Étiquette : Ségou
Ségou : saisie de 178 briques de cannabis par la Douane
La Section Recherches et Interventions (SRI) des Douanes maliennes à Ségou a saisi, le lundi 8 septembre, 178 briques de cannabis soigneusement dissimulées sous des bidons d’huile à bord d’un camion en provenance de Koutiala.
L’opération, menée en pleine journée, a permis de déjouer une tentative de contrebande sophistiquée. Le camouflage sous des bidons d’huile illustre la ruse grandissante des trafiquants qui cherchent à tromper la vigilance des contrôles douaniers.
Cette saisie intervient alors que le Mali est devenu un point clé du trafic régional de drogue. Entre juin 2024 et juin 2025, plus de 127 tonnes de drogues ont été saisies par les forces maliennes, parmi lesquelles une part importante de cannabis, principalement sur les routes stratégiques reliant les régions du sud. Avec plus de 262 interpellations au premier semestre 2025, les opérations de lutte contre le narcotrafic s’intensifient dans tout le pays.
Le trafic de cannabis cible particulièrement la jeunesse malienne, provoquant des problèmes de santé publique et fragilisant le tissu social. Le Directeur Général des Douanes a salué cette opération, rappelant que les services restent vigilants sur tous les fronts — routes, frontières, fleuves — pour protéger l’économie nationale.
Toutefois, la sophistication croissante des réseaux de trafiquants pose un défi majeur aux autorités maliennes, qui doivent renforcer leurs moyens humains et techniques pour faire face à ce fléau. La lutte contre le narcotrafic est également compliquée par l’implication de groupes armés non étatiques, qui tirent profit de l’insécurité pour faciliter leurs activités illégales.
Les autorités maliennes réaffirment leur engagement à combattre ces réseaux, en collaboration avec les partenaires internationaux, afin de préserver la stabilité et la sécurité du pays.
Ségou: le maire de Dogofry, Modibo Kimbiri, assassiné sur l’axe Diabaly–Dogofry
Mopti : le général Daouda Dembélé prend officiellement les commandes d’une région sous tension
La cérémonie d’installation du nouveau gouverneur de la région de Mopti s’est tenue le jeudi 12 juin 2025 dans un climat solennel mais chargé d’attentes. Le général de brigade Daouda Dembélé, officier supérieur de l’Armée de l’Air, a prêté serment dans une région marquée à la fois par les défis sécuritaires, le ralentissement économique et les espoirs d’un renouveau administratif.
Originaire de San, âgé de 53 ans, le général Dembélé n’est pas un inconnu pour les habitants du centre du Mali. Militaire chevronné, il a occupé plusieurs postes de commandement dans la région avant de prendre la tête de l’état-major de l’Armée de l’Air. Nommé gouverneur le 21 mai 2025 par décret présidentiel, il était jusque-là PDG des Aéroports du Mali. Sa carrière mêle rigueur stratégique, expérience du terrain et connaissance fine des dynamiques régionales. Ce profil singulier suscite aujourd’hui de nombreux espoirs parmi les acteurs locaux.
Dans son allocution après avoir prêté serment, le général Dembélé a évoqué avec gravité les enjeux de sa mission, plaçant la sécurité, la cohésion sociale et la relance économique au cœur de ses priorités. La région de Mopti, longtemps considérée comme un carrefour culturel et agricole, fait face depuis plusieurs années à une situation sécuritaire instable, marquée par les incursions de groupes armés, la fermeture d’écoles, la fragilité des routes et la détresse de certaines populations déplacées.
Le choix d’un militaire pour gouverner cette région n’est pas anodin. À Bamako comme à Sévaré, beaucoup y voient un signal fort. La présence d’un officier supérieur à la tête de l’administration régionale est perçue comme un moyen de restaurer l’autorité de l’État dans les zones les plus exposées. Elle cristallise aussi une volonté de coordination accrue entre les forces armées et les services déconcentrés de l’État.
Dans les rues de Mopti, les avis oscillent entre prudente confiance et attentes fermes. Certains habitants espèrent que l’arrivée du général marquera un tournant dans la gestion quotidienne des dossiers urgents, notamment la sécurisation des axes, le retour des services sociaux de base et la stabilisation des activités économiques, aujourd’hui fragilisées par l’insécurité.
D’autres, plus sceptiques, rappellent que plusieurs gouverneurs se sont succédé sans parvenir à enrayer les dynamiques de violence, souvent liées à l’absence de réponse rapide de l’administration face aux alertes communautaires ou à la lenteur dans la mise en œuvre des projets de développement.
Pour l’heure, les premiers pas du général Dembélé sont observés avec attention. L’installation rapide de son équipe, le contact direct avec les leaders locaux, ainsi que les premières décisions en matière de sécurité intérieure seront déterminants pour imprimer une dynamique nouvelle.
À Mopti, où la population a souvent le sentiment d’être reléguée à la marge du processus de reconstruction nationale, l’arrivée d’un gouverneur expérimenté, ancré dans le tissu local et fort d’une légitimité militaire, pourrait bien créer les conditions d’un regain de confiance. À condition que la parole officielle se traduise vite en actes tangibles.
Situation sécuritaire préoccupante à Bandiagara et Ségou : Appel des acteurs politiques à l’action
La situation sécuritaire dans les régions de Bandiagara et Ségou, plus particulièrement dans les cercles de Bankass et Ké-Macina, connaît une dégradation alarmante. Les récentes attaques, notamment celle survenue dans le village de « Digny Yolo » situé dans la commune de Ségué, cercle de Bankass, témoignent d’une intensification de l’insécurité.
Grave accident sur la RN6 près de Fana: 8 morts et 19 blessés graves
Ce lundi 7 octobre 2024, aux alentours de 10 heures du matin, un accident tragique s’est produit sur la RN6, à proximité du village de Laminabougou, situé à environ 3 km de la commune rurale de Tingolé, dans le cercle de Fana. Selon un communiqué officiel du ministère des Transports et des Infrastructures, c’est une collision frontale qui est survenue entre un car de la compagnie « Air Zana Transport » en direction de Bamako et un autre de la société « Daou Trans », voyageant en sens inverse. Le bilan provisoire est de huit morts et dix-neuf blessés graves.
Cet événement tragique s’inscrit dans un contexte de sécurité routière alarmant au Mali, en particulier sur l’axe routier de Ségou qui traverse Fana. Cette route est régulièrement le théâtre d’accidents graves, souvent causés par des infrastructures routières en mauvais état, un manque d’entretien des véhicules et un non-respect généralisé des règles de conduite. Les excès de vitesse et l’imprudence des conducteurs sont des facteurs aggravants qui augmentent considérablement les risques d’accidents mortels sur cet axe très fréquenté.
Plus tôt cette année, en février 2024, un accident majeur a causé la mort de 31 personnes lorsqu’un bus a chuté d’un pont sur cette même route alors qu’il se dirigeait vers le Burkina Faso. Ce drame avait soulevé les problèmes persistants liés à l’état des infrastructures et la nécessité de renforcer les mesures de sécurité pour les usagers de la route.
En juillet 2024, un autre accident tout aussi tragique a eu lieu à Ouan, dans la région de San, lorsqu’une collision frontale entre deux bus a fait 16 morts et 48 blessés, dont plusieurs grièvement atteints. Les autorités locales ont attribué cet accident à une vitesse excessive et à une conduite imprudente, des causes qui sont souvent citées dans les accidents de la région.
Face à ces incidents répétés, le ministre des Transports et des Infrastructures a exprimé « ses condoléances aux familles endeuillées » et a renouvelé son appel « au respect strict des règles de la circulation ». Il a insisté sur le fait que « la vigilance et la prudence sont essentielles pour réduire les accidents sur les routes ».
Le ministre a également rappelé que ceux qui « enfreignent les règles de la circulation » s’exposent à des sanctions sévères, conformément aux lois en vigueur.
« Paix et Santé pour le Mali » : après la fin de la 2ème phase, place à la consolidation des acquis
Un atelier d’échanges et de partage d’expérience entre les 4 districts sanitaires d’intervention de l’initiative Paix par la Santé dans les régions de Mopti et Ségou s’est ouvert ce mercredi 21 août 2024 à Bamako. Durant deux jours, les participants du niveau national, régional, district et aire de santé vont passer en revue les résultats et réalisations de la 2ème phase du projet dont la mise en œuvre vient de s’achever.
Plus d’une centaine de personnes dont des représentants des communautés et des professionnels de la santé des 4 districts cibles du projet dans le centre du Mali prennent part à cet atelier d’échanges et de partage d’expérience dont l’ouverture a été présidée par un représentant du ministère de la Santé, aux côtés du Représentant résident du Centre Carter au Mali et du Préfet du cercle de Macina.
Les objectifs visés sont, entre autres, de faire le bilan de la mise œuvre du projet et des leçons apprises, permettre à chaque district de partager ses expériences avec le projet en mettant l’accent sur les activités réalisées, les résultats obtenus, les défis rencontrés et les recommandations pour une meilleure appropriation de l’initiative par les communautés locales, et d’amener les participants à réfléchir sur certaines thématiques à l’instar de la prévention et atténuation des conflits, des sensibilités aux Genre-VBG et inclusion des jeunes et des femmes dans le cas du Centre du Mali ou encore la promotion du leadership et du dialogue notamment chez les jeunes et femmes des 4 districts.
« Le projet est né pour pouvoir contribuer à renforcer la surveillance en matière de ver de guinée. Et aujourd’hui le défi reste l’éradication de cette maladie, dans un contexte d’insécurité. Le projet vise également à renforcer la cohésion sociale pour parvenir à cette éradication mais aussi pour que les différents services techniques puisse circuler librement dans ces zones », explique Moussa Sadi, Représentant résident du Centre Carter au Mali.
Activités diverses
Pendant un an, de juillet 2023 à aout 2024, plusieurs activités ont été réalisées lors de la 2ème phase du projet « Paix et santé pour le Mali » qui intervient dans les districts sanitaires de Tenenkou et Youwarou dans la région de Mopti ainsi que les districts sanitaires de Tominian et de Macina, dans la région de Ségou.
Des mobilisations communautaires ont eu lieu dans les aires de santé du district de Tominian et de Macina en décembre 2023, suivies de 4 ateliers de formation en santé mentale et soutien psycho-social entre février et avril 2024 à Sévaré et à Tenenkou et d’une évaluation des ateliers début août 2024 à Tenenkou.
Entre mai et juin 2024, des ateliers sur les sensibilités aux Genre-VBG ont été organisés à Macina et à Tomininan et d’autres ateliers de formation en dialogue et leadership au profit des jeunes et des femmes se sont tenus dans les 4 districts sanitaires à Youwarou, Tenenkou, Tomininan et Macina. Une étude sur l’analyse basée sur le genre dans les 4 districts a également été réalisée entre août et septembre 2023 et des « paquets de santé » sont également en cours de réalisation.
Mis en œuvre par le ministère de la Santé et du Développement social en partenariat avec le Centre Carter depuis 2019, le projet « Paix et Santé pour le Mali » est une stratégie conjointe pour promouvoir la construction d’une paix durable et un meilleur accès aux soins pour des populations affectées par la violence dans les régions de Mopti et Ségou.
Le projet privilégie une approche d’identification et de programmation décentralisés des besoins et des activités de santé à travers le renforcement de capacités des communautés ( Chefs traditionnels, représentants des jeunes, des femmes, de la société civile), des agents de l’Etat sur la prévention et la gestion des conflits, la mobilisation communautaire et la sensibilisation et le développement d’une approche santé mentale et soutien psycho-social.
Mohamed Kenouvi
Inondations : Aller au-delà des plans d’urgence
33 inondations dans 9 régions et le District de Bamako ont été enregistrées en ce début de mois d’août. Plus de 2 000 ménages ont été touchés et plus de 22 000 personnes sinistrées, avec 8 décès à la date du 5 août 2024. Une situation préoccupante, qui inquiète les populations concernées et appelle à des solutions pérennes.
Les ressortissants du cercle de Bla ont procédé à une première remise de dons le 13 août 2024. Constitué de 10 tonnes de céréales, d’huile, des colis d’habits, d’un montant de 3 000 000 de francs CFA et de médicaments de lutte contre le paludisme et les maladies pédiatriques, ce lot est une action de solidarité des ressortissants de la ville, située dans la région de Ségou. Destinée à mobiliser l’ensemble des 17 communes du cercle de Bla et les chefs de village, la remise a servi de cadre pour assister les sinistrés mais aussi pour « sonner l’alerte, parce que l’eau continue à monter », s’inquiète M. Markatié Daou, Président du Comité de crise des ressortissants de Bla.
« Il faut expliquer aux habitants les réflexes à adopter pour réagir face à la situation, notamment quand il pleut la nuit ». La ville a enregistré 1 décès suite à la pluie diluvienne de ce 13 août, un homme d’une cinquantaine d’années parti pêcher et emporté par les flots. Depuis la première grande inondation le 22 juillet 2024, la ville voit grossir le nombre de ses sinistrés, estimé entre 7 000 et 8 000 personnes et plus de 1 600 ménages touchés. Des sinistrés en outre privés de cultiver leurs champs, envahis par l’eau. Une partie du don mobilisé par l’association Terre solidaire a été distribué à une centaine de personnes et le reste réservé à d’autres sinistrés, car malheureusement l’hivernage n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière.
« Solution définitive »?
Pour les localités touchées par ces inondations, au-delà du constat et de l’aide d’urgence, il faut surtout envisager des solutions à long terme. Plus qu’un appel à la solidarité, le responsable du Comité de crise des ressortissants de Bla plaide donc pour « une solution définitive » pour la ville, confrontée à cette situation depuis des années. Pour prévenir la répétition de ce phénomène, elle a besoin d’un collecteur qui doit s’étendre sur une trentaine de kilomètres, selon les estimations des experts. Le Comité s’est déjà engagé afin de trouver des partenaires, y compris l’État, pour réaliser l’étude nécessaire à la réalisation de cet investissement, vital pour la survie des populations.
Fatoumata Maguiraga
