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Cancers du sein et du col : Le diagnostic tardif persiste en Afrique
Le diagnostic tardif des cancers du sein et du col n’est pas une singularité malienne. Dans une grande partie de l’Afrique, les patientes consultent alors que la maladie a déjà progressé.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), entre 60 et 70% des femmes atteintes d’un cancer du sein ou du col sont diagnostiquées tardivement. Pour le seul cancer du sein, une revue systématique publiée le 10 juin 2026 a analysé 125 études menées entre 2014 et 2025 dans 28 pays d’Afrique subsaharienne. Sur 42 689 patientes, 63,1% avaient reçu leur diagnostic aux stades III ou IV. Cette proportion atteignait 71% en Afrique de l’Ouest.
Le retard réduit les chances de survie et rend les soins plus lourds. D’après l’OMS, environ une Africaine sur deux atteinte d’un cancer du sein survit cinq ans après le diagnostic, contre plus de 90% dans les pays à revenu élevé. Les écarts tiennent notamment aux difficultés d’accès au diagnostic rapide et aux traitements spécialisés.
Cibles
L’Initiative mondiale de l’OMS contre le cancer du sein fixe trois repères, résumés par la formule 60-60-80. Elle recommande de diagnostiquer au moins 60% des cancers invasifs aux stades I ou II, d’achever la confirmation du diagnostic dans les 60 jours suivant la première consultation et de permettre à au moins 80% des patientes de suivre l’intégralité du traitement recommandé.
Pour le cancer du col de l’utérus, la stratégie 90-70-90 prévoit, d’ici 2030, la vaccination de 90% des filles contre le papillomavirus humain avant 15 ans. Elle vise aussi le dépistage de 70% des femmes à 35 ans, puis à 45 ans, avec un test performant, ainsi que la prise en charge de 90% des lésions précancéreuses et des cancers invasifs. L’élimination correspond à moins de quatre nouveaux cas pour 100 000 femmes par an.
Le 21 septembre 2026, l’OMS Afrique a publié un manuel destiné aux personnels des soins primaires. Le document explique comment reconnaître les signes suspects du cancer du sein, réaliser une première évaluation et orienter rapidement les patientes vers l’imagerie, l’anatomopathologie et le traitement. Il recommande aussi le suivi des rendez-vous manqués pour limiter les abandons. Selon l’organisation, des délais de six mois ou davantage entre les premiers symptômes et des soins appropriés restent fréquents sur le continent.
Mohamed Kenouvi
Rage : vaccination des chiens et prise en charge immédiate des morsures
Le Mali marque ce lundi 28 septembre la vingtième Journée mondiale de lutte contre la rage. Le Conseil des ministres a annoncé une cérémonie à Bamako, sous le thème « Plus forts ensemble ».
Paludisme : Bamako au cœur de la recherche d’un traitement en une prise
Le programme WANECAM3 doit tester trois nouveaux composés contre le paludisme non compliqué. Dirigée scientifiquement depuis Bamako, cette recherche pourrait simplifier la prise en charge, mais aucun nouveau médicament n’est encore disponible.
Santé mentale des jeunes : quand la souffrance passe pour de la paresse
Chez certains jeunes Maliens, la souffrance psychologique peut se dissimuler derrière des études poursuivies, des activités maintenues et même des sourires. Alors que les pouvoirs publics inscrivent progressivement la santé mentale parmi leurs priorités, reconnaître les signes et accéder à un accompagnement restent des défis.
« Pourquoi tu ne fais plus comme avant ? » Pour une personne qui traverse une période difficile, la question peut sembler banale. Pourtant, derrière une baisse de motivation, un retrait ou une difficulté à accomplir certaines tâches peut se trouver une réalité que l’entourage ne perçoit pas.
S.S. raconte avoir commencé à ressentir un changement lorsque des choses auparavant simples lui demandaient beaucoup plus d’énergie. Elle continuait pourtant à avancer dans son quotidien. « Je continuais à faire ce que j’avais à faire, mais intérieurement, je sentais que quelque chose n’allait plus », témoigne-t-elle. Dans ses études comme dans ses activités, elle remarque une baisse de motivation et d’énergie. Ses relations avec les autres changent également. Elle s’isole davantage et ressent moins l’envie de communiquer, sans que son entourage comprenne toujours ce qui se passe.
Une souffrance invisible
Certaines personnes pensent simplement que S.S. a changé ou qu’elle est devenue moins disponible. Son manque d’énergie est parfois interprété comme de la paresse ou un manque de volonté. Une perception qu’elle vit difficilement. « Lorsque tu es déjà en difficulté, entendre que tu es simplement paresseux ou que tu ne fais pas assez d’efforts peut renforcer le sentiment de culpabilité », confie-t-elle.
Son témoignage met en évidence un paradoxe. Une personne peut continuer à étudier, à participer à certaines activités, à discuter et même à rire tout en traversant une période de souffrance. « Le fait de réussir à fonctionner normalement par moments ne signifiait pas que je n’allais pas mal », explique-t-elle.
Cette capacité à maintenir certaines habitudes rend parfois le mal-être difficile à percevoir. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, environ un adolescent de 10 à 19 ans sur sept vit avec un trouble mental à l’échelle mondiale. Ces troubles restent souvent non reconnus et non traités, tandis que la stigmatisation et la discrimination peuvent éloigner les jeunes des services d’accompagnement.
Il ne s’agit cependant pas de transformer chaque fatigue ou baisse de motivation en dépression. Ces changements peuvent avoir de nombreuses causes et seule l’évaluation d’un professionnel qualifié permet d’établir un diagnostic. Ils méritent néanmoins d’être pris au sérieux lorsqu’ils persistent ou perturbent durablement les études, les relations et la vie quotidienne.
Dans une salle de classe, certains signes peuvent être plus visibles. Un professeur de mathématiques au lycée Abdoulaye Maïga évoque les changements d’humeur, la baisse de participation aux cours et, dans certains cas, les pleurs. Selon lui, les difficultés d’un élève peuvent avoir plusieurs origines, notamment des problèmes sociaux, familiaux ou financiers. Il estime donc nécessaire d’observer la durée et l’évolution de ces changements avant de tirer des conclusions.
L’enseignant explique que la formation reçue à l’École normale supérieure comporte des modules consacrés à la pédagogie de l’enfant et de l’adolescent. L’expérience acquise sur le terrain peut ensuite renforcer la capacité d’observation. Lorsqu’un élève semble en difficulté, il essaie d’abord d’échanger avec lui afin de comprendre ce qui se passe.
Cette écoute repose toutefois largement sur l’initiative individuelle. « Pas à ma connaissance », répond-il lorsqu’il est interrogé sur l’existence d’un dispositif particulier d’accompagnement dans son établissement. Pour lui, une plus grande attention permettrait aux enseignants de repérer certains changements et d’alerter les personnes compétentes. Il estime surtout nécessaire de mettre en place « des structures spéciales » pour mieux accompagner les jeunes.
Pour A.C., le changement est apparu après son accouchement. Ses activités se poursuivent, mais elle constate une fermeture progressive dans ses relations avec les autres. Son entourage, dit-elle, a mal vécu cette transformation. Certaines personnes la considèrent comme « perdue » ou ne comprennent pas ses décisions. Elle-même n’a pas immédiatement mesuré ce qui lui arrivait.
A.C. explique avoir continué certaines activités parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix. Le plus difficile, selon elle, reste de faire comprendre à son entourage son changement intérieur et sa nouvelle manière de réfléchir. Son témoignage rappelle qu’un comportement n’est pas interprété de la même façon par celui qui le vit et par ceux qui l’observent. Là où la personne ressent une transformation profonde, l’entourage peut seulement voir quelqu’un devenu distant, moins disponible ou différent.
Des réponses à construire
La santé mentale des jeunes commence progressivement à apparaître dans les politiques publiques maliennes. Un atelier multisectoriel organisé du 2 au 7 avril 2025 a validé le Plan stratégique de la santé des adolescents et des jeunes pour la période 2025-2029. Le document mentionne les troubles mentaux parmi les défis nécessitant une attention urgente et prévoit de renforcer l’accès aux services, la sensibilisation et la prévention.
Le Mali dispose également d’un Plan stratégique national de santé mentale et de soutien psychosocial 2025-2029. Rendu public par le ministère de la Santé et du Développement social, il vise notamment à accompagner 80 % des personnes exposées à des événements traumatisants. Une Stratégie nationale multisectorielle de promotion de la santé et du bien-être 2026-2035 a par ailleurs été adoptée en novembre 2025.
Ces orientations témoignent d’une reconnaissance croissante de la santé mentale dans l’action publique. Entre les objectifs annoncés et l’expérience quotidienne des jeunes, la question de l’accès concret à des professionnels, à des cellules d’écoute et à des services de proximité reste cependant posée.
Les témoignages recueillis ne permettent pas de mesurer l’ampleur de la dépression chez les jeunes Maliens. Ils montrent surtout comment une souffrance peut être vécue, dissimulée et interprétée par l’entourage.
Une thèse de médecine soutenue en 2024 à la Faculté de médecine et d’odontostomatologie de Bamako apporte néanmoins un éclairage sur une population particulière. Réalisée auprès de 844 étudiants entre janvier 2023 et avril 2024, elle a rapporté une fréquence de dépression de 41,9 % selon l’outil utilisé.
Ce résultat doit être interprété avec prudence. Le questionnaire était auto-administré en ligne et diffusé de manière volontaire dans les groupes WhatsApp des différentes classes. Les auteurs reconnaissent que cette méthode ne permet pas d’établir un diagnostic clinique individuel et que l’étude, menée à un moment donné, ne démontre pas de relation de causalité. Le chiffre concerne uniquement les étudiants ayant participé à cette enquête et ne peut être appliqué à l’ensemble de la jeunesse malienne.
Les données nationales demeurent également incomplètes. Le profil malien de l’Atlas de la santé mentale 2020 indiquait déjà que les informations disponibles étaient principalement compilées dans les statistiques générales de santé et que la production scientifique restait faible. Un rapport régional de l’OMS publié en août 2025, fondé sur les premières données de l’Atlas 2024, place le Mali parmi les pays disposant d’un plan de santé mentale intégré à d’autres politiques. Le pays ne figure toutefois pas parmi ceux qui déclarent régulièrement un ensemble complet d’indicateurs ou une ligne budgétaire spécialement consacrée à la santé mentale.
Écouter avant de juger
Pour S.S., l’attitude qu’elle aurait souhaitée de son entourage tient finalement en une question simple : « Qu’est-ce qui se passe ? », plutôt que « Pourquoi tu ne fais plus comme avant ? » Cette différence résume une grande partie du problème. Lorsqu’un jeune cesse de participer, s’isole, perd de l’énergie ou semble moins investi, la première réaction peut être de juger son comportement. Comprendre ce qui se trouve derrière ce changement demande davantage d’attention.
L’OMS souligne que les environnements familiaux, scolaires et sociaux jouent un rôle important dans la santé mentale des adolescents. Elle recommande aussi de renforcer les services adaptés aux enfants et aux jeunes, alors que leur accès demeure insuffisant dans de nombreux contextes.
Au Mali, les politiques publiques accordent désormais davantage de place au bien-être mental. Dans les salles de classe, les familles et les groupes d’amis, la première forme d’aide peut cependant commencer bien avant une consultation : prendre au sérieux un changement, poser une question et écouter la réponse.
Car derrière celui que l’on croit simplement paresseux peut se trouver quelqu’un qui, comme S.S., continue d’avancer alors qu’il dépense déjà beaucoup d’énergie pour y parvenir.
Salimata Wagué
Mutilations génitales féminines : des séquelles qui traversent les années
Les mutilations génitales féminines restent profondément ancrées dans de nombreuses communautés maliennes. Malgré les campagnes d’abandon, elles continuent d’exposer les filles et les femmes à de lourdes conséquences sanitaires et psychologiques.
Hivernage : Le paludisme en première ligne
Chaque hivernage rappelle la vulnérabilité du Mali face au paludisme, à la fièvre typhoïde et aux maladies diarrhéiques. Malgré les campagnes de prévention, ces pathologies touchent encore les plus exposés, notamment les enfants et les femmes enceintes.
Parmi les maladies fréquentes durant la saison des pluies, le paludisme reste la première préoccupation. Sa transmission augmente chaque année pendant cette période, avec un pic observé entre juillet et décembre.
Le Mali fait partie des 11 pays les plus touchés par le paludisme, selon Medicines for Malaria Venture. En 2022, la maladie représentait 37% des consultations et 27% des décès dans les formations sanitaires.
Le pays continue de porter une part importante de la charge mondiale. En 2023, il représentait 3,1% des cas de paludisme et 2,4% des décès dans le monde, ainsi qu’environ 6,6% des cas en Afrique de l’Ouest.
Même si la prévalence chez les enfants de moins de cinq ans est passée de 47% en 2012 à 19% en 2021, les défis restent nombreux. Ils concernent le diagnostic tardif, les formes graves, l’accès limité aux soins et la compréhension des messages de prévention, dans un pays où l’alphabétisation des adultes est autour de 35,6%.
Diagnostic tardif
Les eaux stagnantes, l’humidité et l’insalubrité transforment l’environnement en terrain favorable aux moustiques et à plusieurs infections, explique le Dr Goïta, médecin au Centre de santé communautaire de Lafiabougou 1, en Commune IV du District de Bamako. Si ces conditions favorisent maladies de peau, infections respiratoires et maladies parasitaires, le paludisme demeure la première cause de consultation.
Le médecin déplore surtout le recours tardif aux centres de santé. Selon lui, ce retard complique la prise en charge, augmente le risque de formes graves et renchérit le coût des soins.
L’accès aux soins est lui-même fragilisé dans certaines zones. Des données humanitaires récentes indiquent qu’environ 4% des structures de santé étaient non fonctionnelles et 10% partiellement accessibles dans les zones affectées par l’insécurité.
Pour le Dr Goïta, la prévention est essentielle. L’assainissement du cadre de vie, l’utilisation des moustiquaires imprégnées et la protection des maisons contre les moustiques « restent des mesures simples mais efficaces ».
Depuis 2012, le Programme national de lutte contre le paludisme mène la chimio-prévention saisonnière chez les enfants de 3 à 59 mois. Mais le dispositif est confronté à l’inobservance des doses administrées par les familles, à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire, au faible niveau d’alphabétisation et aux difficultés d’accès aux soins.
Assemblée générale de l’OMS : Financement sous tension et alertes sanitaires
L’Assemblée mondiale de la santé se tient à Genève du 18 au 23 mai 2026. Le retrait américain, les coupes budgétaires, Ébola et le hantavirus marquent fortement cette session consacrée aux priorités mondiales.
La soixante-dix-neuvième Assemblée mondiale de la santé réunit les États membres dans un contexte institutionnel délicat pour l’Organisation mondiale de la santé. L’agenda officiel couvre les finances, l’accord pandémique, la réforme de la réponse aux urgences, la résistance antimicrobienne, l’immunisation, la santé mentale, les maladies transmissibles, les maladies non transmissibles, ainsi que les liens entre climat, qualité de l’air, énergie et santé. Ces dossiers prennent un relief particulier depuis le retrait des États-Unis, formalisé en janvier 2026, qui prive l’organisation d’un contributeur majeur.
La contrainte se traduit déjà dans les moyens humains. Selon des documents cités par Reuters, l’OMS prévoit une réduction de 2 371 postes d’ici juin 2026, sous l’effet combiné des coupes, des départs et des restructurations. Cette réorganisation intervient alors que l’institution reste sollicitée pour l’alerte, l’appui technique, la coordination transfrontalière et l’accompagnement de pays dont les systèmes de santé s’appuient sur ses protocoles, ses formations et ses données.
L’urgence la plus visible vient d’Afrique centrale. Le 16 mai, l’OMS a classé l’épidémie d’Ébola Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale. La base officielle retenue par l’OMS faisait état au 16 mai de 8 cas confirmés en RDC, 246 cas suspects et 80 décès suspects en Ituri, ainsi que deux cas confirmés à Kampala chez des personnes venues de RDC.
La souche Bundibugyo complique la riposte, faute de vaccin ou de traitement spécifique approuvé comparable aux outils disponibles contre Ébola-Zaïre. Les priorités restent la recherche des contacts, l’isolement, la protection des soignants, les enterrements sécurisés et l’information communautaire.
Le hantavirus lié au navire MV Hondius illustre un autre enjeu, celui de la mobilité internationale. Il n’est pas clairement listé comme point central officiel de l’ordre du jour, mais l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) recensait au 15 mai onze cas, dont huit confirmés, deux probables et un inconclusif. Entre foyers locaux, voyages et financement durable, l’Assemblée interroge la capacité collective à contenir rapidement les menaces émergentes. Pour les délégations, l’enjeu consiste à préserver une coordination opérationnelle malgré des ressources resserrées et les attentes croissantes des populations exposées aux crises sanitaires partout dans le monde.
Cancer : Quatre cas sur dix évitables
Le monde pourrait enregistrer 35 millions de nouveaux cas de cancer d’ici à 2050. Environ une personne sur 5 développe un cancer au cours de sa vie. Mais 4 cas sur 10 pourraient être évités pour ce problème de santé mondiale, selon une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée ce 3 février 2026, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre cette maladie.
« En examinant les tendances dans les pays et les groupes de la population, nous pouvons donner aux pouvoirs publics et aux particuliers des informations plus précises qui contribuent à prévenir les cancers avant qu’ils ne se déclarent », déclare le responsable de la lutte contre le cancer à l’OMS, auteur du rapport. Le cancer est donc un problème de santé publique, dont une part importante pourrait être prévenue. Ces causes évitables vont du tabagisme, à l’obésité en passant par la consommation d’alcool ou l’inactivité physique.
Dans l’étude menée par l’OMS et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), portant sur 30 causes de cancer évitables, on note aussi la pollution de l’air, le rayonnement ultraviolet et pour la première fois, 9 agents infectieux.
L’étude montre qu’en 2022, 37% des nouveaux cas de cancer (soit environ 7,1 millions de cas), étaient liés à des causes évitables. Les résultats de l’état démontrent donc le rôle primordial de la prévention dans la diminution de la charge du cancer.
A l’échelle mondiale, sur 36 types de cancer dans 185 pays, le tabagisme demeure la première cause de cancer évitable (15% des nouveaux), devant les infestions (10%) et l’alcool (3%). Les cancers du poumons, de l’estomac et du col de l’utérus, représentent près de la moitié des cas évitables dans le monde, chez les hommes et les femmes.
Disparités régionales
La charge des cancers évitables est plus élevée chez les hommes que les femmes. Ils représentent 45% des nouveaux cas contre 30% chez les femmes.
Chez les hommes, le tabagisme constitue le principal facteur de risque (23%), devant les infections (9%) et l’alcool (4%). Alors que chez les femmes, les infections sont la première cause (11%), devant le tabagisme (6%) et le surpoids (3%).
La charge du cancer varie également d’une région à l’autre du monde. Elle est de 24% en Afrique du nord et en Asie de l’ouest et de 38% en Afrique subsaharienne chez les femmes.
Santé publique : l’OMS plaide pour des taxes plus élevées sur le sucre et l’alcool
Dans des rapports publiés le 13 janvier 2026, l’Organisation mondiale de la santé a appelé les États à augmenter les taxes sur les boissons sucrées et les produits alcoolisés. L’objectif est de réduire les consommations nocives et de mobiliser des ressources pour des systèmes de santé sous pression.
L’OMS estime que les niveaux actuels de taxation restent généralement trop bas, favorisant l’accessibilité de ces produits même si leur impact sur la santé est bien documenté. L’agence recommande une hausse d’au moins 20 % des taxes sur les boissons sucrées, ce qui pourrait faire chuter leur consommation de 10 à 20 %, contribuant ainsi à freiner la progression de l’obésité et du diabète de type 2.
Dans le monde, 116 pays ont mis en place des taxes ciblant les boissons sucrées, mais celles-ci sont souvent limitées à certains produits comme les sodas et excluent les jus ou boissons lactées sucrées. Pour l’alcool, 167 pays prélèvent des taxes, mais leurs taux restent souvent faibles et non ajustés à l’inflation, rendant ces produits plus abordables au fil du temps.
Sur le continent africain, le défi est double. La consommation de boissons sucrées et alcoolisées augmente, notamment chez les jeunes urbains, tandis que les systèmes de santé font face à une pression financière accrue. Les maladies non transmissibles — obésité, diabète, maladies cardiovasculaires — représentent aujourd’hui une part croissante des décès, créant une charge budgétaire lourde pour des pays déjà dépendants de financements externes. Entre 2021 et 2025, certains pays d’Afrique ont enregistré une baisse de jusqu’à 70 % de l’aide extérieure, accentuant le besoin de ressources internes pour la santé.
Des analyses montrent que l’accessibilité croissante de ces produits est liée à une absence de mise à jour des taxes : entre 2022 et 2024, dans 62 pays, les boissons sucrées sont devenues plus abordables, et dans 56 pays, c’est le cas pour la bière, faute de réajustement des politiques fiscales par rapport à l’inflation et aux revenus. Ce phénomène est observé dans plusieurs économies africaines, alimentant des comportements de consommation jugés à risque par les experts sanitaires.
L’OMS souligne que des taxes bien calibrées peuvent jouer un rôle stratégique dans les politiques de santé publique. En plus de dissuader la consommation de produits nocifs, elles peuvent générer des recettes fiscales substantielles, réinvesties dans la prévention, la promotion de modes de vie sains, l’accès aux soins et le renforcement des systèmes de santé. Des exemples de pays ayant obtenu des résultats positifs grâce à de telles mesures seront prochainement publiés par l’agence.
Alors que les gouvernements cherchent des leviers pour améliorer la santé de leurs populations et assurer la viabilité de leurs systèmes de soins, la recommandation de l’OMS met l’accent sur une approche intégrée alliant fiscalité, prévention et éducation sanitaire.
Assa Badiallo Touré élue vice-présidente du Comité régional OMS-Afrique
La ministre malienne de la Santé et du Développement social, le colonel Dr Assa Badiallo Touré, a été élue première vice-présidente du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Afrique. L’élection est intervenue lors de la 75ᵉ session du Comité régional, ouverte le 25 août 2025 à Lusaka, en Zambie, en présence des ministres de la Santé des 47 États membres de la Région Afrique de l’OMS.
CDC Afrique : La variole du singe déclarée urgence sanitaire
Le virus de la variole du singe est déclaré urgence de santé publique par Africa CDC, pour la sécurité du continent, depuis ce 13 août 2024. Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) estiment que l’épidémie actuelle de Mpox est une urgence de santé publique continentale (PHECS). Une première pour l’agence, depuis sa création en 2017.
« Aujourd’hui, nous déclarons cette PHECS pour mobiliser nos institutions, notre volonté collective et nos ressources pour agir rapidement et de manière décisive. Cela nous permet de forger de nouveaux partenariats, de renforcer nos systèmes de santé, d’éduquer nos communautés et de mettre en œuvre des interventions vitales là où elles sont le plus nécessaires. Il n’est pas nécessaire d’imposer des restrictions de voyage pour le moment », a déclaré le Directeur général de CDC Afrique.
Au moins 13 pays africains, dont certains épargnés auparavant comme le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda ont déclaré des épidémies de variole. En 2024, certains pays ont confirmé 2 863 cas et 517 décès, principalement en RDC. Les cas suspects pour l’ensemble du continent ont dépassé les 17 000, une augmentation significative par rapport aux 7 146 cas de 2022 et aux 14 957 cas de 2023. Si pour l’heure ce sont les pays d’Afrique centrale qui sont les plus touchés par l’épidémie, l’Afrique de l’ouest est entrée dans la danse le 15 août avec les premiers cas positifs enregistrés en Côte d’Ivoire. Au Mali, aucun cas n’est enregistré à ce jour. Le ministère de la Santé et du Développement social a, dans un communiqué, assuré être en alerte et que des dispositions sont prises pour renforcer la surveillance dans tous les établissements de santé. 90 sites du réseau de télé dermatologie de l’hôpital de dermatologie sont également en alerte.
Au-delà de l’Afrique, les premiers cas ont été découverts en Europe et en Asie. Le 15 août, la Suède a annoncé avoir découvert le premier cas d’une souche plus virulente du virus sur son sol et ce matin. Le Pakistan aussi a fait état d’un premier cas de mpox sur son territoire.
Urgence d’agir
Le 7 août 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a autorisé l’activation du protocole d’autorisation d’utilisation d’urgence des vaccins pour permettre aux fabricants de soumettre leurs manifestations d’intérêt. Selon le responsable du Groupe consultatif d’urgence du CDC Afrique, la faiblesse de la surveillance et les preuves limitées font que les réalités peuvent s’avérer plus importantes que ce qui est révélé actuellement. D’où l’urgence d’agir avec des moyens plus conséquents. « Nous craignons que nous assistions à davantage de décès en Afrique compte tenu de l’association avec le VIH », souligne-t-il. Pour gérer l’épidémie, Africa CDC a signé un accord de partenariat avec l’Autorité de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (HERA) de la Commission européenne et Bavarian Nordic pour fournir plus de 215 000 doses du vaccin MVA-BN®, le seul vaccin Mpox approuvé par la FDA et l’EMA. L’agence veillera à une distribution équitable en priorisant les pays les plus touchés.
La variole du singe est une maladie virale causée par un virus qui se divise en 2 sous-clades (Groupement de plusieurs embranchements de plantes ou d’animaux ayant une organisation et une origine communes). Les symptômes comprennent une éruption cutanée et de la fièvre. La maladie se transmet d’homme à homme, par des matières contaminées ou par un animal infecté.
Fatoumata Maguiraga
Trachome : le Mali a éliminé la maladie selon l’OMS
L’organisation mondiale de la santé a annoncé l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique au Mali et au Bénin. Le trachome devient ainsi la première maladie tropicale négligée à être éliminée au Mali.
Le trachome est une infection oculaire bactérienne due à la bactérie nommée Chlamydia trachomatis. L’infection se transmet d’une personne à une autre par l’intermédiaire des doigts, des objets ou des mouches contaminés ayant été en contact avec des écoulements provenant des yeux ou du nez d’une personne infectée. Car les facteurs de transmissions du trachome comprennent une mauvaise hygiène, la promiscuité, un accès insuffisant à l’eau et à des installations sanitaires appropriées. Non traité, le trachome peut provoquer une cécité irréversible.
Selon l’OMS, en Afrique, le nombre de personnes nécessitant un traitement antibiotique contre le trachome a diminué de 84 millions, passant de 189 millions en 2014 à 105 millions en juin 2022, ce qui représente 84% du fardeau mondial du trachome. La maladie se rencontre principalement dans les zones les plus pauvres et les plus rurales d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud, d’Asie, du Pacifique occidental et du Moyen-Orient.
Au niveau mondial, le Bénin et le Mali rejoignent ainsi 15 autres pays qui ont été validés par l’OMS pour avoir éliminé le trachome en tant que problème de santé publique. Il s’agit du Cambodge, de la Chine, de la Gambie, du Ghana, de la République islamique d’Iran, de la République démocratique populaire lao, du Malawi, du Maroc, du Mexique, du Myanmar, du Népal, d’Oman, de l’Arabie saoudite, du Togo et de Vanuatu. Cependant, affirme l’organisation, le trachome reste endémique dans 23 pays en Afrique.
Pour arriver à l’éradication, Bamako a appliqué des interventions chirurgicales pour traiter les complications tardives du trachome, des antibiotiques pour éliminer l’infection, la propreté du visage et l’amélioration de l’environnement, en particulier l’accès à l’eau et à l’assainissement, pour réduire la transmission. « La charge du trachome pesait lourdement quand le programme a démarré et, néanmoins, le Mali a montré ce qu’on pouvait réaliser sous le sceau de la collaboration et du partenariat. Je suis fier de prendre part à cet incroyable accomplissement avec mes concitoyens et souhaite que ce soit une inspiration pour d’autres pays engagés dans une même lutte » indique le Professeur Lamine Traoré, Coordinateur du Programme National de la Santé Oculaire (PNSO) du Mali. Une enquête faite en 1996 constatait la présence du trachome dans la quasi-totalité du pays avec presque 10 millions de personnes courant le risque de devenir aveugle.
L’infection touche essentiellement les enfants. Chez les adultes, les femmes courent jusqu’à deux fois plus de risques que les hommes d’être touchées par les complications cécitantes du trachome selon l’OMS. L’organisation mondiale se fixe désormais 2030 comme la nouvelle échéance pour l’élimination mondiale du trachome en tant que problème de santé publique.










