Secteur privé en mal de soutiens

Le partenariat public-privé (PPP) est un concept nouveau au Mali et la semaine initiée depuis le 2 mai par le ministère des Investissements et de la Promotion du secteur privé a été l’occasion de familiariser les acteurs avec cette notion. Des échanges et autres conférences, il ressort que le Mali peut et doit s’appuyer sur son secteur privé pour accélérer son développement par la création de richesses. Le cadre juridique, règlementaire et institutionnel des PPP dans notre pays est en cours de rédaction et quelques exemples de collaborations public-privé portent à  croire qu’il s’agit d’une réponse adéquate au manque de ressources financières publiques.

Le lancement, le 25 avril, du premier emprunt obligataire de l’ɉtat malien atteste de la tendance au recours à  l’investissement privé pour réaliser des infrastructures socio-économiques de qualité. Cette opportunité risque cependant de ne profiter qu’à  une partie marginale du secteur privé malien, dont l’une des caractéristiques est son côté informel. Selon une enquête réalisée en 2014 par la Banque africaine de développement (BAD), le secteur privé malien contribue à hauteur de 80% au PIB et créée environ 80% des emplois. Considéré comme le moteur de la croissance, il est l’objet des toutes les attentions et a connu des réformes dont l’adoption d’une loi d’orientation du secteur privé.

Mais cette dynamique a été bousculée par la crise de 2012, affectant les opérations commerciales et industrielles. « C’’est surtout un secteur mal accompagné. Il n’y a pas de banque de développement. Les banques sont pour la plupart prédatrices et se comportent comme des caisses de crédit », déplore Assane Sidibé, directeur associé chez Pulsar Global Solutions, une société de vente de produits solaires. Pour Cheik Oumar Soumano, manager général du Club Entrepreneuriat Mali (CEMA), la prédominance de l’informel demeure un problème. Il soutient que l’encadrement des entrepreneurs pour leur permettre, malgré les difficultés, de créer des entreprises viables et pérennes, est la solution pour rendre le secteur privé dynamique. l’ɉtat, qui compte sur les privés, doit aussi les aider à  s’installer et à  prospérer à  travers, par exemple, la révision de la fiscalité en créant un impôt spécifique pour les PME, la promotion de l’esprit d’entreprise au sein des universités, ou la révision des mécanismes de financement des entreprises.

Le SOS du patronat pour le secteur privé malien

Sous les décombres de la crise qui secoue le pays, le secteur industriel malien tente de se relever. Mais faudrait t-il se demander le temps que cela prendra ? C’’est désormais une lapalissade de dire que le secteur industriel malien va mal. Ce moteur, sans lequel l’économie nationale n’aurait de sens, encourt une réelle menace de faillite générale. C’’est du moins ce que laisse entendre le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) qui spécifie que le niveau élevé de destruction de l’outil de production, la crise énergétique récurrente, la paralysie de l’administration publique vont finir par plomber le secteur. La sonnette d’alarme du Patronat malien Le CNPM qui regroupe le secteur secondaire du pays et dont la mission est de défendre les intérêts des entreprises, invite le Gouvernement à  la rescousse. Le président du CNPM, Mamadou Sidibé, ainsi que d’autres responsables de l’organisation patronale ont planché sur un plan de sauvetage d’urgence au cours d’une rencontre avec le ministre du Commerce et de l’Industrie malien Abdel Karim Konaté en début de semaine à  Bamako. Selon un rapport du CNPM, plusieurs facteurs affectent durement les revenus et l’emploi de milliers de personnes: la suspension de l’aide publique au développement, à  l’exception de l’aide humanitaire, de la part de la quasi-totalité des partenaires au développement qui se sont retirés du Mali en suspendant les financements pour plus de 6 milliards francs CFA soit 915.000 euros— ; l’arrêt de nombreux projets d’investissement ; la diminution des ressources intérieures et la réduction des allocations budgétaires, y compris dans les secteurs sociaux de base ; la fermeture de nombreuses unités économiques, particulièrement dans le domaine de l’hôtellerie et du tourisme. Au cours de la rencontre, le ministre Abdoul Karim Konaté, a reconnu que la crise qui s’est accompagnée par la suspension des appuis des Partenaires Techniques et Financiers (PTF), a eu des répercussions négatives sur le bon fonctionnement de l’Etat comme l’atteste la réduction drastique des ressources du budget national 2012 de plus 312 milliards de francs CFA (un peu moins de 50 millions d’euros). Cependant, les patrons des entreprises maliennes ne veulent pas demeurer en reste de l’élan de résolution de la crise politico sécuritaire que traverse. « Nous réitérons notre volonté de contribuer sur les plans financier, technique, social et humanitaire dans l’effort de guerre pour la libération des régions du nord occupée », indique un chef d’entreprise. Toutefois, ils plaident pour une garantie de la sécurité du personnel des entreprises des unités de production et points de vente, afin de permettre une continuité de la production et des services.

Le Mali et l’Afrique du Sud se donnent la main

l’agence pour la promotion des investissements (API-Mali), l’ambassade de l’Afrique du sud au Mali et le ministère de l’industrie, des investissements et du commerce, ont conjointement initié cette rencontre. l’API explique que « la mise en place d’un environnement propice à  l’émergence et au développement du secteur privé, à  travers l’accroissement des investissements du secteur privé, constitue des axes d’intervention prioritaire du projet de développement économique et social (PDES). » Il est le cadre unique de référence des politiques stratégiques de développement du Mali. Cette volonté se matérialise ainsi, par l’organisation d’une rencontre d’affaires entre les acteurs sud africains et maliens. Cela en vue de promouvoir les relations de partenariat entre les deux pays. Développer la coopération sud-sud La délégation d’entreprises sud-africaines est conduite par le directeur de la branche africaine du fonds d’investissement (Industrial Development Corporation-IDC), Mr Thokoane Tsolo. Elle est composée d’opérateurs de divers secteurs tels que l’énergie, les mines, l’agro-industrie, et le financement de projets. Cette rencontre vise à  mettre en relation, les acteurs des secteurs privés malien et sud africain, afin de développer les relations de coopération entre les opérateurs des deux pays. Par ailleurs, la rencontre offrira l’opportunité aux maliens, de s’entretenir directement pendant des séances de mise en relation (B to B). Mansour Haidara, directeur de l’agence pour la promotion des investissements indique que « l’agence a emboité le pas aux initiatives privées menées ça et là  par des opérateurs économiques maliens, en identifiant la république d’Afrique du sud comme destination privilégiée pour la recherche de partenariats crédibles. Partenariats pouvant intervenir dans les secteurs dont la promotion est prioritaire pour le Mali. » Mansour Haidara rappelle que l’Afrique du sud vient d’adhérer au club des pays émergeants les plus performants économiquement. Ces pays désignés sous l’acronyme BRIC, ont une forte croissance et un poids dans l’économie mondiale. Ce sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Cette accession à  ce cercle très restreint est selon le Mr Haidara, la preuve du dynamisme économique sud africain. Il précise par ailleurs que l’objectif de cette rencontre est de permettre au secteur privé de nos pays, de faire de faire ce qu’il fait de mieux, c’est-à -dire des affaires. Le chef de cabinet du ministère de l’industrie, des investissements et du commerce, Youssouf Maiga explique que depuis 2002, le gouvernement de la république du Mali s’attèle à  faire du secteur privé, le vecteur de la croissance économique. Le ministère a travaillé sans relâche à  l’amélioration continue de la mise en œuvre d’un climat des affaires. Ceci, à  travers des réformes structurelles, législatives, réglementaires et courageuses dont, certaines ont permis à  notre pays de faire face à  la crise économique et financière de 2008, comme nous le précise Mr Maiga. Il indique qu’ « il est reconnu au plan international, que notre pays a consenti des efforts considérables pour améliorer son attractivité pour les investisseurs nationaux et étrangers». Le directeur de la branche Afrique de IDC, Thokoane Tsolo explique avoir pris des dispositions pour rencontrer des opérateurs ayant des projets. Il espère qu’à  l’issue de cette rencontre, des propositions fructueuses entre les investisseurs et opérateurs économiques maliens et sud africains. Pour sa part, l’ambassadeur de la république sud africaine au Mali, Mr Rantobeng William Mokou estime important de lutter contre la fuite des cerveaux, l’immigration et l’incessant exode des jeunes maliens vers l’occident. Il suggère donc, la création d’emplois qui permettront de lutter efficacement contre la pauvreté. « Notre intention, C’’est de réaliser les objectifs du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. Nous devons travailler dur pour contribuer au développement économique et renforcer la coopération sud-sud» a-t-il déclaré avant de conclure que « nous avons besoin de nous donner la main pour nous assurer un développement économique serein. » Précisons que l’Afrique du sud a réalisé un investissement d’environ 628 millions de francs CFA au Mali.

Médaille en or d’ATT : Elle ira au musée

Une initiative controversée Elle aura fait parler d’elle cette médaille ! Depuis plusieurs semaines, la presse nationale a fait choux gras de cette initiative des présidents de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali et de l’Assemblée Permanente des Chambres des Métiers du mali. Respectivement Jeamille Bittar, Bakary Togola et Mamadou Minkoro Traoré. Dans une conférence de presse organise la semaine dernière, les trois personnalités avaient expliqué vouloir marquer d’une pierre blanche l’engagement du chef de l’Etat aux côtés du secteur privé. Nombreux sont ceux qui se demandaient si ATT irait chercher cette distinction composée d’un trophée et d’une médaille, le tout fabriqué par des artisans locaux avec un kilo d’or. Eh bien, C’’est devant un stade Omnisports Modibo Kéita rempli comme un œuf qu’ATT a reçu son présent. C’’est après un spectacle haut en couleurs que la cérémonie de remise a eu lieu. Les organisateurs n’ont pas lésiné sur les moyens. Des grandes stars de la musique et un défilé de toutes les structures membres de l’union ont égayé les 40 000 spectateurs présents au nombre desquels la Première Dame, le Premier Ministre, les présidents des institutions, les représentants du corps diplomatique, plusieurs membres du gouvernement et de nombreuses autres personnalités. [Un présent transmis à  la postérité] Tout au long de la cérémonie, les initiateurs de la « médaille du cinquantenaire » ont tous abondé dans le même sens : « ATT merci de faire le secteur privé un secteur de développement, un secteur pourvoyeur d’emploi. Vous méritez cette médaille pour avoir fait du secteur privé, la clé du développement ». Pour Bakary Togola, qui s’est exprimé en langue bamanan, cette distinction a pour but de récompenser l’homme pour ses immenses efforts à  l’endroit du monde paysan. « ATT, vous ne devez rien au peuple malien, mais C’’est le peuple malien qui vous doit » a-t-il déclaré. Pour Mamadou Minkoro Traoré, ATT a fait la promotion de l’artisanat, en faisant un secteur pourvoyeurs d’emploi et générateur de revenus. Les preuves en sont la création du ministère de l’artisanat et du tourisme et la construction de maison des artisans à  Ségou etC’… Quant à  Jeamille Bittar, il estime que l’arrivée d’ATT au pouvoir a été positive pour le secteur économique dans tous les sens, des industries en passant par les services, les transports jusqu’au commerce. « Cette médaille vous appartient, nous ne cesserons jamais à  témoigner vos engagements dans le développement du secteur privé ». Puis C’’est un ATT visiblement ému, accompagné de son épouse Lobbo Traoré qui est monté sur l’estrade. Il a reçu des mains de Jeamille Bittar Bakary Togola et Minkoro Traoré un trophée représentant le Mali et une médaille. Le récipiendaire a dédié son trophée aux enfants, ses « amis les tout-petits » qui sont la relève et qui doivent perpétuer les acquis du présent. Il a annoncé que cette distinction irait dès ce lundi au musée national du Mali pour qu’elle puisse y être vue et servir de repère aux générations à  venir. Afin qu’elles veuillent surpasser leurs pères au service du Mali.

Syatels et Prestige Motors, fruits de l’ambition d’un homme

Devenir son propre patron pour ne pas finir entre quatre murs Qui ne risque rien n’a jamais rien. Cette maxime s’applique bien au PDG de de « Syatels » et de « Prestige Motors ». Tahirou sy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a une formation d’ingénieur électromécanicien. Une fois ses études terminées, iI atterrit à  l’Industrie malienne du cycle (IMACY) en 1985 comme directeur technique et chef de fabrication. Une époque o๠la fonction publique ne recrutait plus au Mali. Mais il n’y restera pas longtemps. Ainsi, dit-il, « le jour o๠on m’a emmené dans mon bureau, l’image que J’ai eu, et qui m’est restée est très évocatrice. En fait, je n’ai vu que quatre murs. Du coup, je pensais que J’allais passer toute ma vie entre ces quatre murs. J’ai aussitôt pensé qu’il me fallait en partir le plus tôt possible». Quelques années plus tard, M Sy pu concrétiser son idée de projet après les douloureux évènements de mars 1991 qui ont vu l’entreprise IMACY brûler comme feu de paille. Après avoir bénéficié d’un financement, il a pu présenter sa démission au niveau de l’usine (alors même que celle-ci devait redémarrer), pour s’installer à  son propre compte. « Mais cela ne m’a pas empêché de contribuer à  la reconstruction de mon ancienne usine », précise-t-il cependant. Le rêve devient réalité l’idée se résumait à  la réalisation d’un atelier de carrosserie moderne, car, selon M Sy, à  l’époque, la plupart des maliens qui possédaient de belles voitures partaient à  l’extérieur pour reprendre la peinture. La création d’une cabine de peinture venait donc répondre à  un besoin existant. Ce fut donc le premier pas dans l’ascension du nouveau chef d’entreprises. Puis advint la création de son usine de peinture dénommée « Syatels ». Tahirou SY indique qu’au départ, son idée n’était pas de faire une usine de peinture, puisque les moyens manquaient pour un projet aussi ambitieux. C’’est grâce à  certaines structures de financements de l’époque, qui appuyaient les jeunes porteurs de projets, qu’il bénéficia de l’appui nécessaire pour lancer « Syatels ». Une marque de peinture très prisée des maliens. Quant à  « Prestige Motors », qu’il manage également, Tahirou Sy dit qu’il a eu de la chance. Une opportunité qui s’est offerte à  lui et qu’il a su saisir. « Prestige Motors » représente aujourd’hui de prestigieuses marques d’automobiles : BMW, Land Rover, et Ford. Il faut appuyer les initiatives privées Pour l’homme d’affaires, l’Etat doit absolument miser sur le secteur privé pour développer le pays. « Il faut que les pouvoirs publics investissent à  fonds perdus dans le secteur privé. Tout comme la détection de talents dans le sport, il faut qu’ils prennent un risque vis-à -vis de l’émergence de talents dans l’entreprenariat » plaide-t-il. Tahirou Sy en sa qualité de vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) déplore que le Mali n’ait pas de politique économique autonome. « Nos économies sont dictées par les partenaires techniques et financiers. La solution à  nos maux résidera dans la levée de cette contrainte. Nos cadres n’ont pas ce réflexe de développer des argumentaires à  même de rendre la politique économique endogène. N’ayant aucun vécu sur le plan du privé, ils craignent de s’aventurer dans des matières dont ils n’ont aucune connaissances ». C’’est pourquoi Tahirou SY souhaite vivement que les pouvoirs publics maliens se ressaisissent pour enfin user d’un leadership fort. « Cela est impératif pour sortir des chantiers battus ». Il déplore en outre le fait que les quelques initiatives positives qui sont prises n’impliquent pas les instances dirigeantes du secteur privé comme La Chambre de Commerce et d’Industries du mali et le Conseil National du Patronat du Mali. Par exemple, la relecture du Code des investissements a eu lieu sans l’aval du secteur privé. Ce qui porte plutôt préjudice aux entreprises de notre pays. « Nous sommes un pays continental. Nous ne pouvons pas uniformiser notre Code avec celui de certains pays qui jouissent pourtant d’avantages naturels » explique-t-il.

Patronat du Mali : Quelles perspectives pour le secteur privé ouest-africain ?

En prélude à  la cérémonie d’inauguration de ses nouveaux locaux, le CNPM a abrité l’ouverture d’un Forum portant sur le thème :«Quelles stratégies et perspectives de développement du secteur privé en Afrique de l’ouest, cinquante ans après les indépendances ? ». C’’était sous la présidence du ministre de l’industrie, Amadou Abdoulaye Diallo, du président du CNPM, Moussa Balla Coulibaly, du directeur exécutif régional pour l’Afrique de l’Organisation internationale du travail, Charles Dan. A quoi ressemble le secteur privé malien 50 ans après les indépendances ? Quelles perspectives pour le secteur privé ouest africain ? Voilà  entre autres questions auxquelles le présent thème a tenté de répondre. Pour Frédéric Muia, conseiller principal pour l’Organisation internationale des employeurs (OIE), l’Afrique a besoin d’un secteur privé dynamique pour réaliser son décollage économique. Le rôle du gouvernement malien, pour lui, est de garantir un cadre macroéconomique approprié et combattre l’insécurité et fournir les infrastructures adéquates. «Â Personne ne réussira seul ». C’’est en ces termes que le directeur régional de l’OIT pour lAfrique, Charles Dan a commencé ses propos. Pour lui, le succès reposera sur la coopération, l’intégration régionale tout en privilégiant la communication, le partenariat public privé, comme base d’identification des secteurs porteurs et des grappes de croissance , des mécanismes d’incitation à  l’investissement, des programmes de mise aà  niveau des entreprises… » Au Mali, comme dans la plupart des pays africains, l’économie est caractérisée par la prédominance du secteur informel . Ainsi , sur les vingt mille (20000)entreprises que compte le pays 18.000( soit 90%) relèvent de l’informel. Il occupe la quasi totalité du secteur primaire, plus de 70% du secteur tertiaire et environ 25% du secteur secondaire . Ainsi, le secteur informel (y compris le secteur agricole) occupe au moins 98% de la population active du pays. Lenombre d’entreprises ayant la personnalité morale se situe donc autour de 2.000, soit le dixième des entreprises que compte le pays. La grand majorité de ces entreprises sont de taille. Plus de deux tiers (2/3)des entreprises enregistrées et actives sont des personnes physiques pour la plupart des commerçants. Sur les centre (100) plus grandes entreprises du pays, près de la moitié d’entre elles utilisent de (100) employés et seulement le ¼ d’entre elle ont un chiffre d’ affaires annuel de plus de quart ( 10) milliards de FCFA. Presque les tiers (2/3) de ces 100 plus grandes entreprises sont dans le tertiaire (commerce , distributeurs et autres services ), un peu moins de 20% dans l’industrie et les mines , un peu plus de 10% dans les BTP. Dans ces conditions, dira Charles Dan, il est difficile d’atteindre un niveau de croissance économique capable de créer des emplois durables qui amélioreront les conditions de vie de nos populations. «Â C’’est pourquoi, il faut des actions majeures à  mener à  l’horizon 2010, afin de lever les contraintes fondamentales et mettre en place les conditions favorables au développement du secteur privé formel. Créer les conditions au développement du secteur privé Ouest-Africain Charles Dan dira que le Forum est à  la fois un exercice d’introspection et de prospective. Ainsi, il déterminera les conditions cadres au développement d’entreprise durables et proposera des axes d’interventions pertinents. «Â Dans un contexte de mondialisation de la production et des échanges exacerbé par la grande crise financière et économique, et dont les plus faibles pays, entreprises, travailleurs ,familles, paient encore aujourd’hui les pots cassés, l’ Afrique doit redessiner les exigences de compétitivité et d’ équité de nos sociétés ». Selon le ministre Amadou Abdoulaye Traoré, le Mali doit comprendre les nouveaux équilibres économiques et géostratégiques mondiaux et leur influence sur les stratégies de développement des entreprises. Pour sa part le gouvernement du Mali a adopté la Stratégie de croissance Accélérée (SCA) , et un Plan d’action pour l’amélioration du climat des affaires (Doing business)et de la politique Nationale de développement Industriel (PNDI), afin de lever les contraintes liées à  la promotion du secteur privé

Promotion du secteur privé au Mali : le patronat logé dans du neuf

Désormais, C’’est dans un immeuble haut standing que sera logé le Conseil national du patronat du Mali. Inauguré hier en présence du chef de l’état Amadou Toumani Touré et de nombreuses personnalités, l’ouvrage répond aux principes de modernité. Doté d’une infrastructure très lisible frappée de figures architecturales très symbolique, C’’est la fin d’une longue transhumance pour le CNPM. Dans un long discours emprunt d’émotion, le président du CNPM n’a pas fait l’économie des nombreux défis qui attendent sa structure.Toutefois, a-t-il signalé, le tissu industriel du Mali reste faible, quand bien même, le développement des petites et moyennes entreprises (PME) s’impose. Parlant d’outils et de dispositifs adéquats pour l’essor du secteur privé malien, Moussa Balla Coulibaly a indiqué que sa structure fonctionnerait mieux si elle était dotée d’un Fonds national d’investissement et d’un Fonds de garantie. Pour le directeur exécutif régional pour l’Afrique de l’Organisation internationale du travail (BIT), Charles Dan, cette nouvelle infrastructure est «Â un symbole politique, un acte de rassemblement économique, un gage d’enracinement social, une invitation à  l’intégration régionale ». Rappelons que ce nouvel immeuble, R+4, du CNPM est composé d’une salle de conférence de 150 places, une salle d’informatique polyvalente, des Bureaux spacieux et bien équipés, de bureau spacieux et bien équipé. A la fin de la cérémonie le président de la République a procédé à  la coupure du ruban symbolique, ensuite une visite guidée des locaux a suivi.

Education: les enseignants du privé mécontents

Une floraison d’écoles privées Depuis l’adoption de la loi n° 94-032 portant statut de l’enseignement privé au Mali par l’Assemblée Nationale le 12 mai 1994, on a assisté à  la création d’une multitude d’écoles privées dans tous les ordres d’enseignement. Mais beaucoup ont fermé leur orte à  l’époque. Seuls les établissements qui répondaient aux normes prescrites par la loi ont pu continuer. Ce qui revient à  dire que le secteur de l’enseignement privé évolue aujourd’hui dans le formel et bénéficie de plus en plus des crédits auprès de l’Etat comme en témoigne le nombre d’élèves étatiques orientés vers le privé. Fort de cet important service rendu par les établissements secondaires et techniques, l’Etat leur reverse en contrepartie de la formation qu’ils apportent aux élèves un certain nombre de frais scolaires selon les filières de formation. l’Etat s’était bien exécuté de ses engagements envers les promoteurs privés jusqu’en 1995. En effet, pour l’année scolaire 1995-1996, face aux contraintes budgétaires, les promoteurs privés ont été démarchés par le gouvernement en vue de trouver un compromis autour des fonds alloués aux établissements privés. C’’est ainsi que des taux déterminés en fonction des filières de formation par élève, sont de l’ordre de 70.000 FCFA pour l’Enseignement Secondaire général, 80.000 FCFA pour le CAP tertiaire, 100.000F pour le CAP industrie contre 100.000 F pour le BT tertiaire, 125.000 FCFA pour le BT agro-pastoral ; 125.000 FCFA pour le BT industrie et 125.000 FCFA pour le Bac Technique. La journée des Enseignants Le Syndicat national de l’Education et de la culture (SNEC) a célébré, le lundi 5 ocotbre la journée mondiale des enseignants. C’’était une occasion pour le syndicat de faire un bilan de la situation actuelle de l’école malienne. Le SNEC à  sa tête Tibou Telly comme Secrétaire Général célébrait cette année la 43è édition de la journée mondiale des enseignants. cette journée prend ses racines dans la déclaration du 5 octobre 1966 à  partir de laquelle l’UNESCO et l’OIT ont convenu d’adopter à  l’intention des Etats parties, une convention sur la profession enseignante. l’internationale de l’éducation dont est membre le SNEC, est la plus grande organisation internationale sur l’éducation au monde. l’UNESCO a été par cette organisation pour que la journée du 5 octobre soit instituée comme journée mondiale sur l’éducation. Prise en charge des enseignants Mais il faut reconnaà®tre que l’un des débats qui opposent le syndicat et l’Etat malien, est la prise en charge de cette journée par les autorités nationales. C’’est-à -dire que cette journée mondiale soit chômée et fériée sur toute l’étendue du territoire du Mali. Dans son bilan, le Secrétaire général du SNEC suppose que le forum sur l’éducation nationale semble être un coup d‘épée dans l’eau. « Nous n’avons aucune lisibilité ni aucune visibilité dans la mise en œuvre des recommandations du Forum sur l’éducation. l’école est toujours en panne…nLes pouvoirs publics sont limités. Le gouvernement n’a fait que quelques timides efforts par rapport aux revendications des enseignants qui continuent par tirer sérieusement le diable par la queue ». Intégration des contractuels En effet, le syndicat a toujours sur la table des autorités des revendications par rapport à  l’intégration des contractuels dans la Fonction publique d’Etat, l’indemnité de logement, la majoration de la prime d’enseignant, l’octroi de la prime de risque pour le personnel administratif.