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Le statut de l’opposition en discussion

A titre de rappel, dans sa déclaration de politique générale du gouvernement, le Premier ministre Moussa Mara avait indiqué la volonté du chef de l’à‰tat d’ériger un statut pour l’opposition. Mais ce projet date de plus longtemps. On se souvient que l’ancien président Amadou Toumani Touré en avait évoqué la nécessité et que la réforme institutionnelle dirigée par le professeur Daba Diawara le prévoyait. Un ou deux chefs de l’opposition ? C’’est la question qu’ont posé la majorité des hommes politiques présents à  la rencontre. Les échanges furent pour le moins houleux. Amadou Koita président du parti PS Yeleen coura a vivement critiqué le département pour l’élaboration d’un autre statut de l’opposition en lieu et place de celui élaboré par le comité d’appui aux réformes institutionnelles(CARI). « Pourquoi un autre statut de l’opposition au Mali ? On a l’impression qu’il y a un éternel recommencement dans ce pays » s’est-il interrogé. Au-delà  même de la question de la pertinence même de a réforme, certains aspects de son contenu est également sujet à  controverse. Dans le projet, il est question du « statut de l’opposition ». Le chef de l’opposition y a rang de ministre avec tous les avantages protocolaires qui suivent. Aussi, il pourrait être envoyé en mission officielle, accompagner le chef d’Etat lors de ses déplacements à  l’intérieur comme à  l’extérieur. Il sera également le porte-parole de l’opposition. Ce point n’a pas fait l’objet débat. Par contre, il y a eu des points de vue divergents sur ce qu’il est convenu d’appeler l’opposition parlementaire. « On ne doit pas considérer seulement les parlementaires comme les seuls répondants de l’opposition, mais plutôt tout parti politique qui décide de ne pas soutenir l’action gouvernementale » s’insurge Issa Diarra du parti CAT, qui ne dispose d’aucun représentant à  l’Hémicycle. Dans le même ordre d’idée certains intervenants proposent deux chefs l’opposition, l’un pour l’opposition parlementaire et l’autre pour les autres partis politiques de l’opposition. « On peut être opposant sans pourtant être élu » affirmera Amadou Koita citant l’exemple d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. Le projet de loi prévoit également une investiture solennelle du chef de l’opposition. Ceci n’a pas été du gout de beaucoup d’intervenants qui trouvent que même le président de l’assemblée nationale n’est pas investi solennellement. Le chef de l’opposition parlementaire aura une position équivalente à  celle de Premier vice-président de l’Assemblée nationale, disposant, à  titre exceptionnel, d’un cabinet dont la composition, les avantages, les modalités d’organisation et de fonctionnement sont fixées par décret pris en conseil des ministres. Autre avantage pour l’opposition malienne, toujours selon le projet, ses responsables pourront s’exprimer publiquement sur les médias d’à‰tat et privés, dans le strict respect des lois et règlements en vigueur. A travers cette réforme, les autorités maliennes entendent faire jouer un rôle fondamental à  l’opposition. Elle aura ainsi le devoir de suivre l’action gouvernementale, de faire des critiques objectives et constructives. Ainsi politiquement reconnue et juridiquement protégée, elle participera de manière efficace à  la démocratie pluraliste que bâti le Mali depuis les années 90. Après amendement, le projet de statut atterrira sur la table des députés à  l’Assemblée Nationale pour adoption.

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