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Mali : le chef de la diplomatie à Ouagadougou en vue de discussions

A l'invitation du médiateur Blaise Compaoré, cette délégation devrait entamer mardi des pourparlers avec deux groupes armés présents dans le…

A l’invitation du médiateur Blaise Compaoré, cette délégation devrait entamer mardi des pourparlers avec deux groupes armés présents dans le nord du pays, les indépendantistes du MNLA et les islamistes d’Ansar Dine. Le médiateur burkinabè va profiter de cette première journée pour rencontrer les délégations maliennes et tenter d’apaiser les premières dissonances. Hier, le président malien Dioncounda Traoré était au Niger. Après de longues hésitations, le Mali a finalement accepté de rencontrer les mouvements Ansar Dine et MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad. « Il ne s’agit pas encore de négociations mais d’un dialogue préliminaire », assure un proche du médiateur. Conduite par le ministre malien des Affaires étrangères, Tieman Coulibaly, cette délégation de trois personnes sera reçue cet après-midi par le président Compaoré. Demain, mardi, le médiateur burkinabè expliquera à  ses hôtes son objectif: proposer une cessation complète des hostilités entre partie malienne et mouvements armés, en contrepartie de quoi les acteurs doivent accepter la réunification du territoire et le renoncement à  la charia. Un agenda politique de négociations pourra alors s’ouvrir. La partie malienne reste sur ses positions: oui à  un dialogue mais avec des groupes qui auront renoncé préalablement à  l’indépendance et à  la charia. De son côté, le mouvement islamiste Ansar Dine réaffirme avoir pris ses distances avec Aqmi, al-Qaà¯da au Maghreb islamique. Pourtant hier soir, dans une lettre adressée au médiateur, le MNLA a déjà  fait connaà®tre ses conditions de discussion : pas question de se réunir autour d’une même table avec Ansar Dine, pas question de discuter avec des terroristes, explique un membre du MNLA. Dans l’entourage du médiateur, on reconnait que le plus dur sera de restaurer la confiance entre tous les protagonistes. Dioncounda Traoré s’est entretenu avec son homologue nigérien En parallèle, au Niger, le président malien Dioncounda Traoré a rencontré dimanche 2 décembre son homologue Mahamadou Issoufou à  Niamey. A l’issue de leur entretien, Dioncounda Traoré et Mahamadou Issoufou ont dit « regretter un recul », selon eux, de l’ONU, concernant une intervention armée africaine dans le nord du Mali occupé par des islamistes armés. Le Mali est prêt à  négocier à  Ouagadougou avec les mouvements armés dans le Nord. Le président malien l’a confirmé lors de la conférence de presse conjointe avec le président nigérien Issoufou Mahamadou. « Une délégation malienne se rendra à  Ouagadougou pour voir les préalables d’un dialogue entre le Mali et certains groupes qui opèrent au Nord, qui ont manifesté mais désirent entrer en négociation avec les autorités maliennes, a-t-il déclaré. Il y a deux groupes qui n’ont jamais envoyé aucun signal laissant supposer qu’ils étaient prêts à  négocier. Mais il y a ceux qui sont prêts à  négocier. Bien entendu, nous sommes prêts également à  nous asseoir autour d’une table avec eux et à  parler avec eux ». Aux 500 soldats du colonel malien Alhaji Ag Gamou, cantonnés à  Niamey, le président Dioucounda Traoré a expliqué l’importance stratégique de ce contingent dans le cas de la reconquête du nord du Mali. « Ce contingent, qui est ici au Niger, explique-t-il, va occuper une place extrêmement importante dans les futures opérations que nous allons mener sur le terrain. Beaucoup de courage. Je suis certain que dans quelques mois, dans pas très longtemps, nous aurons l’occasion de nous serrer la main au Mali et de nous congratuler mutuellement pour la grande victoire que nous allons remporter contre les forces du mal. »