Nord Mali : qui a tué Abdoulaye Ag Mohamed Ali ?

Le crime a eu lieu ce week-end, à  Léré près de la frontière mauritanienne, dimanche dernier, jour du second tour de la présidentielle au Mali. Abdoulaye Ag Mohamed Ali, un notable de la ville de Tombouctou a été battu à  mort par des hommes armés alors qu’il dormait, rapporte l’AFP. Ce crime odieux survient au moment o๠le Mali tente de sortir de la crise. Surtout, il fait resurgir le spectre de l’insécurité au nord o๠des groupes armés font encore la loi. Interrogé par Afrik.com, Moussa Ag Assarid, le porte parole du MNLA en France défend son mouvement de toute implication dans ce meurtre odieux : C’’est malheureux que le meurtre ait eu lieu le jour de l’élection présidentielle alors que lui et son compagnon était venu à  Léré dans le but d’aider le maire, qui les a sollicités pour organiser les élections, afin qu’elles se déroulent au mieux », « Suite à  cet assassinat qui pourrait être l’œuvre de l’armée malienne, nous réclamons immédiatement une enquête pour éclaircir les circonstances de la mort d’Abdoulaye Ag Mohamed Ali », a souligné le porte-parole de la rébellion. D’après lui, la mission de l’Onu au Mali est en train d’envoyer une équipe sur les lieux du crime pour débuter l’enquête. Du côté de l’armée malienne, on réfute ces informations. Une accalmie perdurait depuis le début des élections. Les derniers évènements remontant à  l’entrée d’une colonne de militaires maliens à  Kidal peu avant le premier tour de l’élection. Il y avait eu des affrontements entre populations noires favorables à  l’arrivée de l’armée malienne, et éléments du mouvement rebelle. Condamné par la famille du notable assassiné, ce geste dont ignore l’auteur, pourrait raviver les tensions dans la région et ce malgré la présence des soldats de la Minusma, censés sécuriser la zone et leurs populations.

Tombouctou : les islamistes exécutent un homme accusé de meurtre

« l’exécution s’est déroulée entre deux hôtels de la ville de Tombouctou » vers 17H30 locales et GMT, « J’ai vu l’homme tomber après les coups de feu », a déclaré à  l’AFP un premier témoin. l’exécution a été confirmée à  l’AFP par un conseiller municipal de Tombouctou, qui en a également été témoin. Selon lui, une centaine de personnes ont assisté à  la fusillade. l’homme exécuté est un membre de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) « qui avait tué par balle un pêcheur à  30 km de Tombouctou », a affirmé de son côté un troisième témoin, qui s’est identifié comme Bamoussa. Ville mythique, Tombouctou est contrôlée depuis début avril par Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et Al-Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi), deux des groupes islamistes armés qui se partagent le vaste nord malien avec le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Ces groupes jihadistes en ont évincé leurs ex-alliés du MNLA et ont commis depuis plusieurs exactions et violences au nom de leur interprétation rigoriste de la charia (loi islamique) dont ils prônent l’application dans tout le Mali. Mardi également, selon des témoins, quatre habitants de Douentza, ville de la région de Mopti (centre) située à  la limite du Nord, ont reçu chacun 40 coups de fouets par un responsable du Mujao, qui contrôle Douentza. La flagellation s’est déroulée devant « des centaines d’habitants », d’après un des témoins. Un élu de la région, autre témoin, a précisé que les quatre hommes avaient été arrêtés la semaine dernière dans un débit clandestin de boissons. Le propriétaire, un chrétien, a fui la ville et était recherché par les islamistes, a-t-il indiqué. Dans un rapport intitulé « Mali: Les groupes armés islamistes sèment la peur dans le Nord » publié fin septembre, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé les « graves abus à  l’encontre des populations » commis dans ces régions par les salafistes. « Les lapidations, les amputations et les flagellations sont devenues courantes dans une tentative évidente de forcer la population locale à  adopter leur vision du monde. Pour imposer leur interprétation de la charia, ils ont également organisé une parodie de justice tragiquement cruelle et ont recruté et armé des enfants dont certains n’avaient que 12 ans », affirme HRW. Le 10 septembre, cinq hommes accusés de vol ont été amputés, chacun d’une main et d’un pied, par le Mujao à  Gao (nord-est). Le 29 juillet, des membres d’Ansar Dine avaient lapidé à  mort, en public, à  Aguelhok (nord-est) un homme et une femme auxquels ils reprochaient d’avoir eu des enfants sans être mariés. D’autres couples jugés « illégitimes », des hommes accusés d’avoir bu de l’alcool, de fumer, ou encore d’être des voleurs ou des violeurs ont aussi été fouettés en public par les islamistes dans plusieurs villes, notamment à  Tombouctou o๠ils ont aussi détruit des tombeaux de saints musulmans vénérés par la population.

Qui a tué le béret rouge Amadou Traoré ?

Le message nous provient d’un destinaire qui souhaite rester inconnu et nous envoie régulièrement des correspondances à  la Rédaction. Notre réaction première a été de chercher à  le voir. Rien à  faire, l’expéditeur souhaite rester anonyme. Par peur de représailles de l’ex junte ? Celle-ci est ciblée dans le message qui suit et surtout, cette nouvelle affaire pourrait entraà®ner la colère des femmes de bérets rouges et de nouvelles manifestations à  Bamako. Celles-ci promettent de sortir à  nouveau et de diffuser une vidéo compromettante du capitaine Sanogo. Ici le témoignage du soldat inconnu de Kati.