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USA: les priorités d’Obama

Le discours sur l'à‰tat de l'Union traitait avant tout de questions intérieures. La lutte contre la prolifération des armes, le…

Le discours sur l’à‰tat de l’Union traitait avant tout de questions intérieures. La lutte contre la prolifération des armes, le retour accéléré des soldats américains d’Afghanistan, la proclamation de « la fin de la guerre » l’année prochaine, ont été évoquées par le président américain. Mais Barack Obama a également parlé de questions qui intéressent le monde entier et qui avaient l’objet de promesses de campagne. Le chef de l’à‰tat a égrené une longue liste d’initiatives qu’il entendait défendre pour stimuler l’innovation et la recherche, améliorer l’éducation maternelle, secondaire et supérieure, venir à  bout des poches de pauvreté, relever le salaire minimal et reconstruire ponts, écoles et autres infrastructures à  travers le pays. Il a promis que «toutes les mesures qu’il proposait n’ajouteraient pas un centime de plus aux déficits». Emploi et changements climatiques Le début du second mandat d’Obama est marqué comme le premier par la persistance du chômage. «La seule réduction des déficits ne peut être un plan économique», a lancé Obama à  ses adversaires républicains, les appelant à  l’aider à  libérer les énergies et attirer de nouveaux emplois vers les rives de l’Amérique. Le président Obama a ramené à  l’ordre du jour son projet, remisé depuis quatre ans, d’augmenter le salaire minimum au niveau décent de 9 dollars l’heure (contre 7,5 dollars aujourd’hui). Se posant en grand défenseur des travailleurs, de la « Working class » cruellement malmenée par la crise de 2008, il a annoncé que des mesures seraient prises pour que soit restauré « l’accord initial de notre pays, assenait-il, qui veut qu’en travaillant dur et en remplissant ses responsabilités, on peut aller de l’avant ». l’autre sujet phare de ce discours a été la question du climat. Il en a déjà  été question lors du discours d’investiture et Barack Obama a précisé ses intentions dans ce domaine. S’employant à  démontrer les bénéfices d’une révolution verte en terme d’emplois, il a réussi à  faire entrer le sujet dans les préoccupations des américains, fortement sensibilisés, il est vrai par les récentes catastrophes naturelles. Il a ainsi promis de fournir des aides fédérales aux villes qui s’engageraient dans des programmes d’économies d’énergie, grâce à  la reconstruction d’immeubles selon des normes «écologiques». Mais aussi immigration et les armes à  feu Le Président américain sait bien qu’il a surtout été réélu grâce au vote des minorités et particulièrement des immigrés d’Amérique latine. Il a donc plaidé une refonte du système d’immigration. «Envoyez-moi une loi de réforme globale de l’immigration au cours des prochains mois et je la signerai immédiatement», a-t-il dit, tandis qu’un jeune immigré illégal buvait ses paroles, assis dans le box de Michelle Obama. Obama, s’adressant aux familles de victimes d’armes à  feu invitées dans les galeries ou assises auprès de son épouse Michele, a également rappelé la nécessité d’un débat au Congrès après le massacre de Newtown. Dans la tribune se trouvaient les parents d’une majorette de 15 ans présente à  la parade présidentielle du 21 janvier, victime d’une balle perdue peu après son retour dans sa ville de Chicago. Le couple, dévasté mais stoà¯que, s’est levé tandis qu’Obama scandait « Ils méritent un vote ». C’’est un Barack Obama détendu, sans pression et pas agressif non plus qui s’est adressé à  ses adversaires républicains. Sa feuille de route décomplexée ne manquera pas d’irriter la majorité conservatrice de la Chambre des Représentants. Qu’il a décrit de facto comme des artisans du blocage politique, des idéologues marginaux éloignés ou insensibles au sort de la majorité des américains. Il a d’ailleurs envoyé très clairement le message suivant : « je suis le président élu et J’ai bien l’intention de profiter des quatre prochaines années pour travailler et faire avancer les causes qui me tiennent à  C’œur. Avec ou sans vous ».