L’Union africaine veut que l’OTAN déploie des troupes

En conférence de presse à  Ottawa, il a déclaré avoir « attiré l’attention » du premier ministre canadien, Stephen Harper, pour lui demander d' »intervenir pour que l’OTAN s’ajoute » à  la coalition internationale qui doit être formée, conformément à  une résolution de l’ONU adoptée à  la fin de décembre. « Si on fait la même lecture [de cette résolution], en réalité, l’OTAN se joindra à  nos forces africaines », a-t-il insisté, estimant que les « forces africaines ont montré le chemin ». Selon le président de l’Union africaine, également président du Bénin, la question malienne « dépasse le cadre africain », car « c’est une question de terrorisme et que ça relève de la compétence de la communauté internationale ». BESOIN D’UNE « COALITION GLOBALE » Ainsi, a dit M. Boni Yayi, l’Union africaine est « en train de formuler auprès des plus grands » décideurs de la planète le besoin de créer une « coalition globale » à  l’image de celle qui avait été formée en Afghanistan après le 11 septembre 2001. Pour s’assurer du succès de l’offensive militaire chapeautée par l’Union africaine, une « conférence internationale » va bientôt être organisée « pour décider qui fait quoi et quand », a expliqué Thomas Boni Yayi, ajoutant que « l’OTAN devrait y participer ». « Nous ne pouvons plus perdre de temps », a-t-il lancé. Le 20 décembre, l’ONU a approuvé le déploiement d’une force de militaires africains appuyée par les Occidentaux, sans préciser de calendrier mais en indiquant qu’il se ferait par étapes. Selon le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, l’intervention militaire pourrait être lancée au cours du premier semestre 2013.

Bénin: Le Président de la république échappe à un empoisonnement

Un ancien ministre, une nièce et le médecin personnel de Thomas Boni Yayi président béninois ont été inculpés mardi 23 octobre 2012 pour avoir tenté de l’empoisonner dans un complot. Selon le parquet de Cotonou, Mudjaidou Soumanou, ex-ministre du Commerce et de l’Industrie, Ibrahim Mama Cissé, le médecin, et Zoubérath Kora-Séké, une nièce employée à  la présidence, auraient chacun joué un rôle clé dans la conspiration visant à  mettre hors d’état de nuire Boni Yayi avec des médicaments toxiques. Le médecin et la nièce se seraient vus promettre la somme d’un milliard de Fcfa chacun s’ils réussissaient à  faire ingérer au président des médicaments mortels à  la place des anti-douleurs qu’il prend habituellement. L’ancien ministre aurait quant à  lui récupéré un colis contenant les pilules empoisonnées arrivé par avion à  Cotonou vendredi dernier et les aurait remis au médecin. Boni Yayi échappe à  un empoissonnement Pour le procureur de la République Justin Gbenameto l’homme d’affaires béninois Patrice Talon est l’instigateur présumé du complot criminel, monté le 17 octobre à  Bruxelles. Ce serait lors du voyage du chef de l’Etat béninois à  Bruxelles en tant que président en exercice de l’UA que Kora-Séké sa nièce, qui faisait partie de la délégation présidentielle, aurait été approchée par Talon. Ils se seraient entretenus dans l’hôtel o๠il séjournait. Ce dernier a réussi à  la convaincre pour qu’elle administre au chef de l’Etat des produits qui lui seraient remis par le médecin personnel du chef de l’Etat, a déclaré M. Gbenameto à  la presse. Le président a tout de même été sauvé par sa nièce qui a ébruité le complot à  son retour au Bénin. Pour l’instant à  l’étranger, Talon va faire l’objet d’un mandat d’arrêt international. D’après un conseiller présidentiel il aurait agi pour des motifs financiers. Plusieurs anti-douleurs ont été saisis lors de l’enquête et suspectés d’être empoisonnés, dont du Dafalgan et du Spasfon et un produit radioactif, susceptible d’asphyxier le président et de tuer tout témoin potentiel.

Bénin : Boni réélu

« Considérant que M. Boni Yayi ayant obtenu 1.579.550 voix a ainsi recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés requise pour être proclamé élu, M. Boni Yayi est élu président de la République », indique la décision du Conseil constitutionnel rendue publique à  Cotonou. Ce résultat annoncé vendredi par la commission électorale est contesté par son principal adversaire à  la présidentielle, Adrien Houngbedji. Selon ses partisans, les dissonances observées à  la commission électorale confirme un complot savamment orchestré par le pouvoir en place : « C’’est le président de la CENA tout seul dont on sait qu’il a été nommé par Boni Yayi, donc un homme aux ordres, qui a sorti dont on ne sait oà¹, le chiffre communiqué donnant la victoire à  Boni Yayi dès le premier tour. Notre peuple ne renoncera pas à  ce qu’il a acquis au prix de luttes héroà¯ques pour retomber dans la servitude des trafiquants d’élection et d’un despote. Nous avons gagné ces élections, nous réclamons notre dû». Dans le camp présidentiel, les accusations de l’opposition ne sont que pure manœuvre. Quatorze candidats étaient en lice à  la présidentielle du 13 mars qui avait été reportée deux fois en raison d’une préparation chaotique du scrutin. Initialement prévu le 27 février, le premier tour avait été retardé d’une première semaine pour permettre la compilation du fichier électronique, utilisé pour la première fois dans ce pays d’Afrique de l’Ouest de 9,2 millions d’habitants. Puis il avait été à  nouveau reporté le 4 mars à  la demande de la Commission électorale mais aussi de l’ONU et de l’Union africaine. Malgré ces problèmes d’organisation qui ont persisté le jour du scrutin avec des retards dans l’ouverture de bureaux de vote, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait salué « le déroulement dans le calme et de façon ordonnée » du premier tour et l’Union africaine avait qualifié l’élection de « libre et transparente ». M. Yayi, en poste depuis 2006, obtient donc un deuxième mandat de cinq ans. Le Bénin est considéré comme l’un des rares exemples de démocratie dans une région d’Afrique de l’Ouest plus connue pour ses coups d’Etat. S’il a été réélu sans difficulté, le président Yayi a toutefois vu sa popularité entamée par un scandale financier dans lequel ont été impliqués de nombreux membres de son administration et dans lequel plus de 100.000 personnes ont perdu leurs économies.