Étiquette : médias
Quand la narration devient enjeu stratégique
Les attaques coordonnées du 25 avril 2026 ont rappelé que le Mali n’est pas seulement confronté à des défis sécuritaires mais aussi à une bataille pour le récit des événements sur la scène internationale. Certaines chaînes étrangères diffusent de manière continue des messages critiques, donnant une visibilité disproportionnée à certains acteurs contestataires. Les autorités maliennes ont choisi de restreindre l’accès de ces médias et de refuser leur invitation. Cette décision souveraine limite la capacité du pays à présenter sa version des faits et crée une asymétrie dans la perception extérieure de la situation.
Ce phénomène rappelle la crise de 2012 lorsque des Maliens se trouvaient sur les mêmes plateaux pour déconstruire les thèses des insurgés. À l’époque, leur présence permettait à l’international de percevoir la complexité de la situation et d’obtenir un débat plus équilibré. Un autre exemple historique est celui du Kosovo en 1999 où les responsables politiques participèrent activement à des réseaux d’information internationaux pour contextualiser leurs décisions et contrer les récits adverses. Cette stratégie contribua à une meilleure compréhension internationale et renforça la crédibilité du pays.
Aujourd’hui, l’absence de voix officielles sur ces médias renforce le monopole du récit critique à l’étranger. Dans un paysage informationnel fragmenté et concurrentiel, la capacité d’un État à engager une communication transparente, proactive et structurée devient un outil stratégique aussi essentiel que la riposte militaire. Affronter directement la narration adverse, comme l’ont montré les exemples de 2012 et du Kosovo, peut produire un contrepoids efficace et préserver l’image du pays à l’extérieur tout en expliquant les choix souverains et en contextualisant les décisions.
Journalisme : un métier menacé par la précarité
Les conditions de travail des professionnels des médias au Mali se détériorent dans la plupart des organes de presse. C’est le constat fait par l’Union des journalistes reporters du Mali (UJRM), qui a dévoilé les résultats d’une enquête sur les conditions de travail des journalistes, rendue publique le 20 août 2025. L’absence de contrat de travail, le non-paiement régulier des salaires et l’inexistence de couverture sociale figurent parmi les difficultés qui entravent la qualité de l’information et vont à l’encontre de certains cadres juridiques.
Audiovisuel: 109 autorisations attribuées à des radios, télévisions, un distributeur
La Haute Autorité de la Communication (HAC) a publié le 2 juillet les résultats définitifs de l’appel à candidatures lancé le 19 mars pour attribuer des fréquences et autorisations aux services privés de communication audiovisuelle.
Cet appel a suscité un réel engouement, avec 138 dossiers déposés, représentant l’ensemble des régions et du district de Bamako, excepté Taoudéni, Ménaka et Nioro du Sahel.
Au terme de la délibération du Collège de la HAC, 109 dossiers ont été retenus : 94 relatifs à des radios, 14 à des télévisions et un pour un distributeur. Les promoteurs sélectionnés sont invités à se rapprocher, sans délai, des services de la HAC pour finaliser les autorisations d’exploitation et conventions nécessaires.
Le paysage audiovisuel malien recense environ 373 radios et 23 chaînes de télévision, publiques et privées, selon l’annuaire médiatique de 2019 relayé par Media Landscapes . La radio demeure le média dominant, avec 65 % des Maliens qui l’écoutent au moins quelques fois par semaine et 41 % quotidiennement, tandis que la télévision atteint 19 % d’audience quotidienne selon les enquêtes Afrobarometer menées entre 2021 et 2023 .
Fait notable, la chaîne privée Joliba TV News a repris officiellement ses émissions le 30 juin, à l’issue d’une suspension de six mois décidée par la HAC à la suite d’une plainte du Burkina Faso en novembre 2024. La suspension avait été levée le 22 mai dernier, la chaîne ayant profité d’un mois supplémentaire pour préparer son retour . Ce retour renforce le cadre de pluralisme audiovisuel sur fond d’un secteur média fragilisé.
Avec l’attribution de ces 109 licences, la HAC renforce la couverture médiatique sur l’ensemble du territoire et donne un nouvel élan à un secteur mis à l’épreuve par la crise sécuritaire et l’incertitude économique.
Arrêtés de paiement des redevances audiovisuelles : les associations de presse exigent un retrait et appellent au dialogue
Les principales associations de la presse audiovisuelle et en ligne du Mali, notamment l’Union des Radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL), l’Association Malienne des Télévisions (AMATEL), l’Association des Professionnels de la Presse en Ligne du Mali (APEL Mali), l’Union des Radios Privées du Mali (URPM) et l’Association des Éditeurs de la Presse Privée (ACCESS), ont exprimé leur profonde préoccupation suite à la publication par la Haute Autorité de la Communication (HAC) des arrêtés interministériels n°4473 et 4474. Ces arrêtés fixent les montants et les modalités de paiement de la redevance annuelle pour l’exploitation des services audiovisuels, ainsi que les frais de délivrance et de modification des autorisations.
Coopération des médias sino-africains : un 6ème forum axé sur la promotion de la modernisation
Le 6ème forum sur la coopération des médias sino-africains et du dialogue de haut niveau des Think tanks de Chine et d’Afrique s’est achevé ce jeudi 22 août à Pékin. « S’associer pour promouvoir la modernisation » était le thème choisi pour ce forum auquel ont pris part durant 3 jours plusieurs délégations africaines dont celle du Mali.
Différents thèmes ont été ont été abordés lors du forum parmi lesquels le partage de contenus, la formation, l’éducation, la technologie, l’innovation, le développement durable, les défis et opportunités.
Christiane Monsour Matondo-Yanrou, représentante du président de la Commission de l’Union africaine, s’est réjoui de la « collaboration existante déjà entre l’Afrique et la Chine dans le domaine de la communication et des médias par l’intermédiaire de plusieurs entités audiovisuelles ».
Pour sa part, Shulei Li, chef du département de publicité du Comité central du parti communiste chinois, a exprimé sa satisfaction de voir se tenir ce sommet qui donnera plus d’occasions aux pays africains d’amorcer leur développement.
Le Mali a été bien représenté par une délégation du ministère de la Communication et de l’Economie numérique lors de ce forum à Pékin qui a accueilli plusieurs acteurs des médias, autorités politiques et administratives africains. Cette 6ème édition a été rythmée par des conférences, des ateliers et des tables rondes .
Lors de son intervention, le représentant du ministre de la Communication du Mali, Mohamed Ag Albachar, a évoqué les liens fraternels qui unissent le Mali et la Chine depuis longtemps et a souligné la progression de notre pays notamment dans le domaine des médias et dans la construction des stations de diffusion.
En marge du forum, la délégation malienne a eu une rencontre avec le ministre chinois de l’Administration, de la Télévision et de la Radio. Les échanges ont tourné autour des « sujets d’intérêt commun ». Elle a également participé aux différents panels tels que la promotion de l’autonomisation du numérique, l’avancement vers un nouveau niveau d’échanges entre les civilisations chinoises et africaines, entre autres.
Ce forum de Pékin qui a réuni plusieurs professionnels venus cette année de 45 pays africains et des organes de presse établis à travers toute la Chine a permis de découvrir les avancées technologiques dans le domaine des médias et de renforcer les échanges entre la Chine et l’Afrique.
Fatouma Cissé (Stagiaire)
Transition : plus de 85% de Maliens à Bamako satisfaits de la gestion du pays
Afin d’évaluer l’opinion de la population sur l’actualité nationale et internationale, l’ingénieur statisticien Sidiki Guindo a effectué un sondage dont la phase terrain a été comprise entre le 22 avril et le 6 mai 2023 à Bamako. Les réponses des sondés aux questions posées, qui portent sur l’évolution de la situation générale du pays et d’autres connexes traduisent une grande satisfaction des Bamakois vis-à-vis de la transition.
Les résultats du sondage ont été officiellement présentés à la presse lundi 15 mai 2023 à la maison de la presse de Bamako. Au total 1445 Bamakoises et Bamakois de 18 ans et plus ont été interrogés, dont 50,1% de femmes et 49,9% d’hommes. Sur la gestion actuelle du pays 65,4% sont « très satisfait » et 26,2% « plutôt satisfait. La somme du taux de ces deux opinions majoritaires équivaut à plus de 85 %. Seulement 4,8% des Maliens résidant à Bamako se disent insatisfaits et 3% très insatisfaits.
Dans une période où la gestion des politiques sur les trois dernières décennies est souvent critiquée dans l’opinion, ce sondage vient révéler que plus de 63% de Bamakois souhaiteraient un régime militaire (comme actuel sous la transition) plutôt qu’un régime démocratique (33,5% favorable). C’est donc sans surprise que 89,6 % veulent que la transition actuelle soit prolongée jusqu’à la stabilisation du pays contre seulement 9,5% qui sont pour la tenue rapide des élections présidentielles.
Grands défis
83% des sondés estiment que la lutte contre la pauvreté, la vie chère et la crise alimentaire demeure le plus grand défi auquel fait face actuellement le Mali suivi de la lutte contre l’insécurité/ contre les terroristes (81,4%). D’autres défis qui ressortent sont ceux de la lutte contre le chômage, l’assurance d’un meilleur accès à l’eau et/ou à l’électricité, l’amélioration de l’éducation scolaire et l’organisation des élections, entre autres.
Référendum
Sur le Référendum prévu le 18 juin prochain, dont la Campagne va s’ouvrir le 2 juin prochain, 55,2% des personnes interrogées (soit la majorité) ne connaissent « pratiquement rien sur la nouvelle Constitution » tandis que seulement 7% affirment en avoir une « bonne connaissance ». Concernant les intentions de vote lors du scrutin, 83,6% indiquent voter pour le « oui » contre 5,9% pour le « non » et 10,5% qui comptent s’abstenir. Alors que le débat continue sur la légalité du référendum organisé par le gouvernement de transition, 84% de maliens à Bamako estiment que le président de la transition Assimi Goita et son équipe doivent l’organiser contre 10,6% qui appellent à un renoncement.
Côte de popularité
A la tête des personnalités dont les Bamakois ont le plus d’opinion favorable, le Chérif de Nioro, Bouyé Haidara avec 71,4% d’opinion très favorable suivi du Premier ministre Choguel Kokalla Maiga (67,6%) et du leader religieux guide des Ançar dine, Chérif Ousmane Madani Haidara. L’Imam Mahmoud Dicko dont la cote de popularité est en baisse, ne reçoit que 24,6 % d’opinion très favorable contre 35,9% défavorable. Le président de la Transition, classé aux côtés des présidents américain, français, russe, burkinabé, nigérien et ivoirien recueille plus de 94% d’opinion très favorable suivi de Vladimir Poutine (89,2%.
Audience des médias
Concernant l’audience des médias que le sondage a également couvert, parmi les activités Web Tv et personnalités de médias les plus connues à Bamako, on retrouve « Ouverture Média » de Thierno N’diaye (61%), Sékou Tangara, le présentateur du « Débat du dimanche » sur Africable et « Mediatik » de Idriss Martinez Konipo.
Quant aux radios communautaires les plus écoutées des Bamakois interrogés, Les Radios Jekafo et Kledu se talonnent de très près (respectivement 28,6% et 28, 3%) suivi de la radio Baoulé (20,2% de la radio Liberté (18, 6%) et de la radio Nieta (10,9%).


