Déportations américaines : L’Afrique sollicitée comme continent tiers

Une enquête coordonnée par Forbidden Stories décrit un dispositif américain d’expulsions vers des pays tiers largement étendu à l’Afrique. Les accords associent négociations diplomatiques, conditions d’accueil et, dans plusieurs cas, contreparties financières.

Entre le 20 janvier 2025 et le 31 août 2026, au moins 25 447 personnes ont été expulsées des États-Unis vers 28 pays dont elles n’étaient pas ressortissantes, selon les données réunies par le consortium. Environ 20 000 ont été envoyées au Mexique. Les autres ont été transférées vers des pays d’Amérique latine, d’Afrique et du Pacifique, parfois sans lien préalable avec leur destination. La plupart de ces transferts n’ont pas été annoncés publiquement.

Le dispositif est piloté notamment par l’Office of Remigration, créé en mai 2025 au sein du Département d’État. Une carte interne datée de mars 2026 montre que Washington avait approché 49 des 54 pays africains. 13 accords avaient alors été obtenus et 9 autres pays étaient en négociation.

Les arrangements diffèrent selon les États. L’Ouganda accepte uniquement des ressortissants africains sans antécédents criminels. La République démocratique du Congo exclut au contraire les ressortissants africains. En Eswatini, les documents consultés par le Washington Post font état d’un accord permettant l’accueil de 150 personnes au maximum contre un paiement direct de 5,1 millions de dollars. 19 migrants y ont déjà été envoyés.

Financements

Les négociations comprennent aussi un volet financier. À la fin juin, l’administration Trump avait autorisé ou promis au moins 410 millions de dollars pour faciliter des accords avec 31 pays, principalement en Afrique et en Amérique latine. Sur ce total, 81 millions étaient destinés directement à 13 gouvernements.

Les documents mentionnent également 179 millions de dollars promis à l’Organisation internationale pour les migrations et 124 millions au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ces organisations ne sont pas parties aux accords bilatéraux. Les fonds concernent notamment l’accueil, le retour volontaire ou des projets dans les pays associés au dispositif.

Les conditions réservées aux personnes expulsées varient également. Des migrants envoyés en Guinée équatoriale ont affirmé, par l’intermédiaire de leurs avocats, avoir été détenus dans des conditions difficiles. D’autres, arrivés dans plusieurs pays africains, ont ensuite demandé à retourner dans leur pays d’origine avec l’aide de l’OIM.

En Afrique, les accords recensés fixent des profils, des quotas et des modalités de prise en charge différents selon les pays. Les financements américains font désormais partie de plusieurs de ces arrangements.

Moyen-Orient : l’escalade militaire entre Washington et Téhéran fait au moins 14 morts en Iran

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont franchi un nouveau cap après une série de frappes américaines menées dans la nuit du 8 au 9 juillet contre des installations militaires iraniennes. Selon Téhéran, ces bombardements ont fait au moins 14 morts et 78 blessés, tandis que les deux pays échangent accusations et menaces, faisant craindre une aggravation du conflit au Moyen-Orient.

Une nouvelle série de frappes américaines a visé plusieurs installations militaires iraniennes dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 juillet, marquant une nouvelle phase de l’escalade entre Washington et Téhéran. Selon le Commandement central américain (CENTCOM), les opérations ont ciblé plus de 80 objectifs militaires, notamment des bases de missiles, des infrastructures navales, des systèmes de défense aérienne, des radars et des installations de drones. Washington affirme avoir agi en représailles aux attaques iraniennes contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz et assure que son objectif est de préserver la liberté de navigation dans cette zone stratégique.

Les autorités iraniennes ont dénoncé une « agression » contre leur souveraineté et une violation du droit international. Parmi les victimes figureraient huit militaires, d’après des responsables iraniens.

En riposte, l’Iran a lancé des missiles et des drones contre des installations militaires américaines situées au Qatar, au Bahreïn et au Koweït. Les autorités américaines ont indiqué qu’aucun décès n’avait été enregistré parmi leurs forces, tout en affirmant que leurs capacités militaires dans la région restaient intactes.

Sur le plan politique, le président américain Donald Trump a estimé que le cessez-le-feu conclu quelques semaines plus tôt avec Téhéran était désormais « terminé » et a averti que de nouvelles frappes pourraient être menées si les attaques iraniennes se poursuivaient. De son côté, l’Iran affirme se réserver le droit de répondre à toute nouvelle offensive américaine.

Cette nouvelle confrontation ravive les inquiétudes de la communauté internationale, alors que le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part importante du commerce mondial de pétrole, demeure au cœur des tensions. Les appels à la désescalade se multiplient, mais la reprise des hostilités fait craindre un élargissement du conflit à l’ensemble de la région.