Fantani : « la voix de Bamako s’est tue… »

Qui se souviendra d’elle, dira qu’elle était une dame à  l’énergie sans faille et à  l’humour intact. Fantani Touré avait toujours la pêche, un sourire, un mot gentil à  l’endroit des journalistes. La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans une cérémonie. Elle m’a alors promis de m’appeler pour le festival qu’elle préparait sans doute pour le mois de Janvier. Nous avons ensuite échangé quelques mots amicaux. Ce mercredi 3 décembre, la présidente de l’association Kolomba, qui chaque année organise le festival « Les Voix de Bamako », sur les berges du palais de la Culture, vient de tirer sa révérence à  Paris à  l’âge de 50 ans, laissant seul, son époux Guimba National, plus connu sous le nom de Habib Dembélé. Fantani Touré est décédée d’un cancer du sein. Une bamakoise 100% Fantani est originaire du quartier de Bozola, o๠s’installèrent les premiers habitants de Bamako, parmi lesquels les Niaré, les Touré et les Dravé. A 7 ans, elle entre de plein pied dans la musique et participe à  de nombreux concours de chant. De sa petite capitale, elle ira jusqu’aux biennales artistiques et culturelles des arts du Mali, ainsi que sur les scènes mondiales. Avant de vivre sa passion, Fantani étudiera et décrochera en 1988, son diplôme de technicienne de budget à  l’école d’industrie, de commerce et d’administration (ECICA) de Bamako. Ensuite, elle fréquente l’INA, la fourmilière des artistes et se perfectionne dans la musique. En 1992, elle décroche son diplôme de musicienne à  l’institut national des arts(INA). Fantani Touré sort son premier album ‘tinari’ (merci en soninké), chez Wanda Record de Salif Keita en 1997. Elle sera même le premier artiste produit par cette maison de production du fils du Djoliba, l’enfant du mandé. Fantani confesse que Salif l’a beaucoup aidé pour la réalisation de cet album de 8 titres qui décrochera d’ailleurs le prix de Meilleur album de l’année 1997. Elle réalise aussi la meilleure vente et se voit décerné le prix de meilleur artiste 97. La princesse de Bozola Deux années plus tard en 1999, le même scénario se répète avec son album ‘Bozola’ de 9 titres. Il sera primé meilleur album de l’année 1999 et fera encore, la meilleure vente. Bozola est un hommage à  son quartier natal. Un quartier qui l’a vu naà®tre et l’a façonné depuis sa tendre enfance. Cet album sera arrangé par l’américain Ray Lemond. En 2003, Fantani revient avec un album dédié cette fois aux peulhs du Mali. l’album intitulé ‘soukabé Mali’ (notre Mali) est également arrangé par Ray Lemond. Pour la petite histoire, le clip phare de l’album a été réalisé par l’époux de Fantani, Guimba. Ce dernier y figure avec une multitude de comédiens maliens. C’’est grâce à  cet album que Fantani se fera connaà®tre au-delà  des frontières du Mali. Ali Farka Touré, le mentor En 2009, elle signe son dernier opus consacré au célèbre musicien, le regretté ‘Ali Farka Touré’. Fantani explique « Je n’ai fait que rendre la monnaie de sa pièce à  Ali. C’’est lui qui m’a donné l’occasion et l’opportunité de me produire sur des scènes internationales. C’’est aussi lui qui m’a confié à  Ray Lemond. J’étais avec lui trois jours avant son décès. Et ce jour là , nous avons beaucoup bavardé et J’ai appelé Ray qui a communiqué au téléphone avec Ali. Ce dernier lui a demandé de prendre soin de moi quoiqu’il arrive. Je n’oublierai jamais ce jour là . Il restera à  jamais gravée dans ma mémoire. Ali était un grand, il mérite donc cet hommage ». En dehors de ses albums solos, Fantani a enregistré des titres avec le groupe ‘symphonie’ du lycée de la ville d’Angers (France) et le groupe de techno aux Etats-Unis. Une chanson pour la paix au Nord Mali Lors du lancement de la saison culturelle 2010, Fantani a, avec le concours d’une pléiade d’artistes, chanté l’hymne de la paix, en direct de Tombouctou à  la télévision nationale malienne. Elle explique « J’ai composé ce texte non pas parce qu’il n’y a pas de paix au Nord, mais parce qu’il est important de pérenniser cette paix là . Et les artistes sont porteurs de paix dans toute société. Ils sont la voix des sans voix. Nous l’avons arrangé 30 minutes avant le début de la prestation. C’’était extraordinaire, au-delà  de toutes mes espérances.» l’hymne de la paix fut interprétée par certains artistes dont Fantani elle-même, Hawa Sangho, Haira Arby, Tialey Arby, Afel Bocoum, Amy Wassidie… Initiatrice du festival ‘Les voix de Bamako’ L’édition 2015 du festival ‘les voix de Bamako’ aura t’elle lieu ? L’initiative de l’artiste était de célébrer Bamako avec un festival grandiose qui rendrait hommage aux artistes maliens. Avec la musique au centre, le festival « Les Voix de Bamako » s’intéressait aussi à  d’autre domaines : le théâtre, les débats de sociétés, les questions de femmes, l’apprentissage de la poterie, les fabrications artisanales, les courses de pirogues… Engagée, prête à  accompagner les grandes causes, comme celles politiques, Fantani en 2013, a été la voix de la chanson culte, qui a porté IBK au pouvoir. Véritable mascotte, son tube : « Mali IBK Né ba fè », a fait danser des milliers de militants du RPM. C’est avec une infinie tristesse, que le monde des artistes, Guimba le premier, vient de perdre une dame de C’œur. Une voix du Mali s’est tue pour l’éternité…

« Malikura » : Kadiatou Traoré, une voix du Mali en Amérique

Sociologue de formation, Nientao Kadiatou Traoré est l’une des voix féminines qui porte les couleurs du Mali en Amérique. C’’est en 2006 qu’elle débarque aux Etats-Unis avec sa famille : « A l’époque, J’ai suivi mon mari qui travaillait pour l’USAID, et au bout d’un certain temps, nous avons eu la citoyenneté américaine. C’’est un long processus qui prend à  peu près cinq ans », explique cette journaliste sur le tard. Si elle avoue avoir eu du mal à  s’intégrer au début après avoir tout abandonné au Mali, Kadiatou Traoré affirme être une battante. Le premier challenge, C’’était la barrière linguistique, confesse t’elle. « Je ne comprenais pas l’anglais et lorsque tu ne sais pas t’exprimer, il est difficile de trouver un travail ici ». Kadiatou est donc retournée sur les bancs de l’université pour apprendre la langue de Shakespeare pendant trois longues années. Quelques années plus tard, un master « Business et Administration » en poche, Kadiatou Traoré, s’intègre peu à  peu à  la société américaine et gravit les échelons du monde du travail. Si l’Amérique est ce pays o๠tous les rêves sont possibles, Kadiatou devient la candidate idéale pour animer l’émission « Malikura », un programme initié en 2012 par le gouvernement américain, sur les ondes de la Voix de l’Amérique. « En réponse à  la crise du Nord qui a éclaté au Mali, et face à  l’effritement des règles de bonne gouvernance au Mali suite au coup d’Etat, l’administration américaine a décidé de lancer ce programme pour aider le Mali à  changer son image». l’émission « Malikura », comme son nom l’indique, vise surtout à  aider les Maliens à  retrouver un certain optimisme et à  sensibiliser les jeunes sur les challenges du futur, en renforçant les valeurs démocratiques », explique la journaliste. Laisse moi te conter mon Mali Bien avant le sommet US-Afrique qui vient de se tenir du 4 au 6 Août dans la capitale politique américaine, Kadiatou Traoré a aussi accompagné les six jeunes leaders maliens du programme YALI (Young African Leaders Initiative) invités par le président Obama à  Washington. Pour celle qui vit depuis près de dix ans au pays de l’Oncle Sam, C’’est à  travers l’élection présidentielle de 2012 que les Américains se sont véritablement intéressés au Mali. « Il y a eu un débat mémorable entre les deux candidats (Obama- Romney) et près de 99% des citoyens américains étaient branchés sur leurs écrans ce jour là . Après que l’un des candidats ait promis, s’il était élu, d’aider notre pays à  lutter contre le terrorisme, le nom du Mali était sur toutes les lèvres, raconte Kadiatou, les yeux brillants. Le lendemain de ce débat historique, beaucoup nous ont appelé, ont voulu savoir ce qui se passait au Mali et C’’est ainsi qu’un dialogue s’est installé entre les Maliens et les Américains ». Dès lors, le programme Malikura gagne en audience, écouté par des citoyens avides d’en savoir plus sur ce grand pays du Sahel qu’est le Mali, et bien loin du cliché de «Timbuktu» Et si les Américains désapprouvent le terrorisme depuis les attentats du 11 septembre 2001, sur le plan de la politique étrangère, on reproche à  l’administration Obama de ne pas trop s’impliquer dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Pour Kadiatou, il y a encore une emprise des anciens colonisateurs sur l’Afrique sub-saharienne, du coup les Américains laissent la prérogative aux européens, en particulier la France au Nord du Mali, et se contentent d’appuyer la lutte derrière. Pour Kadiatou, « il est temps que les pays africains s’assument afin de faire face ensemble aux menaces sécuritaires. Les leaders africains doivent également comprendre qu’une capacité extraordinaire existe à  travers les ressources humaines, les femmes et cette jeunesse pleine d’énergie. Il ne leur reste plus qu’à  trouver la bonne stratégie pour faire travailler ces populations là  ». Pour conclure, la journaliste de la voix de l’Amérique, jette un regard lucide sur le continent. Car Kadiatou Traoré est convaincue que personne ne viendra développer l’Afrique à  notre place. Tout selon elle, se joue sur la compétitivité des jeunes africains. « On a nous beaucoup trop aidé et pendant longtemps. Le vrai défi aujourd’hui est de valoriser nos ressources humaines ». ****

« Les voix de Bamako », un festival au féminin

« La 7ème édition du Festival international au féminin ‘’ les voix de Bamako », aura lieu du 16 au 19 janvier 2014, sur les berges du fleuve Djoliba au Palais de la culture de Bamako », a indiqué Fantani Touré, Présidente de l’Association Kolomba Mali qui organise depuis 2008 la manifestation, en partenariat avec l’Association Kolomba France. Selon Fantani Touré, cette année comme C’’est le cas depuis la première édition de la manifestation, la 7ème édition sera parrainée par Mme Keita Aminata Maiga, Première Dame du Mali. En plus d’un atelier de chant avec 60 jeunes du District de Bamako, Fantani a annoncé l’organisation de débats thématiques sur le rôle de la femme dans la paix et la réconciliation nationale et la lutte contre les violences faites aux femmes. Dans le cadre de la 7ème édition, elle a indiqué que toutes les dispositions sont prises pour organiser un marché artisanal de 50 stands. Fantani Touré a aussi levé le voile sur le nom des artistes programmés pour animer les concerts de cette année. Le jeudi 16 janvier 2014, la cérémonie d’ouverture enregistrera la partition de Yaya Coulibaly et de ses marionnettes, une prestation de l’ensemble instrumental et de Bassékou Kouyaté. Le même soir, les berges du fleuve vont enregistrer le premier concert géant dans le cadre de la 7ème édition du festival. Intitulée « la nuit des doyens », selon Fantani Touré, ce concert a été voulu pour rendre hommage aux doyens. Pour cela, elle dira que les Bamakois pourront apprécier un concert animé par Taras, Cheick Tidiane Seck, les El maestrias de la capitale et Assa Kida. Pour ce qui concerne le vendredi 17 janvier, elle annonce deux scènes. Une petite scène qui démarrera à  19 heures avec des artistes comme Mambara Soumano, Kady Samaké, Mariam Koko Dembélé et Fantani ministar. La grande scène qui rentrera en danse à  partir de 21 heures, sera animée par Mamou Sidibé, Koko Dembélé, Sadio Sidibé, Nahawa Doumbia et Idak Bassavé du Burkina Faso. Le samedi 18 janvier 2014, consacré à  la nuit des aides ménagères, verra l’animation de la petite scène à  partir de 19 heures par des artistes comme Assétou Kanouté, Issa Techno, groupe de Barou Diallo et Batoma Kouyaté. Mais à  partir de 21 heures, les mélomanes pourront retrouver sur la grande scène des artistes comme Tialé Harby, Mylmo, Rokya Koné, Néba Solo et Tiranké Sidimé de la Guinée. Si d’habitude, le festival prend fin par une grande manifestation folklorique à  Bozola, cette année cela ne sera pas le cas. « Bozola est en deuil, nous avons perdu une mère et je ne souhaite pas y organiser une manifestation avant le 40ème jour », a indiqué Fantani Touré pour conclure.

Naffet Keita sur RFI: «Au Mali, le report de voix n’est pas automatique»

RFI : Etes-vous surpris par les résultats de ce premier tour de l’élection présidentielle malienne ? Naffet Keita : Pas du tout. Je ne suis pas surpris. Je suis davantage surpris par le fait que le nombre de bulletins nuls est sérieusement important. Comment expliquez-vous les 400 000 bulletins nuls de ce premier tour ? Les bulletins nuls s’expliquent par le fait que les gens ne sont pas très bien éduqués, les gens ne savent pas voter. Pour cette élection, on a opté pour un format unique de bulletin sur lequel il y avait la photo des 28 candidats. Donc, sûrement, nombre d’électeurs ont voté deux ou trois fois sur le même bulletin, ce qui explique le nombre de bulletins nuls. Au-delà  de ces bulletins nuls, il y a une très forte participation, avec plus de 53% de votants. C’’est un niveau historique ? Absolument. Surtout avec cette crise actuelle que le Mali vient de traverser, le coup d’Etat, la prise des trois régions du Nord et l’application de la charia. Il y a déjà  une réalité de citoyenneté, un besoin de se sentir citoyen d’un pays et participer aux activités politiques de l’Etat. Ibrahim Boubacar Keà¯ta arrive largement en tête, avec 39,02 % des voix. Mais le soir du dimanche 28 juillet, ses partisans à  Bamako criaient « Takokélen », ce qui veut dire en bambara, « la victoire dès le premier tour ». Ne sont-ils pas un petit peu déçus ? Non, C’’est ça aussi, la fracture entre le Mali profond et la capitale. Nombre de gens résument la capitale à  tout le pays. Or la capitale n’est qu’une partie du pays. C’’est vrai, IBK a largement gagné dans le sud de Bamako, mais Bamako n’est qu’une partie du Mali. Avec 27 candidats, il y a eu un émiettement des voix. Et la multiplication des candidats a fait en sorte qu’on pourrait difficilement réussir « Takokélen », « l’élection au premier tour ». Mardi, le ministre de l’Administration du territoire, Moussa Sinko Coulibaly, a annoncé une probable victoire d’IBK dès le premier tour. Aujourd’hui, il annonce le contraire. Comment expliquez-vous ce changement de pied ? Mais il a utilisé le conditionnel. Donc à  mon avis, il ne s’est pas dédit. A Bamako, on dit que s’il y a deuxième tour, C’’est parce qu’il y a eu un bras de fer entre le ministre de l’Administration territoriale, Moussa Sinko Coulibaly, et le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Mamadou Diamoutani, qui aurait mis en avant ses propres chiffres et qui aurait dit qu’une victoire d’IBK dès le premier tour était impossible… Non […], IBK a eu à  battre Soumaà¯la Cissé dans toutes les régions, sauf les trois régions du Nord, à  savoir Tombouctou, Gao et Kidal. Mais l’émiettement des votes [a fait] que les candidats ne pouvaient passer au premier tour. Vous dites qu’IBK est en tête dans cinq des huit régions du pays, les cinq régions les plus peuplées. Quels sont ses fiefs ? Au terme de ce premier tour, on peut dire que IBK a engrangé plus de voix à  Bamako, à  Koulikoro [à  une soixantaine de kilomètres au nord de Bamako, ndlr], à  Kayes [ouest du Mali], Ségou [dans l’ouest, sur les bords du fleuve Niger], et à  Sikasso [sud du Mali]. Soumaà¯la Cissé arrive loin derrière IBK, avec près de 20 points de retard. Derrière les deux finalistes, arrivent deux partisans de Soumaà¯la Cissé. Si l’on additionne les voix de Dramane Dembélé de l’Adéma et de Modibo Sidibé du parti Convergence pour un nouveau pôle politique (CNPP), cela fait 14%. C’’est un apport qui peut être intéressant pour le candidat Soumaà¯la Cissé ? à‡a peut être un apport très intéressant pour le candidat Soumaà¯la Cissé, mais au Mali le report de voix n’est pas automatique, en réalité. Il n’est pas mécanique. Certains peuvent préférer Modibo Sidibé et voter pour Modibo, mais au deuxième tour ils ne vont pas voter pour le candidat pour lequel Modibo a appelé à  voter. La discipline de vote n’est pas ancrée. Pourquoi ? A ce jour, aucun parti ne peut vous dire : « J’ai à  mon actif 5 000 militants qui paient régulièrement leur cotisation ». La vraie surprise de ce premier tour, C’’est peut-être Housseini Guindo, le « candidat de la brousse » comme il se décrit lui-même, à  la tête de Convergence pour le développement du Mali (Cogem), qui arrive cinquième avec un joli score de 4,6%. Comment expliquez-vous cette percée ? D’abord il a retourné l’argent que le contribuable malien a donné à  son parti pour l’effort de guerre… Oui, C’’est un joli coup politique : il a refusé l’argent public en faveur de son parti… Beaucoup plus de gens se reconnaissent en lui et davantage de jeunes. De quel côté pourrait voter Housseini Guindo au second tour ? C’’est vrai […] Housseini Guindo a commencé son parcours politique au RPM, le parti d’IBK… Après il a pris ses distances. Donc, il suit sa trajectoire.

« Les voix de Bamako », la culture au féminin

Comment donner une dimension artistique et culturelle à  la lutte pour la promotion de la femme dans notre pays ? C’’est le défi qu’a entrepris de relever la chanteuse malienne Mme Guimba Fantani Touré en initiant le festival international au féminin « Les Voix de Bamako ». Pour cette édition 2012, les festivités se dérouleront du 18 au 21 janvier au Palais de la culture Amadou Hampâthé Bâh. Ce mercredi soir, sous les fraicheurs du fleuve Niger et un ciel étoilé, le secrétaire général du ministère de la culture a donné le coup d’envoi officiel de la manifestation. C’’était en présence du représentant du directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé, l’époux de la chanteuse Habib Dembélé dit « Guimba », et de plusieurs responsables du monde des arts et de la culture. Par les artistes et pour le public Un festival gratuit, on en a vu rarement. Et Fantani Touré a tenu le pari depuis cinq ans à  travers « Les Voix de Bamako ». Organisée par l’Association « Kolomba » (le grand puits), cette importante manifestation artistique et culturelle vise d’une part, à  réunir les artistes de tous les pays africains, en particulier ceux du Mali, résidant à  Bamako autour de la musique, de l’artisanat, de l’environnement, de la lutte contre l’excision, le sida, le paludisme et la tuberculose. D’autre part, il s’agit d’aider les jeunes talents à  se faire connaà®tre autour d’un concert géant dont le podium sera installé sur les berges du fleuve Niger. Cela, grâce à  l’aménagement d’un espace qui jouxtera une Rue Marchande o๠seront exposés divers produits de l’artisanat réalisés par des artisans, et des restaurateurs de plusieurs pays. Véritable opportunité d’affaires, d’intégration et d’échange d’expériences entre les participants issus divers horizons, le festival « Les Voix de Bamako » s’inscrit, selon ses organisateurs, dans le but d’animer la ville, à  travers les belles voix d’ici et d’ailleurs. Il permet également, expliquent-ils, d’informer les populations sur les problèmes environnementaux et sanitaires de l’Afrique afin de les amener à  adopter un autre mode de vie. De la nécessité de pérenniser Pour cette 5ème édition, les organisateurs ont mis les grands moyens. Et pendant quatre jours, la ville de Bamako va vibrer au rythme des meilleures sonorités du Mali et de la sous-région. De l’avis de la directrice du festival, Mme Guimba Fantani Touré, la tenue de cette manifestation a un impact non négligeable sur, d’une part, la promotion et la valorisation des expressions artistiques et culturelles, mais d’autre part, donnera un coup de fouet à  l’activité économique de la capitale, notamment dans les secteurs du transport, du commerce, de la télécommunication, etc. Pour la cantatrice, non moins présidente de l’Association « Kolomba », la spécificité du présent festival est qu’il est organisé uniquement par les artistes eux-mêmes. « Ceci est le témoignage éloquent de l’engagement constat de nous artistes à  oser entreprendre et à  donner de la valeur à  notre métier », nous explique la directrice du festival. D’o๠l’avis du secrétaire général du ministère de la culture que ce festival est une initiative novatrice. Saluant le long parcours artistique de l’initiatrice de l’évènement, M. Al Hady Koà¯ta a expliqué que Fantani est un produit des biennales artistiques et culturelles de notre pays, et des valeurs culturelles maliennes. Toutes choses, ajoute-t-il, qui lui ont valu d’être sacrée en octobre dernier « Meilleure artiste de la paix » de l’UNESCO. Le représentant du ministre de la culture, qui ne doute pas que ce riche parcours va contribuer à  asseoir davantage le festival, a insisté sur la nécessité de la mise en place d’une véritable industrie pour le festival et d’un mécanisme de financement durable. Carrefour de la diversité artistique et culturelle Au programme de cette édition 2012 du festival « Les voix de Bamako », des concerts géants sur les berges du fleuve Niger avec la participation d’artistes de grande renommée comme Mariam Bagayoko, Amy Koita, Djelimady Tounkara, Kasse Mady, Nènè Diabaté Djénéba Kouyate, Coumba Sira, Kokanko Sata, Samba Touré, Soumaila Kanouté, Doussou Bagayogo, Djénéba Seck, etc. Bref, pour cette 5ème édition une pléiade d’artistes débarque à  Bamako pour donner un cachet particulier à  l’évènement, et offrir une chance au public de profiter de la richesse et de la diversité de la musique malienne. La comédie sera aussi au rendez-vous avec l’arrivée de Habib Dembélé dit « Guimba » pour son one man show « Kanouté ka visa ko » (l’affaire de visa de Kanouté). Joué dans les plus grandes salles européennes ce spectacle traduit le génie de son auteur quand il aborde des thèmes comme l’immigration, l’éducation etc. La 5ème édition du festival « Les Voix de Bamako », C’’est aussi des ateliers de danse, d’arts plastiques, de conte et de théâtre, sans oublier des conférences débats sur des thèmes d’actualité comme « femmes et Sida : Quels enjeux dans le foyer », le mariage des femmes face aux souffrances, etc.

Forum des « Sans » : Donner la parole aux « Sans voix »

En prélude à  la deuxième édition du « Forum des sans », le Mouvement des Sans Voix (MSV) a organisé une conférence de presse. Objectif : livrer le programme de l’évènement. Contre sommet au G8 « Le Forum des Sans », qui se tiendra la veille même du sommet du G8 (le 27 juin prochain),est un espace d’expression démocratique populaire, autonome et alternatif qui a lieu chaque année à  l’initiative du MSV et en partenariat avec plusieurs organisations du mouvement social malien et international. Sa spécificité est qu’elle est portée par les acteurs de la société civile impliqués au quotidien dans les luttes sociales contre toutes les formes de dominations : économiques, politiques, sociales, raciales, culturelles… Selon le Secrétaire générale du MSV, Tahirou Bah, l’objectif assigné audit Forum est de susciter un débat autour des questions qui préoccupent des populations et des couches défavorisées, de proposer des alternatives aux politiques néolibérales qui dominent le monde. « C’’est un espace ouvert à  tout ceux qui éprouvent des ressentiment contre le système néolibéral et la capitalisme ». Par ailleurs, dira-t-il, le « Forum des Sans » se veut un espace de renforcement du mouvement social malien et africain, et fait partie intégrante du Forum des peuples, du Forum social africain et du Forum social mondial. Les activités se dérouleront à  travers des conférences plénières, et des ateliers sur des thématiques comme « espaces services sociaux de base », « espaces déguerpis », « espace écologique », « espace femme », « espace anti-guerre »… Profitant de ce point de presse, le SG du MSV a ouvertement décrié les autorités maliennes pour les centaines de millions injectés dans les festivités du cinquantenaire alors que certains corps socio- professionnels croupissent dans les affres de l’injustice. « Il urge de rétablir dans leurs droits, ceux des licenciés de Huicoma et de Morila, les 600 cheminots lâchés par la régie du chemin de fer etC’… ». Il déplore que depuis 5 ans le mouvement social malien gesticule inutilement et crie dans les oreilles d’un Etat qui n’a cure des problèmes sociaux. Rappelons que le MSV est une organisation de contre pouvoir, et indépendante des partis politiques et de toute autre organisation.

Meeting du Haut Conseil Islamique : le code de la famille s’invite à nouveau dans les débats

Le meeting a réuni les instances dirigeantes du Haut conseil Islamique et une foule de fidèles au Palais de la Culture Ahmadou Hampâté Ba ce dimanche à  Bamako. A l’ordre du jour, la construction d’un nouveau siège et le code de la famille, puissamment décrié par le HCI lors de sa promulgation en Aout dernier. Un nouveau siège pour le Haut Conseil Il devrait être construit sur un terrain octroyé au Haut conseil Islamique par l’état Malien en 2008, alors que l’actuel siège se trouve dans une maison du quartier Hamadallaye ACI de Bamako, un endroit devenu trop étroit pour cette instance religieuse dont les décisions et l’influence pèsent sur les affaires sociales et religieuses du pays. Aussi le Haut conseil Islamique du Mali a appelé les uns et les autres à  contribuer à  l’édification de ce nouveau bâtiment. Pour cela, la vente de cartes aux fidèles, les contributions volontaires ( les Turques du Mali auraient offert 500 millions de nos francs ). Chacun est donc appelé à  y mettre de sa poche pour le rayonnement de l’Islam au Mali. Une initiative qu’a salué la présidente de l’Union des femmes Musulmanes du Mali (UNAFEM) Mme Safiatou Dembélé. On se rappelle que ces mêmes femmes avaient très violemment réagi au Code de la famille, et étaient descendues dans les rues de Bamako pour manifester leur ire contre ce code jugé  » soumis à  l’occident et contre les valeurs Maliennes ». Ce n’est qu’après ATT eut renvoyé le texte en seconde lecture que l’affaire s’est calmé. Cependant lors du Meeting de dimanche, le HCI a tenu à  réaffirmer sa position en la matière. A propos du code de la famille “Certes, le Mali est une terre d’accueil, mais nous n’accepterons jamais être régis par un Code qui reflète la loi des occidentaux”, a-t-il laissé entendre. Et de marteler : “Le Code sera pour les Maliens, il sera comme nous le voulons et non comme les Blancs le veulent”. Ce sont les termes de Mahamadou Diamouténé, membre du bureau, personnage influent au sein du HCI, qui n’a pas manqué de multiplier les consultations et élaboré un nouveau document sur le position du conseil relative au code. Ces membres sillonneraient ainsi le pays afin d’informer tous les musulmans de ces dispositions, chose qui avait pêché quant au texte adopté par les députés à  l’Assemblée, provoquant alors l’ire des musulmans. Un meeting de 50 000 personnes avait même réuni les musulmans au stade du 26 Mars. Depuis, le HCI a rencontré le président de la république. Pour Mahmoud Dicko, que nous avions rencontré à  l’époque de la polémique, les choses étaient claires et sa position demeure ferme :  » “Nous n’allons jamais accepter qu’on lutte contre notre dignité et notre religion”. “Les musulmans ne peuvent plus être une majorité machinale qui ne compte pas, qui ne sert qu’à  élire les députés, les maires, le président…”. A ses dires, cela ne se fera plus. Si, on ne nous considère pas, le pays va être ingouvernable. Il déclara enfin : “Nous voulons la paix, le bonheur. Mais nous aimons plus l’Islam que notre pays”. Des propos appuyés par d’autres membres du HCI comme l’Imam Haidara, qui prône également la consolidation des valeurs de l’Islam. L’épisode du code de la famille n’a laissé personne indifférent au Mali, encore moins le Haut conseil Islamique, qui n’entend pas laisser les autres instances de la République, comme l’Assemblée Nationale, décider seuls de ce sujet sensible qui touche aux valeurs sociales et religieuses mêmes des Maliens.

Fantani Touré : « Les artistes sont porteurs de paix dans toute société »

Fantani Touré et son mari, le célèbre comédien malien Habib Dembélé dit Guimba national, ont sept enfants. La musique dans le sang Issue d’une famille nombreuse et native du célèbre quartier populaire de la capitale, Bozola, l’artiste fait ses premiers pas dans la musique dès l’âge de 7 ans. Elle participe aux différents concours organisés dans son quartier. Concours qui la mèneront ensuite aux intercommunales, puis aux biennales artistiques et culturelles des arts et de la musique du Mali. Sa passion pour les arts et la musique ne constituera en aucun cas, un frein pour ses études. Ainsi, l’artiste décroche en 1988, son diplôme de technicienne de budget à  l’école d’industrie, de commerce et d’administration (ECICA) de Bamako. Mais, ce diplôme ne cadrant pas avec ses attentes et aspirations, elle décide de fréquenter l’institut national des arts (INA) pour y apprendre la musique. « Il fallait que je perfectionne ma musique. Que je fasse des études afin d’approfondir mes talents artistiques. Malgré toutes les expériences que J’avais accumulé durant toutes ces années, J’en voulais plus pour concrétiser mes choix musicaux et acquérir plus d’expériences». En 1992, Fantani décroche son diplôme de musicienne à  l’institut national des arts. Quatre albums dans sa discographie Fantani Touré sort son premier album ‘tinari’ (merci en soninké), chez Wanda Record de Salif Keita en 1997. Elle sera même le premier artiste produit par cette maison de production du fils du Djoliba, l’enfant du mandé. Fantani confesse que Salif l’a beaucoup aidé pour la réalisation de cet album de 8 titres qui décrochera d’ailleurs le prix de Meilleur album de l’année 1997. Elle réalise aussi la meilleure vente et se voit décerné le prix de meilleur artiste 97. Fantani Touré,la princesse de Bozola Deux années plus tard en 1999, le même scénario se répète avec son album ‘Bozola’ de 9 titres. Il sera primé meilleur album de l’année 1999 et fera encore, la meilleure vente. Bozola est un hommage à  son quartier natal. Un quartier qui l’a vu naà®tre et l’a façonné depuis sa tendre enfance. Cet album sera arrangé par l’américain Ray Lemond. En 2003, la fille de Bozola revient avec un album dédié cette fois aux peulhs du Mali. l’album intitulé ‘soukabé Mali’ (notre Mali) est également arrangé par Ray Lemond. Pour la petite histoire, le clip phare de l’album a été réalisé par l’époux de Fantani, Guimba. Ce dernier y figure avec une multitude de comédiens maliens. C’’est grâce à  cet album que Fantani se fera connaà®tre au-delà  des frontières du Mali. Ali Farka Touré, le mentor En 2009, elle signe son dernier opus consacré au célèbre musicien, le regretté ‘Ali Farka Touré’. Fantani explique « Je n’ai fait que rendre la monnaie de sa pièce à  Ali. C’’est lui qui m’a donné l’occasion et l’opportunité de me produire sur des scènes internationales. C’’est aussi lui qui m’a confié à  Ray Lemond. J’étais avec lui trois jours avant son décès. Et ce jour là , nous avons beaucoup bavardé et J’ai appelé Ray qui a communiqué au téléphone avec Ali. Ce dernier lui a demandé de prendre soin de moi quoiqu’il arrive. Je n’oublierai jamais ce jour là . Il restera à  jamais gravée dans ma mémoire. Ali était un grand, il mérite donc cet hommage ». En dehors de ses albums solos, Fantani a enregistré des titres avec le groupe ‘symphonie’ du lycée de la ville d’Angers (France) et le groupe de techno aux Etats-Unis. Une chanson pour la pérennisation de paix au Nord Mali Lors du lancement de la saison culturelle 2010, Fantani a, avec le concours d’une pléiade d’artistes, chanté l’hymne de la paix, en direct de Tombouctou sur la télévision nationale malienne. Elle explique « J’ai composé ce texte non pas parce qu’il n’y a pas de paix au Nord, mais parce qu’il est important de pérenniser cette paix là . Et les artistes sont porteurs de paix dans toute société. Ils sont la voix des sans voix. Nous l’avons arrangé 30 minutes avant le début de la prestation. C’’était extraordinaire, au-delà  de toutes mes espérances.» l’hymne de la paix fut interprétée par certains artistes dont Fantani elle-même, Hawa Sangho, Aira Arby, Tialey Arby, Afel Bocoum, Ami Wassidi… Initiatrice du festival ‘Les voix de Bamako’ La 3e édition du festival ‘les voix de Bamako’ vient de refermer ses portes au palais de la culture Amadou Hampathé Bah de Bamako. C’’est une initiative de l’artiste Fantani qui a jugé utile et nécessaire d’initier un tel évènement. Le festival s’étale sur plusieurs domaines avec le théâtre, l’apprentissage de poteries, des fabrications artisanales, des courses de pirogues, etc…

Débats de femmes aux « Voix de Bamako » : les langues se délient

Ca se passe sous l’arbre à  palabres du Palais de la culture Amadou Hampaté Bâ de Bamako, pas loin sur les berges du fleuve du Niger, les artistes se préparent à  investir la scène, dès la tombée de la nuit. Mais avant, les femmes sont là  pour débattre ! Exploitation, immigration et leurres Premier thème, les femmes et l’immigration mais aussi l’exploitation dans le mariage. Autour de Mme urbain, présidente de l’association APAFE Muso Dan Be, elles évoquent leur quotidien de femmes, le rôle des aides ménagères dans leur vie : ces filles qui viennent de la brousse et investissent les demeures de la capitale : s’en suivent contrariétés, filles enceintes, et problèmes familiaux, maladies, infections au VIH SIDA. Les violences sexuelles sont aussi évoquées, l’exploitation de cette main d’oeuvre, bon marché, payées pour certaines 7500 francs CFA le mois et qui travaillent non stop ! Pour certaines, le fait d’employer ces filles, vient combler le vide laissé par les maris, partis à  l’aventure. Tout est lié. Une femme seule sans ressources, un homme absent, une fille à  tout faire. On s’interroge sur la manière d’encadrer ces jeunes filles : « effrontées parfois », juge une malienne qui se plaint d’avoir deux bonnes enceintes sous son toit ! ». Mme Urbain réplique :  » Nous sommes là  pour encadrer, aider, former les aides ménagères, leur inculquer des bases, et une organisation sociale. En matière de contraception, leur parler des méthodes, du planning familial etc.. » Lady Ngo Mang, journaliste à  3A Télésud et venue de Paris s’insurge :  » Comment aider ces filles, alors qu’on se connaà®t mal soi même, en tant que femmes ! Pourquoi ne pas utiliser les siens, la famille, les cousins, pour aider à  faire les tâches domestiques, au lieu d’amener ces filles du village à  la capitale ? » .  » C’est ainsi depuis longtemps au Mali », ajoute une autre.  » Oui mais bonjour les dégâts. Dégâts seulement ? Pour certaines, venir dans la capitale permet de travailler pour retourner l’été en famille et préparer leur trousseau de mariage. Cependant, la ville et ses leurres ont raison de certaines. On parle alors de sensibilisation, de campagnes d’information.  » C’est aussi à  ça que sert le festival Voix de Bamako, un festival Au féminin, réplique Fantani Touré, afin d’informer, de mettre en contact et de motiver à  faire des projets, outre le fait d’encourager les artistes. L’immigration et ses conséquences dans le foyer Cette fois, c’est Fantani Touré, la princesse de Bozola, qui anime la débat avec la réalisatrice Malienne Kadiatou Konaté. Sujet : l’immigration qui agit sur les familles, laisse une femme seule avec l’éducation de ses enfants. Les migrations internes, celles d’une progéniture qui s’en va orpailler ou fuir vers l’eldorado européen. Autant de phénomènes qui brisent des ménages, fragilisent des femmes, livrées au lévirat, à  la solitude ou à  la polygamie. De l’autre côté, pour celles qui ont atteint l’europe, survient l’exclusion, le manque d’intégration et l’enfermement entre quatre murs, d’une cité perdue de Champigny sur Marne :  » Je ne peux que témoigner de ce que je vois dans mon quartier en france. Ces femmes dépendantes de petit boulot, d’aides sociales et livrées à  elles mêmes », raconte Françoise Parent, présidente de l’association des femmes du quartier Mordacs. Mais le débat glisse vers les enfants. Ces jeunes Maliens, Africains, issus de l’immigration et dont l’avenir est menacé, l’éducation gâchée : » J’ai vu des jeunes dire non à  leurs parents, des enfants insulter leurs mères sans aucun remords dans le métro ! Est-ce que vous avez vu ça en Afrique ? », clame Fantani. Pour Mme Sanogo, résidente d’une banlieue française, il s’agit d’un manque de structuration, d’associations pour sensibiliser ces femmes immigrées et qui ne connaissent pas leurs droits ! « En France, la loi est stricte! », ajoute Fantani, moi j’ai un pied ici au Mali et là  bas, et je peux vous dire que ce n’est pas gai la vie Française! ». « Si tu ne sais pas o๠tu vas, sache au moins d’o๠tu viens, ajoute Kadiatou Konaté car il vaut mieux galérer ici qu’en France. » Pour une autre jeune fille, élève à  l’INA (l’institut National des Arts), c’est parfois le manque de modèles, la désillusion qui pousse les uns à  partir, à  envisager l’ailleurs, l’autre rive. Souleymane, jeune associatif, parle lui de projets pour retenir les migrants, le rôle de l’APEJ, pour promouvoir l’emploi des jeunes. Raviver l’espoir, promouvoir le rôle actif des femmes Mais surtout, ce qui ressort de ces deux jours de débat, c’est de réliser à  quel point ces femmes sont fortes quelque soit leur quotidien, celui de Oumou Coulibaly, veuve et vivant sous un toit qui tombe en ruine, trimant pour assurer la survie de ses sept enfants, ou encore Awa, jeune chef d’entreprise dans les BTP et qui cherche des marchés. Ou encore Lalla de l’INA, qui veut assurer la relève des comédiens Maliens, dans un institut o๠le théâtre n’est plus tout à  fait encouragé. Elles, ces femmes, ces jeunes filles, ont pris la parole pour dire leurs envies, leurs rages de vivre. Un proverbe dit que le Paradis se trouve aux pieds de la mère, qui éduque l’enfant, en fait un homme de substance, un homme du monde. Bob Marley chantait, . On ne le répètera jamais assez, la femme a toute sa place dans l’édification d’une nation, dans l’avenir d’une jeunesse en marche pourvu qu’elle s’en donne les moyens et l’envie, en dépit des contraintes sociales ou économiques. , affirme un leitmotiv… Samedi, au festival, Les Voix de Bamako, le dernier débat plus lourd sur l’excision, un phénomène qui touche les femmes Maliennes, aura lieu sous l’arbre à  palabre !

Festival « Voix de Bamako » : Les femmes à l’honneur 

La 3ème édition du Festival «Â Les Voix de Bamako » se déroulera du 20 au 24 janvier au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bah. Initié par l’Association Kolonba de la chanteuse Fantani Touré, ce festival s’est donné comme objectif, de promouvoir la femme. Promouvoir la femme Cadre de promotion de la culture malienne, le Festival draine une foule immense dans la capitale malienne. l’idée de créer cette activité culturelle est de l’épouse du grand comédien malien Habib Dembélé dit «Â Guimba national ». Fantani Touré puisque C’’est d’elle qu’il s’agit. Comme à  l’accoutumée, l’évènement se déroulera au Palais de la culture Amadou Ampathé Bâ Mais, cette année, le quartier Bozola d’o๠l’artiste est native, recevra une partie des festivités. Fantani Touré veut ainsi amener les populations à  s’approprier le festival. Les Voix de Bamako s’élèvent pour l’assainissement Au menu de cette édition, une vaste opération d’assainissement pour ajouter au rayonnement du cinquantenaire du Mali. Les concerts verront la prestation d’artistes tels que Ami Koita, Idrissa Soumaoro, Tata Bambo, Safoura Dindon…. Comme pour transmettre un savoir faire à  la jeune génération d’artistes chanteurs. Outre les ateliers de danse, des ateliers de conte seront animés. A l’affiche les marionnettes de Markala, de Baguineda au son des chanteuses «Â Bozo ». Ateliers et formation Selon Fantani Touré, un accent sera mis sur l’atelier de calebasse : «cette année, elle sera une attraction majeure en matière de formation musicale ». Il s’agit d’amener les artistes à  occuper la scène hors de l’usage du micro. Une polyvalence qu’il convient de cultiver chez les chanteurs pour accroà®tre leur rayonnement sur scène ». En tout, une vingtaine de femmes artistes bénéficieront de cet atelier. Il est aussi prévu de former 20 femmes défavorisées dans les techniques de confection du « Bogolan ». Enfin, la journée du 23 janvier sera consacrée aux aides ménagères lesquelles bénéficieront d’une gamme d’activités.

Contre l’impérialisme, le Mouvement des Sans-voix proteste

Lors de ce colloque, les participants ont passé en revue plusieurs thématiques : « la crise financière mondiale », « l’échec patent du capitalisme », les questions qui préoccupent les Sans-voix, comme le licenciement, la privatisation ou le chômage. Tahirou Bah, porte parole du Mouvement des sans voix, a signifié toute la détermination de son organisation à  renforcer les plaidoyer pour un changement dans la marche actuelle du monde. Eveil des consciences Pour M. Bénoit, toutes les crises que connaà®t le monde ont basculé dans une crise de profits. « Les ressources sont réparties de façon inégale. Et le contrôle devra revenir à  la société. « C’’est pourquoi les mouvements sociaux ont un rôle important à  jouer dans le cadre de l’éveil des consciences ». Par ailleurs, la crise financière qu’à  connu le monde est imputable au vent capitaliste. Pour M. Maiga, la crise financière qui a durement secoué les économies du monde est la preuve patente, que le capitaliste a atteint son apogée. Ce colloque a aussi servi de tribune pour plusieurs mouvements sociaux afin de lancer leur cri de C’œur. C’’est le cas de l’Association Malienne des expulsés (AME), les travailleurs licenciés de l’HUICOMA, les travailleurs licenciés de Morila… Voix des Sans Voix La situation de ces derniers (les travailleurs licenciés de Morila) est critique. « s’il y avait une réelle justice au Mali, est-ce que les grévistes de Morila seraient encore en attente d’un jugement face à  la société privée composée d’hommes d’états ? Elle a clairement abusé et volé ses employés. Après deux ans de tribulations devant le tribunal du travail et la cours d’appel. Va t’on enfin reconnaà®tre les abus que les ouvriers grévistes ont osé mettre en lumière ? », s’est exclamé Fassery Traoré, porte-parole des travailleurs licenciés de la société minière de Morila. A noter que le Mouvement des Sans-voix est constitué d’hommes et de femmes qui mènent des activités de lutte concrète sur le terrain, dans la perspective de critiquer, la tendance libérale et capitaliste actuelle du monde.

La chanteuse Molobaly Traoré n’est plus

C’’est une foule d’amis,parents,autorités politiques et administratifs de la capitale du riz, qui a accompagné Molobaly Traoré à  sa dernière demeure au cimetière de Niono. l’artiste souffrait de la typhoà¯de qui l’avait fatigué durant toute l’année 2008. Elle a rendu l’âme à  Bamako, avant d’être transportée à  Niono o๠a eu lieu son enterrement aux environs de 16 heures au cimetière de Niono. On notait la présence du préfet Alassane Diallo et son staff, le député Mamadou Guindo ( Sadi), le maire Moriba Coulibaly, les artistes de son groupe et d’une foule. Les affres de la maladie Cela fait moins d’un an, que l’enfant de Macina, était gravement malade. Tout a commencé après son passage dans l’émission Top Etoile, à  la veille du mois de ramadan 2008. Elle souffrait déjà  au point qu’elle ne participait plus aux manifestations folkloriques du cercle de Niono. Toute chose que nous avions mentionné dans notre parution du 8 novembre 2008. l’artiste nous avait dit à  l’époque qu’elle souffrait de typhoà¯de. C’’est ainsi que le 22 novembre, elle avait recommencé ses activités, en animant des spectacles et des visités des autorités de notre pays dans le colon. Bien avant, lors du passage d’Ibrahima N’ Diaye, on sentait que Molobaly était convalescente bien qu’elle eût donné et fait ce qu’elle pouvait. Elle avait demandé un orchestre et un meilleur traitement aux autorités. Après chaque prestation, elle se reposait sous l’arbre aux côtés de son mari, Ibrahim Cissé. Molobaly n’a pas caché sa maladie. Le 27 octobre de la même année, lors de la visite du Premier ministre à  Niono, Molobaly est revenue sur les mêmes doléances, mais cette fois sur sa maladie, parce que, contrairement aux précédentes visites o๠elle avait animé en dansant, elle était restée assise pendant toute la durée de la cérémonie. Après cette maladie, elle est devenue maladive et n’a plus retrouvé sa vivacité d’antan. Elle animait les activités, les campagnes des partis politiques. l’enfant de Macina dont le mari était Ibrahim Cissé qui est de Niono, a permis que Molobaly vienne à  Niono. L’ombre d’elle même Même quant on la voyait sur les lieux de manifestations, on savait qu’elle n’était plus la même. C’est vrai que l’Etat pouvait la prendre en charge, mais le cas de Molobaly Traoré est une exception. Cette brave dame n’a jamais voulu s’installer à  Bamako, comme le font nos artistes, et malheureusement C’’est à  Bamako qu’elle a rendue l’âme à  l’âge de 43 ans, elle laisse derrière elle deux enfants. Comme elle l’avait souhaité son corps a été transporté à  Niono ou elle a été inhumée le mercredi 16 septembre 2009. Niono, son dernier repos Molobaly Traoré dort désormais au cimetière deNiono. Car C’’est là  qu’elle a voulu rester aux côtés des paysans et des braves cultivateurs. Mieux, Molobaly a été toujours présente, quand il s’agissait de grandes manifestations à  Niono et Macina. Elle a animé les cérémonies d’accueil des 17 voyages d’ATT dans le Kala. Toujours prête à  servir la nation et disponible pour les causes nationales, l’Etat doit être reconnaissant envers elle. Car une maladie a eu raison de cette grande voix du Kala et de Macina. Et pourtant elle avait dit qu’elle était malade et avait sollicité l’aide des personnalités. Aucune réponse. Dors en paix, enfant de Macina, toi qui a tant aimé le Kala supérieur.