Mali – Covid-19 : Une « aubaine » pour la télésanté

La pandémie de Covid-19 a renforcé l’éclosion de la télésanté, la distanciation physique étant recommandée pour freiner la propagation de la maladie. En Afrique et au Mali, les solutions numériques ont le vent en poupe.

Africa virtual hospital. C’est la plateforme numérique mise au point au Mali par le groupe Famib pour un système d’information dématérialisé et médicalisé avec un dispositif d’acquisition de données médicales en temps réel.

Elle fournit  également des soins de santé primaire et d’urgence, tels que les tests, les investigations, les diagnostics, la collecte d’informations sur les patients, la gestion des dossiers médicaux et la consultation « numérique ».

« En état d’urgence sanitaire, il y a un besoin de solutions numériques innovantes pour la traçabilité des patients et des soins, notamment pour l’actuelle pandémie du coronavirus, avec un seul mot d’ordre : sensibilisation et alertes stratégiques rapides », souligne Amadou Diawara, CEO du groupe Famib.

Entraide médicale numérique

Le Réseau d’échange entre médecins d’Afrique (REMA), lancé en 2017 par le Béninois Dr. Sedric Degbo, est une application disponible sous Androïd, et bientôt sous IOS, qui fournit aux professionnels de santé un service de collaboration médicale à distance.

Le réseau est présent dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, notamment  au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Niger et au Sénégal.

Avec l’arrivée de la Covid-19 sur le continent, la plateforme est accessible gratuitement pour les infirmiers et sages-femmes. 70% des publications et des échanges concernent actuellement la pandémie du nouveau coronavirus.

« Pour aider les gouvernements d’Afrique à mieux faire face à la pandémie avec les  meilleurs outils, nous avons pris l’initiative de mettre gratuitement notre système de  communication médicale institutionnelle à la disposition des ministères de la Santé du continent », précise l’initiateur du REMA.

Germain Kenouvi

TIC : Repenser la formation pour s’adapter aux besoins

Si le domaine des Technologies de l’information et de la communication (TIC) a de beaux jours devant lui au Mali, l’offre de formation à l’endroit des jeunes est primordial pour un véritable essor du secteur. Aujourd’hui, quels acteurs et quelles stratégies de formation pour gagner ce pari ?

Au lendemain de l’Indépendance fut créée l’École nationale des postes et télécommunications (ENPT), en vue de la formation des jeunes cadres dans le domaine. Mais cet établissement n’a pas eu longue vie et a été fermé.

Plus tard, l’École supérieure multinationale des télécommunications (ESMT), créée en 1981 à l’initiative de 7 pays d’Afrique, dont le Mali, et basée à Dakar, a pris le relais. Véritable creuset d’excellence en termes de formation, avec pour vocation première de limiter la fuite des cerveaux en fournissant un cadre formatif de qualité adapté aux besoins des entreprises africaines, l’EMST est un pôle régional de convergence en matière de formation, d’enseignement, de recherche et d’expertise dans le domaine des TIC.

Plusieurs Maliens y ont été formés et l’idée de l’implantation d’une antenne nationale à Bamako est en train d’être étudiée par les autorités. Pour l’heure, à travers le pays, quelques établissements privés proposent certaines filières en technologies de l’information et de la communication.

Créée en novembre 2006, l’École supérieure de commerce et de technologie (ESCT) a la particularité d’intégrer les TIC à tous ses niveaux de formation. Outre les filières classiques du commerce, l’ESCT offre la possibilité aux étudiants de se former dans comme développeurs d’applications et de systèmes d’information, réseaux informatiques et télécommunications.

L’Institut africain de technologie et de management (ITMA) propose également des formations en génie logiciel, réseaux et systèmes, réseaux et télécommunications.

Filières prioritaires

Les technologies de l’information et de la communication étant en constante évolution, les besoins en formation doivent s’adapter aux réels manques du secteur aujourd’hui au Mali. « Aujourd’hui, en termes de formation, il faut d’abord mettre l’accent sur toute la partie qui concerne le développement et la programmation d’applications et sites web, notamment les applications professionnelles. Après, il y a aussi la partie accompagnement de la transformation digitale des entreprises. C’est toute une dimension du changement de formation qui est très importante », souligne Nicolas Bouchaud, Directeur du centre de formation continue de l’ITMA.

« Nous essayons de valoriser cette approche globale. Ce qui est à la fois l’approche sur le hardware et le software et le développement des outils numériques, mais, à côté de cela, toute l’approche humaine pour accompagner l’introduction de ces outils dans les organisations », ajoute t-il.

Le développement d’applications web et mobile apparaît aujourd’hui comme l’une pistes prioritaires à prendre en compte en termes de formation des jeunes. « Le développement web et mobile a de beaux jours devant lui et les grandes entreprises ont besoin de développeurs de systèmes efficaces. Il est donc important de donner accès aux jeunes à ces outils modernes, à travers une formation adaptée », conclut Seydou Sy, Directeur Général de l’ESCT.

Économie numérique : Impulser la dynamique

Le Mali ne se développera pas sans les technologies de l’information et de la communication (TIC). C’est la conviction de nombreux acteurs et celle des autorités, qui semblent avoir pris la mesure de l’enjeu. Pourtant, malgré l’existence d’une politique nationale en la matière et une stratégie de mise en œuvre, le secteur peine à s’épanouir. Manque de vision claire ou mauvaise coordination des actions et des structures d’encadrement, les obstacles sont encore nombreux pour impulser une véritable économie numérique.

« Le Mali tarde à développer l’économie numérique par qu’il y a un problème de leadership et de vision. Les politiques n’ont pas les mêmes visions que les techniciens », affirme M. Hamed Salif Camara, directeur général de l’Agence des technologies de l’information et de la communication (AGETIC). En effet, ce serait plus un manque de convergence entre les techniciens, chargés  de mettre en œuvre la politique nationale des TIC ainsi que sa stratégie, jugées plutôt « bonnes », et les politiques qui expliquerait l’absence de mise en œuvre. Il importe donc de « repenser la stratégie », estime M. Camara.

Parmi ces changements stratégiques, la récente création d’un ministère de l’Économie numérique, associée à la prospective, est saluée comme une avancée. Parce qu’auparavant ce ministère, qui était lié à la communication, donnait plus de place à la « communication gouvernementale », relève M. Camara.

Pour développer le secteur économique autour du développement des outils technologiques, il faut prendre un certain nombre de mesures, parmi lesquelles celle qui consiste à assurer davantage la connectivité du Mali, le développement des infrastructures de communication et la dématérialisation de certaines tâches, ce qui pourrait apporter des recettes supplémentaires au pays, assure le responsable de l’AGETIC.

Changer de dynamique

Si le secteur a besoin d’une dynamique nouvelle, il est réel que « de plus en plus d’entrepreneurs se lancent dans ce domaine », constate M. Mohamed Kéïta, directeur de l’incubateur Impact Hub. Une dynamique enclenchée depuis quelques années qui n’occulte pas cependant les difficultés, au nombre desquelles les questions de financement et les ressources humaines. Parce que développer un projet dans le numérique nécessite des compétences qui ne sont pas toujours disponibles au Mali, déplore M. Keïta. Parmi les profils recherchés, il y a notamment les développeurs, pour développer des applications et concevoir les sites internet, entre autres. Ce facteur indispensable constitue « un gros blocage, même plus que le financement », ajoute M. Keïta.

Cet engouement pour le numérique se fait aussi souvent, malheureusement, au détriment des besoins réels du marché. En effet, certains entrepreneurs se lancent et  développent des solutions « dont personne ne veut », déplore M. Keïta. Sur le plan institutionnel, si la création du ministère de l’Économie numérique et d’une direction dédiée constitue un début, sur le plan des initiatives les entrepreneurs « restent sur leur faim », note M. Keïta.

Cette absence d’impact résulte, selon les acteurs, d’un manque de coordination et même d’une confusion des rôles entre les différentes structures de l’administration.  Créées par l’État lui-même, elles « se chevauchent et marchent les unes sur les autres, ce qui crée une cacophonie énorme en matière de développement des technologies, de services à l’administration et de services aux usagers », regrette le directeur général de l’AGETIC.

 Cette « structure mère en matière de technologies », qui a succédé en 2005 à la Mission pour les nouvelles technologies de la communication, a bénéficié des réalisations de cette mission, ajoute M. Camara de l’AGETIC. Cependant, l’un des projets-phares de cet ancêtre n’a pu encore être traduit en réalité.

C’est ainsi qu’en 2000 « les autorités ont lancé un projet de connexion des 703 communes du Mali. De 2000 à maintenant, les ressources n’ont pas suivi, les moyens n’ont pas été mis en place, la stratégie de connectivité n’a pas été développée, le renforcement des capacités n’a pas été fait et le recrutement conséquent non plus ». Ainsi, cette vision assez révolutionnaire n’a donc pu être mise en œuvre faute de moyens.

Car il ne sert à rien d’avoir « une multitude d’acteurs de la même administration avec des missions similaires et des projets similaires pour les mêmes populations », déplore le responsable de l’AGETIC. Les ressources de l’État sont donc gaspillées et le manque de coordination persiste. Ce qu’il faudrait, c’est une « vision d’ensemble », afin que les structures soient complémentaires. Enfin, comme dans tous les secteurs, en matière de développement les actions doivent s’inscrire dans la durée et se réaliser selon un long processus, qui dépasse celui de l’action politique.

Des actions sur la durée

Le Mali pourrait se passer rapidement de l’aide budgétaire s’il développait l’économie numérique, affirment les spécialistes. Le développement des outils technologiques peut permettre de recouvrer le maximum de ressources, de lutter efficacement  contre la corruption et de créer la transparence et la traçabilité des processus.

Si l’on regarde ce qui est vraiment possible, l’État malien peut aller beaucoup plus loin que cela. Encore faut-il faire du numérique une priorité absolue, d’autant que ce domaine est transversal. Parler du numérique, c’est parler simplement de développement. Toutes les technologies du « futur » ont une application dans chaque domaine de la société, comme la santé, les transports ou l’économie tout court. L’une des pistes à explorer par les autorités passe par la fiscalité des entreprises du numérique, auxquelles les gouvernants doivent accorder une attention particulière. En plus de ces actions, les dirigeants doivent soutenir « la formation de talents » et investir dans la recherche et le développement afin que le Mali puisse promouvoir ses innovations et déposer des brevets pour être en pointe. Les ressources humaines de qualité, le cadre réglementaire et le financement sont donc les leviers sur lesquels doivent s’appuyer les autorités pour booster le secteur.

Un secteur privé crucial

L’État doit mettre en place les conditions nécessaires à l’épanouissement du secteur privé, mais c’est ce dernier, véritable créateur de richesses, qui doit s’investir le plus possible. Regrettant que la plupart des projets soient gérés par des sociétés étrangères, le directeur général de l’AGETIC estime que le secteur devrait être mieux organisé. « Les jeunes entreprises doivent se mettre ensemble. Alors seulement elles offriront de meilleurs services ».

Le rôle de satisfaction des besoins du marché qui incombe au secteur privé peut être accompli à travers l’utilisation par « les grandes structures de ces technologies ». Ces grandes entreprises doivent donc collaborer avec les start-up qui développent les solutions innovantes afin de mettre en œuvre « la co-création », ajoute M. Keïta, le responsable d’Impact Hub.

Les types de collaborations que permet la technologie peuvent par exemple permettre à des institutions bancaires, à travers une réflexion avec des start-up, d’étendre leurs activités sur des parties du territoire où elles ne disposent pas de représentations physiques. Cette digitalisation des services favorisera ainsi l’inclusion financière et contribuera à la sécurité des transactions.

Dans le même sens, ces offres innovantes peuvent permettre d’accroître la transparence dans certaines actions publiques, comme par exemple les subventions. La technologie blokchain est à cet effet la solution idéale pour que les vrais bénéficiaires des subventions reçoivent de façon effective la quantité qui leur est destinée. Un gage de fiabilité, qui rend ce genre de circuit infalsifiable, en garantit la transparence et évite les détournements, fréquents dans ce domaine. Il faut donc encourager cette forme de collaboration avec les grandes structures et les organisations de développement.

Malgré les défis, les perspectives sont bonnes dans le secteur des technologies, qui se développe, estiment les acteurs. Mais les  efforts  pour rendre  plus accessible la technologie internet doivent se poursuivre, notamment au niveau de la desserte et des coûts. Ce qui aboutira à un meilleur ancrage de l’utilisation de ces technologies par le plus rand nombre.

Le numérique est un outil indispensable pour que les missions régaliennes de l’État soient menées à bien, assurent ses acteurs. « La dynamique va se poursuivre, mais il faut l’accompagner », conclut M. Keïta.

Commémoration de la Journée mondiale des télécommunications et de l’information à Bamako

Les travaux de la journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information s’ouvrent ce vendredi à Bamako.

Bamako, la capitale malienne abrite ce 17 mai 2019, les travaux de la  Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information. Sous la présidence du Ministre de l’Économie Numérique et de la Prospective, le thème de cette édition est : « Normalisation et contrefaçons des équipements radioélectriques : quelles mesures à prendre ? ».

La Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information a pour but de contribuer à sensibiliser  sur les perspectives qu’ouvrent l’utilisation de l’Internet et des autres technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les domaines économique et social, ainsi qu’aux moyens permettant de réduire la fracture numérique.

Célébrée chaque année depuis 1969, cette Journée commémore la création de l’Union internationale des télécommunications (UIT) le 17 mai 1865, avec la signature à Paris de la première Convention télégraphique internationale.

Le thème général de cette 50ème journée mondiale consiste à «Réduire l’écart en matière de normalisation ».

 

Createam : Booster l’ingéniosité numérique des jeunes

Dans le cadre de la semaine de l’innovation technologique, l’incubateur Createam en partenariat a organisé une rencontre d’échange sur l’importance des TIC dans l’économie future. Dénommé « Journée du numérique », l’évènement  a vu la présence du Ministre de l’Economie Numérique et de la Communication et du Ministre de l’Innovation et de la Recherche Scientifique.

Montrer aux jeunes entrepreneurs que le numérique est aujourd’hui un outil incontournable et est au cœur même du développement et de l’innovation, les faire rencontrer les différents acteurs qui y évoluent et leur donner des perspectives afin qu’ils puissent monter leurs entreprises numériques sur des besoins des clients qui sont identifiés. Tel est l’objectif principal qu’a visé la direction de Createam en concrétisant cette initiative. Nombreux ont été les jeunes entrepreneurs qui ont répondu présents à cet appel où plusieurs de leurs préoccupations, que ce soit sur le financement des projets, l’accompagnement de l’Etat ou encore l’accès aux marchés, ont été prises en compte par les ministres.

«Aujourd’hui l’économie numérique est en train de bouleverser tous les secteurs de notre quotidien. C’est une matière qui est devenue transversale, incontournable et l’évolution du monde va avec les Technologies de l’Information et de la Communication » a indiqué le ministre Modibo Arouna Touré avant de rappeler que sa présence dénotait de l’intérêt du gouvernement à accompagner ce secteur. « C’est à vous en tant que tenants de notre écosystème de transformer notre économie en créant de la richesse, de la croissance et de l’emploi » a t-il ajouté à l’endroit des incubateurs et des starts up tout en leur assurant des stratégies d’accompagnements en cours des plus hautes autorités. Le ministre s’est montré confiant car pour lui, « le Mali est déjà dans les wagons de tête et n’est pas en marge de cette révolution numérique qu’on est obligé de suivre ». Pour sa part Mme Assétou Founé Samake Migan, est revenue en long sur les « défis nombreux et complexes » qui s’imposent au pays en matière d’innovation technologique et a invité le pays à « corriger les bases de données administratives pour bien planifier le développement ».

Un des moments clés de la rencontre, Mohamed Diarra, lauréat du Prix Orange de l’entreprenariat social et Directeur de Zik Mali, qui est une plateforme de distribution numérique d’œuvres musicales et cinématographique dédiée exclusivement à la culture malienne, est monté au créneau pour non seulement présenter son entreprise mais aussi partager son expérience avec les autres jeunes entrepreneurs.

Les échanges se sont terminés sur un panel réunissant différents acteurs des TIC au Mali, au cours duquel ces derniers se sont penchés sur plusieurs aspects relevant du domaine et importants aujourd’hui pour un réel décollage numérique orchestré par la jeunesse.

COFTEL : L’application du free roaming en débat à Bamako

La cérémonie de lancement de la neuvième réunion de la conférence des Opérateurs et Fournisseurs de services de Télécommunications des Etats membres de l’UEMOA (COFTEL), a lieu, ce mercredi 20 juin 2018, à Hôtel Laïco, à Bamako. Prévue du 20 au 21 juin 2018, plusieurs thèmes au profit des consommateurs de la zone UEMOA sont au menu de cette rencontre.

La Conférence des Opérateurs et Fournisseurs de services de télécommunication des Etats Membres de l’UEMOA, est une organisation, créée en 2007. La COFTEL à en son sein 20 opérateurs et fournisseurs de services de télécommunication. Parmi lesquels il deux opérateurs maliens de téléphonie mobile à savoir Orange Mali et Sotelma-Malitel. L’un des objectifs majeurs de cette association est de promouvoir le développement des technologies de l’information et des communications au sein à l’espace UEMOA.

Durant ces deux jours d’échanges, les opérateurs économiques examineront de long en large plusieurs thèmes pour l’avenir de la téléphonie mobile dans la zone UEMOA. Le thème central de cette neuvième réunion est « les modalités d’application du free Roaming dans l’espace UEMOA ». En plus de ce thème, les opportunités de déploiement dans le secteur comme la santé, les transports, ainsi que les possibilités d’une large inclusion financière par biais du mobile banking seront débattus. « La suppression des frais de roaming au sein des Etats membres de l’UEMOA donnera le point de départ d’une nouvelle aventure dans le domaine de télécommunications pour faciliter la mobilité des populations et l’intégration régionale à travers le TIC », estime Cheick Omar Maïga, Représentant du ministre de l’Économie Numérique et de la Communication.

Conscient de la forte croissance dans le domaine des télécommunications en Afrique, plus particulièrement en Afrique de l’Ouest. La COFTEL réitère son engagement aux côtés de l’UEMOA pour le développement socioéconomique de la sous-région. Elle reste convaincue, afin de s’impliquer pour une amélioration des services innovants comme la TNT, la connexion 4G, ou encore le mobile banking. « Les investissements en Afrique dans les télécommunications mobiles sont en croissance forte et le taux de pénétration de la téléphonie mobile est en nette progression et varie de 20 à 25 % d’un pays à un autre, notamment dans la région ouest-africaine », a déclaré Brutus S Diakité, directeur général adjoint d’Orange Mali.

Women Techmakers : les femmes au cœur des TIC

Accroitre la représentation féminine dans le monde des NTIC, c’est le souhait de femmes qui se sont regroupés au sein d’une communauté appelée les Women Techmakers.

Que serait la résolution d’une équation de femmes passionnées par les NTIC ? Pour tous ceux qui ont des problèmes avec les mathématiques, ne vous torturez pas. La réponse est simplement les Women Techmakers. « Nous sommes une communauté de femmes qui évoluent dans le domaine des NTIC, mais pas seulement. Nous accueillons aussi des novices qui veulent se lancer dans le monde des nouvelles technologies », dit Fatim Diarra, la Lead organizer de l’organisation. Agée de 28 ans, cette jeune dame, fan absolue de science-fiction depuis son plus jeune âge, ne pouvait rêver mieux. « Dans les nombreux films de SF que j’ai vus plus jeune, j’étais épatée par ce qu’ils montraient. Je voulais faire comme eux ». Même si les mondes futuristes dépeints dans ces productions ne se sont pas encore réels, ces femmes nourrissent l’espoir de participer à « l’évolution ». Et elles y arrivent, à travers innovations et applications bien pensées.  Infiny Design, Yando, Bara 2.0 et autres sont issues de l’esprit brillant de ces jeunes femmes et, qui sait, pourraient bien conquérir le monde. Car ces entrepreneures – développeuses ont de l’ambition. Lancé le 8 mars 2016, date ô combien symbolique, Women Techmakers Bamako, compte aujourd’hui une cinquante de membres aux profils très divers. Infographistes, développeurs web, ingénieures réseau télécom se côtoient et échangent des idées. « Notre communauté ne compte pas uniquement des personnes ayant un rapport avec les NTIC, nous avons aussi une danseuse professionnelle et des juristes », précise Diarra. Ces « novices » bénéficient des qualités de ces jeunes dames, qui ne ménagent aucun effort pour que l’intérêt de ces aspirantes « geeks »ne faiblisse pas.

Jeunes et déterminées

La moyenne d’âge de cette communauté est de 24 ans. Jeunes oui, mais matures dans leur démarche, aider et encourager les femmes à entreprendre dans un domaine d’avenir. « C’est un monde très masculin. Nous nous entourons de femmes qui ont fait leurs preuves. Elles assistent nos membres pour qu’elles évitent les pièges liés à l’entreprenariat », soutient Diarra. Très actives sur les réseaux sociaux, elles profitent des opportunités de formations ou de stages présentes sur les plateformes virtuelles. Les Techmakers allient à la perfection vie quotidienne et passion pour les NTIC. Cette détermination a déjà fait naitre des vocations et les Women Techmakers ont donc initié un jeu concours, « Top Chrono », dont la première édition s’est tenue en novembre.

Lenali, le réseau social tout vocal

S’il y a une application à retenir cette année, c’est bien Lenali ! Une synthèse habile de messagerie et de réseau social, qui fonctionne dans toutes les langues nationales et favorise le vocal à l’écrit.

C’est dans la jungle des réseaux sociaux, où la concurrence est féroce et où il est difficile de se faire une place, que Mamadou Gouro Sidibé a décidé de s’implanter. À 44 ans, ce visionnaire diplômé en électrotechnique et en informatique dans les Universités de Saint Petersbourg en Russie et de Versailles en France, a frappé fort avec son innovation. En 2015, il lance Lenali, premier réseau social totalement vocal avec des fonctionnalités en langue nationales. Une idée novatrice qui tranche avec les réseaux sociaux classiques. Pour mettre en place Lenali, il s’appuie sur l’existant. « J’ai tout simplement pris ce qu’il y a de bien des deux côtés (réseau social, Messenger) pour Lenali », explique-t-il modestement. Selon lui, les utilisateurs assidus de réseaux sociaux ne dépassent pas les 30%. « Les personnes préfèrent plus parler, qu’écrire, c’est plus intimiste et chaleureux d’entendre la voix d’une personne, et c’est plus authentique », argumente-t-il. Sur Lenali, on peut donc dépasser la barrière de l’écriture (dans un pays où le taux d’analphabétisme est encore très élevé) pour vocaliser les messages, ce qui donne l’avantage de le faire non seulement dans sa langue maternelle et d’être ainsi aisément compris, mais aussi dans un temps court. « Nous consommons moins de forfait, donc c’est plus accessible à beaucoup de bourses. Il y a aussi beaucoup de conseils et d’astuces à la disposition de l’utilisateur ». Comme les informations utiles qui sont désormais disponibles sur l’appli, et ce dans toutes les langues du Mali. « Ce n’est qu’un début, nous avons encore beaucoup d’idées pour étoffer le produit », s’enthousiasme Mamadou Gouro Sidibé. L’application peut également consommer du contenu Youtube directement sur sa plateforme. Depuis son véritable lancement en mars 2017, 4 000 personnes ont déjà adhéré au concept et le nombre de conquis devraient aller en augmentant.

 

CFAO Technologies : Pour des systèmes plus sûrs

Dans un monde de plus en plus connecté, où les frontières virtuelles s’étendent à l’infini et où notre sécurité ne tient qu’à un clic bien senti d’un hacker, CFAO Technologies Mali, filiale du groupe CFAO, propose des solutions adéquates à ses clients. « En matière de sécurité, nous n’abordons pas le sujet sous l’angle d’offres, c’est plutôt la problématique de chaque client qui guide notre approche », explique Hubert Désiré Olo’o, directeur de CFAO Technologies Mali. La société offre à ses clients une large gamme qui leur permet de se prémunir contre d’éventuelles attaques informatiques. Les 22 personnes travaillant pour le groupe s’attèlent à définir une politique de sécurité des systèmes d’information (qui rassemble l’ensemble des ressources d’une entreprise). Des audits, des formations sont menés et des tests d’intrusion imaginés pour apporter des réponses aux différents types d’incidents pouvant survenir. « Nous offrons des plans de sécurisation des terminaux et périphériques, la sécurisation du réseau, des applications et des données », détaille le directeur.

Certaines entreprises peu enclines à évoquer des cyberattaques les touchant, trouveront en CFAO Technologies un garde-fou efficace pour préserver leur quiétude. « Le système d’information est un actif nécessaire à protéger. Il est important de le faire pour protéger le capital financier, informationnel de l’entreprise et pour lui permettre de garder la confiance de ses partenaires », précise M. Olo’o.

Présent dans 22 pays africains depuis plus de 15 ans, le groupe CFAO bénéficie à la fois d’une expérience et d’une synergie nécessaire pour offrir une qualité de sécurité dans un environnement de plus en plus sensible.

AGETIC, la formation pour leitmotiv

Depuis le début de l’année 2017, l’Agence des technologies et l’information et de la communication (AGETIC) a entrepris un grand chantier de renforcement des capacités, d’abord de ses agents, puis de tous les acteurs des TIC des structures étatiques et parapubliques, faisant de la formation un axe fort de ses missions.

« Nous avons fait des formations sur la conception d’application, de design de sites web, etc… Puis, avec la création il y a peu du département de cybersécurité, nous avons entrepris de renforcer les ingénieurs et les administrateurs réseaux avec une formation dispensée par un expert français et qui a été ouverte au public », explique Hamed Salif Camara, directeur général de l’AGETIC. Une occasion qui a permis aux initiateurs de se rendre compte de l’existence d’une demande assez importante de formation, les ingénieurs qualifiés de la place éprouvant le besoin de s’adapter aux évolutions de leur secteur.

D’autres modules sont prévus et dans le cadre d’un partenariat avec un prestataire local, l’AGETIC va former son personnel afin d’avoir à l’interne des développeurs et de se doter de ressources humaines compétentes pour développer des logiciels, faire des sites web ou travailler sur la cybersécurité. Depuis le début de l’année, plusieurs centaines d’agents de l’État ont été formés à l’utilisation des produits que l’AGETIC est désormais en mesure de proposer, tels qu’une application de gestion de courrier qui est en cours d’implémentation.

La question de la sécurité est également un axe central dans la politique de formation de la structure. « Nous venons de terminer une session avec les agents des ministères pour leur apprendre les bons réflexes sur, par exemple, quelle attitude adopter quand on se rend compte qu’on est victime d’une attaque informatique pour éviter de contaminer les autres personnes qui sont dans le même réseau », conclut Hamed Salif Camara.

 

Le business des solutions de cybersécurité

Les opportunités qu’offrent le numérique sont accompagnées de menaces qui peuvent même affecter la sécurité individuelle ou/et collective. Les offres se multiplient pour faire face à ce nouveau besoin. Focus sur un secteur en pleine croissance.

Grâce à Internet, de nombreux utilisateurs sont en contact permanent et diffusent des informations susceptibles d’être détournées de leur usage initial. Les nouvelles menaces informatiques n’ont pas fini d’émerger et ont pour noms : perte de données, fuite d’informations confidentielles, paralysie du système informatique ou encore blocage des communications avec l’extérieur.

Des solutions technologiques existent et le secteur est en plein boom, de nouvelles menaces, toujours plus complexes, apparaissant chaque jour. Les sociétés de services de cybersécurité fleurissent également, proposant des stratégies de défense complètes. « Il y a une forte demande en matière de qualité de services depuis la fin des années 2000 », explique Antoine Diarra, directeur d’Arezys, entreprise spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication, créée en 2009 à Bamako. Allant des solutions entreprises sur mesure à la sécurisation des données et des infrastructures web en passant par les applications mobiles et plateformes SMS, les solutions proposées par ces structures sont réservées à 75% aux entreprises et organisations internationales dans les domaines bancaires, miniers ou encore les ONG. « Nous accompagnons les structures publiques, entreprises et industries et évaluons ensemble les risques avant de mettre en place un plan de sécurisation tout en tenant compte des perspectives de croissance de l’entreprise », explique pour sa part Gabriel Alassane Traoré, directeur associé de Voolinks, prestataire et intégrateur de solutions web. À coté de ces structures nationales, il existe quelques sociétés internationales comme le groupe français CFAO Technologies ou le sénégalais STS. «  La mise en place du réseau de collaboration de l’entreprise est à 70 % le service le plus sollicité », confie Abdoul Sy, ingénieur en informatique et gérant de ISSCO, qui ajoute que l’État doit réguler ce secteur dont la qualité peut se répercuter sur l’économie du pays.

La pléthore de prestataires qui existe aujourd’hui ne répond en effet pas toujours aux exigences de qualité et les tarifs bas pratiqués par certains d’entre eux, bien loin du  minimum d’un million facturé par Arezys par exemple, cachent souvent des résultats et des services de piètre qualité.

 

Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haidara, président de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP)

Quel contexte prévaut au Mali en ce qui concerne les données à caractère personnel ?

La protection des données à caractère personnel au Mali est encadrée par la loi n°2013-015 du 21 mai 2013, qui assure à toute personne physique ou morale, publique ou privée, la protection de ses données personnelles (nom, prénom, compte bancaire, adresses, opinion, activité religieuse, vie sexuelle, etc.). Elle garantit le respect des libertés et des droits fondamentaux de la personne.

 Quelles sont les actions menées pour l’éducation numérique ?

Depuis sa création en août 2015, l’Autorité a entrepris une campagne de sensibilisation et de formation à l’intention des jeunes, omniprésents sur Internet et les réseaux sociaux. Nous avons organisé des ateliers d’initiation pour 300 jeunes aux concepts et aux techniques de protection de données personnelles. Nous sommes dans la réflexion, afin de dessiner les contours d’une collaboration avec les départements en charge de l’éducation et de la formation professionnelle, pour une prise en charge efficiente de la question.

 Quel appel pour les usagers maliens d’Internet ?

À l’ère du numérique, les données se révèlent stratégiques et constituent de véritables armes de conquête de pouvoir pour les États et les entreprises. Chacun doit prendre la mesure de la menace et s’entourer des garanties requises. J’invite tous les services qui traitent les données à caractère personnel, du secteur public ou du privé, à prendre attache avec l’Autorité en vue de se conformer à la loi.

Cybercriminalité : faire face à la menace

Vendredi 12 mai 2017, une cyberattaque cible plusieurs dizaines de milliers d’entreprises, de structures étatiques, dans plus de cent pays dans le monde. Les pirates qui ont utilisé un « cyberarmement » dérobé quelques semaines plutôt à l’agence de la sécurité américaine, la NSA, réclament une rançon pour arrêter l’attaque. Même si le Mali semble bien loin de ces préoccupations, quoique concerné par la menace, le scénario de l’attaque ressemble à ce que vivent bon nombre d’usagers de l’Internet sous nos latitudes. La toile et sa multitude de possibilités regorge d’autant de pièges face auxquels nous sommes souvent démunis. Quelles sont ces menaces, comment les appréhende-t-on et surtout comment sommes-nous protégés ?

Il est 17h dans les locaux de la Brigade d’investigations judiciaires, la BIJ comme tout le monde l’appelle ici. L’endroit grouille de policiers en civil et de personnes, avocats et leurs clients pour la plupart, qui viennent y régler quelque affaire. Dans son bureau, l’inspecteur principal, Papa Mamby Keïta, est envahi par les dossiers. Il parle sur deux téléphones en même temps et jette de temps en temps un regard sur l’écran de son ordinateur. Le policier est responsable du service spécialisé dans les affaires de cybercriminalité. « En fait, il n’existe pas encore de dénomination spécifique dans la loi malienne pour les infractions et délits commis sur Internet. Les textes prévus à cet effet n’ont pas encore été adoptés. Nous travaillons donc sur la base des textes existants et traitons les délits pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire escroquerie, chantage, etc, avant de prendre en compte la spécificité de l’espace où ils ont été commis, c’est-à-dire Internet », explique le responsable en second de la BIJ, le commissaire Dramane Traoré. Dans cette brigade, « nous traitons les affaires de grande envergure. Elles vont du crime organisé aux délits ayant trait aux deniers publics. Mais nous avons aussi affaire à des dossiers liés à des pratiques répréhensibles sur Internet », poursuit-il, en précisant que le Mali n’est tout de même pas arrivé au niveau des pays occidentaux où des questions comme la pédopornographie sur Internet, entre autres, sont une préoccupation majeure. « Nous n’avons pas encore ce genre d’affaire ici, reconnaît Papa Mamby Keïta. Les affaires les plus courantes, ce sont les chantages à la publication et aussi les injures et diffamation sur les réseaux sociaux ».

Peur sur le net Sur la moyenne de cinq affaires liées aux crimes et délits sur Internet que traite la BJJ chaque semaine, la grande majorité concerne le chantage. « Mon mari a été victime de ces gens », raconte Fatoumata. « Une fille l’a dragué sur Facebook et ils sont devenus amis, puis intimes, tout ça de manière virtuelle. La fille était censée être en Côte d’Ivoire. Il a échangé des photos suggestives avec elle et à partir de là, son cauchemar a commencé. Il a dû payer plusieurs centaines de milliers de francs avant de m’avouer la situation. La fille le menaçait de publier les images sur Internet. Nous sommes allés porter plainte contre X et les enquêteurs ont découvert que ce sont des gens, ici à Bamako, qui ont fait le coup. Ils les ont retrouvés, ont écrasé les images ». Et c’est tout. « Oui, parce que les gens ont honte, ils ne veulent pas que leur nom soit mis sur la place publique lors d’un procès. Alors, ils ne portent pas plainte », déplore l’inspecteur Keïta. Qui a également de nombreux dossiers de plainte pour injures et diffamation sur les réseaux sociaux. Avec les pages « people et scandale » sur Facebook, la surenchère sur les potins des personnalités artistiques ou politiques va bon train. Et avec elle, les « scoops », informations qui peuvent porter atteinte à la vie privée et à la dignité des personnes concernées. « Là aussi, ce n’est pas très compliqué de retrouver les auteurs. Le problème avec les réseaux sociaux, c’est la multiplicité des profils derrière lesquels se cachent des gens animés de mauvaises intentions. Quand la personne utilise son ordinateur ou son smartphone personnel, on la retrouve très vite. Mais les faux profils ou les arnaqueurs professionnels sont un peu plus difficiles à attraper », précise le commissaire Traoré.

Légiférer Internet est devenu au fil des années plus qu’un outil de travail, un véritable support d’éducation, instrument d’acquisition et de vérification des connaissances personnelles, un moyen de communication et plus largement une source d’accès à l’information. Au Mali, la question de la sécurité des usagers d’Internet se pose avec acuité. Les cyber-délits devraient bientôt passer de délits virtuels à des qualifications concrètes, liées à une législation spécifique. En effet, la loi sur la cybercriminalité déterminant les infractions, les sanctions qui leur sont applicables et la procédure pénale suivie en la matière a été adoptée en juin 2016 par le Conseil des ministres. Le texte qui détermine notamment les infractions d’atteinte aux infrastructures essentielles et au système d’information, les infractions de fraude en ligne, les infractions relatives aux opérations de piratage, d’usurpation d’identité, de traitement illicite de données à caractère personnel, de diffusion de contenu pornographique mettant en scène les enfants, etc, doit maintenant passer au vote à l’Assemblée nationale, à une date qui n’est pas encore déterminée. Il permettra de situer la responsabilité pénale de certaines personnes morales en matière d’infractions commises à l’aide de réseaux de communication électronique et des systèmes d’information, comme c’est le cas dans plusieurs pays de la sous-région qui ont déjà transposé la directive C/DIR/1/08/11 du 19 août 2011, portant lutte contre la cybercriminalité dans l’espace CEDEAO. Autre outil de la lutte contre les personnes utilisant Internet à des fins inavouables, l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP). Depuis sa création en 2015, elle lutte contre la collecte illicite et le traitement non autorisé de données personnelles au Mali. Une donnée personnelle se définit comme étant une information qui permet d‘identifier directement ou indirectement une personne. Il s’agit de données nominatives (nom, prénom, compte bancaire, adresses postale, électronique), des données sensibles (opinion, activités religieuse, philosophique, vie sexuelle, race, santé). Les mêmes données que l’on retrouve sur Internet et les réseaux sociaux et qui peuvent être utilisées à des fins commerciales sans l’autorisation du concerné, ou encore pour nuire à son intégrité morale.

Mesures de précaution En attendant, plus les technologies se développent, plus les malfaiteurs développent de nouvelles stratégies. Aucun compte de messagerie ou sur les réseaux sociaux n’échappe aux tentatives de « hacking ». Les pirates s’approprient des comptes existants et tentent de les utiliser pour arnaquer les contacts des propriétaires. « Cette pratique existait seulement pour le courriel, par le passé. Mais depuis quelques années, c’est sur Facebook qu’elle est le plus répandue », explique Souleiman, informaticien. « Ils savent comment contourner les anti-virus, et surtout savent utiliser les failles que nous-mêmes nous laissons, quand nous paramétrons nos comptes par exemple. Il existe des moyens de renforcer la sécurité d’un compte, mais si on ne le fait pas, les pirates entrent facilement et bonjour les dégâts ! », poursuit-il. Installer un anti-virus original et régulièrement mis à jour, modifier régulièrement son mot de passe, faire attention aux téléchargements suggérés et aux amis virtuels « suspects », voilà autant de précautions à prendre à un niveau personnel pour sécuriser un tant soit peu son utilisation d’Internet. « La protection des données, qu’elles soient personnelles ou appartenant à l’État, ou encore aux entreprises, est un chantier très important », explique-t-on à l’AGETIC, l’Agence pour la promotion des TIC au Mali. « L’attaque mondiale de la semaine dernière qui a d’ailleurs continué cette semaine, doit nous pousser à être plus vigilants. Ça n’arrive pas qu’aux autres et chacun peut être la porte d’entrée des virus dans son service, dans son entreprise ou vers ses contacts. Il convient donc de mieux se protéger, même si cela a un coût », poursuit son directeur général, Hamed Salif Camara. La cyberattaque mondiale a d’ailleurs sonné le tocsin de l’insouciance numérique au Mali. « Nous avons lancé ces derniers jours un vaste chantier de sensibilisation et d’information des acteurs des services publics et parapublics, afin que les habitudes changent. Nous avons un grand défi à relever, parce que les gens n’ont pas le sens de la confidentialité. On partage les codes wifi avec n’importe quel visiteur, on laisse brancher les périphériques externes sur du matériel informatique sensible… Tous ces comportements doivent cesser », conclut-il.

 

 

 

 

Les innovations qui vont changer votre quotidien

Korotoum Berthé :« Suivi-Sco », les résultats scolaires en direct

Korotomou

Finies les mauvaises surprises pour les parents d’élèves au moment de la proclamation des résultats d’examens. Avec son application Suivi-Sco, Korotoum Berthé permet aux parents de suivre tout au long de l’année scolaire et en un clic, les résultats scolaires de leur progéniture. La jeune femme de 22 ans, détentrice d’un master en réseaux et communication, fait partie des 16 filles membres du projet Filles et TIC (FITIC) initié par Impact Hub et Onu Femmes au Mali. L’application se divise en deux parties : une première consacrée aux écoles qui regroupent toutes les infos relatives à la vie scolaire (sorties, activités, programme des examens), et une seconde pour les parents d’élèves. Pour accéder aux notes, les parents devront avoir un compte d’utilisateur et un mot de passe affiliés aux comptes de leurs enfants pour garantir la confidentialité. « La plupart des parents d’élèves sont actifs dans le monde professionnel. Ils n’ont pas le temps de se déplacer dans les établissements scolaires. Avec cette appli, ils ont accès à toutes les informations dans le confort de leur bureau », explique Korotoum Berthé.

Ali B. Sidibé, développeur de « Bamako Taxis »

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À tout juste 30 ans, Ali Broma Sidibé, est l’initiateur de l’application « Bamako Taxi ». Cet originaire de Kalana, (région de Sikasso) est, depuis 2010, ingénieur en télécommunications. Classé premier en 2012 sur la plateforme Nokia au concours d’innovation organisé par la Société française de chemins de fer (SNCF), Ali Broma gagne un voyage à la Sillicon Valley aux États-Unis, où il visite les plus grandes sociétés d’économie numérique (Google, Facebook, Yahoo, etc) et en revient avec des idées plein la tête. Installé en France depuis 2012, c’est en 2013, alors qu’il travaille chez Michelin et Nokia comme ingénieur en modélisation des données, qu’il créé l’application mobile « Bamako Taxis ». Lancée en septembre 2016, elle est gratuite, tant pour le taximan que pour le client, et permet à l’un comme à l’autre de se retrouver le plus rapidement possible pour atteindre de manière optimisée la destination choisie. Pour qu’un taxi soit visible, il doit bien sûr être inscrit au programme de l’application. « L’appli existe d’ailleurs sur Googleplay », explique-t-il.

« Seulement 3 personnes travaillent sur le projet à plein temps. Avec nos 3 500 utilisateurs, nous cherchons à Bamako des commerciaux, développeurs et designers web. Nous visons 10 000 utilisateurs ». Ali Broma Sidibé, qui a aussi à son actif d’autres applications comme Lookpicker, Wasstrack ou Paris Visite, dit avoir de nombreux autres projets, « notamment dans les domaines de la sécurité routière, le social et la mode ».

Sani-Fere : cliquez, achetez !

sani fere

Dans le paysage encore peu connu du E-commerce malien, le site Sani-Fere s’impose comme étant une référence. Prix accessibles, disponibilité des produits mais aussi place de marché, le site a su séduire un public encore plutôt réticent aux transactions virtuelles. « Le E-commerce marche vraiment, il y a beaucoup de possibilités ». Adama Kouyaté, fondateur du site Sani-Fere, est catégorique. Du haut de ses 24 ans et après avoir obtenu son diplôme de technicien supérieur en réseaux et télécommunications en Tunisie, il décida, de retour au Mali en 2014, de créer le site de vente en ligne. « Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours rêvé de créer quelque chose qui porte mon empreinte », justifie-il. Grâce à son partenariat avec plusieurs marques et grands commerçants, son site offre un service XXL à ses clients. De l’électro-ménager au matériel informatique, l’offre est large. Selon lui, les produits cosmétiques sont ceux sur lesquels sa marge est la plus importante, avec près de 15%, tandis que celle réalisée sur la téléphonie ne représente que 3%. « On a beaucoup de commandes et de plus en plus de visiteurs », se réjouit-il. Les prix abordables et la perspective d’être livré rapidement séduisent progressivement, et pas moins de 1 700 personnes en moyenne visitent son site chaque mois. En 2015, il a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions de francs CFA.

Pacha Abdoul Malizé, blogueur high tech

Pacha

Natif de Tombouctou où il représente depuis un an Delta-C, une université spécialisée dans le développement local (décentralisation, aménagement, environnement), Aboul Hassane Cissé est membre fondateur de la communauté des blogueurs du Mali (Doniblog).

Major de sa promotion en 2008 au Lycée Technique de Bamako, il obtient une bourse en physique appliquée à la Faculté des sciences d’Agadir au Maroc. De retour au pays en 2013, Abdoul décroche une nouvelle bourse en informatique appliqué en gestion des entreprises au Bénin. Très impliqué dans les questions de technologies, il milite activement dans la campagne #Mali100Mega sur les réseaux sociaux, contre la mauvaise qualité de l’Internet au Mali. Il décide alors de partager ses connaissances et expériences avec le public et crée ainsi son propre blog en 2012, sur lequel il traite essentiellement de sujets high tech. À 28 ans, Abdoul est le cofondateur de SankoréLabs, un centre de formation en informatique et entreprenariat des jeunes spécialisé dans le montage de projets et le suivi des porteurs d’initiative. Lauréat des concours #MaliAppChallenge2016 et #Googlel/OEetend2015, Abdoul blogue sur le lien malitechinfo.ml avec le pseudo Pacha Abdoul Malizé, qui signifie « enfant du Mali » en Sonrhaï.

MalienneMoi : le portail de la femme malienne

aissata ibrahim

En ligne depuis à peine deux mois et demi, ‘’MalienneMoi’’ est un site dédié exclusivement à la femme malienne, et qui malgré sa nouveauté, reçois déjà plus de 1 000 visiteurs par jour. Cette initiative est celle d’Aïssata Ibrahim Maïga, journaliste réalisatrice à l’ORTM et diplômée en communication sociale. « L’idée était là depuis plus de 2 ans, car le web est devenu le nouveau moyen de communication par excellence. Au début, je voulais faire un magazine, mais à bien y réfléchir le site revenait moins cher ».

« MalienneMoi », qui fonctionne à l’aide de « confrères journalistes et de femmes intellectuelles ou bloggeuses ayant une facilité d’écriture, et un informaticien travaillant à distance », se veut être un porte-parole des femmes maliennes. Ses 10 rubriques portent sur le développement personnel, le sport ou encore la cuisine, en passant par les secrets de beauté. Aissata Ibrahim Maïga utilise cet outil technologique pour véhiculer des messages positifs sur le rôle de la femme malienne dans la société et participer à son émancipation. « Le site est fait pour montrer le rôle de la femme malienne dans le développement du pays. Quel que soit leur travail elles sont des battantes ». Un objectif auquel adhèrent d’autres acteurs qui pourraient, à travers des partenariats, permettre au site de grandir.

Boubacar Youssouf Keïta, lauréat SeedsStars

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Vainqueur du concours SeedsStars, qui mettait en compétition les start-ups du Mali en septembre dernier, Boubacar Youssouf Keïta a séduit le jury avec une application originale, également disponible sur Smartphone, qui permet de mettre en ligne des analyses médicales. En cours de développement, ce projet verra le jour très prochainement. À 28 ans, il est un entrepreneur aux idées novatrices. C’est en passant son diplôme d’études supérieures en développement durable au Canada, qu’il décida à son retour au Mali en 2013, de créer AikioCorp, une agence dédiée à l’offre de solutions digitales. Il intervient à plusieurs niveaux, à savoir les relations publiques et l’E-réputation (gestion image publique, réhabilitation d’image…), les médias sociaux (analyse comportementale, offre multi-langues), le développement (intranet, communication interne), et enfin les stratégies digitales (identité visuelle, conseil sur approche de communication digitale).

Sa start-up a déjà mis en place des sites pour des hôtels, des organismes mais aussi des appli de musique et entend se diversifier. Et ce jeune entrepreneur voit loin. « Dans un mois, tous les vainqueurs du concours seront à Kigali. J’en profiterai pour trouver un financement et aussi engranger de nouvelles idées auprès des autres ! ».

Culture: La sagesse numérisée

La fréquentation des musées et des spectacles ainsi que les ventes de disques, sont désormais rendus possibles via Internet. Il existe aujourd’hui de nombreux outils pour rendre la culture accessible, mais aussi la préserver à travers la numérisation de ses trésors. Dans cette démarche, plusieurs initiatives méritent le détour. Ainsi, l’on peut par exemple consulter en ligne des feuillets des manuscrits millénaires de Tombouctou, grâce au travail titanesque de numérisation effectué par l’ONG Savama-DCI. Au stade des projets avant-gardistes, on peut souligner celui de Boukary Konaté, « Quand le village se réveille ». Lancée en 2014, l’idée de ce professeur de français et de bambara consiste à aller dans les villages pour collecter la parole des sages, les rites et les traditions pour ensuite les diffuser à travers des images, du son et des vidéos en se servant du web. Le projet a pris de l’ampleur à travers l’application smartphone « Culture Mali », disponible sur IoS et Androïd. « Nous avons commencé avec zéro franc », indique Konaté. Il travaille aujourd’hui avec une équipe d’une dizaine de personnes qui parcourt le pays. L’objectif final, explique-t-il, est la création d’une entreprise numérique « pour la mise en place d’une base de données culturelles pour les futures générations qui s’intéressent plus aux outils numériques qu’à l’apprentissage auprès des sages ». Une exposition-vente virtuelle à destination des touristes est prévue prochainement.

Web, TIC et formation

Le secteur des TIC au Mali est en pleine évolution, et les entreprises maliennes commencent à prendre conscience de l’utilité de recruter des ressources humaines correctement formées à ces métiers, pour faciliter booster leur compétitivité. Côté formation, l’offre se développe pour répondre à la demande.

Pour des milliers d’étudiants férus de technologie, les Nouvelles technologies offrent de réelles possibilités et permettent aux jeunes entrepreneurs de se créer un meilleur avenir. De plus en plus d’établissements proposent des formations dans ces filières qui ont le vent en poupe : électronique, maintenance informatique, programmation, ingénierie informatique, télécommunication, infrastructure web, cloud computing… Autant de cursus accessibles aux professionnels, aux étudiants et demandeurs d’emploi, dans des formats courts et intensifs comme longs et diplômants. Dans ces formations de pointe, le recrutement commence au niveau CAP, via un concours ou une évaluation des acquis. Les formations qui délivrent des certifications sur les logiciels ad’hoc sont à privilégier, car elles maximisent les chances de se faire embaucher. « Nous donnons la possibilité à nos étudiants de passer des certifications sur Cisco ou Windows, par exemple, identiques aux certifications internationales. Nos étudiants qui sortent certifiés trouvent facilement du travail dans 60 à 70 % des cas », explique Donke Issa Traoré, directeur technique de l’Institut supérieur de technologies appliquées, leader sur le marché. Les formations les plus demandées par les Maliens concernent en majorité l’électronique, la maintenance informatique, l’ingénierie système et réseau, les télécommunications, le développement et la programmation. « Le retard au niveau des TIC au Mali peut être comblé par la formation, par la volonté de s’y mettre et s’il y a une convergence par rapport à ces nouvelles technologies », affirme Issa Traoré. Aujourd’hui encore, nombre d’entreprises maliennes utilisent toujours des archives papiers. La fonction publique notamment n’est pas encore passée à la dématérialisation et au numérique. « La génération d’aujourd’hui, celle que nous formons et celle qui vient, est en train de prendre conscience de ça. Ils proposeront à l’avenir des solutions qui pourront, dans la société comme dans le monde de l’entreprise, faciliter pas mal de choses », conclut Issa Traoré.

 

 

TICS : Innovation toute !

Internet et ses multiples possibilités ont définitivement changé la face du monde. Depuis 20 ans, les innovations issues des applications des Technologies de l’information et de la communication (TIC) ont transformé de manière irréversible les rapports entre les hommes, mais aussi leur manière de vivre, de produire, de faire du commerce, etc. Longtemps laissé sur le bord de la route de la révolution numérique, l’Afrique rattrape son retard à une vitesse fulgurante. Le Mali n’est pas en marge de ce phénomène qui voit une nouvelle génération d’acteurs, qu’ils soient sociaux, économiques, voire politiques, utiliser les TIC et en tirer des outils pour améliorer le quotidien.

En un clic, Aminata, jeune cadre d’une société d’assurances vient de s’inscrire pour un cours gratuit en ligne. « Je suis régulièrement ces formations. Elles me permettent de maintenir mon niveau, mais aussi d’avoir de nouvelles compétences et connaissances. Et cela, de chez moi, sans payer », explique la jeune femme qui en est à une demi-douzaine de MOOC (cours en masse gratuits, ouverts et en ligne). Ce concept, adopté ces dernières années par les plus grandes universités permet d’ouvrir des programmes de formation, de proposer les meilleures études de cas et travaux pratiques, avec un simple accès à Internet. Les formations en ligne sont l’une des opportunités qu’offre aujourd’hui l’accès à Internet. Il existe dans le paysage numérique malien aujourd’hui des dizaines d’outils. En un clic, on peut commander à manger, s’acheter des vêtements, mais aussi connaître la météo ou prendre rendez-vous chez un médecin. Devenues un véritable outil de développement, les TICs participent à faire éclore, en particulier sur le continent africain, une flopée d’initiatives qui participent à un véritable élan dans le secteur, nonobstant la qualité encore médiocre des réseaux et l’accès inéquitable à Internet.

Créativité et émulation C’est bien à cela qu’on assiste aujourd’hui. Elles sont des dizaines, les startups qui ont éclos ces deux à trois dernières années. À Impact Hub Bamako, « les startups que nous incubons appliquent les TICs dans l’agriculture (ISènè), la santé (MEDfast), l’éducation (Orient Key). Ce sont des plateformes web et mobile », explique Mohamed Keïta, co-fondateur de l’incubateur en 2015, et qui croule déjà sous les projets d’entrepreneuriat numérique. Les incubateurs sont d’ailleurs à la pointe de la création et de l’accompagnement de ce nouveau type d’entreprises. Createam, mis en place par Orange Mali en août dernier, travaille lui aussi avec deux porteurs de projets TIC et est loin de s’arrêter en si bon chemin. On peut également citer le SankoréLabs de Tombouctou, dont la co-fondatrice, la bloggeuse Fatouma Harber, explique que le « social hub a pour but de permettre de faire profiter, non seulement des innovations des TICs, mais aussi de disposer d’un espace d’incubation des projets importants qui transforment la société ». « Le SankoréLabs propose ainsi l’initiation des enfants et la formation des enseignants, en passant par l’utilisation des logiciels opensource pour palier à la destruction des bibliothèques durant la crise », ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, le Mali compte une demi-douzaine d’incubateurs et autant de compétitions pour « entreprises innovantes ». On peut citer le Startup week-end, dont la 3ème édition se tient à la mi-novembre, mais aussi le Orange Application Challenge, lancé fin octobre et dont les résultats devraient être connus en décembre. Ces différents concours permettent aux développeurs et aux entrepreneurs d’améliorer leur projet et même de remporter, à l’issue de la compétition, des fonds pour dynamiser leur activité. Quant à l’État malien, il reste pour le moment en marge de ce mouvement, malgré l’adoption en 2015 de la stratégie Mali Numérique 2020.

 E-Commerce en pointe C’est assurément dans le domaine de l’économie et particulièrement des services que les TICs permettent d’innover. De nombreux jeunes entrepreneurs maliens se sont lancés dans le commerce en ligne, qui favorise les circuits courts et la vente directe. S’il y a encore deux ans, il était rare de trouver un site de e-commerce réellement fonctionnel, aujourd’hui ils commencent à s’imposer, alors que le Malien est réputé ne pas faire confiance au virtuel. L’avènement des solutions de transfert d’argent via téléphone, qui ont permis de dématérialiser les transactions, sont l’une des raison de ce nouvel engouement. « Pour ce qui est du commerce électronique, nous constatons ces dernières années, le paysage du commerce électronique au Mali se développe avec des sites et plateformes qui offrent la possibilité aux différents usagers de proposer et de vendre des articles », explique Seydou Tangara, journaliste spécialiste des nouvelles technologies. Des sites comme Sani Féré, Mali Sugu ou encore SuguTeliman, commencent en effet à faire recette.

« Les maliens sont en train de comprendre l’utilité des applications, surtout de celles sur les mobiles », poursuit Seydou Tangara. Dans le domaine de la communication, beaucoup de maliens de l’intérieur comme de l’extérieur, ont intégré les applications mobiles via les réseaux sociaux pour avoir une ouverture sur le monde, et pour rester en contact avec leurs proches. D’ailleurs, nombreux sont les hommes politiques maliens qui les utilisent pour mesurer leur popularité. « Je suis sûr qu’avec le développement des nouvelles technologies, et la grande rivalité entre les fabricants de ses produits et services, que de plus en plus de Maliens vont intégrer les multiples applications avec une utilisation idoine afin de contribuer au développement technologique, économique, politique, social et culturel du Mali », conclut le journaliste. Mohamed Keïta, directeur d’Impact Hub, estime cependant que « les contraintes d’accès (insuffisances de l’offre, coût élevés des services et des équipements, disparités spatiales, accompagnement insuffisant…) ne permettent pas l’essor des usages des TICs, tant au niveau des citoyens et des familles qu’à celui des entreprises et des administrations ». Le projet Mali Numérique 2020 dont on attend toujours les premiers résultats concrets devrait contribuer à faire face à cette problématique.

On le voit, sur le plan écologique, sociétal et social, les TICs seront un facteur clef du développement durable au 21ème siècle. Les projets permis par les TICs, qui amènent un effet positif durable sont de plus en plus nombreux, et leur contribution ne fera que grandir. Au Mali, les TIC au service du développement et de l’innovation ne sont plus un slogan, mais déjà une réalité.

 

 

 

 

Samsung 7S vs. IPhone 6S : que choisir ?

Le choc des titans continue entre Apple et Samsung. Entre le 6S et le S7 qui rivalisent l’un et l’autre d’innovations, il est difficile de choisir.

Pour les professionnels du secteur, le résultat d’une comparaison est à nuancer, car le dernier né prend forcement un avantage sur l’autre dans la mesure où il s’en inspire pour faire mieux. En terme de puissance, on peut donc d’emblée se tourner vers le Samsung S7, qui possède 4Go de RAM contre 2Go pour le Iphone. Muni d’un écran Super Amoled de 5,1 pouces affichant une résolution de 2560 x 1440 pixels, le S7 prend là encore l’avantage sur son concurrent, qui est doté d’un écran LCD légèrement plus petit (4,7 pouces) avec une résolution de 1334 x 750 pixels pour un appareil photo de même niveau, même si Samsung prend un léger avantage côté optique. En matière d’autonomie, la batterie du Samsung affiche 3000 mAh, là où celle de l’IPhone 6S n’affiche que 1715 mAh. Il faut noter que le S7 est doté de la recharge sans contact et du système Quickcharge, qui permet de remplir 80% de la batterie en seulement une demi-heure.

Pour les « petits plus », on retiendra l’étanchéité du smartphone Samsung, certifié IP68, qui lui garantit une résistance à l’eau pendant 30 minutes jusqu’à 1,5 mètre de profondeur. Le flagship de la marque coréenne voit le retour du port microSD permettant l’ajout de 200Go de stockage via une carte mémoire. Quant au dernier né de la marque à la pomme, il possède le 3D Touch, proposant diverses options en fonction du degré de pression exercé sur l’écran.

Pour Amara Bathily, promoteur d’une structure de vente de smartphones haut de gamme, « le IPhone est un téléphone hors classe de par la longueur d’avance de son système d’exploitation. Il est le plus apprécié dans les pays développés ». Diadié, féru de smartphones pense qu’ « avec Samsung tout y est, à commencer par les transferts de fichier faciles et les applications et mises à jour gratuites ». Finalement, au delà de la technique, ce duel se joue aussi sur la préférence des utilisateurs en terme de système d’exploitation et de priorités.

Où en est la 4G ?

En septembre 2015, les activistes de « #Mali100Méga » ont fait irruption dans le paysage des TIC pour demander une amélioration aussi bien du débit que du coût de la connexion Internet au Mali, commercialisée essentiellement par Malitel (avec ADSL) et Orange (avec la technologie WiMax). De fait, le réseau 3G est arrivé à saturation, avec beaucoup de clients, beaucoup de trafic mais un débit faible. Aux consommateurs mécontents, les deux opérateurs désignent l’Autorité malienne de régulation des télécommunications/TIC et des postes (AMRTP), qui n’a pas encore autorisé la 4G. À l’AMRTP, on explique qu’un cabinet-conseils a été mandaté pour étudier les modalités techniques et financières pour introduire cette fréquence et que ces travaux doivent aboutir avant fin juillet 2016. S’en suivra une phase test, souhaitée par l’AMRTP et le ministère de l‘Économie numérique et de la Communication, avant une offre pour le grand public. La commercialisation de la fréquence 4G serait donc prévue pour septembre ou octobre prochain.

Opérateurs télécom : un bras de fer franco-émirati

Derrière la concurrence des deux principaux acteurs des Télécoms au Mali, se joue le partage d’un gâteau bien plus gros, dont les grands groupes mondiaux sont bien décidés à ne pas laisser une miette.

Orange Mali, leader du marché de la téléphonie mobile, et Sotelma/Malitel, opérateur historique et challenger, sont les deux acteurs télécom à se partager le marché malien de la téléphonie et de l’Internet fixe, avec 13 millions d’abonnés en téléphonie mobile et 96% du marché de l’Internet fixe pour Orange Mali et plus de 10 millions d’abonnés pour Sotelma/Malitel en téléphonie mobile et environ 4 % du marché pour l’Internet fixe. Dans cette conquête des parts de marché, les deux leaders se livrent une âpre concurrence à coups de stratégie marketing pour tenter d’attirer le maximum de clientèle. Une opposition qui profite aux consommateurs en jouant sur les prix, mais qui témoigne surtout d’une autre lutte concurrentielle, à plus haut niveau, dans laquelle s’affrontent les grands acteurs des télécoms pour s’imposer sur le marché africain. Orange, l’un des principaux opérateurs de télécommunications dans le monde avec plus de 200 millions de clients et présent dans 17 pays d’Afrique, détient Sonatel, le premier opérateur de télécommunications au Sénégal, très présent en Afrique de l’Ouest, et dont Orange Mali est une filiale. En face, le géant des télécommunications émirati Etisalat, classé 15ème opérateur mondial avec environ 135 millions d’abonnés, a acquis en 2014, 53 % du Groupe Maroc Télécom, actionnaire majoritaire de Sotema/Malitel. Cette acquisition a permis au groupe Etisalat de se renforcer en Afrique, à travers les filiales de Maroc Télécom en Mauritanie, au Burkina Faso et au Gabon, qui viennent s’ajouter au réseau Moov, soit en tout 10 implantations. Sur l’échiquier africain des télécommunications, les grands groupes comme Vodafone, MTN, Orange, Africell, Étisalat, se positionnent afin de ne rien manquer du marché de la téléphonie mobile, à fort potentiel, qui devrait s’étendre à plus de 400 millions de nouveaux clients dans la décennie à venir.

Bientôt une 4ème licence ?

Depuis février 2015, la période exclusive de non concurrence de la société de téléphonie Telecel a pris fin. Elle courrait en effet de février 2013, date d’obtention de la licence, à février 2016, soit 3 ans. Ce troisième opérateur, que les consommateurs n’en finissent plus d’attendre, pourrait voir arriver un nouveau concurrent, avant même d’avoir commencé ses activités. L’État malien est en effet désormais libre de lancer un nouvel appel d’offres pour une 4ème licence télécom. Selon M. Baba Konaté, conseiller technique au ministère de l’Économie numérique, de l’Information et de la Communication, le gouvernement a été informé de la situation de fin de garanties dont bénéficiait Telecel, et « nous attendons qu’il nous donne son feu vert pour lancer le processus d’appel d’offres afin de recruter un opérateur pour la 4ème licence ». Il se murmure que Moov serait intéressé ainsi que MTN, l’opérateur sud-africain, qui pourrait se positionner de nouveau après avoir renoncé en cours de processus lors de l’attribution de la licence numéro 3.

Telecel Mali, qu’est ce qui bloque ?

Détenteur depuis plus de 3 ans de la 3ème licence de téléphonie mobile, Telecel Mali n’a toujours pas démarré ses activités. On évoque des raisons techniques et financières. En plus de l’image négative que renvoient ces rendez-vous manqués avec le public, ce retard implique aussi qu’avant même de commencer ses activités, la société peut déjà craindre l’arrivée de nouveaux concurrents, le délai de 3 ans avant de lancer une 4ème licence étant écoulé depuis février 2016.

Au niveau de l’État malien, on assure que la balle est dans le camp du 3ème opérateur. « Le démarrage des activités de Telecel Mali ne relève plus de notre ressort. Il a à sa disposition tous les moyens pour son fonctionnement, s’agissant bien sûr des fréquences et numéros qu’elle utilisera pour ses activités » indique Baba Konaté, conseiller technique chargé des télécommunications au ministère de l’Économie numérique et de la Communication. À la direction de Telecel, qui avait ouvert un bureau de représentation à Bamako, on n’a pas souhaité répondre à nos questions sur les raisons de ce retard, qui peuvent se trouver dans les difficultés qu’éprouve le promoteur, Appolinaire Compaoré, à mobiliser des fonds pour déployer son réseau. L’acquittement en 2013 des 55 milliards de la licence avait déjà connu un retard conséquent.

FAI : les alternatives se multiplient

Au Mali, face aux deux grands opérateurs de téléphonie mobile et fournisseurs d’accès Internet (FAI), Orange Mali et Sotelma-Malitel, des entreprises proposent également des offres de fourniture Internet à haut débit. Les difficultés des deux opérateurs à maintenir une qualité de service satisfaisante ont favorisé l’éclosion de ces acteurs alternatifs, qui se font progressivement une place. Chez l’un des pionniers du secteur, Afribone, Mme Dramé Tiguida, directrice commerciale, assure qu’ « au niveau de la technicité de la fourniture d’Internet, on rivalise  sans complaisance ». Ils sont environ une dizaine à se partager un marché en pleine croissance, au nombre desquels on peut citer CEFIB, Datatech, ComSat, ITC Global, Arezys ou encore Newtec. « Nous faisons de la fourniture Internet via VSAT essentiellement et sommes l’un des plus gros distributeurs, surtout dans les régions du nord du Mali, où nous travaillons essentiellement avec les ONG », explique Antoine Diarra, directeur d’Arezys. Une connexion satellitaire que tout le monde ne peut pas s’offrir, pour trois raisons : « la première étantla compréhension du produit par le client à qui il faut faire la démonstration de l’efficacité de notre offre. La deuxième est le coût, environ 135 000 francs CFA par mois pour 256 Kbits. Enfin, le coût des équipements VSAT, qui représente environ 2 000 euros TTC », poursuit M. Diarra, pour qui tout ceci ne devrait pas décourager la clientèle qui « compense largement, grâce à la qualité et la constance du débit que VSAT permet ».

Cybersécurité : on progresse

Escroquerie par Internet, vol de données personnelles, piratage informatique, autant d’infractions spécifiques liées aux technologies de l’information et de la communication qui font parties de la cybercriminalité. Devant la montée en puissance du phénomène, l’État s’organise.

En août 2015, les autorités maliennes organisaient à Bamako un colloque sur la cyber sécurité. Objectif : sensibiliser et proposer des pistes de solutions pour lutter contre ce fléau des temps modernes. Les orientations stratégiques prises ces dernières années au plus haut niveau de l’État malien ont consacré la cyber sécurité comme l’une des priorités de l’action gouvernementale. Le gouvernement a ainsi adopté en Conseil des ministres, le 1er juin 2016, un projet de loi de lutte contre la cybercriminalité au compte du ministère de la Justice. De nouvelles priorités ont donc été définies et validées. Parmi elles, figurent la prévention et la réaction aux cyber-attaques et la sanction des activités délictuelles et criminelles. Selon Niama Loua Bereté, juriste-expert en cybersécurité et directeur d’Ismacorp, la seule entreprise spécialisée du secteur au Mali, cet arsenal juridique additionnel qui vient d’être adopté va renforcer les services de la justice, de la police et de la gendarmerie dans la mise en place d’un système performant en matière de lutte contre la cybercriminalité. Pour le spécialiste, le bilan de la lutte au Mali est plutôt positif, les unités spécialisées et/ou dédiées au niveau de la police ou de la gendarmerie ont déjà atteint des résultats satisfaisants, « mais beaucoup reste à faire ». Niama Loua Bereté estime qu’il faut également former les magistrats, avocats, policiers, gendarmes et autres auxiliaires de justice sur les enjeux de la cyber sécurité. Tout ceci contribuera à mettre en place une chaîne d’acteurs opérationnels, en attendant le vote à l’Assemblée nationale du projet de loi, perçu comme un pas décisif dans la proposition de solutions efficaces en matière de cyber sécurité.

Que valent les smartphones chinois ?

Généralement, quand on parle de smartphone « chinois », on pense tout de suite à des appareils bon marché et de piètre qualité. Une mauvaise réputation qui est aujourd’hui en passe d’être démentie. Le marché des smartphones « chinois » n’a cessé d’évoluer ces dernières années et aujourd’hui certainsappareils peuvent rivaliser avec les mobiles des marques phares. Huawei, Xiaomi, ou Lenovo , pour ne citer que le haut du panier, proposent des appareils qui flirtent avec les meilleures marques actuelles en matière de performances, avec des prix attractifs qui séduisent les consommateurs. Au Mali, c’est Tecno qui est en tête de peloton avec une communication et un réseau de distributeurs performants. Dotés d’un grand écran Full HD de 5 pouces voire plus, d’un appareil photo délivrant une qualité de 13 à 20 millions de pixels, deux ports SIM, des processeurs quadcore ou octocore, une mémoire vive à 3 Go, pour une dimension et une esthétique indéniable, ces « chinois » n’ont pas à rougir devant les fleurons américains ou coréens. Seuls points noirs au tableau, les mises à jour ne sont pas faciles à obtenir à l’étranger. Un problème qui tend cependant à trouver des solutions.

Numérique : lentement mais sûrement…

Présenté en Conseil des ministres le 21 mai 2015 et approuvé par décret le 15 février 2016 avec pour objectif d’assainir, redresser et développer le secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) au Mali, le Plan numérique Mali 2020 est, selon son coordinateur Boubacar Coulibaly, une vaste stratégie qui traduit l’ambition du Mali de devenir une nation émergente dans le domaine des TIC. Malgré le fait que sa mise en œuvre n’ait pas encore officiellement commencé, des actions concrètes sont déjà à mettre à son actif. De leur côté, les opérateurs privés multiplient les initiatives pour que les TIC et leurs applications soient plus accessibles et surtout, aient un impact concret dans la vie des populations.

Peut mieux faire Plus que quatre années pour réaliser ce plan qui fera du Mali une puissance numérique où l’utilisation des TIC se traduira par l’amélioration du quotidien des citoyens, aussi bien pour la communication et l’information que pour l’éducation et la santé. Ce sont, entres autres, « la campagne d’identification des abonnés aux réseaux de télécoms et le projet fibre optique en cours », explique M. Coulibaly. En ce qui concerne la « gouvernance du plan lui-même, il est prévu de créer des comités de mise en œuvre et une direction nationale de l’économie numérique. Ces instances, qui doivent gérer la mise en œuvre de « Mali Numérique 2020 », attendent l’adoption de leurs textes de création par le gouvernement. Cela freine encore la mise en œuvre du plan », conclut notre interlocuteur. Les chantiers sont donc encore nombreux. Récemment nommé, le Directeur général de l’Agence des technologies de l’information et de la communication (AGETIC), Hamed Salif Camara, se montre optimiste face à l’ampleur de la tâche. Pour lui, la volonté politique affichée est maintenant à traduire en actes. Ceux-ci sont notamment la poursuite des investissements, la mise en œuvre des six axes la stratégie, la mise en place d’un dispositif d’hébergement de sites performants, la mise en place d’un site de back-up pour l’administration, la mise en place de systèmes d’information géographique (SIG) et la promotion du E-learning et des TIC en général, à travers le développement de contenus, le développement de l’activité de gestion de nom de domaine, ainsi que la vulgarisation à travers les associations de jeunes, femmes et ONG. Il s’agira de faire toucher du doigt aux populations, l’apport inestimable des TIC en termes de gain de temps, d’efficacité et de productivité. Par exemple, avec l’appui de l’AGETIC, le Commissariat au développement institutionnel (CDI) a mis en ligne à la disposition du grand public, un site internet dénommé « l’Administration à votre service », qui propose au citoyen toute une série d’informations.

Fibre d’État ? Revenant sur le projet fibre optique, son coordinateur Ibrahima Guindo, explique que l’État du Mali a obtenu en 2011 auprès de ses partenaires, le financement de 3 projets à hauteur de 155 millions de dollars américains pour la construction d’un réseau propre de câbles à fibre optique d’environ 3 000 kilomètres.Concernant les informations faisant état de duplication de la couverture déjà effectuée par les opérateurs privés, il explique qu’il « n’en est nullement ainsi. L’État a pris de l’avance et à desservi les zones non couvertes par les opérateurs vers le nord et le sud. Et aussi pour aller en direction des capitales régionales comme Alger, Conakry, Nouakchott, Abidjan, Ouagadougou dans le cadre de l’intégration sous-régionale ». Mais pourquoi ne pas laisser les opérateurs télécoms couvrir tout le réseau et ainsi faire des économies ? M. Guindo répond, catégorique, que « tout État responsable, dans le contexte actuel d’insécurité, se doit d’avoir son propre réseau ». La fibre optique au Mali avance lentement mais sûrement, rassure-t-il. « Il y a des difficultés, elles sont d’ordres structurel et financier. Car une chose est de réaliser des infrastructures, c’en est une autre de les entretenir, les maintenir, et les exploiter de façon optimale », explique le technicien. Selon l’AGETIC, on peut d’ores et déjà mettre au compte des réalisations de ce projet, la réalisation d’un backbone fibre optique de 915 km allant de Bamako à Ségou en passant par Koutiala et Bla ainsi que l’interconnexion à Bamako de 27 structures de l’administration par fibre optique, ce qui a fait économiser  l’État 600 millions de francs CFA par an, autrefois payés à Sotelma pour la location de sa fibre.

Enfin, en ce qui concerne le passage au numérique dans le secteur de l’audiovisuel, l’avènement de la TNT est « ralenti par une question de financements », explique Moustapha Diawara, chargé de communication au ministère de l’Économie numérique, de l’Information et de la Communication (MENIC). « Le gouvernement a donc décidé en septembre 2015 de la création d’une Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD) dont l’un des objectifs principaux est de trouver le financement pour la mise en œuvre du projet de transition numérique ainsi que sa gestion », poursuit-il.

Accès aux TIC pour tous Selon les chiffres de la Banque Mondiale, moins de 10% des Maliens ont accès à Internet (2014), tandis que l’utilisation du téléphone portable dépasse les 100% de la population. L’accès à Internet demeure donc un défi majeur. Les deux opérateurs de télécommunications Orange et Malitel peinent encore à améliorer la qualité de leur offre et la 4G, que les consommateurs appellent de leurs vœux « est à l’étude en ce moment pour déterminer les conditions de sa mise en œuvre », explique-t-on du côté de l’Agence malienne pour la régulation des télécommunications et de la poste (AMRTP). Quant au coût de la connexion, il est encore rédhibitoire pour bon nombre de Maliens. Le haut débit par satellite n’est accessible qu’aux grandes entreprises et organisations d’envergure qui peuvent en couvrir les charges. Pour démocratiser l’usage des TIC et particulièrement d’Internet, « il faudra que l’État fasse pression sur les opérateurs pour réduire les prix », assure Boubacar Diallo, étudiant. Pour le jeune homme, qui suit des cours en ligne, « l’annonce du 3èmeopérateur avait donné de l’espoir, pour que les prix diminuent grâce au jeu de la concurrence. Mais depuis rien, alors, en attendant, on est livré à la merci d’Orange et Malitel ». Antoine Diarra, Directeur général de Arezys, une société qui vend de l’Internet satellitaire, recadre les choses. « Ce n’est pas pour prendre la défense des opérateurs mais il faut aussi comprendre que le prix de l’Internet dépend de la demande. Celle-ci augmente, depuis ces deux dernières années mais elle n’est pas encore assez conséquente pour permettre de rendre accessible l’offre », explique t-il. Mais il ajoute que ces mêmes opérateurs gagneraient à donner accès à plus de bande passante à moindre coût, pour stimuler la demande, avoir plus de clients et donc maximiser leurs profits.

Le boom des start-ups Depuis quelques années, les jeunes entrepreneurs maliens s’intéressent de plus en plus aux TIC et proposent des solutions faciles d’accès et utiles dans de nombreux domaines de la vie, que ce soit le e-commerce, la santé ou encore les loisirs. Mohamed Kéïta, co-fondateur de Impact Hub Bamako, et propriétaire de Neliö 8, deux incubateurs d’entreprises innovantes et durables, croit que ce sont ces petites sociétés à faible investissement de départ et flexibles grâce à l’usage d’Internet et de ses applications, qui pourront créer des emplois et booster la croissance au Mali, comme cela a été le cas ailleurs dans le monde. Reste à leur apporter le soutien dont elles ont besoin, surtout en terme de financements. Il est donc à espérer qu’Internet devienne dans un futur proche, la chose la mieux partagée au Mali.

Busan, capitale mondiale des TIC

l’Union internationale des télécommunications est l’agence des Nations unies pour le développement spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication. Forte de 193 pays membres, elle établit les normes du secteur des télécommunications et gère notamment l’attribution des bandes de fréquences radioélectriques pour la communication hertzienne et des orbites des satellites. La Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (UIT) 2014 (PP-14) a ouvert ses portes ce lundi à  Busan, la plus grande ville portuaire du pays. Pas moins de 3.000 délégués de plus de 170 pays membres du secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) et près de 150 ministres et officiels de niveau ministériel sont rassemblés au Centre des expositions et des conventions de Busan (BEXCO). Cette conférence organisée tous les quatre ans se tiendra trois semaines durant. Elle en est cette année à  sa 19e édition. C’est la première fois que la Corée du Sud accueille l’UIT et la deuxième fois qu’elle a lieu en Asie, après le Japon en 1994. «Vous-êtes ici dans le but de déterminer le futur. Nous parlons non seulement du futur de l’UIT, mais aussi du futur du secteur des TIC, qui touche les vies de tout le monde sur la planète», a déclaré Hamadou Touré, secrétaire général à  la cérémonie d’ouverture. «Je souhaite qu’au cours des trois prochaines semaines, vous ayez de temps de rêver, d’innover et de créer le futur à  long terme du secteur des TIC.» Il a également dit du pays organisateur qu’ «à  partir d’aujourd’hui, et pendant trois semaines, Busan sera la capitale du monde des TIC. Nous savons tous que la Corée du Sud est célèbre en tant que leader mondial de l’industrie des TIC.» Jusqu’ici secrétaire général adjoint de l’UIT, Houlin Zhao, candidat de la région Asie et Australie, est le seul candidat au poste de Secrétaire Général de l’UIT. Le secrétaire général sortant, le Malien Hamadoun I. Touré, qui achève son deuxième mandat en décembre 2014, ne pouvant prendre une troisième course. Plan Numérique Mali 2020 Pour Mahamadou Camara, le ministre malien de l’économique numérique, de l’information et de la communication qui participe aux travaux de cette conférence, plénipotentiaire, « les progrès réalisés lors de la dernière décennie ont apporté la preuve que les technologies de l’information et de la communication représentent un outil extraordinaire de développement. Ce développement a permis l’émergence de beaucoup de nos pays qui ont considéré les TIC comme un secteur stratégique de développement ». Pour ne pas rester en marge de l’incroyable potentiel que représente les TIC, le gouvernement du Mali a pris une initiative majeure en élaborant un document de stratégie nationale pour le développement de l’économie numérique, intitulée « Plan Mali numérique 2020″, qui s’inscrit dans le cadre de l’agenda Connect 2020. La vision prônée à  travers ce plan, est de faire du numérique un vecteur de développement social, mais aussi une source de productivité et de valeur ajoutée pour les entreprises et pour l’administration publique, résume le ministre Camara. 6.000 km de fibre optique, C’’est ce qui va permettre au Mali d’être connecté en large bande avec quatre de ses sept voisins que sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Mauritanie et le Sénégal, le Gouvernement a poursuivi en partenariat avec les institutions techniques et financières la réalisation de plus de 3.000 km supplémentaire de fibre optique.Ces installations sont accompagnées d’applications sécuritaires qui visent à  garantir la sécurité des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national, et ainsi de mieux faire face à  la menace terroriste, qui est aujourd’hui devenue mondiale. Au Mali, le marché mobile a pendant ce temps continué sa dynamique, à  travers une croissance toujours soutenue du nombre de clients, et ce malgré les évènements survenus dans le pays en 2012. La croissance du parc d’abonnés se traduit par un taux de pénétration de plus de 93%. Le taux de pénétration de l »Internet, lui est beaucoup moins élevé, à  10%, mais il est en constante croissance, avec 71% de progression entre 2011 et 2012. Il y a donc encore beaucoup à  faire.

Education : De l’usage de la langue maternelle au Mali

Pédagogie convergente Pour la 5e année consécutive, le Mali a célébré le 21 février, la journée internationale de la langue maternelle. Elle a été instituée par l’organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2000 et le Mali l’a adopté 7 ans plus tard. Même si notre pays n’a commencé à  célébrer cette journée qu’en 2007, une politique de promotion des langues nationales dans le système éducatif, existe depuis la fin des années 70. Ainsi de 1979 à  1987, des écoles d’expérimentation et de pédagogie convergente (PC) ont été ouvertes. La PC est une méthode d’enseignement des langues nationales. Il s’agissait à  l’époque, du dans les régions de Ségou et Koulikoro, également du dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal et du ou langue peule, dans la région de Mopti. Ensuite de 1994 à  2000, la méthode a été élargie à  onze (11) langues nationales à  travers tout le pays. Aujourd‘hui, la pédagogie convergente est appliquée dans la majorité des écoles du Mali. La PC est enseignée de la 1ère à  la 6e année de l’enseignement fondamental. l’objectif visé par les autorités du pays, C’’est la promotion de nos langues nationales et la préservation de nos valeurs culturelles et linguistiques. Il n’y a pas de meilleure manière d’apprendre les connaissances d’autrui qu’à  travers sa propre langue. Cela permet d’autre part, de préserver et promouvoir notre culture. Préserver les valeurs culturelles à  travers la langue l’implication des langues nationales dans le système éducatif, permet une meilleure vulgarisation des langues maternelles. La langue selon le ministre de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales, le Pr Salikou Sanogo, est bien plus qu’un simple outil de communication. «Â En structurant notre pensée, et en ralliant notre rapport à  la réalité, la langue constitue une dimension fondamentale de l’être humain. » De son point de vue, la langue maternelle devrait être chère à  chacun d’entre nous. Les langues maternelles sont essentielles pour l’atteinte des objectifs de l’éducation pour tous (EPT), ainsi que les objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Les OMD rappelons-le, ont été fixés par les Nations-unies au début des années 2000. Il faut reconnaitre que les langues maternelles sont incontournables lorsqu’il est question de promotion des diversités culturelles. Le ministre Salikou Sanogo estime que « ces langues permettent de lutter contre l’analphabétisme dans le monde et d’assurer une éducation de base et de qualité. Le renforcement de la décentralisation et le développement de la démocratie participative passent par la promotion de l’utilisation des langues maternelles. Elles constituent des armes privilégiées dans le combat pour une véritable intégration sociale et un développement économique durable. »Â 

Femmes et TIC : Assétou Koné, une référence à Ségou

A 18 ans, lorsqu’elle terminait sa formation en informatique de gestion et en secrétariat bureautique, la jeune Assétou Koné dite Assou, à  travers le soutien d’un proche, s’est lancée dans la création d’un cyber café en 2003. à€ l’époque, elle n’avait que 2 ordinateurs connectés à  l’Internet. l’entreprise « Assou Net » deviendra par la suite un carrefour des internautes de Ségou et d’ailleurs. Un cyber fréquenté à  Ségou Malgré plusieurs difficultés d’ordre matériel et technique, notre brave demoiselle n’a pas pour autant baissé les bras. Elle continuera donc a multiplié les services pour la satisfaction de sa clientèle devenant de plus en plus fidèle. Le marché du cyber café a beaucoup évolué dans la cité des Balanzans. On peut estimer aujourd’hui à  plus d’une dizaine dans la ville de Ségou. Les promoteurs de cybers ont encore plus peur lorsque les fournisseurs d’accès à  l’Internet se lancent eux aussi dans la compétition. Cela veut dire être détaillant et grossiste comme le disait le gérant d’un cyber de la place. Lorsqu’on se rend chez « Assou Net », la chaleur humaine, la sympathie et la disponibilité occupent l’atmosphère. Au-delà  de l’Internet, le service de ce cyber s’étend aussi à  la photocopie, au fax, la reliure, le traitement de texte, le scannage et bien d’autres… Viabiliser les cybers, un défi Pendant notre séjour dans la région de Cheick Modibo Diarra, nous nous sommes rendus compte que depuis la date de création du cyber de Assou à  nos jours, beaucoup d’autres ont fermé. Mais qu’elle a donc été le secret de Assou ? Elle nous fera savoir que C’’est sa conviction pour les TIC, même si pour les autres elle ne pouvait pas se faire une place dans ce domaine. Situé à  Sogola kônô, 2e Quartier au bord de la route principale qui mène vers EDM, « Assou Net » est l’une de ses entreprises Ségoviennes à  assurer ses charges d’électricité, de connexion à  l’Internet haut débit, et de ses deux employées à  chaque fin du mois. Par sa modestie, son humilité et son ouverture d’esprit, Assetou Koné est une femme ouverte aux critiques. Selon elle, il faut toujours accepter ce que disent les autres pour mieux s’améliorer. Des clients satisfaits Quelques expatriés que nous avons approchés à  la sortie du cyber café de Assou nous ont confié qu’il faisait bon d’y surfer, l’espace étant bien aéré avec des ordinateurs de dernière génération et une très bonne connexion. Nous y avons aussi remarqué que C’’est Assou même qui s’occupe de la maintenance de ses nouveaux ordinateurs. Par la rareté des promotrices et gérantes de cyber café à  Ségou, Assétou Koné dite Assou demeure encore un exemple à  suivre dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication par les femmes.

Coopération Mali/ Côte D’ivoire : Un bel exemple pour les juristes

Diffusion du droit: un objectif commun l’association TICS crée à  l’initiative de Me Mamadou Ismaà«l Konaté il y’a 2 ans est une association qui a pour objectif de contribuer à  une meilleure diffusion du droit et une bonne distribution de la justice au Mali. Depuis sa création, TCIS entreprend des actions efficaces, visant à  promouvoir en République du Mali et dans d’autres contrées, le droit de l’entreprise et des affaires et la bonne pratique des affaires. Ces actions sont menées à  travers la formation, la diffusion et l’information pour le grand public des justiciables et des professionnels du droit. De même, le Réseau francophone a pour objectif de donner à  ses membres un cadre de concertation et d’échanges leur permettant d’harmoniser leurs vues sur les problèmes d’intérêt commun relatifs à  la diffusion du droit ; œuvrer à  la création des structures appropriées de gestion et de diffusion du droit dans les Etats francophones o๠elles n’existent pas encore; contribuer au renforcement des capacités des structures existantes dans les différents Etats. Du matériel informatique de valeur Ce lot de matériel d’une valeur de 1 605 730 FCFA est composé d’un micro-ordinateur de bureau HP DX 2400, d’un logiciel Microsoft office 2007 professionnel, d’une imprimante Laser HP Laserjet 2015, d’un scanner HP etC’… Le décor de la cérémonie a été planté par le secrétaire permanent du TICS, Oumar Keita. Vision partagée Au regard des objectifs communs des deux associations de juristes, le président Brou Kouakou N’Guessan a rendu visite au siège de l’Association. Une visite qui lui a fait voir le manque de matériel informatique pour la diffusion du droit: «Â Le réseau francophone a le même objectif que le TICS de droit, celui de diffuser l’information relative au droit, et C’’est à  travers la télévision malienne que J’ai su l’existence de cette association. Après une visite de courtoisie, J’ai constaté qu’il manquait du matériel d’informatique de haut débit. C’’est dans ce cadre que nous avons mis à  la disposition de Tics, ces outils pour renforcer leurs capacités et nos liens de coopération ». Le récipiendaire, Me Mamadou Ismaà«l Konaté, président de l’association a exprimé sa joie et la marque de considération faite à  son association par le réseau Francophone africain : «Â Du fond du C’œur, je vous remercie au nom des membres de l’association pour ce geste symbolique». Après la remise des dons, les deux présidents ont procédé à  la signature d’un document attestant leur coopération. Un cocktail a mis fin à  la cérémonie.