Négociations d’Alger : quand les mouvements de la coordination provoquent le blocage

Le spectre du blocage plane encore une fois sur les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger. C’’est du moins ce qu’on peut affirmer au regard de ce qui se passe actuellement dans la capitale algérienne. Après la signature, la semaine dernière, de la cessation des hostilités entre les protagonistes, la coordination des mouvements de l’Azawad a remis après les autres à  la médiation internationale ses propositions. Coup de théâtre : elle a remis, contre toute attente et au grand mépris de la feuille de route, sur la table, l’idée du fédéralisme qui vient comme un cheveu dans la soupe. Les indépendantistes réclament un à‰tat de l’Azawad avec Mopti comme capitale. l’équipe de médiation internationale a déjà  commencé depuis la fin de la semaine passée à  examiner les documents reçus. Elle rendra certainement compte de son point des résultats de sa réflexion. l’histoire bégaie ainsi à  Alger. Déjà  lors du 4ème round des négociations au mois de novembre 2014, les discussions avaient justement achoppé sur cette revendication indépendantiste et la notion d’Azawad pour désigner les régions du nord du Mali. En réaction à  cette supercherie des mouvements de la coordination, le gouvernement malien par l’entremise du ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avait déclaré tout de go que sa délégation n’a pas mandat à  venir discuter du fédéralisme. Il n’en fallait pas plus pour que le MNLA et alliés ruent dans les brancards. La confusion qui en résultera marquera un coup de blocage aux travaux. Le fait pour les mouvements de la coordination d’exhumer à  l’époque cette doléance aux antipodes de l’idée et l’esprit de la feuille de route et de tous engagements antérieurs signés par les parties prenantes au processus, avait provoqué l’ire de l’équipe de médiation qui n’avait pas manqué de le faire savoir. C’’est avec regret que la médiation internationale constatera l’échec de l’objectif assigné à  ce 4ème round à  savoir la signature d’un préaccord. Elle produira néanmoins un projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali remis aux différentes parties. Après ce nouveau coup de théâtre de la coordination des mouvements armés de la coordination, l’on s’achemine sans doute vers un enlisement des négociations. Certaines sources n’excluent pas l’éventualité d’un blocage pur et simple qui se profile à  l’horizon. Que faudrait-il faire pour ramener le MNLA et ses acolytes pour dégager la voie des négociations ? La question est très souvent posée par des observateurs qui ont du mal à  expliquer le comportement des indépendantistes. Et ils estiment en majorité que la balle est dans le camp de la médiation internationale. En termes clairs, ils attendent de celle-ci de bander les muscles pour contraindre les mauvais joueurs qui transgressent les règles du jeu. Les heures à  venir nous édifieront davantage.

Pourparlers d’Alger: appel au respect du cessez-le-feu

Une avancée dans la capitale algérienne qui abrite le 5ème round des pourparlers inter-maliens. Alors que la matinée d’hier jeudi a été marquée par un calme plat, les choses se sont plutôt précipitées dans l’après-midi. En effet les différentes parties (le gouvernement malien, les mouvements de la plateforme et ceux de la coordination), ont signé en fin d’après-midi à  l’hôtel El Aurassi un accord de cessation des hostilités. La cérémonie de signature a été présidée par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Cette signature doit certainement permettre de mettre fin à  la recrudescence de la violence et des attaques au nord du Mali qui hypothéquaient la conclusion prochaine d’un accord de paix. Le document en question s’articule autour de six points essentiels. Tout d’abord il est demandé aux protagonistes d’observer immédiatement toutes formes de violence et de s’abstenir de tout acte de provocation. Le respect des engagements contractés en vertu des accords antérieurs est demandé aux parties. Le document demande aux signataires de mettre rapidement en œuvre, avec le soutien de la Minusma et en étroite collaboration avec elle, toutes les mesures de confiance adoptées, notamment le mécanisme visant à  faciliter l’application du cessez-le-feu figurant dans la déclaration de cessation des hostilités, et à  assurer la protection des civils. Aussi le document recommande-t-il de «Â participer pleinement à  la CMS élargie et ses mécanismes de façon à  vérifier, constater et signaler chaque que à  la médiation tout acte contraire à  la présente déclaration ». l’avant dernier point de l’accord de cessation des hostilités concerne la poursuite de la mise en œuvre des mesures de confiance notamment la libération des personnes détenues. Mettre en œuvre les engagements Enfin il évoque la poursuite de la négociation dans le cadre du processus d’Alger de bonne foi et dans un esprit constructif, ouvert et inclusif en vue de s’attaquer durablement aux causes des tensions observées sur le terrain. Si le ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, Ramtane Lamamra, a parlé d’avancée sur le terrain après cette signature, son homologue du Mali, Abdoulaye Diop a estimé que la signature de cet accord confirme la bonne foi et le sens de la responsabilité du gouvernement malien. Lequel a toujours manifesté son engagement d’aller vers la paix. Ce vendredi, le Chef de la MINUSMA, Mongi Hamdi a appelé les parties au processus d’Alger à  mettre en oeuvre leur déclaration sur la cessation des hostilités. «Il est maintenant impératif que les parties mettent immédiatement leurs engagements en oeuvre sur le terrain aux fins de créer l’environnement requis pour le succès des pourparlers de paix et de maintenir la crédibilité et la confiance du peuple malien en ce processus» a déclaré le n°1 de la mission onusienne au Mali.

Alger V : reprise sur fond d’incertitudes

Les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger reprennent officiellement ce lundi dans l’après-midi après des reports la semaine dernière. La reprise s’annonce toutefois sur fond de tension. En effet l’atmosphère reste perceptible entre les groupes armés de la plateforme et de la coordination tant sur le terrain que dans les couloirs de l’hôtel El Aurassi d’Alger qui abrite les différentes délégations. Selon nos informations, les membres des deux groupes se regardaient en chien de faà¯ence avant l’ouverture officielle de ce 5ème round la semaine dernière. Ils avaient même de la peine à  s’adresser la parole. Pendant ce temps les attaques continuent dans le nord du pays. Les deux camps ne cessent de s’accuser mutuellement de violation de cessez-le-feu. Dans la capitale algérienne, le porte-parole des mouvements de la plateforme, Me Harouna Toureh, a, dans un communiqué, dénoncé la violation du cessez-le-feu par les mouvements de la coordination. Ils les accusent d’avoir attaqué des positions de la plateforme le vendredi dernier vers Tabankort non loin d’Anéfis. Des appréhensions Cette situation pour le moins délétère n’est pas de nature à  rassurer pour la suite des pourparlers. D’aucuns estiment tout simplement que la recrudescence de la violence et des attaques ne présagent rien de bon pour les assises. « Si les protagonistes censés discuter en vue d’obtenir un accord se livrent encore à  des attaques à  ce stade, cela n’est pas de bon augure », commente un observateur qui estime qu’il faut faire au préalable des réglages. Ces réglages, selon, lui consiste à  écouter encore une tous les Maliens pour avoir une vision commune à  défendre et identifier les nouveaux acteurs sur le terrain pour les intégrer si nécessaire aux négociations. « Même si l’on arrache un accord dans ce climat, il n’est pas évident qu’il sera respecté. Et ce n’est pas ce que l’on souhaite », affirme-t-il. D’autres ne poussent pas le pessimisme jusqu’à  prédire un hypothétique échec de ce 5ème round censé aboutir à  un préaccord, mais émettent des appréhensions quant à  la détérioration du climat sur le terrain. C’’est le cas par exemple des ressortissants du nord regroupés au sein du Collectif des ressortissants du nord (COREN) qui a organisé le samedi dernier à  la maison de la presse une rencontre d’information sur la paix et la réconciliation nationale. Le président d’honneur du collectif, Ousmane Issoufi Maà¯ga, en a profité pour faire part des préoccupations et inquiétudes des populations du nord face à  la résurgence des attaques qui se poursuivent toujours. Après les rencontres informelles la semaine écoulée, l’ouverture officielle de cet après-midi doit être suivie par négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés en présence de l’équipe de médiation internationale. Les négociations vont donc s’engager autour du « projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » remis aux parties au mois de novembre dernier. Le gouvernement du Mali se fera fort pour réussir avoir un accord qui puisse préserver l’unicité, la laà¯cité et le caractère républicain de l’Etat. Il se battra certainement surtout pour un accord qui ne fasse pas mention d’Azawad comme recommandé la semaine dernière par le COREN qui n’est pas prêt à  l’accepter. Pourtant jusqu’ici les mouvements de la coordination tiennent beaucoup à  cette dénomination pour désigner les régions du nord malgré l’intransigeance de Bamako. Bien malin donc qui pourra pronostiquer le résultat de ce 5ème round des négociations ?

Discours du Premier Ministre à Alger

Monsieur le président, ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire, Mesdames et Messieurs les membres de l’équipe de Médiation, Mesdames et Messieurs les parties prenantes au processus de Dialogue inclusif inter-malien, Distingués invités Mesdames et Messieurs, Mes premiers mots sont pour remercier le président Abdel Aziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire, le gouvernement et le peuple algériens, pour m’avoir adressé une invitation à  une époque aussi cruciale pour le Mali. Je vois en cette invitation une marque d’attention particulière, un immense crédit d’intention, l’expression de la qualité des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre le Mali et la République algérienne démocratique et populaire. Aujourd’hui, débute à  Alger une séquence cruciale des pourparlers inter-maliens devant déboucher sur un accord de paix global et définitif pour engager le Mali, mon pays, dans la voie d’un développement équilibré, dans un environnement de paix, de sécurité et de stabilité sociale. Que de chemins parcourus depuis l’accord préliminaire de Ouagadougou, depuis l’adoption, à  Alger, de la feuille de route qui a encadré les pourparlers en cours. Nous avons pu noter avec une réelle satisfaction et tout au cours de ce processus un engagement profond de la Communauté internationale aux côtés du peuple du Mali. Qu’il me soit, encore une fois, permis d’adresser à  tous les acteurs les vifs remerciements du gouvernement et du peuple maliens et témoigner, à  leur endroit, toute notre gratitude. S’agissant de l’équipe de Médiation, dont l’Algérie est le chef de file, je lui adresse mes vives félicitations pour avoir conduit jusque-là , à  notre satisfaction, la délicate mission qui est la sienne : mission d’équilibre, mission dédiée exclusivement à  la restauration de la paix, au développement socio-économique, non seulement du Mali, mais aussi de toute la région. Monsieur le président, Il y a quelques mois, nous avons évolué ensemble dans cette même enceinte, vous dans le même rôle que celui d’aujourd’hui et moi dans celui de Haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien. Je m’étais, à  cette époque, assigné comme tâche essentielle de me maintenir à  égale distance des parties en négociations, de m’inspirer de votre exemple pour pousser à  des consensus, au rapprochement des points de vue. J’étais convaincu, et cela en exécution des instructions que le président de la République m’avait données, que tous les protagonistes étaient des Maliens à  part entière et avaient donc le droit et le devoir de s’interroger sur le devenir de leur pays. J’avais, à  cette époque, noté de part et d’autre des convictions fortes et la qualité des relations humaines qui s’étaient établie entre nous et tous les acteurs m’inclinait et m’incline encore à  croire que seules les droites parallèles ne peuvent se rejoindre. J’étais réconforté à  l’idée qu’il s’agissait de lignes qui se croisaient et qui pouvaient un jour ou l’autre s’interpénétrer pour donner naissance à  un environnement qui réponde aux aspirations de tous. Environnement de paix, de sécurité o๠le bien-être et le mieux-être s’alliaient pour annoncer au monde entier que l’état de belligérance n’est pas une fatalité, qu’au-delà  des positions personnelles, peut-être des ambitions personnelles, existait comme une donnée incontournable, l’avenir des générations présentes et celles à  venir du Mali. C’est pourquoi Monsieur le président, au moment o๠je vous parle, mes pensées vont à  toutes les victimes du douloureux conflit qui nous occupe à  présent. Je considère toutes les victimes comme étant les victimes de la violence, de l’incompréhension des hommes. S’agissant de victimes non-maliennes, des soldats de la paix venus de différents horizons, je m’incline devant leur mémoire et réitère les condoléances les plus attristées du peuple et du gouvernement maliens aux Nations d’origine durement éprouvées. A cet égard, nous sommes aujourd’hui émus et fortement impressionnés par la constance et la qualité du soutien apporté au Mali par la Communauté internationale, les organisations africaines, régionales, et du système des Nations unies. La configuration de l’équipe de médiation comprenant en plus de la République algérienne démocratique et populaire, comme chef de file, l’Organisation des Nations unies, l’Union européenne, l’Organisation de la Coopération islamique, l’Union africaine, la Cédéao, et des pays amis tels que le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Tchad auxquels il faut ajouter toutes les bonnes volontés, toutes les nations éprises de paix et de justice ; cette configuration, cet immense réseau de sympathie, de soutien multiforme impose aujourd’hui, aux parties maliennes, celles qui sont en négociations, c’est-à -dire les mouvements armés de la Coordination, les mouvements armés de la Plateforme, le gouvernement du Mali, de se révéler dignes de la solidarité internationale. Ces acteurs sont aujourd’hui réunis dans cette salle. Je voudrais leur dire que le peuple du Mali, dans toutes ses composantes, est en attente de leur part, d’une décision cruciale. Une décision qui soulagera les C’œurs et les esprits, une décision qui limitera la misère morale et matérielle, qui limitera la peur pour le présent, l’angoisse pour le souvenir traumatisant des scènes de violence vécues, l’inquiétude pour l’avenir des Maliens et des Maliennes. Cette attente se nourrira de la décision que vous prendrez, vous Bilal Ag Achérif et vos alliés, vous Algabass Ag Intallah et vos alliés, vous Mohamed Lamine Ould Sidaty et vos alliés, vous le Pr. Ahmed Ould Sidi Mohamed et vos alliés, vous Me Harouna Toureh et vos alliés, vous Mohaned Ag Ibrahim Assaleh et vos alliés, vous tous, chers frères et sœurs, pourriez-vous accepter de cesser d’être les uns en face des autres, mais d’être tous les uns à  côté des autres pour regarder dans la même direction, vous ouvrir au souffle de la paix, de la concorde, de la fraternité ? Ce faisant, vous vous révélerez tous unis, dignes de la confiance de la Communauté internationale, dignes de son soutien, aujourd’hui, et après la signature d’un accord de paix tant attendu. En le faisant, pourriez-vous vous ouvrir aux messages d’outre-tombe, paix à  leurs âmes, les voix sublimes d’Intallah Ag Attaher, de Baba Ould Cheick El-Moctar Kounta, de Mohamed El Mehdy Ag Attacher El Ansari, d’autres illustres compatriotes qui ne sont plus de ce monde, vous vous ouvrirez aux cris d’outre-tombe de ces milliers de maliens, d’hommes et de femmes brutalement arrachés à  la vie, de ces milliers de jeunes arrachés aux joies de ce monde, comme des espérances assassinées, brisées ; vous vous ouvrirez aux cris de détresse de ces milliers de personnes ayant fuit la terre natale et qui attendent le jour ou ils pourront retrouver les leurs. Qu’il me soit permis de remercier les pays voisins qui les ont accueilli dans la tradition d’hospitalité et de générosité. Ce message, celui que je vous délivre, ne voyez pas en lui, le message partisan du chef du gouvernement, mais celui d’un frère investi d’une légitimité octroyée, celle du président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita, porteur de la Nation malienne dans son ensemble, donc à  égale distance par rapport à  tous. A mes frères et soeurs, toutes tendances confondues, je vous demande de desserrer les poings, de faire en sorte que le travail pour la paix devienne un service ; que ce service, pour le peuple malien tout entier, se transforme en un don de soi; que ce don de soi, pour un avenir radieux du peuple du Mali, devienne un sacrifice; que ce sacrifice, pour un idéal qui dépasse nos personnes, provoque en nous un enrichissement moral et spirituel, cet enrichissement nous aide à  mieux servir l’intérêt général, celui de toutes les populations maliennes, sans exclusive; celle du Nord, du centre, du sud, de l’est et de l’ouest. Ces populations maliennes unies dans un élan formidable, n’aspirent qu’à  vivre en paix. Mes chers frères, mes chères soeurs, la paix n’a pas que des amis. je sais que vous saurez résister à  la fascination des marchands d’illusion, ceux qui veulent ralentir le cours du processus ; ceux qui se réjouissent de la détresse de leurs semblables. Poursuivez imperturbablement votre chemin vers la paix et la concorde ; un chemin certes rocailleux, mais qui conduit vers des lendemains meilleurs. N’empruntez pas les escaliers dérobés. La sincérité, la vérité de votre comportement vous aidera à  refuser de porter le deuil de l’avenir. Vive la paix, vive l’Amour entre les Hommes, vive la Solidarité internationale. Vive le Mali uni et réconcilié avec lui-même. Avec mes remerciements pour votre bien obligeante attention, je vous prie d’accepter les salutations du président de la République du Mali, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita ; celles du Gouvernement du Mali, du Peuple du Mali et les miennes bien fraternelles.

Alger: L’ombre d’Iyad plane sur les négociations

Une mission conjointe du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et du Comité politique et de sécurité de l’Union européenne séjourne depuis ce 11 Février à  Bamako. Cette visite s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique Afrique-Union européenne, qui permet aux deux parties d’échanger sur la coopération dans le domaine de la paix et de la sécurité, examinent les crises et les situations spécifiques. Prévue pour durer trois jours, la visite a débuté par une rencontre ce mercredi avec le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita. Une audience qui restera dans les annales car elle a permis au chef de l’Etat malien de montrer, à  quelques heures d’une étape importante des négociations intermaliennes d’Alger, que Bamako n’avait pas l’intention de céder sur les lignes rouges fixées. « Nous ferons en sorte qu’il n’y ait pas de compromission et que l’intérêt supérieur du pays, en particulier son unité nationale, son intégrité territoriale, le caractère unitaire de l’Etat et la forme laà¯que et républicaine du pays », déclarait le ministre malien des Affaires étrangères, lundi dernier lors d’une conférence de presse. Voici le décor du round 5 des pourparlers d’Alger campé. Dans la capitale algérienne, les protagonistes de la crise du nord, les médiateurs et la société civile malienne se sont en effet retrouvés pour tenter une nouvelle fois de parvenir à  un accord qui mettrait un terme à  la crise politico-militaire qui mine le pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, la tension était palpable malgré le discours rassembleur du Premier ministre un peu plu tôt. « Mes chers frères, mes chères sœurs, la paix n’a pas que des amis. Je sais que vous saurez résister à  la fascination des marchands d’illusion, ceux qui veulent ralentir le cours du processus ; ceux qui se réjouissent de la détresse de leurs semblables » déclarait celui qui était il y a encore quelques semaines au C’œur des négociations. Une véritable exhortation à  redonner une chance à  la paix au Mali. Le problème « Iyad » « Aujourd’hui, se tissent en Alger, avec la facilitation de l’Algérie et l’accompagnement de la communauté internationale, les fils du dialogue inclusif inter-malien sur une paix globale et définitive », déclarait à  son tour le Président IBK face aux diplomates africains et européens. l’espoir donc clairement affiché du côté de Bamako. Mais point de naà¯veté. Dans son adresse, le chef de l’Etat Malien a mis exergue les dangers qui menacent encore aujourd’hui la paix au Mali. Le premier, selon IBK, a pour nom Iyad Ag Ghali. Le chef du groupe armé islamiste Ansar Eddine qui a semé la désolation au nord du Mali lors des longs mois d’occupation est activement recherché. Pourtant, « nous avons accepté que ce groupe, sous une autre dénomination, vienne siéger à  notre table, signe de notre engagement en faveur de la paix », rappellera-t-il à  ses interlocuteurs. Un geste de bonne volonté qui n’a pas fait évoluer la position de Ag Ghali qui « n’a jamais voulu les négociations ». Et de revenir sur les récentes poussées de tensions dans le nord du pays avec les évènements malheureux de Gao, entre autres. Le Mali es fragile, le « Sahel est fragile » martèle IBK, qui veut rappeler à  la « communauté internationale que les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la région, sont tout aussi dangereuses pour la sécurité des autres pays africains, voire fors du continent. Daesh(Etat Islamique) frappe aux portes du Sahel, s’il n’y est déjà  entré par le biais d’individus comme Iyad Ag Ghali qui lui ont ouvertement fait allégeance. « Pourquoi voudriez-vous le ramener à  la table de négociations? » a encore questionné le président malien qui estime que l’homme devrait plutôt être capturé pour répondre de ses actes face à  la justice. En attendant, ses compères sont à  Alger, réunis dans une engeance qui porte le nom de HCUA, dirigé par un de ses fidèles lieutenants. Dan son propos, le président IBK est à  maintes reprises revenu sur le caractère pluriel du peuple malien, qui a vécu et s’est enrichi de ses brassages culturels et ethniques. Nul ne viendra remettre en question ces acquis séculaires, a affirmé IBK, surtout pas une minorité qui ne représente qu’elle-même, en référence aux mouvements armés touareg qui réclament un statut particulier pour les régions du Nord. Le refus du fédéralisme, l’intégrité intangible du territoire, le caractère laà¯c de l’Etat, autant de points qui ne sont pas négociables si l’on en croit le président maliens. Une réaffirmation de la position ferme qui est celle de Bamako depuis le début des pourparlers et face à  des représentants de la « communauté internationale » qui presse le Mali de faire la paix avec ses fils, quitte à  mettre de côté certains principes, à  « mettre de l’eau dans son vin ». La réponse d’IBK est claire, C’’est non. Plus de tergiversations, de faux semblants. Les discussions peuvent commencer.

Modibo Keita à l’épreuve du temps…

« Modibo Keita est un homme de discipline. Avec lui, IBK devrait obtenir de bons résultats », affirme I. Yorki, employé à  la cité administrative. Pour Adam Tall, assistante dans une direction nationale, la perception est autre : « le vieux est discret mais on a du mal à  le cerner. Depuis son arrivée les choses ne bougent pas et même les bons de carburant tardent à  sortir car il veut avoir l’œil sur tout ». Diawara Sitapha, ingénieur en génie civil, estime que « le premier ministre fait l’affaire d’IBK en exigeant une certaine orthodoxie républicaine aux fonctionnaires mais l’essentiel est de voir des résultats concrets, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas ». Au grand marché de Bamako, les avis divergent et un importateur de bazin assez connu n’a pas voulu mâcher ses mots : « le premier ministre est simplement venu remettre ses concitoyens au travail, redresser l’administration et rétablir de l’ordre dans un pays o๠le gouvernement perdait pied. Face à  cette mission commando, le peuple souffre et s’interroge encore » Priorité Alger Si Modibo Keita n’a pas encore fait sa déclaration de politique générale pour fixer les uns et les autres sur sa feuille de route, il n’en demeure pas moins actif sur le dossier algérien. l’homme vient d’effectuer une mission express à  Alger, o๠il a rencontré le président Bouteflika, à  la veille de la reprise des pourparlers inter-maliens inclusifs. Là , conscients des enjeux de ce 5è round des négociations, Modibo Keita à  appelé à  gagner, » car plus nous traà®nons, plus la situation se complique », a-t-il réaffirmé dans la capitale des négociations.

Alger IV enfin ?

Après une semaine intense de concertations, notamment à  travers la réunion d’urgence convoquée les 5 et 6 février dans la capitale algérienne, c’est reparti pour le quatrième round des négociations inter-maliennes de paix. Face à  la dégradation de la situation sécuritaire au nord du pays, en particulier dans la localité de Tabankort, les partenaires internationaux, tout comme le Conseil de Sécurité des Nations Unies avaient appelé à  cette reprise rapide des négociations. Il ne faut pas non plus omettre l’élan pris par les autorités maliennes avec la nomination de Modibo Keita, à  la Primature en début janvier. L’enjeu était de redonner un nouveau souffle à  ces négociations interrompues depuis le mois de Novembre 2014. D’ailleurs, la délégation malienne a déjà  rejoint Alger, et le Premier ministre malien est attendu dans la capitale algérienne mercredi. Alger IV promet: « Nous partons avec un esprit constructif et un grand sens des responsabilités avec le souci des enjeux et de notre responsabilité personnelle et collective dans ce processus. Nous ferons en sorte qu’il n’y ait pas de compromission et que l’intérêt supérieur du pays soit préservé lors du processus. Il faut une solution qui met tous les Maliens à  l’aise », a déclaré le chef de la délégation gouvernementale, Abdoulaye Diop, lors d’une conférence de presse. Dépasser le document de base Au delà  de la reprise des négociations, il faudra pour les parties aller au delà  des divergences déclarées depuis Novembre dernier et notamment sur le rejet du document de synthèse par une partie des acteurs de la coordination : « C’’est absolument normal que des points de vue divergents s’expriment sur la question. Même dans ces points de vue divergents, il y a des éléments qui nous aident. Tout le monde n’a pas à  être d’accord avec le gouvernement. C’’est une affaire nationale. C’’est trop dit de dire que C’’est largement rejeté », réitère Diop, qui n’omet pas les désaccords supplémentaires qui pourraient traver le processus de paix. De l’avis du ministre, des efforts sont menées pour l’arrêter les hostilités sur le terrain, et permettre aux protagonistes de reprendre le fil du dialogue…

Pourparlers: Modibo Keita échange avec les universitaires

La rencontre s’est déroulée hier mercredi 07 janvier 2015 au rectorat de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB), en présence du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Me Mountaga Tall, des recteurs des universités du Mali et des directeurs des grandes écoles et instituts. Cette rencontre intervient après celle du 13 août 2014 au moment de l’amorce des pourparlers d’Alger. « J’ai estimé à  cette époque venir vous voir en votre qualité de détenteur du savoir et du savoir-faire pour que nous discutions de la feuille de route et de son contenu, pour que nous recevions des indications, des avis, des conseils et des recommandations de votre part » a affirmé M. Keita. Comme recommandations à  l’époque, les universitaires ont souhaité la création d’un cadre de concertation stratégique, ils ont opté pour une approche sous régionale des questions de sécurité. Par ailleurs, les enseignants ont demandé de prévoir un organe d’interprétation du futur accord, attiré l’attention sur la nécessité de mettre en œuvre le processus DDR, les enjeux économiques des conflits et le passage de l’économie des conflits à  l’économie de la paix. Après avoir rappelé ces différentes recommandations, le Haut représentant pour le dialogue inclusif intermalien est revenu en détail sur le déroulement de la deuxième phase, notamment les parties en négociation, le climat qui a prévalu au début des rencontres, l’élaboration du premier document de synthèse intitulé « élément pour un accord de paix » ainsi que le deuxième document « Projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » proposé par la médiation. En remettant ce dernier document aux enseignants, M. Keita leur a demandé d’accorder la priorité au contenu, de privilégier le fond par rapport à  la forme, bref de s’appesantir objectivement sur les propositions de la médiation, vu qu’ils ont la « la capacité de dépassionner les débats ». Les préoccupations des enseignants ont concerné entre autres, la durabilité de l’accord, la fragmentation des mouvements armés au fur et à  mesure que le dialogue se poursuit, la régionalisation, la garantie et le rôle de la communauté internationale.

Alger, 3è phase : ne pas franchir les lignes rouges…

Après plus d’une dizaine de jours de pause, C’’est reparti pour les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger. Les négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés devaient reprendre le 19 octobre. Mais la rencontre a été ajournée en raison de l’absence de certains membres des délégations des groupes armés. Un fait qui avait déjà  eu lieu lors de la seconde phase des pourparlers. l’équipe de médiation internationale, sous la houlette de l’Algérie, a elle aussi tenu une rencontre samedi pour valider la synthèse des propositions faites par le gouvernement du Mali et les groupes armés en septembre dernier. La délégation malienne a aussi tenu une séance de travail. Pour Abdoulaye Diop et ses collègues Zahabi Ould Sidi Mohamed, ministre de la réconciliation nationale et Hamadoun Konaté, ministre de la Solidarité, Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, l’objectif était de mettre au même niveau d’information tous les membres de la délégation. Le document de synthèse élaboré par les experts de la médiation internationale réitère évidemment les lignes rouges marquées par le gouvernement malien. Il s’agit en l’occurrence de l’intégrité territoriale du Mali, la laà¯cité et la forme républicaine de l’Etat. Le document en question doit en principe, être remis officiellement aux différentes parties à  l’occasion de l’ouverture officielle de cette seconde manche des négociations. Le conseil de sécurité des Nations Unies salue la reprise des pourparlers Dans une déclaration à  la presse, les membres du Conseil ont salué la rôle de facilitateur joué par l’Algérie, à  la demande des autorités maliennes, pour organiser des pourparlers de paix formels et pour réunir le gouvernement du Mali et les groupes armés qui ont signé et adhèrent à  l’Accord de Ouagadougou de juin 2013. « Les membres du Conseil de sécurité ont appelé les parties maliennes à  respecter pleinement leurs engagements inscrits dans la feuille de route signée le 24 juillet 2014 et à  s’impliquer de bonne foi et avec un esprit de compromis dans les pourparlers de paix à  Alger quand ils reprennent », ajoute la déclaration à  la presse. Ils ont exhorté toutes les parties « à  respecter pleinement l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 ainsi que la déclaration de cessation des hostilités signée à  Alger le 24 juillet 2014 et à  éviter toute action qui pourrait mettre en péril les perspectives de paix. » Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur profonde préoccupation concernant la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Mali et ont réitéré leur ferme condamnation de toutes les attaques meurtrières contre la Mission des Nations Unies (MINUSMA). Ils ont exhorté les groupes armés à  coopérer avec les Nations Unies pour arrêter immédiatement et condamner les attaques contre les Casques bleus, conformément à  la déclaration qu’ils ont signée le 16 septembre 2014 à  Alger. De son côté, à  la fin de sa troisième visite au Mali, l’expert indépendant des Nations Unies Suliman Baldo a déclaré vendredi qu’il ne fallait pas que la primauté du droit soit remplacée par des arrangements politiques qui se font au détriment des victimes des violations graves des droits de l’homme survenus depuis le début de la crise. « Les progrès observés au cours de ma deuxième mission en février 2014 dans le domaine du renforcement de l’autorité de l’Etat, du redéploiement de l’administration dans le nord et de la lutte contre l’impunité ont été remis en question suite aux évènements de mai 2014 à  Kidal », a affirmé l’expert indépendant. Les négociations directes sont annoncées pour ce lundi 20 octobre 2014 dans l’après- midi. Gageons que cette fois, de réelles avancées seront faà®tes sur le dossier.

Pourparlers d’Alger : En attendant la reprise !

Après une suspension, les travaux reprennent vers la mi-octobre. Retour sur quelques moments de cette première mi-temps. l’événement aura retenu singulièrement ce mois-ci l’attention de tout le peuple malien. Il s’agit du second round des pourparlers inclusifs inter-maliens à  Alger. Lancées le 1er septembre dernier dans la capitale algérienne, ces négociations entre le gouvernement malien et les groupes armés ont duré quatre semaines riches en événements. Après la cérémonie d’ouverture à  l’hôtel El Aurassi d’Alger le lundi 1er septembre, il a fallu attendre le jeudi pour que les travaux reprennent véritablement. Raison invoquée : le Mouvement national de libération national désirerait attendra l’arrivée des autres membres sa délégation pour commencer. Après donc deux jours d’atermoiements, commencera le premier temps fort des pourparlers : l’audition de la société civile à  la résidence El Mithak d’Alger. Face aux représentants du gouvernement malien et des groupes armés ainsi de la médiation, les représentants des communautés ont étalé leurs préoccupations tout en faisant par part des suggestions et aspirations des populations éprouvées par des décennies de crise. A ce niveau les représentants de la société civile des groupes armés se sont illustrés dans une stratégie bien. Ils ont dressé un réquisitoire très dur contre le Mali considéré comme la source de tous les maux des « régions de l’Azawad ». Une manière de convaincre sur le bien-fondé de la thèse d’une autonomie de gestion, voire d’une indépendance. Pendant ce temps la société civile du gouvernement malien a évité la polémique pour ne pas « remuer le couteau dans la paix ». Elle a tempéré le jeu en invitant les parties a œuvré dans le sens de la paix, condition sine quo non d’un développement durable. Pendant l’audition de la société civile il est à  noter que la virulence des plaidoiries n’a pas caché ton courtois et policé des débats comme souhaité par la médiation à  l’entame. Terminée, le lundi 8 septembre, l’audition était censée ouvrir la voie à  la très cruciale phase des négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés. Revoilà  les atermoiements et autres manœuvres dilatoires du MNLA qui préfère d’un côté démarrer uniquement avec le groupe thématique relatif aux questions politiques et institutionnelles et l’autre côté prétexte de l’absence de certains de ces experts pour attendre. Entre- temps le MNLA mijotait son plan. A la tête de la coordination des mouvements armés de l’Azawad( MNLA, HCUA et MAA dissident), Le mouvement parvient à  signer le 12 septembre un protocole d’entente avec une partie de certains mouvements membres de la plateforme( CM FPR, CPA et le MAA originel). Décliné en six articles, ce protocole d’entente réclame un « statut politique et institutionnel pour l’Azawad à  travers un système fédéral à  faire reconnaitre par l’Etat malien et la communauté internationale ». Il n’en fallait pas plus pour créer des remous dans les groupes armés. Le MAA originel désavoue son secrétaire, Pr Ahmed Ould Sidi Mohamed, qui a signé le protocole sans son accord et exige de lui le lendemain la publication d’une lettre pour rejeter ledit protocole. Même situation à  la CPA qui a débarque quelques jours plus tard son président en la personne de Ibrahim Ag Mohamed Assaleh accusé pour comportement grave contraire à  la ligne de conduite de la CPA. On li reproche d’engager le mouvement de façon unilatéral et trahir la plateforme au profit de la coordination. C’’est sur ces entrefaites qui se sont ouvertes le lundi 15 septembre les négociations directes. Aussitôt commencées, elles seront perturbées par le MNLA et ses alliés qui claquent la porte, quelques minutes après le début, pour protester contre la présence dans la salle de la CM FPR considérés par eux comme un mouvement non belligérant et dont le rôle doit être clarifié. Le lendemain et le mercredi les membres de la coordination sous la houlette du MNLA seront aux abonnés absents. Les négociations se poursuivent en revanche avec la seulement la plateforme sur les quatre groupes thématiques inscrits dans la feuille de route. Ainsi l’on est revenu au schéma de la première phase : au lieu que les groupes armés se présentant ensemble devant le gouvernement malien pour négocier, ils iront finalement en rangs dispersés comme ce fut cas en juillet dernier. La plateforme discutera seule avec le gouvernement en présence de la médiation, idem pour la coordination. l’entente scellée à  Ouagadougou pour parler d’une seule voie vole ainsi en éclats. C’’est finalement le jeudi 18 septembre que les membres de la coordination daignent regagner la table de négociations à  la suite de la plateforme qui observe une pause. Avec la médiation la coordination a réussi à  commencer avec les questions politiques et institutionnelles. En deux jours le MNLA et alliés proposent sans surprise un document qui réclame un Etat fédéral. Ce, en dépit du fait que cette réclamation est contraire à  l’esprit de la feuille de route aux engagements antérieurs dont la feuille de route et du rappel à  l’ordre de la médiation au respect scrupuleux de la feuille de route. De son côté le gouvernement malien a proposé sa formule de décentralisation poussée ou de régionalisation comme alternative à  la crise. Les travaux seront suspendus le mercredi 24 septembre. La reprise étant fixée vers la mi-octobre toujours dans la capitale algérienne. Ce temps est mis à  profit par l’équipe de médiation internationale pour examiner, à  l’une de la feuille de route qui sert de boussole aux négociations, les propositions faites de part et d’autre. La médiation présentera son travail aux parties. l’analyse et l’examen qui vont s’en suivre permettront d’aboutir à  un projet d’accord.

Pourparlers d’Alger : Les négociations directes imminentes

La phase consacrée à  l’audition de la société civile s’est achevée hier après-midi à  la Résidence El Mithak d’Alger. La journée du mercredi 10 septembre 2014 sera consacrée à  la restitution des travaux de 5 jours. Les représentants de la société civile doivent regagner le Mali le jeudi 11 septembre 2014 prochain. Pendant 5 jours, les différentes communautés ont travaillé dans les quatre groupes thématiques que sont le groupe des questions politiques et institutionnelles, le groupe défense et sécurité, le groupe développement économique et culturel et le groupe réconciliation, justice et questions humanitaires. Dans un climat serein et avec un ton respectueux, les sociétés civiles du gouvernement et des groupes armés ont fait part de leurs préoccupations et aspirations devant les représentants du gouvernement du Mali, des groupes armés et de l’équipe de médiation. Les représentants de la société civile de la coordination des groupes politico-armés de l’Azawad qui regroupent le MNLA, le HCUA et le MAA (dissidence) ont articulé leurs interventions autour de l’idée d’une autonomie de l’Azawad, seule alternative, selon eux, permettant d’assurer la paix et le développement de leurs populations. Certains ont demandé purement et simplement une indépendance en proposant la création de deux entités : une entité Mali et autre de l’Azawad avec comme capitale Mopti. Ces propositions ont été faites sur fond d’un véritable réquisitoire contre l’Etat malien considéré comme le seul responsable de tous leurs malheurs. Les représentants de la société civile des groupes signataires de la plateforme d’Alger comprenant la CPA, la CM-FPR et le MAA (originel), ont eu une position moins tranchée. Ils excluent toute idée d’autonomie ou d’indépendance. Cependant il appelle l’Etat à  revoir sa copie dans la gestion réservée aux régions du nord du Mali. En effet ils préconisent une meilleure orientation et un suivi rigoureux des projets de développent ou les investissements destinés aux régions concernées. Sans oublier de mettre les populations locales au C’œur du processus de développement. Pour leur part, les représentants de la société civile du gouvernement ont appelé à  éviter de remuer le couteau dans la plaie en ressassant le passé. Tout en mettant en exergue les efforts et la propension de l’Etat pour la paix, ils ont exhorté les différentes parties à  Âœuvrer dans le sens de la paix, gage de tout développement possible er d’une solution définitive à  la crise. Phase cruciale La prochaine phase sera certainement consacrée aux négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés. En attendant on multiplie, de part et d’autre, les rencontres et consultations pour mieux affiner les stratégies. Pour l’instant certaines sources parlent de la date jeudi 11 septembre ou du vendredi 12 septembre 2014 pour le début de ces négociations directes. Il faut retenir que le Haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien, Modibo Kéita, a rendu dans la nuit du samedi dernier une visite de courtoisie à  l’ensemble de la société à  sa résidence. Après avoir fait observer une minute de silence en mémoire de toutes les victimes de la crise, il a saisi l’occasion pour transmettre aux communautés le message de paix du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita. En retour, celles-ci ont salué la sagesse de sa marche avant de lui promettre leur entière disponibilité à  l’aider dans son travail.

Pourparlers d’Alger : la société civile donne de la voix

Après deux jours d’atermoiements, les pourparlers inclusifs inter-maliens en Alger sont finalement entrés dans le vif du sujet hier jeudi 4 septembre 2014 avec l’entame de la première phase. Consacrée aux préoccupations de la société civile des différentes communautés, cette phase se poursuivra pour le reste de la semaine. Les communautés des groupes armés et du gouvernement malien ont commencé à  travailler dans les quatre groupes thématiques. Ainsi la matinée a été consacrée au premier groupe thématique relatif aux questions politiques et institutionnelles et au troisième groupe thématique relatif au développement économique et social. l’après-midi a vu le passage du deuxième groupe thématique axé autour de la défense et la sécurité et le quatrième groupe lié à  la réconciliation, la justice et questions humanitaires. Cette phase qui donne le ton aux travaux permettra au gouvernement malien, à  l’équipe de la médiation et les groupes armés d’écouter les 54 représentants de la société civile, de recueillir leurs préoccupations et leurs aspirations profondes qui seront prises en charge pendant les négociations. Réquisitoire Les discussions du groupe thématique relatif aux questions politiques et institutionnelles étaient placées hier matin sous la direction de la médiation algérienne en présence des ministres maliens des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, de l’Intérieur, Sada Samaké, de la Décentralisation et de la Politique de la ville, Ousmane Sy. Pendant deux heures d’horloge, la société civile des différentes parties ont, dans un esprit courtois, énoncé les préoccupations et aspirations de leurs communautés respectives. Les représentants de la société civile de la coordination des groupes politico-armés de l’Azawad qui regroupe le MNLA, MAA dissident et le HCUA ont axé leurs interventions autour d’un réquisitoire sévère contre l’Etat malien considéré à  tort ou à  raison comme responsable de tous les maux dont souffre le nord du Mali. Une stratégie toute trouvée pour demander purement et simplement au Mali de laisser les régions du nord s’autogérer ou encore décider de leur destin. Abdel Karim Al Madagha du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), a accusé l’Etat malien de ne pas respecter ses engagements par la violation ou la non-application des accords passés avant de d’indiquer que les communautés du nord aspirent aujourd’hui à  avoir l’indépendance. Pour Medhi Ould Chabani, refugié en Mauritanie une large décentralisation ne saurait être une solution à  la crise du nord, seul un statut particulier des régions du nord constituera, selon lui, la solution au problème. Le représentant de la société civile des signataires de la plateforme d’Alger comprenant la CPA, le CM-FPR et le MAA, Azzaz a, sans renoncer à  l’idée d’accorder des faveurs aux régions du nord, appelé les différentes parties à  faire preuve de sagesse. Car, a-t-il soutenu, seule la paix est la voie du salut. La même idée d’une paix nécessaire pour le développent du pays a été développée par Mme Aziza Mint Mohamed, représentant de la société civile du gouvernement du Mali. « Au moment o๠on vous parle, les populations du nord comme du sud du Mali ont l’oreille tendue avec l’espoir d’entendre un seul mot : la paix, la fin définitive des hostilités. Assez d’égrener les déclarations de principe et sans lendemain. Je n’invente en disant que C’’est dans nos têtes, dans nos esprits que sont nés les conflits et que nous devons créer la paix dans nos têtes, dans nos esprits », a-t-elle déclaré avant que Modibo Sidibé ne remette à  l’équipe de médiation un document qui comporte les propositions et préoccupations de la société civile du gouvernement du Mali.

Alger II: ça démarre difficilement

Depuis l’ouverture le lundi dernier, 1er septembre 2014 à  Alger, les pourparlers inclusifs inter maliens peinent à  entrer dans le vif du sujet. Après les reports du mardi et mercredi, des doutes subsistent toujours quant à  la reprise ce jeudi 4 septembre 2014. Certains sont optimistes pour la reprise des travaux aujourd’hui en raison de la présence de beaucoup d’absents des 2 premiers jours, d’autres tablent sur la semaine prochaine en raison des absences constatées encore dans la nuit d’hier. « On ne peut rien préciser pour le moment, on est obligé pour l’instant de suivre tous les jours pour pouvoir déterminer le programme car il y a toujours des absences. Mais nous espérons le reste des délégations sera à  Alger très tôt ce matin pour reprendre les travaux », a déclaré une source proche du ministère des Affaires étrangères du Mali. Des membres du Mouvement national de libération de l’Azawad(MNLA) n’étaient en effet toujours présents dans la capitale Algérienne dans la journée d’hier. Ce, pour des problèmes, selon les responsables du mouvement, liés à  la disponibilité du transport. Nonobstant la présence dans la matinée du mardi dernier de son secrétaire, le MNLA, qui a boudé un tant soit peu la cérémonie d’ouverture avant de se raviser, souhaite la présence de tous les membres de sa délégation pour participer aux travaux. Le coordinateur de la commission des droits de l’homme du MNLA, Attaye Ag Mohamed, a tenu à  écarter toute idée de manœuvres dilatoires de la part de son mouvement, et espère que ce jeudi 4 septembre 2014, tout le reste de la délégation sera présent grâce à  l’implication active de l’Algérie et de la Minusma. La journée d’hier a été marquée par des rencontres à  huis clos et restreints aussi bien du côté du gouvernement malien, du côté des mouvements armés ainsi du côté de la médiation algérienne et les autres partenaires. Si rien n’a filtré de ses rencontres, tout porte à  croire elles visaient la reprise rapide des travaux après un break de 2 jours.

Pourparlers inclusifs inter-maliens : les 4 vérités d’Ibrahim Ag Mohamed Assaleh

En prélude au démarrage des pourparlers inclusifs inter-maliens qui ont commencé à  Alger, les groupes armés signataires de la feuille de route du 24 juillet 2014 s’étaient réunis à  Ouagadougou pour faire converger leurs positions. Au finish, ils ont laissé toute idée d’autonomie ou d’indépendance tout comme ils ont accepté le caractère laà¯c du pays. Cette réunion de Ouagadougou aura t-elle été un coup d’épée dans l’eau ? Difficile de ne pas poser cette question à  l’issue de la cérémonie d’ouverture des pourparlers lundi 1er septembre 2014 à  El Aurassi hôtel. En effet, la cérémonie a été marquée par le discours musclé d’Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, leader du CPA(Coordination du peuple de l’Azawad) à  l’endroit du Mouvement national de libération de l’Azawad(MNLA).lbrahim Ag Assaleh s’est fait le chantre du « grand Mali » pour ensuite critiquer le MNLA et par ricochet la coordination des mouvements politico-armés de l’Azawad, d’avoir un agenda caché. « Se dire la vérité » « Certains de mes camarades m’ont toujours accusé de parler du grand Mali. Je parle du grand Mali car il y a le grand Irak, le grand Canada, il y a la grande Espagne. Ayons le courage de se dire les choses en face. Ce n’est pas parce que je dis que je me reconnais en tant que Malien qu’on va m’accuser de venir baisser la tête ou essayer d’oublier le combat que J’ai mené toute ma vie et o๠J’ai perdu tout ce que J’ai. », a-t-il martelé. Et de poursuivre : « Ayons le courage de faire la paix des braves, C’’est-à -dire, se dire la vérité en face. Certains parmi nous portent la couverture de défense des droits légitimes des peuples, mais ils ont des agendas cachés. Ils ne vont pas prendre le processus en otage, le Mali en otage et encore moins l’Azawad en otage ». Cette sortie de Ibrahim Ag Assaleh est perçue ici comme le signe d’un manque de vison commune entre la coordination des groupes politico-armés de l’Azawad qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad(MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad(HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad(MAA) et les trois autres groupes accusés par les premiers d’être avec le Mali. Il s’agit de la Coordination du peuple de l’Azawad(CPA), la Coordination des moments et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR) et le MAA dissident. Interrogé sur cette réaction vive du leader de la CPA, notamment le concept de ‘’grand Mali », Ambéry Ag Rhissa a répondu non sans gêne : «je n’ai pas de commentaires à  faire sur les figures de rhétorique que font certains. Ce n’est pas moi qui ai parlé du grand Mali. Il faut demander à  celui qui a parlé du grand Mali d’expliquer le sens, mais pour le moment, je suis d’abord concerné par les problèmes l’Azawad, par la sortie de crise ». Pour des participants aux pourparlers, la sortie d’Ibrahim Ag Assaleh traduit le malaise latent entre les groupes armés et qui risque d’être source de blocage. Ibrahim Ag Mohamed Assaleh n’a pas manqué de critiquer les hommes, y compris lui-même, à  qui il impute la persistance de la crise du nord. Il a été très critique à  l’égard de la gestion réservée par l’ancien régime (celui de ATT) au dossier du septentrion. Les pourparlers devaient entrer mardi 2 septembre 2014 dans le vif des débats avec les groupes thématiques. Finalement la rencontre a été ajournée en raison de l’absence de certains cadres du Mouvement national de libération de l’Azawad. Pour la reprise des travaux, certaines sources parlent de ce mercredi septembre2014. Une hypothèse fort probable car des éléments du MNLA sont arrivés hier dans la matinée à  Alger dont son secrétaire général Bilal Ag Cherif.

C’est parti pour Alger II

C’’est hier, lundi 1er septembre, que la seconde phase des pourparlers inclusifs inter maliens a commencé à  Alger, la capitale algérienne. Ces pourparlers réunissent autour d’une même table l’Etat malien et les groupuscules armés du nord du Mali, et doivent aboutir à  un accord définitif et global qui permettra au Mali de tourner la page de la crise l’ayant fortement ébranlé. Aussi interviennent-ils après la signature le 24 juillet dernier d’une feuille de route entre les parties concernées. A quelques jours de l’ouverture de cette seconde phase des négociations, les groupuscules armés se sont rencontrés à  Ouagadougou, oà¹, dans une déclaration finale datée du 29 août, ils ont uni leur voix pour demander qu’il soit conféré à  ce qu’ils appellent « l’Azawadord Mali », « un statut spécifique conforme à  ses réalités géographiques, économiques, sécuritaires, sociales et culturelles; ». Une demande qu’ils posent en lieu et place des revendications d’autonomie et d’indépendance, lesquelles avaient suscité une poussée de réactions négatives, surtout au sein de l’opinion publique nationale. Tandis que du côté des autorités maliennes, la tendance était plutôt à  la communication, à  la sensibilisation à  destination du peuple. A l’ouverture de ces négociations, hier à  Alger, le ministre malien des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop, a exprimé sa satisfaction de « la nouvelle dynamique imprimée à  l’élan unitaire des mouvements du Nord du Mali à  Ouagadougou. ». « Je vois là , devant moi, certains leaders qui n’étaient pas avec nous à  la phase initiale et qui ont courageusement décidé de nous rejoindre, ici à  Alger, pour sortir notre pays de l’ornière. Je les en félicite chaleureusement. », a dit le ministre. Pour le ministre Abdoulaye Diop, la sécurité et le développement du Mali sont une affaire que les Maliens eux-mêmes doivent prendre en main ; même s’il n’a pas aussi manqué de reconnaitre l’insuffisance des efforts consentis dans ce sens. A cela, selon le ministre, « il n’y a pas que la volonté des autorités qui soit en cause, il y a une responsabilité partagée dans la gouvernance passée qui nous oblige aujourd’hui à  nous nourrir de l’expérience du passé pour construire un avenir radieux. » Cela appelle, à  l’en croire, une réflexion, globale et intégrée, sur la formule institutionnelle favorisant le bien être des communautés, « réflexion sur les politiques institutionnelles actuelles en vue d’en tirer le meilleur dénominateur commun qui préserve l’intérêt suprême de notre Nation » A ses dires, les nouveaux schémas institutionnelles et sécuritaires qui seront issues de ses réflexions seront renforcés par des projets et programmes qui créent de « créent de la richesse et de l’emploi dans les terroirs, stimulent la croissance nationale et permettent un développement économique, social et culturel harmonieux de nos régions et de notre pays. » Il faut relever que l’enthousiasme qui anime le ministre Abdoulaye Diop n’est pas partagé par beaucoup dans l’opinion publique. Voire même dans la presse. Certains commentateurs disent même que ce n’est loin d’être une discussion profonde sur le Nord du Mali, car pour eux il y a un problème de légitimité qui se pose du côté des groupuscules armés. Ainsi pour le journaliste et écrivain Intagrist El Ansari, «ce que je peux dire sur les négociations, c’est qu’on ne peut pas prétendre discuter d’un problème, qui concerne des populations dans leur globalité, en excluant leurs plus légitimes représentants ! Donc pour, moi, de fait, le gouvernement, en excluant les notabilités traditionnelles et anciennes, assimile systématiquement « Tous les Touaregs » aux groupes armés, ce qui est un non sens, puisqu’il (l’état) a toujours mis en avant l’argument selon lequel les rebelles ne représentent pas tous les Touaregs ».

Pourparlers d’Alger : la partie malienne reste confiante

« Nous n’avons pas beaucoup de temps », C’’est l’aveu d’Abdoulaye DIOP, le ministre malien des affaires étrangères, qui dirige la délégation présente à  Alger depuis le 15 juillet afin de trouver un terrain d’entente avec les groupes armés du Nord Mali préposés au dialogue. Si les débuts des pourparlers ont plutôt été tendus, avec un léger désaccord entre ces mêmes groupes armés et sur qui doit négocier, il y a désormais moins de tensions, confie un membre de la délégation présente à  Alger: « Nous sommes tous ensemble ici pour trouver un bon compromis. Il s’agit d’établir rapidement un terrain d’entente, une feuille de route du dialogue, entre les parties, afin d’entamer le deuxième round en vue de parvenir à  un accord de paix définitif et qui sera signé en terre malienne ». «Les enjeux sont cruciaux, et concernent l’avenir du problème du nord et qui n’a que trop duré », estime un autre expert. Si le Mali a toujours réaffirmé les lignes rouges à  ne pas franchir, certains groupes armés tablent désormais sur une autonomie après avoir longtemps rêvé de l’indépendance du territoire qu’ils appellent Azawad. Avec ces éléments, les négociateurs devront trouver un consensus, même si la marge de manœuvre du gouvernement malien s’est vue réduite après la défaite de l’armée à  Kidal en Mai dernier. En outre, au moment o๠se tiennent ces pourparlers, des affrontements ont eu lieu entre factions rivales, notamment le MNLA et le HCUA dans les environs de Bourem, Tabancort et près d’Anéfis dans la journée du samedi 19 juillet. Malgré tout le Mali reste confiant. Si le temps presse, il faudra aux négociateurs, mais aussi aux facilitateurs tout leur art pour concilier les parties et calmer les velléités indépendantistes des groupes armés, en particulier le MNLA, qu’ils aient combattu ou pas sur le terrain. Selon Ramtane Lamamra, ministre algérien des affaires étrangères et dont le pays abrite ces négociations : « la concertation a d’ores et déjà  abouti à  « un accord de principe concernant la méthodologie et les questions à  négocier en priorité » en août prochain. Enfin, si une partie de la société civile malienne n’est pas présente à  Alger, un officiel laisse entendre que la «chose est trop sérieuse » pour donner de la voix à  tous. « Il s’agit ici d’un dialogue politique de haut niveau. Tous n’ont pas la légitimité à  venir s’exprimer à  Alger».

Edito : quand le Sahel parle…

Tout est lié. Le Nord Mali, le Sahel, les groupes armés, la paix qui au final résultera de tout cela. Mais avant d’arriver à  ce graal, il faudra faire des concessions, s’asseoir à  la même table pour trouver des voies d’ententes, faire des concessions, en cantonnant, puis en désarmant, et pour au final, signer une paix des braves. Il faut donc se féliciter de ce début de dialogue lors des rencontres préparatoires qui ont eu lieu la semaine dernière à  Bamako, des pourparlers que beaucoup espèrent complètement inclusifs, condition nécessaire sine qua none pour la suite du processus de paix.  » La solution est, doit être politique », confiait Abdoulaye Bathily, représentant adjoint de Ban Ki Moon, à  la Minusma. Même son cloche parmi la communauté arabe. En la personne de Mahmoud Mohamed El Oumrany, l’un des portes flambeau des communautés du Nord :  » Nous devons trouver des chemins d’entente, c’est la seule façon d’avoir la paix au Mali ». Si en substance, ces ateliers ont montré une volonté des uns et des autres à  dialoguer pour un même but, autour d’un consensus véritable et non plus de façade, des méfiances demeurent, quant à  certains groupuscules qui menacent la cohésion des pourparlers. Malgré tout, les autorités ont donné le ton, tout comme les médiateurs se multiplient pour une seule et même cause. En son temps, ATT, en dépit de l’aggravation de la situation au Nord début 2012, n’avait cessé de prêcher la coopération sous régionale, pour éradiquer le « mal sahélien », ce syndrome des rébellions successives et inattendues, ces sables mouvants, o๠croupissent le terrorisme, les trafics de drogue et autres industries d’enlèvements d’occidentaux. Sans oublier les règlements de compte digne des razzias des temps anciens, le Sahel est devenu cette poudrière qui fait peur à  tout le monde. A Nouakchott, quelques chefs d’Etats des pays du Champ sont réunis, pour réaffirmer leur engagement à  la cause anti-terroriste et tout ce qui en découle comme menace pour la stabilité de la sous région. Ils ont crée le « G5 du Sahel », un cadre de concertation et de coopération sous régionale destiné à  leur permettre de coordonner leurs politiques de développement et de sécurité, notamment de lutte contre le terrorisme dans leur région o๠des groupes armés sont actifs. Mais il faudra plus que la coopération sous régionale, bien plus que des pourparlers inclusifs au Nord Mali, il faudra que nos états développent le renseignement, la surveillance du Sahel et surtout qu’ils préviennent les montées soudaines de violence, comme à  Tamkoutat, siège d’une terrible vendetta il y a peu…

Les réfugiés du camp Mbera demandent le report des législatives

L’OSCA à  travers son bureau de Mbéra en Mauritanie a publié un communiqué ce lundi 7 octobre 2013. Il s’agit pour cette organisation d’abord de montrer son avis favorable par rapport à  la tenue de pourparlers de paix. Je cite : « Nous restons attachés à  ces pourparlers de paix qui doivent se poursuivre, sous l’égide de la communauté internationale, afin de parvenir à  une paix débouchant sur une solution consensuelle et définitive pour le Nord-Mali » précise le communiqué. l’Organisation des Sociétés Civiles de l’Azawad (Osca) représente des réfugiés et des déplacés. Elle salue « la main tendue » du gouvernement malien, ainsi que « le retour », des mouvements armés du nord, pour la poursuite du processus de dialogue entamé à  Ouagadougou en juin dernier. Reporter les législatives à  des dates ultérieures Les législatives sont prévues pour le 24 novembre en ce qui concerne le premier tour et le tour pour le 15 décembre. Toujours selon le communiqué, je cite : « s’agissant de la ténue des élections législatives, annoncées en Novembre, nous appelons les autorités de Bamako à  réviser cet agenda, en le reportant ultérieurement, afin de permettre aux réfugiés et déplacés, au terme d’un accord de paix définitif, de retourner chez eux pour participer à  ces scrutins dans leurs communes d’origines » fin de citation. Et pour conclure, « l’OSCA réaffirme sa volonté, à  proposer des solutions adaptées aux spécificités régionales et locales, de toutes les régions du Mali, dans l’intérêt de toutes les communautés, dans le cadre du dialogue inclusif dans lequel nous sommes partie prenante, pour défendre les intérêts des populations et sociétés civiles, non représentées par les groupes armés » stipule le communiqué.

Côte d’Ivoire: vers des pourparlers directs entre Gbagbo et Ouattara?

Le Premier ministre kenyan Raila Odinga, médiateur de l’Union Africaine, a évoqué lundi la possibilité d’entretiens directs entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara pour tenter de sortir de la crise politique en Côte d’Ivoire. Un porte-parole d’Alassane Ouattara, reconnu comme le président élu de la Côte d’Ivoire par les Nations unies, a toutefois fortement nuancé ces propos. Il a posé comme condition préalable à  tout entretien direct la reconnaissance par Laurent Gbagbo de sa défaite au second tour de la présidentielle le 28 novembre. Raila Odinga a eu des entretiens lundi au palais présidentiel, o๠réside toujours Laurent Gbagbo. « Nous avons des discussions très fructueuses avec le président Gbagbo. Nous avons proposé des entretiens dont nous sommes convenus qu’ils auraient lieu demain », a rapporté le Premier ministre kenyan. « Il y a bien entendu un certain nombre de conditions à  remplir. Nous allons désormais avoir des entretiens avec le président Ouattara et présenter les propositions sur lesquelles nous sommes parvenus à  un accord avec l’autre partie. Si les termes (de cet accord) sont acceptés, alors les rencontres auront lieu demain », a-t-il ajouté. Patrick Achi, porte-parole d’Alassane Ouattara, a répété la condition constamment posée par le président internationalement reconnu de la Côte d’Ivoire: il ne saurait y avoir de pourparlers avec Laurent Gbagbo sans une reconnaissance préalable par ce dernier de sa défaite électorale. « Si nous sommes prêts à  des discussions face à  face, cela signifie que Gbagbo doit avoir dit qu’il est prêt à  se retirer », a dit Patrick Achi. En compagnie de représentants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Raila Odinga a déjà  effectué le 4 janvier une mission de médiation en Côte d’Ivoire, qui n’a débouché sur aucun résultat concret. Les émissaires africains avaient tout de même arraché à  Laurent Gbagbo la promesse d’un allègement du blocus de l’hôtel du Golf à  Abidjan, dans lequel sont retranchés Alassane Ouattara et son gouvernement sous la protection des casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). Ce blocus est pourtant toujours en vigueur. D’après l’Onuci, au moins 247 personnes sont mortes dans des violences post-électorales, notamment lors de raids nocturnes menés dans des quartiers jugés favorables à  Alassane Ouattara. La tension est vive en Côte d’Ivoire entre les partisans de Laurent Gbagbo et l’Onuci, dont le président sortant exige le départ du pays. Des casques bleus ont tiré des coups de feu en l’air ce lundi pour disperser une foule en colère de partisans de Laurent Gbagbo. La police a répliqué de la même manière et cet incident a fait trois blessés, selon des témoins. Alassane Ouattara a été désigné vainqueur de la présidentielle par la commission électorale et félicité par l’Onu et la grande majorité de la communauté internationale. Ce succès a toutefois été annulé par le Conseil constitutionnel, à  la main de Laurent Gbagbo, qui a invalidé des milliers de bulletins de vote dans des secteurs favorables à  Alassane Ouattara en raison de fraudes supposées.

Gbagbo évoque d’éventuels pourparlers de paix en Côte d’Ivoire

Les propos du chef de l’Etat, publiés vendredi dans le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, constituent le premier signe d’une apparente volonté d’engager un dialogue pour mettre fin à  l’impasse institutionnelle. Au lendemain du second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre, la Commission électorale indépendante (CEI) avait déclaré vainqueur Alassane Ouattara. Mais le Conseil constitutionnel, acquis au chef de l’Etat sortant, a aussitôt inversé le résultat et proclamé Laurent Gbagbo vainqueur. Les deux rivaux, qui affirment aujourd’hui être le président de la Côte d’Ivoire, ont depuis nommé chacun un Premier ministre et un gouvernement. Alassane Ouattara, ancien gouverneur de la BCAO et directeur général adjoint du FMI, bénéficie du soutien de la communauté internationale, dont celui des Etats-Unis, de la France, de la Cedeao et de l’Union africaine. Dans les colonnes de Fraternité Matin, Laurent Gbagbo déclare: « On entend souvent les gens dire qu’il y aura la guerre, il y aura une déflagration. Il n’y aura pas de guerre ici. Les affaires tournent et l’on va finir par s’asseoir (ensemble) ». « Asseyons-nous et discutons. S’il y a un problème, on va s’asseoir et discuter », ajoute-t-il. Le camp Ouattara n’était pas disponible dans l’immédiat pour réagir aux propos de Laurent Gbagbo mais par le passé, il s’est dit prêt au dialogue à  condition qu’il cède le pouvoir à  son adversaire. OBAMA PRàŠT à€ RECEVOIR GBAGBO En dépit d’intenses pressions diplomatiques et de menaces d’isolement, Laurent Gbagbo conserve le soutien des chefs de l’armée ivoirienne et des médias officiels, et continue de gouverner à  partir de bâtiments officiels. Alassane Ouattara est, quant à  lui, toujours retranché dans l’hôtel du Golf, au bord de la lagune Ebrié, sous bonne garde des casques bleus de l’Onuci qui ont installé des groupes électrogènes pour parer à  d’éventuelles coupures de courant. Il a invité les agents de l’Etat à  ne pas travailler pour un gouvernement qu’il juge illégal. Vendredi, les tours en verre et en acier abritant les ministères au Plateau, le quartier administratif et des affaires, étaient inhabituellement calmes. « Bon nombre de nos collègues ne sont pas venus travailler aujourd’hui », raconte Roger Zan, un fonctionnaire. « Comme vous le voyez, il n’y a pratiquement pas d’activité dans les couloirs. Les fonctionnaires sont toujours effrayés ». Les livraisons des précieuses fèves de cacao aux ports d’Abidjan et de San Pédro, vers la frontière libérienne, sont en baisse et le patronat ivoirien a menacé de ne plus payer d’impôts jusqu’à  ce que la crise institutionnelle soit réglée. A Londres, les cours du cacao ont baissé vendredi et étaient en recul de 3,67% à  1.917 livres sterling la tonne à  14h00 GMT. Les Nations unies, qui étaient chargées de certifier le résultat de l’élection présidentielle aux termes d’un accord passé en 2007 avec toutes les parties, ont donné l’exemple de la reconnaissance internationale d’Alassane Ouattara. Le président Barack Obama a fait pour sa part un geste en direction de Laurent Gbagbo en lui proposant de le recevoir à  la Maison blanche s’il démissionne. L’intéressé n’a pas répondu. Le Nigeria, poids lourd régional qui exerce la présidence tournante de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, a écarté l’idée, en la jugeant mauvaise, d’un gouvernement d’union nationale en Côte d’Ivoire à  l’image de ce qui s’est passé ces dernières années au Kenya et au Zimbabwe. A l’issue d’un entretien avec son homologue américaine Hillary Clinton, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Henry Odein Ajumogobia, a indiqué que les pays membres de la Cedeao étaient prêts à  soutenir d’autres mesures punitives contre Laurent Gbagbo. « Nous appuierons et la Cedeao appuiera (…) tout régime de sanctions prescrit par la communauté internationale, les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine », a-t-il dit.

Guinée : Les forces vives et la junte en pourparlers à Ouagadougou

Propositions de chaque partie Chaque partie s’est séparément rendue il y a deux semaines, à  Ouaga, exposant ses vues pour la sortie de crise. D’une part, les forces vives ont pour principale requête, le départ du CNDD, censé être remplacé par un gouvernement civil qui dirigerait la Guinée jusqu’à  l’élection de janvier prochain. l’opposition demande également, le départ sans appel de Moussa Dadis Camara et son engagement à  ne pas se présenter à  la prochaine présidentielle. Par ailleurs, les 18 membres de la junte qui avaient effectué le voyage à  Ouaga, ont dans leurs propositions, clairement expliqué que Dadis ne quittera le pouvoir pour rien au monde. La junte propose plutôt, un gouvernement d’ouverture o๠pourrait figurer les forces vives. Dadis crée son parti Le capitaine Dadis ne veut pas lâcher prise. En début de semaine, il a crée son propre partie politique à  Conakry. Manière pour lui de confirmer sa légitimité au sein de la sphère politique guinéenne. Cette action du chef de la junte démontre qu’il ne cèdera jamais le pouvoir comme le souhaite tant ses adversaires. Il affirme contribuer au changement et au développement de son pays, notamment à  travers la lutte contre le narcotrafic. Compaoré sur une pente glissante Blaise Compaoré a une tâche rude. Aucune des deux parties ne veut faire de concession. Il lui sera certe difficile, mais pas impossible d’amener chacun à  accepter un gouvernement de transition. Il a d’abord présenté ses propositions de sortie de crise au président en exercice de la CEDEAO, le nigérian Umaru Yar’Adua. Ce dernier semble d’accord avec ces solutions, puisque Mr Compaoré doit les exposer aux deux parties ce jeudi. En tous les cas, ces propositions feront très certainement des déçus, tant personne ne veut bouger d’un iota. Cependant, il est évident que le médiateur mettra d’abord l’accent sur les axes les plus faciles à  être acceptés par chaque partie. Il s’agit par exemple de la mise en place de la nouvelle autorité de transition. Il est nécessaire pour les deux parties de faire des concessions afin que la Guinée retrouve une sérénité et une stabilité tant souhaitée par la population. Cela signifie pour autant une sortie de crise ?