar pour certain d’entre eux. Et pour cause des querelles intestines au sein de ces formations politiques font rage depuis quelques jours. Quant les adémistes commencent à  s’entre-déchirer pour une histoire d’Association des Municipalités du Mali, l’URD prêche l’union au sein de son parti afin d’éviter toute fissure interne. Division post AMM Après l’élection contestée de Boubacar Bah dit Bill à  la tête de l’Association des municipalités du Mali (AMM), les démons de la division sont de retour au sein de la ruche ? Tout porte aujourd’hui à  le croire après la décision prise par le secrétariat permanent du parti d’exclure deux têtes du parti, lors de sa réunion du vendredi dernier. Selon une source concordante et vérifiée, le secrétariat de l’Adema -PASJ a proposé au comité exécutif, C’’est-à -dire à  l’instance dirigeante, l’exclusion d’office du parti, du maire de la commune III du district de Bamako et président sortant de l’AMM, Abdel Kader Sidibé ainsi que le maire de la commune rurale de Kourouma, Adama Noumpounon Diarra. Les raisons de leurs expulsions qui émanent des membres du comité exécutif, sont de s’être présentés contre le candidat investi du parti à  la présidence de l’AMM. Un crime de lèse majesté qui est sanctionné par les articles 96 et 97 du règlement intérieur de l’Adéma-PASJ. Selon une autre source, le dernier mot revient au comité exécutif qui doit statuer sur la question mercredi prochain. l’instance dirigeante peut entériner cette proposition de sanction ou non. Décision contradictoire à  la reconstitution de la famille Adema Selon certains observateurs politiques, l’Adema « le parti des abeilles » doit faire régner la discipline tant qu’il est engagé dans la course à  la présidentielle de 2012. « Des barons, à  l’image de l’un des fondateurs du parti, Soumeylou Boubèye Maà¯ga, avaient déjà  été exclus en 2007 pour des raisons disciplinaires, alors pourquoi d’autres échapperaient-ils à  la même règle? Sauf s’il règne dans la ruche une politique un deux poids, deux mesures », fulmine un militant de l’Adema. Par contre ce conseiller de l’Adema à  la mairie de la commune I pense qu’une telle décision,radicale, va à  l’encontre de la stratégie actuelle de l’Adéma-PASJ qui est d’être engagée dans la reconstitution de la grande famille Adema. l’heure n’est pas aux expulsions mais au renforcement interne du parti pour revenir au pouvoir en 2012.

Association des municipalités du Mali (AMM) : un bilan à la hauteur des ambitions

Un bilan élogieux en matière de décentralisation Selon le document soumis à  la presse la période 2005-2009 aura été celle d’une véritable révolution dans le domaine de la coopération décentralisée, de l’intercommunalité et du positionnement international de l’Association des municipalités du Mali. Dans le bilan (2005-2009) de l’Association des municipalités du Mali (AMM), il ressort que si le Mali est reconnu comme étant un pays au sud du Sahara qui a développé le plus de partenariats (155) avec l’Occident, force est de reconnaà®tre que ces partenariats étaient caractérisés par un manque de coordination entre les différents partenaires, d’information et de communication, une absence de contrats entre acteurs impliqués, un manque d’outils et de supports sur la coopération décentralisée. C’’est face à  une telle situation que le bureau sortant de l’AMM avait fait de la question son cheval de bataille. Les premières assises de la coopération décentralisée organisées à  cet effet, ont vu la participation de plus de 200 invités de l’étranger. Les deuxièmes assises tenues en 2008 n’ont pas aussi fléchi en termes de mobilisation et il en sera de même pour les troisièmes prévues en France en 2011. Pour ce qui concerne la coordination des activités de coopération décentralisée, les responsables de l’AMM, dans leur bilan, indiquent qu’ils ont mis en œuvre trois programmes entre des communes maliennes (Banamba, Baguinéda et Dioà¯la) et trois municipalités canadiennes (Clarence Roclkland, Sept à®les et Moncton). Aussi, elle a assuré la coordination et le suivi des activités entre les communes de Sanankoroba, Bougouni Dialakoroba avec leurs partenaires canadiens de société Elizabeth, Mahawinie et Lavaltrie. l’Association a appuyé des collectivités et leurs regroupements à  monter des projets afin de répondre à  l’appel à  propositions dans le cadre de la composante « coopération décentralisée » du Projet d’appui à  la réforme administrative et à  la décentralisation (PARAD). l’intercommunalité a été un volet important au cours du mandat finissant. En témoigne le cofinancement du forum de décentralisation et d’opérationnalisation de l’UC-RBBB (Union des communes riveraines de la biosphère de la boucle du Niger) regroupant 22 communes à  cheval entre les régions de Kayes et Koulikoro. Sur le plan international, l’association se réjouit de la plate-forme des collectivités locales de l’UEMOA en décembre 2009 à  Ouagadougou. Dans ce même registre, elle a beaucoup œuvré dans le cadre du rapprochement des Maliens de l’extérieur avec leurs communes d’origine et participe toujours. Au delà  du bilan de l’AMM ; la candidature de Kader Sidibé fut la préoccupation des journalistes. Chose qui défraie la chronique des journaux. Abdel Kader sera-t-il candidat ? Interrogé par rapport à  ses ambitions lors du renouvellement du bureau de l’AMM au cours du congrès qui s’ouvre demain, le président sortant, qui a pendant longtemps entretenu le suspense, a fini par déclarer qu’il se considère comme mandaté par les membres de l’association.  » Si les délégués constatent, après la présentation du rapport d’activités, que mon équipe a bien travaillé et qu’ils désirent que nous continuons, je suis partant pour un autre mandat. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura plusieurs prétendants à  différents postes du bureau. Ce qui prouve d’ailleurs que notre association est vivante et la démocratie y est réalité ». Il n’a pas manqué de fustiger l’ingérence des partis politiques dans la gestion d’une association, celle des municipalités du Mali. Une occasion pour Kader de réagir contre certaines pratiques liées à  cette ingérence des acteurs politiques dans le cercle associatif. Il s’agit des informations qui lui parviennent selon lesquelles son propre parti utilise des fonds provenant du financement public des partis pour interférer dans la gestion de l’AMM ou dans le positionnement de tel ou tel candidat par rapport au Congrès qui se prépare. Par ailleurs des rumeurs circulent sur le fait que ce congrès réservera peut-être une grande surprise.