Mauritanie: Mohamed ould Abdel Aziz réélu au premier tour

En deuxième position, un nouveau venu sur la scène politique, Biram ould Dah ould Abeà¯d qui obtient 8%. La participation s’élève à  56%. Il souhaitait l’emporter au premier tour. C’’est chose faite, comme en 2009. Mohamed ould Abdel Aziz est désormais assuré d’un second mandat. Le dernier qu’il peut en théorie accomplir, selon la Constitution. La deuxième place revient à  Biram ould Dah ould Abeà¯d. Avec 8% des voix, il devance deux vieux routiers de la politique, Boydiel ould Houmeà¯d, ancien ministre et notable, qui est issu comme Biram, de la communauté haratine, les descendants d’esclaves. Il devance aussi Ibrahima Moctar Sarr, qui se présentait pour la troisième fois et qui se maintient quasiment à  son score de 2009 avec 4,5% des suffrages. Coup dur donc pour ces deux hommes politiques et petite victoire pour le militant anti-esclavagiste qui espérait plus, mais qui fait aujourd’hui son entrée officielle sur la scène politique alors que son parti n’est même pas autorisé. Par son discours radical jugé parfois excessif, contre un pouvoir blanc dominant, l’homme a touché la frange la plus défavorisée de la population et incarne chez ses partisans un espoir de changement. Il a aussi probablement profité du boulevard offert par le boycott de l’opposition qui estime qu’avec une participation de 56,46%, cette élection est un échec pour le président Abdelaziz. Ainsi, pour Ahmed ould Daddah, président du RFD, parti qui avait, comme une dizaine d’autres, appelé au boycott, cette élection ne règle aucun des problèmes qui se posent dans le pays : « La Mauritanie est enfoncée depuis trop longtemps dans une crise de légitimité. Et les élections sont souvent des répétitions qui n’apportent rien de nouveau par rapport à  la crise institutionnelle et de légitimité qui existe dans le pays. Donc on est réinstallé dans la crise. C’est une élection de plus, peut-être de trop », estime l’opposant, qui, concernant la participation, « se réfère aux chiffres. Il y a à  peu près les deux tiers des votants potentiels qui n’ont pas pris part au vote. Je crois que cet un échec pour Aziz. Et je crois qu’au total, en reportant ce qu’il déclare avoir obtenu, dans l’ensemble des votants, c’est de l’ordre de 25%. Cela ne confère aucune légitimité. »

Visite express pour Ould Abdel Aziz à Bamako

Président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a dû réaménager son agenda pour venir à  Bamako hier en début d’après midi. En effet, le président Aziz a écourté son voyage au Rwanda o๠il participait au 20è anniversaire de la Banque africaine de développement. De là , il prévoyait de s’envoler directement vers l’Afrique du Sud pour assister à  l’investiture du président Jacob Zuma. Cette visite improvisée dans notre pays intervient à  un moment o๠le processus de dialogue et de paix entamé par les autorités avec le soutien de la communauté internationale est mis en mal par de sanglants affrontements à  Kidal. Arrivé à  16 heures à  l’Aéroport, le chef d’Etat mauritanien a été accueilli par son homologue et « frère » Ibrahim Boubacar Keita qui devait se trouver lui-même à  Kigali si la situation du pays ne l’avait obligé à  annuler son voyage. Quelques instants plus tard, les deux dirigeants se sont retrouvés à  Koulouba autour d’un déjeuner offert par l’hôte dans la salle des banquets en faveur du visiteur de marque. En présence du Premier ministre Moussa Mara accompagné de plusieurs membres du gouvernement et les officiels de la délégation mauritanienne, les deux chefs d’Etat ont animé un point de presse devant parterre de medias a assisté. Au cours de cet exercice, Ibrahim Boubacar Keita qui a ouvert le bal a indiqué que « C’’est dans la difficulté que l’on reconnaà®t les siens » pour ainsi louer l’excellence des rapports entre nos deux pays. « Je l’ai eu au téléphone hier soir. Il m’a dit : mon frère, J’arrive demain à  Bamako. Il a tenu l’agenda brusqué qu’il s’est imposé pour venir témoigner au peuple du Mali toute la fraternité du peuple frère de la Mauritanie » a confié le président Keita qui dit ne jamais finir de remercier son homologue pour cet élan spontané de solidarité. « Merci monsieur le président, merci » a ajouté IBK dévisageant son « frère Mohamed » avec un regard plein de reconnaissance. Interrogé sur les tragiques évènements de Kidal, le chef de l’Etat a expliqué avec pédagogie que notre pays s’est engagé dans un processus de dialogue depuis longtemps parce qu’il est convaincu que C’’est le seul remède à  la crise. C’’est ce qui justifie pour lui la nomination d’un haut représentant de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien en la personne de l’ancien premier ministre Modibo Keita. La nomination de l’homme a été accueilli favorablement dans toutes les sphères de la population malienne y compris chez nos frères de la rébellion, a relevé le président Keita qui pense qu’une atmosphère nouvelle était déjà  créée pour conduire à  un dialogue serein et fraternel. Dès lors, IBK pensait que les voies étaient défrichées qui vont conduire cette fois ci à  une paix souhaitée par tous. Il rappelle que dans la nuit du lundi au mardi, le même message de paix et de dialogue a été lancé. Il n’y pas d’alternative à  la paix, dit-il. Cette visite du chef du gouvernement à  Kidal, visite par laquelle tout est parti, est dans l’ordre normal des choses. Un chef de gouvernement digne de ce nom, explique le président de la République, se doit d’aller sur le terrain pour vérifier l’effectivité de la mise en œuvre de ce que le gouvernement a décidé. LE DIALOGUE COMME SEULE ALTERNATIVE En l’occurrence, il s’agissait pour le Premier ministre Mara, comme il l’a fait à  Tombouctou et à  Gao, de se rendre compte qu’effectivement dans la région de Kidal les choses étaient en ordre. Que l’administration était revenue. Dédié à  sa mission régalienne notamment pour le social et le culturel, le Premier ministre arrivant là , au cours de la conférence de cadres avec notamment les préfets qui finirent par un sort tragique. La suite macabre est connue, selon le chef de l’Etat visiblement affecté par cette tragédie. Et le président Ibrahim Boubacar Keà¯ta de poursuivre la narration des faits : « le lendemain un autre dérapage a suivi, en dépit de la douleur insondable qui était la nôtre ». Parlant de l’intégrité de notre territoire, le président Keita [b a redit que nul ne saurait la remettre la cause y compris les groupes rebelles qui ont signé les accords de Ouagadougou. l’assaut mené par nos soldats pour libérer le gouvernorat occupé la veille par les groupes armés de tout acabit s’explique par la diffusion d’images macabres de représentants de l’Etat qui sont torturés, égorgés o๠dans une sorte de surréalisme macabre sont affiché sur internet. « Ils ont hélas, par impatience, été au gouvernorat pour les libérer. La suite est désormais connue » a abrégé IBK qui réaffirme qu’il ne faut en déduire « aucune volonté belliciste ou guerrière de la République du Mali ». Les premiers mots du président mauritanien étaient de remerciement à  l’endroit de son homologue pour la qualité de l’accueil réservé. Accueil qui n’a pas surpris l’hôte de marque qui a également présenté ses amitiés au peuple malien. « Le peuple et le gouvernement mauritaniens sont avec le peuple malien » a indiqué le chef d’Etat mauritanien qui a insisté sur les rapports historiques qui lient les deux pays. En ce qui concerne la situation malheureuse de Kidal, il a insisté sur le fait que la sécurité au Mali bénéficie à  toute la sous région et même au delà . La solution de son point de vue commence par l’apaisement des esprits. Ces genres de situation sont fréquentes en Afrique, reconnaà®t-il, invitant toutefois au calme et au dialogue. « Nous allons continuer à  le faire » a-t-il promis avant d’inviter encore une fois à  la retenue et à  la négociation. Qu’est ce que notre pays peut attendre de la Mauritanie ? Il a répondu que son pays ne peut que soutenir le Mali dans son combat. Aucun effort ne sera épargné pour s’engager aux côtés de notre pays, promet-il ajoutant que tout ce que Mali endure touche directement la Mauritanie. Mais il averti également que la solution pour la paix n’est pas de s’engager dans une guerre. La transition est toute trouvée pour le président Keita de mettre en garde contre tout amalgame et toute stigmatisation. « Ce pays, depuis des siècles, est un pays de blancs et de noirs. Nous ne saurions tolérer que nul ne s’en prenne à  nos voisins et nos frères. Evitons également de jeter l’enfant avec l’eau du bain » a ajouté Ibrahim Boubacar Keita, faisant allusion « à  nos amis de la Minusma, nos amis de Serval » qui sont « en mission pour aider l’Etat du Mali à  reprendre les choses en main ». « Que l’on ne s’en prenne pas à  nos amis, à  ceux qui sont venus nous aider et continuent à  le faire dans les limites des missions qui leurs sont assignées, insiste IBK. Sachons respecter nos amis, sachons respecter les autres. Cela est conforme à  la République malienne. Sachons non seulement raison garder, unité garder et honneur conserver. »

Nord-Mali: « Barbe-Rouge », (enfin) mort?

Omar Ould Hamaha, alias Barbe Rouge dont la tête avait été mise à  prix par les Etats Unis pour trois millions de dollars, aurait été tué lors des frappes aériennes françaises de début de mois. En attendant cette nouvelle, on a une impression de « déjà -vu », car la mort de l’un des hommes les plus recherchés au monde avait été annoncée à  plusieurs reprises par le passé. En 2013, le 23 mars, la nouvelle de son décès par des Arabes kountas lors d’affrontements qui se seraient déroulés dans la région de Gao, faisait le tour des agences de presse. Le monde entier s’était réjoui de la fin de partie pour celui qui prétendait combattre au nom du djihad pour mieux garnir son compte en banque grâce au trafic de cocaà¯ne. Hélas! Le beau-frère du sanguinaire Mokhtar Bel Mokhtar n’avait pas fini de faire entendre parler de lui. Chef djihadiste craint à  Tombouctou pendant l’occupation des régions du nord du Mali, il avait créé sa katibat « Ansar Al charia » avec des combattants issus de la mouvance du MUJAO et de la katibat « Al Moulathamine » de son beau-frère borgne. Selon des sources militaires maliennes et sous-régionales citées par RFI, il aurait donc trouvé la mort la semaine dernière lors de frappes de l’aviation française dans le nord du Mali.

Mohamed Ould Abdel Aziz, nouveau président de l’UA

Le chef de l’à‰tat mauritanien succède au Premier ministre éthiopien Hailemariam Dessalegn suite au vote dont les résultats ont été annoncés ce jeudi à  Addis-Abeba pendant la cérémonie d’ouverture de la 22e session ordinaire de la Conférence des chefs d’à‰tat et de gouvernement de l’UA . Acceptant son élection à  la tête de l’organisation panafricaine, le Président mauritanien s’est engagé à  promouvoir les objectifs de l’UA et a félicité le président sortant pour le rôle qu’il a joué dans le renforcement de la place de l’Afrique dans la scène politique mondiale. M. Aziz a par ailleurs félicité les dirigeants africains pour leurs efforts consentis afin que l’Afrique soit reconnue dans l’économie mondiale en lui donnant la place qui lui revient de droit au sein de la communauté internationale. « Je suis profondément honoré d’être le président de l’UA, c’est pour moi une marque de confiance qui me va droit au C’œur », a –t-il dit . Trois autres pays ont également été élus dans le bureau de l’UA pour un mandant d’un an. Il s’agit du Zimbabwe, Etat-membre de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC)comme premier vice-président, la République démocratique du Congo (RDC) pays de l’Afrique de l’Est en tant que deuxième vice-présidente et le Nigeria comme troisième vice-président.

IBK en Mauritanie : fin du malaise diplomatique?

Les relations entre Bamako et Nouakchott étaient compliquées ces dernières années. Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, ne cachait pas son mécontentement avec son homologue malien déchu, Amadou Toumani Touré sur sa gestion calamiteuse du nord Mali. l’absence du président Abdel Aziz à  la cérémonie d’investiture d’IBK le 19 septembre 2013 au stade du 26 mars de Bamako traduisait encore ce malaise diplomatique entre les deux pays. Voilà  qui justifie l’importance de la visite du président Ibrahim Boubacar Kéita en République islamique de Mauritanie, du 10 au 12 janvier 2013, d’autant que l’homologue mauritanien était il y a quelques jours, à  l’inauguration du barrage de Félou. Réchauffer les relations et renforcer la sécurité dans le Sahel La finalité recherchée par cette visite présidentielle était d’aplanir les difficultés avec un voisin qui compte dans la zone sahélo-saharienne et surtout pour la résolution du problème du nord Mali. Un pari presque réussi au regard du communiqué final ayant sanctionné cette visite en terre mauritanienne. Comme on pouvait s’y attendre la sécurité a occupé une place de choix dans les échanges. Ainsi selon le communiqué final, les deux chefs de l’Etat, après s’être réjouis du rétablissent de la souveraineté et de l’intégrité territoriale Mali, ont décidé de renforcer davantage la coopération entre les pays à  travers l’assistance technique, soutien logistique, la formation, le partage des expériences dans la lutte contre la terrorisme, l’organisation de patrouilles communes… Et C’’est justement dans ce cadre qu’il sera procédé, en févier 2013, à  la relecture de l’accord de coopération militaire et technique arrivé à  terme l’année dernière. Les deux présidents ont appelé à  une coopération accrue entre tous les pays de la bande sahélo-saharienne pour coordonner les opérations de lutte contre les armées terroristes, les narcotrafiquants et les trafics illicites en tout genre. Accords commerciaux potentiels La visite a été mise à  profit par les parties pour signer des accords dans les domaines comme le Commerce, l’Agriculture, l’Energie, du Transport… Ainsi dans le domaine de l’énergie « les deux Chefs d’Etat ont hautement apprécié le niveau de coopération entre les deux pays en particulier l’accord entre les deux sociétés d’électricité, la SOMELEC et l’EDM concernant la fourniture d’excédents en électricité au Mali, y compris ceux qui résulteraient de la réalisation de la centrale électrique de Banda (Mauritanie). Par ailleurs, les deux Chefs d’Etat engagent les départements concernés à  entreprendre dans les meilleurs délais les démarches relatives à  la réalisation de la nouvelle ligne d’interconnexion électrique », renseigne le communiqué. Avant de préciser que : « dans le domaine du commerce, une rencontre a eu lieu entre les deux parties élargies aux Opérateurs économiques des deux Etats et a abouti aux recommandations suivantes: réduction du coût des transactions par la diminution du nombre de poste de contrôle; allégement des procédures administratives par la suppression des barrières non-tarifaires; mise en place d’un système de suivi électronique des camions; soutien des Autorités à  la promotion des pôles de développement notamment le port sec à  Gogui, l’inscription du Port Autonome de Nouakchott dit Port de l’amitié dans les priorités d’échange entre les deux pays; renforcement de l’approvisionnement du marché malien en produit pétrolier liquides et de gaz par le corridor Nouakchott-Bamako ; création d’un Conseil d’Affaires mauritano-malien pour la mise en œuvre et le suivi des relations entre les secteurs privés des deux pays ». Commission Mixte Dans le domaine de l’Agriculture et de l’Elevage, les deux parties ont convenu, entre autres, de redynamiser la coopération et de mettre en exécution les recommandations de la 12ème session de la Grande Commission Mixte de Coopération tenue à  Nouakchott en juillet 2011. Elles décident en outre de réviser l’Accord de transhumance 2005 et la création du comité de suivi de la transhumance; de signer l’Accord sanitaire : renforcement de collaboration dans le suivi, la prévention et la lutte contre les maladies; de renforcer la collaboration pour le développement du pastoralisme; de mener des échanges dans les domaines de la recherche Agronomique et Vétérinaire, échanges commerciaux et la mise en normes de qualité des produits de l’Elevage; de redynamiser la collaboration dans le domaine de la prévention et de la lutte contre le criquet pèlerin et les autres ennemis des cultures; d’assurer la collaboration dans les domaines de la recherche, de la formation et la vulgarisation et la signature d’un Protocole d’Accord dans le domaine… Situation des réfugiés maliens en Mauritanie La partie mauritanienne a ainsi rassuré la partie malienne quant au rapatriement volontaire des réfugiés qui désirent rentrer au Mali, en attendant la finalisation de l’accord tripartite devant permettre le retour conformément aux standards internationaux. En plus des ministres, la délégation comprenait plusieurs notabilités et d’opérateurs économiques et acteurs du secteur dont le président du Conseil National du patronat du Mali, Cyril Achkar, président de l’organisation patronale des industriels, Mamadou Konaté, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali ; Moussa Alassane Diallo, président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, Ousmane Babalaye Daou, président du Conseil Malien des Chargeurs, Youssouf Traoré, président des Transporteurs, Mamadou Sanogo, Directeur général des Assurances Sabunyuman etC’…

Mohamed Ould Abdel Aziz : « Il y a malheureusement parfois plus de coopération entre les terroristes que les Etats »

Avec la grave crise que le mali a connu, l’OMVS ne peut-elle pas profiter pour porter une deuxième corde à  son arc en plus de celle relative à  l’économie, un volet sécurité ? Mohamed Ould Abdel Aziz : Nous sommes dans une situation assez difficile au niveau du Sahel, nous sommes menacés par ce phénomène qu’on appelle le terrorisme qui est étranger à  notre région, à  notre culture et à  notre civilisation mais on est obligé de faire avec. Le terrorisme ne vient pas seul et ne s’implante pas n’importe oà¹, il faut qu’il y ait une faille quelque part pour qu’il puisse s’implanter. Malheureusement, il se trouvait qu’il y avait une situation au nord du Mali qui a fait que les terroristes ont pu l’atteindre. Le terrorisme est alimenté par les trafics de drogue, les trafics illicites d’armes, la prise d’otage et le paiement de rançon. Ce phénomène n’a pas été malheureusement traité à  temps. Il y a eu du laxisme, un manque de coordination et de coopération entre les Etats du Sahel. On a essayé ensemble de faire un effort mais on a pas trouvé la bonne formule qui pouvait nous permettre de sortir de cette situation. A cela, il faut ajouter, les problèmes survenus en Libye. Le démantèlement de l’arsenal militaire libyen est venu renforcer les équipements des terroristes sur place. Il a fallu l’intervention de l’armée française pour stopper l’avancée des terroristes. Je pense que nous devons tenir compte de cette situation et en tirer les enseignements nécessaires et à  l’avenir, compter que sur nos propres moyens. Le terrorisme est un phénomène qui peut frapper n’importe quel pays de la région, un phénomène qui ne connait pas de frontière, un phénomène qui permet à  des gens d’horizons divers de s’organiser entre eux et de s’entendre, même parfois plus que les Etats. Il y a plus de lien malheureusement parfois et plus de coopération entre les terroristes eux-mêmes que les Etats. Et là  C’’est un problème. Avec mes collègues Chefs d’Etat, nous sommes très conscients de cette situation et nous prenons des mesures qui s’imposent. Ce qui s’est passé au Mali peut se passer ailleurs donc nous devons travailler main dans la main pour juguler ce phénomène pour qu’il ne s’étende ailleurs. Nous ne devons pas laisser des terroristes se substituer à  l’Etat, ni s’implanter quelque part dans une partie de nos états. Quel peut être l’impact de ces ouvrages hydroélectriques sur le vécu des populations ? Macky Sall: D’abord un mot sur le terrorisme. Après avoir parlé au commandant du contingent du Sénégal à  Kidal, il m’a rassuré que le morale ne saurait être touché par ce qui s’est passé et ils sont déterminés à  assumer la mission qui est la leur pour restaurer la paix et l’intégralité de l’intégrité territoriale conformément à  leur mission en territoire malien. Ce qui s’est passé ne pourra entamer la détermination du Sénégal, son armée et son gouvernement à  faire face à  toute sorte d’agression particulièrement à  cette forme nouvelle d’agression au sahel. Pour revenir à  la question, ces barrages donnent plus d’espoir quant à  l’avenir de l’organisation commune et les autres barrages qui devront suivre. La voie est indiquée pour l’avenir de l’OMVS et C’’est une source d’énergie propre, tirée à  partir de l’eau. Il n’y a absolument pas d’impact sur l’environnement. En dehors des ouvrages de l’OMVS, dans l’espace, nous avons d’autres sources d’énergie en Mauritanie, le gaz sur lequel le gouvernement mauritanien a accepté de travailler avec le Mali et le Sénégal pour un échange d’énergie, de vente d’électricité à  partir de gaz. Tout cela montre que l’espace OMVS est un espace o๠tout nous lie, l’histoire, la géographie, l’économie et je pense que nous n’avons d’autres choix que de poursuivre cet héritage, de le consolider et de le renforcer. Avec l’énergie nous allons construire une union forte au sein de nos espaces communautaires. Au regard de la crise énergétique que vivent nos pays, les actions comme l’inauguration du barrage de Felou et de Gouina sont à  saluer, cependant, force est de constater que dans les deux autres volets de l’OMVS à  savoir l’agriculture et la navigabilité trainent les pas. Qu’en est-il de ces deux volets, est ce qu’il y a un manque de solidarité sur ce plan ? Ibrahim Boubacar Kéita: Ce volet nous tient parfaitement à  C’œur et je vous assure qu’il n’est pas du tout en reste. Le Haut commissaire est rentré d’une mission précisément pour ce sujet. La Sogénav qui a son siège en Mauritanie a cela, comme mission et vocation, faire en sorte que rapidement ce volet devienne réalité et que nous ayons enfin l’accès à  la mer. Il n’y aucun abandon à  ce niveau là  et je crois que cela sera réalisé. En ce qui concerne l’irrigation également, on sera davantage servi après le projet des deux barrages à  venir en territoire guinéen qui vont donner au Mali un espace aménageable beaucoup plus important. Il n’y a qu’une continuité dans tout cela. Tous ces efforts contribuent à  faire en sorte que nos pays soient à  l’unisson et que chacun trouve ses marques là  o๠il y a déficit ou difficulté interne, C’’est ça la solidarité, C’’est ça la mise en commun de ce qu’on peut avoir en partage et je voudrais dire que le rôle de fleuves dans le développement d’un pays est assez singulier, notre fleuve va créer la vie faire que la lutte contre la pauvreté soit effective et efficace, l’électricité va permettre aux petites et moyennes entreprises, des entreprises minières et d’autres de se mettre en place avec la création d’emploi renouvelé, l’agriculture sera développée pour la sécurité alimentaire dont nos pays ont besoin, la navigabilité sera là  pour mettre les peuples en liaison, et commercer entre eux, tout cela fonde un vivre ensemble.

Journée des Nations unies au Mali: pour mieux connaître l’organisation

Célébrée tous les 24 octobre, cette journée marque l’anniversaire de l’entrée en vigueur de la Charte des Nations unies, le texte fondateur de l’Organisation des Nations unies (ONU). Pour mieux connaà®tre le travail des agences et interagir directement avec les principaux responsables des programmes exécutés par la MINUSMA et les Nations Unies au Mali, cette cérémonie a été organisée au Parc national de Bamako en présence du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali et Chef de la MINUSMA, Albert Koenders et du Ministre des Affaires à‰trangères et de la Coopération Internationale du Mali, Zahabi Ould Sidi Mohamed. Les Chefs d’agences du système des Nations Unies, les représentants du corps diplomatique accrédité au Mali, ainsi que de nombreux invités ont également pris part à  l’évènement. Trois principaux domaines d’intervention Pour le Chef de la Minusma, le choix de l’endroit sied parfaitement à  l’évènement. Après avoir fait un bref historique de la Journée, M. Koenders a rappelé les principaux secteurs dans lesquels la Minusma intervient. Il s’agit de la sécurité, la réconciliation, la justice et le développement. Il n’y a pas de raison pour les Maliens de vivre dans la peur car sans sécurité il est difficile de vaquer librement à  ses occupations a-t-il déclaré en substance. Il a saisi l’occasion pour annoncer la venue au Mali, dans quelques jours, du Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon, du Président de la Banque mondiale, de la Banque africaine développement, de la Présidente de la Commission de l’Union africaine Mme Nkosazana Dlamini-Zuma. « Normaliser la situation à  Kidal » Le ministre des Affaires étrangères, a pour sa part, indiqué que cette célébration revêt pour le Mali, un sens particulier vu le contexte que connaà®t le pays. Il a exprimé la reconnaissance du Mali à  l’endroit de l’Onu pour son « assistance appréciable grâce à  ses multiples structures qui œuvrent sur le terrain ». Par ailleurs, il a affirmé que la résolution autorisant le déploiement des casques bleus démontre de « la promptitude de l’engagement des Nations unies auprès du Mali depuis le début de la crise politico-sécuritaire dont le Mali se remet progressivement. » « Nous souhaitons que la Minusma normalise très rapidement la situation à  Kidal au même titre qu’à  Gao et Tombouctou » a conclu le Chef de la diplomatie malienne. Les deux diplomates n’ont pas manqué de saluer la mémoire de ceux qui sont morts dans l’attaque terroriste de Tessalit le mercredi dernier. Parmi les activités de la journée commémorative, figurent le vernissage de l’exposition photo sur les activités de la Minusma et la visite guidée des stands des agences du système des Nations Unies.

Zahabi Ould Sidi Mohamed: à la tête de la diplomatie malienne

Le nouveau chef de la diplomatie malienne Zahabi Ould Sidi Mohamed est né le 1er octobre 1957 à  Goundam. Après le baccalauréat(Série Philo-langue) en juin 1978, il entre à  l’ENA de Bamako et sort major de sa promotion en 1984. Zahabi Ould Sidi Mohamed a poursuivi ses études en France à  l’Université Panthéon Sorbonne o๠il décroche un DEA en sociologie du Tiers monde. Il a suivi, entre 1996 et 2013, dans le cadre des Nations Unies, divers stages de formation en gestion des projets et programme, gestion des ressources humaines, gestion du secteur de sécurité et management des opérations de maintien de la paix. Zahabi Ould Sidi Mohamed a servi entre 1985 et 1990 comme directeur adjoint chargé de programme à  l’Aide de l’Eglise norvégienne. De 1991 à  1992, il est principal négociateur et signataire du Pacte national entre les MFUA (Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad) et le gouvernement. Il occupe plusieurs fonctions dans le système onusien (Haà¯ti, RD du Congo, Somalie, Côte d’Ivoire, Soudan, Soudan du Sud). Au moment de sa nomination, il était Directeur de la division des Affaires de la médiation avec la Mission des nations Unies en Somalie.

Senda Ould Boumama s’est rendu

Le porte-parole du mouvement Ansar Dine qui occupait une partie du nord malien avant l’intervention franco-africaine en janvier dernier, Senda Ould Boumama s’est rendu samedi soir à  des forces mauritaniennes sur la frontière avec le Mali, a-t-on appris lundiauprès de source sécuritaire. »M Ould Boumama s’est rendu aux forces armées mauritaniennes sur la frontière, non loin de Bassiknou (sud est) », a affirmé cette source sans plus de précisions. Selon l’agence indépendante Ani qui évoque lundi le sujet, Ould Boumama a été transféré durant le week end à  Nouakchott o๠il est actuellement interrogé par la police. Extradition « volontaire » vers la Mauritanie Le porte-parole des Ansar Dine, qui affirme être de nationalité mauritanienne, avait exprimé le 17 avril dernier son désir de se rendre aux forces algériennes et « supplié » le président mauritanien de demander son extradition pour « être jugé en Mauritanie » dans un entretien téléphonique avec Ani. Depuis cette date, aucune information n’a filtré sur sa destination finale, l’Algérie ayant démenti sa reddition à  ses forces armées. Il avait prétendu avoir été l’objet d’une tentative d’assassinat dont il n’a pas révélé l’origine. Ansar Dine fait partie des groupes liés à  Al-Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi) qui ont occupé en 2012 le nord du Mali o๠ils ont commis de nombreuses exactions, avant d’en être en partie chassés par une intervention armée franco-africaine lancée en janvier 2013.

Mali : Baba Ould Cheikh, le maire de Tarkint, a été arrêté

La “prise” est d’importance pour les autorités maliennes. Une opération menée par les bérets rouges et les éléments du colonel-major Gamou a permis l’arrestation de Baba Ould Cheikh, mercredi 10 avril, à  Tarkint, la ville dont il est maire et qu’il n’avait pas quitté depuis que pesait contre lui un mandat d’arrêt délivré au mois de février. à€ Gao, il n’aura eu le temps que de prendre connaissance de ce mandat avant d’être déféré à  Bamako. Mais dans le nord du Mali, il est connu de tous et rares sont les affaires auxquelles son nom n’est pas mêlé. à€ commencer par celle surnommée « Air Cocaà¯ne », lorsqu’en 2011, un avion en provenance d’Amérique du Sud avait atterri en urgence non loin de sa commune. Mais on avait également entendu parler de lui lors des prises d’otages de 2003 et 2009, dans lesquelles il est nommé médiateur, tout en étant soupçonné d’être lié aux ravisseurs d’Al-Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi). Plus polémique encore, Baba Ould Cheikh, issu de la tribu arabe Lamhar, a toujours soutenu le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). à€ plusieurs reprises, ses affaires l’ont amené à  croiser le chemin d’Oumar Ould Hamaha, trafiquant et islamiste recherché, qui pourrait avoir été tué récemment lors des récentes frappes aériennes menées à  Tombouctou. Fin de l’impunité L’impunité dont « Baba » disposait semble avoir disparu avec la prise de Gao, le 26 janvier dernier. Au lendemain de la libération de la ville, alors qu’il se promène avec son ami, Sadou Harouna Diallo, le maire de Gao, Baba Ould Cheick est brièvement interpellé et gardé à  la gendarmerie. Ce n’est qu’après avoir été relâché dans des conditions encore floues, que le mandat d’arrêt est lancé contre lui. Depuis lors, il s’était retranché dans son fief, à  une centaine de kilomètres de Gao. Baba Ould Cheikh et sa grande famille ont pu asseoir leur influence dans la région, tant du côté des forces de sécurité basées dans le Nord qu’auprès des hommes politiques locaux et nationaux. Comme le maire de Gao, il est membre du PDS, le parti de l’ancien président, Amadou Toumani Touré (ATT). Dans la ville, il possède boutiques et villas cossues. Ses entreprises de transport et de bâtiment travaillent avec les plus gros acteurs économiques de la ville, mais aussi auprès du Comité International de la Croix Rouge et de la municipalité. à€ travers cette arrestation, c’est un pan de la mafia des “narco-islamistes” qui prend un sérieux revers. Dorothée Thiénot, à  Gao

Nord Mali: Ould Abdel Aziz met en garde contre une guerre

« Entrer en guerre actuellement peut avoir des conséquences graves pour le Mali et toute la région. Les populations locales qui seront attaquées (..) peuvent se sentir visées et, par conséquent, construire des alliances avec les groupes terroristes », a prévenu le chef de l’Etat mauritanien. « La guerre peut permettre de libérer des villes mais le territoire, très vaste, restera aux mains des groupes terroristes qui ont aujourd’hui beaucoup de moyens, d’armements et de moyens logistiques », a ajouté M. Aziz, qui s’exprimait jeudi soir lors d’une conférence de presse à  Nouakchott. La Mauritanie « n’entrera jamais dans cette guerre » mais entend protéger ses frontières et « si nous sommes attaqués, nous répondrons et dans ce cas nous, irons bien au-delà « , a-t-il poursuivi. « Nous avions entrepris des frappes à  l’intérieur du Mali pour répondre aux attaques des terroristes. Notre armée est aujourd’hui bien équipée », a affirmé le chef de l’Etat. La Mauritanie a mené en 2010 et 2011, à  « titre préventif », des raids en territoire malien contre des bases d’Al Qaà¯da au Maghreb islamique (Aqmi), un des trois groupes armés islamistes qui occupent totalement le nord du Mali depuis fin juin et y imposent la charia avec une extrême rigueur. Une intervention armée internationale est en préparation pour, avec l’aval de l’ONU, intervenir dans le nord du Mali afin d’en chasser ces groupes qui y appliquent la charia (loi silamique) avec rigueur et y commettent de nombreuses exactions. Le président Aziz a regretté que la communauté internationale ait pris tardivement conscience de la menace des « terroristes présents au Mali depuis 2001 et qui ont à  plusieurs reprises attaqué mon pays, comme à  Lemgheity (nord-est) o๠nous avons perdu 15 de nos militaires » en juin 2005. Il a appelé à  la constitution d’un front intérieur uni en Mauritanie face à  la menace jihadiste, reprochant à  l’opposition les accusation à  son encontre de « mener une guerre par procuration au profit de la France ».

Le Chef d’état major du Mujao, Oumar Ould Hamaha se confie à Radio Nièta

Et pour l’application de la charia, l’homme est on ne peut plus clair : elle sera totale. Parlant des non musulmans, le chef d’état major général du MUJAO est plus conciliant et parle même de frères et non d’ennemis. Entretien. Radio « Nièta » : Vous êtes aujourd’hui chargé de la sécurité du MUJAO. Est-ce que la sécurité des populations et des villes que vous occupées sont réelles, voire garanties ? M. Oumar Ould Hamaha : Gao est en sécurité parce que nos éléments y patrouillent. Il y a des patrouilles permanentes de jour comme de nuit. Dieu merci, les Moudjahidines s’entendent bien avec la population. Je vous invite à  demander aux populations, elles sont bien placées pour vous répondre. Radio « Nièta » : Est-ce que la population est d’accord avec l’application de la charia ? M. Oumar Ould Hamaha : La charia est une imposition divine. Nous sommes des serviteurs y compris les djihadistes ainsi que les populations et toute l’humanité. Et C’’est aux esclaves de se soumettre au seigneur. La charia est une imposition divine. Si la population l’accepte ou pas, nous sommes là  pour l’appliquer comme Dieu l’a dit dans le Coran. Je sais qu’il y’a des bonnes personnes, pieuses qui l’acceptent, mais par contre, il y a d’autres qui vivent de vols, de pillages, de cambriolages parce que C’’est contre leur mode de vie. Radio « Nièta » : Nous avions reçu ici à  Bamako des gens dont le pied ou la main ont été amputés et qui soutiennent qu’il n’y avait pas de preuve contre elles. Qu’en dites-vous ? M. Oumar Ould Hamaha : D’abord, il faut savoir que nous pratiquons la charia après avoir eu des preuves concrètes ainsi que des témoins. Et lorsque nous vous prenons la main dans le sac, l’application de la charia est indiscutable. Nous n’avons jamais pratiqué la charia sans jugement et la personne doit reconnaitre les faits. Vous savez tous ceux qui ont été châtiés selon la religion musulmane l’ont été avec des preuves irréfutables contre eux. Radio « Nièta » : Des rumeurs persistantes affirment que les éléments du MUJAO ne sont pas des maliens, y compris vous. Que répondez-vous ? « Je suis malien. Cela ne souffre d’aucun doute » M. Oumar Ould Hamaha : Demandez à  l’administration territoriale, elle me connaà®t depuis le régime du Général Moussa Traoré. En clair, je m’appelle Oumar Ould Hamaha. Je suis né le 5 juillet 1963 à  Kidal. Et J’ai obtenu mon bac en 1984 à  Tombouctou. Vous pouvez demandez aux membres du gouvernement ainsi qu’à  mes promotionnaires. Ils sauront vous répondre. Je suis un malien cela ne souffre d’aucun doute. Radio « Nièta » : Etes vous prêts pour le dialogue ? M. Oumar Ould Hamaha : Bien sur que nous sommes prêts pour le dialogue. Nous l’avons toujours prêché et nous sommes prêts à  dialoguer avec qui que ce soit et même si Obama venait nous voir, nos portes lui seront ouvertes à  plus forte raison nos frères musulmans du Mali. Radio Nièta » : Etes-vous pour la partition du pays comme le MNLA le demande ? Oumar Ould Hamaha : Nous sommes contre la division du Mali. Je l’ai toujours dit et vous pouvez écouter tous mes discours, notre position n’a pas changé et ne changera pas sur ce sujet. Pas de partition du Mali qui demeure et demeurera indivisible. Radio « Nièta » : Qu’en est-il de vos rapports avec le MNLA ? M. Oumar Ould Hamaha : Ce sont des gens qui tiennent un double langage, ils sont pour un mali un et indivisible, tantôt, ils veulent une partition du pays. Ce qui est archi-faux. Et C’’est la raison pour laquelle nous les avons chassé de Gao avec 67 victimes qui ont été recensées dans leurs rangs. Idem pour nos frères Berabich du FLA ainsi que ceux du « Ganda-Izo » à  Douentza. Tous ces gens-là  prônaient la désunion. Ce qui est contraire à  notre vision, celle de l’Islam. C’’est pour cela que nous avons décidé qu’il n y aura plus de milices armées afin que tout le monde soit sous un seul commandement. Tout le monde doit être uni sous le couvert de la religion. Vous voyez que ceci est un travail d’unicité. Radio « Nièta » : Y’a t-il des contacts avec les autorités à  Bamako ? M. Oumar Ould Hamaha : Le week-end dernier, J’ai reçu un contact téléphonique du Ministère de la Défense, me disant qu’ils sont prêts pour le dialogue. Ce que J’ai accepté mais à  condition que tout le monde se soumette à  la charia (la loi divine). Le Ministre de la défense m’a répondu que : « le Mali est un pays laà¯c et que chacun est libre de choisir sa religion ». Je lui ai dit que seule la charia pourra nous unir et demeure l’unique solution. Dans le cas contraire, C’’est le sabre qui nous opposera. A notre grande surprise, il va le même jour à  Abidjan donner le feu vert pour l’arrivée des troupes de la CEDEAO. C’’était le comble et la déception pour nous. Un acte que nous regrettons parce que les pays de la CEDEAO ne peuvent pas affronter les djihadistes, même s’ils sont épaulés par ceux de l’OTAN. En clair, aucun pays du monde ne peut s’arrêter devant les djihadistes. Nous sommes prêts à  affronter n’importe quelle armée terrestre ou aérienne. Radio « Nièta » : Est-ce que vous avez les moyens et les hommes pour l’application de la charia dans tout le Mali et dans tout le reste de l’ Afrique ? M. Oumar Ould Hamaha : Oui sur toute la planète, s’il plait à  Dieu. C’’est une promesse divine révélée dans le coran depuis 1400 ans que nous sommes entrain de réaliser. Radio « Nièta » : Ici dans certains milieux, on accuse votre mouvement d’être en relation avec certains pays arabes comme le Qatar et l’Irak. Que répondez-vous ? [b M. Oumar Ould Hamaha : Ce n’est pas vrai. Nous n’avons aucune relation avec ces pays. Notre relation est avec Dieu. Dieu nous suffit. Nous avons suffisamment d’armes et plus de 45% de l’arsenal de l’armement libyen et toutes les casernes du nord Mali sont sous nos mains puisqu’abandonnées par l’armée. Radio « Nièta » D’autres sources persistantes font état du soutien de certains pays voisins du Mali (La Mauritanie, le Burkina Faso et l’Algérie) à  votre mouvement. Qu’en est-il ? M. Oumar Ould Hamaha : Vous savez la Mauritanie s’est rendue compte qu’elle ne peut pas nous affronter après avoir vécue l’expérience des djihadistes depuis plus longtemps, à  plus forte raison qu’on est maintenant surarmé. L’armement dont dispose les djihadistes est 20 fois supérieur au nombre des djihadistes eux mêmes. Radio « Nièta » : Est-ce à  dire que sous votre occupation, les populations vivent mieux que sous l’administration ? » M. Oumar Ould Hamaha : Je vous confirme que nous sommes en très bonne entente d’autant plus que avons aidé la plupart des cultivateurs pour les semences, le paiement des factures pour tous les indigènes ainsi que les plus faibles sans compter l’aide aux démunis. Il va de soi que la population nous accepte. D’abord nous les avons déchargé du fardeau de la douane et des taxations. De nos jours, il n’ya ni douane, ni taxes à  payer. Les camions chargés depuis Niamey, Algérie et la Mauritanie, débarquent leurs marchandises sans payer de droits de douane. Chaque jour, il ya plus de 50 camions qui viennent décharger à  Gao, et les produits sont vendus moins chers qu’auparavant. Et dieu merci il y’a la sécurité totale, la prospérité et la bienséance… Radio « Nièta » : vous maitrisez la gestion d’état et vous aviez les moyens de votre politique, n’avez-vous pas d’autres appuis extérieurs ? M. Oumar Ould Hamaha : Nous n’avons pas besoin de partenaires. Il faut savoir que C’’est une bénédiction divine qui nous dirige et nous encourage. Nous avons suffisamment d’armements que nous pouvons d’ailleurs vendre. Demandez à  l’armée malienne ce qu’elle a laissée derrière elle ? Ici, C’’est la solidarité agissante de façon permanente qui constitue nos ressources. Ce n’est pas comme dans un gouvernement ou chacun cherche à  prendre l’argent du gouvernement. Chez nous, la plupart vient avec leur véhicule et leur arme. Dans un pays islamique, tout le monde vient en aide au gouvernement islamique : les éleveurs, les cultivateurs, les commerçants etc. D’ailleurs, tous les marchés et les ONG sont donnés aux gens du milieu et les bénéfices reviennent aux autochtones. Pourquoi la population ne s’entendrait pas avec nous, elle ne paye ni l’électricité ni l’eau ? Radio « Nièta » : La presse peut-elle venir couvrir les événements du nord, sans problème ? M. Oumar Ould Hamaha : Je signale qu’il ya la paix et la sécurité totale partout au nord. Pourquoi à  à  Bamako, les gens sont entrain de s’entretuer, c’est parce qu’il ya une mauvaise gestion et un gouvernement pas crédible. Le Mali a une armée sans morale et est sous équipée. Les hommes qui sont au pouvoir n’ont pas été choisis, ils se sont imposés de force à  la population. Ce qui est contraire à  la religion musulmane qui parle de justice, d’équité. Radio « Nièta » : Parlant des initiatives du Haut Conseil Islamique du Mali et des frères musulmans qui sont au sud, est-ce que vous êtes prêt à  discuter avec eux pour trouver un terrain d’entente ? M. Oumar Ould Hamaha : Nous préférons que ce soit le HCI au nom du gouvernement qui vienne vers nous. Sinon toute autre personne, non. Comme vous le savez, C’’est par le canal du Haut Conseil Islamique qu’on peut dialoguer et négocier avec les autorités. Et C’’est un honneur qu’on leur donne parce que, ce sont nos frères musulmans. Radio « Nièta » : Est-ce que vous êtes prêts à  appliquer les différents consensus avec le Haut Conseil Islamique du Mali ? M. Oumar Ould Hamaha : Bien sur qu’on est prêt à  les appliquer, tant qu’ils ne sont pas hors de la charia, qu’ils ne sortent pas du cadre de la religion. Radio « Nièta » : Qu’est-ce que vous avez à  dire à  vos frères musulmans et non musulmans du Sud ? M. Oumar Ould Hamaha : J’ai un message particulier à  donner à  tous mes frères sans tenir compte de la langue ni de la race, qu’ils soient peulh, bambara dogon, sonrai, nous ne sommes pas leurs ennemis et nous ne sommes pas venus pour les faire souffrir. Bien au contraire, nous sommes des frères et nous devons nous entraider à  honorer la religion, à  nous soumettre à  la loi divine et que Dieu nous agrée tous et qu’Allah fasse du Mali un pays uni en paix, sécurité et bienfaisance sous la couverture de la loi divine. Radio « Nièta » : Par rapport à  votre appartenance au Mali, vous avez des frères non musulmans, quel est votre message à  leur endroit ? M. Oumar Ould Hamaha : Bien sur il y a des maliens qui ne sont pas musulmans, mais nous sommes tous fils d’Adam. C’’est Dieu qui va juger et chacun sera jugé selon ses actes et sa foi. Il n’ya point de contrainte dans la religion. D’ailleurs, les chrétiens sont des hommes du livre, nous les respectons, ils peuvent vivre sous domination musulman Radio « Nièta » : Avez-vous un appel ? M. Oumar Ould Hamaha : Je m’adresse à  tout le monde, y compris au gouvernement, à  l’armée, la population. Je les invite à  se soumettre à  dieu et qu’Allah nous agrée tous !