Agriculture : le Mali reçoit 1 000 tonnes d’engrais DAP du Maroc

Le Maroc a remis au Mali 1 000 tonnes de phosphate diammonique, plus connu sous le sigle DAP, destinées à soutenir la production agricole et la sécurité alimentaire. La cérémonie officielle s’est tenue mercredi 2 septembre à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM), en présence de responsables maliens et de l’ambassadeur du Maroc au Mali.

Ce don intervient dans un contexte de renforcement des relations entre Bamako et Rabat. Cette coopération a notamment été relancée lors de la quatrième Grande Commission mixte Mali-Maroc, tenue du 21 au 24 juillet 2026, au terme de laquelle les deux pays ont signé 21 accords dans plusieurs domaines économiques, sociaux et logistiques.
Sur le plan agricole, l’appui marocain survient alors que les besoins du Mali en fertilisants restent considérables. Selon le ministre de l’Agriculture, Ibrahima Samaké, ils sont estimés à 600 000 tonnes, tous types d’engrais confondus. Les 1 000 tonnes offertes représentent ainsi une part limitée des besoins nationaux, mais doivent être orientées vers des filières ciblées. Selon les estimations de l’Organisation internationale du travail publiées par la Banque mondiale, l’agriculture représentait environ 63 % de l’emploi total au Mali en 2025.
Le don est effectué par OCP Africa, filiale du groupe marocain OCP, dans le prolongement du protocole d’accord signé en octobre 2024 avec le ministère malien de l’Agriculture. Soutenu par la Banque mondiale, ce partenariat porte sur le développement d’une agriculture durable et l’amélioration de la fertilité des sols.
S’exprimant au nom du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, son représentant a salué un « geste de solidarité et d’amitié » du Maroc. Il a inscrit cette initiative dans la volonté des deux pays de donner une nouvelle impulsion à leur coopération.
Il a également rappelé les différentes missions marocaines effectuées au Mali dans des secteurs considérés comme prioritaires, notamment la santé, l’agriculture, l’énergie et l’eau.
Un appui ciblé à la riziculture
Pour l’ambassadeur du Maroc au Mali, ce don traduit l’engagement de son pays à accompagner le Mali dans ses efforts pour renforcer la sécurité alimentaire et développer une agriculture durable.
« L’accès aux fertilisants constitue un levier important », a déclaré le diplomate, rappelant leur contribution à l’amélioration des rendements et à l’entretien de la fertilité des sols.
L’ambassadeur a également évoqué plusieurs difficultés communes aux deux pays, parmi lesquelles les effets du changement climatique, la raréfaction de l’eau, la dégradation des sols et la nécessité d’accroître la productivité agricole.
Au-delà de la fourniture d’engrais, la coopération engagée couvre l’analyse de la fertilité des terres, la formation des producteurs et l’amélioration de leur accès aux intrants, au financement et aux marchés. Elle prévoit aussi le développement de formules de fertilisation adaptées aux sols et aux cultures.
De son côté, le ministre malien de l’Agriculture a rappelé le rôle des intrants dans le déroulement de la campagne agricole et dans l’amélioration des rendements.
« Le Mali est un pays agricole. L’essentiel de la population est dans le secteur agricole. Et l’agriculture, aujourd’hui, dépend des intrants », a déclaré Ibrahima Samaké, avant de rappeler l’estimation de 600 000 tonnes de fertilisants nécessaires au pays.
Le ministre a toutefois insisté sur la gestion rigoureuse du don. Les différentes interprofessions agricoles doivent en bénéficier, avec une priorité accordée à la filière riz. Le DAP, qui apporte principalement du phosphore et de l’azote, est utilisé comme engrais de fond pour plusieurs cultures, dont le riz. Selon le ministre, une grande partie du stock sera dirigée vers les principaux bassins rizicoles, notamment le delta intérieur du Niger et l’Office du Niger.
Les autorités maliennes souhaitent également étendre la coopération avec le Maroc à la production et à la certification des semences, aux amendements des sols, à la mécanisation, à l’irrigation, à la transformation agroalimentaire et à la valorisation des chaînes de production. La formation des producteurs et le transfert de technologies figurent aussi parmi les domaines évoqués.
La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre-commissaire à la Sécurité alimentaire et du directeur général de l’Office des produits agricoles du Mali.
Joseph Amara Dembélé

Lutte contre l’insécurité alimentaire : le PAM et Royaume d’Espagne soutiennent le Mali

Le gouvernement du Mali, à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), a organisé, ce 30 octobre 2024, une cérémonie de remerciement en l’honneur du royaume d’Espagne, qui a remis une aide destinée à assister les personnes en situation d’insécurité alimentaire.

Selon le PAM, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire atteint 1,4 million. Ce chiffre impressionnant démontre l’ampleur de la tâche à accomplir pour venir en aide à ces personnes très vulnérables. Pour répondre à leurs besoins pendant les six prochains mois, le PAM doit mobiliser près de 98 millions de dollars.
L’aide de l’Espagne, d’un montant de 3 millions d’euros (soit 1 967 871 000 FCFA), permettra d’offrir une assistance à 60 000 personnes. Un montant de 2,9 millions d’euros est prévu pour l’assistance alimentaire, tant pour les programmes d’urgence que pour les programmes de résilience, tandis que 100 000 euros seront destinés au service aérien en faveur de la communauté humanitaire, UNHAS. Cette aide du royaume d’Espagne s’inscrit dans le cadre du plan national de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Elle permettra d’appuyer des activités telles que la distribution de vivres, la supplémentation nutritionnelle, la prévention de la malnutrition aiguë, le renforcement du système d’alerte précoce et la promotion de pratiques agricoles durables. La majeure partie de cette aide permettra au PAM de soutenir chaque année, durant la période de soudure, plus de 40 000 personnes les plus touchées par les conflits et l’insécurité alimentaire dans les régions de Kayes, Ségou, Mopti, Tombouctou, Ménaka, Gao, Kidal et une partie de la région de Sikasso, a soutenu le ministre Commissaire à la sécurité alimentaire.
Fatoumata Maguiraga

Insécurité alimentaire : le Japon apporte son appui

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a procédé au lancement de 2 projets en faveur de la sécurité alimentaire au Mali, ce 2 juillet 2024. Ce nouveau partenariat entre le Programme alimentaire mondial et le Japon vise à soutenir les efforts du gouvernement malien à travers le commissariat à la sécurité alimentaire. L’appui d’un montant de plus de 2,5 milliards FCFA est constitué de dons non remboursables de la coopération économique entre le Mali et le Japon.
Les projets financés permettront de venir en aide à plus de 100 000 personnes dont environ 31 000 déplacées et apporter une assistance alimentaire et nutritionnelle à environ 74 000 personnes dans 7 régions ainsi qu’aux comités d’accueil. Le soutien contribue également à la mise sur le marché du riz à un prix concessionnel, permettant au commissariat à la sécurité alimentaire de faire face à ses engagements pour endiguer l’insécurité alimentaire. Les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou, Tombouctou, Gao et Ménaka seront couvertes par les dits projets.
Solutions à long terme
L’aide permettra aussi au PAM d’appuyer notamment par des bons d’achat, les personnes vulnérables, particulièrement durant la période actuelle qui constitue jusqu’au mois d’août la période de soudure qui contribue à accroître la vulnérabilité des personnes vivant majoritairement de l’agriculture. L’activité, source de revenus de la majorité de la population est touchée par les chocs climatiques et la crise. En outre, les déplacements de population occasionnés par les crises accentuent les besoins et la fragilité de ces personnes. Pour lutter contre cette insécurité alimentaire et permettre aux personnes les plus vulnérables de surmonter ces difficultés, le PAM préconise des solutions durables. Une agriculture résiliente, des techniques innovantes et un accès au marché pour garantir des revenus substantiels aux producteurs. Pour le Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET), 1,5 à 2 millions de personnes auront besoin d’une assistance alimentaire d’urgence de juin à août 2024. Malgré une baisse prévue du nombre de personnes dans le besoin, le nombre restera élevé dans les zones du Nord, notamment dans les ménages très pauvres. Des ménages affectés par la hausse des prix des denrées alimentaires et la baisse globale de leurs revenus.