Présidentielle 2024 : L’Adema face à l’épineux choix de son candidat

La question de la candidature de l’Alliance pour la démocratie au Mali – Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-Pasj) à la prochaine élection présidentielle suscite déjà des remous internes. Alors que la jeunesse du parti est montée au créneau fin novembre pour demander l’enclenchement du processus du choix du candidat avant février prochain, une Conférence nationale est annoncée pour le 17 décembre 2022.

Les tensions pré-congrès de 2021 au sein de l’Adema ont fini par s’estomper après l’élection de Marimantia Diarra à la tête du parti, en octobre dernier. La prolongation par la suite de la Transition avait également refroidi les remous qui s’annonçaient dans la Ruche entre les différents potentiels candidats à la candidature.

Mais, à moins d’un an et demi de la prochaine élection présidentielle, annoncée comme devant mettre fin à la Transition, la question refait surface. Et c’est la jeunesse du parti qui a donné le ton. Réuni en retraite le 20 novembre 2022, le Bureau national de la jeunesse, « soucieux de l’avenir et de la carrière politique de sa jeunesse et engagé pour la reconquête du pouvoir », a exhorté le Comité exécutif à enclencher le processus de désignation du candidat à l’élection présidentielle de 2024 d’ici le mois de février 2023.

« Le Bureau national de la Jeunesse Adema-Pasj estime que pour assurer une participation pleine, entière et satisfaisante de notre candidat à la prochaine élection présidentielle, il lui faudra un temps de préparation convenable et suffisant », souligne la déclaration des jeunes, qui disent avoir tiré toutes les leçons du « long et laborieux » processus de désignation du candidat du parti à l’élection présidentielle de juillet 2018 et de son « issue regrettable ».

Mais cette sortie du Bureau national de la jeunesse n’est pas du goût de certains membres du Bureau exécutif du parti. « C’était une sortie malencontreuse et contre-productive. Ce n’est pas l’approche indiquée et ils n’ont pas d’habilitation pour le faire », tance Yaya Sangaré, Secrétaire général de l’Adema. « La candidature de l’Adema à la prochaine élection présidentielle est une recommandation forte du 6ème Congrès ordinaire et sa mise en œuvre appartient au Comité exécutif, où les débats se tiennent », recadre l’ancien ministre.

Poser le débat

Le 17 décembre 2022 aura lieu la Conférence nationale de l’Adema. L’occasion non seulement de présenter le rapport d’activités du parti sur les derniers mois mais aussi et surtout de poser le débat sur la stratégie à adopter en vue de la désignation du futur porte-étendard du parti. « Le sujet y sera certainement discuté », confie Yaya Sangaré.

Mais le débat promet d’être long, car si l’option d’une candidature interne au parti convient à certains membres, celle du soutien de l’Adema à la candidature d’une coalition plus large de plusieurs partis et regroupements politiques n’est pas écartée par d’autres.

« L’Adema est un parti de débats. Les gens essayent d’analyser en fonction du terrain. Moi je pense qu’un parti comme le nôtre ne peut pas ne pas avoir un candidat. Mais le contexte peut amener certains à hésiter. Chacun développe ses arguments, mais à la fin nous nous entendons et nous étudions le contexte. S’il est favorable, nous y allons. Dans le cas contraire, nous examinons les autres options », tranche M. Sangaré

À l’interne, selon nos informations, plusieurs intentions de candidature sont déjà recensées mais, la procédure de désignation n’étant pas encore enclenchée, le Comité exécutif a demandé que ces potentiels candidats fassent profil bas pour l’heure et que le parti travaille d’abord à reconstruire son union et sa cohésion.

Comme pour la course à la présidence du parti, l’année dernière, plusieurs membres du Bureau exécutif sont pressentis, à l’instar, entre autres, du Président Marimantia Diarra et de Moustapha Dicko, ancien ministre de l’Éducation nationale sous Alpha Konaré et de l’Enseignement supérieur sous IBK. Les noms de Adama Noumpounon Diarra de la section de Sikasso, de l’ancien ministre du Commerce Abdoul Kader Konaté dit Empé, aujourd’hui PDG de l’Office du Niger, ou encore de Mme Conté Fatoumata Doumbia de la section de la Commune I circulent aussi. Car dans la Ruche l’option d’un candidat « bon teint » est très prisée.

Candidature à la présidentielle : le parti Union emboîte le pas

Dans l’effervescence de l’élection présidentielle du 29 juillet, de nouveaux acteurs de la scène politique sortent du bois. Le samedi 5 mai, Mohamed Y Traoré, président du pari Union a déclaré sa candidature au grand redevez-vous à venir.

À moins de trois mois de l’élection présidentielle du 29 juillet, l’ambiance au niveau des états-majors des partis politiques s’amplifie. Le samedi 5 mai, le parti Union AN KA BOLI DI GNOGON MA a investi Mohamed Y Traoré candidat pour la magistrature suprême. La cérémonie qui a réuni plusieurs militants et sympathisants s’était déroulée au siège du parti, à Kalaban Coro.
Dans sa déclaration, le nouveau candidat, après une analyse de la situation actuelle du pays entend « proposer des solutions durables à l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat, aux revendications sociales persistantes, aux crises politiques, aux problèmes récurrents de l’école entre autres. » Même si le parti est conscient de la complexité des défis et enjeux, ses militants ont fait leur choix. « Les militants et sympathisants du parti Union AN KA BOLO DI GNOGO MA, que je remercie ici, ont porté leur choix sur ma modeste personne Mohamed Y Traoré pour être leur candidat à cette élection présidentielle du 29 juillet 2018 », déclare ainsi le prétendant de Koulouba.

Des applaudissements retentirent du public, largement mobilisé derrière celui qui adhère à la ‘’ démocratie de base’’.
La création en 2016 de ce parti qui se veut une alternative aux difficultés du moment est née selon le candidat « pour traduire à l’intention du peuple malien et de la communauté internationale leur volonté de faire autrement la politique », justifie-t-il. Ayant pour devise ‘’équité, justice -progrès’’ et comme slogan « A Touma Sera », ‘’Notre ère est arrivée’’, le parti Union croit en ses chances.

Les différentes visites et échanges entreprises avec toutes les couches sociales du pays’’ ont permis selon Mohamed Y Traoré de recenser les préoccupations fondamentales de la population et de la diaspora.
L’appel à l’union et au rassemblement est donc lancé, mais la sortie du labyrinthe qui mène au palais convoité reste l’ultime défi pour la nouvelle formation.