Associations et fondations : le rapport trimestriel attendu le 10 octobre

Les associations et les fondations exerçant au Mali doivent transmettre leur rapport d’activités du troisième trimestre au plus tard le 10 octobre. Le calendrier annoncé par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation découle du décret n°2026-0152/PT-RM du 13 mars 2026.

Selon l’avis ministériel relayé le 26 septembre, les rapports d’activités passent d’une transmission mensuelle à une transmission trimestrielle. Les dépôts sont attendus le 10 avril pour le premier trimestre, le 10 juillet pour le deuxième, le 10 octobre pour le troisième et le 10 janvier de l’année suivante pour le quatrième.
Le même avis maintient au 31 mars la date limite de transmission du rapport annuel. Les dossiers sont adressés à la Direction générale de l’Administration du territoire.
Deux documents à remettre chaque trimestre
Le décret du 13 mars impose deux transmissions distinctes. Les associations et les fondations doivent d’abord fournir un tableau ressources-emplois. Ce document retrace les ressources reçues et leur utilisation. Il doit également indiquer l’origine des fonds crédités sur leurs comptes.
Le second document est le rapport d’activités trimestriel, présenté suivant le canevas établi par l’administration. Les deux pièces doivent parvenir aux services compétents au plus tard le dixième jour du mois suivant la fin du trimestre.
Pour la période de juillet à septembre 2026, l’échéance correspond donc au 10 octobre. Le quatrième trimestre, couvrant octobre, novembre et décembre, fera l’objet d’un dépôt avant le 10 janvier 2027.
Le décret vise les associations étrangères, celles qui ont signé un accord-cadre avec l’État, les associations reconnues d’utilité publique ainsi que toute association bénéficiant d’un financement public ou privé. Les fondations sont également soumises au contrôle du respect de leurs obligations légales et statutaires.
Justificatifs et contrôle territorial
Le texte encadre aussi l’utilisation des financements destinés aux actions de développement. Tout appui financier ou toute subvention accordée à une association ou à une fondation requiert un avis de non-objection du ministère chargé de l’Administration territoriale.
Les projets de développement sont soumis, selon leur niveau d’exécution, aux comités régionaux, locaux ou d’arrondissement chargés de l’orientation, de la coordination et du suivi des actions de développement.
Pour chaque activité, l’organisme concerné doit conserver les justificatifs d’achat et produire un procès-verbal de réception attesté par le représentant de l’État dans la localité. Le décret prévoit également que ce représentant soit informé avant le déroulement de l’activité.
Le contrôle administratif relève de la Direction générale de l’Administration du territoire au niveau central. Dans les régions et les subdivisions administratives, il est exercé par les représentants de l’État. L’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales apporte un appui technique au contrôle financier et à la vérification des informations bancaires et des pièces justificatives.
Le prochain rendez-vous fixé par ce dispositif est le 10 octobre. Il concerne le rapport d’activités et le tableau ressources-emplois couvrant les opérations réalisées entre le 1er juillet et le 30 septembre 2026.
Massiré Diop

Gestion des ressources : de nouvelles mesures au Burkina

Le Conseil des ministres burkinabè a adopté, jeudi 24 septembre 2026, plusieurs mesures relatives à la gestion des ressources mobilisées pour le développement. La création d’une structure consacrée à l’entretien du patrimoine public et l’adoption de nouvelles règles applicables aux organisations non gouvernementales figurent parmi les principales décisions.

La gestion des ressources occupe ainsi une place importante dans les textes adoptés à Ouagadougou. Réuni sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres a notamment précisé le cadre de partenariat entre l’État, les ONG et les associations de développement.
La création de Faso Sanya, nouvel établissement public à caractère administratif, constitue l’une des principales mesures à portée économique. La structure sera chargée de la maintenance préventive et corrective des bâtiments publics, notamment dans les domaines du nettoyage, de la plomberie, de l’électricité, de la climatisation et de la rénovation.
À travers cette structure, le gouvernement entend professionnaliser la maintenance du patrimoine immobilier public, mutualiser les ressources et améliorer la prise en charge des infrastructures. Faso Sanya travaillera avec la Maison des Compétences Burkina Suudu Bawdè afin de mobiliser des coopératives regroupant des ouvriers qualifiés.
Cette organisation pourrait ouvrir de nouvelles possibilités aux artisans, aux coopératives et aux petites structures spécialisées dans les services techniques. Elle doit également permettre à l’État de mieux préserver son patrimoine immobilier et de planifier les interventions d’entretien.
Le Conseil des ministres a également adopté deux décrets précisant les conditions d’obtention du statut d’ONG ainsi que les modalités de collaboration entre l’État et les organisations associatives. Ces textes s’inscrivent dans l’application de la loi du 17 juillet 2025 portant liberté d’association.
Les ONG intervenant au Burkina Faso devront désormais consacrer au moins 80 % de leur budget global aux investissements directs. Selon le gouvernement, cette disposition instaure une clé de répartition commune destinée à orienter une plus grande part des ressources vers les programmes et les populations bénéficiaires.
Un accord-cadre sera exigé des associations de droit burkinabè, tandis que les organisations étrangères seront régies par une convention de siège. Les nouvelles dispositions prévoient également une évaluation administrative, financière et technique des activités. Une période transitoire de deux ans est accordée aux organisations concernées pour se conformer à ces exigences.
Joseph Amara Dembélé

Journée mondiale de la Croix-Rouge : la Croix-Rouge malienne plaide pour une solidarité renforcée

La Croix-Rouge malienne a commémoré, le 12 mai 2026, la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et la baisse des financements humanitaires. La cérémonie a été marquée par des appels à la solidarité, la reconnaissance du rôle des volontaires et un plaidoyer en faveur du renforcement des acteurs humanitaires nationaux.

« Unis dans l’humanité ». C’est le thème de cette édition 2026 de la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, célébrée chaque 8 mai.
À travers cette commémoration, la Croix-Rouge malienne a voulu rappeler l’importance de la solidarité et de l’action humanitaire dans un contexte mondial marqué par les crises sécuritaires, les déplacements de populations et les difficultés croissantes de financement.
Prenant la parole, la présidente nationale de la Croix-Rouge malienne, Mme Assitan Coulibaly, a insisté sur la portée du thème retenu. « Ce thème n’est pas un simple slogan, mais un cri de ralliement, une profession de foi », a-t-elle déclaré, soulignant qu’il invite à « transcender nos différences » et à préserver « la dignité inaliénable de chaque être humain ».
Dans un monde confronté à de multiples crises humanitaires, Mme Coulibaly a également alerté sur les conséquences de la baisse des financements destinés à l’aide humanitaire.
« Le vent de la baisse des financements humanitaires souffle sur le monde et menace de laisser des millions de vies en suspens », a-t-elle averti, appelant les acteurs humanitaires et les partenaires à rester mobilisés afin de maintenir l’assistance aux populations vulnérables.
Un appel au soutien des partenaires
Représentant le ministre de la Santé et du Développement social, M. Sayon Doumbia a, de son côté, rendu hommage au travail quotidien de la Croix-Rouge malienne sur le terrain. Il a salué une organisation qui demeure, selon lui, « une présence constante, un soutien vital, une main tendue dans les moments les plus sombres ».
Le représentant du département de la Santé a réaffirmé l’engagement des autorités à accompagner la Croix-Rouge malienne dans ses missions humanitaires face aux défis sécuritaires, sanitaires et climatiques auxquels le pays reste confronté.
« Le ministère de la Santé et du Développement social réaffirme son engagement total et inconditionnel à œuvrer main dans la main avec la Croix-Rouge malienne », a-t-il assuré.
M. Doumbia a surtout lancé un appel appuyé aux partenaires techniques et financiers pour un soutien accru à l’organisation humanitaire nationale. Estimant que les difficultés de financement constituent un frein majeur à l’action humanitaire, il a plaidé pour un investissement durable dans les capacités locales.
« Votre appui n’est pas une charité. C’est un investissement stratégique dans la résilience nationale », a-t-il insisté devant les ambassadeurs et les représentants d’organisations présents à la cérémonie.
La localisation de l’aide au cœur des échanges
La cérémonie a également été marquée par l’organisation d’un panel consacré à la « localisation de l’aide dans un contexte de contrainte financière ». Les discussions ont réuni le directeur général de la Croix-Rouge malienne, Nouhoum Maïga, le chef de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali, Nicolas Lambert, ainsi que le chargé des affaires humanitaires d’OCHA au Mali, Souleymane Makadji.
Les échanges ont porté sur les stratégies permettant de renforcer le leadership des acteurs humanitaires nationaux dans un environnement marqué par la raréfaction des ressources. L’objectif affiché était de promouvoir des mécanismes favorisant une plus grande autonomie des structures locales tout en consolidant les partenariats avec les organisations internationales.
Au cours de son intervention, Nicolas Lambert a tenu à réaffirmer l’engagement du CICR aux côtés de la Croix-Rouge malienne. « Le CICR restera aussi longtemps que nécessaire pour encadrer la Croix-Rouge, pour la soutenir », a-t-il déclaré, tout en rappelant le caractère indispensable de ce partenariat. « Il est impossible pour le CICR d’opérer au Mali sans la Croix-Rouge », a-t-il ajouté.
Dans un contexte où les besoins humanitaires demeurent élevés, la Croix-Rouge malienne entend poursuivre son plaidoyer pour davantage de soutien, tout en réaffirmant sa volonté de rester fidèle à ses principes fondamentaux d’humanité, d’impartialité et de solidarité.
Mohamed Kenouvi

Sidiki Lacina Koné : « Il y a un paradoxe entre l’engagement des jeunes et leur faible intégration »

Consultant sur les questions de gouvernance et de jeunesse, associé à des initiatives menées avec AfriYAN Mali et des acteurs du Fonds des Nations Unies pour la population, Sidiki Lacina Koné analyse la place des jeunes dans les dynamiques de paix au Mali. Il souligne un engagement réel, mais encore insuffisamment traduit dans les décisions. Propos recueillis par Massiré Diop.

Quelle place occupent aujourd’hui les jeunes dans la prévention des conflits au Mali ?

La place des jeunes est reconnue comme essentielle, mais est insuffisamment prise en compte dans la pratique. Leur rôle stratégique est de plus en plus admis, notamment à travers des cadres comme la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies. Des initiatives portées par des organisations comme le Programme des Nations Unies pour le développement ou le Fonds des Nations Unies pour l’enfance montrent qu’ils sont mobilisés dans des actions de médiation, de sensibilisation et de cohésion sociale. Ils participent aux dialogues communautaires et contribuent à la résolution de conflits locaux. Mais dans les mécanismes décisionnels formels leur implication reste limitée, d’où ce paradoxe entre engagement sur le terrain et faible intégration stratégique.

Qu’est-ce qui empêche leur pleine intégration aux réponses sécuritaires et sociales ?

Plusieurs facteurs limitent cette intégration. Il existe un déficit de cadres institutionnels inclusifs permettant une participation réelle des jeunes dans la prise de décision. Ils sont souvent perçus comme des bénéficiaires plutôt que comme des acteurs stratégiques. Le manque de formation adaptée, notamment en médiation et en leadership, constitue aussi un obstacle. À cela s’ajoute un accès limité à des opportunités socio-économiques durables qui fragilise leur engagement. Le chômage et la précarité exposent une partie de la jeunesse à des risques de manipulation. Enfin, un déficit de confiance entre les institutions et les jeunes, lié à une gouvernance jugée peu inclusive, freine leur implication.

Les initiatives actuelles sont-elles suffisamment coordonnées ?

Les initiatives existent et sont portées par l’État, les ONG et les partenaires techniques et financiers. Mais elles souffrent d’un manque de coordination. Les interventions sont fragmentées et peu alignées, ce qui limite leur impact et peut entraîner des duplications d’actions. Les mécanismes de suivi sont insuffisants, ce qui complique la capitalisation des expériences.

Quelles sont les priorités ?

Il est essentiel de renforcer la participation des jeunes dans les instances de gouvernance, de développer des programmes de formation, de promouvoir l’emploi et l’entrepreneuriat, de soutenir les initiatives locales et de renforcer la confiance entre les jeunes et les institutions.

Rwanda : Le pari d’un contrôle sans blocage de l’aide

Kigali a construit un cadre qui permet à l’État de suivre les financements extérieurs sans freiner les ONG et les partenaires humanitaires. L’expérience rwandaise montre qu’il est possible de concilier pilotage national et continuité des interventions.

Souvent cité parmi les modèles africains en matière de gouvernance publique, le Rwanda a progressivement mis en place un dispositif qui lui permet de garder la maîtrise des financements venus de l’extérieur tout en maintenant un espace opérationnel pour les ONG, les fondations et les partenaires de l’aide.

Le choix fait par les autorités repose moins sur une ponction directe des ressources que sur une organisation rigoureuse du suivi. Dès 2006, la politique nationale de l’aide pose un principe clair indiquant que les interventions financées de l’extérieur doivent s’aligner sur les priorités définies par l’État. L’objectif n’est pas d’entraver l’action des partenaires, mais de s’assurer que les fonds mobilisés répondent effectivement aux besoins identifiés au niveau national.

Ce cadre s’est ensuite renforcé avec un système centralisé de déclaration et de suivi. Les organisations intervenant dans le pays doivent communiquer les montants reçus, les secteurs concernés, les zones d’intervention et les résultats attendus. Ce mécanisme offre aux autorités une visibilité précise sur les flux financiers et la répartition des projets sur le territoire.

Fiscalité ciblée

L’un des enseignements les plus parlants concerne la fiscalité. Plutôt qu’une retenue uniforme sur les financements, Kigali a privilégié un régime d’exemptions encadrées pour les programmes de développement et les opérations humanitaires. Concrètement, les aides provenant des États partenaires, des institutions internationales ou des agences multilatérales peuvent bénéficier d’allègements sur la TVA, les droits de douane et certaines charges liées aux importations ou à l’exécution des projets, ce qui permet de préserver les ressources destinées aux bénéficiaires tout en maintenant un contrôle étroit des flux financiers. L’État conserve ainsi la maîtrise administrative, exige le reporting et l’alignement sur les priorités nationales, sans amputer directement les budgets alloués à la santé, à la nutrition, à l’eau ou à l’assistance d’urgence.

Pour de nombreux observateurs, c’est cet équilibre qui fait la force du dispositif, à savoir un contrôle fondé sur la traçabilité, l’enregistrement et l’évaluation des résultats, plutôt que sur une ponction directe des fonds. L’expérience rwandaise montre ainsi qu’il est possible de renforcer la souveraineté financière et les exigences de transparence sans compromettre l’efficacité de l’aide aux populations vulnérables.

Réforme du contrôle des ONG : la société civile réagit

Plusieurs organisations de la société civile ont exprimé leurs préoccupations face aux nouvelles dispositions liées au contrôle des associations et ONG. Dans un communiqué, elles appellent à un dialogue avec les autorités afin d’examiner les implications possibles de cette réforme.

Ces réactions interviennent après l’adoption, le 4 mars 2026 en Conseil des ministres, de textes liés à la réorganisation du dispositif de suivi et de contrôle des associations et fondations.
Plusieurs faîtières de la société civile malienne et des organisations non gouvernementales actives dans l’humanitaire et le développement ont réagi aux mesures récemment annoncées par les autorités. Dans un communiqué rendu public à Bamako, ces organisations affirment soutenir les efforts visant à améliorer la transparence et la redevabilité dans la gestion des projets de développement.
Les signataires estiment toutefois que certaines dispositions pourraient avoir des conséquences sur la mise en œuvre des programmes conduits par les associations et ONG dans différentes régions du pays.
Les inquiétudes portent notamment sur l’introduction d’une contribution financière liée aux activités de suivi et de contrôle des organisations. Selon les organisations signataires, les discussions autour de la réforme évoquent la possibilité d’un prélèvement sur les ressources des projets destinées aux actions de développement.
Pour ces organisations, une telle mesure pourrait réduire les moyens consacrés directement aux activités menées au profit des communautés bénéficiaires. Elles rappellent également que les projets financés par les partenaires techniques et financiers comportent déjà des mécanismes de suivi et d’évaluation intégrés dans leurs budgets.
Les signataires soulignent que les associations et ONG jouent un rôle important dans l’appui aux populations dans plusieurs domaines, notamment la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, l’accès à l’eau ou encore la protection des personnes déplacées.
Dans plusieurs localités du pays, ces organisations interviennent aux côtés des services publics et des collectivités territoriales pour soutenir les communautés confrontées à des difficultés économiques ou à des situations d’urgence.
Les organisations rappellent également que les programmes humanitaires et de développement génèrent des retombées économiques locales à travers l’emploi de personnel national, les achats de biens et services auprès d’entreprises locales et les partenariats avec des organisations communautaires.
Les signataires affirment rester ouverts à la concertation avec les autorités afin de trouver des solutions permettant de renforcer la transparence et la coordination des actions de développement tout en préservant l’efficacité des programmes menés au bénéfice des populations.
Pour ces organisations, un dialogue entre l’État, la société civile et les partenaires techniques et financiers pourrait permettre de trouver un équilibre entre les exigences de contrôle et la nécessité de maintenir un environnement favorable à l’action humanitaire et aux initiatives de développement.

Abdramane Niama Togora : « L’arrêt n’a pas beaucoup impacté le monde humanitaire »

Il y a maintenant plus de six mois que l’aide publique française au développement a été suspendue au Mali. Cela a-t-il eu un impact sur le monde humanitaire ? Abdramane Niama Togora, Coordinateur national des sites de déplacés internes à la Direction nationale du Développement social répond à nos questions.                                                   

Quel est votre constat sur le fonctionnement des ONG humanitaires qui bénéficiaient de l’appui de la France depuis l’arrêt des financements de l’AFD au Mali ?

Suite à l’arrêt des activités des ONG qui opéraient sur financement français, nous avons tout de suite fait une évaluation et il s’est avéré qu’il y en avait à l’époque une vingtaine. Mais très peu opéraient dans le monde humanitaire, dans lequel nous évoluons. Il y avait des programmes dont les sources de financement étaient variées, donc, du coup nous n’avons pas constaté d’arrêt d’ONG qui avaient un financement français. D’autres partenaires financiers se sont proposés pour soutenir celles qui opéraient dans le monde humanitaire.

Quelle a été votre stratégie pour éviter tout impact ?

Après la décision, on a tenu une réunion rapidement avec OCHA, le Bureau de  coordination des affaires humanitaires des Nations unies au Mali pour évaluer l’impact que cela pouvait avoir. Il s’est trouvé qu’il y avait très peu d’impact. Nous évoluons dans un système de clusters, c’est-à-dire si un acteur se trouve dans l’incapacité de soutenir une population malgré ses engagements, un autre acteur  peut se positionner pour combler le vide. C’est avec ce système qu’on a vraiment pu soutenir les populations qui étaient dans le besoin suite à l’arrêt des financements français.

Quelles sont les ONG qui bénéficiaient de ces financements ?

Les financements étaient surtout orientés vers des ONG qui étaient là généralement pour soutenir les collectivités dans les actions de développement, comme la réalisation d’infrastructures communautaires ou des activités sociales.

Quel sont les rapports actuels entre l’État et les ONG ?

Ces ONG continuent d’évoluer. Récemment, on a une réunion de coordination autour des sites de Bamako, où il y a beaucoup d’ONG qui ont des staffs français et qui ont leur siège social en France. Mais ce n’est pas un problème, parce que les ONG sont là pour soutenir le gouvernement dans la protection générale de sa population. Il n’y a pas de rapport ambigu. Ces ONG continuent d’évoluer normalement, même si certaines ont quand même dû libérer un certain nombre de personnes parce qu’à leur niveau le recrutement est lié à des financements.