États-Unis – Chine : Le test de Pékin

Donald Trump effectue du 13 au 15 mai une visite d’État en Chine, à l’invitation de Xi Jinping. Ce déplacement marque la première visite d’un Président américain dans le pays depuis novembre 2017, soit près de neuf ans sans séjour présidentiel américain sur le sol chinois.

Initialement envisagé plus tôt, le rendez-vous a été reporté après l’aggravation de la crise iranienne et des tensions au Moyen-Orient. Il intervient dans un contexte où Washington cherche à obtenir de Pékin des gestes sur plusieurs dossiers sensibles. Les discussions doivent porter sur le commerce, les droits de douane, les minerais critiques, l’intelligence artificielle, les technologies à double usage, les questions nucléaires, Taïwan et l’Iran.

L’enjeu dépasse largement le dialogue bilatéral. Donald Trump veut maintenir la pression sur la Chine, notamment par les restrictions technologiques et l’arme tarifaire, afin de défendre les intérêts industriels américains et de limiter les soutiens chinois jugés utiles à Téhéran. Pékin entend préserver ses marges économiques et diplomatiques. Cette rencontre dira si les deux puissances peuvent contenir leur rivalité sans aggraver les fractures mondiales. Pour les marchés, l’issue pèsera sur l’énergie, les chaînes d’approvisionnement, les investissements et les prix dans de nombreuses économies, africaines comprises.

Donald Trump s’est déjà réjoui quand à l’avenir des relations entre les deux pays. « C’est un honneur d’être avec vous. C’est un honneur d’être votre ami et les relations entre la Chine et les Etats-Unis vont être meilleures que jamais », a déclaré Trump lors d’une rencontre avec Xi Jinping, ce 13 mai.

Félicitant le président chinois pour son leadership et les progrès accomplis à la tête de son pays, Donald Trump a insisté sur l’importance du volet économique de ce sommet, rappelant que la délégation qui l’accompagne souhaite faire avancer les relations économiques entre les deux pays.

Traité nucléaire : Un monde désormais sans cadre contraignant

Depuis l’expiration du traité New START, aucun accord juridiquement contraignant ne limite plus les arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie. Cette situation intervient alors que plusieurs États dotés de l’arme nucléaire sont engagés dans des tensions ou des conflits persistants.

La fin du traité New START met un terme au dernier accord bilatéral encadrant les forces nucléaires stratégiques américaines et russes. Entré en vigueur en 2011, cet accord s’inscrivait dans l’architecture de contrôle des armements développée depuis la fin de la Guerre froide, dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire. New START fixait des limites précises au nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées ainsi qu’au nombre de vecteurs autorisés, incluant les missiles balistiques intercontinentaux, les missiles lancés depuis des sous-marins et les bombardiers lourds, selon des règles de comptage définies. Il prévoyait des échanges de données et des inspections sur site.

À ce jour, aucun dispositif juridiquement contraignant n’est venu remplacer ces mécanismes. À la suite de l’expiration du traité, la Russie a indiqué que les obligations qui en découlaient ne s’appliquaient plus. Les États-Unis et la Russie ont toutefois maintenu des échanges, par le biais de canaux de communication militaire et stratégique, et la question d’une éventuelle poursuite de l’observation de certains paramètres a fait l’objet de discussions. Les Nations unies ont relevé l’absence de cadre formel de contrôle des armements entre les deux principales puissances nucléaires.

Selon les estimations internationales les plus récentes, neuf États possèdent des armes nucléaires, les États-Unis et la Russie concentrant l’essentiel des ogives mondiales sur un total estimé à plus de douze mille, dans un contexte international marqué par plusieurs foyers de tension.

La guerre en Ukraine se poursuit entre la Russie et un pays soutenu par plusieurs puissances nucléaires occidentales. En Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan restent engagés dans une rivalité militaire durable, tandis qu’en Asie de l’Est, la Corée du Nord développe ses capacités balistiques et la Chine modernise son arsenal stratégique.

Au Moyen-Orient, le programme nucléaire iranien reste au cœur de l’actualité internationale. L’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium à des niveaux élevés tout en participant à des discussions diplomatiques d’encadrement, dans un contexte régional tendu.

Dans ce contexte, l’expiration du traité New START laisse les relations nucléaires stratégiques entre grandes puissances sans cadre juridiquement contraignant commun. Elles reposent désormais sur des engagements unilatéraux et des contacts bilatéraux, dans un environnement international marqué par des crises et rivalités multiples.

Moyen-Orient : l’ONU confirme l’état de famine à Gaza

L’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), organisme de référence soutenu par les Nations unies, a officiellement déclaré le 22 août 2025 l’existence d’un état de famine dans la bande de Gaza. C’est la première fois qu’une telle situation est constatée dans cette région du Moyen-Orient depuis le début du conflit armé.

Le rapport de l’IPC souligne que la ville de Gaza et ses environs immédiats sont les zones les plus gravement touchées. Environ 514 000 personnes y sont déjà en situation de famine, soit près d’un quart de la population totale de l’enclave. Selon les projections, le nombre de personnes concernées pourrait atteindre 641 000 d’ici à la fin septembre si l’aide humanitaire n’est pas acheminée rapidement et de manière massive.

L’analyse fait état d’un effondrement quasi complet des mécanismes d’approvisionnement alimentaire, consécutif à la destruction des infrastructures, aux restrictions imposées aux flux humanitaires et à l’intensification des hostilités. Les hôpitaux, privés d’électricité et de carburant, ne sont plus en mesure de fonctionner normalement, tandis que les usines de dessalement ont cessé de produire de l’eau potable. Cette combinaison de facteurs place la population civile dans une situation d’extrême vulnérabilité.

La reconnaissance officielle de la famine a entraîné de nombreuses réactions institutionnelles. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a insisté sur le caractère évitable de cette crise et a appelé à l’ouverture immédiate de corridors sûrs pour l’acheminement de l’aide. L’Union européenne et plusieurs gouvernements ont exprimé leur préoccupation et demandé que les convois humanitaires puissent accéder sans entrave à la population.

Les organisations internationales et les ONG présentes dans la région, telles qu’Oxfam et Islamic Relief, ont confirmé la gravité des constats de l’IPC. Elles estiment que l’ensemble de la population de Gaza, soit plus de deux millions d’habitants, se trouve déjà en situation d’insécurité alimentaire grave, dont près d’un million en urgence et plusieurs centaines de milliers en famine.

La déclaration de l’IPC s’accompagne d’un appel pressant à une mobilisation accrue de la communauté internationale. Des mesures rapides sont jugées indispensables pour prévenir une aggravation de la catastrophe dans les semaines à venir et limiter un bilan humain déjà alarmant.