Télévisions privées : Améliorer l’offre

Une trentaine de télévisions privées sont actuellement autorisées par la Haute autorité de la communication (HAC) du Mali à émettre et à diffuser leurs programmes. Une belle opportunité pour la liberté de la presse et pour le public, dont l’éventail de choix se trouve élargi. Cependant, pour mener à bien cette mission, ces chaînes privées ont encore un long chemin à parcourir : personnel qualifié, ressources suffisantes et programmes innovants. La taille des défis à relever est importante. Malgré ces contingences, les perspectives du secteur sont positives, mais les acteurs espèrent un soutien des autorités.

Elles sont 22 à Bamako et 8 dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Gao à faire désormais partie du paysage audiovisuel malien. Ces télévisions, qui « ont réussi le pari de s’installer et de fonctionner comme le média qu’elles doivent être comblent un vide », estime M. Gaoussou Drabo, membre de la HAC. Le contenu de cette offre se distingue nettement de celui de l’Office de radio télévision du Mali (ORTM), « qui a toutes les pesanteurs du service public ».  Mais cette diversité a un coût que ne peuvent supporter toutes ces nouvelles chaînes, qui offrent souvent les mêmes programmes, ce qui peut vite lasser un public devenu plus exigeant.

Diversité ?

En effet, toutes les télévisions ne sont pas logées à la même enseigne. Si le changement est net en matière d’offre, le résultat souhaité n’est pas encore atteint du côté de toutes les chaînes. La télévision étant une « machine lourde à mettre en place », selon les acteurs.

Lorsque les appels à candidatures ont été lancés, ces chaînes « ont été mises en garde par rapport au contenu », explique M. Drabo. Même si certaines se sont déjà imposées dans le paysage et ont acquis une certaine crédibilité, elles n’ont pas encore surmonté cette difficulté. Des contraintes liées, selon elles, à la difficulté d’avoir un personnel de qualité, notamment. Un défi qui se pose avec encore plus d’acuité chez les organes disposant de moyens modestes. Cette absence de ressources de qualité  s’explique à la fois par l’insuffisance en ressources formées par les écoles spécialisées et la difficulté pour les chaînes de s’offrir les services d’une expertise extérieure, aux coûts élevés, relève M. Drabo.

Plus qu’offrir de la diversité, les télévisions privées ont « transformé le paysage audiovisuel et permis au téléspectateur d’obtenir en temps réel l’information que ne pouvait donner la chaîne nationale », note M. Djibi Sacko, Directeur de Renouveau TV. Leur arrivée est assurément est une bonne chose pour les citoyens. En plus de  la concurrence, qui est un facteur positif, la liberté d’expression est bien mieux garantie, parce qu’elles peuvent aborder plusieurs sujets de façon contradictoire, contrairement à la chaîne publique, beaucoup plus axée sur l’institutionnel.

Parlant de la diversité des programmes, M. Sacko soutient qu’on « ne crée pas totalement, même s’il faut adapter ». Les télévisions locales ayant l’avantage de connaître leur public et de savoir ce qu’il veut voir et écouter. Cependant, dans cette quête de l’intérêt du public, les chaînes ne s’interdisent pas l’innovation. Au contraire, « elles ne font pas toutes la même chose », ajoute-t-il.

« Nous mettons l’accent sur les débats plutôt que sur les émissions de divertissement ». Mais la difficulté majeure dans le domaine, « puisqu’il ne s’agit pas de télévisions subventionnées », c’est qu’elles dépendent essentiellement des moyens du promoteur et peuvent peu souvent compter sur quelques particuliers. Des partenaires qui préfèrent souvent se tourner vers la chaîne nationale, qui dispose de plus de moyens et donc leur offre plus de possibilités.

Des coûts importants

En plus de cela, ce qui manque le plus aux médias, c’est la formation, confesse M. Sacko. « Le personnel qualifié fait défaut, parce tout le monde veut être journaliste ou animateur mais sans en avoir la formation de base ».

Si la concurrence peut avoir un effet salutaire pour la liberté d’expression, elle pose cependant une difficulté particulière dans le contexte malien, les différentes chaînes ayant pratiquement les mêmes partenaires.

Cependant,  la réussite en matière de médias ne peut se limiter aux retombées sur le plan pécuniaire, ajoute M. Sacko. L’esprit qui anime ces projets va au-delà des résultats économiques. La réussite se mesure aux résultats des actions entreprises et à l’engouement des téléspectateurs pour tel ou tel programme, ce qui est un motif de satisfaction pour les promoteurs. La croyance en ces projets, qui porteront un jour leurs fruits, est le gage d’un futur meilleur, se réjouit M. Sacko.

Décidées à ne pas rester en marge de cette diversification, les régions comptent aussi désormais leurs chaînes de télévision privées. Kéné Tv a ainsi vu le jour en 2017, à la faveur des appels à candidatures de l’autorité de régulation. Ainsi, la troisième région entend parler de sa propre voix et surtout profiter de ses énormes potentialités économiques, que Kéné TV veut promouvoir, selon son directeur, M. Oumar Traoré. La toute première chaîne de la localité, qui émet pour le moment dans le cercle de Sikasso « à 100% », souhaite s’étendre à la région et même au plan national.

Informer les populations sur les faits les concernant, promouvoir la culture et les potentialités afin d’attirer les investisseurs, c’est l’objectif ambitieux affiché par les responsables de la chaîne. Si elle s’efforce de remplir les conditions fixées par l’autorité de régulation, la chaîne diffuse certaines émissions, comme de l’information en langue nationale bamanan, des émissions sportives, sur la religion, une émission sur le terroir ou encore du divertissement. La principale difficulté est celle qu’affrontent les autres chaînes, c’est-à-dire que les charges pèsent principalement sur le promoteur.  C’est pourquoi, pour les responsables, il est impératif « de trouver des partenaires » pour remplir à souhait leurs missions et surtout satisfaire davantage un public qui veut plus de proximité.

Mais, pour figurer parmi les meilleurs au plan national, le chemin est encore long et les responsables en sont conscients. Même si Kéné TV veut être leader, ses dirigeants estiment qu’il faut donner plus de visibilité à la région. Ce qui suppose d’autres chaînes de télévision, pour élargir la couverture de ce territoire, et un soutien accru des autorités, car « les charges en télévision sont importantes ».

Perspectives positives

Les chaînes privées ont de beaux jours devant elles. Plusieurs ont entrepris de la formation interne et ont même « conclu des accords de partenariat avec des structures de formations afin que ceux qui sortent de ces écoles correspondent aux besoins des nouvelles télévisions », explique M. Drabo de la HAC. Il se félicite de l’engagement des promoteurs, qui ont exploré les possibilités qui se présentaient. Elles peuvent donc progresser en qualité et offrir une gamme de contenus intéressants aux téléspectateurs.

Ce partenariat avec les établissements qui forment les professionnels du métier permet aux étudiants de faire des stages et de renforcer leur formation après leurs études, explique M. Mamadou Haïdara, Directeur d’Énergie Tv et Président de l’Association malienne des télévisions libres (AMATEL). Ces étudiants pourront ensuite intégrer et renforcer les rédactions des chaines.

Malgré les défis, qui restent énormes, les professionnels du secteur envisagent de se réunir et de solliciter les autorités pour des subventions, « comme pour les radios », parce les charges des télévisions sont lourdes. Surtout qu’en raison de « la crise financière, les publicités ne payent pas », ajoute M. Haïdara. Ces aides de l’État permettront à ces structures de pouvoir mieux payer leurs travailleurs et de mieux produire, assure le premier responsable de l’AMATEL.

Jugées bonnes, les relations entre la HAC et ces médias s’exercent à travers une convention qui fixe diverses règles, relatives à la grille des programmes, à l’embauche d’un personnel spécialisé et à sa sécurisation et au respect des règles éthiques. « Le travail de la HAC n’étant pas seulement la répression, elle entend œuvrer au côté des acteurs pour avoir un paysage audiovisuel de qualité », conclut M. Drabo.

 

Télévisions confessionnelles : L’information autrement ?

Au Mali, la révolution audiovisuelle profite aussi à certains leaders religieux, qui se sont lancés dans la création de chaines de télévision. La plupart de ces organes revendiquent le statut de télévisions généralistes, malgré un temps  conséquent consacré aux émissions religieuses.

L’univers audiovisuel malien a été marqué ces dernières années par  la création de chaines de télévisions privées, pour la plupart de confession religieuse. Leur objectif ? Acquérir une très large audience auprès du public, à l’image de celle dont jouissent les leaders religieux dont elles se réclament. Ainsi, Sunna TV de l’Imam Mahmoud Dicko, Cherifoula TV d’Ousmane Madani Haidara, Anwar TV de Soufi Bilal Diallo, Zahara TV de Chouala Bouyaya Haidara et Horonya TV de Cheick Oumar Coulibaly dit Farouk occupent dorénavant une place de choix dans les bouquets audiovisuels. Leur particularité est la place prépondérante qu’elles accordent à des émissions qui font la promotion des valeurs islamiques et sociétales. Mais, bien qu’un temps conséquent soit accordé aux émissions de prêches et de débats pour « faire connaitre la religion musulmane », des espaces de divertissement et d’information sont aussi au programme. « Nous sommes généralistes, nous diffusions tout ce qui est intéressant pour nos téléspectateurs », confie Samba Coulibaly, Président de Cherifoula TV. « Le plus souvent, les gens assimilent nos chaînes à des télévisions uniquement confessionnelles », explique le Rédacteur en chef Ahmadou Diarra, « alors que nous programmons des émissions variées, en censurant  toutes les images obscènes ».

Mali : bientôt la transition numérique

La transition vers la télévision numérique est le processus qui conduit une région ou un pays à  interrompre la diffusion de la télévision analogique, au profit de la télévision numérique qui la remplace. Afin d’assurer une transition harmonieuse de la radiodiffusion télévisuelle analogique de Terre vers le numérique, l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), à  travers son Bureau de développement des télécommunications (BDT), a mis en place une assistance aux pays en voie de développement. Dans ce cadre, sur invitation de l’Administration de la République du Mali à  travers le Ministère de la Communication et des Nouvelles technologies (MCNT), une mission d’experts a été conduite à  Bamako et en deux phases par deux experts de l’UIT du 2 au 15 février 2011 et du 10 au 16 mars 2011 sous la supervision de M. Kikwon Kim et en collaboration avec la Commission de communications de Corée (Korea Communications Commission) (KCC), République de Corée. La diffusion analogique consomme environ six fois plus de fréquences que la diffusion numérique. Le lancement de nouveaux services sur ces fréquences devenues ainsi disponibles constitue l’objectif principal de l’arrêt de l’analogique. Tout le monde devrait s’y mettre La signature de l’accord de Genève par l’Union Internationale des Télécommunications a eu lieu en 2006. Un accord demandant aux Etats membres de l’IUT de passer de l’analogique au numérique pour la radio et la télévision au plus tard en juin 2015. Depuis l’année dernière, les ateliers se multiplient au Mali afin de tenir cette date. l’atelier national sur le sujet s’est tenu les 13 et 14 mai à  l’hôtel Columbus de Bamako. Au cours de cet atelier, les participants se sont imprégnés des enjeux de la transition numérique, ainsi que les dispositions à  prendre en direction des populations pour une transition numérique réussie au Mali. Lors de cet atelier, le ministre de la Communication, porte parole du gouvernement a indiqué dans son allocution que le Comité National de Transition de la radiodiffusion analogique terrestre vers le numérique (CNTN) qui aurait dû atteindre sa vitesse de croisière en 2012 a été fortement perturbé par la crise politico-sécuritaire, survenue dans le pays. « l’un des défis majeurs du passage au numérique dans notre pays est l’effort supplémentaire d’investissement que les opérateurs de radiodiffusion et les consommateurs seront appelés à  consentir », a-t-il ajouté. Il a aussi indiqué que la transition vers le numérique s’est posée en terme de défis à  tous les Etats, en particulier pour les moins avancés. «Ces défis se situent au moins à  trois niveaux : au plan technique et technologique, il s’agit de convertir tout le système de diffusion existant en numérique sans interruption du service ; au plan économique, il faut faire face au coût du déploiement des systèmes de diffusion et de réception dans les foyers ; au plan socioculturel, la transition doit bénéficier à  tous les citoyens sans exclusive» a-t-il expliqué. Koffi Ngoyet, conseiller technique du Commissaire de l’UEMOA au Mali a rappelé que la vision de la commission de l’UEMOA sur la transition numérique consiste à  mettre en cohérence un mouvement d’ensemble dans les 8 Etats membres de l’espace, associant tous les acteurs que sont les radios, les télévisions publiques, privées communautaires ou associatives, les populations, même les plus démunies ainsi que les Etats, qui en seront les maà®tres d’œuvre. Le passage vers la télévision tout numérique est la conséquence d’une révolution technologique mondiale et chacun doit donc s’adapter et en tirer les bénéfices. à€ terme, tous les pays du monde sont concernés.

Maisha TV : Ce que femme veut… Et bien plus encore…

Maisha TV est la petite soeur d’Africable Télévision. Entièrement féminine, la nouvelle chaà®ne se veut le reflet des préoccupations féminines dans l’espace audiovisuel panafricain. Dirigée par une journaliste professionnelle béninoise, Annick Balley, qui jouit d’une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine de la télévision, Maisha TV a un slogan assez porteur : « Ce que femme veut… ». Pour Annick Balley, « Maisha TV, C’’est la reconnaissance de la place éminente de la femme dans la société et l’expression de ses aspirations légitimes ». Fin de la phase test Démarrée en décembre 2012, la phase d’essaie vient d’être bouclée. C’’est pourquoi, la chaà®ne est disponible 24/24 sur des bouquets Canal Sat, Multicanal et Malivision. Elle sera disponible à  partir du 2 avril prochain sur le bouquet Canal+. « Nous avons organisé cette journée porte ouverte à  l’intention de la presse pour que vous puissiez voir les installations de notre nouvelle chaà®ne de télévision. La thématique de Maà¯sha TV est dédiée aux femmes. C’’est pourquoi, notre créneau concerne la promotion de l’entrepreneuriat féminin. Nous avons aussi des émissions sur la santé, le mode, la beauté, les divertissements et le cinéma. Ainsi que des informations à  travers le Journal Télévisé. En un mot, cette chaà®ne, qui est une première en Afrique, a été créée pour combler un vide » a déclaré le PDG d’Africable Télévision, qui nourrit beaucoup d’ambitions pour faire avancer l’espace audiovisuel au Mali voire en Afrique. Avant de préciser que Maà¯sha signifie tout simplement « La vie ». Sans un lancement grandiose, le PDG d’Africable a profité de la journée du 8 Mars pour inviter les journalistes dans les locaux de la chaà®ne qui profite d’équipements de dernière génération et fait la promotion du numérique. « Avec ces caméras robots, nous n’avons pas besoin de cameraman pour faire nos émissions. Les caméras robots font tout le travail. C’’est ça la technologie. Et notre travail se fait sous numérique » dira Ismaà«l Sidibé. Donner à  la femme toute sa place « Qu’elle soit urbaine ou rurale, femme au foyer ou travailleuse, cadre ou commerçante, chaque femme trouvera en Maà¯sha TV, la réponse à  ses attentes parce que ce que femme veut…. » dira Annick Balley. La matinale est l’émission phare de cette chaà®ne. Elle est animée par une dynamique équipe composée de jeunes filles. Maà¯sha TV offre aussi des films de différentes cultures du monde comme des séries télévisuelles africaines.

Après le contre coup d’état manqué, service minimum pour l’ORTM

Après la tentative de contre coup d’Etat du 30 avril, la plupart des travailleurs de l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Mali (ORTM) ont repris le travail dans des conditions inconfortables. Le siège de l’ORTM étant barricadé et surveillé, les responsables ont décidé de délocaliser l’édition de 20h au Centre Services, production audiovisuelle (CESPA), qui accueille depuis quelques jours les techniciens et les présentateurs de la télévision nationale. Sur un fond en motifs bogolan, Aissata Ibrahim Maiga donne les nouvelles du pays dans un journal d’une vingtaine de minutes. Alors que l’édition de 20h multipliait les reportages avant le coup d’Etat du 22 mars, les téléspectateurs restent en ce moment sur leur faim. l’ORTM, siège des ex-putschistes Média stratégique, l’ORTM s’est trouvé au coeur des mouvements militaires. Tout comme le 21 mars aux environs de 16h. Les putschistes du capitaine Sanogo s’en emparent avant d’annoncer au Mali et au monde la chute du régime d’Amadou Toumani Touré. Dès lors le siège de l’ORTM se transforme en forteresse. Militaires et blindés s’installent dans sa cour au grand dam des salariés. « Ils ont mis leur espèce de balançoire (char blindé) en plein milieu de la cour, pour impressionner les travailleurs », rouspète un reporter, qui avoue ne plus trop traà®ner ses savates à  l’ORTM depuis le début des évènements. Quant aux reportages, « il y-a eu un moment de flottement, explique un responsable de la télé. Mais ça reprend tout doucement». Du matériel a été volé. Une dizaine de caméras, une centaine d’ordinateurs et des téléviseurs ont disparu après le coup d’Etat. Sans compter la présence permanente des militaires dans la cour et les contrôles intempestifs à  l‘entrée, «Il y avait de quoi être nerveux », rapporte une présentatrice. « Après les bérets verts, l’assaut des bérets rouges » Les choses basculent à  nouveau dans la soirée du 30 avril au 1er mai, lorsque les bérets rouges s’emparent à  leur tour de la télévision. Cette fois on compte des morts. « Nous étions dans une salle de montage lorsque nous avons entendu des tirs, puis vu des hommes (les bérets rouges). Ils nous ont ordonné de sortir. Ils avaient l’air déterminés, prêts à  tirer sur nous. Nous n’avons pas demandé notre reste», se souvient un animateur météo, encore marqué par l’affrontement. Aux abords de la radio, des personnes sont à  terre. Des militaires, mais aussi des civils comme cette pauvre vendeuse de jus de gingembre touchée par une balle perdue. Un bilan officiel de 27 morts avait été avancé officiellement, alors que du côté militaire, le chiffre de 70 victimes a été évoqué. « Combien de civils peut-on dénombrer dans cet épisode macabre? », s’interroge un journaliste de la radio. Silence du côté du CNRDRE. « Service minimum » Pour parer à  l’absence de reportages pendant presqu’une semaine et assurer le service minimum, la direction a donc choisi de délocaliser l’édition du journal pour quelques jours au CESPA. «Certains étaient traumatisés après l’attaque des bérets rouges mais le journal pourra à  nouveau être réalisé dans les locaux de l’ORTM dès la semaine prochaine », assure un responsable de la télé. « Nous sommes au service des autres et cette guéguerre n’arrange personne au Mali », déplore un présentateur vedette, ravi à  l’idée de reprendre du service . Jamais l’ORTM n’avait connu un tel déferlement de violence, admettent d’autres employés. Petit à  petit ils reprennent tous du service, et le service public doit continuer à  l’ORTM. Si la zone aux alentours reste barricadée, certains y vont en essayant d’oublier les tragiques évènements du 30 avril. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Hamadoun Touré a lui rendu visite aux syndicats le 8 mai dans les locaux de la télévision pour tenter de les rassurer.

La TM2 est née

Tout le gratin du monde des médias maliens était réuni dans la cour de l’Office Radio et Télévision du Mali ORTM pour assister au lancement de la TM2, la deuxième chaà®ne de la télévision malienne, le 31 décembre 2011. La deuxième chaà®ne de télévision malienne ou TM2 a été lancée le 31 décembre par le président malien Amadou Toumani Touré, dans les locaux de l’ORTM. Ce lancement intervient 28 ans après celui de la première à  savoir l’ORTM (Office de radiodiffusion et télévision du Mali). En sa qualité de premier invité de TM2, le président Touré a évoqué le pourquoi de la date choisie: « le 31 décembre, C’’est d’abord une étape extrêmement importante. C’’est aussi pour lancer à  la fois sur les deux chaines un message extrêmement important, le message à  la nation du président de la république ».Outre le lancement, le président Touré a remis un équipement d’une valeur de plus 2,5 milliards de francs CFA. A noter que TM2 diffuse en émetteur TNT (télévision numérique terrestre), ce qui fait la fierté du président malien, selon qui son pays n’a pas attendu 2015, année du passage au tout numérique de tous les pays africains.Pour sa part, le directeur général de l’ORTM, M. Bally Idrissa Sissoko a donné l’assurance que tout sera mis en œuvre pour répondre aux besoins des téléspectateurs. M. Sissoko a indiqué que TM2 est une chaà®ne qui va être différente de la première en ce sens qu’elle viendra en complément à  la première. Ce, avec les programmes de divertissement, d’éducation, d’information, de sensibilisation, en direction des jeunes et femmes en priorité, a ajouté le Dg de l’ORTM. De l’avis du responsable technique de TM2, elle a un émetteur d’une hauteur de 900 mètres, considéré comme le plus haut en Afrique.

Dors en paix  » Tonton Wade »

Il n’y allait pas de main morte pour prodiguer conseils et avis tranchés en matière de télévision; C’était un expert. Djibril Wade, notre tonton, tu nous manques déjà . Il a donc tiré sa révérence ce 30 septembre 2011. A tunis, loin des siens, de cette télévision à  laquelle il a tant donné et de sa terre natale du Sénégal… Tonton Wade comme on l’appelait à  Africable, avait la passion de l’image au coeur.  » La télévision, c’est ma vie, je lui ai tout donné! » Et nous répétions :  » La télévision, c’est sa femme. » La voilà  veuve aujourd’hui. De ces longues heures au bureau, Djibril Wade, ancien Directeur des programmes d’Africable Télévision, ne les voyait point passer; Il pouvait y rester jusqu’à  minuit, sa petite télévision allumée le volume très haut, les journeaux jonchant son bureau, un ou deux projets en lecture, le cerveau en ébullition. Des synopsis, un concept en gestation, il lui fallait créer la dynamique Africable. Des idées oui, il en avait. Et des idées, il en aurait eu encore et encore. Pour ma part, j’ai eu l’honneur de travailler quelques mois avec ce passionné et je me souviens de cette première rencontre à  l’hôtel Salam de Bamako. Un grand monsieur, teint noir, donnant des ordres aux techniciens, moins agités que lui. Ah Mame Diarra Bousso, la sénégalaise, me lança t-il, avant de s’en retourner au four et au moulin. Il taquinait mais traquait le moindre détail, une caméra mal placée, le son mal réglé, un micro ouvert, rien n’échappait à  l’oeil avisé de Tonton Wade, que les techniciens écoutaient avec respect. Si la passion du travail bien fait était un sacerdoce pour lui, conseiller était un autre devoir. On retiendra donc de lui cet aspect farouche de sa personnalité, notamment la jeune génération, qui pliait devant ses exigences, même si lui même se remettait toujours en question face aux nouvelles tendances de la télé new-age. En Afrique, l’expérience des aà®nées prévaut toujours ! Celle de Djibril Wade était renommée. De Dakar à  Libreville, en passant par Abidjan ou Addis, l’homme était une référence et, qui est passé dans son bureau d’Africable à  Bamako le confirmera. On n’en ressortait jamais sans un mot avisé. Eteignez l’écran. Dors en Paix, Tonton Wade !

Médias : Pour la libéralisation de la presse au Mali

La presse face aux difficultés quotidiennes La presse au Mali est en permanence confrontée à  d’énormes difficultés. Le président du Patronat de l’audiovisuel et des technologies (PANOTECH) qui est un important groupement d’organes de presse, évoque la situation de précarité de la presse malienne. Almami Samory Touré explique que tous les projets de télévision sont suspendus au Mali depuis 1992. Ces suspensions sont dûes au texte élaboré cette même année pour une durée initiale de 6 mois mais 18 ans après il est toujours en vigueur et empêche d’importantes réalisations et innovations en matière de média audiovisuel. Samory Touré déplore le fait que le Mali qui faisait partie des premiers pays africains à  avoir la télé, se retrouve aujourd’hui presqu’au bas de l’échelle. Il cite le cas du Sénégal, de la Côte d’Ivoire du Cameroun. « Le pays était en avance sur ses voisins en matière de libéralisation de la presse. Mais depuis quelques années, la qualité fait cruellement défaut. Et si nous ne prenons garde, des investisseurs étrangers risquent de rafler tous les marchés. » Mr Touré précise qu’il y a des possibilités d’installer plus d’une vingtaine de stations de télévisions. Il reconnait cependant que les conditions sont assez draconiennes et ne cadrent pas avec le paysage médiatique. Le président de la PANOTECH souhaite que les opérateurs économiques aient leur place dans l’audiovisuel malien. Renforcer les capacités Pour sa part, le directeur de la radio liberté Baba Djourté explique que depuis la révolution de mars 1991, le Mali a connu une prolifération de radios mais la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. « Si nous ne faisons pas attention, nous risquons d’être les derniers dans le domaine. Nous avons besoin du renforcement des capacités à  travers la formation des agents de la presse : des journalistes, en passant par les techniciens et autres.» De son côté, le directeur de Malivision et président des Rediffuseurs privés du Mali, Moctar Marico se plaint de la concurrence déloyale que leur fait subir Canal+. Il explique que « Canal Sat est considéré comme fournisseur et par conséquent, ils sont nos concurrents. Ils refusent par ailleurs de nous vendre des programmes qu’ils donnent à  leurs clients. Nous avons maintes fois porté plainte sans suite. » Il appelle la structure de tutelle, notamment le conseil national du patronat du Mali à  intervenir et aider l’horizon médiatique à  avancer au rythme des autres pays de la sous région. Il explique que selon le Conseil Supérieur de la Communication, aucun texte ne confère de prérogative au Comité de Régulation des Télécommunications pour gérer les ondes. Ajoutant que « seuls les ministres de l’administration territoriale et de la communication donnent et retirent les ondes. Ce qui est anormal. La gérance de la presse doit être indépendante. » Il faut dire qu’au Mali, l’Etat n’a pas mis de différence entre les radios communautaires et sociales et les radios commerciales. Ces radios communautaires se lancent dans la publicité au même titre que les commerciales, ce qui est anormal. Lorsque l’aide à  la presse tombe, toutes les radios bénéficient de la même somme. Moctar Marico explique cette situation par le fait que les textes ne sont pas suffisamment clairs pour permettre de faire le distinguo entre les radios commerciales et communautaires. Il n’existe que quatre (4) radios commerciales sur l’ensemble du pays, qui sont, à  ce jour, les seuls à  payer leurs impôts.

Nabou Touré, journaliste à Africable : Une jeune présentatrice du JT qui fait fureur

Venue dans la presse avec à  l’origine, l’ambition de travailler avec son père Almamy Samory Touré promoteur de radio, Nabou, aujourd’hui est connue au Mali et dans la sous-région. Déterminée et volontaire, elle a su s’imposer par son talent et son dynamisme dans un domaine o๠la compétition est de rigueur. D’une beauté angélique, la jeune Nabou a une voix qui colle parfaitement à  sa personne. Née en France, o๠elle a fait la plupart de ses études, Nabou Touré venait chaque année au Mali en vacances et aussi pour voir son père, ses tantes, etc. Elle aimait tellement ça qu’à  l’approche des grandes vacances, elle comptait les jours avant d’atterrir à  l’aéroport de Bamako Sénou. Touré de Kayes, descendante du grand guerrier mandingue, Almamy Samory Touré, Nabou Touré a fait des études en Langues étrangères appliquées (LEA) au Commerce International, en France, avant de décider de venir au Mali appuyer son père qui avait déjà  un réseau de radios de proximité, appelé TDM (Télédiffusion du Mali). C’est ainsi qu’elle a fait du journalisme son métier en décrochant finalement un diplôme de spécialisation dans ce domaine. La Radio toujours Nabou a grandi avec la première station de radio de son père dénommé  » Radio Liberté  » créée en 1991. Elle a co-animé des émissions et prêté sa voix à  des pubs dès l’âge de 6 ans. Elle a appris sur le tas, avant l’obtention d’un diplôme. A l’époque, elle ne pensait pas qu’elle deviendrait présentatrice télé. Avant de devenir journaliste, Nabou a occupé plusieurs emplois qui n’avaient rien à  voir avec la presse. Elle a été agent commercial et a vendu des espaces publicitaires  » j’ai aussi fait dans l’automobile avec les achats de vieux catalyseurs et la vente de savon pour les mains, ultra concentrés !!  » dit-elle en riant. A Africable depuis 2007, la belle Nabou fait plus. En dehors de la présentation du J.T, elle fait des reportages et des magazines. Au début c’était avec  » 7 afrik  » diffusé le dimanche à  20h TU qui retrace les grandes lignes de l’actualité hebdomadaire sur le continent. En plus de cette émission qui l’a propulsée au devant de scène, elle a présenté  » Agora J « , une émission hebdomadaire, dédiée à  une jeunesse désireuse de contribuer au développement de l’Afrique.  » Le cocktail « , débats entre jeunes sur des thèmes de société et reportages mettant la jeunesse en avant-plan, a tout de suite été un succès.  » Et depuis fin 2009, je présente aussi deux fois par semaine Actu +, le journal de 20h « . ajoute t- elle. Toutes choses qui ont fait qu’elle a pu réussir à  s’adapter et atteindre un certain niveau dans ce métier, même si elle estime qu’elle n’est qu’au début de l’aventure. Cependant, des déceptions, elle en a vécues car les difficultés et les mesquineries qu’elle subit l’ont considérablement forgée à  devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Côté presse au Mali, Nabou dira que c’est assez difficile d’être journaliste.  » Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai assisté à  une rencontre sur la santé et lors d’une conversation, une dame qui venait d’un pays voisin a mentionné le fait que pour être journaliste au Mali, il fallait vraiment aimer ce métier « . Et c’est vrai, ce n’est nécessairement pas une voie dans laquelle on se lance en espérant devenir riche. Sans compter le fait que c’est souvent difficile d’entretenir une vie sociale car  » lorsqu’on est appelée pour couvrir un événement, on doit être disponible. Peu importe le jour ou l’heure. Les journalistes jouissent de conditions très peu enviables, mais ils s’en sortent quand même « . Sociabilité et respect Par ailleurs, la journaliste, selon notre constat est très sociable. Rien qu’à  entendre ses propos sur la valeur des parents, des amis et de la famille on se rend compte que Nabou a le sens de la solidarité, de l’amitié et de l’entraide. Communicatrice confirmée, elle aime l’échange  » pour moi la communication est primordiale « . Mais, elle déteste la discorde, et tous les comportements négatifs tels que la mauvaise foi et l’hypocrisie,  » je préfère quelqu’un de naturellement austère à  une personne faussement amicale. Mais surtout le manque de respect me répugne, je n’arrive pas à  m’y faire, on peut être en colère et se reprendre, mais quand c’est une habitude chez les gens, là  c’est une question d’éducation et ça on y peut rien  » Nabou est une férue des voyages. Si elle le pouvai,t explique t- elle, elle serait chaque mois dans un nouveau pays car rester trop longtemps dans le même environnement lui donne l’impression d’être emprisonnée.  » Le voyage en effet, permet de voir des choses différentes, côtoyer des personnes diverses et variées et ça colore la vie « . En outre, elle demeure aussi une passionnée de l’Internet et de la lecture, car dit-elle  » on ne se cultive jamais assez « . La belle célibataire, qui sait sans doute cuisiner, ne résiste pas à  un bon plat. Cependant, elle savoure avec délicatesse le Thièb et avec finesse, la cuisine italienne, indienne et chinoise.

Chérif Ousmane Haïdara : prêche et télévision font-ils bon ménage ?

L’information a été donnée lors d’une conférence de presse animée par le guide spirituel samedi dernier. 1980, date de création de l’Ancardine Trois décennies de prêche auront sûrement aiguisé le sens élevé de la vérité du natif de Tamani (cercle de Baraouéli, dans la région de Ségou), et le préservé de toute compromission. Et oui, pour en être là , l’homme qui a bravé et transcendé toutes sortes d’épreuves, a dû s’armer de patience (son secret), tolérance, damour et soutien des fidèles musulmans. à€ ces derniers, il doit d’ailleurs la création (dans les années 1980) de l’association Ançar Dà®ne, qui signifie littéralement la défense de la religion de Dieu. Fort du soutien des défenseurs de l’islam, Seid Chérif Ousmane Haà¯dara est resté fidèle à  sa réputation de « franc-parler ». Tenez, à  propos du code des personnes et de la famille, le célèbre prêcheur estime que ledit code tel que voté par les députés était en contradiction avec nos us et coutumes de même que les normes religieuses. Ainsi a t-il salué la sagesse et la clairvoyance du président ATT, qui a décidé de renvoyer le fameux code pour seconde lecture à  l’Assemblée nationale. « Il n’existe aucune connexion entre Islam et terrorisme » Selon le guide spirituel de l’association Ançar Dà®ne, les députés auraient envoyé une mouture dudit code aux leaders religieux. Et Inch’Allah, dans la paix et l’harmonie, le Mali aura son prêche pour les valeurs morales et spirituelles de l’islam, et de soutenir par ailleurs qu’il ne saurait exister aucune connexion possible entre l’Islam et le terrorisme. « l’Islam ne s’accommode d’aucun désagrément porté à  autrui à  fortiori un meurtre », affirme Haidara. Quant à  la célébration du Maouloud, qui consacre la naissance et le baptême de Mohamet (PSL), elle a nécessité un investissement de plus de 21 millions de nos francs. Sur lesquels, Haà¯dara et les siens ne doivent pas un seul centime à  l’Etat. La gestion du bien public rime t-il avec l’islam ? à€ propos justement de ses rapports à  l’Etat, plus précisément à  la chose politique, la réponse de Seid est on ne peut plus claire. « Si la politique veut dire promouvoir la bonne gestion du bien public », alors lui Haà¯dara fait de la politique. Et serait prêt à  faire allégeance avec l’homme politique qui incarnera le plus les valeurs qu’il défend. Cependant, a-t-il précisé, Haà¯dara n’en a cure de devenir président de la République du Mali. Au sujet du bien-fondé de la malédiction en Islam, cette pratique est fondée d’autant que lui en tant prêcheur n’a d’autre alternative que de s’en remettre à  la volonté de Dieu. Création d’une banque et de télévision pour l’association Par ailleurs faut-il signaler, Le guide spirituel de l’association Ançardine, Seid Chérif Ousmane Haà¯dara, a fait part aux journalistes (en réponse à  une question) de ses projets (en bonne voie) de création de banque pour son association et de télévision. Les échanges entre Chérif Haà¯dara et les journalistes se sont terminés par des bénédictions ; au passage, il a demandé aux journalistes d’encourager dans leurs écrits le parti de la vérité, preuves à  l’appui.

Ministar : l’émission des « graines de star » sur Africable

Ministar est l’émission de télévision qui déchaà®ne les passions des téléspectateurs juniors de la chaà®ne du continent Africable, depuis un mois maintenant Pour la première fois, en cinq ans d’existence, Africable initie une émission de téléréalité en faveur des enfants. Sur une multitude d’enfants présélectionnés, une dizaine ont été retenus pour disputer les différents « primes shows ». Et pendant lesquels les jeunes graines de stars, se livrent à  des prestations scéniques de chants et de danses. La téléréalité pour les tous petits Les dix lauréats dont un seul garçon, ont été présentés pour la première fois au public, le samedi 25 juillet 2009 lors du premier prime time, à  la Cité des enfants de Bamako. Ministar est présentée par la célèbre griotte malienne et non moins défenseur des enfants Astan Kida et l’animatrice de télé Rokia Koné. Les enfants sont encadrés par des spécialistes de la musique malienne, un chorégraphe, et une équipe dynamique chargée de leur encadrement socio-éducatif au quotidien. Signalons que les  » primes time » se déroulent tous les samedis au Palais de la culture Amadou Hampathé Bâh et sont ensuite diffusés sur Africable, le dimanche à  partir de 17h. à€ l’issue de chaque prime, deux candidats sont nominés. Au prime suivant, l’un des deux nominés est éliminé. Les enfants sont notés comme suit : Les votes par sms, additionnés aux points du jury sont ensuite totalisés pour faire la moyenne. Le vote par sms compte à  60 % et celui du jury à  40 %. Chaque candidat a un numéro : K1, K2, K3 etc… Ils s’appellent Sata Samaké, Oumou Kouyaté, Lala Kouyaté, Moriba Traoré, Wassa Coulibaly, Souadou Babily Kanouté, Salimata Kouyaté, Djessou Diawara, Nassira Diarra, Fatoumata Traoré. Ils ont entre 8 et 14 ans et sont tous scolarisés. Plus que six candidats en lice Samedi dernier, a eu lieu le cinquième prime de Ministar. Les candidats ne sont plus qu’au nombre de six. De leurs début à  maintenant, on constate une nette amélioration au niveau des interprétations. Ils sont très assidus et se perfectionnent dans leurs imitations. Certains parmi eux sont enfants de célèbres artistes maliens et interprètent les chansons de leurs parents. On peut citer Mabara Soumano, Fati nationale, Ami Sacko… entre autres. Le lauréat 2009 de Ministar empochera le rondelette somme de 1 millions de FCFA en plus de nombreux petits lots d’accompagnement. Alors, qui de Mabaro Soumano ou d’Ami Sacko remportera la finale, à  moins qu’une mini graine de star, ne vienne tous les détrôner…

Ismaïla Sidibé, une success story à la malienne

Au moment o๠la chaà®ne Africable souffle ses cinq bougies à  Bamako, son président fondateur, Ismaà¯la Sidibé, reste à  47 ans un vrai passionné. A la tête de l’une des rares chaà®nes panafricaines basée sur le continent, il foisonne d’idées de programmes, et envisage même de lancer de nouveaux concepts de chaà®nes. La télévision à  l’échelle du continent Convaincu par l’idée de créer une véritable chaà®ne panafricaine, il a tout fait pour la mettre en œuvre. Avant de fonder Africable, Ismaà¯la Sidibé, marié et père de cinq enfants, a commencé par gérer un vidéo club, poser des antennes paraboliques en Côte d’ivoire, puis par lancer le même type de services à  Bamako en 1990. Deux ans plus tard, il fait une demande d’installation d’un réseau MMDS (télévision par micro-ondes), puis créé en 1995 la société Multicanal, qui propose un bouquet satellitaire de chaà®nes francophones telles que TV5, MCM Africa, CFI ou encore Canal Horizons. Ce n’est qu’en 2000 que l’aventure Africable débute réellement. Sidibé, qui fait alors partie de l’association des opérateurs privés de télévision d’Afrique (OPTA), décide de créer avec des collègues du Togo, du Bénin et de Djibouti, une société de droit malien dénommée Africable. La nouvelle chaà®ne de télévision démarre officiellement ses émissions le 24 avril 2001. Elle propose alors depuis Paris un bouquet de chaà®nes cryptées destiné à  tous les opérateurs du réseau africain comme Excaf au Sénégal, et Mediatrix au Togo. Mais au bout d’une année, l’expérience prend fin, faute de rentabilité. 2004 : Africable renaà®t de ses cendres C’’est alors que Nayou, tel que le surnomme ses amis depuis l’expérience ivoirienne, décide de relancer le projet à  partir de Bamako, profitant de l’arrivée sur le marché d’équipements de régie et de diffusion numérique inédits, ainsi que du lancement de nouveaux satellites à  destination de l’Afrique. Après deux années de travail et grâce à  un prêt d’1 million d’euros d’Ecobank, Africable renaà®t de ses cendres en 2004 avec un nouveau concept : diffusion en clair et financement par la publicité, l’interactivité (SMS), le sponsoring, l’événementiel et les droits dérivés. La chaà®ne émet depuis «sur les réseaux C’blés et les relais hertziens de treize pays francophones. Grâce au satellite, Africable peut être regardée partout en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient, se félicite Sidibé ». Et sur Internet depuis 2008. Quant au contenu, chaque soir des journaux télévisés de certaines chaà®nes nationales, notamment du Mali, du Sénégal, du Cameroun, de la Guinée, ou encore du Burkina Faso, sont diffusées expurgées de leurs pages d’information internationales, ce qui permet aux ressortissants de ces pays vivant à  l’étranger de suivre des événements les concernant. Résolument généraliste, Africable diffuse aussi des émissions musicales et de divertissement, du football, des débats de société, des programmes économiques (Ecomag), politiques (grandes interviews de personnalités politiques, couverture de campagnes électorales), et aussi des films. Mais son succès, elle le doit avant tout aux séries africaines telles que Ma Famille, ou plus récemment Marc et Malika, ainsi qu’à  la téléréalité et son émission phare « Case Sanga », la Star Academy à  l’Africaine. A ceux qui lui reprochent le manque de diversité des programmes, Sidibé rétorque que « le monde ne s’est pas construit en quelques années, et qu’Africable n’a finalement que 5 ans ! » Un développement sur les chapeaux de roue Volontiers taquin, audacieux, et redoutable homme d’affaire, ce natif de Bamako délègue difficilement et aime avoir un œil sur tout : programmes, publicité, diffusion. Constamment sous pression, les équipes d’Africable, environ 55 salariés, n’ont pas d’autre choix que de donner le meilleur d’elles mêmes. « Le boss », qui tente d’insuffler une culture du résultat et de la performance, se heurte parfois aux limites de collaborateurs formés sur le tas. Sa solution ? Créer une école des métiers de l’audiovisuel, dont une partie de la promotion serait recrutée au sein d’Africable, et envoyés dans les différents bureaux régionaux, Dakar, Ouagadougou, Abidjan, Libreville, qui ont fleuri ces dernières années. En effet, Africable a grandi. Avec une croissance annuelle de plus de 15 % depuis 2004, le chiffre d’affaires devrait atteindre 2,5 milliards de F CFA à  la fin 2009. Et Sidibé ne craint pas la nouvelle concurrence d’Africa 24 (fondée par le camerounais Constant Nemale, ancien de 3A Télésud), ni d’Africa Vox (détenue par le banquier camerounais Paul Fokam), car selon lui, « le vrai combat se joue dans les réglementations nationales – notamment pour les autorisations d’émission – et dans la production de contenus. Des domaines o๠nous avons plusieurs années d’avance ». Une étude d’audience menée par la société française Médiamétrie sera bientôt disponible, et « confortera, toujours selon le PDG, la position de leader d’Africable », également visible depuis quelques mois sur les bouquets français. Beau succès pour Sidibé, véritable autodidacte, qui voit déjà  plus loin. La libéralisation du secteur audiovisuel au Mali devrait en effet lui permettre de détenir une nouvelle fréquence. En parallèle, il créée des chaà®nes clef en main pour des opérateurs au Sénégal, au Bénin, ou au Congo, et travaille sur d’autres concepts de chaà®nes panafricaines. Nul doute que le paysage audiovisuel africain se trouvera bouleversé d’ici 2010, année du cinquantenaire des indépendances… La Caravane de l’Intégration lancée à  Dakar Nouveau défi pour Ismaila Sidibé, conduire à  bien la Caravane de l’Intégration Africaine, lancée à  Dakar et qui du 8 Mai 2010 au 31 Juillet 2010, traversera 11 pays, un évènement qui commémore le cinquantenaire. Et SIDIBE, Président directeur général de la chaà®ne panafricaine Africable, a été fait Officier de l’Ordre national du Lion, l’une des plus hautes distinctions sénégalaises. La cérémonie qui s’est déroulée au Palais présidentiel à  Dakar, a réuni le Président de la République, Maà®tre Abdoulaye Wade, le Ministre de la communication Moustapha Guirassy, ainsi que l’équipe d’Africable. C’est la veille, lors de la cérémonie de lancement officiel de la Caravane de l’intégration, sur l’esplanade du Monument de la Renaissance africaine, que le Président Wade, avait annoncé cette décoration. A l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance, la Caravane de l’Intégration, premier Road TV africain, traversera 11 pays d’Afrique de l’Ouest et diffusera des émissions en direct, en donnant la parole aux citoyens africains.