Le roi du Maroc veut « une vision africaine commune » sur la migration

Le roi du Maroc veut une « vision africaine commune » sur la migration et fera des propositions en ce sens aux pays africains, a-t-on appris lundi de source officielle.

« Des milliers de jeunes Africains tentent clandestinement de gagner la rive nord de la Méditerranée, à la recherche d’une vie meilleure, avec tous les risques que l’on connaît », a déclaré Mohammed VI, dans un discours relayé par les médias publics marocains.

« Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée ?Leur mobilité doit-elle devenir une hémorragie ?Il nous appartient au contraire de la gérer pour en faire un atout », a plaidé le souverain, dans ce discours lu par son frère Moulay Rachid et représentant au sommet de l’Union africaine (UA) qui s’est ouvert lundi à Addis Abeba.

« J’ai l’intention de soumettre (à l’UA) une contribution axée sur la nécessité de développer une vision africaine commune sur la migration, ses enjeux et ses défis », a annoncé Mohammed VI, appelant les pays du continent à « travailler conjointement à l’élaboration d’un agenda africain sur cette thématique ».

Le Maroc, qui a réintégré début 2017 l’UA, se pose en exemple dans la gestion des migrants, depuis qu’il a adopté en 2013 une nouvelle politique migratoire et mené deux campagnes de régularisation de clandestins, pour la plupart subsahariens.

Dans son discours, le roi, qui n’a pas fait le déplacement au sommet d’Addis Abeba, a également réclamé une « politique volontariste » en faveur de la jeunesse africaine, « avenir » du continent.

Il a par ailleurs appelé à une « nouvelle Afrique » qui « s’appuie sur une vision concrète et pragmatique ».

« Il est nécessaire que l’UA entame sa mue », a-t-il plaidé, saluant au passage le « leadership » du président rwandais Paul Kagamé, en charge de la réforme des institutions de l’UA, de même que le président guinéen Alpha Condé, actuel président en exercice de l’organisation panafricaine et qui lui « donne une grande visibilité ».

Macron au Maroc pour une première rencontre avec le roi Mohammed VI

Emmanuel Macron se rend mercredi au Maroc pour une première rencontre avec le roi Mohammed VI, où seront notamment abordées la coopération des deux pays en matière de lutte anti-terroriste et la crise du Golfe.

Le président français, accompagné de son épouse Brigitte, doit atterrir à 17 heures à l’aéroport de Rabat, où il sera accueilli par le roi. Il sera ensuite reçu par Mohammed VI, d’abord en tête-à-tête puis avec ses conseillers.

Le soir, il est convié, avec son épouse — robe longue de rigueur — au repas de rupture du jeûne du Ramadan offert par le roi en leur honneur dans sa résidence personnelle de Dar al Salam, avant de repartir le lendemain matin pour Paris.

Ce premier déplacement du président français dans le Maghreb, le second en Afrique depuis son investiture, « a un cadre personnel pour que le président et le roi fassent mieux connaissance et posent les bases de la relation franco-marocaine », selon l’Elysée.

Au cours de sa campagne, M. Macron s’était rendu en Algérie, où il doit revenir en tant que président dans les prochaines semaines.

Au menu des entretiens avec le souverain du Maroc, allié de la France de longue date, figure notamment la crise du Golfe, les deux dirigeants souhaitant unir leurs efforts de médiation.

« Le président Macron s’est entretenu avec tous les chefs d’Etat de la région et appelé à l’apaisement. Ces efforts peuvent converger avec le rôle de médiation que le Maroc veut jouer. Les deux chefs d’Etat auront à coeur de bien coordonner leurs actions pour être les plus efficaces possibles », a indiqué l’Elysée.

Ls deux hommes devraient aussi parler de la Libye. « Le Maroc est très impliqué dans le suivi de la situation, où nous voulons pousser nos efforts diplomatiques dans les mois qui viennent », indique la présidence française.

La lutte contre la radicalisation et le terrorisme feront également partie des échanges, ainsi que la situation au Sahel.

Premier partenaire commercial 

Ils évoqueront aussi leur coopération bilatérale en matière de sécurité, économique, culturelle et pour la lutte contre le dérèglement climatique. La France est le premier partenaire commercial du Maroc.

Mardi, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian effectuait lui une visite en Algérie. Les deux pays ont annoncé vouloir unir leurs efforts notamment dans la lutte antiterroriste et pour une solution politique en Libye.

La relation avec le Maghreb est prioritaire dans la politique d’Emmanuel Macron, qui veut forger un nouveau partenariat entre Europe, Afrique et Méditerranée, où les pays du Maghreb ont vocation à jouer un rôle central, a souligné l’Elysée.

Cette visite s’inscrit dans un contexte particulier marqué par un mouvement de contestation dans le Rif (nord du Maroc), depuis le mois d’octobre. Pour répondre aux revendications exprimées dans la rue, l’Etat marocain a relancé ou accéléré une série de projets d’infrastructures. Parallèlement la police a procédé depuis le 26 mai à plus d’une centaine d’arrestations, qui ont renforcé l’effervescence dans la rue.

Vingt-cinq associations de France et du Maghreb ont adressé lundi une lettre ouverte à Emmanuel Macron notamment pour dénoncer la répression dans le Rif. « Votre prochaine visite au Maroc peut être une occasion pour faire part aux plus hautes autorités de cet Etat des inquiétudes et préoccupations quant aux atteintes aux libertés fondamentales », écrivent-elles.

Ce mouvement populaire est né à la suite du décès de Mouhcine Fikri, mort broyé dans une benne le 28 octobre 2016 alors qu’il tentait de sauver sa marchandise confisquée.

L’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a elle demandé à Emmanuel Macron « la même fermeté qu’avec Vladimir Poutine » sur la question des droits de l’homme au Maroc, à propos du procès de 24 militants sahraouis qui se déroule depuis le 13 mars, entaché selon ATAC « d’aveux signés sous la torture ».

CEDEAO : Accord de principe pour l’adhésion du Maroc

La Conférence de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné, dimanche à Monrovia, son accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc à ce groupement régional.

La Conférence de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a donné, dimanche à Monrovia, son accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc à ce groupement régional.

Elle a également décidé d’inviter le Roi Mohammed VI à la prochaine session ordinaire de la CEDEAO, lit-on dans le communiqué final sanctionnant les travaux du 51ème sommet ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.

Les leaders ouest-africains ont ainsi « donné leur accord de principe pour l’adhésion du Royaume du Maroc à la CEDEAO, eu égard aux liens forts et multidimensionnels de coopération » qui lient le Maroc aux Etats de cette organisation sous-régionale.

Le sommet a instruit la commission de la CEDEAO d’examiner les implications d’une telle adhésion conformément aux dispositions du traité révisé de la CEDEAO et de soumettre les résultats à sa prochaine session.

Visite de Mohammed VI : les raisons d’un report

L’annulation de la visite officielle que devait effectuer Mohammed VI à Bamako est la conséquence d’une intense pression algérienne sur le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), selon des sources diplomatiques marocaines. Conséquence: Mounir Majidi a été missionné pour inaugurer le projet de clinique voulu par le roi

Le roi Mohammed VI, arrivé hier soir en Guinée-Conakry devait se rendre au Mali dès le 22 février, après sa visite en Zambie. Selon des sources diplomatiques consultées par Le Desk, cette étape pourtant dûment programmée dans l’agenda de cette nouvelle tournée africaine a été annulée « à la dernière minute ».

Le compte Twitter de la Présidence du Mali avait annoncé dans la matinée du mardi 21 février que la visite programmée du souverain à Bamako a été reportée à une date ultérieure « à la demande de la partie marocaine ».

En réalité, une intense pression algérienne sur le président Ibrahim Boubakar Keïta (IBK) l’a contraint à céder au diktat de son grand voisin du nord qui influe depuis toujours sur la politique extérieure de Bamako pour des raisons sécuritaires. D’ailleurs Alger n’a pas lésiné sur les moyens pour faire barrage au Maroc : un protocole d’accord pour l’édification de deux centrales électriques a été signé en début de semaine entre les deux pays dans le cadre du « plan d’urgence sociale » cher à IBK.

UNE GÈNE PERCEPTIBLE À BAMAKO

Depuis quelques jours à Bamako, les officiels ont tenté en vain d’enfumer les journalistes en avançant tantôt des raisons de sécurité, tantôt qu’IBK était souffrant, se rendant ainsi indisponible pour recevoir le roi. En fait, rien de tout cela, le chef de l’Etat malien a lui-même dirigé mercredi 22 février le Conseil des ministres, rapporte RFI, sans oublier que la veille, « il recevait un diplomate américain au palais présidentiel ».

« Le grand voisin du Mali travaille à occulter la visite du souverain marocain », ont ajouté les sources de RFI qui confirment l’activisme du pouvoir d’Alger dans le but de faire capoter tout rapprochement entre Rabat et Bamako.

Evidemment la question du Sahara est au cœur de cette bataille diplomatique. Le Mali fait officiellement partie des pays qui reconnaissent la « RASD » soutenue à bouts de bras par l’Algérie. La visite royale devait ainsi à coup sûr changer la donne dans le sens d’un rééquilibrage des positions de Bamako.

« Nos relations avec Rabat sont très bonnes et nous voulons les renforcer », a expliqué un diplomate malien à RFI qui rappelle que « le Maroc vient d’offrir au Mali l’une des cliniques les plus modernes de la sous-région ». Il était en effet prévu que Mohammed VI inaugure en personne l’ouvrage ce jeudi 23 février.

MAJIDI SOLLICITÉ POUR CETTE MISSION PARTICULIÈRE

C’est donc sur instructions du roi qu’une délégation accompagnée du premier ministre malien, Modibo Kéïta, a procédé ce jeudi à Bamako, à l’inauguration de la « Clinique périnatale Mohammed VI », comme l’a annoncé l’agence MAP.

« Moderne et intégrée, cette clinique, réalisée par la Fondation Mohammed VI pour le développement durable sur une superficie globale de 5 hectares (don de l’Etat malien) dont 7 270 m2 couverts, profitera aux populations maliennes », poursuit la dépêche.

Fait inhabituel, la délégation marocaine est conduite par Mohamed Mounir El Majidi, directeur du secrétariat particulier du roi qui est rarement associé à des missions diplomatiques de ce genre.

Selon les sources du Desk, la raison est autant logistique que protocolaire. Les plus proches conseillers du roi, dont Fouad Ali El Himma l’accompagnent entre la Zambie et la Guinée, mais le choix s’est aussi porté sur Majidi pour appuyer le fait que cet événement ne concerne pas uniquement la coopération bilatérale à un niveau institutionnel, mais découle aussi d’une sollicitude personnelle du roi.

La présence du professeur Abdelaziz Maaouni, médecin personnel du roi et celle de Mostafa Terrab, en sa qualité de président délégué de la Fondation Mohammed VI pour le développement durable, confirment cette attention royale à l’égard d’IBK malgré son incapacité à s’affranchir totalement de la tutelle du régime d’Abdelaziz Bouteflika.

105 MILLIONS DE DIRHAMS INVESTIS

« Après avoir coupé le ruban symbolique, la délégation marocaine et Kéïta ont visité les différentes dépendances de cette clinique de référence de niveau 3 pour les maternités de la région de Bamako, et qui a pour objectifs la fourniture de services périnataux spécialisés, la prise en charge de grossesses à risque et la limitation de la mortalité maternelle et infantile », a rapporté la MAP

Cette structure sanitaire, dont la réalisation a nécessité un budget de 105 millions de dirhams, « dispose de nombreux services, à savoir les soins intensifs et réanimations pour les mères, la réanimation néonatale (cas graves nécessitant ventilation artificielle), et la néonatalogie », apprend-on de la même source.

« Quant au plateau d’explorations, il est équipé d’une radiologie avec radio conventionnelle ultrasons et scanner, d’une angiographie, d’un laboratoire spécialisé, de deux blocs opératoires, de quatre salles d’accouchement, d’une salle d’accueil pour les familles accompagnatrices et d’une administration », précise la MAP.

Cette structure sanitaire est d’une capacité globale de 79 lits, 5 000 naissances par an avec possibilité de traiter jusqu’à 2.000 césariennes, 1.400 admissions par an en soins intensifs et réanimations mères, et 470 admissions par an en néonatalogie et réanimation néonatale.

UN DÉLAI DE RÉALISATION DE 22 MOIS

Cette clinique, réalisée dans un délai de 22 mois, est dotée d’un effectif de 277 employés, dont 164 en personnel médical et paramédical.

Le roi Mohammed VI, accompagné du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, avait présidé, en février 2014 à Bamako, la cérémonie de pose de la première pierre pour la construction de cette clinique périnatale moderne et intégrée, rappelle aussi la MAP.

La cérémonie d’inauguration de cette clinique a été marquée par le présence de l’ambassadeur du Mali au Maroc Ousmane Amadou Sy, de hauts responsables maliens, de l’ambassadeur du royaume au Mali, Hassan Naciri, des membres de la représentation diplomatique du Maroc à Bamako et des cadres marocains établis au Mali.